schéma d’aménagement révisé

Second projet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partie 1

 

 

Chapitre I : Le cadre de planification

Chapitre II : Le contexte de planification

 

 

 

 

 


Service d’aménagement

Juin 2005


 

 

 

PROJET DE SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT RÉVISÉ

DE LA MRC DE MATAWINIE

 

 

« Second projet »

 

 

 

 

 

 

            CET OUVRAGE A ÉTÉ RÉALISÉ À LA

            MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DE MATAWINIE

 

 

            ONT PARTICIPÉ À SON ÉLABORATION :

 

 

            Les membres du Conseil de la Municipalité régionale de comté de Matawinie et, plus particulièrement, les membres de la Commission consultative d’Aménagement

 

 

 

            ET L'ÉQUIPE TECHNIQUE

 

                  Yves Gaillardetz, directeur général, géographe et urbaniste

                  Gilles Locat, directeur du service d’aménagement et géologue

                  Marc-Antoine Ladouceur, géographe et aménagiste

                  Benoît Couture, ingénieur forestier

                  Sonia Picard, cartographe

                  Sylvain Beaufort, cartographe

                  Isabelle Dufresne, secrétaire

 

 

 

 


AVANT-PROPOS

 

 

 

POURQUOI REVOIR LE SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT ?

 

 

D'abord, parce que la Loi sur l'aménagement l'exige…

 

Les municipalités régionales de comtés (MRC) ont été créées, et sont régies, par la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Cette Loi prévoit que les MRC doivent préparer et adopter un schéma d'aménagement, et prescrit qu'à la date du cinquième anniversaire de l'entrée en vigueur du schéma d'aménagement d'une MRC, celle-ci doit le réviser. La MRC de Matawinie a adopté son schéma d'aménagement en décembre 1986 et ce dernier est entré en vigueur en mai 1988. La MRC de Matawinie devait par conséquent, enclencher le processus officiel de révision en mai 1993. Pour ce faire, une résolution fut adoptée le 12 mai 1993.

 

La Loi sur l'aménagement et l'urbanisme prescrit le cadre d'action des MRC. Elle prévoyait la procédure de modification des schémas, mais non la procédure de révision de ceux-ci. Des modifications législatives ont été introduites, et la révision du schéma d'aménagement est ainsi devenue une opération particulièrement encadrée par un processus en quatre (4) étapes obéissant à un cadre et à des règles législatives spécifiques. Voici ces étapes :

 

1.       Adoption d’un document portant sur les objets de révision

 

2.        Adoption d’une proposition de schéma d’aménagement révisé – premier projet

 

3.       Adoption d’une proposition de schéma d’aménagement révisé – second projet

 

4.       Adoption du schéma d’aménagement révisé

 

Chacune de ces grandes étapes du processus a un rôle et un degré de précision déterminés. Elles ajoutent un caractère décisif au contenu du schéma d'aménagement, mettent en scène des interlocuteurs privilégiés différents et impliquent aussi une mécanique de consultation spécifique.

 

Le Conseil de la Municipalité régionale de comté de Matawinie vient de conclure la troisième de ces grandes étapes en adoptant la présente proposition de schéma d'aménagement révisé - Second projet (PSAR 2).

 

 


Ensuite, parce qu'il est impérieux que cet outil demeure performant…

 

Les municipalités constituent les principaux maîtres d’œuvre des préoccupations locales et régionales inscrites au schéma par l'intermédiaire de leurs plans et de leurs règlements d'urbanisme municipaux. Ainsi, au-delà de l'obligation légale de cette révision, une telle opération s'impose afin que le schéma d'aménagement de la Matawinie demeure un outil efficace qui traduit les nouvelles réalités du territoire et les nouvelles responsabilités dévolues aux municipalités ces dernières années.

 

Le contenu de ce second projet est aussi nettement amélioré par rapport aux attentes gouvernementales signifiées après le dépôt du PSAR 1 (art. 56.4 LAU), notamment en ce qui concerne l’agriculture, l’environnement et la gestion de l’urbanisation. Le rôle de la forêt est aussi traité de façon beaucoup plus éloquente, soit par objectifs bien spécialisés traduisant les attentes régionales.

 

 

 

 

 

ORIGINAL SIGNÉ

Daniel Brazeau, préfet

 

 



Introduction

 

 

LE CONTENU DU SCHÉMA D’AMÉNAGEMENT RÉVISÉ – PREMIER PROJET

 

 

Le présent ouvrage a donc pour objet de constituer la réponse du conseil de la municipalité régionale de comté de Matawinie aux prescriptions de l'article 56.3 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et aux attentes signifiées suite au dépôt du PSAR 1 (art. 56.4 LAU). Aussi, cette seconde version du schéma révisé établit les bases d'une relation permanente de concertation en matière d'aménagement entre la municipalité régionale de comté de Matawinie, les corporations municipales qui la composent et le gouvernement québécois. Elle est structurée de façon à ce que le lecteur puisse suivre le cheminement qui a mené le Conseil de la MRC à prendre les décisions d'aménagement qu'il défend. Elle se divise en trois parties, soit une première de mise en situation, une seconde de prise de position et une dernière de mise en oeuvre.

 

 

La Partie 1

 

La première partie pose clairement les règles du jeu prévalant dans cette vaste opération de planification régionale qu'est l'élaboration du schéma d'aménagement. Il traite au chapitre 2, intitulé « Le cadre de planification », des dispositions de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et des principes et partis pris d'aménagement établis par la municipalité régionale de comté de Matawinie.

 

Le chapitre 2, intitulé « Le contexte d'intervention », fournit aux différents partenaires de l'opération révision du Schéma d'aménagement, l'essentiel de l’information nécessaire à une participation profitable aux discussions qui s'engagent. Cependant, le propos de ce chapitre est de tracer la toile de fond sur laquelle se découperont les réalités d'aménagement qui feront l'objet de la présente opération. Chacune des six (6) sections de ce chapitre s’achève avec un sommaire des constats et des perspectives pour faciliter l’intégration des acquis de connaissance.

 

 

La Partie 2

 

La deuxième partie débute avec la « La problématique et les choix d’aménagement », ce troisième chapitre ayant pour but d'identifier et de statuer sur les principales composantes du développement régional qui motivent la présente démarche de planification. Il comprend aussi les orientations de la MRC accompagnées des orientations que le Gouvernement, ses ministères et mandataires, ainsi que les organismes publics entendent poursuivre en matière d'aménagement sur le territoire de la Municipalité régionale de comté de Matawinie. Par ailleurs, afin de s'assurer que les préoccupations d'aménagement et de développement traitées dans cette opération soient clairement exprimées et comprises, « Les politiques d'aménagement » précisent les grandes orientations d'aménagement dans une optique à court terme, et ciblent précisément certains intervenants en particulier.

Le chapitre 4, intitulé « Le plan d'aménagement », regroupe les éléments de planification spatiale: les grandes affectations du territoire, les périmètres d'urbanisation et les zones de dangers naturels y seront notamment traités. Cette deuxième partie se termine avec le chapitre 5 qui constitue le document complémentaire. Il précise les « Normes et directives d'aménagement » indispensables à la traduction et à la réalisation du schéma d'aménagement.

 

 

La Partie 3

 

La troisième partie ne comprend, dans le cadre de ce premier projet, que le chapitre 7 constituant le plan d’action. Il s’agit d’une documentation embryonnaire qui est appelée à se préciser au cours des étapes suivantes. Sans être opposable aux tiers, le Plan d’action permet d'établir une programmation des activités permettant la mise en oeuvre du schéma pour atteindre les objectifs qu'il contient dans une perspective à court terme (5 ans). Le contenu de ce document a été quelque peu relevé pour mieux situer les engagements pouvant découler du Plan d’aménagement.

 

 

L’annexe cartographique

 

Beaucoup d’énergie a été consacrée à l’élaboration d’une annexe cartographique de qualité. Hormis les figures associées au texte, quatre (4) échelles sont utilisées sur une base courante, soit le 1 : 5 000 et le 1 : 20 000 pour la représentation des particularités locales et le 1 : 125 000 et le 1 : 250 000 pour la représentation du contexte régional.

 

Souhaitons que ce Schéma d'aménagement révisé - second projet, par son contenu et sa conception, soutienne la réflexion collective qui rendra la planification de l'aménagement du territoire de la municipalité régionale de comté de Matawinie de plus en plus probante.

 

 


Table des matières

 

Chapitre I        Le cadre de planification............................ 30

SECTION I        LA LOI SUR L'AMÉNAGEMENT ET L'URBANISME............................. 31

1.1    LES PRINCIPES DIRECTEURS DE LA LOI................................................................ 31

1.2    LE SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT............................................................................... 31

1.3    LE PROCESSUS DE RÉVISION DU SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT........................ 33

1.3.1    Première phase : les objets de la révision............................................................. 33

1.3.2    Deuxième phase : l’élaboration du premier projet (PSAR 1).............................. 33

1.3.3    Troisième phase : l’élaboration du second projet (PSAR 2)................................ 33

1.3.4    Quatrième phase : l’adoption du Schéma d’aménagement révisé (SAR)........... 34

1.4    LES EFFETS DE L'ENTRÉE EN VIGUEUR D'UN SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT...................................................................................................... 35

SECTION II      LES PRINCIPES ET PARTIS PRIS D'AMÉNAGEMENT DE LA MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTE DE MATAWINIE................ 36

2.1    L'AMÉNAGEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT........................................................ 36

2.2    LES PRINCIPES D'AMÉNAGEMENT......................................................................... 37

2.3    LE SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT, UN OUTIL SOUPLE ET GÉNÉRAL................. 38

Chapitre II       Le contexte d’intervention........................ 39

SECTION I        LES GRANDES CARACTÉRISTIQUES TERRITORIALES...................... 40

1.1    LE CADRE TERRITORIAL........................................................................................... 40

1.1.1    Le territoire non-organisé...................................................................................... 40

1.1.2    Le territoire municipalisé...................................................................................... 40

1.2    La physiographie et l’hydrographie.......................................................... 42

1.2.1    Les Laurentides..................................................................................................... 42

1.2.2    Les Hautes Terres Centrales................................................................................. 43

1.2.3    La Matawinie et les divisions hydrographiques du Québec............................... 44

1.3    L'HISTOIRE NATURELLE ET LES RÉGIONS ÉCOLOGIQUES................................ 45

1.3.1    Le rapport entre le relief et la structure géologique............................................. 45

1.3.2    La géologie du Quaternaire.................................................................................. 47

1.3.3    Le climat et les régions écologiques...................................................................... 48

1.3.4    L'état actuel des forêts.......................................................................................... 50

1.4    LES TERRITOIRES ET SECTEURS D’INTÉRÊTS........................................................ 53

1.4.1    Les aspects méthodologiques relatifs à la détermination d'un secteur d'intérêt.................................................................................................................. 53

1.4.2    Les territoires et secteurs d’intérêts agricoles....................................................... 54

1.4.3    Les territoires et secteurs d’intérêts agroforestiers............................................... 55

1.4.4    Les territoires et secteurs d’intérêts forestiers...................................................... 55

1.4.5    Les territoires et secteurs d’intérêts fauniques..................................................... 57

1.4.6    Les territoires et secteurs d’intérêts de villégiature.............................................. 58

1.4.7    Les territoires et secteurs d’intérêts récréatifs...................................................... 60

1.4.8    Constats relatifs aux territoires d’intérêts............................................................ 62

1.5    CONSTATS ET PERSPECTIVES RELATIVES AUX GRANDES
CARACTÉRISTIQUES TERRITORIALES.................................................................... 63

1.5.1    La Matawinie, au centre-Sud du Québec............................................................ 63

1.5.2    La Matawinie, deux entités territoriales en une seule.......................................... 63

1.5.3    Une nouvelle donnée : la cartographie des territoires d’intérêts.......................... 64

SECTION II      La dynamique démographique et l’occupation du territoire.................................................................................................. 65

2.1    L’OCCUPATION DU TERRITOIRE............................................................................ 65

2.1.1    L’histoire du peuplement du territoire de la MRC.............................................. 65

2.1.1.1    La période de colonisation................................................................................ 65

2.1.1.2    L’époque industrielle....................................................................................... 66

2.1.1.3    La période moderne......................................................................................... 67

2.1.2    L’évolution démographique récente..................................................................... 68

2.1.2.1    Le rythme de croissance démographique pour la période de 1961 à 1981........... 68

2.1.2.2    Le rythme de croissance démographique pour la période de 1981 à 2001........... 68

2.1.3    La répartition de la population sur le territoire................................................... 69

2.1.3.1    Le cadre interprétatif lié à la concentration marquée de la population
dans certaines parties de la Matawinie............................................................. 69

2.1.3.2    La densité de population................................................................................. 71

2.2    LA DYNAMIQUE SOCIODÉMOGRAPHIQUE EN MATAWINIE........................... 73

2.2.1    La structure démographique................................................................................ 73

2.2.2    Le bilan migratoire................................................................................................ 74

2.2.3    La structure des ménages et familles................................................................... 76

2.2.4    Le constat ethnolinguistique en Matawinie.......................................................... 77

2.2.4.1    Rawdon et son multiculturalisme.................................................................... 77

2.2.4.2    La population autochtone................................................................................ 78

2.3    LE PROFIL SOCIO-ÉCONOMIQUE DE LA POPULATION.................................... 80

2.3.1    Les taux d'activité et d'inactivité.......................................................................... 80

2.3.2    Le domaine d’emploi et les catégories de travailleurs......................................... 80

2.3.2.1    Le domaine d’emploi....................................................................................... 81

2.3.2.2    La catégorie professionnelle.............................................................................. 81

2.3.3    Les revenus............................................................................................................ 82

2.3.4    La mobilité des travailleurs.................................................................................. 82

2.4    La population saisonnière............................................................................. 84

2.4.1    La provenance des villégiateurs........................................................................... 85

2.4.2    La période de fréquentation................................................................................. 85

2.4.3    Le profil socio-économique du villégiateur.......................................................... 85

2.5    La situation du logement............................................................................... 87

2.5.1    Le logement permanent........................................................................................ 87

2.5.2    Le chalet................................................................................................................ 87

2.5.2.1    La répartition des chalets en Matawinie........................................................... 88

2.5.2.2    La rénovation et le rachat des chalets par des jeunes ménages............................ 88

2.5.3    La mobilité résidentielle sur le territoire............................................................... 88

2.6    LES CONSTATS ET PERSPECTIVES QUANT À LA DYNAMIQUE DÉMOGRAPHIQUE ET L’OCCUPATION DU TERRITOIRE EN MATAWINIE................................................................................................................. 90

2.6.1    Une région en croissance....................................................................................... 90

2.6.2    Un bilan migratoire positif venant accentuer le vieillissement de
la population......................................................................................................... 91

2.6.3    Des caractéristiques socio-économiques propres à la Matawinie....................... 91

2.6.4    La prise en compte de la population autochtone................................................ 92

2.6.5    La villégiature : besoin d’une relance................................................................... 92

SECTION III     LA GESTION DES RESSOURCES.............................................................. 94

3.1    LES RESSOURCES MINÉRALES................................................................................. 94

3.1.1    La territorialité des ressources minérales en Matawinie...................................... 94

3.1.1.1    Les substances métalliques............................................................................... 94

3.1.1.2    Les minéraux industriels................................................................................. 95

3.1.1.3    Les matériaux de construction......................................................................... 95

3.1.1.4    Les agrégats.................................................................................................... 95

3.1.1.5    L’eau souterraine............................................................................................. 96

3.1.1.6    La concordance entre la répartition des ressources minérales et
les activités d'exploitation............................................................................... 96

3.1.2    La présence de valeurs autres que minérales....................................................... 97

3.1.2.1    Les fonctions ayant un effet déstructurant sur la valorisation des
ressources minérales......................................................................................... 97

3.1.2.2    L'exploitation des ressources minérales comme activité source de nuisances........ 98

3.1.3    Caractérisation du dynamisme des activités d'exploitation des
ressources minérales............................................................................................. 99

3.1.4    Perspectives de la valorisation des ressources minérales.................................. 100

3.1.4.1    Les perspectives d'aménagement.................................................................... 100

3.1.4.2    Les perspectives de développement................................................................. 101

3.2    L’AGRICULTURE....................................................................................................... 102

3.2.1    La territorialité de l'agriculture........................................................................... 102

3.2.1.1    Les territoires d’intérêts agricoles................................................................... 102

3.2.1.2    Les territoires d’intérêts agroforestiers............................................................ 103

3.2.1.3    La concordance entre la zone agricole permanente et les territoires
d’intérêts agricoles et agroforestiers................................................................ 104

3.2.1.4    L'évolution de la zone agricole permanente.................................................... 105

3.2.1.5    La zone agricole permanente et la délimitation des secteurs dynamiques
et viables...................................................................................................... 106

3.2.1.6    L'activité agricole à l'extérieur de la zone agricole permanente........................ 107

3.2.2    La présence de valeurs autres qu’agricoles........................................................ 107

3.2.2.1    La zone agricole permanente et les terrains autres qu'agricoles......................... 107

3.2.2.2    Les fonctions autres qu'agricoles en zone agricole permanente.......................... 110

3.2.3    L’identification des îlots déstructurés................................................................ 111

3.2.3.1    Les critères généraux..................................................................................... 111

3.2.3.2    L’exercice de délimitation.............................................................................. 112

3.2.3.3    La vocation pressentie................................................................................... 112

3.2.4    Caractérisation du dynamisme de l’agriculture................................................ 113

3.2.4.1    Faits marquants de l’évolution de l'agriculture.............................................. 113

3.2.4.2    Évolution des entreprises agricoles................................................................. 114

3.2.4.3    L'évolution des productions agricoles............................................................. 115

3.2.4.4    L'évolution de la population vivant de l'agriculture...................................... 117

3.2.4.5    Le positionnement de l'agriculture dans le contexte de la grande région
de Montréal.................................................................................................. 118

3.2.5    Les perspectives de l'aménagement et du développement de l'agriculture...... 120

3.2.5.1    Problématiques de planification de l'aménagement......................................... 120

3.2.5.2    Problématiques de planification du développement......................................... 121

3.2.5.3    La priorité de la valorisation de l'agriculture en zone agricole permanente....... 122

3.2.5.4    Le positionnement de Saint-Félix-de-Valois comme pôle agricole régional........ 123

3.2.5.5    Les problématiques d’intégration environnementale........................................ 123

3.3    LA FORESTERIE......................................................................................................... 125

3.3.1    La territorialité de la foresterie........................................................................... 125

3.3.1.1    Les territoires d’intérêts forestiers en territoire municipalisé............................. 125

3.3.1.2    La concordance entre les affectations forestières et les
territoires d’intérêts forestiers......................................................................... 127

3.3.1.3    L'évolution des affectations forestières............................................................ 127

3.3.1.4    L'activité forestière à l'extérieur des affectations forestières.............................. 128

3.3.2    La présence de valeurs autres que forestières.................................................... 129

3.3.2.1    Les territoires affectés à la foresterie et les terrains autres que forestiers.............. 129

3.3.2.2    Les fonctions autres que forestières en territoire affecté à la foresterie................. 130

3.3.3    La valorisation de la ressource forestière sur les terres du domaine public..... 133

3.3.3.1    L’état général de la forêt................................................................................ 133

3.3.3.2    L’estimation de la possibilité forestière............................................................ 134

3.3.3.3    Les stratégies d’aménagement forestier visant la production de
matière ligneuse............................................................................................ 136

3.3.4    La valorisation de la ressource forestière sur les terres du domaine privé....... 138

3.3.4.1    L’état général de la forêt................................................................................ 138

3.3.4.2    L’estimation de la possibilité forestière............................................................ 139

3.3.5    Le dynamisme des entreprises forestières.......................................................... 141

3.3.5.1    Évolution historique et technologique............................................................ 141

3.3.5.2    La recherche de la rentabilité opérationnelle.................................................... 141

3.3.5.3    Le positionnement des entreprises forestières matawiniennes............................ 143

3.3.5.4    La recherche de la plus-value......................................................................... 144

3.3.5.5    Le renouvellement du personnel..................................................................... 146

3.3.6    Les perspectives de l'aménagement et du développement du
domaine forestier en territoire municipalisé....................................................... 148

3.3.6.1    Problématique de planification de l'aménagement.......................................... 148

3.3.6.2    Problématiques de planification du développement......................................... 150

3.4    Le domaine faunique........................................................................................ 153

3.4.1    La territorialité de l’exploitation faunique en territoire municipalisé............... 153

3.4.1.1    Les territoires d’intérêts fauniques.................................................................. 154

3.4.1.2    Les territoires fauniques désignés à l'échelle de la MRC................................... 154

3.4.1.3    La concordance entre les territoires fauniques désignés et les territoires
d’intérêts fauniques à l'intérieur des territoires municipalisés.......................... 155

3.4.1.4    L'activité faunique à l'extérieur des territoires fauniques désignés.................... 156

3.4.2    La présence d'activités autres que fauniques.................................................... 157

3.4.3    Le dynamisme du domaine faunique................................................................ 158

3.4.3.1    Les réserves fauniques.................................................................................... 158

3.4.3.2    Les zones d'exploitation contrôlée.................................................................. 159

3.4.3.3    Les pourvoiries.............................................................................................. 160

3.4.3.4    Le parc du Mont-Tremblant.......................................................................... 161

3.4.4    Le dynamisme des entreprises fauniques.......................................................... 162

3.4.5    Perspectives d’aménagement et de développement du domaine faunique..... 163

3.4.5.1    Problématiques relatives à la planification de l'aménagement.......................... 163

3.4.5.2    Problématiques relatives à la planification du développement.......................... 164

3.5    Le domaine récréatif........................................................................................ 166

3.5.1    La territorialité de la récréation.......................................................................... 166

3.5.1.1    Les territoires représentant un intérêt pour la récréation en
territoire municipalisé................................................................................... 166

3.5.1.2    Les territoires représentant un intérêt pour la récréation en
territoire non-organisé (TNO)....................................................................... 167

3.5.1.3    Les territoires récréatifs désignés..................................................................... 167

3.5.1.4    La concordance entre les territoires récréatifs désignés et les
territoires d’intérêts récréatifs......................................................................... 168

3.5.2    La présence de valeurs autres que récréatives................................................... 169

3.5.2.2    Les activités ayant un effet déstructurant sur la récréation.............................. 170

3.5.3    Le dynamisme du domaine récréatif................................................................. 172

3.5.3.1    La présence des équipements récréatifs............................................................ 172

3.5.3.2    L'évolution de la fréquentation des équipements récréotouristiques.................. 173

3.5.3.3    Profil touristique du territoire de la MRC de Matawinie comparativement
aux autres MRC de Lanaudière...................................................................... 173

3.5.4    Perspectives d’aménagement et de développement du domaine récréatif....... 174

3.5.4.1    Problématiques de planification de l'aménagement......................................... 175

3.7    PERSPECTIVES D'AMÉNAGEMENT GÉNÉRALES RELATIVES À LA
GESTION DES RESSOURCES.................................................................................... 179

3.7.1    L’importance de l’espace forestier matawinien................................................. 179

3.7.2    Le rôle attendu du gouvernement du Québec en ce qui a trait aux
aspirations du milieu régional à l'égard du Sud du territoire de la MRC........ 181

SECTION IV     L’ORGANISATION RÉGIONALE............................................................. 186

4.1    Le dynamisme et le positionnement des activités économiques......................................................................................................... 186

4.1.1    Le dynamisme et le positionnement du secteur primaire de l’économie.......... 187

4.1.1.1    Portrait général............................................................................................ 187

4.1.1.2    La détermination des municipalités qui constituent des centres de premier,
second et troisième ordre en ce qui concerne les activités primaires.................... 188

4.1.2    Le dynamisme et le positionnement du secteur secondaire de l’économie....... 188

4.1.2.1    Portrait général............................................................................................ 188

4.1.2.2    La détermination des municipalités qui constituent des centres de premier,
second et troisième ordre, en ce qui concerne les activités secondaires................ 190

4.1.3    Le dynamisme et le positionnement du secteur tertiaire de l’économie........... 191

4.1.3.1    Portrait général............................................................................................ 191

4.1.3.2    La détermination des municipalités qui constituent le centre principal et
les centres de premier, second et troisième ordre quant aux activités
tertiaires de leur économie.............................................................................. 192

4.1.3.3    Le dynamisme du secteur récréotouristique..................................................... 193

4.1.3.4    Le positionnement du secteur tertiaire sur le plan interrégional
(enquête 1996)............................................................................................. 197

4.1.4    Constats et perspectives relatifs à notre structure économique........................ 200

4.2    LES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT ET DE COMMUNICATION............ 202

4.2.1    Le système routier............................................................................................... 202

4.2.1.1    La classification fonctionnelle du réseau routier............................................... 202

4.2.1.2    L’évolution du niveau d’utilisation du réseau routier...................................... 204

4.2.1.3    L’appréciation du niveau de service................................................................ 206

4.2.1.4    Ce qu’il faut retenir sur la fonctionnalité du système routier............................ 207

4.2.2    Le système ferroviaire......................................................................................... 209

4.2.3    Les infrastructures de transport d’énergie et de télécommunication................ 209

4.2.3.1    Le transport d’électricité................................................................................ 210

4.2.3.2    Les gazoducs................................................................................................. 210

4.2.3.3    La téléphonie................................................................................................ 211

4.2.3.4    Constats et perspectives relatifs aux réseaux de transport d’énergie et de télécommunication........................................................................................ 211

4.2.4    Constats et perspectives relatifs aux infrastructures régionales....................... 213

4.2.4.1    Un système routier à parachever.................................................................... 213

4.2.4.2    Les améliorations au système ferroviaire......................................................... 215

4.3    LES INFRASTRUCTURES DE RANDONNÉE.......................................................... 216

4.3.1    La randonnée motorisée...................................................................................... 217

4.3.1.1    La motoneige................................................................................................ 217

4.3.1.2    Le Quad....................................................................................................... 217

4.3.2    La randonnée non motorisée............................................................................... 219

4.3.2.1    Les circuits pédestres..................................................................................... 219

4.3.2.2    Les voies cyclables......................................................................................... 221

4.3.3    Constats et perspectives relatifs aux réseaux de randonnée............................. 223

4.3.3.1    Accroître les efforts pour une meilleure planification de l’aménagement
des réseaux de sentiers................................................................................... 224

4.3.3.2    Le rôle primordial des instances publiques dans l’évolution de
l’écotourisme en Matawinie........................................................................... 224

4.4    LA GESTION DU TRANSPORT................................................................................ 226

4.4.1    La sécurité routière............................................................................................. 226

4.4.2    Le transport collectif........................................................................................... 226

4.4.2.1    Le partage des coûts et des responsabilités...................................................... 227

4.4.2.2    Les nouveaux axes mis en place..................................................................... 227

4.4.2.3    La mise en place du service de transport adapté.............................................. 228

4.4.3    Le transport par taxi........................................................................................... 228

4.4.3.1    Les municipalités disposant d’un service de taxi............................................. 228

4.4.4    Le camionnage.................................................................................................... 229

4.4.5    Le transport ferroviaire et aérien........................................................................ 229

4.4.6    Constats et perspectives quant à la gestion des transports.............................. 229

4.4.6.1    Améliorer la sécurité par une meilleure gestion de nos corridors routiers........... 230

4.4.6.2    Vers une plus grande maîtrise du camionnage................................................ 230

4.4.6.3    Pour une optimisation de l’organisation du transport des personnes............... 230

4.5    LES SERVICES À CARACTÈRE PUBLIC.................................................................. 232

4.5.1    Le contexte propre à l’offre des services publics municipaux.......................... 232

4.5.1.1    L’évolution des dépenses................................................................................ 232

4.5.1.2    L’indice de richesse foncière............................................................................ 233

4.5.1.3    L’indice d’effort fiscal.................................................................................... 233

4.5.1.4    Compréhension générale................................................................................ 233

4.5.2    Le contexte propre aux services gouvernementaux et
paragouvernementaux........................................................................................ 234

4.5.3    Les services à la personne en Matawinie............................................................ 235

4.5.3.1    La santé et les services sociaux....................................................................... 235

4.5.3.2    L’éducation et « l’employabilité ».................................................................. 235

4.5.3.3    Les loisirs communautaires et humanitaires.................................................... 236

4.5.3.4    Le domaine culturel....................................................................................... 236

4.5.4    Les médias.......................................................................................................... 237

4.5.4.1    Les médias électroniques................................................................................ 237

4.5.4.2    La presse écrite.............................................................................................. 238

4.5.5    Les services de sécurité publique....................................................................... 238

4.5.6    La gestion des matières résiduelles.................................................................... 239

4.5.6.1    Problématique propre à la Matawinie............................................................. 239

4.5.6.2    État de la situation....................................................................................... 240

4.5.6.3    L’avancement de la collecte sélective............................................................... 241

4.5.6.4    Les principes à respecter dans l’élaboration du Plan de gestion des
matières résiduelles........................................................................................ 243

4.5.7    Constats et perspectives relatifs aux services à caractère public...................... 243

4.6    CONSTATS ET PERSPECTIVES RELATIFS À L’ORGANISATION RÉGIONALE................................................................................................................ 245

4.6.1    Œuvrer au développement d’une structure économique soutenant le développement durable de nos milieux............................................................. 245

4.6.1.1    Rechercher l’optimisation des forces du milieu plutôt qu’une trop grande concentration................................................................................................ 245

4.6.1.2    Mieux soutenir le secteur industriel par des stratégies appropriées................... 245

4.6.1.3    Un meilleur maillage entre récréotourisme et culture....................................... 246

4.6.2    Établir nos priorités d’actions et les bénéfices escomptés en matière d’infrastructures de transport et de communication........................................ 247

4.6.2.1    En ce qui concerne le système routier.............................................................. 247

4.6.3    En ce qui concerne les infrastructures de randonnée, établir une
planification visant à supporter la fonction récréotouristique dans une perspective de développement durable............................................................. 250

4.6.4    Vers une gestion davantage intégrée du transport collectif.............................. 250

4.6.5    Les services à caractère public, une réalité au centre de la définition
de notre ruralité................................................................................................... 251

SECTION V      LA GESTION DE L’URBANISATION...................................................... 253

5.1    BILAN DE L’ORGANISATION ET DE L’OCCUPATION DU
TERRITOIRE RURAL.................................................................................................. 254

5.1.1    L’occupation rurale............................................................................................. 254

5.1.1.1    L’espace rural peu occupé............................................................................... 255

5.1.1.2    L’espace rural occupé..................................................................................... 255

5.1.1.3    Les hameaux................................................................................................. 255

5.1.1.4    Le panorama municipal de l’occupation du territoire...................................... 256

5.1.2    La caractérisation des hameaux......................................................................... 256

5.1.2.1    Taux d’occupation........................................................................................ 257

5.1.2.2    Secteurs à forte densité.................................................................................. 257

5.1.2.3    Nombre de nouvelles constructions depuis dix (10) ans.................................. 258

5.1.2.4    Équipements d’aqueduc et d’égout................................................................. 259

5.1.2.5    Valeur rurale présente................................................................................... 260

5.1.3    Les fonctions commerciales et industrielles à l’extérieur des
périmètres d’urbanisation................................................................................... 261

5.2    BILAN DE L’URBANISATION AU SEIN DES PÉRIMÈTRES D’URBANISATION.................................................................................................... 262

5.2.1    Bilan de l’utilisation du sol................................................................................. 262

5.2.2    Délimitation des aires urbaines par grandes fonctions..................................... 262

5.2.3    Identification des terrains à soustraire à la construction.................................. 264

5.2.4    Estimation des superficies constructibles.......................................................... 265

5.2.4.1    Dans l’ensemble des périmètres d’urbanisation............................................... 265

5.2.4.2    Dans les aires urbaines résidentielles............................................................... 267

5.2.4.3    Dans les aires urbaines commerciales mixtes................................................... 268

5.2.4.4    Dans les aires urbaines de préservation........................................................... 268

5.2.4.5    Dans les aires urbaines institutionnelles......................................................... 269

5.2.4.6    Dans les aires urbaines industrielles............................................................... 270

5.2.5    Caractérisation des réseaux d’aqueduc et d’égout........................................... 271

5.2.5.1    Estimation du nombre d’abonnés aux réseaux d’aqueduc................................ 271

5.2.5.2    Estimation du nombre d’abonnés aux réseaux d’égout.................................... 272

5.2.5.3    Estimation de la capacité résiduelle des réseaux.............................................. 272

5.3    LA CARACTÉRISATION DE LA CROISSANCE..................................................... 273

5.3.1    Prévisions de croissance à partir de données démographiques........................ 273

5.3.1.1    Méthodologie................................................................................................ 273

5.3.1.2    Les tendances observées.................................................................................. 274

5.3.1.3    Les prévisions de croissance démographique.................................................... 274

5.3.1.4    La croissance en nombre de ménages............................................................... 275

5.3.2    L’évolution des permis pour les nouvelles constructions.................................. 276

5.3.2.1    Méthodologie................................................................................................ 276

5.3.2.2    Les nouvelles constructions des municipalités................................................. 276

5.3.3    Estimation des besoins par fonction en réponse à la croissance....................... 277

5.3.3.1    Méthodologie................................................................................................ 277

5.3.3.2    Estimation des besoins en espace par fonction au sein des périmètres................ 279

5.3.3.3    Rapport entre les besoins en croissance et les terrains disponibles au sein des périmètres............................................................................................... 279

5.4    LES PERSPECTIVES DE LA GESTION DE L’URBANISATION............................. 282

5.4.1    Bilan de la gestion de l’urbanisation relatif au positionnement des périmètres d’urbanisation dans le contexte du premier Schéma d’aménagement................................................................................................... 282

5.4.1.1    Une évolution globalement positive de la trame commerciale.......................... 282

5.4.1.2    Quelques réaménagements ponctuels sur le réseau routier régional................... 283

5.4.1.3    Une implantation bien dirigée des nouveaux équipements publics................... 283

5.4.1.4    Un questionnement opportun sur le positionnement des périmètres
d’urbanisation face à la fonction résidentielle.................................................. 284

5.4.2    Bilan du contrôle de l’occupation de l’ensemble du territoire rural.................. 284

5.4.2.1    Un succès en ce qui concerne le lotissement et l’émission des permis
de construction............................................................................................. 284

5.4.2.2    Des grandes affectations du territoire qui ont un certain effet sur la
valorisation des territoires ressources, mais peu sur les secteurs
représentant un intérêt pour la récréation ou la villégiature............................. 285

5.4.3    Les perspectives de la gestion de l’urbanisation dans le contexte
rural particulier à la Matawinie.......................................................................... 285

5.4.3.1    En ce qui concerne le récréotourisme et la villégiature, une problématique
majeure à dénouer......................................................................................... 285

5.4.3.2    En ce qui concerne les fonctions commerciales et industrielles, une
planification régionale qu’il reste à ajuster...................................................... 286

5.4.3.3    La capacité des lacs à recevoir la croissance...................................................... 287

5.4.4    Vers un meilleur positionnement des périmètres d’urbanisation par
rapport à la croissance observée au niveau de la fonction résidentielle............ 288

5.4.4.1    Le rôle du milieu riverain, du panorama et des grands équipements
récréatifs régionaux sur le développement de la villégiature comme
fonction interrégionale................................................................................... 289

5.4.4.2    Les formes de développement créant une compétition indue aux périmètres d’urbanisation.............................................................................................. 290

 

Section VI     La qualité du milieu de vie et la sécurité publique....... 291

6.1    La préservation de la qualité du milieu de vie................................ 291

6.1.1    La réglementation sur les nuisances................................................................... 292

6.1.2    La recherche d'harmonie dans l'occupation du territoire................................... 292

6.1.3    Le patrimoine anthropique................................................................................. 293

6.1.3.1    Les paysages patrimoniaux........................................................................... 293

6.1.3.2    Les ensembles et les sites architecturaux.......................................................... 294

6.1.3.3    Les sites historiques....................................................................................... 294

6.1.3.4    Les sites archéologiques.................................................................................. 294

6.1.4    Les contraintes anthropiques.............................................................................. 294

6.1.5    La santé publique............................................................................................... 296

6.2    La préservation des milieux naturels sensibles............................... 300

6.2.1    Le littoral............................................................................................................. 301

6.2.2    La rive.................................................................................................................. 302

6.2.3    Les milieux humides........................................................................................... 303

6.2.4    Les sites d’intérêts naturels................................................................................ 303

6.2.4.1    Les habitats fauniques................................................................................... 304

6.2.4.2    Les sites récréatifs.......................................................................................... 304

6.2.4.3    Les sites géologiques...................................................................................... 304

6.2.5    La classification des sites d’intérêts naturels et anthropiques.......................... 305

6.2.5.1    La classification des sites d'intérêts................................................................ 305

6.2.5.2    Un outil d’évaluation pour apprécier le niveau de développement des sites d'intérêts, le TRAP....................................................................................... 305

6.2.6    La préservation de la qualité des paysages....................................................... 306

6.2.6.1    La valeur relative des unités de paysage......................................................... 306

6.2.6.2    La notion d'intégrité du paysage................................................................... 307

6.2.6.3    Mécanismes relatifs à l’appréciation des impacts visuels sur un paysage.......... 308

6.2.7    Les activités d'altération..................................................................................... 309

6.2.7.1    Sur la rive, le littoral et les milieux humides.................................................. 309

6.2.7.2    Sur les sites d’intérêts.................................................................................... 309

6.2.7.3    Sur les paysages............................................................................................ 310

6.3    Les zones à risques d’inondations............................................................ 311

6.3.1    La cartographie officielle (1 : 10 000)................................................................. 311

6.3.2    La cartographie régionale (1 : 20 000)................................................................ 312

6.3.2.1    L'élaboration de la carte au 1 : 20 000........................................................... 312

6.3.2.2    Les valeurs du rehaussement observées entre l'étiage et les niveaux de crue...... 312

6.3.2.3    Les valeurs de rehaussement attribuées arbitrairement aux cours d'eau
selon la superficie du bassin-versant............................................................... 313

6.3.3    Les secteurs touchés par la formation d'embâcles et par le refoulement......... 314

6.3.4    Les petits bassins-versants à régime torrentiel.................................................. 315

6.4    Les zones à risques de mouvements de terrain.................................. 316

6.4.1    Le phénomène des mouvements de terrain........................................................ 316

6.4.2    Les terrains sensibles en Matawinie et leur comportement............................... 316

6.4.3    Les principaux indices utilisés dans la détermination des zones à risques
de mouvements de terrain.................................................................................. 319

6.4.4    La détermination du niveau de risque............................................................... 320

6.5    La gestion par bassin-versant..................................................................... 322

6.5.1    Les problématiques générales relatives à la gestion par bassin-versant........... 322

6.5.2    Le contexte propre à la Matawinie..................................................................... 323

6.5.3    Le partage de l’information et la coordination.................................................. 324

6.5.4    La classification préliminaire des lacs selon leur sensibilité à
l’eutrophisation................................................................................................... 324

6.5.4.1    Méthode d’évaluation de la sensibilité des lacs aux apports en phosphore........ 325

6.5.4.2    Estimation des apports ponctuels en phosphore.............................................. 326

6.5.4.3    L’estimation des apports non ponctuels en phosphore..................................... 328

6.5.4.4    Les états trophiques anciens et actuels............................................................ 329

6.5.4.5    Classification des lacs basée sur la sensibilité à l’eutrophisation........................ 330

6.5.4.6    Une classification des lacs basée sur leur typologie écologique.......................... 331

6.6    Perspectives d’aménagement et de développement
relatives à la qualité du milieu............................................................... 333

6.6.1    Encadrer les usages à forte nuisance.................................................................. 333

6.6.2    Soutenir les interventions visant l’amélioration des milieux bâtis
anciens ou vétustes............................................................................................. 333

6.6.3    Améliorer la planification des milieux naturels sensibles................................. 334

6.6.4    Planifier et gérer les situations à risques............................................................ 335

6.6.5    Établir une étroite coordination entre le Schéma d’aménagement et les
plans directeurs de l’eau relatifs à chaque bassin-versant................................ 336

Bibliographie................................................................................................................. 336

Chapitre III      La problématique et les
choix régionaux.............................................. 338

SECTION I        LA PROBLÉMATIQUE D’AMÉNAGEMENT et
de développement.............................................................................. 339

1.1    L'Avènement de la nouvelle politique nationale sur
la ruralité............................................................................................................. 339

1.1.1    La territorialité et la ruralité particulières de la Matawinie
depuis ses tous débuts....................................................................................... 339

1.1.2    L'expansion et le ressac de l'occupation agricole............................................... 340

1.2    L'avènement d'une ruralité différente.................................................. 341

1.2.1    À moins d'une heure de Montréal !.................................................................... 341

1.2.2    De nouveaux liens d'appartenance.................................................................... 341

1.2.3    Une plus grande polarisation des fonctions commerciales............................... 342

1.3    Aujourd'hui, une différence qui commande
des choix différents.......................................................................................... 343

1.3.1    La MRC, un organe conçu pour fin d'harmonisation........................................ 343

1.3.2    Des problématiques particulières reliées à la gestion des ressources............... 343

1.3.3    Les défis des transports...................................................................................... 344

1.3.4    L'amélioration des services publics.................................................................... 344

1.3.5    Que faire quand il pleut ?................................................................................... 344

1.4    Des choix tournés vers l’avenir................................................................. 346

1.4.1    Et la jeunesse ?.................................................................................................... 346

1.4.2    Des choix qui engagent d'abord les matawiniens eux-mêmes.......................... 346

1.4.3    Le domaine du possible...................................................................................... 346

SECTION II      LES ORIENTATIONS DU gOUVERNEMENT EN MATIÈRE D'AMÉNAGEMENT................................................................................... 348

2.1    La gestion de l'urbanisation....................................................................... 349

2.1.1    La répartition de la croissance urbaine.............................................................. 349

2.1.2    L'amélioration de la qualité de vie dans les milieux urbanisés......................... 349

2.1.2.1    Le maintien et l'amélioration des services aux personnes................................. 349

2.1.2.2    L'amélioration des conditions générales de l'habitat....................................... 349

2.1.2.3    L’amélioration du cadre bâti et naturel en milieu urbanisé............................... 349

2.1.3    La prise en compte des risques d'origine naturelle et anthropique
et des nuisances.................................................................................................. 349

2.1.4    La planification stratégique des espaces industriels et commerciaux.............. 350

2.1.5    La planification intégrée de la localisation des équipements et
des infrastructures.............................................................................................. 350

2.2    Un aménagement du territoire propre à déterminer
une mise en valeur intégrée des ressources........................................ 351

2.2.1    La gestion des terres du domaine public........................................................... 351

2.2.1.1    Le patrimoine foncier québécois...................................................................... 351

2.2.1.2    Les lots publics intramunicipaux................................................................... 351

2.2.2    La protection du territoire agricole et le soutien au secteur bioalimentaire...... 351

2.2.3    La planification des activités minières............................................................... 351

2.2.4    La protection et l'aménagement du milieu forestier.......................................... 351

2.2.5    Le développement de l'énergie............................................................................ 352

2.2.6    La conservation de la diversité biologique......................................................... 352

2.2.7    L'accessibilité aux territoires fauniques et aux espaces récréatifs.................... 352

2.2.7.1    Le développement du réseau des parcs québécois.............................................. 352

2.2.7.2    La création d'un réseau de parcs régionaux.................................................... 352

2.2.7.3    La mise en valeur des ressources fauniques...................................................... 352

2.2.7.4    Le développement de la villégiature............................................................... 352

2.2.8    La mise en valeur du territoire à des fins touristiques...................................... 353

2.2.9    Les infrastructures de transport et le développement régional......................... 353

2.3    Le renforcement des structures municipales.................................... 354

SECTION III     LES ORIENTATIONS DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ADOPTÉES PAR LE CONSEIL DE LA MUNICIPALITÉ
RÉGIONALE DE COMTÉ DE MATAWINIE............................................ 355

3.1    Les buts et objectifs d’aménagement....................................................... 355

3.1.1    Leur traduction au sein du chapitre 4 (le plan d’aménagement) et 7
(le plan d’action)................................................................................................. 356

3.1.2    Une définition du développement durable propre au
contexte régional et local..................................................................................... 358

Chapitre IV      Le plan d’aménagement.............................. 359

SECTION I        La gestion des ressources territoriales............................ 360

1.1    LES OBJECTIFS GÉNÉRAUX VISANT LA GESTION DES RESSOURCES............ 360

1.1.1    La carte des territoires d’intérêts, un outil indispensable à la
gestion intégrée des ressources........................................................................... 360

1.1.2    Le rôle déterminant du système routier............................................................. 360

1.1.3    Le cas particulier du bassin du lac Kempt........................................................ 361

1.1.4    Les orientations d’aménagement relatives à la gestion des ressources............. 361

1.2    LES GRANDES AFFECTATIONS DU TERrITOIRE................................................ 366

1.2.1    Les règles entourant la création des grandes affectations du territoire............ 366

1.2.1.1    La carte des grandes affectations du territoire................................................. 366

1.2.1.2    La grille de compatibilité............................................................................... 366

1.2.2    La grande affectation agricole (A)..................................................................... 368

1.2.2.1    La présentation des territoires de la grande affectation agricole........................ 368

1.2.2.2    La compatibilité des usages............................................................................ 369

1.2.3    La grande affectation agrotouristique (At)....................................................... 370

1.2.3.1    La présentation des territoires d'affectation.................................................... 370

1.2.3.2    La compatibilité des usages............................................................................ 371

1.2.4    La grande affectation forestière agricole (FA)................................................... 373

1.2.4.1    La présentation des grandes affectations forestières agricoles............................ 373

1.2.4.2    La compatibilité des usages............................................................................ 374

1.2.5    La grande affectation forestière (F).................................................................... 375

1.2.5.1    La présentation des grandes affectations forestières.......................................... 375

1.2.5.2    La compatibilité des usages............................................................................ 376

1.2.6    La grande affectation faunique (Fau)................................................................ 377

1.2.6.1    La présentation des grandes affectations fauniques.......................................... 377

1.2.6.2    La compatibilité des usages............................................................................ 378

1.2.7    La grande affectation villégiature (V)................................................................ 379

1.2.7.1    La présentation des grandes affectations de villégiature................................... 379

1.2.7.2    La compatibilité des usages............................................................................ 379

1.2.8    La grande affectation récréative (R)................................................................... 380

1.2.8.1    La présentation des grandes affectations récréatives......................................... 381

1.2.8.2    La compatibilité des usages............................................................................ 381

1.2.9    La grande affectation conservation (C).............................................................. 383

1.2.9.1    Présentation de la grande affectation conservation.......................................... 383

1.2.9.2    La compatibilité des usages............................................................................ 383

1.2.10  La grande affectation industrielle (I)................................................................. 384

1.2.10.1  Présentation de la grande affectation industrielle............................................ 384

1.2.10.2  La compatibilité des usages............................................................................ 384

1.2.11  La grande affectation urbaine (U)...................................................................... 385

1.2.11.1  La présentation des affectations urbaines........................................................ 385

1.2.11.2  La compatibilité des usages............................................................................ 385

1.3    LES SOUS-AFFECTATIONS RURALES.................................................................... 387

1.3.1    Les sous-affectations applicables à la zone agricole......................................... 387

1.3.1.1    Agricole 1 (A1)............................................................................................ 388

1.3.1.2    Agricole 2 (A2)............................................................................................ 388

1.3.1.3    Agrotouristique (At)..................................................................................... 389

1.3.1.4    Les autres sous-affectations applicables à la zone agricole................................. 389

1.3.1.5    Les usages complémentaires en zone agricole permanente................................ 390

1.3.2    Les sous-affectation applicables aux autres territoires ruraux........................ 390

1.3.2.1    La sous-affectation forestière acéricole (Fa)...................................................... 390

1.3.2.2    La sous-affectation récréative régionale (Rr).................................................... 390

1.3.3    Le traitement des demandes d’inclusion à la
zone agricole permanente (ZAP)........................................................................ 391

1.3.3.1    L’inclusion des secteurs A+............................................................................ 391

1.3.3.2    L’inclusion des secteurs acéricoles................................................................... 391

1.4    Le cadre réglementaire applicable à la forêt
en territoire municipalisé............................................................................. 392

1.4.1    Forestier de production (F)................................................................................. 392

1.4.2    Forestier acéricole (Fa)........................................................................................ 393

1.4.3    Forestier faunique (Fau)..................................................................................... 394

1.4.4    Forestier d’encadrement (Fe).............................................................................. 394

1.4.5    Forestier ravage (Fr)............................................................................................ 395

1.4.6    Forestier sensible (Fs).......................................................................................... 395

1.4.7    Récréative régionale (Rr)..................................................................................... 396

Section II      L’organisation régionale............................................................. 397

2.1    LE CONCEPT D’ORGANISATION RÉGIONAL...................................................... 397

2.1.1    Le positionnement des fonctions régionales au sein des
municipalités locales........................................................................................... 397

2.1.2    La réorganisation fonctionnelle et l’amélioration du système routier............... 400

2.1.3    Les améliorations attendues du système routier............................................... 402

2.1.4    La gestion du réseau routier existant pour fin de préservation........................ 403

2.2    L’ORGANISATION DE LA FONCTION récréotouristique......................... 405

2.2.1    Le cadre général du récréotourisme en Matawinie............................................ 405

2.2.2    Le modèle organisationnel et ses composantes................................................. 407

2.2.2.1    Les grandes affectations récréatives................................................................. 407

2.2.2.2    Les équipements récréatifs à rayonnement régional.......................................... 408

2.2.2.3    La classification des municipalités à titre de centres récréotouristiques.............. 410

2.2.2.4    La contribution du réseau routier et du concept d’organisation régional........... 411

2.2.2.5    Le développement des corridors récréatifs et la permanence de sentiers.............. 412

2.2.3    La qualité des paysages comme moteur du récréotourisme............................ 413

2.2.4    La traduction de la fonction récréotouristique à l’échelle municipale.............. 413

2.3    LE CONCEPT D’ORGANISATION DES VOIES CYCLABLES............................... 415

2.3.1    Objectifs d’aménagement au niveau des centres récréotouristiques................ 415

2.3.2    Classification et objectifs d’aménagement au niveau des
divers liens d'intérêts régionaux......................................................................... 416

2.3.3    Le contenu nécessaire à l'appréciation d’un projet municipal.......................... 417

2.4    LES PARCS RÉGIONAUX.......................................................................................... 419

2.4.1    Des parcs mis en réseau..................................................................................... 419

2.4.2    Les objectifs d’aménagement et de développement.......................................... 420

2.5    le pLAN DE GESTION INTÉGRÉ DES MATIÈRES RÉSIDUELLES...................... 422

2.5.1    Les principes....................................................................................................... 422

2.5.2    La liste et la localisation des équipements planifiés.......................................... 423

2.6    LA PLANIFICATION DU TERRITOIRE NON-ORGANISÉ.................................... 425

2.6.1    Les éléments de problématique et le choix des objectifs................................... 425

2.6.2    La classification des lacs à des fins d’aménagement........................................ 429

2.6.3    La planification de l’aménagement des lacs de villégiature.............................. 430

2.6.4    La planification de l’aménagement des lacs à vocation récréotouristique....... 432

2.6.5    L’établissement d’un réseau de chemins forestiers permanents....................... 432

SECTION III     LA GESTION DE L’URBANISATION ET DE
L’OCCUPATION DU TERRITOIRE.......................................................... 435

3.1    LES ORIENTATIONS ET OBJECTIFS RELATIFS À LA GESTION
DE L’URBANISATION............................................................................................... 436

3.1.1    La réaction gouvernementale suite au dépôt du PSAR 1................................. 436

3.1.2    Le vécu municipal en ce qui concerne le contrôle de l’urbanisation.................. 436

3.1.3    Les orientations d’aménagement relatives à la gestion de l’urbanisation......... 437

3.2    LES RÈGLES D’AMÉNAGEMENT APPLIQUÉES À LA RÉVISION DES
PÉRIMÈTRES D’URBANISATION............................................................................ 441

3.2.1    L’utilité du périmètre d’urbanisation................................................................. 441

3.2.2    La recherche d’une réponse appropriée aux besoins en espace pour
l’ensemble du noyau villageois et pour ses principales fonctions urbaines...... 442

3.2.3    Les règles de base appliquées à la révision des périmètres d’urbanisation...... 442

3.3    OBJECTIFS PARTICULIERS RELATIFS À LA GESTION DE
L’URBANISATION AU SEIN DES PÉRIMÈTRES.................................................... 444

3.3.1    Le positionnement et la consolidation des aires urbaines existantes................ 444

3.3.2    La gestion de l’extension urbaine....................................................................... 445

3.3.3    La revitalisation des secteurs anciens................................................................ 445

3.4    LA GESTION DE L’OCCUPATION DES TERRITOIRES RURAUX........................ 446

3.4.1    L’utilité de la délimitation des différentes formes d’occupation de
l’espace rural....................................................................................................... 446

3.4.2    Les mesures de préservation relatives à l’occupation riveraine
des liens routiers................................................................................................. 447

3.4.2.1    Les routes du concept d’organisation régional situées à l’intérieur
des périmètres d’urbanisation........................................................................ 447

3.4.2.2    Les routes 125 et 131.................................................................................... 448

3.4.2.3    Les autres routes faisant partie du concept d’organisation régional.................. 448

3.4.2.4    Les routes locales à caractère rural.................................................................. 449

3.4.3    Les sous-affectations industrielles et commerciales.......................................... 449

3.4.3.1    Les parcs et les zones industrielles.................................................................. 449

3.4.3.2    L’industrie artisanale en bordure de certains chemins de rang.......................... 450

3.4.3.3    La sous-affectation commerciale périurbaine.................................................... 451

3.4.3.4    Les commerces routiers de carrefour................................................................ 452

3.4.4    Les mesures de contrôle relatives à l’ouverture d’une nouvelle rue à
l’intérieur des grandes affectations ressources (agricoles,
forestières agricoles, forestières et fauniques).................................................... 452

3.5    LA PRÉSENTATION DES NOUVEAUX PÉRIMÈTRES D’URBANISATION........ 454

3.5.1    Chertsey............................................................................................................... 454

3.5.1.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 454

3.5.1.2    Les besoins en espace...................................................................................... 455

3.5.1.3    L’intégration des composantes structurantes pour l’urbanisation..................... 455

3.5.1.4    L’insertion des fonctions régionales................................................................ 456

3.5.1.5    Nouvelle estimation de la disponibilité en terrains.......................................... 457

3.5.2    Entrelacs.............................................................................................................. 457

3.5.2.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 457

3.5.2.2    Les besoins en espace...................................................................................... 457

3.5.2.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 458

3.5.2.4    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 458

3.5.3    Notre-Dame-de-la-Merci.................................................................................... 459

3.5.3.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 459

3.5.3.2    Les besoins en espace...................................................................................... 459

3.5.3.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 459

3.5.3.4    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 460

3.5.4    Rawdon............................................................................................................... 460

3.5.4.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 461

3.5.4.2    Les besoins en espace...................................................................................... 461

3.5.4.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 461

3.5.4.4    L’insertion des fonctions régionales................................................................ 462

3.5.4.5    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 463

3.5.5    Saint-Alphonse-Rodriguez................................................................................. 463

3.5.5.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 463

3.5.5.2    Les besoins en espace...................................................................................... 463

3.5.5.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 464

3.5.5.4    L’insertion des fonctions régionales................................................................ 464

3.5.5.5    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 465

3.5.6    Saint-Côme.......................................................................................................... 465

3.5.6.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 465

3.5.6.2    Les besoins en espace...................................................................................... 465

3.5.6.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 465

3.5.6.4    L’insertion des fonctions régionales................................................................ 466

3.5.6.5    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 466

3.5.7    Saint-Damien...................................................................................................... 467

3.5.7.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 467

3.5.7.2    Les besoins en espace...................................................................................... 467

3.5.7.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 467

3.5.7.4    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 468

3.5.8    Saint-Donat......................................................................................................... 469

3.5.8.1    Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional......... 469

3.5.8.2    Les besoins en espace...................................................................................... 470

3.5.8.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 470

3.5.8.4    L’insertion des fonctions régionales................................................................ 470

3.5.8.5    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 471

3.5.9    Sainte-Béatrix...................................................................................................... 472

3.5.9.1    Positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional............. 472

3.5.9.2    Les besoins en espace...................................................................................... 472

3.5.9.3    L’intégration des composantes structurantes.................................................. 472

3.5.9.4    La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 473

3.3.10  Sainte-Émélie-de-l’Énergie.................................................................................. 473

3.3.10.1  Positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional............. 473

3.3.10.2  Les besoins en espace...................................................................................... 473

3.5.10.3  L’intégration des composantes structurantes.................................................. 474

3.5.10.4  L’insertion des fonctions régionales................................................................ 474

3.5.10.5  La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 475

3.5.11  Sainte-Marcelline-de-Kildare.............................................................................. 475

3.5.11.1  Positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional............. 475

3.5.11.2 Les besoins en espace....................................................................................... 475

3.5.11.3  L’intégration des composantes structurantes.................................................. 476

3.5.11.4  La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 476

3.5.12  Saint-Félix-de-Valois........................................................................................... 480

3.5.12.1  Positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional............. 480

3.5.12.2  Les besoins en espace...................................................................................... 480

3.5.12.3  L’intégration des composantes structurantes.................................................. 481

3.5.12.4  L’insertion des fonctions régionales................................................................ 481

3.5.12.5  La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 482

3.5.13  Saint-Jean-de-Matha........................................................................................... 485

3.5.13.1  Positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional............. 485

3.5.13.2  Les besoins en espace...................................................................................... 485

3.5.13.3  L’intégration des composantes structurantes.................................................. 485

3.5.13.4  L’insertion des fonctions régionales................................................................ 485

3.5.13.5  La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 486

3.5.14  Saint-Michel-des-Saints...................................................................................... 487

3.5.14.1  Positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional............. 487

3.5.14.2  Les besoins en espace...................................................................................... 487

3.5.14.3  L’intégration des composantes structurantes.................................................. 487

3.5.14.4  L’insertion des fonctions régionales................................................................ 488

3.5.14.5  La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 488

3.5.15  Saint-Zénon......................................................................................................... 489

3.5.15.1  Positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional............. 489

3.5.15.2  Les besoins en espace...................................................................................... 489

3.5.15.3  L’intégration des composantes structurantes.................................................. 489

3.5.15.4  La nouvelle estimation des espaces disponibles................................................ 490

Section IV     La qualité du milieu de vie et la sécurité publique....... 491

4.1    LA PRÉSERVATION DE LA QUALITÉ DU MILIEU DE VIE................................ 492

4.1.1    L'harmonisation des usages............................................................................... 492

4.1.2    La préservation et la valorisation du patrimoine anthropique......................... 493

4.1.2.1    Les paysages patrimoniaux........................................................................... 493

4.1.2.2    Les ensembles et les sites architecturaux.......................................................... 493

4.1.2.3    Les sites historiques....................................................................................... 493

4.1.2.4    Les sites archéologiques.................................................................................. 494

4.1.3    La gestion des contraintes anthropiques............................................................ 494

4.1.4    La santé publique............................................................................................... 494

4.1.5    La gestion de risques et le Schéma de sécurité civile......................................... 494

4.1.6    Les orientations et objectifs relatifs à la préservation de
la qualité du milieu de vie.................................................................................. 495

4.2    LA PRÉSERVATION DES MILIEUX NATURELS SENSIBLES............................... 498

4.2.1    La présentation du milieu riverain, du littoral et des milieux humides........... 498

4.2.2    La préservation des habitats fauniques............................................................. 499

4.2.3    Les sites d’intérêts récréatifs............................................................................... 499

4.2.4    Les sites géologiques........................................................................................... 500

4.2.5    Les ressources minérales..................................................................................... 500

4.2.6    La qualité et l'intégrité du paysage.................................................................... 500

4.2.7    Orientations et objectifs relatifs aux milieux naturels sensibles....................... 501

4.3    LES ZONES À RISQUES D'INONDATION.............................................................. 503

4.3.1    Une implication soutenue de la MRC................................................................ 503

4.3.2    Une implication gouvernementale limitée.......................................................... 504

4.3.3    Orientations régionales relativement aux inondations...................................... 505

4.4    LES ZONES À RISQUES DE MOUVEMENTS DE TERRAIN.................................. 507

4.4.1    Une implication importante de la MRC............................................................. 507

4.4.2    L'absence relative de l'État à ce chapitre............................................................ 508

4.4.3    Les orientations régionales relativement aux zones à risques
de mouvements de terrain.................................................................................. 509

4.5    LA GESTION DE L’EAU PAR BASSIN-VERSANT.................................................. 510

4.5.1    Les problématiques relatives à la coordination entre les
schémas d’aménagement et les plans directeurs de l’eau................................. 510

4.5.2    La subdivision du territoire en sous-bassins..................................................... 511

4.5.3    Une approche systématique dans la gestion de l’information.......................... 511

4.5.4    Les orientations et objectifs du Schéma d’aménagement à l’égard
de la gestion de l’eau par bassin-versant........................................................... 511

Chapitre V       Le document complémentaire................. 514

SECTION I        La gestion des ressources............................................................ 515

1.1    LES RESSOURCES MINÉRALES............................................................................... 515

1.1.1    Les dispositions minimales applicables aux sites d’extraction dans
les zones où ils sont autorisés avec faible restriction......................................... 515

1.1.2    Le territoire soustrait au jalonnement d’un claim............................................. 515

1.2    Les Normes et directives d’aménagement relatives à L’AGRICULTURE EN ZONE AGRICOLE PERMANENTE (zap).......................... 517

1.2.1    La présentation des orientations municipales relatives à l’agriculture
à l’intérieur du plan et des règlements d’urbanisme......................................... 517

1.2.2    Rappel des sous-affectations créées à l’intérieur de la
zone agricole permanente (ZAP)........................................................................ 517

1.2.2.1    Usages autorisés dans la zone agricole 1 (A1)................................................ 518

1.2.2.2    Usages autorisés dans la zone agricole 2 (A2)................................................ 518

1.2.2.3    Usages autorisés dans la zone agricole touristique (At)................................... 520

1.2.2.4    Usages autorisés dans la zone camping (Ca).................................................. 520

1.2.2.5    Usages autorisés dans la zone forestier ravage (Fr)......................................... 521

1.2.2.6    Usages autorisés dans la zone habitation (H)................................................. 521

1.2.2.7    Usages autorisés dans la zone industrielle 1 (I1)............................................ 521

1.2.2.8    Usages autorisés dans la zone industrielle 2 (I2)............................................ 522

1.2.2.9    Usages autorisés dans la zone récréative régionale (Rr)................................... 522

1.2.3    Dispositions particulières applicables à certaines catégories d’usages............ 524

1.2.3.1    Dispositions applicables à certains usages complémentaires à l’agriculture....... 524

1.2.3.2    Dispositions applicables à l’implantation de nouvelles constructions............... 524

1.2.3.3    Les usages domestiques.................................................................................. 525

1.2.3.4    Les usages agrotouristiques............................................................................ 527

1.2.3.5    Les usages reliés à l’acériculture...................................................................... 527

1.2.3.6    L’atelier d’artiste et le gîte du passant............................................................ 528

1.2.3.7    Les usages reliés à la mise en valeur du patrimoine anthropique...................... 529

1.2.3.8    L’abattage d’arbres en zone forestière ravage (Fr)............................................ 529

1.2.3.9    Mesures d’exception relatives à d’autres usages ayant obtenu une autorisation
de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ)..... 529

1.2.4    Dispositions particulières applicables aux installations d’élevage
et aux engrais de ferme....................................................................................... 530

1.2.4.1    Dispositions générales applicables aux installations d’élevage via le
calcul des distances séparatrices...................................................................... 530

1.2.4.2    Autres restrictions applicables aux installations d’élevage............................... 532

1.2.4.3    Distances séparatrices applicables aux ouvrages de stockage d’engrais de
ferme situés à plus de 150 mètres d’une installation d’élevage......................... 533

1.2.4.4    Restrictions applicables à l’épandage des engrais de ferme et
des engrais minéraux.................................................................................... 534

1.2.4.5    Droits acquis d’un bâtiment d’élevage dérogatoire.......................................... 534

1.2.5    Terminologie applicable à la section sur l’agriculture....................................... 536

1.3    Les Normes et directives d’aménagement relatives aux
activités à caractère agricole à l’extérieur de LA
ZONE AGRICOLE PERMANENTE (ZAP)................................................................ 539

1.3.1    Dispositions applicables aux secteurs A+......................................................... 539

1.3.2    Dispositions applicables à la petite agriculture à l'extérieur des
grandes affectations agricoles A et agrotouristiques At................................... 539

1.3.3    Les dispositions relatives aux fermettes............................................................ 539

1.3.4    Les usages à caractère agrotouristique à l’extérieur de la zone
agricole permanente............................................................................................ 540

1.4    LES NORMES ET DIRECTIVES D’AMÉNAGEMENT RELATIVES À LA FORÊT.......................................................................................................................... 541

1.4.1    La présentation des orientations et objectifs municipaux relatifs aux
affectations forestières et à la forêt.................................................................... 541

1.4.2    Modèle réglementaire applicable aux secteurs forestiers définis à la
carte au 1 : 20 000 traitant de la gestion des ressources pour
chaque municipalité locale................................................................................. 541

1.4.2.1    Dispositions générales applicables à l’abattage d’arbres................................... 542

1.4.2.2    Autres restrictions particulières applicables à l’abattage d’arbres...................... 545

1.4.3    L’abattage d’arbres sur les terres du domaine public....................................... 547

1.4.4    Terminologie applicable à la section sur la foresterie........................................ 547

SECTION II      L’ORGANISATION RÉGIONALE............................................................. 551

2.1    LE CONCEPT D’ORGANISATION RÉGIONAL...................................................... 551

2.1.1    La détermination des objectifs au Plan d’urbanisme........................................ 551

2.1.2    La segmentation du réseau routier.................................................................... 551

2.1.3    La gestion des carrefours et des accès riverains................................................ 551

2.1.4    La gestion des usages et des utilisations riveraines.......................................... 552

2.2    LE CIRCUIT RÉCRÉOTOURISTIQUE....................................................................... 553

2.2.1    Les dispositions applicables aux corridors routiers.......................................... 553

2.2.2    Les dispositions applicables aux noyaux villageois.......................................... 553

2.2.3    Les dispositions applicables aux accès publics aux plans d’eau..................... 553

2.2.4    Les dispositions applicables aux équipements récréatifs................................. 554

2.3    les Normes et directives d’aménagement relatives à la villégiature riveraine sur le territoire non municipalisé........ 555

2.3.1    Les dimensions minimales des lots riverains..................................................... 555

2.3.2    La marge de protection périphérique................................................................. 555

2.3.3    Les accès à l’eau et au terrain............................................................................. 555

2.3.4    La superficie totale du déboisement.................................................................. 555

2.3.5    La marge de recul des bâtiments....................................................................... 555

SECTION III     La gestion de l’urbanisation...................................................... 556

3.1    Les NORMES ET DIRECTIVES D’AMÉNAGEMENT RELATIVES
AU LOTISSEMENT..................................................................................................... 556

3.1.1    La nécessité du permis de lotissement............................................................... 556

3.1.2    Les généralités..................................................................................................... 556

3.1.3    Les conditions relatives à l’émission d’un permis de lotissement..................... 556

3.2    LES NORMES ET DIRECTIVES D’AMÉNAGEMENT RELATIVES À
LA CONSTRUCTION D'HABITATIONS.................................................................. 558

3.2.1    La nécessité du permis de construction............................................................. 558

3.2.2    Les conditions relatives à l’émission d’un permis de construction................... 558

3.2.3    Les roulottes........................................................................................................ 559

3.2.4    Les maisons mobiles et modulaires................................................................... 559

SECTION IV     La qualité du milieu de vie et la sécurité publique....... 560

4.1    LA PRÉSERVATION DE LA QUALITÉ DU MILIEU DE VIE................................ 560

4.1.1    Dispositions applicables à l’harmonisation des usages et la gestion des contraintes anthropiques.................................................................................... 560

4.1.2    Dispositions applicables au patrimoine anthropique....................................... 561

4.1.2.1    Les paysages patrimoniaux (paysages ruraux)............................................... 561

4.1.2.2    Les ensembles architecturaux (noyaux villageois)........................................... 561

4.1.2.3    Les sites d’intérêts anthropiques..................................................................... 561

4.2    La préservation des milieux naturels sensibles............................... 563

4.2.1    Le milieu riverain................................................................................................ 563

4.2.1.1    Définition de la ligne des hautes-eaux............................................................ 563

4.2.1.2    Dispositions applicables au littoral................................................................ 564

4.2.1.3    Les dispositions applicables à la bande de protection riveraine......................... 564

4.2.1.4    Le lotissement et la localisation des rues, routes et voies de circulation
en bordure d’un lac ou d’un cours d’eau......................................................... 568

4.2.2    Les milieux humides........................................................................................... 569

4.2.2.1    Les constructions, ouvrages, travaux de déblais ou de remblais dans
un milieu humide......................................................................................... 570

4.2.2.2    Le lotissement et la localisation des voies de circulation à proximité
d’un milieu humide...................................................................................... 570

4.2.3    Les habitats fauniques........................................................................................ 571

4.2.3.1    Contenu du Plan d’urbanisme....................................................................... 571

4.2.3.2    Le règlement d’urbanisme doit se conformer aux dispositions suivantes........... 571

4.2.4    Les sites d’intérêts naturels................................................................................ 572

4.2.4.1    Contenu du Plan d’urbanisme....................................................................... 573

4.2.4.2    Les dispositions applicables aux sites d’intérêts locaux encore non-aménagés...................................................................................................... 573

4.2.4.3    Les dispositions applicables aux sites d’intérêts régionaux............................... 573

4.2.5    La qualité du paysage........................................................................................ 574

4.2.5.1    Contenu du Plan d’urbanisme....................................................................... 574

4.2.5.2    Le contenu de la réglementation d’urbanisme................................................. 575

4.2.5.3    Le contenu de la réglementation d’urbanisme................................................. 575

4.2.5.3    Dispositions relatives aux développements résidentiels sur les terrains
à pentes fortes............................................................................................... 576

4.3    LES NORMES ET DIRECTIVES D'AMÉNAGEMENT RELATIVES AUX
ZONES À RISQUEs D'INONDATIONS.................................................................... 579

4.3.1    Les cotes d’inondations utilisées pour la détermination des zones à
fort courant (crue vingtenaire) et à faible courant (crue centenaire)................. 579

4.3.1.1    Les cotes d'inondation régionales................................................................... 579

4.3.1.2    Les cotes d'inondation officielles et leur approbation par la MRC..................... 579

4.3.2    Les spécifications relatives à l’établissement du relevé d’arpentage et
des limites vingtenaires et centenaires................................................................ 580

4.3.3    Les dispositions générales applicables aux zones à risques d’inondations...... 580

4.3.3.1    Les dispositions applicables aux constructions et usages dans la
zone à fort courant (vingtenaire)................................................................... 581

4.3.3.2    Les constructions et usages autorisés dans la zone à faible courant
(récurrence 20-100 ans)................................................................................ 583

4.3.3.3    Les mesures d'immunisation des habitations autorisées dans la
zone de faible courant (récurrence 20-100 ans)............................................... 583

4.3.4    Les autres dispositions applicables aux terrains déjà construits dans
la zone de fort courant déterminée par la cartographie régionale..................... 584

4.3.4.1    Les dispositions particulières régissant les rénovations et les utilisations complémentaires pour les terrains déjà construits, c'est-à-dire, déjà occupés
par une habitation........................................................................................ 584

4.3.4.2    Les modifications à l'occupation d'un bâtiment principal existant.................. 586

4.3.4.3    L’agrandissement d'un bâtiment principal..................................................... 586

4.3.4.4    La reconstruction d'un bâtiment principal..................................................... 586

4.3.5    Les dispositions relatives aux dérogations pouvant être accordées pour
certains secteurs à consolider à l’intérieur de la zone inondable....................... 586

4.3.5.1    Les conditions relatives à la reconnaissance de pôles d'activités
à consolider en zone inondable
....................................................................... 587

4.3.5.2    La cartographie des secteurs à consolider au 1 : 5 000..................................... 588

4.3.5.3    Les paramètres servant à circonscrire les secteurs d'occupation
à moindre impact
.......................................................................................... 588

4.3.5.4    Les modalités d'aménagement des secteurs d'occupation................................. 588

4.4    LES NORMES ET DIRECTIVES D'AMÉNAGEMENT RELATIVES AUX
ZONES À RISQUEs DE MOUVEMENTS DE TERRAIN.......................................... 590

4.4.1    Les corrections ponctuelles à la cartographie des zones à
risques de mouvements de terrain..................................................................... 590

4.4.2    Les interdictions et restrictions applicables en zones à risques
de mouvements de terrain.................................................................................. 591

4.4.2.1    Les zones à risques élevés............................................................................... 591

4.4.2.2    Les zones à risques moyens............................................................................ 592

4.4.2.3    Les zones à risques faibles............................................................................... 592

4.4.2.4    Les zones à risques hypothétiques................................................................... 593

4.4.3    La construction de routes et d’habitations de trois (3) étages ou plus............ 593

4.4.4    Les dispositions régissant les réparations, les rénovations et
les agrandissements pour les terrains déjà construits....................................... 594

4.4.4.1    Les dispositions relatives aux travaux de réparation....................................... 594

4.4.4.2    Les dispositions relatives aux rénovations et agrandissements......................... 594

4.4.5    Les dispositions régissant les utilisations complémentaires pour
les terrains déjà construits.................................................................................. 595

4.4.5.1    La classification des utilisations complémentaires selon la surcharge................ 595

4.4.5.2    Le principe d’éloignement.............................................................................. 595

4.4.5.3    Les dispositions dans les zones à risques élevés................................................ 596

4.4.5.4    Les dispositions dans les zones à risques moyens............................................. 596

4.4.5.5    Les dispositions dans les zones à risques faibles et hypothétiques...................... 597

4.4.6    Les mesures d’exception relatives à une reconstruction.................................... 597

4.4.7    Les ouvrages souterrains servant à des fins municipales ou publiques........... 597

4.4.8    Les prescriptions relatives aux études géotechniques....................................... 597

Chapitre VI      Coûts approximatifs des équipements
et infrastructures........................................ 600

Chapitre VII    Le plan d’action.............................................. 602

7.1    STRUCTURE DU DOCUMENT................................................................................. 603

7.2    ÉTAPES À VENIR....................................................................................................... 604

Chapitre VIII   Modalités et conclusions de
la consultation............................................. 613

 

 

 


Chapitre I
Le cadre de planification

(Partie 1)

 

 

schéma d’aménagement révisé

 

Second projet

 

 

 

 

 

 


Le présent chapitre établit les prémisses de l'opération révision du schéma d'aménagement de la municipalité régionale de comté de Matawinie. L'objectif poursuivi est d'actualiser le cadre de référence global, qui constitue un recueil des « règles du jeu », dont s'est doté le Conseil de la municipalité régionale de comté de Matawinie. Pour ce faire, ce chapitre traite de certains aspects de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et des principes et partis pris d'aménagement adoptés par le Conseil.

 

 

 

 

SECTION I       LA LOI SUR L'AMÉNAGEMENT ET L'URBANISME

 

La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme constitue la principale source d'information lorsque l'on traite de la municipalité régionale de comté et de ses responsabilités d'aménagement. Voici, à titre de référence, les dispositions, les principes et les modalités d'application de la Loi qui pourraient ajouter à la bonne compréhension de la présente opération de planification.

 

 

 

 

1.1     LES PRINCIPES DIRECTEURS DE LA LOI

 

L'actuelle Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, sanctionnée en novembre 1979 et entrée en vigueur en avril 1980, a principalement pour objet :

Ø          d'établir les règles relatives à l'aménagement du territoire et à l'urbanisme et de préciser le cadre d'élaboration et d'application des instruments de planification;

Ø          de conférer aux municipalités régionales de comté et aux municipalités la responsabilité de veiller à l'élaboration des outils de planification et à leur mise en oeuvre.

 

Quatre (4) principes constituent les fondements de cette Loi :

1.           L'aménagement est d'abord une responsabilité politique et non uniquement une question technique. C'est-à-dire qu'il appartient d'abord aux élus en relation avec les citoyens d'effectuer les choix, de prendre les décisions, de faire les arbitrages qui s'imposent.

2.           Le citoyen est associé aux diverses étapes du processus d'élaboration et de révision des instruments d'aménagement par le biais de l'information, de la consultation et de la participation.

3.           L'aménagement est une fonction partagée entre trois (3) paliers de décision : la municipalité, la municipalité régionale de comté et le gouvernement; chaque palier ayant son domaine de responsabilité propre.

4.           L'aménagement fait appel à la coordination et à la conciliation des choix et des actions des trois (3) paliers de décision, ce qui se traduit par un échange d'informations et par la concordance de leurs objectifs et projets respectifs.

1.2     LE SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT

 

Pour atteindre ses objectifs, la Loi attribue à la municipalité régionale de comté la responsabilité de réaliser et d'adopter, dans les délais et selon un cheminement prescrit, un schéma d'aménagement et de le réviser cinq (5) ans après son entrée en vigueur.

 

Elle définit ce qu'est un schéma d'aménagement par l'énumération des éléments qu'il peut ou qu'il doit comprendre. Ce sont les articles 5, 6 et 7 de la Loi qui identifient ce contenu.

 

 

 

 


1.3     LE PROCESSUS DE RÉVISION DU SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT

 

Le processus de révision comprend quatre (4) grandes phases pouvant être résumées comme suit :

 

 

 

1.3.1    Première phase : les objets de la révision

 

Le conseil de la municipalité régionale de comté adopte une résolution par laquelle il manifeste son intention de réviser le schéma d'aménagement. Suite à l'enclenchement, il adopte un document portant sur les objets sur lesquels portera la révision du schéma d'aménagement.

 

Par la suite, le gouvernement informe la municipalité régionale de comté des orientations d'aménagement qu'il entend poursuivre à l'échelle de la province. Contrairement à l'époque du schéma de première génération, les orientations gouvernementales sont beaucoup plus directives, en ce sens, qu'elles incluent des commandes très précises qui influencent considérablement les orientations d'aménagement du territoire.

 

Le processus de révision du schéma d'aménagement se caractérise aussi par le souhait d'une participation élargie à l'égard des partenaires susceptibles de mettre en oeuvre le schéma révisé et les problématiques débordant le cadre du territoire de la Matawinie pour se répercuter dans les MRC contiguës.

 

 

 

1.3.2    Deuxième phase : l’élaboration du premier projet (PSAR 1)

 

La municipalité régionale de comté élabore alors une proposition de schéma d'aménagement révisé - Premier projet, qui servira de base de consultation avec les municipalités, les municipalités régionales de comté ainsi que le gouvernement, ses ministères, ses mandataires et les organismes publics.

 

À cette étape, le gouvernement précise les intentions manifestées antérieurement concernant les orientations d'aménagement et les projets d'équipements et d'infrastructures à l'échelle de la MRC. De plus, s'il y a lieu, il signifiera ses objections à l'égard de la proposition d'aménagement révisé - Premier projet.

 

 

 

1.3.3    Troisième phase : l’élaboration du second projet (PSAR 2)

 

Après avoir pris connaissance des commentaires des organismes publics, la Municipalité régionale de comté adopte la proposition de schéma d'aménagement révisé - Second projet, qui est soumise à la consultation de la population matawinienne et des partenaires oeuvrant en Matawinie. Un résumé de la proposition de schéma d'aménagement révisé - Second projet, tout comme sa version entière, peuvent être consultés et les personnes et organismes intéressés peuvent s'exprimer lors des consultations publiques.

 

 

 

1.3.4    Quatrième phase : l’adoption du Schéma d’aménagement révisé (SAR)

 

La municipalité régionale de comté adopte enfin son schéma d'aménagement révisé par règlement. Celui-ci entre en vigueur 120 jours plus tard, à moins qu'entre-temps le ministre n'indique qu'il n'est pas conforme aux orientations définies par le gouvernement. La municipalité régionale de comté doit alors amender son schéma en conséquence, à défaut de quoi, le gouvernement peut le modifier par décret.

 

 

 

 


1.4     LES EFFETS DE L'ENTRÉE EN VIGUEUR D'UN SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT

 

Outre l'article 32 de la Loi qui stipule que « l'entrée en vigueur d'un schéma d'aménagement ne crée aucune obligation quant à l'échéance et aux modalités de réalisation des équipements et infrastructures qui y sont prévues », il est possible d'identifier quatre (4) dispositions entourant l'entrée en vigueur du schéma d'aménagement.  Les articles 2, 33, 46 et 54 en font la description :

Ø          Il lie le gouvernement, ses ministères et ses mandataires (Article 2) :

« Un schéma d'aménagement et un règlement de contrôle intérimaire adoptés et mis en vigueur conformément à la présente Loi lient le gouvernement, ses ministères et ses mandataires lorsque ceux-ci projettent de faire une intervention à l'égard de laquelle s'appliquent les articles 150 à 157, dans la seule mesure prévue à ces articles.

Notamment, le gouvernement, ses ministères et ses mandataires ne sont pas tenus d'obtenir un permis ou un certificat exigé en vertu d'un règlement de contrôle intérimaire. » 1979, c.51, a.2; 1983, c.19, a.1, 1993, c.3, 9.3.

Ø          Il oblige les municipalités du territoire de la municipalité régionale de comté à adopter ou à modifier un plan d'urbanisme en fonction des objectifs du schéma d'aménagement (Article 33).

Ø          Il amène le contrôle des règlements d'emprunt des corporations municipales (Article 46).

Ø          Il devient un instrument de développement régional (Article 54).

 

 

 


SECTION II     LES PRINCIPES ET PARTIS PRIS D'AMÉNAGEMENT DE LA MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTE DE MATAWINIE

 

 

 

Le 10 décembre 1981 étaient émises les lettres patentes qui constituaient la municipalité régionale de comté de Matawinie, terminant ainsi une importante période de discussion portant sur l'opportunité de créer une municipalité régionale de comté couvrant, d'Est en Ouest, le Nord de la région de Lanaudière.

 

En effet, les représentants municipaux de ce territoire avaient indiqué aux membres du comité de consultation de la zone Lanaudière leur volonté de voir le Nord des comtés municipaux de Berthier, Joliette et Montcalm réunis dans une seule et même région d'appartenance, à laquelle un vaste territoire non-municipalisé s’ajoutait à ces composantes territoriales.

 

Les motifs évoqués pour justifier un tel bouleversement de la carte des comtés municipaux de la région de Lanaudière peuvent se traduire par le fait que les « gens du Nord » se reconnaissaient spontanément de profondes similitudes, tant au niveau de leur vécu, de leurs préoccupations d'aménagement et de développement que des perspectives d'avenir qu'ils envisageaient.

 

Éloignés des grands centres, économiquement faibles, socialement isolés du Sud de la région, délaissés par les stratégies de développement qui, dans une grande région comme celle de Montréal, sont préparées en fonction de l'urbain, mais aussi remplis de potentiels et de ressources naturelles, ces trois (3) « bouts de comté » ont misé sur la création d'une nouvelle région plus homogène, sur les possibilités de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et sur la volonté de se prendre en charge pour « améliorer le sort » de leurs habitants.

 

 

 

 

2.1     L'AMÉNAGEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT

 

La Matawinie est donc une nouvelle région qui n'existait pas administrativement avant 1981 et qui se décrit comme étant un territoire de ressources s'apparentant au Québec de base : les besoins y sont incalculables et de toutes sortes, les ressources sont, quant à elles, très limitées. Dans un tel contexte et dans le cadre particulier de l'opération de la révision du schéma d'aménagement, il apparaît judicieux de spécifier le rôle et la portée des travaux de la municipalité régionale de comté de Matawinie.

 

Ceci dit, la nature et le degré des préoccupations d'aménagement de la municipalité régionale de comté de Matawinie commandent qu'elles soient analysées et traitées dans un contexte plus large qui ressemble davantage à une problématique de développement qu'à une problématique strictement axée sur les composantes physiques de l'aménagement du territoire. Cette façon d'aborder le Schéma d'aménagement a, entre autres, le mérite de situer une décision strictement d'aménagement en conséquence et par rapport à des préoccupations majeures d'autre ordre.

 

Le Plan d'action est le nouvel outil que les municipalités régionales de comté doivent associer au schéma d'aménagement à travers la révision de celui-ci. Le ministère des Affaires municipales décrit le plan d'action comme suit :

 

« Le plan d'action est obligatoire et, comme document d'accompagnement du schéma, son contenu est normalement relié aux orientations et aux objectifs du schéma.  Le plan d'action devrait traduire le schéma en actions concrètes, notamment en matière de transport, de nouvelles infrastructures et de nouveaux équipements importants dont la mise en place est projetée par la MRC (LAU, art. 5, 7 b et 5, 8 b).  Sans être opposable aux tiers (municipalités, citoyens, organismes) ni axé sur un macrozonage du territoire, le plan d'action complète le schéma par une programmation d'activités des élus, des fonctionnaires, des promoteurs et des acteurs associés à la MRC, pour l'atteinte concrète d'objectifs de cette dernière. Cet instrument peut aider les MRC à produire des schémas d'aménagement révisés qui soient de meilleurs outils de connaissance, de concertation, de planification et surtout de mise en oeuvre. »

 

Ainsi ce document permet d'opérationnaliser la mise en oeuvre du schéma d'aménagement dans une perspective de développement de la MRC.

 

 

 

 

2.2     LES PRINCIPES D'AMÉNAGEMENT

 

Dès le début de son engagement dans le processus d'élaboration de son schéma d'aménagement, le conseil de la municipalité régionale de comté de Matawinie se donnait, par résolution, trois (3) principes de base devant lui servir de points de repère dans l'exécution de ses travaux d'aménagement. Ces principes s'énoncent ainsi :

 

1.       La municipalité régionale de comté de Matawinie accordera une importance majeure à l'information et à la consultation des différents partenaires de l'opération schéma d'aménagement de façon à ce que chacun (les élus municipaux, les fonctionnaires municipaux et les citoyens) puisse, à son niveau, intervenir efficacement dans le processus de réalisation du schéma d'aménagement.

 

2.       La préparation du schéma d'aménagement de la MRC s'effectuera avec un souci de rigueur, d'intégrité et d'objectivité en concertation avec les partenaires municipaux et la population, de sorte que son contenu soit souhaité rentable et à la mesure de nos aspirations et de nos moyens.

 

3.       Le schéma d'aménagement constituera l'expression des choix d'aménagement de la MRC, établis de concert avec les municipalités dans le plus grand respect possible de l'autonomie municipale et sa réalisation s'effectuera sans égard aux juridictions autres que celles du monde municipal qui ont cours sur son territoire.

 

Ces principes d'aménagement témoignent, d'une part, d'une volonté ferme du conseil de la MRC d'assumer les responsabilités que lui confie la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme et, d'autre part, du sérieux qu'il entend y apporter.

 

 

 

 

2.3     LE SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT, UN OUTIL SOUPLE ET GÉNÉRAL

 

« Il n'est pas facile de faire un schéma d'aménagement […]qui aboutit […] à quelque chose de bon, d'utile, de stimulant. Ainsi, dans divers pays, on a pu constater que les schémas ne servaient à rien et n'étaient pas appliqués. »

 

Une grande partie de la valeur d'un schéma d'aménagement résidera donc dans sa capacité à se transcrire facilement et avec justesse dans les plans et règlements d'urbanisme des municipalités.  Car dans les faits, il appartiendra aux municipalités de raffiner, de préciser et même, pour une certaine portion du schéma d'aménagement, d'appliquer et de faire respecter un contenu d'aménagement régional.

 

Afin que le schéma d'aménagement puisse vraiment jouer adéquatement son rôle « d'esquisse de l'organisation du territoire », par rapport aux instruments de planification et de contrôles municipaux, il lui faut nécessairement présenter un contenu souple et général. En effet, ces deux (2) caractéristiques du contenu du schéma d'aménagement assureront aux corporations municipales une certaine marge de manœuvre, une latitude pour rendre conformes au schéma d'aménagement leurs plans et règlements d'urbanisme tout en respectant le caractère particulier et les réalités propres de leur territoire.

 

 

 


Chapitre II
Le contexte d’intervention

(Partie 1)

 

 

SCHÉMA D’AMÉNAGEMENT RÉVISÉ

 

SECOND PROJET

 

 

 

 

 

 

 


SECTION I       LES GRANDES CARACTÉRISTIQUES TERRITORIALES

 

 

 

 

1.1     LE CADRE TERRITORIAL

 

La MRC de Matawinie se situe au Nord-Est de la grande région administrative de Montréal (région 06) et constitue la partie Nord de la région de Lanaudière. Elle chevauche les limites des cinq (5) anciens comtés municipaux, soit : Montcalm, Joliette, Berthier, Maskinongé et Saint-Maurice. Insérée entre la région des Laurentides et celle de la Mauricie, la MRC de Matawinie est frontalière avec dix (10) autres MRC : le Haut Saint-Maurice, de Mékinac, de Maskinongé, Antoine-Labelle, les Laurentides, les Pays-d’en-Haut, la Rivière-du-Nord, de Montcalm, de Joliette et de D'Autray (voir figure 1). Les liens routiers interrégionaux sont les routes 329, 125, 343 et 131, tous orientés vers les MRC au Sud de la Matawinie, soit vers les villes de Sainte-Agathe, de Joliette et de Montréal.

 

Le territoire de la MRC s'étend du Sud au Nord sur plus de 200 kilomètres et se divise en deux (2) grands secteurs, soit, au Sud, le territoire municipalisé qui couvre 3 249,3 km2 de superficie et, au Nord, un vaste territoire non-organisé (TNO) totalisant 7 543,1 km2. Cette dernière appellation, quant aux TNO, rend compte de l'absence d'organisme chargé de l'administration du territoire à des fins municipales, à l'exception de la MRC.

 

 

 

1.1.1    Le territoire non-organisé

 

Le territoire non-organisé, dont l'administration est confiée à la MRC, s'étend sur cinq (5) anciens comtés municipaux sous-constitués de 36 cantons et parties de cantons. Il inclut la moitié Est du parc du Mont-Tremblant et de la réserve faunique Rouge-Mattawin, la partie Ouest de la réserve faunique Mastigouche ainsi que la réserve indienne de la Manawan. Ces territoires représentent 70 % de la superficie de la MRC (voir figure 2). Ils sont traversés du Sud au Nord par un important chemin forestier reliant la réserve indienne de la Manawan à Saint-Michel-des-Saints, auquel s'ajoute un embranchement vers le Nord-Ouest se rendant à Casey (Haut Saint-Maurice). Ces territoires sont principalement voués à la foresterie et, à un degré moindre, à l'exploitation de la faune et à la villégiature.

 

 

 

1.1.2    Le territoire municipalisé

 

Le territoire municipalisé comprend 15 municipalités, dont une municipalité de canton, quatre (4) paroisses et dix (10) municipalités sans désignation. À l'image de l'immensité du territoire de la municipalité régionale de comté, chaque municipalité possède une superficie relativement vaste. La figure 2 localise chacune d'elles sur le territoire de la MRC et indique la superficie qu'elles représentent. Au total, les 15 municipalités occupent 3 249,3 km2 ce qui représente 30 % du territoire de la Matawinie.

Aux frontières administratives d'ordre municipal qui viennent d'être présentées se surimposent celles de l'état québécois à l'égard de ses territoires de ressources. Selon la structure administrative du ministère des Ressources naturelles du Québec, le territoire de la MRC est en majeure partie régi par l'unité de gestion l’Assomption-Mattawin (62, région de Montréal). Les autres unités de gestion sont celles de la Rivière Rouge (61, région de Montréal), du Bas Saint-Maurice et de Gouin (41 et 43, région de Trois-Rivières) ainsi que la Lièvre (77, région de l'Outaouais). Au niveau des bureaux d'enregistrement, les municipalités de Saint-Michel-des-Saints, de Saint-Zénon et du territoire non-organisé relèvent de celui de Berthierville, alors que les autres municipalités s'adressent au bureau de Sainte-Julienne.

 

Les limites administratives à l’intérieur de la MRC divergent en fonction du droit de regard des ministères et des organismes sur le territoire. Ainsi, les chevauchements administratifs entraînent des difficultés à promouvoir la cohésion entre les différentes entités administratives et à trouver un interlocuteur public unique préoccupé par le territoire de la Matawinie. On peut aussi ajouter que l’incohérence spatiale entre les différents découpages administratifs et la non-conformité aux MRC engendrent des obstacles pour obtenir une lecture globale des réalités matawiniennes.

 

 

 


1.2     La physiographie et l’hydrographie

 

Comme on le sait, les composantes hydrographiques du territoire sont innombrables et les plus connues font déjà partie du bagage des connaissances de la plupart des résidents en Matawinie. On sait peu de choses, cependant, sur l’organisation du relief et, en ce sens, la détermination des unités physiographiques comble une grave lacune en servant d'assise à la vision du territoire en même temps qu'elle offre un cadre spatial rigoureux à son analyse.

 

En Matawinie, on distingue deux (2) ensembles physiographiques séparés par la rivière Mattawin, soit les Laurentides du côté Sud et les Hautes Terres Centrales du côté Nord. Voici les divisions physiographiques et hydrographiques pour chacun de ces ensembles, les rapports entre les limites physiographiques et hydrographiques étant innombrables.

 

 

 

1.2.1    Les Laurentides

 

Les Laurentides forment la bordure du Plateau Laurentien dominant la vallée du Saint-Laurent. On les nomme parfois Laurentides de Montréal ou Laurentides méridionales pour les distinguer des Laurentides de Charlevoix. L’altitude de ces terres est comprise entre 100 et 900 mètres, le point culminant étant le Mont-Tremblant situé à une trentaine de kilomètres à l'Ouest de la Matawinie à la hauteur de Saint-Donat (voir figure 3 et tableau 1).

 

Les Laurentides ont en commun un relief accidenté et montueux, de même qu'un drainage se faisant directement vers les Basses Terres du Saint-Laurent par les rivières du Nord, l'Assomption, Maskinongé (Mastigouche), du Loup, Shawinigan et des Envies. De ces diverses rivières, seules les rivières l'Assomption et Mastigouche ont un recouvrement significatif dans la région de Lanaudière et en Matawinie. Cette organisation du drainage est due au fait que la pente générale des terres est inclinée vers le Sud-Est, vers la vallée du Saint-Laurent et, à un degré moindre, vers l'Est, soit vers la Mauricie. On remarquera aussi que les grandes rivières, soit l'Outaouais, la Saint-Maurice et la Batiscan, n'ont pas été nommées. La raison en est que ces rivières drainent les Hautes Terres qui se retrouvent derrière les Laurentides ou, si l'on veut, dans l'immense arrière-pays (voir figure 4 et tableau 2).

 

a)         La limite Nord : la Mattawin

 

Du côté Nord, la limite entre les Laurentides et les Hautes Terres Centrales correspond, à peu de chose près, au tracé de la rivière Mattawin. On comprend aisément que la présence des Hautes Laurentides puisse constituer une barrière aux cours des rivières dont le tracé est pourtant orienté vers le Sud, soit conformément aux alignements des formations géologiques, comme on le verra plus loin. Vers l'Est, plus précisément à l'aval du réservoir Taureau, on remarquera qu'il n'y a plus vraiment de barrière topographique pour expliquer le tracé de la Mattawin vers l'Est en direction de la Saint-Maurice. Cependant, dans un premier temps, le gradient des terres dans ce secteur se déplace progressivement vers l'Est, au bénéfice de la rivière Saint-Maurice. Aussi, l'analyse du système de vallées révèle un cisaillement intense dans un axe partant du réservoir Taureau en direction de l'extrémité Sud du massif de Charlevoix; ce système étant pratiquement parallèle au graben du Saguenay qui flanque le massif de Charlevoix du côté Nord.

 

b)         La limite Sud : quelque part dans la plaine au Sud de l'escarpement du Piedmont

 

Du côté Sud des Laurentides, le contact avec les Basses Terres du Saint-Laurent a été situé à l'emplacement de la limite géologique entre les roches du Bouclier Canadien et celles des Basses Terres du Saint-Laurent. Dans la région de Lanaudière, ce contact s'exprime à certains endroits par un talus peu accentué, comme c'est le cas au niveau des municipalités de Saint-Lin-des-Laurentides et de Saint-Norbert. Toutefois, entre ces deux (2) municipalités, soit à Sainte-Julienne, Saint-Liguori, Saint-Ambroise et Sainte-Élisabeth, il est masqué par une épaisse couverture meuble s'étendant vers le Nord jusqu'à l'escarpement du Piedmont. Cet escarpement bien connu des Lanaudois passe au Sud des municipalités du Canton de Rawdon et de Sainte-Marcelline-de-Kildare et au Nord des municipalités de Saint-Félix-de-Valois et de Saint-Cléophas. Plusieurs auteurs situent d'ailleurs la limite de la plaine du Saint-Laurent contre cet imposant escarpement.

 

Les Laurentides comprennent quatre (4) sous-ensembles physiographiques, soit les Hautes Laurentides, le plateau de la rivière du Nord, le plateau disloqué de Lanaudière et le plateau méridional de la Mauricie. De ces quatre (4) sous-ensembles, seulement deux (2) ont une importance significative en Matawinie, soit les Hautes Laurentides et le plateau disloqué de Lanaudière. La répartition des différentes unités physiographiques des Hautes Laurentides est présentée à la figure 3.

 

 

 

1.2.2    Les Hautes Terres Centrales

 

Les Hautes Terres Centrales qui s'étendent en direction Nord au-delà de la Mattawin, forment un territoire deux (2) fois plus vaste que les Laurentides méridionales. La Matawinie recouvre la partie Sud-Ouest de ce territoire, soit quatre (4) des six (6) sous-ensembles qui le constituent et les altitudes y oscillent entre 300 et 800 mètres. Pour la MRC, la superficie de cet ensemble représente les deux tiers (2/3) de son territoire.

 

Étant plus élevées en altitude que le plateau de la Gatineau, l'Outaouais et le plateau de la Mauricie, les Hautes Terres Centrales jouent un rôle de pivot dans l'organisation du réseau hydrographique. La limite du bassin-versant entre l'Outaouais et la Saint-Maurice passe sur la bordure occidentale (Ouest) des sous-ensembles du haut plateau du Milieu, où sont situés des sommets atteignant les 800 mètres d'altitude. Plus au Nord, elle passe entre le lac Némiscachingue et la baie Atibenne (lac Kempt), pour remonter à travers les hauts plateaux de la Mitchinamecus. Elle croise ensuite la limite Nord-Est de la MRC pour retourner vers l'Ouest et venir passer sous le réservoir Gouin (comparer la figure 3 et la figure 4).

 

À l'Est du territoire de la Matawinie, soit immédiatement au Nord du réservoir Taureau, la bordure du plateau de la Mauricie se présente sous l'aspect d'un front au tracé irrégulier et de direction Nord-Sud passant à l'Est du lac Devenyns et se terminant contre la rivière Saint-Maurice à la confluence de la Manawan. C'est contre ces fronts que bifurque la rivière du Poste à l'aval du lac Devenyns. Plus au Nord, les rivières Mondonac et Manawan coulent dans le même alignement, de même que la Saint-Maurice entre le réservoir Gouin et sa confluence avec la Manawan. Le gradient régional des terres vers l'Est explique l'écoulement général des rivières vers le Saint-Maurice, et ce, malgré les alignements prédominants de la structure géologique vers le Sud.

 

La série de vallées fluviales et de plateaux surbaissés de direction Nord-Sud qui vient d'être décrite est identifiée sous l'appellation « corridor atikamek ». Les hauts plateaux adjacents à l'Ouest et se drainant vers ce corridor, soit le haut plateau du Milieu, le plateau lacustre de Manawan et le haut plateau de la Mitchinamecus, sont appelés « Hautes Terres Centrales ». Il existe aussi deux (2) autres sous-ensembles situés entre le lac Saint-Jean et le réservoir Gouin. De ces cinq (5) sous-ensembles, deux (2) se retrouvent surtout en Matawinie, soit le haut plateau du Milieu et le plateau lacustre de Manawan. Deux (2) autres ne s'y retrouvent que partiellement, soit le haut plateau de la Mitchinamecus et le corridor atikamek. On trouvera une représentation de ces unités physiographiques à la figure 3.

 

 

 

1.2.3    La Matawinie et les divisions hydrographiques du Québec

 

Au Québec, les divisions hydrographiques se répartissent entre dix (10) régions. La Matawinie chevauche deux (2) de ces régions, soit la région 04 correspondant à l'Outaouais et la région 05 qui est celle de la rive Nord du Saint-Laurent, entre Montréal et le Saguenay. Lors de la confection de la carte et du tableau sur les divisions hydrographiques, on a pris soin de différencier les rivières se drainant directement vers le Saint-Laurent afin de rendre plus manifestes les rapports qu'elles entretiennent avec les divisions physiographiques. Ces rivières sont classées sous le code A05 afin de souligner leur intégration à la région hydrographique 05.

 

En terme de concordance physiographique, les Hautes Terres Centrales partagent donc les eaux entre l'Outaouais et la Mauricie, alors que les Hautes Laurentides départagent celles de la Mauricie de la l'Assomption. La hiérarchie du réseau hydrographique s'établit donc selon les trois (3) bassins-versants qui viennent d'être présentés.

 

On invite le lecteur à se souvenir des données relatives à la physiographie afin de reconstituer le plus fidèlement possible le paysage hydrographique (comparer la figure 3 et la figure 4).

 

 

 


1.3     L'HISTOIRE NATURELLE ET LES RÉGIONS ÉCOLOGIQUES

 

Cette section sur l'histoire naturelle est menée en s'appuyant sur les différentes composantes du cadre naturel qui ont été introduites jusqu'à maintenant. Les références aux divisions physiographiques et hydrographiques sont donc nombreuses, car c'est essentiellement à propos de leur origine et de leur occupation que nous tentons d'apporter des explications. Cette section vise aussi à introduire la notion de région écologique qui s'appuie sur les éléments de l'histoire naturelle et du régime climatique actuel.

 

 

 

1.3.1    Le rapport entre le relief et la structure géologique

 

Toutes les terres de la Matawinie se trouvent à l'intérieur de la « Région géologique du Bouclier Canadien », soit, plus précisément, dans la Province structurale de Grenville. Cette province structurale correspond au plateau Laurentien, soit à une bande de terres située au Nord du Saint-Laurent entre le lac Huron et le Labrador sur une largeur moyenne de 400 kilomètres.

 

Les roches de la région ont été regroupées en quatre (4) blocs à l'intérieur desquels on retrouve une concordance quant à l'histoire et à la nature pétrographique, tels qu'on les retrouvera dans la figure 5. Ce regroupement résulte d'une étude effectuée à l'aide de la carte géologique du Québec. On remarquera que seul l'anorthosite de Morin est présentée comme formation spécifique. Cette spécificité nous apparaît justifiée par le rôle tout à fait central qu'elle semble jouer dans la structure géologique régionale, ce qui sera expliqué ultérieurement. Voici donc le nom et l'ordre d'apparition des quatre (4) groupes géologiques :

Ø     4e groupe : Les roches ignées de natures diverses;

Ø     3e groupe : L'anorthosite de Morin;

Ø     2e groupe : Les roches métasédimentaires du groupe de Grenville;

Ø     1er groupe : Les roches préexistantes du soubassement géologique.

 

a)         Les résultats de l'érosion différentielle

 

De façon générale, la présence des deux (2) premiers groupes qui correspondent aux roches les plus anciennes, semble coïncider avec des surfaces déprimées des Hautes Terres Centrales. Les Laurentides méridionales possèdent donc leur amas d’anorthosites désigné sous le nom d’anorthosite de Morin. Cette immense intrusion s’étend de Saint-Sauveur au lac de la montagne Noire et du village de Chertsey à Saint-Jovite. Ce territoire correspond au plateau de la rivière du Nord en même temps qu’au bassin-versant de la rivière Nord. À l’Est de la rivière Ouareau, on retrouve un lobe important qui couvre la majeure partie de l’interfluve vers la l’Assomption. Plus à l’Est, on retrouve aussi d’autres lambeaux de direction Nord-Sud dont la dimension va en décroissant jusqu’au pic du mont Saint-Louis à Sainte-Béatrix.

 

Comme c’est le cas pour le mont Saint-Louis, les amas d’anorthosites ont tendance à occuper les positions altitudinales supérieures par rapport aux roches encaissantes. Les roches du quatrième groupe, constitué essentiellement de roches ignées ou intrusives, sont plus particulièrement fréquentes dans les Laurentides où elles participent à l'édification des plus hauts-reliefs du territoire, soit entre autres, le massif du Mont-Tremblant et le haut plateau de la rivière Noire; elles partagent donc cette caractéristique avec l'anorthosite. Il en va de même à l'intérieur des Hautes Terres Centrales où elles constituent les hauts plateaux du Milieu et les hauts plateaux de la Mitchinamecus.

 

b)         Les résultats des mouvements tectoniques

 

Les mouvements tectoniques se manifestent à travers les déplacements de l'écorce terrestre. Ici, en Amérique, on observe un déplacement relatif de la masse continentale vers l'Ouest depuis la ride médio-atlantique. Ces déplacements sont à l'origine de la formation des chaînes de montagnes, telles les Appalaches, et ont donné naissance, il y a près d'un milliard d'années, à la région géologique du Grenville dont nous faisons partie. Aujourd'hui, en terme de dynamique tectonique, notre territoire est considéré globalement comme relativement stable. On note toutefois une certaine activité sismique autour du Mont-Tremblant; celle-ci serait due à une montée granitique localisée sous le secteur du Mont-Tremblant.

 

On ne saurait également s'éviter de traiter des grandes cassures Est-Ouest qui recoupent la structure géologique de notre territoire, les plus importantes étant, du Nord au Sud, le corridor de la Mattawin, le Grand Corridor, le Petit Corridor et l'escarpement du Piedmont. Lorsque l'on regarde la carte du Sud du Québec, le secteur le plus élevé en altitude est le massif de Charlevoix. La lente remontée toujours observable et à l'origine de ce massif, résulterait d'un impact météoritique impliquant un énorme météorite (plus de 20 kilomètres de diamètre). Cet impact est aussi à l'origine de la formation du graben du Saguenay, bordant et prolongeant le côté Nord du massif, et du corridor de la Mattawin, bordant et prolongeant son côté Sud. Il pourrait donc y avoir une activité sismique résiduelle le long de cet axe Est-Ouest relié de façon structurelle au massif de Charlevoix.

 

c)         Les grands traits de la structure hydrographique

 

Globalement, la configuration des systèmes hydrographiques résulte de l'organisation des grands ensembles physiographiques qui résultent eux-mêmes de l'histoire géologique. À un premier niveau, l'axe dominant de l'orientation Nord-Sud des cours d'eau concorde avec l'alignement préférentiel des formations géologiques. À un second niveau, le cours de plusieurs rivières est affecté par le système des cassures Est-Ouest associé aux mouvements tectoniques. On doit, en premier lieu, mentionner la présence du couloir fluvial de la Mattawin qui draine, d'une part, le flanc Nord des Hautes Laurentides et collecte, d'autre part, les cours d'eau venant de la partie Sud des Hautes Terres Centrales comme la rivière du Milieu.

 

On remarquera que la présence des autres cassures Est-Ouest situées plus au Sud, soit le Grand Corridor et le Petit Corridor, donnent également lieu à un déplacement vers l'Est de la rivière l'Assomption à la hauteur de Saint-Côme et de Saint-Alphonse-Rodriguez. Cette remarque vaut aussi pour la Ouareau qui emprunte le val du lac Pontbriand vers l'Est au lieu de poursuivre sa route vers Saint-Calixte en direction Sud. Mentionnons que le massif de Morin se caractérise par un imposant système de linéations Est-Ouest auquel appartient le val Pontbriand.


1.3.2    La géologie du Quaternaire

 

La géologie du Quaternaire couvre les évènements géologiques survenus au cours des deux (2) derniers millions d'années, principalement marqués par quatre (4) glaciations. Les événements géologiques récents qui ont marqué la mise en place de la couverture des dépôts meubles actuelle font appel à des phénomènes d'origine essentiellement climatique et plusieurs de ces phénomènes sont toujours en action. Ces événements sont :

Ø     les glaciations au Quaternaire;

Ø     la déglaciation;

Ø     le rétablissement du drainage et des conditions météoritiques actuelles.

 

a)         Les glaciations au Quaternaire

 

Les glaciations ont affecté à quatre (4) reprises l'Amérique du Nord. Ces événements occasionnés par un refroidissement climatique se sont traduits par la formation d'une calotte glaciaire s'étendant jusqu'au centre des États-Unis et repoussant toute forme de vie vers les régions plus méridionales. L'activité glaciaire a façonné l'ensemble du territoire. Les signes principaux de cette occupation sont les surfaces rocheuses polies et striées et les dépôts de till. Ce dépôt, plus fréquent sur les hauts-reliefs, est constitué d'un mélange de limon de sable et d'autres éléments grossiers, tels des grosses roches. Ces signes sont visibles partout sur le territoire à l'exception de la région des Piedmonts où il n’en subsiste que de très rares lambeaux.

 

b)         La déglaciation

 

La déglaciation dans la vallée du Saint-Laurent est survenue entre les années 12 500 aa et 10 500 aa et dans les Laurentides, plutôt entre 11 000 aa et 10 000 aa. Sur les Hautes Terres Centrales et le plateau de la Mauricie, c'est entre 10 000 aa et 9 000 aa (voir figure 6) que se produisent ces évènements. Sur les hauts-reliefs, la déglaciation a eu pour effet d'exhiber les façonnements glaciaires, tels des affleurements rocheux polis et striés et des dépôts de till. Ces signes sont visibles aujourd'hui sur les hauts plateaux et les hauts versants.

 

Les eaux de fonte canalisées vers les vallées et les grandes dépressions ont donné lieu à l'existence de milieux aquatiques temporaires. Selon les conditions topographiques pouvant faire obstacle à ce système de drainage, on retrouve aujourd'hui des dépôts témoignant de trois (3) types d'environnement sédimentaire, soit les sédiments fluvioglaciaires, les sédiments glaciomarins et marins et les sédiments glaciolacustres et lacustres. Cette période a été marquée à la fois par une érosion intense par endroit et, à d'autres endroits, par une forte sédimentation.

 

c)         Le rétablissement du drainage et des conditions météoritiques actuelles

 

Cet épisode donne naissance au relief fluvial actuel et occasionne la disparition progressive des milieux aquatiques temporaires. Sur le bassin champlainien, il débute vers 10 000 aa. Au Nord des Hautes Laurentides, soit du côté de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints, il débute vraisemblablement à la même époque, alors que les eaux contenues dans les lacs glaciaires au Sud de la Mattawin peuvent se déverser par la rivière Mattawin à l'endroit du barrage actuel sur le réservoir Taureau. Il faut, par contre, attendre jusqu'à 9 000 aa pour que les Hautes Terres Centrales soient à la fois libérées des glaces et des lacs proglaciaires. Contrairement aux paléoenvironnements aquatiques précédents marqués par la sédimentation, la phase de rétablissement du drainage est essentiellement marquée par l'érosion fluviale. C'est dans les Piedmonts et dans les Basses Terres du Saint-Laurent que l'on retrouve les vallées fluviales les plus encaissées, la gorge des Champs-Vallons étant la plus profonde.

 

d)        Influence de la déglaciation sur la structure hydrographique

 

Diverses particularités de la structure de nos systèmes hydrographiques s'expliquent par l'obstruction du drainage par des sédiments glaciaires ou fluvioglaciaires mis en place lors de la déglaciation. Ainsi, n'eût été de l'influence de l'accumulation de sédiments fluvioglaciaires à la hauteur du petit lac Anodin dans la localité de Saint-Guillaume, la branche Ouest de la rivière Mattawin pourrait aujourd'hui former la tête de la rivière l'Assomption. La différence d'élévation entre le niveau de la Mattawin et celui du lac Anodin, s'écoulant vers la l'Assomption, est d'environ sept (7) mètres. C'est d'ailleurs à l'Est de ce lieu que se forme véritablement le corridor de la Mattawin avec un gradient incliné vers l'Est, soit vers la Saint-Maurice. Une situation analogue s'observe au lac Devenyns qui pourrait tout aussi bien s’écouler vers la rivière Vermillion.

 

Pour d'autres motifs, on peut dire la même chose de la rivière Maskinongé qui s'écoule vers l'Est depuis le bassin du lac Maskinongé, au lieu de poursuivre sa route vers le Sud et rejoindre la Bayonne. Cette bifurcation est due à la présence de la moraine de Saint-Narcisse qui bloque le passage vers le sud. L'édification de ce système morainique entraîne des conséquences analogues sur le tracé de la rivière Noire qui, depuis le Sud du lac Noir, s'écoule vers l'Ouest en empruntant le Petit Corridor sur une distance d'environ trois (3) kilomètres, au lieu de poursuivre sa route vers le Sud-Est en direction de la petite rivière Berthier, un affluent de la Bayonne.

 

e)         Données archéologiques

 

Dans le Sud du Québec, l’apparition de l’homme pourrait être survenue environ 8 000 ans avant aujourd’hui. Cette hypothèse est déduite de l’observation suivante, à savoir que, généralement, l’apparition de l’homme surviendrait deux mille ans (2 000 ans) après le départ du glacier. Quant aux données archéologiques, celles-ci sont subdivisées en deux (2) grands blocs, soit la période préhistorique et la période historique (voir tableau 3).

 

 

 

1.3.3    Le climat et les régions écologiques

 

Le climat est un facteur limitatif fondamental sur les écosystèmes naturels. On comprendra donc que les changements climatiques aient conduit à la déglaciation et à l'instauration des conditions actuelles et aient donné lieu à un rétablissement progressif des conditions de vie. Pour la vallée du Saint-Laurent, et plus particulièrement pour la région des Laurentides, la réouverture du détroit d'Hudson, suite à la fusion de la calotte glaciaire, signifie la fin des influences climatiques associées aux dernières glaciations et l'instauration d'un climat s'apparentant à celui que nous connaissons aujourd'hui. Voici quelques faits marquants concernant l'évolution des écosystèmes forestiers.

 

a)         L’apparition progressive de la forêt

 

L'arrivée de la forêt dans notre paysage a suivi différentes étapes qui ont conduit à la distribution actuelle des régions écologiques forestières. L'étude des pollens contenus dans des sédiments de tourbière permet de reconstituer ces grandes étapes à partir du désert périglaciaire jusqu'à l'érablière laurentienne. Les premiers stades forestiers à apparaître sur le territoire sont ceux de la tremblaie et de la pessière. Ils correspondent à des environnements forestiers ouverts apparentés à la taïga. Vient ensuite le stade de la sapinière à bouleau blanc qui marque l'arrivée des conditions proprement forestières. Pour la rive Nord du Saint-Laurent, c'est entre 9 500 et 7 000 ans avant aujourd'hui que la sapinière s'est établie, suivie de près par l'érablière (voir tableau 4).

 

b)         Les conditions climatiques actuelles

 

Lorsqu'on pense climat sous nos latitudes, on imagine en premier lieu les variations climatiques saisonnières. Les Hautes Laurentides se distinguent par un fort contraste climatique qui regroupe, à la fois, ce qu'il y a de plus froid et de plus chaud sur notre territoire. Ce contraste est dû à l'écart altitudinal qui est de l'ordre de 600 mètres. Les Hautes Terres Centrales, où l'écart altitudinal est réduit à 400 mètres, offrent plutôt une image de continuité climatique quelque peu polarisée par les sommets des hauts plateaux localisés sur la bordure Ouest (voir figure 7
et figure 8
).

 

On constate, en effet, à la figure 7 que les plus fortes accumulations de neige se concentrent autour des sommets situés sur la bordure Ouest du territoire. Les courbes de température moyenne affichent une distribution relativement étalée sur les Hautes Terres Centrales et plutôt resserrée dans les Laurentides, reflétant l'écart altitudinal qui distingue ce secteur. En terme d’unités thermiques, les températures les plus chaudes localisées au Sud-Est du territoire coïncident avec les latitudes et les altitudes les plus basses (voir figure 8).

 

c)         Le confinement des régions écologiques

 

La notion de région écologique s'appuie sur les constances relatives du climat qu'on peut observer sur plusieurs années. Car c'est la répétition climatique annuelle qui conditionne le développement des écosystèmes, tout comme l'observation des divers écosystèmes forestiers nous permet de vérifier la permanence de nos climats. En Matawinie, le contexte physiographique et climatique définit cinq (5) domaines climatiques distincts qui se traduisent par cinq (5) domaines forestiers. En voici une brève description faite à partir de la figure 9, à commencer par les unités les plus importantes en superficie.

 

Dans la partie Nord des Hautes Terres Centrales, la bétulaie jaune à sapin domine; elle est remplacée, sur les sommets du haut plateau de la Mitchinamecus par la sapinière à bouleau blanc. Le Sud des Hautes Terres Centrales de même que les Hautes Laurentides correspondent principalement au domaine de l'érablière à bouleau jaune. L'étage du Piedmont et le plateau inférieur de Lanaudière présentent, quant à eux, des associations de transition avec l'érablière à tilleul des Basses Terres du Saint-Laurent. Par ailleurs, les sommets des Hautes Laurentides, concentrés dans le massif du Mont-Tremblant et le haut plateau de la Noire, supportent la sapinière à bouleau blanc qui existe, comme on l'a vu, à des latitudes beaucoup plus nordiques, soit sur le haut plateau du Mitchinamecus. Comme on a pu l'observer pour les caractéristiques climatiques, on constate en somme que la latitude et l'écart altitudinal commandent la distribution des régions écologiques (voir figure 9).

 

 

 

1.3.4    L'état actuel des forêts

 

La direction régionale du ministère des Ressources naturelles (MRN) fournit des informations générales qui dressent un portrait forestier de la région de Lanaudière. Puisque nous désirons des informations circonscrites au territoire de la Matawinie, nous nous sommes inspirés d’un portrait forestier mandaté par le comité sectoriel de la forêt de la Matawinie aux firmes
Le Groupe LMB Experts-conseils inc. et Tecsult Foresterie inc. Ce portrait relativement récent (1997) se base sur des statistiques forestières du MRN de 1996.

 

La forêt matawinienne se compose d’environ 8 700 km2 de terrains forestiers productifs et accessibles, soit 94 % du territoire où il y a un couvert forestier. Les terrains forestiers improductifs (arbustaies, forêts clairsemées, etc.) représentent environ 4 % (394 km2 ) de la forêt, tandis que les terrains forestiers inaccessibles, où la pente est supérieure à 30 %, couvrent environ 2 % (158 km2 ) de la forêt.

 

Le territoire non-forestier se partage entre les plans d’eau à 10 % (1 040 km2 ) et les terrains occupés par des zones habitées, des terres agricoles, des lignes de transport et d’autres occupations anthropiques qui représentent 2 % (244 km2) de l’ensemble du territoire de la Matawinie.

 

a)         La composition du couvert forestier

 

Comme il vient d'être démontré, la position géographique du territoire de la Matawinie fait en sorte qu’elle présente des conditions très variées qui influencent fortement la composition du couvert forestier. Une grande partie du territoire forestier productif et accessible de la MRC est naturellement constituée de peuplements où les essences feuillues sont dominantes. En effet, plus de la moitié de cette aire (57 %) est composée de peuplements feuillus et mélangés à dominance feuillue. Ces peuplements sont surtout concentrés dans la partie Sud de la Matawinie, c’est-à-dire, sur le plateau inférieur de Lanaudière, sur l’étage du Piedmont, dans les Hautes Laurentides et au Sud des Hautes Terres Centrales.

 

Dans le cas des résineux, ils se retrouvent majoritairement dans le Nord des Hautes Terres Centrales et sur les sommets du haut plateau de la Mitchinamecus. Les peuplements résineux et mélangés à dominance résineuse occupent un espace relativement important de la superficie du territoire avec, respectivement, une proportion de 19 % et de 13 %. La balance du territoire est constituée de terrains non régénérés, c’est-à-dire, où la régénération en essence commerciale y est déficiente ou absente.

 

b)         Les perturbations naturelles

 

Les forêts ont subi de fortes pressions au cours des dernières décennies dans la région. De multiples perturbations, quelles soient humaines ou naturelles, ont profondément déstructuré la forêt. En effet, l’analyse de la structure d’âge actuelle de la forêt révèle qu’une grande proportion des peuplements est soit jeune ou en voie de régénération. En fait, plus de 66 % de la forêt de la Matawinie n’a pas encore atteint le stade de la maturité (figure 10).

 

Le feu, le dépérissement des érablières causé par les pluies acides, les attaques causées par les insectes et les maladies sont les principales perturbations naturelles affectant le patrimoine forestier de la Matawinie. Contrairement aux régions plus nordiques du Québec, le régime des feux a un impact négligeable sur la forêt du territoire de la MRC. Les grands feux importants y sont extrêmement rares et la superficie touchée est peu importante. De 1993 à 1998, seulement 125 hectares de forêt ont été brûlés, soit une moyenne de 25 hectares par année, ce qui est relativement négligeable. Le réseau de détection et de contrôle des incendies forestiers, mis en place vers 1940, semble être très efficace puisque le feu le plus important et le plus récent de l’aire commune 062-02 a été répertorié en 1941 dans la région de Saint-Zénon, où les flammes brûlèrent environ 83 km² de forêt.

 

Au cours des dernières années, les attaques d’insectes ont été limitées sur les forêts de la Matawinie. Le porte-case du mélèze, l’arpenteuse de Bruce et l’arpenteuse d’automne sont les principales espèces d’insectes qui ont provoqué des dommages ces dernières années. Les indices pouvant laisser croire à la présence des quatre (4) espèces réputées les plus dommageables du Québec, soit la tordeuse des bourgeons de l’épinette, l’arpenteuse de la pruche, le diprion de Swaine et la livrée des forêts, remontent à 1986 et 1989. Entre 1993 et 1998, le MRN n’a inventorié aucun individu de ce groupe dans la région de Lanaudière.

 

Bien que la présence des insectes dommageables semble être à un niveau particulièrement bas ces dernières années, les forêts du territoire ne sont toutefois pas à l’abri des épidémies, car elles semblent survenir de façon cyclique et périodique. En effet, l’insecte responsable des plus grands dommages sur le territoire, la tordeuse du bourgeon de l’épinette (TBE), semble atteindre un niveau épidémique à tous les 30 ans environ. La dernière épidémie sévère de TBE remonte aux années 1970 et certains spécialistes prévoient donc un retour en force de ce dévastateur de forêts vers 2005. Les peuplements de sapin baumier sont les hôtes privilégiés de cet insecte et la SOPFIM (instance gouvernementale gérant les problèmes reliés aux insectes et aux maladies) a localisé les peuplements les plus susceptibles aux attaques de la TBE. Les bénéficiaires de CAAF prévoient donc la récolte des massifs les plus fragiles et les traitements sylvicoles défavorisant la régénération en sapin.

 

c)         Les perturbations d'origine anthropique

 

Vers 1850, l’industrie de la construction recherchait surtout de belles grandes tiges de pin blanc et rouge. La récolte de ces essences s’effectuait, à l’époque, sous forme de coupes partielles où les plus beaux sujets (grosseur et rectitude) furent prélevés. Ensuite, jusqu’au début de 1900, les stocks de pin diminuèrent et se dégradèrent de sorte que la récolte de tiges supérieures vouées à la fabrication de matériaux de construction s’élargit à une autre espèce, l’épinette blanche. Résultat, les peuplements purs de pins sont pratiquement inexistants aujourd’hui et comme il a été décrit dans les sections antérieures, le volume de pin ne représente plus qu’une petite proportion et la qualité des tiges laisse à désirer.

 

Vers 1910, l’expansion de l’industrie des pâtes et papier est tellement importante que les coupes partielles sont de plus en plus remplacées par les coupes totales. Les volumes coupés ont ensuite augmenté d’année en année, pour bondir littéralement dans les années 70 à cause d’un développement économique accru. Combinée à une épidémie de tordeuses des bourgeons de l’épinette, cette pression accrue sur la ressource forestière a rajeuni la forêt en général et créé alors un déséquilibre entre la disponibilité et la demande de bois. En 1980, une rupture de stock était à prévoir et le monde forestier a commencé à mettre en doute la capacité de nos forêts à soutenir un approvisionnement accru. N’empêche que les volumes récoltés ont continué à augmenter et que cette augmentation des prélèvements a grandement contribué à rajeunir les forêts de la Matawinie.

 

À partir de 1940, la récolte des feuillus de qualité (érable, bouleau jaune, etc.) a pris aussi beaucoup d’expansion. Les coupes partielles ou plutôt d’écrémage (où seulement les meilleures tiges étaient récoltées), étaient alors très courantes et ont donc diminué progressivement la qualité du contenu des forêts feuillues jusqu’au résultat que l’on constate aujourd’hui.

 

d)        La qualité actuelle des tiges

 

Une bonne façon d’évaluer l’impact des interventions humaines sur la forêt consiste à analyser la qualité des tiges sur pied sur l’ensemble du territoire de la Matawinie. Cette analyse permet de vérifier, de façon sommaire, l’état de santé général des arbres tout en fournissant des pistes sur les types de prélèvement de matière ligneuse antérieurs et sur les conséquences auxquelles devront faire face les aménagistes et les industriels forestiers dans le futur.

 

En général, la qualité du contenu des peuplements en Matawinie est relativement dégradée (tableau 5). En effet, la majorité du volume feuillu se compose de tiges de qualité inférieure
(C et D) et non-classées, soit 95 % du volume des feuillus de lumière (bouleau à papier et peupliers), 85 % de celui des feuillus d’ombre (bouleau jaune et érables) et 96 % de celui des autres feuillus. Même constat pour le volume de pin qui se compose de tiges de qualité inférieure et non-classées dans une proportion de 67 %. Seul point encourageant, le groupement sapin, épinette et mélèze semble être en bonne santé puisque 91 % du volume de celui-ci se retrouve dans les classes de qualité supérieure (A et B).

 

 


1.4     LES TERRITOIRES ET SECTEURS D’INTÉRÊTS

 

La création des territoires d’intérêts vise à identifier les territoires pouvant représenter un intérêt pour une catégorie de ressources en particulier. Ces territoires, dont la superficie peut dépasser la centaine de kilomètres carrés, sont créés à partir d'une concentration de secteurs d’intérêts de dimension plus petite, soit de l'ordre de 1 à 5 kilomètres.

 

Dans le contexte de la planification municipale, ces territoires cadrent donc très bien avec la détermination des grandes affectations du sol et c’est d’ailleurs à ce niveau que les objectifs de la planification régionale pourront être atteints. À titre d'exemple, les territoires d’intérêts agricoles vont permettre une discussion sur la configuration de l'actuelle zone agricole. Toute la réflexion à faire entourant la gestion des ressources et la gestion par bassin-versant peut donc référer à la carte des territoires d’intérêts.

 

La création des territoires d’intérêts pose inévitablement la question de la gestion de la forêt publique et des ressources minérales en général, car « territoire d’intérêt » devrait coïncider avec « entreprise intéressée », ce qui n’est pas le cas actuellement. Ainsi, au lieu de demander aux entreprises forestières de réaliser la planification et les opérations forestières sur l’ensemble de la forêt publique sous contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestiers (CAAF), on sera amené à demander aux entreprises fauniques de s’occuper de la forêt faunique et aux entreprises récréatives de s’occuper de la forêt récréative. Les enjeux d’aménagement et de développement autour de ce nouvel état des connaissances nous apparaissent donc majeurs.

 

Pour des raisons à la fois pratiques et politiques, la cartographie des territoires d’intérêts a été limitée aux territoires municipalisés de la Matawinie. Idéalement, cette cartographie devrait couvrir toute la partie Sud de la MRC, ce qui correspond beaucoup mieux à la spatialisation des enjeux d’aménagement et de développement propre à la Matawinie.

 

 

 

1.4.1    Les aspects méthodologiques relatifs à la détermination d'un secteur d'intérêt

 

Les territoires d’intérêts étant créés à partir de la concentration relative d'un même type de secteur d’intérêt, c'est essentiellement au niveau de la définition de ces derniers que les questions d'ordre méthodologique se posent.

 

a)         La notion de plus-value

 

La détermination du secteur d'intérêt s’appuie sur la présence de certaines composantes naturelles structurantes pour des activités données. On assume que certaines parties du territoire sont plus aptes à soutenir un développement durable qui respecte à la fois les valeurs naturelles qu'on y trouve et la capacité de support des écosystèmes. On présume, pour cette raison, que la plus-value d'un secteur d'intérêt est atteinte lorsque celui-ci est utilisé préférentiellement par l’acteur intéressé, bref, par le domaine d’activité qui lui est propre.

 

b)         La valeur spécifique d’un secteur d'intérêt

 

Deux (2) catégories de paramètres servent à la cartographie des secteurs d’intérêts, soit les composantes terrestres, dont le relief, de même que les composantes des systèmes aquatiques. Selon la prépondérance de certaines conditions de terrain, on en arrive à déterminer des secteurs présentant un intérêt pour l'agriculture, la foresterie, l'exploitation faunique, la villégiature ou la récréation. Le tableau 6 indique les relations existant entre la présence de certains paramètres et l'identification des différents secteurs d’intérêts.

 

La carte topographique au 1 : 20 000 peut être considérée comme l'outil par excellence pour cet exercice. Celle-ci apporte une précision suffisante pour une première caractérisation du relief indiquant l'importance des plates-formes, tout comme pour les systèmes aquatiques. La cartographie des sols réalisée dans le contexte de la réalisation du PSAR 1 est le second outil ayant servi à différencier plus particulièrement les secteurs d’intérêts agricoles des secteurs d’intérêts forestiers. Quant aux secteurs d’intérêts récréatifs, leur cartographie a pu s'appuyer sur l'identification systématique des sites d'intérêts récréatifs également réalisée en bonne partie dans le cadre de l'élaboration du PSAR 1.

 

 

 

1.4.2    Les territoires et secteurs d’intérêts agricoles

 

a)         Paramètres spécifiques aux secteurs d’intérêts agricoles de type A

 

Les secteurs d’intérêts agricoles de type A sont constitués essentiellement de plates-formes (pente inférieure à 15 %). Il s'agit en majorité de sols lourds, soit des sols argileux, soit des sols limoneux pouvant contenir un peu de sable. Leur fertilité est assurée par la capacité de rétention des matières colloïdales par les particules fines du sol. Dans le cadre d'une fertilisation normale, une faible fertilité est attribuable à une déficience du drainage. Le drainage réalisé depuis les trente (30) dernières années sur ces terres, amène une nette amélioration en terme de productivité et de diversité. Bien que leur productivité soit généralement moins bonne en condition naturelle, les sables fins limoneux ou limono-argileux, comme ceux de la série de Saint-Michel-des-Saints, ont aussi été considérés comme faisant partie des sols les plus productifs à cause de leur valeur pour les cultures maraîchères. Les secteurs d’intérêts agricoles de type A regroupent donc les meilleurs sols agricoles.

 

b)         Les utilisations autres

 

Ces secteurs d’intérêts se prêtent à d'autres formes d’utilisation que l'agriculture. Ainsi, pour la construction, les sols peuvent être sujets aux tassements et requièrent un renforcement des fondations dès que la surcharge dépasse des conditions courantes. Par surcroît, l’introduction d’aires résidentielles à l’intérieur des espaces voués à l’agriculture est source de conflits d’utilisation du sol à cause des nuisances que génère l’agriculture. Enfin, il nous faut mentionner l'intérêt de ces secteurs pour la récréation à cause de la qualité des paysages à laquelle ils contribuent.

 

 

c)         Leur répartition

 

Les territoires d’intérêts agricoles ont été créés à partir d'une couverture dominante de secteurs d’intérêts agricoles de type A, mais ils peuvent aussi inclure des secteurs de type AF. Ils occupent essentiellement les dépressions du plateau inférieur de Lanaudière et, à un degré moindre, des Piedmonts. Leur distribution est directement reliée à celle des sédiments de la mer de Champlain, dont l'extension maximale correspond à l'élévation de 237 mètres. Le seul territoire d'intérêt agricole identifié plus au Nord correspond à la coulée des Nymphes à Saint-Zénon, une large vallée occupée par le lac proglaciaire de Mantawa. Ces secteurs d’intérêts se retrouvent donc exclusivement en territoire municipalisé.

 

 

 

1.4.3    Les territoires et secteurs d’intérêts agroforestiers

 

a)         Paramètres spécifiques aux secteurs d’intérêts agroforestiers (type AF)

 

Tout comme les sols de type A, ces secteurs d’intérêts recouvrent essentiellement des plates-formes. À des fins agricoles, leur fertilité est estimée à modérée et leur présence en territoires montagneux constitue un enrichissement notable à notre patrimoine naturel. L'appellation « agroforestière » vient souligner leur forte fertilité à des fins de production forestière, en même temps que leur possibilité relative pour l’agriculture.

 

b)         Les utilisations autres qu'agroforestières

 

Il n’y a alors qu’un pas à faire pour reconnaître leur contribution possible à la récréation en particulier. Les autres composantes environnementales, comme l’eau, lorsqu’elles s’y trouvent, permettent à ces secteurs une grande flexibilité en terme de vocation et d’utilisation. En fait, il faut aussi le souligner, l’utilisation de ces territoires et secteurs à des fins résidentielles est souvent motivée par la présence des terres en culture qui ouvrent d'intéressants panoramas. Dans la mesure où les sols à potentiel agricole eux-mêmes ne sont pas mis en cause et où l'on respecte un minimum de réciprocité par rapport aux établissements agricoles, certains sites localisés en bordure des cours d'eau peuvent offrir des possibilités intéressantes pour la villégiature.

 

Lorsque bien drainés, ces terrains offrent une bonne capacité portante et se prêtent généralement bien à tout type de construction. Toutefois, leur sensibilité à l’érosion demeure un facteur limitatif déterminant, particulièrement en bordure des cours d'eau ou des grands lacs comme le réservoir Taureau.

 

c)         Répartition

 

Les territoires d’intérêts agroforestiers sont composés d’une majorité de secteurs de type AF et de type A et peuvent inclure une partie significative de secteurs de type F. Ces territoires d’intérêts se répartissent essentiellement sur les Piedmonts des Moyennes Laurentides et dans l’axe de la rivière Mattawin près de Saint-Michel-des-Saints.

 

1.4.4    Les territoires et secteurs d’intérêts forestiers

 

a)         Paramètres spécifiques aux secteurs d’intérêts forestiers (types F, FM, MF et M)

 

Quatre (4) types de secteurs d’intérêts forestiers sont définis sur la base de la proportion occupée par les plates-formes, celles-ci étant constituées de terrains dont la pente est inférieure à 15 %. La lettre F provient de Forestier, alors que la lettre M représente Montagneux. Voici ce classement :

Ø     Type F :        plus de 70 % de plates-formes

Ø     Type FM :    de 50 à 70 % de plates-formes

Ø     Type MF :    de 30 à 50 % de plates-formes

Ø     Type M :      moins de 30 % de plates-formes

 

Il faut savoir que cette clé a été utilisée pour caractériser le mieux possible les hauts-reliefs regroupant habituellement les terrains plus accidentés, ce qui représente aussi une façon fort pertinente de caractériser les terrains de valeur essentiellement forestière. Les essences résineuses prédominent généralement sur les plates-formes (type F) alors que les feuillus occupent généralement les terrains montagneux (type M), ce mode de répartition étant à la base de la mosaïque laurentienne.

 

Dans la caractérisation de ces terrains, on observe une polarisation des conditions édaphiques (sols et drainage) en fonction de l'importance des pentes. Ainsi, les secteurs d’intérêts de type F et FM recouvrent des sols profonds, parfois constitués de sable et de gravier lorsque situés au fond des vallées et généralement constitués de till lorsque appartenant aux hauts-reliefs. On y observe aussi quelques abrupts et quelques buttes ne dépassant pas, toutefois, la cinquantaine de mètres. Considérant la valeur des essences ligneuses et la praticabilité des terrains, on peut se permettre d'avancer que les secteurs d’intérêts F et FM regroupent les meilleurs terrains forestiers. Diverses interventions visant à favoriser un accroissement de la productivité peuvent aussi être réalisées plus facilement. On pense ici à l’utilisation des phytocides, aux travaux de drainage, à la circulation de la machinerie, etc.

 

À l'inverse, les secteurs d’intérêts MF et M se distinguent par l'importance du relief local qui dépasse la cinquantaine de mètres et par la proportion importante des sols sur till mince et des affleurements rocheux. Il en est de même pour le drainage qui peut être pauvre ou variable dans le type F, alors qu'il est excessif dans le type M. Les secteurs MF et M se caractérisent donc par leur aridité et par leur sensibilité à l'érosion lors du passage de la machinerie. Pour ces derniers secteurs qui regroupent la plupart des érablières, l'orientation des versants devient aussi un facteur déterminant en terme de conditions de croissance et d'exploitation. Enfin, les impacts visuels reliés à certaines pratiques comme les coupes totales deviennent significatives à cause de leur exposition visuelle plus grande.

 

b)         Les utilisations autres que forestières

 

Pour certaines municipalités déjà fortement engagées dans le développement de la villégiature, ces secteurs peuvent aussi être perçus comme avantageux pour le développement de la villégiature en montagne ou encore, pour des fermettes, chaque vallon pouvant constituer une enclave naturelle propice à ce genre d'activités. Il peut aussi arriver que ces secteurs renferment des composantes aquatiques, telles des petits lacs isolés pouvant exercer une certaine attraction sur la villégiature, la récréation ou la faune.

 

Autre particularité, les secteurs d’intérêts de type F constitués de sable et de gravier constituent généralement les meilleurs sites d'emprunt en agrégat et aussi les meilleurs aquifères.

 

c)         Répartition

 

Les territoires d’intérêts forestiers ont été déterminés sur la base d'une prédominance des secteurs d’intérêts de type F et FM. On observe une représentation plus élevée de ces territoires en deux (2) endroits, soit six (6) sur les Hautes Terres Centrales dans le bassin de Mantawa ou en périphérie (Saint-Michel-des-Saints et Saint-Zénon), soit cinq (5) dans les Hautes Laurentides reliés au bassin Ouareau-Archambault (Saint-Donat et Notre-Dame-de-la-Merci). Les Moyennes Laurentides en comprennent neuf (9), avec des concentrations de quatre (4) à Saint-Damien et trois (3) à Chertsey.

 

 

 

1.4.5    Les territoires et secteurs d’intérêts fauniques

 

La définition de ces territoires et secteurs d’intérêts pourrait très bien être fusionnée avec les secteurs d’intérêts de villégiature puisque les mêmes paramètres appliqués aux cours d’eau servent à les définir. La différence vient uniquement du fait que deux (2) missions peuvent être attribuées, soit la villégiature et l’exploitation faunique. Sur les terres de tenure privée ce sera la villégiature et sur les terres de tenure publique cela pourra dépendre du fait que des droits sur la faune sont octroyés à une entreprise ou non.

 

Les zones d’exploitation contrôlée (ZEC) font un peu bande à part du fait qu’il s’agit d’entreprises fauniques, mais que des lacs peuvent également être occupés à des fins de villégiature. Cette situation résulte du fait que lors de leur création, quelques lacs étaient déjà occupés par la villégiature. Aussi, depuis ce temps, le gouvernement du Québec a voulu accroître la présence des villégiateurs dans les Zecs pour répondre aux demandes des citadins.

 

a)         Paramètres spécifiques aux secteurs d’intérêts fauniques (types Fau 1 et Fau 2)

 

Ces secteurs d’intérêts fauniques se caractérisent par deux (2) composantes spécifiques reliées à l'eau, soit les lacs (Fau 1 et Fau R) et les terres humides (Fau 2).

 

Les secteurs d’intérêts fauniques 1 (Fau 1) sont formés de petits lacs de tête (à l’amont du réseau hydrographique) dont la superficie est inférieure à 20 hectares. Le renouvellement de l’eau ne s’effectue que très lentement. Il s'agit en fait de secteurs relativement fragiles même dans une perspective d’exploitation faunique. Sur plusieurs territoires fauniques, ces petits lacs ne sont même pas exploités, du moins, pas sur une base régulière. L'appellation faunique est retenue dans le sens qu'en terme de plus-value et de reconnaissance de cette sensibilité, la gestion faunique, sinon la récréation, apparaît plus appropriée que la foresterie ou la villégiature. Mentionnons également que ces secteurs d’intérêts jouent un rôle tout aussi stratégique en terme de biodiversité.

 

Bien que les petits lacs offrent, en général, une capacité de support plutôt restreinte pour la faune, ceux-ci permettent une gestion intégrée de la pêche, et ce, dans un espace restreint, ces lacs étant rapprochés les uns des autres. Il en va de même pour la faune terrestre pour laquelle on considère l'effet structurant du système hydrographique sur cette dernière. En terrain montagneux, leur limite passe par la ligne des premiers sommets entourant la grappe de petits lacs ou de terres humides. En contexte de plate-forme, cette limite correspond à un périmètre de 300 mètres établi depuis la rive ou la limite des terres humides.

 

Les secteurs d'intérêts fauniques 2 (Fau2) sont définis à partir de la concentration et la dimension des terres humides et il est plutôt rare qu’on n'y retrouve pas de petits lacs. On sait que ces secteurs renferment une faune et une flore spécifique pour lesquelles des mesures de conservation particulières peuvent s'appliquer.

 

Les secteurs d’intérêts fauniques régionaux (Fau R) sont définis à partir du moment où on retrouve des lacs dont la superficie dépasse 20 hectares. Comme il a déjà été mentionné, les mêmes paramètres servent à définir les secteurs d’intérêts pour la villégiature. Sur les territoires où des droits fauniques ont été consentis, ces secteurs apparaissent comme les plus aptes à supporter une exploitation faunique constante. Les bâtiments servant à l’exploitation faunique se retrouvent donc, immanquablement, dans ces secteurs, d’autant plus que sur le plan récréatif, ces lacs offrent aussi les meilleures opportunités d’aménagement.

 

b)         Les utilisations autres que fauniques

 

Pour la faune en général, qu'elle soit terrestre, avienne ou aquatique, les modalités de la gestion forestière ont une incidence déterminante sur les conditions de vie. Le maintien des interventions forestières apparaît donc souhaitable, sauf qu’idéalement, celles-ci devraient être planifiées pour les fins d'une gestion faunique. Dans une perspective faunique, la récréation extensive et une exploitation forestière adaptée apparaissent comme les activités offrant la meilleure complémentarité.

 

Les utilisations récréatives à caractère extensif se prêtent à ces secteurs à cause de l'omniprésence de l'eau et des observations possibles de la faune, et ce, dans la mesure où on ne crée pas d'interférence avec la faune. Dans l'éventualité où un tel secteur est développé pour le bénéfice du récréotourisme, il importe de préserver la majeure partie des rives et de restreindre l'utilisation du plan d'eau à des activités non-motorisées. Dans le même sens, l'affectation de ce secteur à des fins de villégiature est aussi envisageable dans la mesure où des restrictions analogues à celles pour la récréation sont imposées.

 

c)         Répartition

 

Le plateau du Mastigou, avec cinq (5) territoires d’intérêts fauniques, est de loin, l'unité physiographique qui en concentre le plus grand nombre, dont quatre (4) dans la seule municipalité de Saint-Damien. On en retrouve deux (2) autres sur le territoire de la municipalité de Saint-Michel-des-Saints et trois (3) dans les Hautes Laurentides, soit dans la Forêt Ouareau, au Nord de Saint-Côme et à Sainte-Émélie-de-l’Énergie. Ces territoires ont aussi la particularité de se situer essentiellement en terre publique.

 

 

 

1.4.6    Les territoires et secteurs d’intérêts de villégiature

 

a)         Paramètres spécifiques aux secteurs d’intérêts de villégiature (types V1 et V2)

 

Le milieu riverain est la composante fondamentale pour la villégiature, ce qui en fait la ressource la plus convoitée à l'échelle des territoires municipalisés. Les rives des lacs et des rivières accueillent donc la majeure partie du développement de la villégiature. Le mode de délimitation de ces secteurs est identique à celui des secteurs d’intérêts fauniques, c'est-à-dire qu'il correspond à la ligne des premiers sommets en terrain montagneux, sinon à une distance de 300 mètres dans le cas de plates-formes. Cet espace constitue l'environnement immédiat de ces composantes du système hydrographique.

 

Les secteurs d’intérêts de villégiature 1 (V1) sont définis à partir de lacs dont la superficie est de plus de 20 hectares. On sait que la capacité de support des petits plans d'eau est moindre et qu'il convient d'établir une superficie minimale; on retient, à cette fin, celle appliquée à la détermination des secteurs d’intérêts fauniques qui est de 20 hectares. Une limite maximale est aussi nécessaire, car on sait très bien que les plus grands lacs ayant un plus grand rayonnement sont davantage convoités à des fins récréotouristiques. Par ailleurs, les plus grands lacs offrent aussi les plus belles plages. La superficie de 200 hectares est donc utilisée, ici, arbitrairement pour distinguer les lacs qui devraient être réservés prioritairement à la villégiature, versus ceux qui devraient être réservés prioritairement au récréotourisme.

 

À partir du corridor de la Mattawin vers le Nord, le seuil est fixé à 500 hectares plutôt que 200 hectares pour des raisons d’éloignement. On entend, par cet ajustement, considérer qu’un lac de 200 hectares, situé à Saint-Alphonse-Rodriguez, exerce une attraction plus grande qu’un lac de 200 hectares situé en territoire non-organisé.

 

En Matawinie, la question de l’insertion de la villégiature en bordure d’un lac à plus-value récréative ne pose pas de problème majeur. Imaginons qu’un grand lac est planifié en réservant les meilleurs espaces aux entreprises récréotouristiques, on trouverait effectivement preneurs pour les autres rives par des villégiateurs. L’inverse est beaucoup moins facile à réaliser. C’est-à-dire qu’à partir du moment où on retrouve un certain nombre de villégiateurs comme premiers occupants, il devient beaucoup plus ardu politiquement d’introduire des entreprises récréatives. La classification des lacs selon leur superficie n’est donc qu’un des éléments entrant dans le choix de l’affectation. L’utilisation actuelle des rives constitue un autre élément autant, sinon plus important.

 

Les secteurs d’intérêts de villégiature 2 (V2) sont déterminés à partir des rivières. On conviendra que les ruisseaux offrent moins d'attrait qu'une rivière. Dans cette optique, l'utilisation de la dimension des plus petits bassins-versants permettant de hiérarchiser les zones inondables, qui est d'une superficie de 50 kilomètres carrés, apparaît comme une limite inférieure raisonnable.

b)         Les utilisations autres que la villégiature

 

Dans des secteurs non-occupés, comme à l'intérieur des territoires fauniques, les lacs de plus de 20 hectares constituent l'essentiel de l'offre faunique du fait que ces lacs possèdent généralement une meilleure capacité de support et une plus grande diversité de substrats. L'appellation de villégiature ne fait que refléter le contexte municipal du présent exercice et demande donc d'être traitée avec discernement. L’exploitation forestière s'avère donc, dans de tels cas, une activité tout aussi nécessaire que dans les secteurs d’intérêts fauniques et demande d'être traitée dans la même optique.

 

Par ailleurs, dans le cas où la villégiature deviendrait l'occupation privilégiée, la notion de forêt d'encadrement s'avère la plus appropriée. Pour cette raison, la complémentarité avec l'exploitation forestière apparaît, a priori, comme plus difficile à assurer. Il en va de même pour l'utilisation des secteurs lacustres à des fins récréotouristiques. Cette vocation se marie plutôt mal avec la villégiature, à moins que la configuration du lac, de même que la planification et la réglementation qui lui sont appliquées soient conçues pour assurer la cohabitation des deux (2).

 

c)         Répartition

 

Sur les neuf (9) territoires de villégiature identifiés en territoire municipalisé, six (6) se retrouvent dans les Moyennes Laurentides, soit quatre (4) sur les Piedmonts (Entrelacs, Chertsey et Saint-Alphonse-Rodriguez) et deux (2) sur le plateau du Mastigou (Saint-Damien et Saint-Zénon). Pour obtenir une meilleure représentation des secteurs les plus structurants pour la villégiature, il faut aussi considérer les territoires d’intérêts récréatifs, dont la présentation suit. Les municipalités de Saint-Donat, Saint-Michel-des-Saints, Rawdon et Saint-Jean-de-Matha s'ajoutent alors à cette liste.

 

 

 

1.4.7    Les territoires et secteurs d’intérêts récréatifs

 

a)         Paramètres spécifiques aux secteurs d’intérêts récréatifs (types R1, RR et R2)

 

Deux (2) types de secteurs d’intérêts récréatifs, soit R1 et RR sont déterminés en faisant la somme des sites d’intérêts naturels qu’on y trouve, soit autant en milieu terrestre qu’en milieu aquatique. Un troisième type (R2) est aussi créé à partir du système routier faisant partie du concept d'organisation. Les limites des secteurs d’intérêts récréatifs sont établies à partir de la ligne des premiers sommets, tout comme pour les secteurs d’intérêts fauniques et de villégiature, le paysage étant l’encadrement principal pour le récréotourisme en Matawinie.

 

Les secteurs d’intérêts récréatifs (R1) ont été créés suite à l’identification des nombreux sites d’intérêts produits dans le cadre de l’élaboration du PSAR 1. À l’analyse, on a pu se rendre compte que ceux-ci n’étaient pas répartis uniformément sur le territoire. Aussi, il est apparu évident que dans une perspective d’aménagement intégré, il devenait beaucoup plus profitable de les relier les uns aux autres pour constituer une offre globale. Cet exercice de planification allait donner tout son sens à l’approche par secteurs d’intérêts dans la mesure où la cartographie écologique n’y accorde aucune place.

Les secteurs d’intérêts récréatifs régionaux (RR) se distinguent des autres par la concentration des sites d'intérêts récréatifs de calibre régional. Les potentiels pour le ski alpin, les points de vue, les plages, les chutes et la présence de lacs de plus de 200 hectares dans les Laurentides et de plus de 500 hectares dans les Hautes Terres Centrales sont autant de composantes naturelles qu’on additionne les unes aux autres pour arriver à ces résultats. Les secteurs de type R1 regroupent aussi une certaine concentration de sites d'intérêts récréatifs de calibre local, tels une petite chute et un petit point de vue, mais n'atteignent pas la notoriété des secteurs de type RR.

 

Les secteurs d’intérêts visuels reliés à la route (R2) sont créés pour identifier les versants de montagne visibles du réseau routier principal et qui, en première analyse, appartiendraient à des secteurs MF ou M. Leur identification ne s'appuie donc pas sur la présence de sites d'intérêts naturels. Le projet de circuit récréotouristique mis de l'avant au premier schéma d'aménagement justifie donc ce choix. La première attente à l'égard de ces secteurs est le maintien du couvert forestier.

 

b)         Les utilisations autres que récréatives

 

À cause de leur valeur exceptionnelle, les secteurs d’intérêts récréatifs du type R1, que l'on retrouve dans huit (8) de nos 12 territoires d’intérêts récréatifs, devraient être traités comme des lieux réservés prioritairement à la récréation extensive et, à un degré moindre, à des formes d'occupation plus intensives. La plupart de nos paysages les plus typiques s'y trouvent, à l'exception de certains panoramas agroforestiers.

 

D'un point de vue plus général, les activités qui vont le plus à l’encontre de la vocation récréative sont celles qui portent atteinte à l’intégrité du paysage, telles les coupes forestières totales sur les versants et les sommets, les tours de télécommunication et les développements résidentiels en position altitudinale intermédiaire ou supérieure et sur des versants fortement exposés, l’exploitation des carrières, gravières et sablières dans la façon conventionnelle et, enfin, le plus virulent de tous, les lignes de transport d'énergie en position altitudinale intermédiaire ou supérieure. De façon plus ponctuelle, l'occupation des sites d'intérêts récréatifs par toute autre fonction que la récréation contribue à la déstructuration de notre espace touristique. Les interventions susceptibles d'entraver la mise en réseau des divers sites d’intérêts et équipements récréotouristiques demandent aussi à être régies.

 

c)         Répartition

 

En territoire municipalisé, 12 territoires d’intérêts récréatifs sont identifiés : six (6) d'entre eux se retrouvent dans les Moyennes Laurentides (municipalités de Saint-Damien, Saint-Jean-de-Matha et de Rawdon), cinq (5) dans les Hautes Laurentides (Saint-Donat, Saint-Côme, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Zénon) et, enfin, un (1) avec le bassin de Mantawa dans les Hautes Terres Centrales.

 

 

 


1.4.8    Constats relatifs aux territoires d’intérêts

 

La cartographie des territoires d’intérêts permet de spatialiser les valeurs naturelles relatives à cinq (5) grandes fonctions rurales. On aura, sans doute, remarqué que leur répartition révèle certaines préférences par rapport au contexte physiographique. Ainsi, les valeurs récréatives sont principalement associées aux grandes vallées et aux grands bassins, comme ceux des lacs Ouareau et Archambault. On note deux (2) exceptions à cette règle, soit le massif des Tremblantes et les contreforts du Naguaro qui regroupent des hauts-reliefs. Dans les Piedmonts, l’agriculture supplante aussi la récréation au niveau des bassins et vallées, ce trait marquant s’expliquant par le comblement des sédiments marins et glaciomarins de la mer de Champlain. Le même phénomène se produit du côté Nord où l’on observe que les valeurs forestières occupent la partie Sud du bassin de Mantawa.

 

Par ailleurs, les valeurs plus spécifiques à la villégiature, à la faune et à la forêt occupent les plateaux situés sur les interfluves de manière prépondérante.

 


1.5     CONSTATS ET PERSPECTIVES RELATIVES AUX GRANDES CARACTÉRISTIQUES TERRITORIALES

 

 

 

1.5.1    La Matawinie, au centre-Sud du Québec

 

Lorsque l’on considère le territoire de la Matawinie par rapport à l’ensemble du Québec, on est frappé par sa position centrale, à la fois Nord-Sud et Est-Ouest. Lorsqu’on aura complété l’analyse des fonctions régionales, on sera à même de constater que seule la dynamique Nord-Sud est bien activée.

 

La Matawinie, c’est aussi la bordure du bouclier canadien et son immense forêt, un territoire de transition si on la compare aux basses terres agricoles du Saint-Laurent.

 

 

 

1.5.2    La Matawinie, deux entités territoriales en une seule

 

Au Sud, les Laurentides occupées par les territoires municipalisés disposent d’un système hydrographique Nord-Sud s’écoulant directement vers le Saint-Laurent. Ce Sud se découpe encore en deux (2), soit d’une part, les Hautes Laurentides correspondant au territoire municipalisé discontinu et aux premiers grands blocs de territoires publics et le Sud du Sud avec la prépondérance des terres privées. Les grands écarts climatiques entre les sommets des Hautes Laurentides et les terrasses du Piedmont se traduisent par une grande diversité faunique et floristique.

 

Qui a écrit que d’un continent à l’autre, les Piedmonts, ces zones de transition, constituaient les territoires les plus intéressants de la planète ?

 

Le Nord, celui des Hautes Terres Centrales et des terres du domaine public, se draine essentiellement vers l’Est, soit vers la rivière Saint-Maurice. Il fait l’objet d’une occupation épisodique fortement conditionnée par les opérations forestières. Ce Nord se distingue lui aussi par sa propre dualité, les villégiateurs occupant les lacs du Sud et la population amérindienne, centrée autour de la réserve de Manawan, occupant le Nord du Nord. Le corridor de la Mattawin, point de convergence du système routier, assume la transition entre les deux (2) grandes entités territoriales de la Matawinie.

 

La double personnalité et les différents dualismes de la Matawinie apparaissent comme sa principale caractéristique territoriale. Plutôt que d’y voir diverses sources de conflits, il faut pressentir ces différents dualismes comme une grande source de dynamisme.

 

 

 


1.5.3    Une nouvelle donnée : la cartographie des territoires d’intérêts

 

La création des territoires d’intérêts pose inévitablement la question de l’affectation des territoires en général, particulièrement pour l’agriculture, la forêt et les ressources minérales les plus courantes comme l’eau et les agrégats. Mais plus que les autres fonctions, la récréation en générale y trouve son compte, soit à travers les valeurs naturelles propres à la villégiature, à l’exploitation faunique et au récréotourisme.

 

Dans le meilleur des mondes, il faut voir la carte des territoires d’intérêts comme le document qui permet de déterminer le partage du territoire entre les divers grands acteurs de manière à faire coïncider « acteur intéressé » avec « territoire d’intérêt », comme cela se fait pour l’agriculture.

 

Pour des raisons à la fois pratiques (ça prend du temps) et politiques (occupons-nous du territoire municipalisé avant de s’attaquer aux territoires non-organisés sous l’entière responsabilité du gouvernement du Québec), la cartographie des territoires d’intérêts a été limitée aux territoires municipalisés.

 

Idéalement, cette cartographie devrait couvrir toute la partie Sud de la MRC, ce qui correspond beaucoup mieux à la spatialisation des enjeux d’aménagement et de développement économique, ceux-ci gravitant prioritairement autour de la fonction récréative.


SECTION II     La dynamique démographique et l’occupation du territoire

 

 

 

L’assise centrale de cette section, qui sous-tend une partie du contexte d’intervention, consiste à exposer les constats sociologiques et démographiques arrimés à l’occupation du territoire dans la MRC. Précisément, cette partie, qui est en fait un constat de la géographie de la population en Matawinie, fournit un cadre monographique nécessaire à l’élaboration du projet de schéma d’aménagement révisé II. En détail, y sont présentés : l’occupation du territoire matawinien, la dynamique sociodémographique, le profil socio-économique, les caractéristiques quant à la population autochtone, les caractéristiques quant à la population saisonnière, la situation actuelle du logement et finalement, les constats et perspectives liés au cadre démographique et d’occupation du territoire en Matawinie.

 

 

 

 

2.1     L’OCCUPATION DU TERRITOIRE

 

 

 

2.1.1    L’histoire du peuplement du territoire de la MRC

 

 

2.1.1.1      La période de colonisation

 

La colonisation de la Matawinie a débuté vers le début du XIXe siècle dans la partie méridionale de son territoire. L’avancement de la colonisation s’explique principalement par la recherche de territoires offrant des ressources naturelles potentiellement exploitables à l’époque. Précisément, les premiers colonisateurs étaient en quête de nouveaux espaces pourvus de sols fertiles pour l’agriculture, de forêts pour leurs matériaux de construction et de cours d’eau, pouvant servir à la fois de source énergétique et de moyen de communication avec l’arrière-pays physiquement enclavé. Ce phénomène a suivi deux (2) mouvements à peu près simultanés : le premier mouvement parvenant de l’Ouest par Rawdon et le second parvenant de l’Est par Saint-Damien (voir figure 11).

 

En somme, le premier avancement a été principalement tributaire des comtés de Berthier et de l’Assomption qui ont été colonisés à partir des rives du Saint-Laurent au temps du régime français, soit entre 1680 et 1763. Ainsi, les premiers défrichements dans la MRC se font au Sud à partir de 1810 dans les cantons de Rawdon et de Kilkeney où s’installent de nombreuses familles loyalistes et irlandaises. Vers 1820, des squatters vont s’établir dans Chertsey. Ils seront suivis de quelques colons irlandais aux alentours de 1840.

 

Plus à l’Est, c’est vers 1824 qu’un premier groupe de colons s’établit à Saint-Damien. Soulignons qu’à la même époque, soit en 1823, Barthélémy-Joliette, attiré par l’énergie hydraulique de la rivière l’Assomption, s’installe sur le site qui deviendra la ville de Joliette. Dans une autre poussée colonisatrice, soit entre 1830 et 1859, des colons remontent les rivières l’Assomption et Noire en s’établissant un peu plus au Nord du territoire, soit à Sainte-Émélie-de-l’Énergie. Les terres fertiles des piedmonts sont alors complètement occupées.

 

Graduellement, les colons progressent à l’intérieur des Hautes-Laurentides en empruntant les grandes vallées fluviales de la Ouareau et de la l’Assomption afin de s’établir à Saint-Donat et Saint-Côme et pour finalement habiter l’arrière-pays, soit Saint-Guillaume, Saint-Michel-des-Saints et Saint-Ignace. À cette époque, les paroisses de Saint-Zénon et Notre-Dame-de-la-Merci jouaient un rôle de relais entre les villages du Nord et ceux de la plaine. La colonisation du territoire s’étend donc sur une période allant de 1810 à 1880, soit sur plus d’un demi-siècle.

 

 

2.1.1.2      L’époque industrielle

 

Depuis le début de la colonisation, le développement de la région et l’occupation générale du territoire ont été fonction de l’exploitation des ressources naturelles, telles que la foresterie. Au XIXe siècle, les promoteurs anglais projetaient l’expansion de l’industrie forestière. Le réseau hydrographique, drainant bien le territoire, permettait le flottage du bois et la ressource s’avérait abondante. Des projets de développement de ce type d’industrie, à cette époque, ont contribué à la création de paroisses autour des moulins à scie et à farine situés en bordure des cours d’eau (voir le tableau 7).

 

De plus, jusqu’au début du XXe siècle, en Matawinie, l’économie gravitait autour d’un autre type d’exploitation des ressources, c’est-à-dire l’agriculture de subsistance (de type vivrière) où les colons consacraient leur sol agricole à des productions d’autoconsommation. L’ère industrielle transforma graduellement ce type d’agriculture originelle de façon à ce qu’elle soutienne une production davantage spécialisée et conçue pour répondre aux besoins du marché. Cette évolution, soutenue par le développement technologique, se limitait au Sud de la Matawinie. Les conditions bioclimatiques répondaient bien aux exigences de cette nouvelle agriculture de type mercantile. Par conséquent, une nouvelle dynamique spatiale façonnait le territoire, et ce, de par l’ouverture commerciale du Sud-matawinien aux grands marchés que constituaient Joliette et Montréal.

 

En revanche, la rigueur du climat, le morcellement des terres et la rareté des bons sols auront, finalement pour effet, de décourager bon nombre d’agriculteurs dans la partie Nord du territoire. Cet abandon progressif de l’agriculture s’accroît peu après qu’on ait procédé à la création du réservoir Taureau qui s’accapare les terres les plus fertiles de Saint-Ignace. Cette municipalité était alors la plus populeuse et la mieux pourvue en terre agricole parmi les trois (3) municipalités implantées le long de la Mattawin.

 

Il est à souligner qu’en ce qui concerne l'activité forestière à cette aire industrielle, les parterres de coupe se déplaçaient progressivement vers le Nord, obligeant ainsi les bûcherons à gagner de nouveaux territoires où de nombreux moulins à scie ont alors vu le jour. L’économie du Nord de la MRC à cette période était déjà nettement orientée en fonction de l’exploitation forestière. La modernisation et la mécanisation apportées par l’ère industrielle profitent davantage à la foresterie en accélérant les travaux et en facilitant la pénétration des terres forestières.

 

Parallèlement, les premières industries à s’installer en région sont reliées à la foresterie et au traitement des produits agricoles. Le début du XXe siècle amène l’implantation d’entreprises manufacturières hautement spécialisées qui nécessitent une main-d’œuvre abondante et se localisant dans le territoire de la MRC de par la proximité des grands marchés de consommation.

 

Si l’on fait abstraction au domaine de la foresterie qui continue à se développer au Nord, c’est surtout le secteur du Piedmont et principalement le corridor de l’actuelle route 131 qui répondront le mieux aux exigences du développement de l’ère industrielle en Matawinie.

 

 

2.1.1.3      La période moderne

 

D’autres faits importants ont caractérisé l’évolution de la démographie et l’occupation du territoire au cours des 50 dernières années. La période moderne correspond au développement des infrastructures régionales de transport et de communication, à l’avènement de l’industrie récréotouristique et, plus récemment, aux phénomènes d’urbanisation et de rurbanisation dans les Basses Laurentides. Tous ces faits marquants de la période moderne sont en étroite relation et se surimposent aux acquis hérités précédemment de la période industrielle.

 

L’aménagement du réseau routier régional, soit principalement les routes 125, 343 et 131, améliore les communications intermunicipales et interrégionales à travers l’axe Nord-Sud et contribue ainsi au désenclavement du territoire. Les travaux routiers, consécutifs à la popularisation de l’automobile en Amérique du Nord, permettent l’essor de l’industrie récréotouristique et, plus particulièrement, de la villégiature.

 

Notons que la villégiature était concentrée sur l’étage du Piedmont (Basses Laurentides) et autour du lac Ouareau (Hautes Laurentides), soit les secteurs où l’on trouve les plus importants bassins lacustres. Depuis une vingtaine d’années, les plans d’eau situés plus au Nord, localisés dans les municipalités de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints, dont le réservoir Taureau, connaissent un sort identique. On compte aujourd’hui plus d’une centaine de pôles de villégiature répartis sur l’ensemble du territoire. Enfin, la création du parc du Mont-Tremblant et des réserves Mastigouche et Rouge-Mattawin, dans les Hautes Laurentides, a pour effet de consacrer la vocation nationale de la Matawinie en ce qui a trait à l’exploitation faunique et à la récréation de plein air.

 

Bien qu’identifiées à un territoire rural, certaines municipalités de la Matawinie connaissent, au cours de cette période, un développement urbain prononcé. Entre autres, les municipalités de Saint-Félix-de-Valois et de Rawdon, situées au Sud du territoire, sont fortement marquées par le phénomène d’urbanisation qui s’explique, en partie, de par leur proximité des villes de Joliette et de Montréal.

 

L’expansion des foyers d’urbanisation au Sud de la Matawinie nous permet de caractériser la partie méridionale de la MRC comme un espace étant aussi périurbain. Plus précisément, cette catégorisation signifie que cet espace sud-matawinien, situé en périphérie des deux (2) pôles urbains constitués de Joliette et de Montréal, a subi graduellement à travers cette ère moderne, des transformations (paysagères, fonctionnelles, démographiques et sociales) dues au phénomène d’urbanisation et dues à l’effet d’entraînement qu’ont provoqué les deux (2) grandes villes sur la Matawinie.

 

Au-delà de ces deux (2) agglomérations, on compte également d’autres noyaux urbains et bon nombre de résidences permanentes qui se développent durant cette période. Ainsi, Saint-Donat et Saint-Michel-des-Saints représentent les principales agglomérations urbaines qui se développent à l’ère moderne et elles se caractérisent, malgré leur éloignement, par l’étonnante diversité de leur trame commerciale.

 

 

 

2.1.2    L’évolution démographique récente

 

L'effectif de la population permanente matawinienne est demeuré constamment en croissance depuis le milieu des années 60. En 40 ans, la population permanente a augmenté de 104 % passant de 21 147 à 43 177 personnes (voir tableau 8). Toutes les municipalités ont connu une hausse importante de leurs résidents permanents lors de cette période. Par contre, les deux (2) municipalités situées les plus au Nord, soit Saint-Michel-des-Saints et Saint-Zénon, sont les seules à détenir, selon le recensement 2001, une population presque équivalente à celle de 1961 (tableau 9).

 

 

2.1.2.1      Le rythme de croissance démographique pour la période de 1961 à 1981

 

Lors de la période s’échelonnant entre 1961 et 1981, le taux de croissance calculé à chacune des périodes quinquennales a augmenté graduellement, avec des taux de 1,3 % (1961-66), 6,9 % (1966-71), 10,3 % (1971-1976), jusqu’à 13,1 % (1976-81) pour l’ensemble de la MRC. C’est le taux de croissance de la période s’échelonnant entre 1976 et 1981 qui était le plus élevé (+13,1 %), puisque plus de 3 300 résidents permanents se sont installés.

 

En somme, il y a eu une augmentation de plus de 35 % lors de ces deux (2) décennies. Toutefois, Saint-Michel-des-Saints et Saint-Zénon ont perdu successivement une proportion importante de leur population permanente.

 

 

2.1.2.2      Le rythme de croissance démographique pour la période de 1981 à 2001

 

De façon chronologique, en ce qui concerne la période qui s’échelonne entre 1981 et 2001, les municipalités ont connu des périodes de forte croissance démographique qui se sont traduites par une hausse de 51 % de la population matawinienne. La première partie des années 80 constitue une période de ralentissement quant à l’augmentation de la population, et ce, en tenant compte du caractère peu prononcé des courbes démographiques ascendantes de certaines des municipalités de la MRC par rapport aux deux (2) périodes quinquennales antécédentes. Seule la municipalité de Saint-Donat a perdu des effectifs de sa population
(-4,6 %) lors cette période.

 

C’est précisément entre 1986 et 1996 que la croissance démographique de certaines municipalités a atteint son sommet. En effet, pour l’ensemble du territoire de la Matawinie, cette croissance a connu une augmentation de 15,9 % entre 1986 et 1991, ce qui est presque trois (3) fois plus important que l'augmentation à l'échelle québécoise pour la même période qui est de 5,4 %. Suite à la hausse de 86-91, la forte croissance de la population a persisté lors de la période 91-96, s’établissant ainsi à 14,5 %, soit une diminution de seulement 1,4 % par rapport à la période précédente. Pour certaines municipalités, c’est la croissance connue lors de cette dernière période quinquennale qui a été la plus élevée.

 

La population matawinienne a poursuivi sa croissance entre 1996 et 2001, mais à un rythme beaucoup moins prononcé. En fait, lors de cette période, la population a augmenté de seulement 4,5 %, se situant à un taux trois (3) fois moins élevé que lors de la période antécédente. Toutes les municipalités, à une exception près, ont connu un ralentissement important de leur croissance démographique pour cette période. La population de certaines municipalités a même légèrement diminué, tandis que la croissance des municipalités qui ont connu une augmentation de leur population lors de cette période, a varié entre 0,1 % et 11,7 %. Toutefois, la majorité de celles-ci ont connu une augmentation inférieure à 6 %, ce qui est nettement en deçà de la croissance du quinquennat précédent. Néanmoins, le rythme de croissance demeure trois (3) fois plus élevé que celui de l’ensemble du Québec pour la même période.

 

 

 

2.1.3    La répartition de la population sur le territoire

 

En ce qui a trait au cadre de la répartition de la population permanente dans la Matawinie, nous abordons cet élément selon une analyse des données statistiques soulevées à travers le tableau 9 et, également, en fonction des données relatives à la densité de la population sur le territoire. Plusieurs facteurs influencent la répartition inégale de la population dans les différentes municipalités. On n’aborde, ici, que les considérations les plus générales qui contribuent à une meilleure compréhension de cet indicateur dans le cadre du PSAR II.

 

 

2.1.3.1      Le cadre interprétatif lié à la concentration marquée de la population dans certaines parties de la Matawinie

 

Le tableau 9 nous démontre que les municipalités de la Matawinie se caractérisent par une population totale permanente de 43 177 h. Par contre, en observant les effectifs de population par municipalité, on remarque que seulement cinq (5) d'entre-elles possèdent une population supérieure à 3 000 habitants, soit les municipalités de Chertsey, Rawdon, Saint-Donat, Saint-Félix-de-Valois et Saint-Jean-de-Matha. Ces dernières regroupent plus de 58 % de la population totale résidente. À l’inverse, deux (2) municipalités comptent moins de 1 000 habitants.

La figure 12 nous permet de constater que les municipalités localisées au Sud du territoire municipalisé sont, en général, plus peuplées que celles de la partie mitoyenne du territoire municipalisé. Dans cette partie, on y retrouve les plus gros noyaux villageois et les trames urbaines les plus diversifiées. Cette caractéristique est particulièrement vraie pour quatre (4) municipalités des Basses Laurentides, soit : Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha, Rawdon et Chertsey. On observe aussi pour ces municipalités, une très grande diversité des activités, telles que l'agriculture, les grandes superficies exploitées en sablières, la villégiature, etc. L’importance relative de ces éléments spécifiques à l’habitat du Sud de la MRC est toutefois beaucoup moins marquée dans les Hautes Laurentides.

 

En mettant en relation la physiographie du territoire (voir la partie 1 sur la gestion des ressources) et la répartition de la population, on note que les localités au Sud du territoire municipalisé, parmi les plus populeuses, sont situées à l’intérieur des unités physiographiques spécifiques aux Basses Laurentides. La forte attraction qu’exercent les municipalités des Basses Laurentides s’explique par un phénomène où les nouveaux résidents qui optent pour la Matawinie, sont à la recherche d’un milieu de vie tranquille, et ce, dans un cadre naturel.

 

Cette répartition de la population porte aussi la marque des contraintes naturelles, c’est-à-dire que le paysage et les contraintes physiographiques du territoire déterminent en partie la dispersion de l’habitat. Le développement de nombreuses fractures parallèles à la vallée du Saint-Laurent a permis la formation d’un système de vallées perpendiculaires aux vallées principales, ce qui a contribué à l’aménagement des routes locales d’orientation Est-Ouest. Le système routier s’étale donc, dans le Sud, dans des directions diverses et s’apparente, en ce sens, à celui de la plaine du Saint-Laurent, ce qui explique en partie les forts effectifs de population dans le Sud de la Matawinie.

 

On peut supposer également que la proximité de certaines municipalités du Sud du territoire municipalisé de la Matawinie, par rapport aux grands centres urbains que sont Joliette et Montréal, est déterminante quant à l’interprétation de leur forte concentration de population. À cet effet, il suffit de soulever le phénomène où une partie de la population permanente actuelle, qui est installée dans le Sud de la MRC, profite d’un paysage rural comme cadre de vie, tout en travaillant quotidiennement dans les grands centres urbains. Ainsi, ces concentrations de population sont attribuables, en partie, au faible rapport distance-temps entre les municipalités de la Matawinie et les centres urbains de Montréal et de Joliette. Comme c’est le cas pour les touristes et les villégiateurs, on choisit donc la Matawinie pour sa tranquillité et pour la qualité du paysage.

 

En revanche, les municipalités populeuses au Nord du territoire municipalisé, que sont Saint-Donat et Saint-Michel-des-Saints, se démarquent du schème qui nous dicte que les municipalités du Sud sont les plus peuplées de par les critères de paysage et d’accessibilité. En effet, en ce qui les concernent, leur éloignement des grands centres urbains conditionne une plus grande autonomie du point de vue des activités du domaine tertiaire. Cette localisation favorise aussi un développement un peu plus endogène au point de vue des activités économiques, ce qui se répercute par une population résidentielle relativement importante malgré la faible desserte routière des parties nordiques du territoire municipalisé de la Matawinie. Précisément, l’organisation du système routier désenclave que faiblement ces municipalités des Hautes Laurentides. Le réseau routier régional à cette latitude, soit les extrémités Nord des routes 125 et 131, emprunte les vallées principales de direction Nord-Sud.

 

En somme, à l’échelle de la MRC, même si certaines municipalités situées à l’extérieur des Basses Laurentides ont connu de bonnes croissances lors des deux (2) derniers recensements, la croissance démographique a été plus marquée dans les municipalités des Basses Laurentides depuis 1961, ce qui s’est traduit par de forts effectifs de population dans le Sud (voir figure 13).

 

Il aurait été possible d’entrevoir que le zonage agricole dans le Sud de la MRC constitue une contrainte qui favorise la concentration de population dans les pôles résidentiels à l’extérieur de la zone verte et au profit des périmètres urbains. Toutefois, cette adéquation n’est pas automatique, car l’on retrouve de nombreux îlots déstructurés en zone agricole. Il est certain que la construction en zone agricole est limitée, d’autant plus qu’en Matawinie, la zone agricole ne représente que 7 % du territoire municipalisé. Malgré cela, on ne peut pas considérer le zonage agricole comme étant déterminant dans l’explication des causes de répartition de la population.

 

 

2.1.3.2      La densité de population

 

La détermination de la densité de population par municipalité est un outil qui vient approfondir l’analyse quant à la répartition de la population dans la MRC. La densité est ainsi calculée en mettant en relation la superficie totale d’une municipalité en fonction de sa population permanente. Elle diffère d’une municipalité à l’autre et varie aussi à l’intérieur même d’une municipalité.

 

Selon le dernier recensement de 2001, pour l’ensemble du territoire, la densité de la population est de 4,1 habitants par kilomètre carré (tableau 10). Le territoire municipalisé de la MRC affiche quant à lui une densité de population de 12,9 habitants au km2, soit 2,3 de plus qu’en 1991, ce qui représente une augmentation de 22 %, comparativement à 17 % pour l’ensemble de la province du Québec.

 

La figure 14 présente la densité de population des municipalités de la MRC. L’écart important entre les lectures liées à la densité à l’intérieur du territoire municipalisé et à la densité pour l’ensemble de la MRC, tient au fait que sur l’immense territoire non-organisé, qui représente par le fait même les deux tiers (2/3) du territoire de la MRC (incluant la réserve autochtone Manawan), il n’y réside qu’uniquement 1 719 personnes, pour une densité qui se situe à 0,27 h/km2. Notons que cette proportion de densité du TNO est moindre si on exclue la réserve autochtone de Manawan qui compte la majorité des habitants du TNO (1 646 personnes) et qui a pour densité de la population 213,5 h/km2 sur son territoire. En général, le nombre d'habitants est relativement restreint par rapport à l'immensité du territoire et surtout fort variable à l’intérieur du territoire municipalisé.

 

Pour la partie méridionale de l’ensemble du territoire de la Matawinie, qui inclue dix (10) municipalités, le nombre d’habitants au kilomètre carré est estimé à 22,7, d’après le recensement 2001. Pour les quatre (4) municipalités des Hautes Laurentides, c’est-à-dire Saint-Donat, Notre-Dame-de-la-Merci, Saint-Côme et Saint-Zénon, la densité moyenne est de 5,8 h/km2, soit près de quatre (4) fois moindre que celle des Basses Laurentides. Pour les Hautes Terres Centrales, en incluant la municipalité de Saint-Michel-des-Saints et les TNO, cet indice s’établit à 0,5 h/km2.

 

En résumé, depuis les années 60, la population matawinienne a augmenté de 104,2 % et ces apports de population se traduisent, évidemment, par l’augmentation de la densité de population. En effet, uniquement entre 1991 et 2001, la densité s’est accrue de 17 %, ce qui signifie un accroissement du nombre de résidences, l’ouverture de secteurs résidentiels, la construction de nouveaux chemins d’accès, la mise en place de réseaux d’utilité publique, le prolongement des aires de desserte du transport scolaire, etc.

 

À cela, il s’impose, évidemment, d’y associer de nouveaux fardeaux fiscaux pour les municipalités, des refontes au niveau de la gestion des services publics et de tenir compte des nouvelles réalités spatiales et environnementales dans la gestion et la planification du territoire. À cet effet, le phénomène de croissance de population est globalement perçu comme un enrichissement et une source de dynamisme pour l’ensemble des acteurs concernés par l’aménagement du territoire dans la MRC et pour les municipalités locales les plus touchées.

 


2.2     LA DYNAMIQUE SOCIODÉMOGRAPHIQUE EN MATAWINIE

 

 

 

2.2.1    La structure démographique

 

a)         La diminution de l’indice de dépendance des jeunes et l’augmentation de l’indice de dépendance des personnes âgées

 

Un des indicateurs importants à considérer dans l'analyse de la structure démographique concerne la répartition de la population par groupe d’âges. Cette information nous permet d'établir un constat démographique qui conditionne certains phénomènes tant économiques que sociaux. La répartition de la population par groupe d’âges (tableau 11) nous permet de constater que la Matawinie a connu, au cours des 40 dernières années, une baisse proportionnelle des effectifs de population en bas âge.

 

Plus précisément et en ce qui concerne les 20 dernières années, le groupe des jeunes a connu une augmentation significative de 30,6 %, sauf que les deux (2) autres groupes d’âge ont enregistré des hausses plus importantes, soit de 55 % pour les 15-64 ans et 133,6 % pour les 65 ans et plus. Ainsi, la structure démographique actuelle démontre une propension au vieillissement de la population et une baisse considérable du taux de natalité.

 

Les fluctuations au niveau des effectifs de population par groupes d'âge entraînent des effets sur les rapports de dépendance. Étant donné que la population active (15-64 ans) supporte les charges sociales (0-14 et 65 ans et plus), les proportions doivent être relativement équilibrées afin d'assurer un remplacement suffisant de la main-d'œuvre et de maintenir un niveau de vie adéquat.

 

Ajoutons à cela qu’un second indicateur du vieillissement de la population existe et il concerne la relation entre le nombre de jeunes de 0 à 14 ans pour 100 personnes âgées de 65 ans et plus. En 1981, ce ratio était de 171 jeunes pour 100 personnes âgées. En 2001, ce ratio a considérablement diminué, se situant à 96, ce qui place la Matawinie parmi les MRC les plus mal pourvues en population en bas âge au Québec.

 

Malgré l’importante augmentation récente du nombre de jeunes, la tendance à long terme montre une diminution de la proportion des moins de 15 ans. Cette baisse relative des effectifs de population en bas âge, a pour première conséquence d’alléger l'indice de dépendance des jeunes. Cette baisse crée, par ailleurs, une lacune au niveau du remplacement de la population active.

 

À l'inverse de ce que l’on observe pour la population jeune, on constate une forte augmentation du nombre de personnes âgées, ce qui alourdit la charge qu’ils représentent par rapport aux populations d’âge moyen en âge de travailler. Ajoutons que cette augmentation des personnes âgées dans la MRC est le reflet, évidemment, du phénomène de vieillissement de la population que l’on constate actuellement dans l’ensemble de la société nord-américaine. C’est aussi le reflet d’une migration des personnes âgées provenant des centres urbains, qui viennent prendre leur retraite dans la Matawinie (situation qui s’accompagne du phénomène de reconversion des chalets en résidences permanentes).

 

Il y a maintenant un peu plus de personnes âgées que de jeunes sur le territoire et pourtant, « ...il y a à peine plus d'un siècle, les nouveaux-nés étaient deux (2) fois plus nombreux que la génération de jeunes adultes qui leur donnait le jour, elle-même étant environ trois (3) fois plus importante en nombre que les cohortes de sexagénaires dont elle était en majorité issue ».

 

b)         La pyramide des âges

 

La pyramide des âges constitue un instrument qui illustre bien la structure de la population de la région. Si l'on compare les années 1986 et 2001, on remarque que la pyramide de 1986, par sa forme plus régulière, évoque un meilleur équilibre entre les différents groupes d’âges (figure 15 et figure 16). Pour sa part, la pyramide des âges de 2001 est de forme plutôt étroite à sa base. Sa composition démontre bien le phénomène de vieillissement de la population et celui de la diminution du nombre relatif de naissances. La pyramide des âges de 2001, en comparaison avec celle de 1986, révèle trois (3) éléments déterminants de la population de la municipalité régionale de comté de Matawinie :

Ø     La diminution du nombre relatif de naissances;

Ø     L'abondance d'une population active jeune;

Ø     L'augmentation de la population des personnes âgées.

 

 

 

2.2.2    Le bilan migratoire

 

Le bilan migratoire sous-tend la traduction de l’effet de la migration sur la croissance de la population, compte tenu de l’accroissement naturel de cette population. Le bilan migratoire exprime ainsi les raisons de l’accroissement de la population en fonction de la recrudescence de naissances, de la baisse du nombre de décès, de l’arrivée de nouveaux effectifs de population ou, encore, de l’ensemble de ces facteurs.

 

L’accroissement naturel en baisse

 

L'importance d'une structure jeune en Matawinie tient, d'une part, qu'elle permet d'assurer le renouvellement des générations. Il est incontestable que le renouvellement de la population par les naissances entraîne un avantage d'ordre économique et culturel. D'autre part, une population jeune s'adapte plus aisément aux changements industriels et technologiques et peut ainsi mieux s'intégrer au marché de l'emploi. Pour que les générations se remplacent, il faut que chaque individu de la génération-parent ait un enfant dans la génération-enfant; nous sommes loin de cette réalité en Matawinie.

 

Dans la MRC, bien que le nombre de femmes en âge de procréer (15 à 34 ans) et que le nombre de naissances soit en croissance, il n'en demeure pas moins que le taux d’accroissement naturel est à la baisse (voir tableau 12). Précisément, pour le recensement 2001, cet accroissement est presque nul (0,2) et a drastiquement chuté depuis 1996 (3,3). Il s’agit d’un taux d’accroissement naturel qui se situe bien en deçà du taux de l’ensemble du Québec, qui lui se situe à 2,2 en 2001.

 

Bien qu'en 40 ans il y ait toujours eu plus de naissances que de décès, ce qui engendre un accroissement naturel positif, il reste que les augmentations de populations constantes enregistrées en Matawinie sont largement à l’origine de la migration. Ce constat est vérifiable par l’examen du quinquennat 1986-91 en terme d’exemple (voir tableau 13). En effet, pour cette période, l'accroissement naturel ne représente que 13 % de la hausse de population. Si aucun résident ne s'était établi sur le territoire entre 1986 et 1991, il n'y aurait que 783 personnes de plus. Pourtant, il a y eu 4 762 nouveaux Matawiniens, dont 3 979 dû uniquement à la migration.

 

Pour la période 1996-2001, le bilan migratoire représente 99 % de la hausse de population. Par contre, ce taux exprimé en « personne » constitue une baisse substantielle par rapport à la période précédente. En fait, la diminution actuelle de la croissance démographique en Matawinie, comme il a été soulevé précédemment, est principalement attribuable à la chute du bilan migratoire pour la période de 1996 à 2001. Comme on peut le constater au tableau 12, cette diminution représente une baisse de 2 600 résidents permanents, par rapport au bilan migratoire de 1991-1996. Cette nouvelle réalité démographique, qui s’exprime par une diminution du bilan migratoire et une baisse du taux de natalité pour la période 1996-2001, s’avère incontournable dans le cadre de l’élaboration de ce présent schéma d’aménagement révisé.

 

À cette situation, on peut estimer, d’après des études démographiques de la décennie 90, que la MRC de Matawinie attire des ménages jeunes, mais que de façon générale, les personnes âgées ou en voie de le devenir sont majoritaires. Malgré cette baisse du bilan migratoire pour la période 1996-2001, les personnes retraitées ou âgées sont toujours attirées par le coût avantageux des habitations et des taxes foncières qu’offre la Matawinie. L’arrivée de nouveaux résidents intensifie la conversion des chalets en résidences permanentes et accentue le développement tentaculaire des municipalités. L'implantation d’habitations dans les zones en périphérie du noyau urbain nécessite, de la part des municipalités, l'extension de plusieurs services (le déneigement, l'entretien des routes, la cueillette des ordures, etc.) de façon à desservir adéquatement l'ensemble de la population.

 

De plus, le territoire matawinien ne disposant pas d'institution scolaire post-secondaire, les étudiants doivent quitter le territoire pour y poursuivre leurs études. Les informations statistiques révèlent que les jeunes ne reviennent pas à leur lieu d’origine suite à l'obtention de leur diplôme. Il est ainsi possible d’affirmer qu’une grande proportion des jeunes adultes quitte leur municipalité d’enfance pour améliorer leur situation de revenu et d’emploi et/ou pour migrer vers des lieux qui répondent davantage à leurs besoins.

 

Les perspectives de croissance de la population

 

La structure de la population conditionne les besoins et les ressources futures. Le tableau 14 illustre diverses projections de population réalisée pour les années 2006 et 2011. Les prévisions de population sont issues de deux (2) méthodologies. La première provient du mode de calcul du Bureau de la statistique du Québec (ISQ), réalisée en 2000, à partir des données du recensement de 1996. Il a été jugé que cette méthode de prévision surestime la population de la Matawinie. En effet, cette dernière méthode projette 45 000 résidents pour 2001 et puisque les données du recensement 2001 sont connues (43 177 résidents), il y aurait donc une surestimation de 1 900 résidents environ. On peut donc affirmer que les données de projection pour 2006 et 2011 sont trop optimistes selon cette méthodologie de l’ISQ.

 

La seconde méthodologie provient du mode de calcul réalisé par la MRC qui se base sur les données du recensement de 2001. Selon ce mode de calcul, la Matawinie devrait compter approximativement 44 933 personnes en 2006 et environ 46 308 en 2011. Nous jugeons ces données plus réalistes, bien que nous nous devions d’utiliser ces estimations avec prudence.

 

Ainsi, l’augmentation anticipée de la population entre 2001 et 2011 se traduira par l’arrivée de plus de 1 500 nouveaux ménages à la recherche de logements. À titre indicatif, en répartissant ce nombre en proportion égale à travers les municipalités, cela représente entre près d’une centaine de nouveaux lieux d’habitation pour chacune des 15 municipalités qui composent la MRC de Matawinie. Le tableau 15 présente la répartition de la projection démographique, réalisée par la MRC, selon chacune des municipalités.

 

 

 

2.2.3    La structure des ménages et familles

 

En ce qui concerne la structure des 18 515 ménages privés en Matawinie, 70 % de ceux-ci sont constitués en familles. Sur ce, 87 % des familles sont de type traditionnel, c’est-à-dire qu’elles sont constituées d’un homme et d’une femme (marié ou en union libre) avec ou sans enfant. Par ailleurs, 13 % des familles sont de type monoparental, 75 % d’entre elles ayant des femmes comme chef de famille. Il semble y avoir de plus en plus de familles monoparentales, car la proportion est passée de 10 % à 13 % pour la période allant de 1991 à 2001.

 

Également, en 2001, moins du quart (24 %) des 18 515 ménages comprennent des enfants et 29 % de ces ménages sont des gens vivant seuls. Le nombre moyen de personnes par ménage est de 2,8 pour les couples mariés, 2,9 pour les couples en union libre et 2,4 dans les familles monoparentales.

 

La scolarité

 

Le constat de la scolarisation dans la Matawinie est basé à partir de différents indices comparatifs. En fait, ceux-ci nous servent à rendre compte du degré d’intégration de la population au marché du travail puisque l’obtention d’un diplôme (secondaire ou post-secondaire) demeure un pré-requis à l’emploi. En effet, la compétitivité de la région de la MRC de Matawinie est tributaire à sa capacité de fournir une main-d'œuvre apte à rencontrer les exigences du marché du travail et qui peut s'adapter aisément et rapidement aux changements. La nécessité d’établir le constat de la scolarisation dans la Matawinie est fondamentale dans la mesure où la société se fonde de plus en plus sur le développement des connaissances, des capacités et des compétences pour s’adapter aux exigences de la nouvelle conjoncture socio-économique.

 

Plus concrètement, le constat de la scolarité dans la Matawinie est fort peu reluisant si l’on compare les différentes statistiques de la Matawinie à l’ensemble de la région de Lanaudière. À cet effet, on relève que 45 % de la population de 15 ans et plus n’ont pas atteint le niveau du certificat d’études secondaires (voir tableau 16). Ce taux est près de 10 % supérieur à celui de l’ensemble de la région de Lanaudière en 2001. Cette situation est particulièrement alarmante dans la mesure où il est généralement admis que les jeunes qui n’obtiennent pas leur diplôme du secondaire au Québec handicapent sérieusement leurs chances d’avenir. Ainsi, les jeunes de la Matawinie sont donc plus nombreux, toutes proportions gardées, à occuper un emploi précaire et mal rémunéré, demeurant plus vulnérables au chômage, à l’inactivité économique et à la pauvreté.

 

Par le biais d’une étude (2003), la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Lanaudière s’est penchée sur la question de la scolarité dans la région, et ce, en référence aux années 1996, 1997 et 1998. Ainsi, dans la Matawinie, la comparaison des taux de diplomation chez les filles (69 %) et des garçons (48,4 %) met en évidence un écart de 20,6 %, ce qui s’avère être la plus importante différence observée entre les deux (2) sexes parmi les MRC lanaudoises. Il semble donc que ce problème de sous-scolarisation est particulièrement vrai pour les garçons.

 

En ce qui concerne les autres niveaux de scolarité atteints, la Matawinie obtient des pourcentages qui se situent tous en deçà de la moyenne de la région de Lanaudière. Cette situation peut être estimée préoccupante si on stipule qu’il est nécessaire de détenir une formation secondaire (au minimum), spécialisée, technique ou universitaire chez les futurs professionnels afin d’affronter un marché du travail de plus en plus exigeant envers sa main-d'œuvre.

 

Il faut mettre en relation que ce constat, lié au faible pourcentage de diplomation des Matawiniens, s’explique en partie parce qu’on ne retrouve pas d’institution post-secondaire dans la Matawinie et peu d’écoles de métiers. Ce phénomène peut aussi se justifier vraisemblablement par la nature des activités économiques régionales qui exigent actuellement peu de spécialisation. L’ensemble des contraintes a pour conséquence soit de décourager les étudiants vers la poursuite d’études supérieures au secondaire, soit d’entraîner un exode temporaire ou permanent des jeunes vers les centres urbains au Sud de la MRC.

 

À titre indicateur, en ce qui a trait aux personnes qui détiennent un titre de niveau post-secondaire, 24,7 % ont un diplôme du domaine des techniques et métiers des sciences appliquées, 21,2 % sont spécialisées en commerce, gestion et administration des affaires et finalement, 14,5 % détiennent des diplômes dans les secteurs de l'enseignement, du loisir et de l'orientation, etc. (voir tableau 17).

 

 

 

2.2.4    Le constat ethnolinguistique en Matawinie

 

La Matawinie est considérée comme une MRC francophone. Lors du recensement de 2001, 90 % de la population ont inscrit le français comme langue maternelle. En général, le caractère ethnique apparaît homogène, il se traduit majoritairement par une communauté francophone, d'origine française, pratiquant la religion catholique. Les habitants de la Matawinie sont majoritairement natifs du Canada, soit 97 % de la population. Des 1 060 matawiniens nés à l’extérieur du Canada (3 % de la population), environ 83 % ont immigré dans la MRC avant 1991, la balance ayant immigrée en Matawinie entre 1991 et 2001.

 

 

2.2.4.1      Rawdon et son multiculturalisme

 

La population anglophone représente 4 % de la population totale et elle se concentre spécifiquement à Rawdon. Également, un peu plus de 5 % de la population utilise une autre langue que le français et l’anglais comme première langue. C'est aussi dans la municipalité de Rawdon où a été recensée la plus grande diversité quant à l’origine ethnoculturelle de sa population.

 

 

2.2.4.2      La population autochtone

 

La réserve amérindienne de Manawan, ayant obtenu ce statut de réserve en 1906, se situe à travers le territoire non-organisé. La communauté Atikamekw peuple cette localité qui couvre près de 8 km2 et qui se localise à environ 72 kilomètres au Nord de la municipalité de Saint-Michel-des-Saints et à 120 kilomètres à l’Ouest de La Tuque. L’accès par le Sud pour cette petite agglomération se fait d’abord par la route 131 jusqu’à Saint-Michel-des-Saints. Plus au Nord, un chemin forestier, dont la qualité varie selon les saisons, permet d’accéder au village autochtone.

 

a)         Les caractéristiques socio-économiques de Manawan

 

D’après le recensement 2001, 1 646 amérindiens vivent à Manawan. Depuis les 25 dernières années, le rythme de croissance a constamment augmenté. Lors de période quinquennale 1996-2001, le taux de croissance de la population était le plus élevé de toute la Matawinie (16,2 %). De plus, cette réserve a une densité de population extrêmement élevée, soit de 210,2 habitants par kilomètre carré.

 

Contrairement au profil démographique de la MRC et à la tendance démographique québécoise, la population atikamek tend à rajeunir. En effet, la cohorte des 0-14 ans s’est accrue de 13 % en 2001 par rapport à 1996. De plus, les individus âgés de moins de 15 ans représentent, en 2001, 43 % de la population totale comparativement à 41 % en 1991. En fait, plus de 87 % des Atikamekw de Manawan ont moins de 44 ans, ce qui en fait d’elle une communauté très jeune. On compte 4,5 personnes par famille où le couple est marié, 4,1 personnes pour les couples en union libre et 2,9 personnes pour les familles monoparentales (comparativement à 2,8, 2,9 et 2,4 pour l’ensemble de la Matawinie). Ceci explique bien la place importante qu’occupent les jeunes dans cette réserve.

 

Les emplois sont principalement liés aux services à la collectivité (services de santé, sociaux, sportifs, culturels et d’éducation). Il s’agit d’emplois qu’on situe dans le domaine public. Quant à l’entreprise privée, elle couvre principalement les secteurs donnant les services de base, tels que l’alimentation (dépanneur), l’hébergement (auberge), les objets utilitaires (magasin général) et les ouvriers spécialisés (électricien, plombier, constructeur, transporteur, etc.).

 

Les activités économiques ne sont que très peu liées aux activités traditionnelles. Celles-ci sont principalement exercées à titre de loisir. Toutefois pour certains, elles demeurent leur emploi à temps plein ou temporaire. Il en est ainsi pour les guides employés par les gestionnaires de pourvoirie, les trappeurs et les artisans.

 

b)         Les services à la population

 

On retrouve sur la réserve des services et des commerces, tels que : l’électricité produite par Hydro-Québec, le téléphone dispensé par Bell Canada par télé-satellite, un service d’aqueduc (distribution domiciliaire, réservoir, puits communautaires) et d’égouts (sanitaires, pluviaux, et étang aéré), le câble, un dépanneur, un magasin général et une boutique d’artisanat. De plus, le ministère des Affaires indiennes a établi l’école primaire Wapoc et l’école secondaire Otati où les cours, en français et en amérindien, y sont dispensés par des enseignants autochtones et blancs.

 

Le ministère de la Santé a institué un centre médical où deux (2) infirmiers sont présents en permanence et où un médecin se rend deux (2) fois par mois. De plus, il y a un service de sécurité policière assuré par le conseil de la police amérindienne, un service de protection d’incendie muni d’une caserne et un service d’élimination des ordures. Les autres équipements collectifs disponibles sont une église, une salle communautaire, un centre récréatif et une radio communautaire.

 

 


2.3     LE PROFIL SOCIO-ÉCONOMIQUE DE LA POPULATION

 

 

 

2.3.1    Les taux d'activité et d'inactivité

 

Pour l'année 2001, la population active représentait 18 525 personnes, soit 52,4 % de la population de plus de 15 ans. On entend par population active toutes les personnes âgées de
15 ans et plus qui ont un emploi ou qui se trouvent en chômage au moment du recensement. De la population active, on distingue 16 360 personnes ayant un emploi et 2 165 chômeurs. Formulée autrement, 46,2 % de la population totale de plus de 15 ans travaillait en 2001. En comparant les sexes, 51,8 % des hommes et 40,5 % des femmes de plus de 15 ans travaillaient d’après ce recensement.

 

Soulignons que le taux de chômage de 11,7 % (2 165 chômeurs) est nettement inférieur à celui enregistré au recensement de 1996 (16,6 %). Par contre, ce taux pour 2001 demeure toujours élevé sur la base d’une comparaison avec celui de l’ensemble du Québec, estimé à 8,2 %. Il importe de mentionner que cette donnée statistique peu reluisante s’explique en partie par le caractère saisonnier des emplois offerts dans la région : foresterie, agriculture et industrie touristique.

 

Sur la base d’une comparaison entre les sexes, ce taux atteint 12,4 % chez les hommes et 10,7 % chez les femmes en 2001. Par rapport au recensement 1996, c’est chez la femme que l’on note une diminution significative du taux de chômage, soit une baisse de 4,2 %. Ce sont les jeunes âgés entre 15 et 24 ans, tant chez les hommes que chez les femmes, qui sont les plus sujets à être en chômage. En effet, le taux de chômage chez les 15 à 24 ans s'élevait à 15,7 % pour 2001, alors qu'il était environ 4,6 % plus bas (11,1 %) chez les 25 ans et plus.

 

En ce qui a trait au taux d'inactivité, celui-ci exprime une mesure de dépendance économique. Il réfère au pourcentage de la population de 15 ans et plus qui ne retire aucun revenu d'emploi ou d’assurance emploi. Conséquemment, ces personnes dépendent d'un tiers ou de rentes pour assurer leur subsistance. Généralement, les MRC en périphérie des grands centres urbains ont des taux d'inoccupation plus faibles que les autres, c'est-à-dire inférieur à 40 %. Quant à la Matawinie, sont taux était de 47,6 % en 2001; ce qui n'est pas avantageux même si l’on note une faible diminution de près de 1 % par rapport au recensement de 1996.

 

 

 

2.3.2    Le domaine d’emploi et les catégories de travailleurs

 

En 2001, la majorité de la population active est constituée de travailleurs rémunérés (87 % de la population active), soit 15 010 employés et 1 100 travailleurs autonomes en entreprise constituée. À cela, ajoutons que 8,3 % de cette même population sont des travailleurs autonomes sans entreprises et 0,6 % des travailleurs familiaux non rémunérés, la différence faisant partie de la catégorie « autre » selon Statistique Canada.

 

D’autre part, une quantité non négligeable de 9 % de la population active travaille à domicile, ce qui implique qu’environ un travailleur sur dix (10) demeure à la maison pour exercer son métier.

 

 

2.3.2.1      Le domaine d’emploi

 

Le domaine d'emploi est établi selon la nature générale de l'activité de l'établissement où travaille le recensé et déterminé par le nom de l’employeur et par le genre d'entreprise, d'industrie ou de service. En 2001, les secteurs dans lesquels se concentrent les travailleurs sont :

Ø     Industries de la fabrication et de la construction : 24,2 %;

Ø     Soins de santé et enseignement : 15,8 %;

Ø     Commerce de gros et de détail : 15,5 %;

Ø     Services commerciaux : 12,4 %;

Ø     Agriculture et autres industries axées sur les ressources : 6,3 %;

Ø     Finance et services immobiliers : 4,1 %;

Ø     Autres services : 21,6 %.

 

Comme on peut le constater, la population active de la Matawinie œuvre dans divers domaines. Le secteur tertiaire est le plus grand pourvoyeur d’emplois puisque près de 69 % de la population active y travaille. Le secteur secondaire est le deuxième pourvoyeur d’emplois avec plus de 24 % de la population active qui y travaille. Finalement, le secteur primaire (6,3 %) dépend fortement des industries liées à l’agriculture et à la foresterie qui emploient la majorité des travailleurs liés aux ressources naturelles.

 

 

2.3.2.2      La catégorie professionnelle

 

La catégorie professionnelle fait référence au genre de travail que font les personnes. Celui-ci est défini d'après le type d'emploi déclaré par le recensé et la description des tâches les plus importantes qui s'y rattachent. Ainsi, en 2001, les gens qui avaient un emploi oeuvraient dans :

Ø     Les ventes et services : 24,8 %;

Ø     Les métiers, transport et machinerie : 22,9 %;

Ø     Les affaires, finance et administration : 13,5 %;

Ø     La gestion : 9,3 %;

Ø     La transformation, fabrication et services d’utilité publique : 8 %;

Ø     Les sciences sociales, enseignement, administration publique et religion : 7,4 %;

Ø     Les professions propres au secteur primaire : 5,1 %;

Ø     La santé : 4,5 %;

Ø     Les sciences naturelles et appliquées et professions apparentées : 2,8 %;

Ø     Les arts, culture, sports et loisirs : 1,6 %.

 

Bien qu'elle soit une région ressource, la MRC de Matawinie offre une diversité d'emploi impressionnante. En considérant l'ensemble de son territoire, on peut prétendre à cette diversité économique qu’elle permet de faire volte-face aux soubresauts touchant un secteur en particulier. Toutefois, en observant les municipalités individuellement, cet atout ne peut pas être invoqué pour chacune d'entre elles. En effet, la municipalité de Saint-Michel-des-Saints est intimement liée à l'exploitation de la forêt. En fait, l'industrie manufacturière procure 33 % des emplois et celle-ci est essentiellement appuyée sur la foresterie. L'absence de fibre ou la fermeture de certaines entreprises peut plonger la population de cette municipalité en pleine crise économique. Il en va de même pour Saint-Donat et le tourisme. Une température défavorable aux activités de plein air tout au long d'une saison, par exemple, peut compromettre le bien-être économique de plusieurs ménages.

 

 

 

2.3.3    Les revenus

 

Selon le recensement 2001, le revenu moyen total de toutes les personnes de 15 ans et plus ayant un revenu et vivant en Matawinie s'échelonnait à 23 498 $, niveau qui est peu élevé si on le compare à celui de l’ensemble de la région de Lanaudière (28 543 $) et à celui de l’ensemble du Québec (29 385 $).

 

La comparaison des revenus selon le sexe démontre que ceux de la population féminine sont moindres. En effet, le revenu moyen des hommes est de 27 413 $ alors que celui des femmes s’élève à 18 431 $. Les revenus moyens, selon le sexe et recensés en Matawinie, sont inférieurs à l'ensemble de celui des Québécois qui s'élève à 34 705 $ et des Québécoises à 23 282 $ selon le recensement 2001.

 

Le revenu médian atteint 38 902 $ par famille en 2001, ce qui est inférieur d’environ 22,5 % au revenu médian par famille québécoise, qui totalise environ 50 242 $, et à celui de la famille Lanaudoise, qui s’élève à 50 312 $.

 

En somme, les indices quant aux revenus moyen et médian obtenus pour l'année 2001, par les travailleurs de la Matawinie, sont inférieurs à ceux des Québécois et des Lanaudois. Ces caractéristiques socio-économiques peu reluisantes sont d’autant plus renforcies si l’on considère que sur l’ensemble de la population résidente de la Matawinie, 18 % de celle-ci est considérée comme vivant sous le seuil de faible revenu en 2001.

 

 

 

2.3.4    La mobilité des travailleurs

 

En ce qui concerne les constats quant à la mobilité des travailleurs, la Matawinie se caractérise par une mobilité intermunicipale qui déborde ses frontières. Sur les 16 355 personnes faisant partie de la population active occupée de 15 ans et plus, environ 52,5 % des travailleurs occupent un emploi à l’intérieur des limites de la MRC, selon l’année de recensement 2001 (voir tableau 18, tableau 19 et tableau 20). En revanche, 47,5 % de cette population travaille à l’extérieur de la MRC Matawinie. Ces chiffres représentent une légère hausse de la proportion de travailleurs qui occupent un emploi à l’extérieur de la MRC, et ce, sur la base d’une comparaison entre les années de référence 1996 et 2001.

 

Plus spécifiquement, parmi les citoyens qui occupent un emploi, 43,8 % de ceux-ci travaillent dans leur municipalité de résidence. On compte également 8,7 % de la population qui travaille dans une autre municipalité que celle de résidence, mais à l’intérieur de la MRC. En ce qui concerne, l’estimation faite à propos de la population qui occupe un emploi à l’extérieur des limites de la MRC, le tableau 18 nous démontre que 37,5 % de l’ensemble des travailleurs occupent un emploi dans un lieu fixe ailleurs que dans la Matawinie. Mentionnons également que 9,6 % des travailleurs ont déclarés ne pas avoir de lieu fixe d’emploi (pour les besoins de traitement statistique, il est toutefois considéré que ces travailleurs ont à se déplacer surtout à l’extérieur de la MRC).

 

En portant une attention particulière à cette séparation des travailleurs matawiniens qui occupent un emploi à l’intérieur ou à l’extérieur de la MRC, à l’échelle de la municipalité locale, le tableau 20 vient préciser les lectures des données de navettage. En effet, on remarque que ce sont des municipalités du Sud de la Matawinie, telles Saint-Félix-de-Valois, Rawdon, Chertsey, Saint-Alphonse-Rodriguez et Saint-Jean-de-Matha, où l’on retrouve le plus grands nombre de travailleurs qui occupent un emplois à l’extérieur de la Matawinie.

 

De façon implicite, pour ces travailleurs qui occupent un emploi à l’extérieur de la Matawinie, les résidents des municipalités de l'Est et du centre du territoire ont tendance à travailler dans la MRC de Joliette, alors que ceux de l'Ouest se dirigent davantage vers la région de Montréal. Quant aux municipalités situées au Nord, la mobilité des travailleurs vers l’extérieur est généralement plus faible. Les municipalités localisées aux extrémités du territoire conservent leurs travailleurs et fournissent même des emplois aux municipalités contiguës.

 

Dans l'ensemble de la MRC, la presque totalité des emplois sont occupés par des gens qui habitent sur le territoire, soit 8 580 emplois sur 10 960 (78,3 %) (voir tableau 20). À cela, ajoutons que 9,6 % des emplois en Matawinie sont comblés par des résidents de la MRC de Joliette.

 

Il est à mentionner que les autres MRC de la région de Lanaudière et la ville de Montréal attirent un grand nombre de travailleurs de la Matawinie. En 2001, la région de Lanaudière, incluant la Matawinie, récupérait les deux tiers (2/3) des travailleurs de notre territoire
(11 965 emplois). De son côté, Montréal et Laval procuraient un emploi à 2 055 citoyens de la Matawinie, alors que la MRC de Joliette seule comptait 2 070 travailleurs résidents de la Matawinie (voir le tableau 21).

 

En résumé, les facteurs influençant la mobilité des travailleurs de la MRC de Matawinie ont, principalement, trait à la localisation des municipalités par rapport aux grands centres urbains de Montréal et de Joliette, ainsi qu'à la fonctionnalité du réseau routier existant et, bien sûr, à la disponibilité d’emploi.

 

En analysant les moyens de transport qu’utilise la population active occupée de la Matawinie pour se rendre à leur lieu de travail, il est évident que le système de transport en commun y est peu développé et donc faiblement utilisé. En 2001, seulement 1,5 % des gens utilisent ce mode de transport pour aller travailler, comparativement à 86,4 % qui utilisent automobiles, camions ou fourgonnettes. Plusieurs personnes ayant un emploi à proximité de leur résidence permanente affirment se rendre au boulot à pied, soit 11 %. Enfin, 1 % des travailleurs utilisent un autre moyen de transport.

 


2.4     La population saisonnière

 

La villégiature telle qu'on la retrouve en Matawinie répond à des attentes précises. Les attraits naturels de la région ont attiré les villégiateurs et les municipalités ont tenté de s’adapter à cette nouvelle clientèle. Pour la majorité des propriétaires de chalet, leur volonté d’avoir une résidence secondaire est conditionnée par le désir d’habiter un lieu tranquille, généralement à proximité d’un lac ou cours d’eau, leur permettant ainsi de se détendre dans un cadre naturel.

 

Le phénomène de la villégiature de masse a démarré après les années 60 en Matawinie. Cela implique qu’aujourd’hui, la plupart des 345 hameaux, localisés principalement sur les pourtours des lacs et rives des cours d'eau, ont été créés au cours des dernières 35 années. En 2001, il a été estimé que la population de villégiateur pouvait compter environ 35 352 personnes pour 43 177 résidents permanents. Cette estimation de la population saisonnière a été calculée sur la base du postulat selon lequel un chalet est occupé par 2,4 résidents (taux de population par ménage à l’échelle du Québec en 2001). Ainsi, en période estivale pour l’année 2001, la population totale de la MRC a été augmentée à au moins 78 529 personnes, ce qui en résulte en une proportion de 1,2 résident permanent pour un villégiateur.

 

Par contre, il est impératif d’ajouter qu’en ce qui concerne les effectifs de population permanente, à travers une comparaison entre les périodes de 1981 et 2001, on remarque une baisse considérable de la fréquentation des villégiateurs dans la MRC depuis le début des années 80. En effet, en analysant les données du tableau 22, on relève qu’en 20 ans, la proportion de villégiateurs est passée de 51 861 à 35 352 personnes, soit une baisse de près 33 %. Il s’agit d’une caractéristique percutante si l’on tient compte qu’à l’inverse, la population résidentielle permanente en Matawinie a augmenté de 34 % pour la même période vingtenaire.

 

Des études réalisées par la MRC expliquent que cette baisse, quant à la fréquentation des villégiateurs dans la MRC depuis 20 ans, serait due à des facteurs à la fois conjoncturels et structurels. Ainsi, la diminution du pouvoir d’achat depuis le début des années 70 serait un des principaux facteurs. De plus, il semble évidant que la majeur partie des sites offrant un potentiel de villégiature intéressant se retrouvent de plus en plus vendus ou occupés.

 

Également, en fonction d’un facteur comme le vieillissement de la population, les conclusions des études révèlent, de plus en plus, que la villégiature est planifiée comme fonction résidentielle. Ainsi, on assiste à une période de reconversion des chalets en résidences permanentes, plus spécifiquement chez les retraités. Cette situation est également associée à un phénomène de migration des nouveaux retraités citadins vers les périphéries rurales où les chalets sont reconvertis en résidences principales. On associe, également, cette baisse de villégiateurs par un indicateur, tel le ralentissement marqué de la construction de nouvelles résidences secondaires.

 

 

 


2.4.1    La provenance des villégiateurs

 

La distance à parcourir entre la résidence permanente et la résidence secondaire joue un rôle déterminant au niveau du choix d'un site de villégiature. Selon une enquête par échantillon menée par la MRC à propos des villégiateurs en 1995, il en ressort que 59 % des propriétaires de chalets en Matawinie provenaient de la région de Montréal, incluant Laval, 18 % de Lanaudière (excluant la Matawinie), 2,3 % de la MRC de Matawinie et 10 % de la Montérégie.

 

La forte proportion de villégiateurs provenant de la région administrative de Montréal s'explique surtout par l'accessibilité routière. En fait, selon l’enquête de 1995, 82 % des propriétaires de chalet font moins d’une heure et demie pour accéder au chalet et 99 % y accèdent directement par voie routière. Par contre, 204 propriétaires de chalet parcourent plus de quatre (4) heures de route pour accéder à leur lieu de villégiature puisqu’ils résident dans d'autres provinces (48) ou d’autres pays (156). La majorité de ces derniers se sont installés, soit à Saint-Donat ou à Notre-Dame-de-la-Merci.

 

L'émergence de la villégiature démontre que la collectivité à un réel besoin d’être en contact avec la nature. Ceci fait prendre conscience que ce domaine d’activité, qui est associé à cette volonté populaire de fréquenter à la fois les espaces urbains et ruraux, participe activement au système économique régional. Les quinze (15) municipalités de la Matawinie sont concernées par les développements de villégiature. La villégiature modèle l'image régionale et la place qu'elle occupe tend à devenir un élément majeur dans la gestion générale des ressources et l’aménagement du territoire.

 

Le développement de la villégiature est traditionnellement localisé en fonction des lacs. Toutefois, de nouvelles tendances se dessinent, comme les développements à flanc de montagne, là où des potentiels panoramiques sont exploitables (vues sur les vallées, par exemple). Ce phénomène peut avoir des impacts environnementaux négatifs sur le milieu montagneux, d'autant plus qu’il n'a fait objet d’aucune planification adéquate jusqu’à ce jour.

 

 

 

2.4.2    La période de fréquentation

 

La période la plus intense, quant à la fréquentation des chalets, se déroule entre les mois de juin à septembre inclusivement. En effet, 56 % des ménages y viennent à toutes les fins de semaine, alors que le tiers y séjournent deux (2) ou trois (3) fois par mois pour des périodes moyennes de deux (2) à trois (3) jours par séjour. Lors des vacances annuelles, 54 % des ménages s’y retrouvent.

 

En moyenne, les chalets sont occupés 152 jours par année et la moitié du temps, des gens autres que ceux constituant le ménage à la résidence permanente, y passent la nuit. Nous savons pertinemment que la villégiature est intiment liée à la famille et que le chalet est un lieu où l’on reçoit les amis et la famille. Les trois quarts (¾) des gens y viennent avec leur conjoint, leurs enfants et avec d’autres membres de leur parenté et seulement 38 % des villégiateurs fréquentent leurs voisins régulièrement.

2.4.3    Le profil socio-économique du villégiateur

 

Succinctement, il est possible de dresser le profil du propriétaire de chalet matawinien grâce à un sondage mené en 1995 par la MRC :

Ø     91 % sont de langue française;

Ø     76 % sont mariés ou vivent en union de fait, les autres sont veufs (9 %), célibataires (8 %), divorcés ou séparés (7 %);

Ø     ils sont plus scolarisés que l’ensemble des résidents permanents, 34 % n’ont pas leur diplôme d’étude secondaire, alors que 22 % l’ont et 36 % ont un diplôme de niveau collégial, alors que le grade universitaire est atteint dans 8 % des cas;

Ø     56 % ont un emploi à temps plein, 7 % un emploi à temps partiel, 31 % sont à la retraite, 4 % sont en charge de la maison, 1 % sont au chômage et 1 % sont étudiants ou en recherche d’emploi;

Ø     47 % des ménages ont un conjoint qui travaille et dans 40 % des cas, il n’a pas de diplôme secondaire, il a terminé le secondaire dans 23 % des cas, le CÉGEP dans 30 % et l’université dans 7 % des cas;

Ø     79 % sont propriétaires de leur résidence permanente et 49 % d’entre eux, habitent des maisons unifamiliales, 26 % des maisons de type plex et 8 % des condominiums, des unifamiliaux en rangé ou encore des maisons à appartements;

Ø     86 % des ménages ont des enfants et 72 % des ménages comprennent uniquement une ou deux personnes;

Ø     le revenu moyen des ménages des villégiateurs est de 61 338 $, ce qui est largement supérieur à l’équivalent des ménages vivant en permanence en Matawinie.

 

Ces résidences de villégiature ont un impact réel sur l’occupation du sol malgré le fait que leurs occupants ne soient pas comptabilisés dans le calcul de la densité. Ainsi, à certaines périodes de l’année, la densité de peuplement est assurément beaucoup plus importante que l’estimation que l’on en fait.

 

 


2.5     La situation du logement

 

 

 

2.5.1    Le logement permanent

 

En 2001, il existe sur le territoire de la MRC de Matawinie, 17 108 logements privés occupés, c'est-à-dire qu'ils sont habités en permanence par un ménage. Les 80 % de ceux-ci sont possédés, alors que 20 % sont loués. Le type de construction de logements le plus fréquent en Matawinie est associé à la maison individuelle non attenante, puisque près de 85 % des logements privés occupés sont de ce type. Également, les appartements situés dans un duplex ou un immeuble de moins de cinq (5) étages représentent environ 11 % des logements. La balance de logements se répartie entre la maison jumelée, la maison en rangée, la maison mobile ou toute autre maison individuelle attenante.

 

On se doit de reconnaître que la répartition des logements permanents, qui est exprimée en pourcentage selon des périodes de constructions définies, est relativement équivalente d’une décennie à l’autre. Toutefois, on note deux (2) exceptions. Ainsi, on remarque que la décennie 70 a connu une forte période de croissance quant à la construction domiciliaire permanente (24,7 %) (voir tableau 23), tandis que la décennie des années 90 a été marquée par une baisse considérable du nombre de nouvelles constructions.

 

On note également que durant les 30 années précédant le recensement 2001, le nombre de logements a plus que doublé en Matawinie. Ce constat va en concordance avec la forte croissance démographique observée au cours de cette même période dans la MRC.

 

Il est également possible de constater que c'est à Rawdon et dans les municipalités localisées le long de la route 131 que l'on retrouve le plus grand nombre de bâtiments résidentiels construits avant 1946 (figure 17). Incidemment, ce sont les municipalités les plus anciennes de la MRC. On remarque également que le long de la route 125, l'intensification de la construction domiciliaire du côté Ouest de la MRC correspond aux périodes de construction et d'amélioration de la voie 25-125 en provenance de Montréal. Il est donc permis de croire qu'en rendant le réseau routier plus adéquat, les ménages seront beaucoup plus intéressés à s'installer dans les municipalités longeant ces axes routiers.

 

En ce qui concerne les coûts mensuels d'habitation en 2001, selon Statistiques Canada, les dépenses moyennes atteignent 480 $ par mois pour un propriétaire et 452 $ par mois pour un locataire. À cet indicateur, quant au prix des habitations, les coûts que doit assumer le possesseur de son loyer sont de 5,8 % plus élevé que pour un locataire (comparativement à 25,1 % pour l’ensemble du Québec). Ainsi, compte tenu des avantages financiers habituellement liés à la revente d'une maison et sans tenir compte des besoins particuliers de chaque individu, il est plus avantageux d'acheter son logement que de le louer, ce qui favorise l'industrie de la construction tout en renouvelant le stock de logements.

 

 

 

2.5.2    Le chalet

 

En 2001, on estimait à environ 13 857 le nombre de résidences secondaires comparativement à 17 108 logements permanents en territoire municipalisé. Pour sa part, le territoire non-organisé était constitué presque entièrement de résidences secondaires, si l’on exclut la Manawan où environ 150 logements permanents y étaient établis. Ainsi sur ce territoire, il y existait 873 chalets de villégiature et camps de chasse reconnus en 2001.

 

 

2.5.2.1      La répartition des chalets en Matawinie

 

Bien que l'on retrouve des chalets dans toutes les municipalités de la MRC de Matawinie, ce sont sur les territoires de Chertsey, Saint-Donat et Rawdon que l’on rencontre les plus grandes concentrations. Ces trois (3) municipalités regroupent à elles seules 39,34 % de tous les chalets de la MRC. Il est opportun d'ajouter un bémol en ce qui concerne les municipalités dont les statistiques laissent croire qu'elles sont moins associées à la villégiature en fonction du nombre de chalets qui s’y trouve. D'une part, dans certains villages, bien que l'on y dénombre peu de chalets, il demeure que le grand nombre de commerces que l'on y retrouve, ainsi que leur localisation stratégique, en font des territoires intimement liés à l'affluence des villégiateurs. En examinant le rapport de résidences permanentes et le nombre de résidences secondaires par municipalité, seule Saint-Félix-de-Valois peut prétendre que la villégiature privée, en terme d'occupation, est un phénomène de moindre importance sur son territoire. Ceci dit, avec 283 chalets, ce qui représente approximativement 679 villégiateurs, il ne s'agit pas là d'un phénomène négligeable pour cette localité.

 

Les concentrations de sites de villégiature varient d'une municipalité à l'autre et représentent régionalement approximativement 150 sites, dont une centaine comptent plus de 20 chalets. La villégiature se regroupe généralement sur le pourtour des lacs et cours d’eau en périphérie du noyau urbain. Ces sites de villégiature sont habituellement desservis par certains services municipaux minimaux à savoir la cueillette des déchets, l'entretien des routes et leur déneigement.

 

 

2.5.2.2      La rénovation et le rachat des chalets par des jeunes ménages

 

Depuis le début des années 80, on observe en Matawinie un phénomène de reconversion des chalets en résidence permanente. Initialement, ces transformations étaient surtout réalisées par de nouveaux retraités qui concrétisent une aspiration en s'établissant en permanence dans ce lieu qui n’a été longtemps pour eux qu'un endroit de villégiature.

 

Depuis une dizaine d’années, les jeunes ménages sont nombreux à racheter ces chalets, les personnes âgées étant éventuellement confrontées aux faits de se rapprocher des services de santé. Ces jeunes ménages choisissent d’élever leurs enfants dans une plus grande tranquillité et privilégient un contact plus étroit avec la nature. Il n’en demeure pas moins que les municipalités doivent adapter leur offre de service à ces nouvelles populations souvent plus âgées.

2.5.3    La mobilité résidentielle sur le territoire

 

En ce qui a trait à la mobilité résidentielle, mentionnons sommairement que d’après le recensement 2001, 32,8 % de la population totale de la MRC avait connu un déménagement dans les cinq (5) années précédant le recensement. Ce pourcentage représente une diminution de 4,2 % par rapport au recensement de 1996, où 37 % des habitants avaient connu un déménagement dans les cinq (5) années précédentes.

 

Une telle proportion de mobilité paraît toutefois considérable. De façon générale, ce sont surtout les municipalités offrant la plus grande accessibilité aux centres urbains de Joliette et de Montréal qui ont connu le phénomène de mobilité résidentielle.

 

Ce phénomène de mobilité résidentielle si important pour une région rurale, telle que la Matawinie, peut être attribuable, en partie, aux fluctuations des revenus chez la population. En effet, cette fluctuation peut obliger une partie de la population à se doter d’un logement moins dispendieux en cas de baisse de revenu, tout comme une hausse salariale peut provoquer des déménagements chez la proportion de population voulant, par conséquent, améliorer leurs conditions de vie en déménageant dans des résidences plus confortables.

 

 

 


2.6     LES CONSTATS ET PERSPECTIVES QUANT À LA DYNAMIQUE DÉMOGRAPHIQUE ET L’OCCUPATION DU TERRITOIRE EN MATAWINIE

 

La dynamique socio-économique des diverses municipalités de la Matawinie est tout d’abord façonnée par une croissance qui semble fonctionner sur deux (2) bases différentes, qui sont présentées ici. Cette croissance se caractérise par un bilan migratoire positif marqué par une population vieillissante. À ces constats de base s’associent d’autres réalités qui font de la Matawinie, un milieu social bien spécifique dans le contexte de la grande région de Montréal.

 

 

 

2.6.1    Une région en croissance

 

Les effectifs de la population permanente, pour chacune des municipalités, sont demeurés relativement en hausse depuis 1960 et les perspectives de croissance démographique sont plutôt optimistes pour les dix (10) prochaines années.

 

a)         Les avantages des municipalités du Sud

 

La répartition actuelle de la population par municipalité nous indique que la croissance démographique a beaucoup plus marqué les municipalités des Basses Laurentides. Aussi, les municipalités situées dans la partie Sud du territoire municipalisé présentent, généralement, des densités d’occupation plus élevées que les localités situées dans la partie plus au Nord.

 

Ce bon positionnement, qu’on observe pour les municipalités des Basses Laurentides, s’explique en partie par le fait que la zone agricole permanente génère d’importantes restrictions à l’occupation pour des fonctions autres qu’agricoles. Ces municipalités bénéficient, par ailleurs, d’une proximité satisfaisante par rapport aux grandes agglomérations urbaines, comme Montréal et Joliette, celles-ci se situant à moins d’une heure de Montréal. On sait, également, que les nouveaux résidents qui optent pour la Matawinie sont à la recherche d’un milieu de vie tranquille et une qualité de paysage, comme c’est le cas pour les touristes et les villégiateurs. Cela se traduit, d’ailleurs, par les allés-retours quotidiens du trafic routier, la main-d’œuvre travaillant à l’extérieur de la MRC et résident en Matawinie, étant sur le point d’atteindre les 50 % de leurs effectifs.

 

b)         Les avantages des municipalités du Nord

 

En ce qui concerne les municipalités les plus enclavées du territoire, soit plus spécifiquement Saint-Michel-des-Saints et Saint-Donat, leur éloignement des grands centres urbains conditionne une plus grande autonomie du point de vue des activités du domaine tertiaire et favorise un développement un peu plus endogène. Cette situation se répercute par le maintien d’une population résidentielle relativement importante.

 

 

 

2.6.2    Un bilan migratoire positif venant accentuer le vieillissement de la population

 

En ce qui concerne la structure démographique, la situation nous permet de constater que la Matawinie a connu, au cours des 40 dernières années, une baisse proportionnelle du groupe de population en bas âge et une augmentation du groupe des personnes âgées. Ainsi, il se déroule actuellement un phénomène de vieillissement de la population.

 

Quant au bilan migratoire, on note que la MRC de Matawinie attire des ménages jeunes, mais que de façon générale, les personnes âgées ou en voie de le devenir sont majoritaires chez les nouveaux résidents. On constate aussi que les augmentations de populations constantes enregistrées en Matawinie proviennent largement de la migration, car le taux de natalité est actuellement en baisse dans la MRC.

 

Ces constats sur la répartition de la population sur le territoire, de même que l’ensemble des indicateurs sociodémographiques, devraient jouer un rôle important dans l’établissement des diverses stratégies de planification mises de l’avant par la MRC.

 

 

 

2.6.3    Des caractéristiques socio-économiques propres à la Matawinie

 

Les années 90 ont été marquées par une légère amélioration au niveau des indicateurs liés à l’emploi et aux revenus en Matawinie. Il n’en demeure pas moins qu’à cet effet, les statistiques actuelles demeurent toujours peu reluisantes pour la MRC. C’est du moins ce qui en ressort sur la base de comparaisons entre ces statistiques socio-économiques de la Matawinie et celles de l’ensemble de la région de Lanaudière et du Québec.

 

a)         Une économie très diversifiée dans sa globalité

 

Les indicateurs liés au domaine du travail à l’échelle de la MRC, nous exposent une diversité d'emploi impressionnante. En tenant compte de l’ensemble des catégories de travailleurs et des types d’emplois offerts sur le territoire, les caractéristiques nous indiquent qu’il subsiste une certaine diversité économique pour plusieurs municipalités en Matawinie.

 

Cette diversité économique, qu’on observe globalement pour la Matawinie, constitue un atout fort précieux dans la perspective de conjonctures économiques difficiles qui pourraient toucher un secteur en particulier.

 

b)         Une grande mobilité de la main-d’œuvre

 

En ce qui concerne la main-d’œuvre, il semble que la Matawinie soit touchée par une grande mobilité intermunicipale qui déborde les frontières de la MRC et qui tend à augmenter. Il s’agit d’un phénomène qui touche surtout les municipalités du Sud de par leur proximité des grands centres urbains, tels que Montréal et Joliette.

 

Il importe que les choix de planification de la MRC s’appuient sur une vision interrégionale de l’aménagement et du développement. Il importe, également, de faire valoir les avantages quant à la qualité de vie des citoyens et de faire prendre conscience des liens profonds et multiples qui existent entre la Matawinie et les centres urbains que sont Montréal et Joliette.

 

Les indicateurs liés au profil socio-économique actuel se doivent donc d’être considérés dans l’élaboration du schéma d’aménagement de la MRC, puisqu’ils constituent des sources d’information fondamentales dans l’élaboration de diverses stratégies d’aménagement.

 

 

 

2.6.4    La prise en compte de la population autochtone

 

Dans le territoire non-organisé de la MRC se situe la réserve amérindienne de Manawan où se concentre une importante population autochtone (Atikamekw). L’administration de cette localité ainsi que l'ensemble des services communautaires ne relèvent pas de la responsabilité de la municipalité régionale de comté. Toutefois, cette communauté et sa population contribuent de différentes façons à l'économie de la MRC, sans négliger la demande de biens et services provenant des Atikamekw.

 

Le fait qu’il existe relativement peu de rapports entre Manawan et le reste de la MRC porte à réfléchir sur la pertinence de créer des liens économiques et sociaux plus étroits entre les deux (2) communautés culturelles de la Matawinie, selon une vision prospective de l’aménagement du territoire. Il conviendrait donc de définir des bases sur lesquelles ces liens peuvent s’établir entre Manawan et le reste de la MRC.

 

 

 

2.6.5    La villégiature : besoin d’une relance

 

La fréquentation estivale des villégiateurs est connotée comme étant un phénomène qui occupe une place prépondérante dans la dynamique socio-économique matawinienne. L’important effectif de population saisonnière, associé à une multitude de résidences non-permanentes, constituent des caractères fondamentaux de la MRC. À cet effet, on identifie des concentrations importantes de chalets dans les hameaux résidentiels, principalement ceux localisés près des lacs et cours d’eau, au cœur des paysages agroforestiers des Piedmonts ou à flanc de montagne dans nos grandes vallées.

 

Il est à noter qu’une diminution substantielle dans la fréquentation des villégiateurs s’est produite au cours des deux (2) dernières décennies. En effet, la population de villégiateurs a drastiquement baissée en Matawinie. On remarque qu’un phénomène de reconversion des chalets en résidence permanente s’est produit parallèlement. Cette baisse récente des effectifs de populations de villégiateurs est-elle due à un manque de disponibilité en terrains riverains, à une perte du pouvoir d’achat de la population, à un changement dans les modes de consommation familiaux des espaces touristiques ?

 

La villégiature se doit d’être considérée comme une fonction régionale distincte dans l’élaboration du schéma d’aménagement de la MRC de Matawinie. De plus, le phénomène de la baisse des effectifs de population de villégiateurs demande d’être approfondi plus amplement afin de bien cibler les futures actions à poser en ce sens.

 


SECTION III    LA GESTION DES RESSOURCES

 

 

 

 

3.1     LES RESSOURCES MINÉRALES

 

Bien que la Matawinie ne soit pas connue comme une région minière, l'utilisation de ses ressources minérales y joue un rôle capital. L’eau et les sables et graviers font l’objet d’une utilisation intensive. Quant aux différents gîtes minéraux, on dispose de certaines données préliminaires qui seront présentées ici, mais on peut déjà conclure que ces ressources sont peu connues parce qu'elles sont peu étudiées.

 

 

 

3.1.1    La territorialité des ressources minérales en Matawinie

 

La présentation de la territorialité des ressources minérales se distingue des autres du fait qu'en terme d'échelle, ces valeurs se situent parfois au niveau des secteurs d’intérêts et, plus souvent, au niveau des sites d'intérêts. L'encadrement de ces valeurs à l'échelle des territoires d’intérêts ne peut donc se faire. Par contre, ces valeurs méritent d'être situées par rapport aux territoires d’intérêts autres, à l'intérieur desquels elles se situent (villégiature, foresterie, etc.), car leur exploitation est souvent source de conflits d'utilisation du sol.

 

L’ordre de présentation des différentes ressources minérales est fait selon cinq (5) rubriques. On discute tout d’abord des substances métalliques, des minéraux industriels et des matériaux de construction, dont la répartition peut s’expliquer par la géologie de la roche en place. On aborde ensuite, conjointement, les sables et graviers et les aquifères, car il existe une relation étroite entre la répartition des secteurs d’emprunt en agrégats et les meilleures nappes d’eau souterraines.

 

 

3.1.1.1      Les substances métalliques

 

Sur la carte des gîtes minéraux produite par le gouvernement du Québec, on reconnaît 34 sites pour lesquels le gouvernement du Québec possède des informations. Deux (2) de ces indices, seulement, ont été cartographiés dans la partie Nord du territoire, soit celle s’étendant au Nord du corridor alluvial de la Mattawin. Aucun d’eux n’a mené à la découverte de gîtes économiquement intéressants. Cette absence d’indice est vraisemblablement attribuable à l’absence d’exploration sérieuse.

 

Il existe 18 indices de substances métalliques connus en Matawinie. On dénombre cinq (5) gîtes de fer et titane (FeTi) et quatre (4) de titane (Ti). Sur ces neuf (9) gîtes essentiellement associés à l’anorthosite, on en retrouve quatre (4) dans la seule municipalité de Chertsey. Des indices de nickel-cuivre (NiCu) de taille moyenne sont localisés à Notre-Dame-de-la-Merci, en bordure de la route 125 entre le lac du Marcheur et le village (figure 18). L’axe de la route 125 est de loin le secteur qui renferme le plus d’indices, avec une nette prédominance des indices métallifères.

3.1.1.2      Les minéraux industriels

 

On dénombre 16 gîtes de minéraux industriels, dont quatre (4) de grenats. Ceux-ci sont localisés dans les Basses Laurentides à l’Est du massif de Morin. Il existe aussi deux (2) indices de silice et deux (2) de quartz, trois (3) d’entre eux étant localisés dans l’axe de la route 131, soit deux (2) sur le Haut Plateau de la Noire et un sur la baie Plourde au lac Taureau. Le plus important en volume demeure la carrière de silice située à Saint-Donat. Les indices de quartz et de silice se répartissent donc, eux aussi, en périphérie du massif de Morin. La principale enveloppe en indices de minéraux industriels correspond aux routes 337 et 343 et comprend au total sept (7) indices, tous de petite envergure.

 

 

3.1.1.3      Les matériaux de construction

 

Il existe des gîtes de granite vert (il s’agit en fait de monzonite) qui commencent à être exploités commercialement à Saint-Zénon, au Nord du parc régional des Sept-Chutes. Cette pierre serait utilisée comme pierre de construction décorative.

 

 

3.1.1.4      Les agrégats

 

Pour la Matawinie, les dépôts de sable et de gravier constituent la ressource minérale la plus exploitée. Ils abondent là où on en fait le plus grand usage, soit dans les vallées, et sont présents un peu partout sur le territoire. Le gravier de qualité est habituellement plus difficile à trouver que le sable, ce qui fait que plusieurs concasseurs sont actuellement en opération. C’est dans les grands bassins et dans les vallées principales, plus particulièrement à proximité des grands contacts physiographiques, que les sables et graviers apparaissent en plus grande quantité et en plus grande qualité.

 

Suite aux représentations exercées par le milieu sur l’état de situation de cette ressource, des inventaires ont été réalisés dans les Basses et Moyennes Laurentides, ces secteurs étant les plus proches du marché de la grande région de Montréal et du Nord-Est des États-Unis. Par la suite, la réalisation de la carte du PSAR 1 au 1 : 20 000 traitant de la qualité du milieu et de la sécurité publique a été l'occasion de mieux situer les agrégats et les aquifères sur l'ensemble du territoire municipalisé.

 

a)         Basses Laurentides

 

Dans les Basses Laurentides, les meilleurs bancs d‘emprunt en qualité et en quantité sont ceux de l’ancien delta de la l’Assomption à Saint-Félix-de-Valois, de même que ceux des bassins du lac Noir, de la Grande Vallée et de Saint-Côme. La figure 19 fait la synthèse cartographique des territoires inventoriés, soit pour les Basses Laurentides.

 

b)         Hautes Laurentides, plateau du Mastigou et Hautes Terres Centrales

 

Plus au Nord, l'axe du Grand Corridor et le bassin Ouareau-Archambault concentrent les dépôts les plus intéressants. Sur les Hautes Terres Centrales, on les retrouve surtout dans la partie Sud des grandes dépressions drainées par la Mattawin Ouest, de même qu'au Sud du bassin du lac Kempt.

 

 

3.1.1.5      L’eau souterraine

 

Des diverses ressources minérales dont nous disposons, l’eau est probablement la plus précieuse. L’eau de surface est abondante et sa qualité nous permet, à certains endroits, de la consommer sans traitement.

 

L’eau souterraine existe aussi en quantité et en qualité dans les grandes vallées. Les aquifères formés dans les dépôts fluvioglaciaires et estuariens ou deltaïques offrent une eau douce à température froide et relativement constante. Or, la localisation de ces aquifères correspond dans l'ensemble à celui des agrégats, soit dans les grandes dépressions, telles les bassins et les vallées fluviales. Par ailleurs, dans le secteur de Saint-Donat, les formations de silice, comme celles exploitées à la carrière, offriraient une eau de qualité exceptionnelle, ce qui est rare pour une eau souterraine.

 

Lors de la réalisation des dossiers sur le milieu municipal, plusieurs sites potentiels ont donc été identifiés comme pouvant offrir des conditions hydrogéologiques favorables à l’exploitation de l’eau souterraine. On y indique, également, les prises d’eau de propriété municipale d’alimentation en eau souterraine ou en eau de source. Rappelons qu'une importante partie des municipalités de la Matawinie s'alimente toujours au moyen de l’eau de surface.

 

 

3.1.1.6      La concordance entre la répartition des ressources minérales et les activités d'exploitation

 

a)         Les carrières

 

Pour les carrières, cela est peu vérifiable, bien qu'on sache que la ressource devra apparaître en quantité et en qualité suffisante pour être exploitée. C'est le cas, notamment, des gîtes minéraux dont les dimensions sont de trop petite taille, ceux-ci offrant peu d’intérêt à des fins d’exploitation. Pour la totalité des indices cartographiés, seule la carrière de silice de Saint-Donat est en exploitation, ce gîte étant d’ailleurs classé de grande dimension. L’autre carrière, où l'exploitation a été amorcée, est celle de Saint-Zénon où l’on extrait de la monzonite ayant l’aspect d’un granite vert.

 

b)         Les sablières

 

De façon générale, seuls les agrégats et les aquifères font l'objet d'une exploitation à caractère systématique, celle-ci se faisant à même les plus grandes nappes disponibles dans les Basses Laurentides. La concordance apparaît donc évidente. Les principales exploitations se localisent dans le proto-delta de la l'Assomption à Saint-Félix-de-Valois, de même qu'à Grande-Vallée et à Notre-Dame-de-la-Merci.


c)         Les prises d'eau

 

En ce qui concerne l’eau souterraine, on constate que seulement quatre (4) municipalités s’alimentent à l’eau souterraine ou à des sources. Cependant, pour la plupart d’entre elles, les aquifères potentiels sont peu éloignés, soit dans un rayon généralement inférieur à un kilomètre. Seules les agglomérations de Saint-Zénon, Saint-Damien, Sainte-Marcelline-de-Kildare, Sainte-Béatrix et Saint-Alphonse-Rodriguez ne bénéficient pas d’une localisation qu’on pourrait qualifier de privilégiée, ce qui ne veut pas dire que l’eau souterraine pour ces municipalités est introuvable, au contraire.

 

Pour la majorité des agglomérations villageoises de la Matawinie, on a donc recours à l’eau de surface. Cela vaut aussi pour plusieurs lacs récemment ouverts à la villégiature et où la totalité des habitations a fait l'objet d’un contrôle strict en ce qui concerne l’épuration des eaux domestiques.

 

 

 

3.1.2    La présence de valeurs autres que minérales

 

 

3.1.2.1      Les fonctions ayant un effet déstructurant sur la valorisation des ressources minérales

 

Il n'existe pas d'espace désigné à l'échelle de territoires d’intérêts et ayant pour effet de réserver ces valeurs à leur utilisation, prioritairement à d'autres formes d'utilisation. La Loi sur les mines permet, par contre, de jalonner en tout temps une ressource du sous-sol dans une perspective de mise en valeur, et ce, même dans un espace déjà occupé et sous propriété privée. Dans l'optique d'une exploitation réelle, la Loi sur l'Environnement fixe, par contre, diverses conditions devant être respectées en vue de préserver la ressource eau, l'habitat humain et les habitats naturels. Les ressources minérales étant situées sous la terre, il arrive donc que certaines formes d'occupation du territoire remettent en cause leur exploitation. La plus importante est la présence d'habitations, plus particulièrement de hameaux et de périmètres d'urbanisation.

 

En ce qui concerne les substances métalliques, les minéraux industriels et les pierres de construction, compte tenu de leur faible valeur et aussi de la superficie restreinte, généralement attribuées à leur exploitation, il est peu fréquent qu'elles soient limitées par d'autres formes d'occupation. La carrière de silice à Saint-Donat représente, toutefois, un cas limite à ce sujet. Par contre, de telles restrictions sont particulièrement vraies pour les agrégats et les grands aquifères qui se concentrent dans les grandes dépressions en même temps que l'habitat humain. Les agglomérations de Rawdon, Saint-Félix-de-Valois, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Côme, du lac Noir et de Grande-Vallée en sont les meilleurs exemples. Bien sûr, les sables et graviers offrent des conditions idéales pour la construction, mais il n'en demeure pas moins que l'expansion de ces agglomérations occasionne de lourdes pertes à ce niveau.

 

La situation des aquifères est encore plus problématique, en ce sens, que les différentes formes de pollution, qu'elles proviennent des fonctions résidentielle ou commerciale, des activités agricole, industrielle ou forestière, peuvent affecter leur valorisation de façon presque irréversible. Mentionnons que trois (3) municipalités utilisent de tels aquifères, soit Saint-Donat, Saint-Félix-de-Valois et Saint-Michel-des-Saints. Compte tenu de la vulnérabilité des aquifères et de leur grande valeur pour la collectivité, ces sites se définissent davantage comme milieu sensible.

 

 

3.1.2.2      L'exploitation des ressources minérales comme activité source de nuisances

 

Mis à part l'eau souterraine, les diverses activités reliées à l'exploitation des ressources minérales peuvent avoir un effet déstructurant sur l'environnement des espaces où elles s'établissent, à cause des nuisances qui y sont associées. Ces nuisances proviennent du bruit, de la poussière et du plus grand risque d'accidents routiers.

 

La plupart des municipalités locales se plaignent, d'ailleurs, des bris de chaussée sérieux associés à la circulation répétitive des camions, plus spécifiquement sur le réseau routier local, dont la structure n'est pas conçue pour résister à ce genre d'utilisation. Cela est particulièrement vrai dans le cas des grandes entreprises exploitant les ressources minérales de façon intensive à des fins d'exportation. En plus de déstructurer certains milieux naturels, ces entreprises créent peu de retombées économiques et d’emplois pour les municipalités. En fait, elles peuvent coûter plus cher que ce qu’elles rapportent aux municipalités, puisque les travaux visent l'édification d'autres territoires. Les municipalités qui voient ainsi leurs rues et routes se détériorer plus rapidement que la normale doivent corriger la situation sans, toutefois, recevoir aucune forme de compensation.

 

Il en va différemment des petites entreprises ayant un rayonnement local et intermunicipal. Ces entreprises contribuent directement à l'édification du milieu et le caractère sporadique de leurs activités produit peu d’impacts sur la qualité du réseau routier et sur la qualité du milieu de vie relativement aux nuisances causées par l'extraction et par l’achalandage des camions lourds.

 

Quant aux carrières, celles-ci se font sur de plus petites échelles que les grandes sablières. Leur impact peut être important au niveau de certains territoires d’intérêts, particulièrement au niveau de la faune, de la récréation et de la villégiature. Généralement, l'utilisation du réseau routier local demeure restreinte jusqu'à maintenant, tant à cause de leur localisation près des routes de classe supérieure, qu'à cause du faible camionnage qu'elles génèrent.

 

 

 


3.1.3    Caractérisation du dynamisme des activités d'exploitation des ressources minérales

 

a)         Le dynamisme des entreprises d'exploitation

 

Sur la base des impacts qu'elles engendrent et qui viennent d'être décrits, les entreprises qui prélèvent des ressources minérales en Matawinie se distinguent en deux (2) catégories, soit les petites et les grandes entreprises.

 

La première catégorie regroupe des entreprises d’excavation qui détiennent de petites sablières où les prélèvements se font de façon sporadique. Profitant le plus souvent des occasions qui se présentent dans leur municipalité ou dans leur environnement proche, les agrégats servent principalement au développement et à la construction locale et, à l'occasion, sur des projets de réfection du système routier local ou régional sur lesquels les petites entreprises soumissionnent. Il existe plusieurs petites entreprises de ce genre, mais le nombre et la localisation de ces dernières restent à déterminer.

 

La deuxième catégorie est plutôt constituée de plus grandes entreprises qui commercialisent leurs gisements pour répondre, la plupart du temps, aux fortes demandes provenant des grands travaux effectués dans le Sud du Québec, comme à Montréal, ou dans les états de la Nouvelle-Angleterre où les agrégats sont de faible qualité. Ces sablières sont beaucoup plus grandes en superficie et une même entreprise en possède plusieurs. L'impact de leurs activités est, par conséquent, plus grand tant sur les milieux naturels que sur la qualité de la vie en général. Le tableau 24 identifie quatre (4) exploitations faisant partie du second groupe en Matawinie, de même que trois (3) entreprises oeuvrant dans l'exploitation de carrières, soit pour le granite à Notre-Dame-de-la-Merci et à Saint-Zénon, soit pour la silice à Saint-Donat.

 

Au-delà de leur classification en deux (2) catégories, il demeure difficile, pour l'instant, d'établir un constat valable sur l'évolution et la dynamique des entreprises exploitant les ressources minérales, car peu de données ayant trait à leurs opérations sont accessibles. Tout comme la foresterie et certaines formes d'agriculture, l'exploitation des ressources minérales fait l'objet de fortes résistances de la part du milieu, d'autant plus qu'aucun espace ne leur est spécifiquement réservé. On peut se demander si cette situation pouvait, d'ailleurs, avoir pour conséquence de rendre prohibitif l'accessibilité à cette ressource, même pour l'édification du milieu local.

 

b)         L'évolution dans la valorisation des ressources minérales

 

Dans le contexte de la Matawinie, les ressources minérales, telles les agrégats et l'eau souterraine, représentent des valeurs de plus en plus convoitées au fur et à mesure que s’améliore la qualité du réseau routier et les moyens de transport. Par ailleurs, peu de valeurs se sont ajoutées aux ressources minérales exploitées, les activités se limitant à l'extraction et au transport. Il s'agit là d'un domaine qui mérite que certaines investigations soient faites en ce sens.

 


c)         Positionnement des entreprises dans le contexte de la grande région de Montréal

 

Sur la seule observation que les agrégats situés en bordure du bouclier dans la grande région de Montréal, occupent une position stratégique, on peut avancer que leur extraction représentera pour longtemps encore une activité importante et lucrative. Il en existe ailleurs de qualité comparable, mais il faut s'éloigner davantage, de telle sorte que les ressources minérales situées en territoires municipalisés bénéficieront pour longtemps encore de leur excellent positionnement.

 

À l'échelle de la Matawinie, il est difficile de parler d'une polarisation marquée. Cette activité semble, néanmoins, davantage présente dans les municipalités de Rawdon, Chertsey et Notre-Dame-de-la-Merci sur la route 125, Saint-Alphonse-Rodriguez sur la route 343, de même que Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha et Sainte-Émélie-de-l’Énergie sur la route 131.

 

 

 

3.1.4    Perspectives de la valorisation des ressources minérales

 

 

3.1.4.1      Les perspectives d'aménagement

 

a)         À l'échelle des grandes affectations du territoire

 

À grande échelle, les activités extractives apparaissent comme une source de nuisance pour plusieurs territoires d'affectation. L'existence du règlement sur l'exploitation des carrières et sablières a pour effet que les règlements des municipalités locales, ayant pour but de régir plus sévèrement cette activité, sont inopérants. Comme il est possible, par contre, d'interdire cette activité sur certaines parties d'un territoire, il conviendrait de contrer l'ouverture de nouveaux sites à l'intérieur des affectations ou cette activité est particulièrement déstructurante, soit au niveau des périmètres d'urbanisation et des aires pouvant être vouées à la villégiature, au récréotourisme et à l'exploitation de la faune. Cette interdiction pourrait être levée à partir du moment où des mesures adéquates garantissent un suivi très rigoureux des activités d'exploitation via des modifications faites au règlement du ministère de l'Environnement sur les carrières et sablières ou via une modification autorisant la MRC et les municipalités locales à le faire.

 

b)         À l'échelle du zonage

 

En terme de gestion des ressources, les ressources minérales, à l’exception de l’eau, constituent des ressources non-renouvelables. Ces ressources sont aussi devenues, dans bien des cas, inaccessibles à cause d’un développement résidentiel trop rapide et mal dirigé. Les meilleurs sites devraient faire l'objet de mesures de protection en vue d'assurer leur accessibilité. En terme d'échelle, c'est au niveau du zonage que de telles mesures devraient s'appliquer.

 

Sur le plan de l'accessibilité, la situation des grands aquifères est comparable sur plusieurs points à celle des carrières et sablières, de telle sorte que le zonage constitue un moyen efficace de protéger cette ressource. À un autre niveau, pour la plupart des prises d’eau actuelles, les périmètres de protection sont nettement insuffisants, tout comme les normes s’y appliquant d’ailleurs. Le nouveau guide préparé par le ministère de l’Environnement à ce sujet arrive donc à point. Il conviendrait de s'en inspirer pour assurer une protection adéquate à ces importants équipements.

 

Quant à la protection des divers indices minéraux mis en évidence à la section 3.1.3.1 sur la répartition des ressources minérales, la taille des gîtes reconnus ne semble pas justifier de mesures particulières en terme de protection à cause de leur taille réduite. Plus spécifiquement, deux (2) sites localisés en bordure de la route 125 se définissent comme à indices plus élevés, soit la carrière de silice de Saint-Donat (qui constitue d’ailleurs un aquifère de qualité exceptionnelle) et le gîte de Nickel-Cuivre (Ni Cu-2) situé à Notre-Dame-de-la-Merci dans le secteur de la porte d’Entrelacs à la Forêt Ouareau. Ces deux (2) sites qui sont classés de catégorie grande et moyenne, se localisent dans des secteurs stratégiques en terme de développement récréotouristique. Ici encore, des amendements à la Loi sur les mines devraient être faits pour soit empêcher les nouvelles exploitations, soit assujettir les exploitations existantes.

 

 

3.1.4.2      Les perspectives de développement

 

En général, les moyens de planification mis à la disposition du milieu municipal peuvent être utilisés pour assurer l'accessibilité aux ressources minérales. En contrepartie, il n'existe pas de mesures financières permettant aux municipalités locales de recevoir des compensations pour les inconvénients environnementaux et pour les bris de la chaussée par la circulation locale du camionnage lourd, particulièrement dans le cas d'entreprises exportatrices par rapport au territoire de la MRC, mais aussi lors d'importants travaux effectués sur le réseau routier régional. De telles mesures permettraient d'assurer une meilleure équité entre les municipalités de la MRC et les autres régions du Québec.

 

 

 


3.2     L’AGRICULTURE

 

 

 

3.2.1    La territorialité de l'agriculture

 

Dans la recherche d'un développement durable et d'une gestion intégrée des ressources, il importe, du moins dans le contexte de la Matawinie, de bien apprécier la concordance entre les territoires d’intérêts agricoles ou agroforestiers et l'occupation agricole. Cette appréciation du positionnement actuel va nous permettre de donner une direction rationnelle et optimale à l'exercice de planification que commande la révision du schéma d'aménagement.

 

Le domaine agricole matawinien est donc défini à partir de la caractérisation des territoires d’intérêts, telle qu'élaborée à la section précédente, et comprend, sur cette base, cinq (5) territoires d’intérêts agricoles et sept (7) territoires d’intérêts agroforestiers (voir tableau 25). Ces territoires sont présentés, ici, sur le plan morphoclimatique (géomorphologique, pédologie et climat) et sur celui de leur occupation (zonage agricole, activité agricole et fonctions autres qu'agricoles).

 

Pris dans son ensemble, le territoire matawinien offre peu de possibilités pour l’agriculture, les principales restrictions étant d’ordre climatique (saison végétative trop courte), pédologique (sols trop légers ou rocailleux) et topographique (terrain trop accidenté). Aussi, les terrains recevant annuellement plus de 2 000 U.T. (unité thermique) se situent aux altitudes les plus basses (moins de 230 mètres) du territoire matawinien et se limitent aux deux (2) unités physiographiques situées les plus au Sud, soit le plateau inférieur de Lanaudière et les Piedmonts. Par ailleurs, dans l'optique d'une valorisation optimale de la mosaïque matawinienne, ces terrains, de même que d'autres situés plus au Nord, jouent un rôle tout à fait stratégique dans l'enracinement rural et la recherche d'un développement intégré et durable pour plus de la moitié de nos collectivités locales.

 

 

3.2.1.1      Les territoires d’intérêts agricoles

 

Tels que définis à la section sur la caractérisation des territoires et secteurs d’intérêts, cinq (5) territoires d’intérêts agricoles ont été reconnus au sein des municipalités matawiniennes, ceux-ci étant constitués à partir d'une couverture dominante de secteurs d’intérêts agricoles de type A (bons sols agricoles se classant de 1 à 3 et pouvant contenir une portion mineure de sols de classe 4 selon ARDA).

 

a)         Basses et Moyennes Laurentides

 

Deux (2) de ces territoires d’intérêts recouvrent le plateau inférieur de Lanaudière et se situent à des altitudes inférieures à 170 mètres, soit les terrasses du Piedmont à Rawdon et Sainte-Marcelline-de-Kildare et les terrasses de la Bayonne à Saint-Félix-de-Valois. Ces deux (2) premiers espaces sont nettement favorisés par la valeur des sols, classés principalement 2 et 3 selon ARDA, par la continuité soutenue des terrains agricoles, par des températures plus chaudes et, enfin, par un nombre d'unités thermiques supérieur à 2 200.

 

Il existe à Saint-Damien, un troisième espace faisant aussi partie du plateau inférieur et bénéficiant des mêmes conditions de terrain, c'est le bassin du lac Maskinongé. Les conditions climatiques à peine plus sévères se caractérisent avec un nombre d'unités thermiques de l'ordre de 2 000. Le quatrième espace, nommé le bassin Mathalois, est situé immédiatement à l'Ouest et couvre une partie des municipalités de Saint-Jean-de-Matha et de Sainte-Béatrix. Il offre des conditions climatiques analogues au bassin de Maskinongé, mais se distingue par ses sols complexes dominés par les textures sablonneuses. Les terrasses, qui s'élèvent à des altitudes comprises entre 150 et 230 mètres, ont été façonnées à des degrés divers par l'occupation de la mer de Champlain (principalement la phase estuarienne) et porte les signes de son extension maximale se situant autour de l'altitude de 235 mètres.

 

b)         Hautes Laurentides, plateau du Mastigou et Hautes Terres Centrales

 

Le cinquième territoire d'intérêt agricole occupe la coulée des Nymphes à Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints. Il correspond à la portion inférieure du bassin des rivières du Sauvage et du Pin Rouge, dont les terrasses s'élèvent entre 380 et 430 mètres d'altitude. Les sols dominés par les sables limoneux offrent des potentiels se situant entre 3 et 5, selon ARDA, et plusieurs zones humides, sinon le ravinement et les ondulations de terrain, introduisent des discontinuités par endroits. Les conditions de terrain se comparent donc jusqu'à un certain point au bassin mathalois, tandis que la contrainte climatique impose des limites encore plus sévères à l'agriculture. Ce bassin fut occupé autrefois par le lac proglaciaire de Mantawa, dont le niveau d'eau se stabilisa temporairement autour des altitudes comprises entre 405 et 420 mètres.

 

 

3.2.1.2      Les territoires d’intérêts agroforestiers

 

Sept (7) territoires d’intérêts agroforestiers ont été définis pour les municipalités de la Matawinie. Ceux-ci sont constitués d'une minorité de secteurs d’intérêts agricoles et de secteurs agroforestiers, les deux (2) réunis constituant plus de 50 % du territoire d'intérêt. Comme les secteurs d’intérêts agroforestiers sont constitués de sols à potentiel agricole de classe 4, 5 et 6, on retrouve de grands écarts à l'intérieur d'un même territoire sur cette base. Il faut, par ailleurs souligner que les sols classés 4 et 5 en terme de potentiel agricole correspondent en général aux meilleurs sols forestiers, soit ceux de classe 1, 2 et 3, de là leur double valeur et leur double vocation.

 

a)         Basses et Moyennes Laurentides

 

Le territoire d'intérêt agroforestier de la l'Assomption s'étend à Saint-Félix-de-Valois au Sud du Piedmont et, plus précisément sur une bande de terre dominant la l'Assomption du côté Est, soit en direction de la route 131. Au Nord du village, cette bande s'étend même à l'Est de la route 131. Elle recouvre ainsi l'ensemble de sols de classe 4 et 5 en terme de valeur agricole, selon ARDA, et de classe 2 et 3 en valeur forestière. Ce territoire, le plus bas en altitude avec des élévations comprises entre 160 et 190 mètres, correspond au compartiment Est de l'ancien delta de la rivière l'Assomption et bénéficie des meilleures conditions climatiques avec un nombre d'unités thermiques de plus de 2 200.

 

Les Piedmonts comprennent trois (3) territoires d’intérêts agroforestiers, soit celui des Cascades à Rawdon, celui de la Rouge et Blanche couvrant une partie des municipalités de Rawdon, Saint-Alphonse-Rodriguez et de Sainte-Béatrix et, enfin, celui du Grand Corridor présent dans les municipalités de Sainte-Émélie-de-l’Énergie et de Saint-Damien.

 

Le territoire des Cascades, entièrement localisé à Rawdon, s'étend au Sud du lac Pontbriand et de l'agglomération de Rawdon. Les bons sols agricoles (classe 3 à 5) sont localisés au fond des vallées dans l'axe de la route 125 et entre 150 et 210 mètres d'altitude, alors que les bons terrains forestiers (classe 3 à 5) entourent les hauteurs du mont Joyal, celui-ci s'élevant à 300 mètres d'altitude. Le territoire de la Rouge et Blanche présente un fascié identique à celui des Cascades en terme de sol et d'étagement altitudinal des formations meubles, les secteurs de la rivière Rouge, du ruisseau Dupuis et du rang des Sables correspondant aux enclaves les plus fertiles. Ces deux (2) territoires d’intérêts bénéficient de conditions climatiques avantageuses avec des unités thermiques égales ou supérieures à 2 000.

 

Le territoire agroforestier du Grand Corridor s'étire d'Est en Ouest entre les municipalités de Sainte-Émélie-de-l’Énergie et de Saint-Damien. Le fond de la vallée du Grand Corridor regroupe des sols de classe agricole 4 à 5, selon ARDA, les meilleurs éléments se localisant dans la partie basse et plane du bassin du lac Noir. Les pentes moyenne (15 à 30 %) peuvent couvrir de grandes superficies, comme dans le Grand Rang (route 347) à l'Ouest du village de Sainte-Émélie-de-l’Énergie et dans le rang de la Seigneurie. Aussi, la proximité des Hautes Laurentides rend ce secteur plus vulnérable aux risques de gel tardif, le nombre d'unités thermiques descendant sous la barre des 2 000.

 

b)         Hautes Laurentides, plateau du Mastigou et Hautes Terres Centrales

 

Il existe trois (3) autres territoires d’intérêts agroforestiers, tous localisés à Saint-Michel-des-Saints, soit ceux de la Mattawin Ouest, des Aulnaies et de Saint-Ignace. Sur les deux (2) premiers, on y retrouve des sols agricoles de classe 4 et 5, selon ARDA, localisés en fond de vallée, ceux-ci pouvant constituer des enclaves au milieu de terrains modérément accidentés ou de terres humides. L'altitude des terres y est légèrement plus basse sur ces territoires avec des valeurs variant entre 360 et 450 mètres. Le territoire de Saint-Ignace présente une plus grande continuité des terrains agricoles, mais le relief local manifeste plus d'amplitude avec des basses collines culminant à 490 mètres. Par ailleurs, pour ces trois (3) territoires, les contraintes climatiques demeurent plus sévères que celles observées sur ceux situés plus au Sud. L'ensoleillement y serait par contre plus élevé autour de Saint-Michel-des-Saints.

 

 

3.2.1.3      La concordance entre la zone agricole permanente et les territoires d’intérêts agricoles et agroforestiers

 

Considérant les cinq (5) territoires d’intérêts agricoles de la Matawinie, la zone agricole permanente recouvre presque intégralement les trois (3) territoires les plus fertiles, soit ceux de la rivière Blanche, de la rivière Bayonne et du bassin du lac Maskinongé. La continuité que l'on observe au niveau du terrain agricole se confirme, d'ailleurs, très bien à travers la continuité de la zone agricole elle-même.

 

À la hauteur des Piedmonts de Lanaudière, soit pour le bassin Mathalois, la zone agricole couvre la majorité des meilleurs sols, mais on y observe néanmoins des enclaves non-zonées. Ces discontinuités reflètent la morphologie complexe de ce territoire d’intérêt comprenant plusieurs hauts-reliefs, mais s'expliquent aussi par la présence d'importants développements, particulièrement dans l'axe de la routes 131 et du chemin Sainte-Béatrix. Le bassin de la rivière du Sauvage à Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints présente la situation inverse, en ce sens, que quelques lots seulement ont été zonés agricoles.

 

En ce qui concerne les sept (7) territoires d’intérêts agroforestiers, on observe une discontinuité du territoire zoné, sinon, l'absence de zonage agricole. Ainsi, sur les plateaux inférieurs de Lanaudière, soit à Saint-Félix-de-Valois, la partie du territoire agroforestier de la l'Assomption, située au Nord du périmètre d'urbanisation, est zonée agricole. Ce bloc agroforestier relativement homogène supporte une forte occupation d'agriculture sans sol.

 

Sur les trois (3) territoires d’intérêts situés sur les Piedmonts, un seul, soit celui des Cascades (axe de la route 125 à Rawdon), n'est pas touché par le zonage agricole, bien qu'il existe un zonage municipal le couvrant partiellement. Au niveau du territoire de la Rouge et Blanche, les secteurs d’intérêts agricoles les plus importants, soit ceux du chemin Morgan, de la route 337 et de la route 343, sont couverts presque intégralement. Il y manque tout de même les secteurs des quatre H et de l'avenue des Sables à Saint-Alphonse-Rodriguez et celui du dixième rang à Sainte-Marcelline-de-Kildare qui n'est que partiellement couvert. Au niveau du territoire du Grand Corridor, on observe trois (3) fenêtres vertes, soit celles du Grand Rang et du promontoire de la Seigneurie à Sainte-Émélie-de-l’Énergie et celle du bassin du lac Noir à Saint-Damien. Une superficie relativement importante des secteurs d’intérêts agroforestiers présents sur ce territoire n’est donc pas couverte par la zone agricole permanente.

 

Plus au Nord, soit dans l'axe de la rivière Mattawin à Saint-Michel-des-Saints où existent trois territoires d’intérêts agroforestiers, seul celui du rang des Aulnaies possède une toute petite fenêtre zonée agricole.

 

 

3.2.1.4      L'évolution de la zone agricole permanente

 

a)         Une zone agricole qui s'est accrue quelque peu

 

Comme on l'aura constaté, dans l'ensemble, l’espace agricole recouvre l'essentiel des secteurs à fort potentiel agricole et agroforestier. Depuis le deuxième décret de 1981 qui venait inclure les espaces agricoles des Piedmonts, un troisième est survenu en 1988 ayant pour effet de réduire la superficie de la zone agricole permanente de 22 hectares.

 

Ø     Superficie totale de la MRC (territoire municipalisé)     317 496 hectares

Ø     Superficie totale de la zone agricole avant la révision    20 907 hectares

Ø     Exclusion demandée par la MRC                                    94 hectares

Ø     Exclusion acceptée par la CPTAQ                                  65 hectares

Ø     Exclusion additionnelle proposée par la CPTAQ           0 hectare

Ø     Superficie de la zone agricole révisée                              20 842 hectares

Ø     Superficie des fermes en 1986                                         17 668 hectares

 

Suite au décret de la zone agricole permanente en 1988, 22 hectares ont été exclus parce qu'ils étaient dans des milieux déstructurés et les 43 hectares résiduels l'ont été pour répondre à des besoins anticipés de développement. Depuis ce décret, la superficie des territoires zonés agricoles s'est accrue. Plus globalement, les 579 demandes ponctuelles de zonage, de dézonage, d’utilisation autre qu’agricole, d’aliénation, de lotissement, de coupe d’érables, d’enlèvement de sol arable et d’extractions adressées à la CPTAQ, entre 1978 et 1993, ont fait passer de 20 842 à 21 671 hectares la superficie zonée agricole; ce qui correspond à une augmentation de 4 % de la zone agricole permanente. Pour la même période, le nombre d'hectares effectivement utilisés à des fins agricoles a diminué de 23 %. Ainsi, pendant que près du quart des terres de la MRC ne servent plus à des fins agricoles, la CPTA augmente la superficie de la zone agricole de 4 %. Les dernières inclusions à la zone agricole permanente survenues depuis 1988 se sont faites à Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints, de même qu'à Sainte-Béatrix et Sainte-Marcelline-de-Kildare.

 

b)         Alors que les superficies mises en culture ont diminué jusqu'à tout récemment

 

La figure 20 permet de voir les municipalités touchées par le zonage agricole. Quant au
tableau 26, il indique les superficies « zonées vertes » par la CPTA et les superficies exploitées à des fins agricoles par municipalité. En tout, 6,7 % du territoire municipalisé de la MRC est zoné agricole et 4,7 % est exploité à cette fin. En considérant l'ensemble du territoire de la MRC de Matawinie, soit en incluant les territoires non-organisés, ces pourcentages sont inférieurs à 2 %. En ce qui concerne les municipalités mentionnées dans le tableau précédent, aucune ne possède une superficie agricole exploitée plus grande que celle déterminée par la Commission. De plus, une partie de la zone verte n'est pas utilisée à des fins agricoles. D'autre part, la plupart des municipalités n'ayant pas de zone agricole au sens de la Loi sur la protection du territoire agricole, ont tout de même quelques utilisations agricoles sur leur territoire.

 

c)         Problématiques reliées aux règles d'inclusion

 

Préserver les terres offrant de bons potentiels agricoles est un objectif auquel nous ne pouvons que souscrire. Deux (2) inclusions récentes en particulier soulèvent des enjeux spécifiques, soit une à Sainte-Béatrix en bordure du rang Sainte-Agathe, incluant un secteur montagneux, et une autre d'une superficie d'environ 2 hectares à Saint-Félix-de-Valois en bordure du chemin Saint-Martin. Créer une zone agricole sur un territoire d'un demi-hectare détaché de tout ne sert les objectifs d'aucune planification sérieuse. Une telle décision permet d'octroyer à un exploitant agricole la possibilité d'obtenir les avantages financiers liés au fait que le territoire est zoné agricole. Quant au territoire ainsi zoné, il devient une enclave agricole dénuée de sens. Pour ces raisons, les avantages financiers liés à l'agriculture ne devraient pas être strictement dépendants du zonage agricole.

 

Dans l'avenir, il est clair que les discussions entourant les demandes relatives à la zone agricole seront traitées différemment. Les outils de connaissance mis au point par le service d'aménagement de la MRC, de même que la mise sur pied du comité consultatif agricole en 1997, permettent de poser le problème de façon plus globale.

 

 

3.2.1.5      La zone agricole permanente et la délimitation des secteurs dynamiques et viables

 

Les diverses analyses réalisées dans le cadre de la révision du schéma d’aménagement et de la production des règlements de contrôle intérimaire ont permis de comprendre que l’exercice de la distinction entre deux (2) catégories d’espace agricoles, soit les secteurs viables et les secteurs non viables, rencontrait des difficultés d’application. Il existe, effectivement, de petits secteurs au sein de la zone agricole qui sont moins dynamiques, comme sur le rang des Forges à Saint-Félix-de-Valois, sur le plateau de la Feuille d’Érable dans la municipalité de Sainte-Béatrix et sur le plateau de Belle Montagne à Saint-Jean-de-Matha. Les quelques fenêtres zonées agricoles à Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints en font aussi partie.

 

L’insertion de ces fragments au sein d’affectations soit agrotouristiques, soit forestières et agricoles, permettrait d’offrir à ceux-ci un encadrement adéquat. Ceux situés à l’intérieur des municipalités de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints se heurtent à une mise en valeur encore plus difficile du fait qu’il n’existe pas de collectivité d’agriculteurs vivant en tout premier lieu de l’agriculture et offrant un contexte favorable au développement normal de l’agriculture.

 

 

3.2.1.6      L'activité agricole à l'extérieur de la zone agricole permanente

 

En Matawinie, contrairement à la plupart des régions, on constate que l'agriculture est pratiquée en maints endroits à l'extérieur de la zone agricole permanente. Généralement, il s'agit de pâturages ou d'activités liées à la production de fourrages et, dans certains cas, de céréales, ces espaces constituant des enclaves agroforestières. Ces cultures supportent des productions animales pouvant se trouver tant en zone agricole qu'à l'extérieur de celle-ci. Ces activités sont toutes localisées dans des secteurs ayant été identifiés comme à potentiel agricole ou agroforestier et couvrent des superficies variant entre 5 et 100 hectares. Dans certains cas, l’inclusion de ces entreprises à la zone agricole permanente pourrait constituer une solution avantageuse. La liste de ces lieux est présentée au tableau 27.

 

La présence de nouvelles entreprises acéricoles sur les terres du domaine public dans les municipalités de Notre-Dame-de-la-Merci et Saint-Donat, soulève aussi la question de l’opportunité de créer une zone agricole permanente autour de ces entités. Il peut y avoir opportunité dans la mesure où l’on fait prévaloir un cadre général d’occupation du territoire de type récréotouristique et non pas agricole, tel qu’on peut l’établir via les grandes affectations du territoire. Reste à voir l’intérêt qu’une telle démarche pourrait soulever du côté du ministère de l’Agriculture du Québec.

 

 

 

3.2.2    La présence de valeurs autres qu’agricoles

 

 

3.2.2.1      La zone agricole permanente et les terrains autres qu'agricoles

 

Comme on a pu le constater, l'analyse de la concordance révèle que la zone agricole permanente ne couvre pas plusieurs secteurs d’intérêts naturels offrant un potentiel agricole intéressant, et ce, pour diverses raisons qui demanderont d'être définies si on entend réserver ces espaces à l'agriculture. Dans l'optique d'une valorisation optimale de nos territoires d’intérêts, il existe d'autres situations paradoxales où les valeurs agricoles et autres qu'agricoles se côtoient; voici une brève présentation de ces espaces.

 

a)         Les territoires représentant un intérêt agrotouristique

 

Les Piedmonts de Lanaudière, que ce soit en Matawinie ou dans la partie Nord des MRC de Joliette et d'Autray, offrent des paysages d'une rare beauté, et ce, précisément à cause de l'agriculture. Il arrive, par ailleurs, que l'eau ou la montagne contribue aussi spécifiquement à la valeur récréative. Le territoire des Champs-Vallons est le plus éloquent à cause de la présence des ravins et des multiples terrasses en culture, des chutes sur la l'Assomption et, bien sûr, à cause des massifs montagneux dominant le paysage de part et d'autre de cette même gorge. Bien que la valeur récréative surpasse la valeur agricole sur ce territoire, il n'en demeure pas moins qu'encourager la disparition de l'agriculture dans les talus de la l'Assomption serait un désastre sur le plan du patrimoine paysager. Et il faut cependant le dire, cela a déjà commencé à se faire.

 

Sept (7) autres secteurs présentent un intérêt moins éloquent, mais fort valable. C'est le cas du promontoire de la Seigneurie bordant le bassin du lac Noir entre les municipalités de Sainte-Émélie-de-l’Énergie et de Saint-Jean-de-Matha, du périmètre du mont Saint-Louis à Saint-Jean de Matha et Sainte-Béatrix, de la vallée du ruisseau Dupuis à l'approche des Piedmonts à Rawdon, de la rivière Blanche et du village de Sainte-Marcelline-de-Kildare avec sa position en belvédère et, enfin, des montagnes du Piedmont à la hauteur de la petite rivière Berthier entre Saint-Jean-de-Matha et Saint-Cléophas. Les rives de la l'Assomption et de la Noire au niveau du bassin mathalois constituent aussi des opportunités intéressantes pour la villégiature ou l'implantation de corridors récréatifs.

 

b)         Les aires fauniques

 

Quatre (4) aires fauniques sont concernées par le domaine agricole. Il y a, tout d'abord, le ravage de chevreuils de Rawdon couvrant le Sud de cette municipalité dans le voisinage du périmètre d'urbanisation. Ce ravage se caractérise par des mouvements migratoires saisonniers leur permettant de fréquenter, durant l'été, les montagnes des Piedmonts dans l'axe du ruisseau Dupuis et la terrasse résineuse de la plaine à l'Est de la rivière Rouge durant l'hiver. La partie Est de ce ravage déborde donc, en partie, en zone agricole.

 

On trouve également trois (3) aires propices à la sauvagine dans les municipalités du Nord, soit deux (2) dans le bassin de la rivière du Sauvage (rang Sainte-Louise à Saint-Zénon et secteur du Kaïagamac à Saint-Michel-des-Saints) et la plaine inondable de la Mattawin sur le chemin des Cyprès (Saint-Michel-des-Saints et secteur de Saint-Guillaume, TNO). La zone agricole permanente touche à peine à l'aire faunique du rang Sainte-Louise à Saint-Zénon. Les craintes relativement à la conservation de ces habitats proviennent davantage des travaux de remblais pouvant être effectués autour des habitations que de l'activité agricole elle-même, car ces aires sont non-cultivables.

 

c)         Les ressources minérales

 

Il s'agit d'un aspect qui revêt une importance toute particulière par rapport à d'autres régions du fait que les Piedmonts renferment des dépôts de sable et de gravier très convoités dans le contexte du développement de la grande région de Montréal et du Nord-Est des États-Unis. Les dépôts les plus importants sont reproduits sur la carte au 1 : 20 000 traitant de la qualité du milieu de vie et de la sécurité publique, accompagnant le PSAR 2. Le territoire agroforestier de la l'Assomption à Saint-Félix-de-Valois a déjà fait l'objet d'une exploitation intensive. Les territoires agroforestiers des municipalités de Rawdon, Saint-Alphonse-Rodriguez, Sainte-Béatrix, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Damien ont aussi été affectés, mais à des degrés moindres. Généralement, cela a pour conséquence une perte nette de superficie en production agricole ou forestière, car les exigences réglementaires actuelles et les mesures de contrôle ne donnent pas les résultats escomptés. De nombreuses excavations ont aussi été pratiquées alors que ces règlements n'étaient pas en vigueur.

 

Les meilleurs aquifères, soit ceux associés aux nappes de sable et de gravier enfouies, constituent les meilleurs potentiels pour l'eau souterraine. Les territoires d’intérêts agroforestiers et certains secteurs d’intérêts forestiers sont donc, encore une fois, ceux qui offrent les meilleures possibilités comme source d'approvisionnement en eau potable. Le prochain Schéma d'aménagement identifiera ces aquifères sur la carte au 1 : 20 000 et tout comme pour les agrégats, des mesures de cohabitation pourront être envisagées s'il y a lieu.

 

Les prises d'eau potable devront aussi faire l'objet d'une attention particulière. Les prises d'eau à caractère public seront identifiées au schéma d'aménagement, mais les prises d'eau pour les résidences isolées ne le seront pas. Pour ces dernières, leur localisation devrait être établie par l'inspecteur municipal dans le cadre de l'émission de nouveaux permis de construction, d'agrandissement ou de changement d'usage.

 

d)        Le patrimoine bâti

 

Le milieu agricole a beaucoup contribué à l'édification du patrimoine bâti de la Matawinie. Le macro-inventaire des biens culturels des années 1980 identifie les constructions et les paysages pouvant constituer ce patrimoine et plusieurs chemins de rang de la MRC en font partie. Les municipalités de Rawdon (rang Kildare), Sainte-Marcelline-de-Kildare (rang Pied de la Montagne), de Saint-Jean-de-Matha, Saint-Félix-de-Valois et Saint-Damien sont les mieux pourvues à ce niveau. On trouvera la liste de ces chemins dans la section traitant du patrimoine.

 

Dans certaines municipalités, comme à Saint-Jean-de-Matha, beaucoup de vieilles maisons ont été rénovées de façon fort appropriée. Mais il ne semble pas que de telles rénovations aient été entreprises par des agriculteurs. Par ailleurs, les besoins d'expansion des entreprises agricoles génèrent des transformations qui peuvent altérer irrémédiablement un bâtiment ou un groupe de bâtiments de qualité.

À un autre niveau, il existe encore aujourd'hui, en milieu agricole, des anciens moulins, sinon d'anciens ouvrages d'eau générant le pouvoir hydraulique. Trois (3) de ces secteurs se retrouvent à Saint-Félix-de-Valois, soit celui des moulins Coutu, celui du moulin Beausoleil et un dernier sur la Berthier à la hauteur du Troisième Rang. Il convient de se demander quelle serait la meilleure façon de valoriser ce patrimoine bâti en orientant nos choix dans le contexte plus large d'une valorisation globale de l'espace agricole.

 

e)         Les territoires représentant un intérêt pour des valeurs forestières

 

On observe en Matawinie et plus fréquemment dans les Piedmonts, des blocs montagneux (secteurs d’intérêts de type FM, MF et M) faisant partie de la zone agricole permanente, particulièrement dans les municipalités de Rawdon, Sainte-Marcelline-de-Kildare, Sainte-Béatrix, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Damien. Il s'agit de blocs dont la superficie dépasse largement le kilomètre carré et offrant des valeurs essentiellement forestières. Certaines de ces inclusions permettent de relier deux (2) espaces représentant un intérêt réel pour l'agriculture, comme à Rawdon à l'Est du ruisseau Dupuis à l'approche du Piedmont ou, encore, entre les municipalités de Saint-Jean-de-Matha et de Saint-Cléophas.

 

D'autres blocs, par contre, ne se rattachent à rien ou à si peu, comme dans le secteur du rang de la rivière Blanche à Saint-Jean-de-Matha ou à Sainte-Béatrix à mi-hauteur du chemin du rang Sainte-Agathe. Dans l'optique d'une stratégie d'aménagement axée sur la gestion intégrée des ressources et le développement durable, on doit se demander si ces inclusions représentent la meilleure opportunité, en ce sens, que l'avènement d'un zonage forestier à l'échelle régionale va permettre d'envisager d'autres choix.

 

 

3.2.2.2      Les fonctions autres qu'agricoles en zone agricole permanente

 

Du fait que la Matawinie couvre la zone de transition entre l'immense territoire agricole des Basses Terres du Saint-Laurent et les territoires récréatifs et forestiers des Laurentides, on a pris soin de souligner la complexité et la diversité des situations relevant d'un intérêt autre que l'agriculture et faisant partie du domaine agricole Matawinien. Ces valeurs se traduiront éventuellement en sous-affectations permettant d'optimiser le développement de ces espaces.

 

Il arrive, par ailleurs, qu'en zone agricole, des terres fertiles soient occupées par des fonctions autre qu'agricoles. Dans ces cas-là, les valeurs autres que l'agriculture ne le justifient pas, ce qui, a priori, va à l'encontre de la concordance recherchée jusqu'à maintenant. Il peut arriver que ces situations soient rattachées à des composantes organisationnelles, comme le réseau routier régional ou les périmètres d'urbanisation. Voici un bref survol sur le positionnement de chacun des grands groupes de fonction, soit le résidentiel, le commercial et l'industriel.

 

a)         La fonction résidentielle

 

Lorsqu'on analyse la répartition des hameaux résidentiels à l'intérieur des territoires d’intérêts agricoles ou agroforestiers situés dans les Piedmonts, on constate que ceux-ci se retrouvent en nombre beaucoup plus considérable en territoire agroforestier. Même que ceux existant en milieu agricole sont localisés dans les secteurs agroforestiers, comme sur le Piedmont qui offre des vues imprenables sur les Basses Terres ou comme dans les collines entourant le village de Sainte-Béatrix et bordant le bassin mathalois. Cette observation présente un certain intérêt, car peu ou pas de nouveaux développements ont été initiés depuis 1980, même à l'extérieur de la zone agricole. Elle met aussi la table à une nouvelle perception de la fonction résidentielle dans ces espaces qui ne commande pas automatiquement la notion de déstructuration, mais plutôt celle de valorisation et de complémentarité.

 

Dans les Hautes Laurentides ou plus au Nord, les hameaux non-associés à des lacs font tout simplement exception et il en va pratiquement de même dans les territoires d’intérêts agricoles ou agroforestiers de la Mantawa.

 

b)         Les fonctions commerciales et industrielles

 

Ces deux (2) fonctions sont regroupées car leur positionnement est fortement tributaire du réseau routier supérieur. Ce n'est pas un hasard si la majorité des fonctions commerciales plus lourdes de la Matawinie se retrouve à l'intérieur des périmètres d'urbanisation, sinon en bordure de ces derniers, et ce, près des routes principales. Les routes 125 et 131 en sont le plus bel exemple.

 

À un autre niveau, on observe plusieurs industries artisanales et commerces dits de quartier disséminés un peu partout sur le territoire, même en zone agricole. Dans l'optique d'une gestion intégrée des ressources et d'un développement durable, on conviendra que plusieurs insertions de ces fonctions en milieu agricole se seront avérées regrettables, d'autant plus qu'elles contribuent à la dévitalisation de nos espaces urbains et au vieillissement de notre système routier. Des choix devront donc être faits dans la recherche d'une plus grande spécificité et d'une meilleure complémentarité, et ce, en se référant à la valorisation de l'ensemble de nos composantes régionales. Une gestion bien ajustée des corridors routiers devrait permettre de limiter ces conflits potentiels tout en optimisant l'occupation de ces espaces complexes.

 

 

 

3.2.3    L’identification des îlots déstructurés

 

La caractérisation des îlots déstructurés est effectuée dans le cadre des modifications législatives apportées à la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (projet de loi 184) adoptées et sanctionnées le 21 juin 2001. Les orientations gouvernementales qui en découlent permettent aux MRC d’identifier des endroits dans la zone agricole qui ont subi un empiètement de noyaux urbanisés ou d’autres formes de déstructuration, telles l’ouverture de sablières.

 

Cette caractérisation peut aussi comprendre des valeurs autres bien délimitées dans l’espace et déjà occupées majoritairement par des usages non agricoles. La circonscription des îlots vise à assurer la durabilité des espaces agricoles situés au pourtour de ces îlots tout en permettant l’occupation des terrains vacants intercalés entre les lots subdivisés qui sont déjà occupés. De cette manière, on entend ainsi éviter la dispersion des usages non agricoles en zone agricole et les conflits qui en résultent. En plus de valoriser l’espace agricole à des fins agricoles, le présent exercice répond au besoin d’harmoniser les occupations autres qu’agricoles. Voici les critères utilisés pour leur identification et leur délimitation.

 

 

3.2.3.1      Les critères généraux

 

Pour réaliser le repérage des îlots, il est nécessaire de déterminer quelles sont les conditions ou plutôt, les caractéristiques définissant un tel type de milieu déstructurant. Chaque îlot est un cas particulier, mais afin de faciliter l’identification et l’uniformisation du traitement de ces espaces, il est convenu qu’un îlot rencontre les critères suivants :

Ø     Lorsque l’îlot est situé en totalité à l’intérieur de la zone agricole, il doit contenir au moins dix (10) terrains subdivisés et adjacents, qu’ils soient construits ou non;

Ø     Lorsqu’un hameau chevauche la limite de la zone agricole, on doit y retrouver au moins cinq (5) terrains subdivisés, qu’ils soient construits ou non.

 

Lorsqu’on observe plusieurs subdivisions en majeure partie vacantes et zonées agricoles, cela ne donne pas automatiquement lieu à la création d’un îlot. Les terrains déjà subdivisés et retenus pour former un îlot doivent constituer une surface cultivable de moins de 2 hectares. Il peut donc arriver que la superficie d’un terrain dépasse cette valeur dans la mesure où ce dépassement est justifié par des contraintes naturelles, telles des pentes supérieures à 30 %, dont les zones à risques de mouvements de terrain, des aires de sols minces et d’affleurements rocheux et des marécages ou des tourbières.

 

 

3.2.3.2      L’exercice de délimitation

 

La limite choisie ne doit pas s’étendre délibérément et ne doit pas non plus empêcher aveuglément l’occupation de certains terrains vacants pouvant faire partie de l’îlot. Dans certains cas, leur délimitation exclut intentionnellement certains grands terrains vacants ou résidentiels (ou certaines parties) afin de contrôler la subdivision de ces parcelles de terrain. Ce principe est appliqué afin d’empêcher la construction de rues ou la multiplication des voies d’accès directes au réseau routier supérieur résultant de la subdivision des terrains, ce qui affecterait la fluidité de la circulation.

 

La délimitation des îlots respecte donc certains principes logiques d’aménagement et commande une certaine rigueur. Voici quatre (4) règles de référence utilisées pour avoir une certaine uniformité d’un îlot à l’autre à l’occasion de la délimitation :

Ø     La délimitation de l’îlot ne doit pas, dans la mesure du possible, inclure un terrain vacant qui pourrait être éventuellement bâti et qui ajouterait une pression additionnelle sur une entreprise agricole existante;

Ø     La limite doit, autant que possible, se situer sur des composantes structurantes, telles que les limites de terrain, les chemins, les cours d’eau, les abrupts ou d’autres particularités physiques;

Ø     Sans toutefois mettre de la pression additionnelle sur les activités agricoles et en respectant les principes précédents, la délimitation des îlots doit aussi favoriser l’occupation des terrains vacants;

Ø     L’effet de grappe doit y être, ce qui signifie que les terrains déjà subdivisés forment un presque continuum.

 

 

3.2.3.3      La vocation pressentie

 

Les résultats d’analyse présentés nous amènent à identifier une vocation pressentie pour chacun de ces îlots. La reconnaissance de cette vocation conditionnera directement certains contenus, comme la liste des usages de chacun d’eux, de même que la densité d’occupation qu’on pourra y établir. Cette attribution est présentée au tableau 28. Comme on peut s’y attendre, la plupart d’entre eux (21) supportent une occupation essentiellement résidentielle.

 

Trois (3) autres situations particulières sont aussi rencontrées. En ce qui concerne la villégiature, il existe trois (3) îlots, soit le domaine Kildare à Rawdon, le domaine Saint-Laurent à Sainte-Béatrix et le domaine de la rivière Noire à Saint-Jean-de-Matha. Aussi, à Saint-Félix-de-Valois, il existe deux (2) îlots constitués par des terrains de camping auxquels on attribue une mission camping. Enfin, il existe trois (3) îlots à caractère industriel, soit celui du chemin Saint-Gabriel à Saint-Félix-de-Valois, celui du chemin de la rivière Rouge à Rawdon et celui du chemin du rang Saint-Pierre à Saint-Jean-de-Matha. Ajoutons à cela un autre îlot situé sur le pied de la Montagne à Sainte-Marcelline-de-Kildare et comprenant un bâtiment industriel.

 

 

 

3.2.4    Caractérisation du dynamisme de l’agriculture

 

 

3.2.4.1      Faits marquants de l’évolution de l'agriculture

 

a)         Le passage d'une agriculture de subsistance à une agriculture de marché via les changements technologiques

 

D'abord principal facteur de colonisation, l'agriculture a connu au cours des 60 dernières années des transformations profondes. Ces transformations s'expliquent par le passage d'une agriculture de subsistance à une agriculture de marché. Ce passage a pu s'effectuer en spécialisant les productions à l'échelle de chacune des entreprises, mais aussi par un développement tout aussi raffiné des moyens de mise en marché. Si bien que maintenant, une bonne part de l'activité agricole régionale est intégrée au contexte mondial, sinon continental.

 

b)         Le développement des technologies et des conditions de mise en marché

 

Le développement technologique, que ce soit au niveau des installations entourant les bâtiments de ferme, de la machinerie agricole ou des nouvelles méthodes de drainage et de gestion de sol, a modifié considérablement l'environnement de travail de l'agriculteur et posé de nouvelles exigences en ce qui a trait à la formation de la personne et aux compétences administratives. C'est d'ailleurs en réponse à cette problématique que le CÉGEP de Joliette s'impliquait dans la création d'un département d'agriculture au début des années 1980.

 

L'exposition à la concurrence, associée à l'internationalisation des marchés, a aussi forcé l'intégration de plusieurs entreprises pour des raisons de rentabilité, si bien que partout, le nombre de fermes a grandement chuté. Si un seul lot le moindrement fertile donnait accès, à l'époque, à une qualité de vie acceptable, aujourd'hui, c'est sur trois (3) lots, parfois cinq (5), voir même plus, que l'entreprise agricole assoit ses opérations. Ces changements ont eu pour effet de réduire considérablement les superficies en culture.

 

c)         Les répercussions de ces changements sur la dynamique de la ruralité matawinienne

 

Ces profonds changements que nous venons d'évoquer ont affecté tout l'Occident. Dans certaines régions du Québec, cela s'est traduit par un exode marqué de la population vers les villes du fait que la machine remplaçait l'homme et parallèlement à un développement tentaculaire des grandes villes au détriment des meilleures terres agricoles. C'est dans ce contexte qu'ont été adoptés à la fin des années 70, les projets législatifs ayant pour effet de protéger l'espace agricole.

 

Ici en Matawinie, à cause de la proximité relative de la région métropolitaine et aussi, à cause de l'attrait des lacs, des montagnes et des paysages agroforestiers, le phénomène de l'exode rural a été progressivement et en partie compensé par celui du retour à la campagne observé depuis le début des années 60. Que ce soit à travers la fonction résidentielle ou la villégiature, ce retour a été rendu possible grâce à l'accessibilité à l'automobile pour monsieur tout le monde et à l'amélioration des infrastructures routières.

 

 

3.2.4.2      Évolution des entreprises agricoles

 

a)         Évolution du nombre de fermes et des superficies en culture

 

Le passage, dans les dernières décennies, d'une agriculture de subsistance à une agriculture de production, a conduit à une réduction importante des terres affectées à l'agriculture. En 1961, la MRC de Matawinie comptait 741 exploitants pour un total de 46 482 hectares de terres cultivées (voir tableau 29). En 1991, on enregistre seulement 306 exploitants s'activant sur 15 295 hectares de terres. Ces résultats démontrent une baisse de 59 % du nombre d'exploitants ainsi qu'une réduction de 67 % du territoire cultivé. Cependant, les diminutions sont de moins en moins importantes, puisque pour la période de 1961 à 1981 la baisse était de l'ordre de 53 %, alors qu'entre 1971 et 1991 le nombre d’exploitants a décru de 32 %.

 

Au cours des dernières années, ce phénomène est moins perceptible ici que dans l'ensemble de la région de Lanaudière. En effet, la diminution du nombre de fermes dans la région de Lanaudière a été de 25 % entre 1981 et 1991, alors qu'elle a été de 14 % en Matawinie pour la même période.

 

Le profil par secteur de recensement démontre que Rawdon a perdu un cinquième de ses fermes. Les deux (2) autres secteurs agricoles d'importance de la MRC, soit Saint-Félix-de-Valois et Saint-Jean-de-Matha, ont respectivement 37 % et 18 % moins de fermes sur leur territoire qu'en 1981 (données de 1991). Le niveau d'activité varie beaucoup d'une municipalité à l'autre et se traduit par une hiérarchie dominée par les municipalités de Saint-Félix-de-Valois et de Saint-Jean-de-Matha qui regroupent à elles seules 55 % des fermes recensées en 1991 et 57 % de la zone agricole permanente. C’est ainsi qu'elles jouent respectivement le rôle de centre et de sous-centre régional agricole.

 

Cependant, entre 1991 et 2001, la situation semble évoluer différemment puisque au lieu de diminuer, la superficie cultivée a légèrement augmenté. Pourtant, lors de cette seule période, le nombre d’exploitants a considérablement diminué, passant de 306 en 1991 à 233 en 2001, soit une baisse d’environ 24 %. Il y a donc beaucoup moins d’exploitants oeuvrant sur une superficie comparable à celle de 1991. Cette augmentation du territoire moyen cultivé par l’exploitant peut s'expliquer par l’acquisition de terres ou par la remise en production de terres en friche en vue d'accroître la superficie d'épandage pour les fumiers. Quoiqu'il en soit, la proportion du nombre de fermes de plus de 180 acres est passée d’environ 23 %, en 1991, à 32 % en 2001 (voir tableau 30).

 

b)         Augmentation de la valeur des entreprises agricoles (capitalisation)

 

Malgré la chute de l'activité agricole, en termes de superficies et d'exploitants, il demeure que cette activité en est toujours une d'importance en ce qui a trait aux modes d’occupation du territoire et pour l'économie régionale, particulièrement pour certaines municipalités. En effet, en 1981, l'ensemble des fermes avait un capital agricole inférieur à 500 000 $. En 1991, la borne supérieure est située à un million et demi de dollars. De plus, la majorité (58 %) des fermes ont un capital agricole supérieur à 200 000 $ et celui-ci est en hausse, tout comme la taille des fermes. Le phénomène s’est accentué lors de la dernière décennie puisque la majorité des fermes (52 %) ont maintenant un capital agricole supérieur à 350 000 $. De plus, le nombre de fermes ayant un capital agricole de plus de 500 000 $ est passé de 42 à 92 entre 1991 et 2001. En 1991, la valeur totale du capital agricole atteint 93,8 millions de dollars, dont la moitié se retrouve dans le secteur de Saint-Félix-de-Valois. En 2001, cette valeur franchit le cap de 133 millions de dollars, ce qui constitue une hausse de plus de 40 % par rapport à 1991 et 120 % par rapport à 1981.

 

Pour se faire une idée globale et dynamique de ces changements, il serait intéressant de pouvoir faire ressortir la dépréciation qu'ont subie les nombreuses fermes abandonnées pour les bénéfices de la concentration. Pour certaines municipalités, comme Saint-Damien, la baisse drastique du nombre de fermes actives en milieu agricole dynamique apparaît effectivement phénoménale.

 

c)         Augmentation de la valeur des ventes et des dépenses

 

Par ailleurs, bien que l'activité agricole n’accapare qu'une très faible portion du territoire, moins de 2 %, il n'en demeure pas moins qu’elle a généré 70,8 millions de dollars par la vente des produits des 233 fermes de la Matawinie en 2001, soit une hausse de plus de 82 % par rapport à 1991. La spécialisation, la concentration et la mécanisation des fermes ont permis d'augmenter la production jusqu'à dix (10) fois plus qu'il y a 40 ans sur une même unité de production.

Toutefois, les dépenses totales pour le fonctionnement de l’exploitation agricole ont elles aussi augmenté, et ce, dans une proportion plus élevée que les revenus (95 %). La hausse du profit global est donc beaucoup moins impressionnante (20 %) que celle des revenus. Cependant, la diminution du nombre de fermes qui se partagent ce profit fait en sorte que les fermes prises sur une base unitaire génèrent plus de bénéfices qu’en 1991.

 

 

3.2.4.3      L'évolution des productions agricoles

 

a)         Les productions animales

 

La restructuration des entreprises qu'a connue l'agriculture au cours des dernières décennies, l'a conduite, principalement, vers les productions animales. Cette orientation résulte vraisemblablement des limites climatiques qui ont une incidence directe sur les productions végétales. L'élevage, tel que pratiqué dans la MRC de Matawinie, se résume à trois (3) principaux types de production : bovin, porcin et avicole. Les cheptels porcin et bovin sont à la baisse. Toutefois, les fermes laitières et le cheptel laitier, qui étaient à la baisse entre 1981 et 1996, ont plus que doublé lors de la période 1996-2001. Le cheptel avicole est en hausse si l’on compare les données de 1981 à celles de 2001, mais lors de certaines périodes, ce secteur a aussi connu des baisses. Bien qu’elle demeure une activité marginale (seulement 14 fermes), l’élevage de moutons et d’agneaux gagne en popularité puisque le nombre de têtes a plus que triplé et le nombre de fermes à doublé. Cependant, il faut dire qu'il y a augmentation de la productivité dans certains secteurs, ce qui permet de pallier la diminution du nombre de bêtes. Les cheptels de volaille et de porcin se retrouvent principalement dans les fermes des secteurs de Saint-Félix-de-Valois et de Saint-Jean-de-Matha; alors que le bovin se concentre dans les territoires de Saint-Félix-de-Valois et de Rawdon.

 

En termes de genre de fermes, se sont les fermes avicoles, de spécialités diverses, de produits laitiers et bovines qui sont les plus caractéristiques de l’activité agricole matawinien. Pour donner un tableau complet, il faut aussi ajouter 54 fermes qui produisent du sirop d’érable et ses dérivés, ce qui représente 23,2 % des fermes de la MRC.

 

b)         Les productions végétales

 

L’utilisation du sol agricole en Matawinie se résume comme suit : 49 % de la superficie agricole est réservée à la culture, 10 % sert au pâturage et 41 % sont d’autres terres servant, entre autre, à l’acériculture ou à la coupe de bois de chauffage. Ces pourcentages démontrent bien quelles sont les pratiques qui s'apparentent le mieux au sol agricole de la Matawinie. En 2001, la surface agricole totalise 15 412 hectares, dont 53 % sont classés superficies améliorées, c'est-à-dire en culture, en pâturage (cultivé ou ensemencé) ou en jachère. Cependant, l'autre moitié (47 %) des terres est non-améliorée (1991 = 15 295 hectares, 49 % et 51 %).

 

La superficie agricole exploitée par ferme est en moyenne de 66 hectares comparativement à environ 50 hectares en 1991. Cette superficie restreinte par ferme est conséquente des progrès technologiques et du type de productions agricoles qui prévalent en région.

Malgré le fait que le climat ne s'y prête pas bien, des cultures diversifiées sont produites en Matawinie. Certaines expériences se sont avérées très encourageantes. Cependant, il est évident que l'agriculture régionale se base sur les productions sans sol, complétée par des cultures maraîchères et céréalières donnant une grande importance à la récolte de nourriture pour le bétail.

 

c)         Les productions forestières

 

En se retrouvant dans 23 % des fermes, l’acériculture constitue l'activité agricole la plus répandue en Matawinie. Bien que le nombre de fermes déclarant des productions reliées à l’acériculture est demeuré relativement constant depuis 1981, le nombre d’entailles a, quant à lui, augmenté considérablement, passant de 138 535 entailles en 1991, à 250 945 en 2001. Les producteurs ont donc profité de la croissance de ce marché et de l’omniprésence des érablières en Matawinie en haussant leur nombre d’érables entaillés. Ce phénomène est en partie attribuable à la mécanisation des méthodes d’extraction de la sève qui facilitent l’exploitation d’un grand nombre d’individus et le transfert d’une production artisanale de petites échelles à un mode de production commercial de plus grande envergure.

 

La vente de produits forestiers est une source de revenus importante pour les fermes qui disposent aussi de lots boisés. On remarque une hausse de la valeur des produits forestiers vendus puisque celle-ci est environ trois (3) fois plus élevée aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1981, passant de 84 000 $ à environ 257 570 $ en 2001. Il y a eu un sommet atteint en 1996 alors que la valeur des produits forestiers a grimpé à plus de 458 000  $ (voir tableau 31).

 

 

3.2.4.4      L'évolution de la population vivant de l'agriculture

 

a)         Des changements au niveau de la forme juridique des exploitants

 

Dans le contexte de la réalisation du premier schéma d'aménagement, on avait fait état de l'âge avancé des exploitants et déduit de cette situation qu'il existait certaines difficultés au niveau de la relève agricole. Les statistiques indiquent que la moitié des exploitants étaient âgés entre 35 et 54 ans en 1991, 28 % dépassaient les 55 ans et seulement 22 % des exploitants avaient moins de 34 ans. Selon les données plus récentes, il semble que ce problème soit en train de se résorber.

 

La faible proportion de jeunes exploitants peut s'expliquer par l’importance des coûts d'immobilisation et d'opération que représente l'établissement ou l’achat d'une ferme concurrentielle comparativement aux profits qu'on peut en tirer, ce qui décourage les jeunes entrepreneurs. En 1991, la valeur totale du capital agricole était d'environ 93,8 millions pour une valeur moyenne de 308 472 $ par ferme. En 2001, c’est plus de 133,3 millions pour une valeur moyenne de 572 429 $ par ferme.

 

Alors qu'en 1981 la forme juridique des exploitations agricoles la plus répandue (94 %) dans la Matawinie était la ferme individuelle, cette forme ne représente plus que 48 % en 2001. Par conséquent, les autres formes juridiques, telles que les corporations (32 %) et les sociétés (20 %), ont gagné en intérêt. La diversification des formes juridiques peut être un facteur qui explique qu'il y ait une augmentation du nombre de fermiers de 25 à 35 ans et moins d'exploitants ayant plus de 55 ans. Les deux (2) générations travaillent probablement encore à la ferme, mais la propriété officielle a déjà changé.

 

Par ailleurs, le fait que le CÉGEP de Lanaudière offre des cours de formation et de perfectionnement en agriculture aide à assurer une meilleure relève agricole. Cette relève qui était hautement problématique il y a dix (10) ans, demeure tout de même une préoccupation importante, même si la situation s'est améliorée. Répétons-le, assurer une relève agricole permet de consolider une activité économique motrice : l'agriculture.

 

b)         Une main-d’œuvre agricole à la hausse

 

Bien qu’il y ait de moins en moins de fermes sur le territoire de la Matawinie, la main-d’œuvre agricole rémunérée a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. En effet, 53 % des fermes existantes ont déclaré des semaines travaillées dans leur établissement en 2001, comparativement à 34 % en 1981 et 48 % en 1991. Plus révélateur encore, le nombre de semaines travaillées a bondi littéralement au cours de la période 1991-2001, passant de 4 822 semaines déclarées à 12 199. Pourtant, lors de la décennie précédente (1981-1991) ce nombre avait considérablement diminué (30 %). Il semble que cette amélioration est due à une hausse de la main-d’œuvre employée à l’année puisque le nombre de semaines travaillées a augmenté de plus de 241 %, tandis que celui de la main-d’œuvre saisonnière a augmenté de seulement 3,5 % entre 1991 et 2001.

 

 

3.2.4.5      Le positionnement de l'agriculture dans le contexte de la grande région de Montréal

 

a)         Une agriculture qui se distingue

 

Les productions animales de la Matawinie se distinguent des autres régions administratives ceinturant la grande région de Montréal grâce à une présence significative de fermes de volaille et d’œufs (voir tableau 32). En effet, ce type de production représente 33 % des fermes de la région, comparativement à seulement 9 % dans la région de Lanaudière, 3 % en Montérégie et dans des proportions plus basses dans les autres régions. Les autres types de production animale sont généralement moins bien représentés en Matawinie qu’ils ne le sont dans les autres régions, si on fait abstraction de la particularité de l’agriculture de la région Montréal/Laval.

 

Seulement 2 % du nombre de fermes oeuvrent dans le domaine de la production de fruits et légumes, ce qui est très faible comparativement aux autres régions administratives. Les fermes de spécialités diverses sont caractéristiques du territoire agricole de la Matawinie puisqu’elles constituent 23 % de l’ensemble des fermes, alors qu’ailleurs elles ne dépassent pas la barre du 1 %.

 

La superficie moyenne des fermes de la Matawinie est beaucoup moins élevée que toutes celles des MRC de la région de Lanaudière, sauf peut être celle de la MRC Les Moulins qui n’est supérieure que de 2 hectares. De plus, la valeur moyenne du capital agricole en dollars par ferme est nettement inférieure aux autres MRC de Lanaudière. Par contre, même si les fermes de la Matawinie semblent être, en général, de moins grande envergure, elles génèrent des revenus agricoles moyens bruts plus élevés que toutes les autres MRC. En fait, cette valeur dépasse la moyenne lanaudoise de plus de 17 %.

 

b)         La question de la diversification des activités agricoles

 

En dépit des transformations profondes qui ont marqué l'agriculture, la consolidation de la capacité de production de cette importante activité économique s'est faite dans des directions appropriées sur le plan de la concurrence. Ainsi, l'activité agricole dans la MRC de Matawinie demeure conventionnelle, même si le milieu environnemental n'y est pas des plus favorables. On convient aussi que de nouvelles pratiques mieux adaptées aux contraintes climatiques, telles l'élevage des bovins et des moutons, pourraient s'étendre davantage.

 

Toutefois, la possibilité d'ajouter des activités complémentaires à l'agriculture, telles la récréation de plein air, les activités touristiques, l'exploitation des potentiels fauniques ou, encore, des fermettes opérant à petite échelle et se spécialisant dans des productions moins courantes, offre des opportunités qui commencent à peine à être exploitées. Cela s'explique en partie par le fait que celles-ci ne reçoivent pas l'encadrement que pourraient offrir les activités plus traditionnelles. Les politiques nationales et la législation en place n'encouragent pas non plus ces initiatives. Le territoire de la MRC est pourtant grandement avantagé pour développer les activités à caractère agrotouristique. Ainsi, tout en maintenant les acquis et en encourageant le développement des entreprises en place, on peut penser intégrer les différences et les spécificités qu'offre le territoire de la Matawinie.

 

c)         La polarisation de l'activité agricole au niveau de la MRC

 

Hormis la qualité des sols, l'omniprésence du réseau routier régional agit comme élément structurant majeur de l'occupation de l'espace agricole et agroforestier en Matawinie. Ces routes sont la 125, la 337, le chemin Sainte-Béatrix, la 343, la 131, la 347, la 348 et le chemin reliant La Macaza/Saint-Michel-des-Saints. Toutes ces routes faisant partie du concept d'organisation régional rendent donc très accessibles les territoires représentant un intérêt pour l'agriculture du fait que le transport des produits agricoles s’en trouve facilité. Aussi, le paysage montagneux de la Matawinie donne lieu à une concentration de l'occupation du territoire par l'homme dans les vallées, qu'il s'agisse des routes, des villages et des meilleurs sols agricoles.

 

La municipalité de Saint-Félix-de-Valois étant peu accidentée, elle devient la plus facilement cultivable. Les concentrations de production animale qu'on y trouve, la valeur de son capital agricole et la valeur des ventes qui y sont faites génèrent un secteur agroalimentaire (secondaire) plus développé dans cette municipalité. D'autre part, la quantité et la qualité de la production des fermes, la présence d'un bassin de main-d’œuvre et la proximité des plus importants marchés agricoles sont autant de facteurs favorisant la transformation et la mise en marché des productions agricoles matawiniennes.

 

 

 


3.2.5    Les perspectives de l'aménagement et du développement de l'agriculture

 

Voici un condensé des principales problématiques reliées au contexte agricole de la Matawinie. Ce condensé est réalisé afin de mieux guider le choix des orientations et des objectifs devant apparaître au Plan d'aménagement.

 

 

3.2.5.1      Problématiques de planification de l'aménagement

 

a)         La consolidation de l'espace agricole

 

Dans la mesure où la Matawinie constitue un milieu essentiellement forestier, la valorisation des peuplements acéricoles peut être assumée par le zonage agricole, sinon, par un éventuel zonage forestier. Cette partition pourrait normalement se faire dans le contexte de la détermination des affectations du territoire municipalisé.

 

Dans la plupart des municipalités de la Matawinie, on observe la présence d'entreprises à caractère agricole situées à l'extérieur de la zone agricole. Une trop grande diffusion des activités agricoles peut nuire à la valorisation de la zone agricole, sinon, avoir un effet déstructurant sur des espaces sensibles à l'égard de certaines activités agricoles. Par ailleurs, pour les jeunes agriculteurs, le démarrage d'une nouvelle entreprise peut s'avérer plus facile à l'extérieur de la zone agricole à cause des coûts de plus en plus élevés des terres situées à l'intérieur de la zone agricole.

 

Il existe plusieurs secteurs d’intérêts ou parties de secteurs d’intérêts agricoles qui ne sont pas inclus à la zone agricole. Par ailleurs, la zone agricole inclut plusieurs secteurs ne représentant aucun intérêt pour l'agriculture.

 

Pour assurer une évolution logique de la zone agricole permanente (ZAP) dans le sens d'une meilleure optimisation de la mosaïque territoriale, il conviendrait d'identifier les espaces pouvant faire l'objet de demandes d'inclusion ou d'exclusion à la zone agricole. Ces initiatives devraient idéalement être menées par la municipalité locale via une représentation adéquate auprès des propriétaires concernés.

 

Les municipalités de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints disposent de vastes espaces à potentiel agroforestier. Ces derniers peuvent représenter un intérêt particulier pour les agriculteurs désireux d'accroître leurs superficies d'épandage. Pour la relève agricole, ces terres peu affectées en terme de contamination des sols peuvent aussi être mises en valeur pour des productions de petits fruits à mettre en marché localement ou régionalement. L’absence d’une population d’agriculteurs vivant principalement de l’agriculture demeure, néanmoins, le principal handicap dans la recherche de tels résultats.

 

La création de fermes forestières, des entités mieux adaptées au présent contexte, pourrait toutefois fournir une occasion idéale pour la consolidation, voir la mise en valeur des bons terrains agroforestiers de la Mantawa.

b)         L'exercice de la priorisation et de l'harmonisation

 

Seulement quatre (4) municipalités de la Matawinie disposent de blocs agricoles qu'on peut considérer comme homogènes, soit Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha, Saint-Damien et Rawdon.

 

Il conviendrait que pour ces grands blocs homogènes, la planification ait pour effet de favoriser une plus grande exclusivité au bénéfice des activités agricoles dans l’esprit des orientations gouvernementales.

 

Par ailleurs, toutes les municipalités ayant une zone agricole permanente (ZAP) possèdent de petites enclaves agricoles constituant une discontinuité au sein de la mosaïque matawinienne.

 

Tout en maintenant l'objectif de la priorisation de l'agriculture, la recherche d'activités complémentaires ou compatibles avec l'agriculture devrait s'inspirer des contextes soit récréotouristique, soit de villégiature, soit forestier, et ce, conformément à l’esprit des orientations gouvernementales.

 

Considérant l'effet structurant des terres en culture sur la qualité du paysage et sur le développement d'une bonne part de la villégiature dans les Piedmonts, il s’avère opportun de prévoir des zones à caractère agricole à l'extérieur de la zone agricole permanente (ZAP) dans la mesure où l'on y retrouve des sols pouvant supporter l'agriculture.

 

Ces secteurs pourraient être traités comme des sites d’intérêts où l’on restreint l’occupation du sol par la fonction résidentielle. Dans certains cas, l’inclusion à la zone agricole permanente représente la meilleure opportunité. Il importe que le schéma d’aménagement et les plans d’urbanisme balisent l’occupation de ces sites dans le sens qui vient d’être défini.

 

Plusieurs hameaux (îlots déstructurés) ont été identifiés en zone agricole et d'autres pourraient se retrouver dans une situation semblable dans le contexte de la création d'un zonage agricole proprement municipal.

 

Il convient de procéder à une délimitation logique de ces espaces et de prévoir des mesures d'harmonisation assurant une cohabitation acceptable. Les activités de production animale devraient être exclues de ces hameaux.

 

Les diverses problématiques qui viennent d'être énoncées, pour être traduites convenablement, demandent d'être traitées plus finement au sein du plan d'urbanisme des municipalités locales.

 

 

3.2.5.2      Problématiques de planification du développement

 

Dans la perspective d’un développement durable, il n'existe pas de documentation posant un diagnostique complet sur le développement de l'agriculture et proposant des choix adaptés dans la définition des spécificités régionales, dans la diversification des activités et dans la création de conditions visant l'amélioration globale des conditions de vie en contexte rural. Cette lacune est particulièrement vraie pour les régions et les MRC.

Les récentes modifications apportées à la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme vont obliger les MRC à étoffer l’argumentaire à ce sujet. Il n’en demeure pas moins que cette responsabilité incombe plus spécifiquement au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et aux divers organismes impliqués dans le développement de l'agriculture.

 

Dans la recherche d'une meilleure définition des problématiques de développement, la MRC peut aussi collaborer, particulièrement dans la présente situation où les outils d'aménagement dont elle dispose ont été nettement améliorés.

 

Dans le contexte matawinien, une aide au démarrage ou à la relocalisation d'entreprises agricoles constituent des avenues qui méritent d'être explorées, plus particulièrement pour le bénéfice des municipalités de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints. Ces aides permettraient à la fois de résoudre des problématiques liées à notre propre ruralité et d'emmener une plus grande diversification économique dans des municipalités qui en ont grandement besoin.

 

La création de fermes forestières, si jamais le schéma d’aménagement en prévoit la mise en œuvre, va nécessiter une restructuration du domaine foncier et, dans le meilleur des cas, à une relance de certaines activités agricoles adaptées au contexte du bassin de Mantawa.

 

 

3.2.5.3      La priorité de la valorisation de l'agriculture en zone agricole permanente

 

a)         La pérennité de l'espace agricole

 

La pérennité de l'agriculture passe par la pérennité de la zone agricole permanente. Si dans notre système économique, les municipalités sont relativement peu impliquées sur le plan du développement des activités agricoles, elles le seront, par contre, beaucoup dans la gestion de la zone agricole permanente.

 

L'affectation des terres étant au cœur des prérogatives d'aménagement du monde municipal, celle-ci doit se faire dans l'optique de soutenir les objectifs nationaux, tels que définis dans le cadre des orientations gouvernementales produites en décembre 2001.

 

b)         La priorité aux activités agricoles en zone agricole

 

L'affectation des territoires conformément à la loi 125 conduit à l'identification d'activités privilégiées pour un territoire donné. Les orientations gouvernementales en matière d'agriculture posent les exigences dans le même sens. C'est une question de logique. La municipalité de Saint-Félix-de-Valois est la seule à avoir une zone agricole qui couvre plus que 50 % de son territoire. En général, la traduction de cette orientation ne soulève pas de débats houleux et stériles, car elle s'inscrit de façon très logique dans le contexte de la valorisation d'une partie de la mosaïque naturelle de chaque municipalité. Contrairement à des municipalités essentiellement agricoles, la valorisation de l'agriculture s'inscrit donc à l'intérieur de stratégies visant à assurer une diversification économique saine et souhaitable.

 

Une agriculture viable passe par un territoire cultivable et une concentration d’entreprises agricoles permettant un milieu d’entraide. Le processus d’inclusion à la zone agricole constitue le principal moyen pour valoriser les territoires viables.

 

Le Schéma d’aménagement pourrait contenir des moyens qui permette d’exercer un certain contrôle pour éviter que l’agriculture, comme moyen de subsistance principal, ne se développe à l'extérieur de la zone agricole permanente, sinon, pour que cela puisse se faire dans une perspective d’agrandissement de la zone agricole permanente.

 

Il importe, à tout le moins, que la zone agricole ne se développe pas dans des secteurs impropres à l'agriculture, voir, là où l'agriculture peut constituer une activité déstructurante, comme en territoire d'intérêt récréatif, faunique ou de villégiature.

c)         Le traitement des valeurs autres qu'agricoles

 

C'est d'ailleurs beaucoup plus à ce niveau que le schéma d'aménagement doit faire valoir de multiples spécificités à l’intérieur de la zone agricole, particulièrement en matière de récréotourisme, de villégiature et de patrimoine naturel ou bâti. Le positionnement de certaines activités agrotouristiques s'inscrit également comme autres préoccupations.

 

Par le biais du zonage ou de sous-affectations, il devient possible d'attribuer une reconnaissance à ces valeurs et de recourir au zonage de production s’il y a lieu.

 

 

3.2.5.4      Le positionnement de Saint-Félix-de-Valois comme pôle agricole régional

 

Bien que la Matawinie ne semble pas un territoire à prépondérance agricole, il n'en demeure pas moins que les agriculteurs de la Matawinie sont les mieux rémunérés de la région de Lanaudière. En terme de polarisation de cette activité, considérant l'importance de la superficie de terres zonées agricole et le positionnement de l'industrie agroalimentaire, la municipalité de Saint-Félix-de-Valois mérite amplement le statut de centre agricole régional.

 

 

3.2.5.5      Les problématiques d’intégration environnementale

 

a)         Une gestion plus saine des sols

 

Au Québec, la gestion des sources de pollution ou de dégradation du sol est le lot des organismes gouvernementaux, soit le ministère de l'Environnement du Québec et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Par rapport à ces préoccupations, on observe en Matawinie que dans les secteurs à fort potentiel agricole, des phénomènes de surutilisation des sols sont apparus au cours des 30 dernières années alors que des exploitations hyperspécialisées se sont développées. La compaction des sols lourds, en particulier, et les pratiques monoculturelles nécessitant l’utilisation de fongicides et d’autres instruments biochimiques font partie des stress auxquels l’espace agricole matawinien fait face. La réintroduction de matières végétales ou de compost, de même que l'adaptation du matériel roulant permettant de réduire la pression des roues a conduit à une amélioration de la situation.

 

La forte prépondérance des activités agricoles sans sol en Matawinie était aussi perçue comme la source d’un déséquilibre potentiel en ce qui concerne les possibilités d’épandage, ce qui se traduit aujourd'hui par la classification des municipalités en surplus de fumiers. Le milieu agricole exprime beaucoup de réserves à ce sujet du fait que ce classement est établi sur la présence de fermes produisant théoriquement un surplus de fumiers et non pas sur un diagnostique complet. On sait que des quantités trop fortes d'épandage et la surutilisation d'engrais peuvent effectivement altérer la qualité de l'eau souterraine et de l'eau de surface et provoquer un déséquilibre physico-chimique des sols, ce qui nuit à la productivité à moyen terme.

 

En Matawinie, les cas de dépassement des normes de phosphore, notamment, ne seraient pas aussi sérieux que ce que l'on observe dans les régions à forte production porcine. Les plans de gestion agroenvironnementaux, qui sont devenus obligatoires en 2003, devraient permettre de corriger la situation à court ou moyen terme. Aussi, la présence de terres cultivables abandonnées dans les municipalités de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints permet d'envisager soit un déplacement d'une partie des entreprises en excès, sinon, d'accroître la productivité d'entreprises déjà en équilibre.

 

Quant aux risques de contamination de l'eau, de nouvelles dispositions sont maintenant mises de l'avant par le ministère de l'Environnement en ce qui concerne la protection des prises d'eau potable. Ces dispositions s'appliquent, entre autre, aux activités agricoles.

 

b)         Des mesures normatives pour gérer les problèmes de voisinage reliés aux odeurs

 

L'activité agricole, on le sait, peut générer son lot de nuisances. Comme dans d'autres parties d'un territoire, l'harmonisation des activités agricoles requiert donc un « préjugé favorable » si l'on souhaite éviter que le territoire agricole devienne le théâtre permanent d'une conquête par des occupants autres qu'agriculteurs.

 

Le contenu des Orientations gouvernementales étant très précis à ce sujet, le Schéma d'aménagement devra inclure les dispositions normatives concernant les distances séparatrices devant assurer un minimum d'harmonisation entre les activités agricoles et les activités non agricoles.

 

Les Orientations gouvernementales indiquent, par ailleurs, que des ajustements à ce contenu peuvent être mis de l'avant avec l'implication du comité consultatif agricole pour éviter de créer des situations aberrantes, plus particulièrement à l’égard des vents dominants.

 


3.3     LA FORESTERIE

 

 

 

3.3.1    La territorialité de la foresterie

 

Dans le contexte du Sud du Québec, la Matawinie correspond, aux yeux de la population, à de vastes territoires montagneux couverts de forêts et agrémentés de nombreux lacs. La partie occupée du territoire est appréciée essentiellement pour la qualité de ses paysages, tant pour les personnes résidentes que pour les visiteurs. La dimension proprement forestière échappe à la plupart d'entre eux, bien qu'on sache vaguement qu'à la hauteur de Saint-Michel-des-Saints, les espaces forestiers infinis débutent à l’endroit où les montagnes commencent à s'estomper.

 

L'analyse cartographique produite pour les territoires municipalisés et ayant conduit à la détermination des territoires d’intérêts apporte un éclairage beaucoup plus précis sur les différentes valeurs naturelles du territoire. Elle détermine les espaces qui devraient être réservés à l'activité forestière, dans la mesure où ils ne recèlent pas de valeurs permettant de justifier une affectation autre, comme l'agriculture, la villégiature, la faune ou la récréation. Par ailleurs, on comprendra qu'une part déterminante de l'intérêt que représentent ces aires récréatives, fauniques ou de villégiatures tient aussi à la présence de la forêt elle-même.

 

L'identification des territoires d’intérêts forestiers fait donc la part entre ce que l'on considère comme des territoires pouvant être réservés à l'exploitation forestière (la forêt d'exploitation) et ceux où des activités autres que forestières devraient faire l'objet d'accommodements, sinon, être priorisés (forêt d'encadrement). Cette présentation des territoires d’intérêts forestiers va permettre de discuter de la concordance de ces derniers avec ceux affectés spécifiquement à la foresterie et que le régime forestier québécois appelle les aires communes. Mentionnons que les aires communes se retrouvent exclusivement en territoire public.

 

 

3.3.1.1      Les territoires d’intérêts forestiers en territoire municipalisé

 

Le tableau 33 présente les trois (3) catégories de territoire représentant un intérêt pour la foresterie dans une perspective de plus grande exclusivité. Comme on le souligne dans le cadre de l'identification des territoires et secteurs d’intérêts, les territoires proprement forestiers regroupent une haute concentration de plates-formes où l'on observe généralement une prépondérance des peuplements résineux. Ces territoires représentent les espaces offrant les meilleures possibilités pour la foresterie; ceux-ci occupent la première colonne.

 

Dans la seconde colonne apparaissent les territoires résiduels comprenant, en général, une majorité de secteurs montueux, sinon, une mixité de différents types de secteurs d’intérêts et, par surcroît, peu occupés. À l'échelle de l'érablière laurentienne, ces terrains se distinguent par la prédominance des peuplements feuillus, ce qui vient complémenter les possibilités de récolte en terme de diversité.

 

Enfin, dans la troisième colonne sont identifiés les territoires sensibles caractérisés par la concentration de petits lacs, dont la superficie est inférieure à 20 hectares. Ces territoires offrent un certain intérêt en terme de valorisation de la biodiversité et de la faune, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit en premier lieu d'espaces sensibles en terme d'écosystèmes naturels, et ce, peu importe la vocation qu'on leur attribue.

 

Comme c'est le cas pour l'agriculture, ces différents territoires sont représentés en trois (3) blocs correspondant à trois (3) espaces physiographiques distincts, soit les Basses Laurentides, les Hautes Laurentides et le plateau du Mastigou et, enfin, les Hautes Terres Centrales. On remarquera que le nombre de territoires d’intérêts est beaucoup plus considérable dans la partie des Hautes Laurentides et du plateau du Mastigou, cette situation étant due au fait que ces deux (2) espaces conjugués recouvrent plus de la moitié des territoires municipalisés.

 

a)         Basses Laurentides

 

Sur la bordure Sud des Laurentides et de la Matawinie, 14 territoires sont considérés comme représentant un intérêt pour la foresterie. On dénombre six (6) territoires d’intérêts forestiers, dont deux (2) dans la municipalité de Chertsey (forêt de Chertsey et forêt de Grande-Vallée). Sept (7) territoires résiduels, constitués généralement de plateaux localisés en marge des grandes plates-formes, ont aussi été identifiés. Le plus important en superficie est celui du plateau de Saint-Viateur qui regroupe les hauts-reliefs chevauchant quatre (4) municipalités, soit celles de Saint-Côme, de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, de Saint-Alphonse-Rodriguez et de Sainte-Béatrix. Il existe un seul territoire sensible, soit celui de Crépeau situé en position intermunicipale entre Saint-Côme, Chertsey et Saint-Alphonse-Rodriguez.

 

Bien que ceux-ci ne soient pas nommés expressément au tableau 38 le domaine forestier des Basses Laurentides inclut une part significative des territoires d’intérêts agroforestiers qui se distinguent par leur grande accessibilité et par l'omniprésence des hameaux et de terres en culture.

 

b)         Hautes Laurentides et Plateau du Mastigou

 

Les Hautes-Laurentides et le plateau du Mastigou comprennent 28 territoires représentant un intérêt prioritairement pour la foresterie, soit 14 territoires d’intérêts proprement forestiers, sept (7) territoires sensibles et sept (7) territoires résiduels. Les municipalités de Saint-Donat et de Saint-Zénon comptent chacune quatre (4) territoires d’intérêts forestiers, les deux (2) plus vastes se retrouvant dans les municipalités de Saint-Donat (du Noire-Michel) et de Notre-Dame-de-la-Merci (de la Haute Ouareau). Les territoires sensibles sont fortement représentés à Saint-Damien avec quatre (4) sur sept (7). On observe enfin une répartition relativement égale des territoires résiduels, le bloc le plus important étant constitué par le massif et les chaînons du Levant à Saint-Zénon.

 

c)         Hautes Terres Centrales

 

Dans la partie du territoire municipalisé recouvrant les Hautes Terres Centrales, 15 territoires représentant un intérêt particulier pour la foresterie ont été identifiés, soit sept (7) territoires d’intérêts forestiers, six (6) territoires résiduels et deux (2) territoires sensibles. Ces deux (2) derniers, se localisent aux extrémités Est et Ouest de la municipalité de Saint-Michel-des-Saints qui comprend aussi l'essentiel des territoires résiduels. Six (6) des sept (7) territoires d’intérêts forestiers se retrouvent dans la municipalité de Saint-Michel-des-Saints, le septième, celui du Pin Rouge, étant majoritairement inclus dans la municipalité de Saint-Zénon.

 

Lorsque l'on considère les territoires d’intérêts agroforestiers comme faisant partie de l'espace forestier, on constate que près de 75 % de la partie municipalisée des Hautes Terres Centrales représentent un intérêt préférentiel pour la foresterie. Pour arriver à ce résultat, on a qu'à soustraire le territoire d'intérêt agricole du Sauvage et le territoire d'intérêt récréatif du Taureau.

 

 

3.3.1.2      La concordance entre les affectations forestières et les territoires d’intérêts forestiers

 

En tout, huit (8) aires communes recouvrent la Matawinie. La plus importante d'entre elles, la 062-02, s'étend sur 4 050 kilomètres carrés, ce qui représente 51 % de l’ensemble des territoires sous contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier. Seulement deux (2) aires communes sont entièrement situées en Matawinie, soit la 062-01 et la 062-02. Les six (6) autres parties d’aires communes chevauchent les régions des Laurentides ou de la Mauricie. Le
tableau 34 présente la superficie approximative de chacune des aires communes comprises dans la région ainsi que la proportion estimée de leur superficie se trouvant en sol matawinien.

 

a)         En territoire non-organisé (TNO)

 

Ne font pas partie de ces aires communes, le territoire du parc du Mont-Tremblant et les lots épars situés en territoire municipalisé. Ainsi, la presque totalité des territoires non-organisés (TNO) de la Matawinie est affectée prioritairement à la foresterie à l'exception du parc du Mont-Tremblant et de la localité de Saint-Guillaume, où existe un bloc de terres privées. Mentionnons que les divers territoires d’intérêts récréatifs identifiés en territoire non-organisé (TNO) sont tous inclus à l'intérieur d'aires communes à l'exception de quelques-uns se retrouvant à l'intérieur du parc du Mont-Tremblant.

 

b)         En territoire municipalisé

 

Par rapport aux territoires municipalisés, deux (2) aires communes recouvrent l'essentiel des terres publiques qui s'y trouvent, soit la 062-01 correspondant à la partie Nord du bassin-versant de la rivière l'Assomption et la 062-02 s'identifiant aux bassins-versants des rivières Matawin et Mastigouche. Comme on peut voir, les territoires pouvant représenter un intérêt spécifique pour la foresterie et appartenant à l'État sont pratiquement tous recouverts par les aires communes.

 

Cependant, lorsque l'on considère les terres privées, on constate que plusieurs territoires d’intérêts forestiers échappent à une planification orientée prioritairement vers la foresterie, particulièrement dans les municipalités de Chertsey, Notre-Dame-de-la-Merci, Saint-Côme, Saint-Alphonse-Rodriguez, Saint-Jean-de-Matha, Saint-Damien, Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints. Il existe, par ailleurs, plusieurs affectations municipales à caractère forestier, mais celles-ci ne donnent pas lieu à une planification forestière stratégique, ce qui pourrait être corrigé progressivement à travers les efforts conjoints des municipalités et de l'agence régionale de mise en valeur (ARMV) des forêts privées.

 

 

3.3.1.3      L'évolution des affectations forestières

 

a)         L'avènement du nouveau régime forestier en 1989

 

L'établissement des huit (8) aires communes dans le contexte du nouveau régime forestier québécois a eu comme conséquence d'attribuer la très grande majorité des terres publiques de la Matawinie à une utilisation privilégiée pour la foresterie. Ce nouveau régime faisait suite à plus d'un siècle de concessions forestières à quelques grandes entreprises oeuvrant en Amérique du Nord et en Europe. Il a permis à de nombreux petits moulins à scie de la région de devenir
co-signataire d'un contrat d'aménagement et d'approvisionnement forestier et de générer ainsi une activité économique accrue dans plusieurs municipalités locales, comme Chertsey, Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Félix-de-Valois.

 

b)         Vers une nouvelle délimitation des aires communes

 

L’adoption de la loi modifiant la Loi sur les forêts, en 2001, entraînera une modification du découpage des assises territoriales pour la gestion et la planification des travaux d’aménagement et le calcul des possibilités forestières. En fait, cette nouvelle délimitation est entrée en vigueur le 1er avril 2005 et les « aires communes » ont été remplacées par des « unités d’aménagement », en général, plus grandes. Pour la Matawinie, ceci se traduit par une diminution du nombre d’unités d’aménagement, passant de huit (8) à six (6) selon le scénario proposé. Deux (2) de celles-ci seront comprises en grande partie sur le territoire de la MRC, tandis que les autres le seront partiellement.

 

Cette nouvelle délimitation crée des entités plus homogènes au point de vue écologique et biophysique, ce qui améliore la précision des inventaires et du calcul des possibilités forestières. Pour la MRC, la diminution des unités affectant son territoire devrait faciliter son implication dans la gestion du territoire forestier en diminuant la charge d’analyse des plans d’aménagement forestier pour harmoniser les différentes activités avec les interventions forestières.

 

 

3.3.1.4      L'activité forestière à l'extérieur des affectations forestières

 

En territoire non-organisé, les activités forestières, omniprésentes, sont à l'origine des nombreux chemins qui donnent accès à ce territoire. Elles se manifestent de façon plus dynamique à travers les différents travaux de récolte, de plantation et d'entretien de la forêt, générant une circulation irrégulière en direction des moulins de la Matawinie, dont Saint-Michel-des-Saints, ou vers d'autres pôles forestiers situés à l'extérieur.

 

En territoire municipalisé, les travaux forestiers relatifs à la récolte s'observent un peu partout, mais couvrent de faibles superficies, soit la plupart du temps, un seul lot. L'acériculture et la récolte du bois de chauffage constituent, eux aussi, un apport économique très significatif à de nombreuses fermes. Les travaux de récolte s'observent davantage lorsque pratiqués sur les versants de montagne en milieu occupé, que ce soit le long du réseau routier principal, à proximité d'une aire de villégiature ou dans des lieux fréquentés par la population à des fins récréatives.

 

 

 

3.3.2    La présence de valeurs autres que forestières

 

L'immensité des territoires forestiers, affectés ou non à la foresterie, recouvre diverses valeurs associées soit aux milieux aquatiques et aux terres humides, soit à la montagne et bien souvent, au milieu forestier lui-même. Voici une brève description de ces valeurs.

 

 

3.3.2.1      Les territoires affectés à la foresterie et les terrains autres que forestiers

 

a)         Les ressources minérales

 

Les quelques indices minéralogiques connus ont trait à des substances métalliques, à des minéraux industriels ou à des pierres de construction. En territoire affecté à la foresterie, seul le granite vert offre des gîtes suffisamment grands qui ont donné lieu à un début d'exploitation à Saint-Zénon. Les secteurs faisant l'objet d'une mise en valeur chevauchent généralement des territoires d’intérêts récréatifs.

 

Les agrégats (sable et gravier) ainsi que l'eau souterraine qui lui est généralement associée se concentrent dans les parties déprimées du relief et se retrouvent, pour cette raison, à l'intérieur des secteurs d’intérêts forestiers.

 

b)         La faune

 

Le ministère de l'Environnement procède à l'identification d'habitats fauniques dignes d'intérêt et pouvant se localiser à l'intérieur de territoires affectés à la foresterie. Les héronnières, l'habitat du castor, les aires propices à la sauvagine et les lacs à touladi sont les éléments les mieux connus. Ces habitats font l'objet de mesures de protection particulières. Mentionnons que la plupart d'entre eux apparaissent à la carte d'affectation des terres publiques.

 

Plus globalement, les territoires affectés à la foresterie recouvrent des territoires d’intérêts fauniques constitués de lacs rapprochés et ayant une superficie de plus de 20 hectares. Lorsque de tels territoires d’intérêts se retrouvent à l'intérieur d'un territoire de gestion faunique, ceux-ci ne font pas l'objet de mesures de protection ou de valorisation particulières en dehors des ententes qui peuvent être parafées entre les exploitants forestiers et les exploitants fauniques. Certains de ces secteurs bénéficient d'une protection relative du fait que les entreprises fauniques y regroupent leurs habitations.

 


c)         La villégiature

 

Les mêmes lacs ayant une superficie supérieure à 20 hectares peuvent aussi représenter un intérêt pour la villégiature lorsque ceux-ci ne se retrouvent pas inclus à l'intérieur de territoires de gestion faunique. Ceux-ci ne font pas l'objet de mesures de protection particulières en dehors des dispositions applicables au milieu riverain, à moins qu'ils ne soient occupés par des villégiateurs. Dans de tels cas, certaines mesures d'atténuation peuvent être convenues entre l'exploitant forestier et l'association des villégiateurs. Certains lacs présentant un intérêt pour la villégiature apparaissent sur la carte d'affectation des territoires publics.

 

Par ailleurs, en territoire municipalisé, les municipalités ne disposent pas de voies particulières leur permettant d'intervenir à ce sujet en dehors des dispositions de la Loi sur les forêts interpellant la MRC à ce sujet.

 

d)        La récréation

 

En territoire non-organisé (TNO), les territoires d’intérêts récréatifs ont fait l'objet d'une analyse sommaire qui a permis d'identifier une quinzaine de grands lacs ayant des superficies de plus de 500 hectares, de même que quelques massifs montagneux. Certains de ces lacs, comme le lac Kempt et le réservoir Taureau, font l'objet d'une reconnaissance de leur valeur récréative sur la carte d'affectation des terres publiques.

 

En territoire municipalisé, 14 territoires d’intérêts récréatifs ont été aussi identifiés, neuf (9) d'entre eux, soit les plus au Nord, étant majoritairement en territoire d'aire commune. Au niveau de la carte d'affectation des terres publiques, le réservoir Taureau et le bassin Ouareau-Archambault font l'objet d'une certaine reconnaissance, de même que les vallées de la Haute Noire, de la Haute Ouareau et du Grand Corridor qui sont empruntés par le réseau routier principal (125, 131 et 347).

 

 

3.3.2.2      Les fonctions autres que forestières en territoire affecté à la foresterie

 

a)         Les activités d'extraction

 

En territoire public, la principale activité reliée à l'exploitation des ressources minérales est l'extraction des agrégats pour l'aménagement des chemins forestiers et leur entretien. Mentionnons que ces activités générées soit par les entreprises forestières, soit par le ministère des Transports, ne donnent pas lieu à une gestion commerciale de la ressource.

 

L'exploitation de l'eau se traduit par deux (2) ouvrages d'importance, soit les barrages du lac Kempt et du Taureau qui servent à régulariser les débits de la Saint-Maurice pour les barrages hydroélectriques situés à Grand-Mère. Mentionnons que le barrage du Taureau fait l'objet d'investigations visant à y exploiter éventuellement l'électricité. La consommation d'eau constitue un second usage et se limite à la réserve de Manawan, aux aires de villégiature et aux entreprises fauniques. La réserve de Manawan, par l'importance de sa population, représente le principal de ces utilisateurs.

En territoire municipalisé, la situation est analogue. Dans la mesure où l'on considère les territoires d’intérêts forestiers en forêt privée, il existe plusieurs sites d'emprunt faisant l'objet d'une exploitation à caractère commercial, comme les sables Fournel à Notre-Dame-de-la-Merci. Cette activité peut avoir un effet déstructurant sur la foresterie lorsque le sol arable n'est pas gardé et remis en place lors des travaux de réaménagement. Il existe aussi de nombreux hameaux puisant leur eau de consommation dans l'environnement de ces territoires d’intérêts.

 

b)         L'agriculture

 

À l'échelle des entreprises, l'agriculture, l'acériculture et la foresterie apparaissent comme des activités complémentaires. La section précédente sur l'agriculture souligne le fait qu'en terme de planification municipale ou gouvernementale, la complémentarité n'est pas toujours évidente. La mise en production agricole d'un terrain utilisé, jusque là, à des fins forestières ajoute à la valeur de la propriété et à celle des productions, mais cela vient tout de même restreindre l'espace spécifiquement forestier. Pour avoir un certain sens, la question de l'effet déstructurant de ces activités par rapport aux autres doit donc, idéalement, se poser en spécifiant le contexte, soit agricole, agroforestier ou forestier, et ce, dans une perspective à long terme dans le cadre d'une planification régionale.

 

c)         L'acériculture

 

De la même manière, l'acériculture peut constituer un frein à l'exploitation des érablières à des fins de production de matière ligneuse. Dans une forêt d'âge jeune à moyennement âgée, la sélection des individus en production acéricole vise à assurer un agrandissement du diamètre des arbres de qualité, et ce, en vue d'intensifier la production de sève. La plus-value économique rattachée à la production acéricole est estimée à quatre (4) fois la valeur de la production de matière ligneuse.

 

À des fins de production de matière ligneuse, l'abattage doit se faire préférentiellement avant que l'individu ait atteint un diamètre (dhp) d'une cinquantaine de centimètres pour obtenir un aubier le plus blanc possible. Passé cette taille, le cœur de l'arbre commence à se distinguer par une teinte brunâtre, ce qui a pour effet de réduire la valeur commerciale des billes.

 

Globalement, dans une optique de planification par affectation, la gestion des érablières pour la fibre ou pour le sirop apparaît comme des activités complémentaires. Par ailleurs, dans l'optique du choix de la répartition dans l'espace entre les deux (2) modes de production, il est clair qu'il y a avantage à ce que la production acéricole se situe à proximité du réseau routier principal ou local à cause du caractère répétitif des déplacements quotidiens et des opérations et aussi, à cause des dépenses d'immobilisation et des services publics qui peuvent y être associés.

 

d)        L'exploitation faunique

 

L'exploitation faunique occupe une large place comme activité pratiquée en territoire d'affectation forestière. On retrouve au total, deux (2) réserves fauniques, quatre (4) ZEC et 19 pourvoiries, dont dix (10) avec droits exclusifs; la majorité de ces entreprises oeuvrant en territoire non-organisé (TNO). Au sein de l'administration gouvernementale, l'exploitation faunique est perçue comme une activité résiduelle ou secondaire par rapport à la foresterie et fait l'objet de diverses ententes pouvant être entérinées entre l'exploitant faunique et les entreprises forestières. En comparaison avec la villégiature, il n'existe pas de sous-affectations fauniques pouvant bénéficier d'un statut comparable à celui attribué à la villégiature.

 

À cause de la complémentarité de la relation faune-forêt véhiculée traditionnellement, tant par les intervenants forestiers que par les intervenants fauniques, et surtout à cause de la position du gouvernement du Québec concernant la gestion des terres publiques et ayant pour effet de prioriser la foresterie via la carte d'affectation des terres publiques, la gestion faunique n'est pas encore considérée comme une activité ayant acquis ses titres de noblesse.

 

e)         La fonction résidentielle

 

Sur les terres du domaine public, la fonction résidentielle est strictement associée à la villégiature. Le service des terres du ministère des Ressources naturelles émet à cette fin plusieurs baux de location en terres publiques, surtout pour répondre aux besoins de la villégiature. Les territoires de villégiature se situent en bordure des plus beaux lacs et, dans ce cas, on ne peut réellement parler d'une situation conflictuelle.

 

En milieu privé, celui-ci étant localisé essentiellement en territoire municipalisé, la situation peut être fort différente. À cause de la plus-value générée au niveau de l'assiette fiscale par cette activité et, bien sur, à cause des attentes généralement exprimés par les résidents relativement à la tranquillité et à la qualité du paysage, les activités forestières sont souvent mal vues, et ce, même lorsque les hameaux se situent à l'intérieur de territoires d’intérêts forestiers. L'effet déstructurant de la fonction résidentielle sur la foresterie est alors manifeste. Les municipalités davantage dépendantes de cette fonction disposent donc, généralement, d'une réglementation plus sévère, qui peut gêner le développement de la foresterie même sur son propre terrain.

 

Ces problématiques apparaissent toutefois plus sévères dans les municipalités de Chertsey, Saint-Alphonse-Rodriguez, Sainte-Béatrix et Saint-Jean-de-Matha, à cause du très grand nombre de hameaux qu'on y rencontre en territoire d'intérêts forestiers ou agroforestiers.

 

f)         Le récréotourisme

 

En territoire d'affectation forestière, la fonction récréotouristique est relativement présente. À cause des attentes sur la qualité du paysage générée par la clientèle récréotouristique, le récréotourisme est considéré comme une activité déstructurante sur la foresterie au même titre que les autres formes d'occupation, voir davantage, car le développement d'activités extensives vient ajouter à la pression de préservation du paysage.

 

Cependant, considérant la répartition des territoires d’intérêts forestiers, il est très rare qu'une activité récréotouristique se retrouve dans un tel territoire. D'ailleurs, on constate que celle-ci est toutefois très attachée aux territoires d’intérêts récréatifs.

 

g)         La conservation

 

En Matawinie, la conservation, comme formule de gestion de territoires ressources, s'applique essentiellement au parc du Mont-Tremblant couvrant 791 kilomètres carrés. Par ailleurs, le Parc inclut de vastes territoires d’intérêts forestiers, particulièrement au niveau de la plate-forme de la Matawin supérieure. L'inclusion de cet espace à l'intérieur du territoire du Parc constitue donc un choix questionnable dans le contexte d'une planification prétendant relever du développement durable et de la gestion intégrée des ressources.

 

 

 

3.3.3    La valorisation de la ressource forestière sur les terres du domaine public

 

Dans la recherche de la meilleure façon d’orienter les choix d’aménagement forestier, l'estimation de la possibilité forestière joue un rôle de premier plan. Cette estimation requiert une connaissance précise de l'état de la forêt et est à l'origine de la création des cartes écoforestières. Depuis 1989, cette estimation était confiée aux entreprises forestières. Un des changements majeurs générés par la révision du nouveau régime forestier de 1999 à 2001 a pour effet de retourner la responsabilité de cette appréciation au ministère des Ressources naturelles.

 

 

3.3.3.1      L’état général de la forêt

 

Grâce à sa situation géographique, la Matawinie contient pratiquement la totalité des forêts publiques de la région de Lanaudière puisque celles-ci se situent en grande partie au Nord de cette région. En fait, avec ces 8 020 km² de forêts publiques, la Matawinie regroupe plus de 99 % de la forêt publique lanaudoise. La présence de la forêt publique est d’autant plus importante lorsque l’on considère qu’elle représente un peu plus de 86 % de l’ensemble de la forêt du territoire de la MRC.

 

a)         La composition spécifique

 

En s’attardant plus particulièrement à la forêt publique productive (voir tableau 35) et accessible sous contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF), car c’est spécifiquement elle qui est utilisée à des fins d’exploitation commerciale, on remarque que la composition du couvert forestier du territoire est dominée par les essences feuillues. En effet, plus de la moitié de la superficie (54 %) est composée de peuplements feuillus et mélangés à dominance feuillue (voir figure 21). Les peuplements résineux et les peuplements mélangés à dominance résineuse occupent un espace relativement important de la superficie du territoire avec respectivement une proportion de 21 % et de 13 %.

 

Les régions plus nordiques de la forêt publique font en sorte que les résineux, tels que le sapin, l’épinette, le pin et le mélèze (SEPM), constituent environ 36 % du volume marchand brut (voir
figure 22). Viennent par la suite, par ordre d’importance, les feuillus mous (peupliers et bouleau à papier) avec 33 % du volume, les feuillus durs (érables et bouleau jaune) avec 24 %, les autres résineux avec environ 6 % et les autres feuillus avec seulement 1 %.

 

En bref, l’étalement « Nord-Sud » du territoire forestier public de la Matawinie fait en sorte qu’il y a une variation intéressante dans la composition du couvert forestier. Une présence accrue des feuillus durs plus au Sud, qui s’estompent graduellement en remontant vers le Nord, laissant la place à des forêts davantage mélangées et d’une dominance plus marquée des résineux au sommet du territoire matawinien. Cette variation des essences devrait être considérée comme étant une richesse tant au niveau du patrimoine naturel que des diverses formes d’exploitation qu’elle peut engendrer. Elle est aussi à la base de la création des nouveaux territoires d’affectation.

 

b)         La qualité du capital forestier

 

Le tableau 36 donne un bon aperçu de la piètre qualité du capital forestier public de la Matawinie. Par exemple, les essences feuillues semblent avoir été relativement affectées par les prélèvements antérieurs, qui se sont souvent traduits par des coupes d’écrémage abusives. En effet, une forte proportion du volume feuillu est constituée de tiges de qualité inférieure (C et D) et non-classées. En somme, 95 % du volume des feuillus de lumière (bouleau à papier et peupliers), 81 % de celui des feuillus d’ombre (bouleau jaune et érables) et 95 % de celui des autres feuillus se retrouvent parmi ces classes. Cette situation est un peu moins accentuée pour les pins puisque 58 % de son volume se compose de tiges de qualité inférieure et non classées. Le groupement sapin, épinette et mélèze, quant à lui, semble être en bonne santé puisque 90 % du volume de celui-ci se retrouve dans les classes de qualité supérieure (A et B).

 

c)         La structure

 

En aménagement forestier, on vise un équilibre entre la superficie couverte par chacune des classes d’âge. On s’assure ainsi d’avoir une forêt normalisée, c’est-à-dire fournissant des peuplements à maturité année après année. Une forêt déséquilibrée peut devenir problématique lors des périodes où il y a peu de forêts matures disponibles à la récolte. Mentionnons que dans le jargon forestier, l’utilisation du terme « forêt mature » n’est pas vraiment pris au sens écologique du terme, mais il signifie plutôt la maturité financière d’un type de peuplement ou d’essence. C’est-à-dire qu’au-delà de cet âge, le peuplement ou l’arbre n’est plus aussi productif économiquement et qu’il est préférable de le couper et de le remplacer par un plus jeune.

 

Lorsqu’on analyse la structure de la forêt matawinienne, on constate que la forêt publique sous CAAF est relativement jeune puisqu’il n’y a que 37 % du couvert forestier qui a atteint le stade mature. Les forêts jeunes couvrent, quant à elles, 43 % de la superficie accessible, les forêts en régénération 9 % de cette aire et les forêts en voie de régénération 12 %. Il existe donc un déséquilibre dans la structure de la forêt publique sous CAAF.

 

 

3.3.3.2      L’estimation de la possibilité forestière

 

Les données statistiques présentées dans cette section ont été colligées pour l’ensemble des forêts publiques de la région de Lanaudière par le MRN. Puisque la Matawinie contient environ 99 % de ces forêts publiques, la présentation de ces données constitue un aperçu relativement précis sur la valorisation de la forêt publique en Matawinie.

 


a)         L’évolution de la possibilité forestière

 

Le ministère des Ressources naturelles définit la possibilité forestière comme étant le volume maximum annuel de bois que l’on peut récolter à perpétuité sur une superficie donnée sans diminuer la capacité productive du milieu forestier. Le calcul de la possibilité forestière est constamment révisé par la Direction de la gestion des stocks forestiers du MRN et a, par conséquent, tendance à varier dans le temps au fur et à mesure que de nouvelles techniques de calcul et de nouvelles données y sont intégrées. En effet, la possibilité forestière totale de la région de Lanaudière est passée de 1 129 823 m³ en 2000 à 1 103 241 m³ en 2001, soit une diminution de 2,4 % en un an seulement. Le tableau 37 montre que tous les grands groupes d’essences ont subi une baisse importante de leur possibilité forestière respective, mis à part celle du groupe SEPM qui a grimpé considérablement.

 

Dans l’aire commune 62-01, qui couvre en grande partie les territoires municipalisés de la Matawinie, la possibilité annuelle de coupe a aussi subi quelques variations à travers le temps. Entre 1990 et 1995, la possibilité forestière globale a augmenté d’environ 5 %, passant de 167 300 m³ à 175 900 m³. Cette augmentation est attribuable à une hausse de la possibilité des feuillus de lumière (bouleau à papier et peupliers) qui a augmenté de plus de 67 %, tandis que celle des autres essences a soit diminué ou est demeurée relativement stable. Au PGAF de 2000, la révision de la possibilité forestière dans cette aire commune est tout à fait différente de celle de 1995. En effet, la possibilité annuelle de coupe totale a diminué d’environ 6 % et celle des feuillus de lumière d’environ 19 %. En fait, la possibilité totale de 2000 se retrouve même en dessous de celle calculée en 1990, soit 164 800 m³. Seule la possibilité forestière du sapin et des épinettes a augmenté (8 %) entre 1995 et 2000.

 

L’analyse de l’évolution des possibilités forestières montre à quel point les techniques de calcul et d’évaluation de la capacité de production de nos forêts changent avec le temps. Les méthodes d’aménagement, l’ajout de nouvelles variables, de nouvelles données de croissance, de nouvelles contraintes à l’exploitation forestière et le perfectionnement des méthodes de calcul permettent progressivement d’évaluer avec plus de précision la capacité de production des forêts.

 

b)         La répartition de la possibilité forestière

 

La possibilité forestière de la Matawinie a été évaluée selon le prorata de la superficie des aires communes qui chevauchent la région, ce qui nécessite certaines manipulations. Bien que cette méthode ne représente pas la réalité exacte, elle donne un bon aperçu de la capacité de production des forêts de la MRC.

 

Le plus récent calcul (2001) nous montre que la possibilité forestière a été évaluée à 1 103 241 m³ pour l’ensemble des espèces, dont 534 325 m³ pour l’ensemble des essences feuillus et à 568 916 m³ pour les essences résineuses (voir tableau 38). Le groupe SEPM est fort bien représenté sur le territoire puisqu’il constitue 48,7 % (537 547 m³) de la possibilité forestière totale, surtout concentré dans les aires communes du Nord de la Matawinie. Les peupliers et le bouleau à papier sont les deux (2) espèces feuillues ayant la plus grande possibilité forestière avec respectivement 14,2 % et 16,8 % de la possibilité totale. Les feuillus durs tels que le bouleau jaune et les érables, constituent ensuite une bonne part de la possibilité forestière totale (7,2 % et 9,5 %), tandis que les autres essences feuillues et résineuses représentent une petite fraction de celle-ci.

 

c)         L’attribution des volumes de bois

 

Le tableau 39 nous montre qu’en 2000 et 2001 les volumes disponibles des groupes d’essence SEPM et peupliers sont attribués en grande partie aux industriels. Il reste alors peu d’ouvertures pour développer d’autres usines de grande envergure exploitant ces essences. Toutefois, les volumes des autres résineux et feuillus ne sont pas tous attribués et il serait intéressant de profiter davantage du potentiel de ces essences. Cependant, le regroupement de plusieurs essences résineuses et feuillues dans deux (2) seules catégories ne nous permet pas de déterminer quelles sont les avenues possibles. En fait, il nous faudrait une division plus fine de ces deux (2) groupements d’essences afin de déterminer quelles essences sont utilisées à leur pleine capacité et quelles essences pourraient être l’objet d’attributions supplémentaires.

 

Les données compilées au niveau de l’Unité de gestion 62 (l’Assomption-Mattawin) nous permettent d’évaluer le degré d’attribution des essences à une échelle plus fine. Ainsi, en analysant le tableau 40, on confirme qu’il ne peut y avoir d’attribution supplémentaire importante pour les groupes SEPM et peupliers. Pour les autres résineux, seul le thuya pourrait être l’objet de nouvelles attributions importantes puisque son volume disponible n’est qu’attribué à un peu plus de 50 %. Les volumes de pruche et de pins (rouge et blanc) ne sont pas tous attribués, mais ils demeurent relativement petits. En ce qui a trait aux autres feuillus, le volume de bouleau jaune n’est attribué qu’à 51,6 %, celui des érables à seulement 28,5 % et celui du bouleau à papier à 73,7 %. On ne profite donc pas du plein potentiel de ces trois (3) essences. Dans une moindre mesure, le volume des autres feuillus durs est peu utilisé.

 

 

3.3.3.3      Les stratégies d’aménagement forestier visant la production de matière ligneuse

 

a)         La recherche d'une forêt normalisée

 

Une forêt normalisée, c’est-à-dire où toutes les classes d’âge couvrent environ la même superficie sur une unité d’aménagement forestier, est souvent perçue comme étant la structure idéale pour assurer un approvisionnement constant sans rupture de stock. En effet, à la lecture des plans généraux d’aménagement forestier, il est évident que les principaux bénéficiaires de CAAF du territoire de la Matawinie visent l’obtention d’une forêt normalisée pour l’ensemble des peuplements qui ont une structure équienne. Précisons que les peuplements inéquiennes (souvent la plupart de nos érablières) ne peuvent être traités de la même façon, car ils contiennent chacun un entremêlement d’arbres d’âge différent.

 

Plusieurs études démontrent que les forêts sont rarement parfaitement normalisées. La structure des forêts est souvent dépendante du cycle des perturbations naturelles et de l’étendue des dégâts. Les périodes où les perturbations naturelles sont fréquentes et affectent une grande superficie forestière auront tendance à former une structure où les peuplements jeunes ou en régénération dominent. À l’inverse, les périodes et les endroits plutôt calmes favoriseront le vieillissement des forêts.

b)         Les coupes totales ont toujours la faveur

 

Les interventions forestières abusives ont donc un effet similaire à un cycle de perturbations naturelles plutôt court, même si les effets sur la régénération subséquente comportent des différences majeures. Par contre, la différence se situe surtout au niveau de la localisation de plusieurs interventions forestières survenues dans le passé. Comprenant mal la dynamique des forêts, plusieurs coupes à blanc peuvent avoir été exécutées sur de vieux peuplements peu susceptibles aux perturbations naturelles, donc au rajeunissement abrupt. Laissés à eux-mêmes, ces types de peuplements se régénèrent graduellement, car les jeunes semis et les petites tiges se développent très bien, voir même mieux, à l’ombre et offrent un certain équilibre entre les classes d’âge à l’échelle du peuplement qui assure le renouvellement des tiges matures. L’ouverture subite du couvert forestier peut donc changer radicalement la composition du peuplement et la structure du peuplement. Les essences intolérantes à l’ombre (les peupliers par exemple) profitent, par contre, massivement de ces ouvertures et forment ainsi un jeune peuplement où tous les arbres ont sensiblement le même âge.

 

Combiné aux perturbations naturelles, l’incompréhension de la dynamique de ce type de peuplement inéquienne a pu engendrer une forêt majoritairement jeune. Heureusement, les connaissances et la volonté des intervenants forestiers se sont accrues et les peuplements inéquiennes sont traités de façon différente aujourd’hui, c’est-à-dire par des coupes partielles (coupe de jardinage). Il ne faut pas négliger qu’un déséquilibre important dans la structure d’âge de la forêt peut devenir une problématique d’approvisionnement pour certains secteurs forestiers, notamment les usines de déroulage qui requièrent des billes ayant un fort diamètre, donc issues généralement d’arbres matures. Par contre, pour y remédier, les industriels innovent de plus en plus en mettant au point de nouvelles technologies qui permettent la transformation des petites billes de bois.

 

c)         Objectifs d'aménagement visés au sein des plans quinquennaux

 

Pour la période allant de 1995 à 2000, le MRN a fixé les travaux sylvicoles à réaliser annuellement par les bénéficiaires de CAAF de la région de Lanaudière. L’ensemble des travaux touche une superficie totale de 12 353 hectares de forêt à chaque année, dont 7 708 hectares (62 %) sont coupés sous forme de coupe avec protection de la régénération et des sols (CPRS).

 

Il semble que les coupes totales (CPRS) soient encore prisées par les bénéficiaires et le MRN, car seulement 26 % (8 184 ha) de la superficie des coupes de bois est sous forme de coupes partielles (éclaircies commerciales, coupes de jardinage, etc.). Les coupes totales étant pour la plupart du temps les opérations forestières les plus rentables pour approvisionner les bénéficiaires de CAAF, il semble donc que c’est la rentabilité qui guide le type de coupe effectué sur le territoire. Toutefois, les peuplements de structure équienne et mature du Nord du territoire favorise l’utilisation de la coupe totale, tandis que les peuplements inéquiennes, surtout situés plus au Sud, les coupes partielles.

 

Les autres travaux sylvicoles réalisés sont le reboisement et les travaux connexes sur 458 hectares par année et les traitements non commerciaux sur 976 hectares. Grâce à ces interventions et à un choix judicieux de coupe selon les caractéristiques des peuplements, il est possible de maintenir ou d’améliorer les conditions de croissance des espèces commerciales désirées. Le maintien ou l’amélioration de ces conditions doivent assurer le renouvellement de nos forêts afin d’alimenter le dynamisme des espaces forestiers affectés spécifiquement à l’industrie.

 

 

 

3.3.4    La valorisation de la ressource forestière sur les terres du domaine privé

 

 

3.3.4.1      L’état général de la forêt

 

Les forêts privées de la Matawinie se situent essentiellement en territoire municipalisé et, plus particulièrement, dans la partie des Basses Laurentides. La superficie forestière privée est estimée à plus de 1 232 km², ce qui représente un peu plus de 51 % de la forêt privée de la grande région de Lanaudière et 14 % de l’ensemble de la forêt de la Matawinie.

 

a)         La composition spécifique

 

En comparaison avec la forêt publique, les essences feuillues sont encore plus dominantes sur les terres forestières privées. En fait, les peuplements feuillus et les peuplements mélangés à dominance feuillue couvrent 67 % de la superficie forestière productive et accessible (voir
figure 22). Par conséquent, les peuplements à dominance résineuse occupent beaucoup moins de place, soit 25 % du territoire, 11 % de moins qu’en forêt publique. La prédominance des feuillus est typique de l’érablière Laurentienne qui, située plus au Sud, bénéficie alors de conditions plus favorables à la colonisation par une grande diversité d’essences feuillues.

 

Cette diversité fait en sorte que le volume marchand brut de la forêt privée semble être mieux réparti entre les différentes espèces d’arbre présentes en Matawinie (voir figure 22). Les érables occupent une place très importante en formant 31 % de ce volume, soit 20 % de plus qu’en forêt publique. Par ailleurs, la proportion de sapin, épinette et mélèze (SEPM), de même que celle des feuillus mous et du bouleau jaune sont beaucoup moins importantes. Les pins, la pruche et les autres feuillus sont aussi mieux représentés.

 

En plus de leur beauté naturelle et de leur valeur économique, les peuplements de feuillus d’ombre peuvent permettre la mise en valeur de ressources complémentaires à l’exploitation de la matière ligneuse. On a qu’à penser à l’acériculture, qui connaît en ce moment une forte croissance, et la possibilité de récolte d’If du Canada qui contient une substance, le taxol, efficace dans le traitement des maladies cancéreuses.

 

b)         La qualité du capital forestier

 

Les forêts privées semblent encore plus dégradées que celles appartenant à l’État, surtout en comparant la qualité des feuillus durs et des pins. En effet, on remarque que 95 % des espèces sont de qualité inférieure ou non classées, soit 14 % de plus pour les feuillus d’ombre et 37 % de plus pour les pins (voir tableau 41). La situation est comparable dans les deux (2) types de tenure pour les feuillus de lumière (97 %) et les autres feuillus (96 %), quoiqu’elle ne soit pas plus reluisante. Toutefois, le groupement sapin, épinette et mélèze semble aussi être en bonne santé puisque 96 % du volume de celui-ci se retrouve dans les classes de qualité supérieure (A et B).

 

c)         La structure

 

L’incidence de la récolte et des autres perturbations semble avoir eu plus d’impact sur la structure de la forêt privée puisqu’il y a seulement 17 % du couvert forestier qui a atteint le stade mature, comparativement à 37 % en forêt publique sous CAAF. Les forêts jeunes couvrent, quant à elles, 69 % de la superficie accessible, les forêts en régénération 6 % de cette aire et les forêts en voie de régénération 8 %. Dans une optique de développement durable, il est clair que des efforts doivent être faits pour corriger cette situation.

 

 

3.3.4.2      L’estimation de la possibilité forestière

 

Les données statistiques pour la forêt privée de la Matawinie sont plus difficiles à évaluer, car elles ont principalement été colligées pour l’ensemble de la région administrative de Lanaudière. Par contre, le territoire forestier privé de la Matawinie est le plus important des MRC de Lanaudière puisqu’il contient environ 51 % du volume sur pied de cette région et qu’il est boisé à 77 % de sa superficie. Afin d’obtenir un portrait général de la valorisation de la forêt privée en Matawinie, nous avons donc calculé certaines données manquantes au niveau de l’unité territoriale de la MRC selon le prorata du volume sur pied. Les données présentées dans cette section ont été calculées à partir de celles contenues dans le document de planification du Plan de protection et de mise en valeur des forêts privées de l’Agence de mise en valeur de la forêt privée de Lanaudière. Toutefois, ces données ne sont utilisées qu’à titre indicatif, car l’estimation de la possibilité forestière en forêt privée est relativement récente et comporte plusieurs lacunes.

 

a)         Répartition de la possibilité forestière

 

La possibilité forestière des forêts privées de la Matawinie est évalué à 62 156 m³ pour les essences résineuses et à 103 250 m³ pour les feuillus. Le groupement sapins-épinettes constitue plus de 70 % de la possibilité des résineux et plus de 26 % de la possibilité forestière totale. Les feuillus durs occupent une grande place en forêt privée puisqu’ils représentent environ 81 % de la possibilité des feuillus et plus de 50 % de la possibilité forestière totale, tandis que les peupliers en constituent respectivement près de 19 % et 12 %.

 

b)         Le respect de la possibilité forestière

 

À partir des volumes déclarés depuis 1997-1998 par les industriels forestiers et d’une estimation pour la récolte de bois de chauffage de la région de Lanaudière, on peut remarquer que la forêt privée est quasiment utilisée à sa pleine capacité. En effet, le tableau 42 révèle que le volume moyen récolté entre 1997 et 2000 représente 98 % de la possibilité forestière en forêt privée. On peut constater que les groupements « sapins-épinettes » et « peupliers » subissent de fortes pressions, car ils sont surutilisés. Une présence accrue des usines de transformation de « sapins-épinettes » et de « peupliers » dans la région explique ces pressions et l’appât du gain a convaincu plus d’un propriétaire. D’un autre côté, les groupes « autres résineux » et « feuillus durs » semblent être sous utilisés, plus particulièrement les feuillus durs pour lesquels on ne profite pas du plein potentiel de production.

 

La sous-utilisation du groupe « autres résineux » peut s’expliquer, quant à elle, par le fait que le thuya et la pruche aient été très peu exploités ces dernières années. Il faudrait une division plus fine des groupements d’essences afin d’évaluer plus précisément le respect de la possibilité forestière de chacune des essences. Ainsi, on pourrait déterminer si la possibilité forestière des pins est respectée sans subir les effets de la sous-utilisation des autres essences du groupe.

 

On dénote aussi un manque de marché pour les « feuillus durs » puisqu’ils ne sont pas utilisés à leur pleine capacité. De plus, 80 % de la récolte annuelle de ce groupe d’essences est destiné à la production et la vente de bois de chauffage, tandis que le bois de qualité pâte, sciage et déroulage ne représente respectivement que 13,2 %, 6,6 % et 0,2 % du volume moyen récolté de ces dernières années. Il serait intéressant de déterminer si le manque de marché pour la pâte, le sciage et le déroulage est une conséquence de la mauvaise qualité des tiges feuillues, en général, ou plutôt, si c’est le marché du bois de chauffage qui se porte bien. Dans le premier cas, il faudrait accentuer les efforts de mise en valeur et d’aménagement afin d’améliorer la qualité des tiges de la génération à venir et ainsi permettre le développement du marché du déroulage et du sciage. Soulignons que le développement de tiges de qualité favorise les marchés à valeur ajoutée, car ils encouragent la deuxième et la troisième transformation et créent, par conséquent, beaucoup plus d’emplois que la récolte, la vente et la combustion de bois de chauffage.

 

Suite à l’analyse du calcul et du respect de la possibilité forestière, l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de Lanaudière a émis un constat qui reflète bien la réalité en forêt privée : « La forêt privée est d’une richesse sans pareil de par ses conditions écologiques et climatiques, l’aménagement forestier qui s’y pratique actuellement ne permet pas d’en utiliser et d’en développer son plein potentiel, tant du point de vue écologique que socio-économique ».

 

c)         Les stratégies d’aménagement forestier visant la production de matière ligneuse

 

La création de l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de Lanaudière a apporté une aide technique et financière qui facilite la mise en valeur et l’aménagement forestier des propriétés privées. Les propriétaires ont davantage d’outils disponibles pour effectuer d’autres formes d’interventions forestières que les coupes totales, voir la liquidation des lots forestiers privés et les coupes d’écrémage qui étaient les seules alternatives possibles offertes pour générer des revenus intéressants.

 

Depuis 1997, le nombre de producteurs forestiers ayant réalisé des travaux subventionnés par l’Agence augmente d’année en année en Matawinie et les travaux sont assez variés. En effet, le nombre de producteurs desservis est passé de 118 (1998-1999), à 128 (1999-2000) et à 154 (2000-2001). Les travaux effectués et subventionnés vont de la préparation de terrain à la plantation, l’entretien des plantations, les traitements commerciaux (les coupes partielles en général), la préparation de plans d’aménagement, les travaux de voiries et de drainage.

 

Évidemment, la quantité de ces travaux d’aménagement exécutés est dépendante du budget dont l’Agence dispose d’année en année et celui-ci connaît quelques variations. En effet, les versements d’aide aux propriétaires privés de la Matawinie étaient de 660 224 $ en 1998-1999, ensuite ils sont passés de 848 783 $ à 731 149 $ lors des deux (2) années suivantes. Le budget peut sembler important à première vue, mais il est considéré insuffisant pour favoriser la mise en valeur des forêts privées, surtout si l’on considère que celui-ci doit être réparti entre un nombre grandissant de propriétaires. Malgré le potentiel de rendement relativement élevé des forêts privées de Lanaudière, cette région se situe au 14e rang sur 17 sur le plan des montants d’argents alloués par le gouvernement et l’industrie forestière. Pourtant, la région de Lanaudière occupe le 12e rang pour la récolte de bois sur les terres privées destiné aux industries. Rajoutant cette insuffisance de fonds au fait que les objectifs d’aménagement multiressources d’un bon nombre de propriétaires ne sont pas rencontrés par les normes actuelles du programme d’aide, l’introduction d’une réelle mentalité forestière en forêt privée est particulièrement difficile.

 

 

 

3.3.5    Le dynamisme des entreprises forestières

 

 

3.3.5.1      Évolution historique et technologique

 

Les changements technologiques qu’a connus l’industrie forestière ces dernières décennies ont essentiellement touché les procédés et les équipements de production. La première vague de modernisation, axée sur la productivité, a entraîné une mécanisation poussée de la machinerie qui a encouragé la surexploitation de la ressource. La seconde vague, influencée elle aussi par l’amélioration du rendement, a été associée à la nécessité d’assurer la pérennité de la ressource, ce qui a redirigé la recherche vers des outils générant des répercutions moindres sur le sol et le couvert végétal en phase de régénération. De plus, l’informatisation de certains procédés a réduit les corvées manuelles et a amélioré la gestion des entreprises. En contrepartie, ces avantages technologiques ont entraîné des pertes d’emplois et certaines difficultés à recruter du personnel, dont la formation est adaptée aux nouveaux outils. Voici quelques éléments de connaissance à ce sujet.

 

 

3.3.5.2      La recherche de la rentabilité opérationnelle

 

Depuis que les grandes entreprises forestières interviennent au Québec et en Matawinie, la rentabilisation des opérations forestières a toujours été au cœur de toute stratégie d'aménagement forestier. Ces stratégies qui ont fait le succès de ces entreprises sont, aujourd'hui, remises en question dans une perspective de développement durable et de gestion intégrée des ressources. Avant de les aborder, voici quelques mots sur les approches conventionnelles de la rentabilité opérationnelle.

 


a)         Stratégies conventionnelles de l’encadrement forestier en terres publiques

 

Plus on s'éloigne vers le Nord, plus les coûts alloués pour le transport sont élevés, car on s'éloigne de plus en plus des marchés et des grands bassins de population. Aussi, le climat y étant plus rigoureux, on observe une productivité moins grande au niveau des écosystèmes forestiers. Globalement, les coûts d'exploitation de la forêt nordique ont donc toujours été plus élevés et pendant de nombreuses années, cette forêt a été peu ou pas exploitée. Afin de rendre ces territoires nordiques plus attrayant aux entreprises forestières, le gouvernement a établi un système de redevances fixant des coûts plus élevés pour la forêt du Sud et moins élevés pour la forêt nordique. Le ministère des Ressources naturelles a aussi créé des programmes de subventions plus généreux pour les forêts nordiques. Ces redevances sur le bois servent en partie à financer les activités d’aménagement forestier, mais contribuent aussi largement au financement des dépenses de l'État dans des domaines comme la santé et de l’éducation.

 

Du côté des entreprises forestières, la gestion des opérations au niveau des chantiers et du transport génèrent des dépenses astronomiques. La rentabilité des opérations est directement reliée à la qualité et à la quantité des volumes récoltés dans une période de temps donné et dans ce contexte, la coupe totale sur de grandes superficies demeure l'intervention qui génère la plus forte productivité au niveau des chantiers. Dans cette situation, la coupe totale constitue un choix stratégique que les grandes entreprises acceptent difficilement de remettre en question, surtout devant certains peuplements matures à structure équienne, pour lesquels la coupe totale constitue un mode, sinon le mode d'intervention le plus approprié.

 

b)         Stratégies conventionnelles de l’encadrement forestier en terres privées

 

Avec la création de la machinerie adaptée aux opérations forestières, soit depuis l'après-guerre (1950), l'approche la plus couramment appliquée consiste à pratiquer une coupe totale sur un lot où le peuplement est parvenu à maturité financière. On bûche sur un seul lot, parfois deux (2), mais rarement plus. La coupe est habituellement réalisée par une petite entreprise forestière qui, dans certains cas, achète les lots pour les revendre à moindre coût, sinon réalise les travaux à la demande d'un propriétaire. Cela nous fait dire que les entreprises forestières privées sont nomades et, dans ce contexte, la rentabilité à court terme apparaît comme le principal motif dans le choix des interventions. Cela génère un maximum de revenus à court terme pour le propriétaire et l'exploitant, mais explique aussi l'état précaire de nos forêts en terre privée.

 

Tout comme pour les grandes entreprises, plusieurs petits entrepreneurs hésitent encore à moduler leurs interventions pour répondre à des besoins autres que la rentabilité à court terme, d'autant plus que leur planification peut difficilement dépasser l'année en cours. Prévoir sur du plus long terme nécessiterait d'acquérir un plus grand nombre de lots en forêt mature, ce qui représente des coûts considérables.

 

 


3.3.5.3      Le positionnement des entreprises forestières matawiniennes

 

a)         Par rapport aux volumes de bois attribués dans le cadre du régime québécois

 

Il existe un grand nombre de bénéficiaires de CAAF qui s’approvisionnent en partie ou en totalité sur le territoire de la Matawinie. La présentation d’une liste exhaustive de tous ceux-ci n’est pas utile dans un contexte d’aménagement du territoire de la MRC, mais il est opportun de faire ressortir quelques faits reflétant le dynamisme de l’approvisionnement et de l’aménagement forestier.

 

La majorité du volume de bois de la Matawinie est attribuée à des entreprises locales, surtout dans les aires communes situées en totalité ou presque sur le territoire (62-01 et 62-02). En effet, le tableau 43 montre qu’environ 65 % du volume de bois attribué est concentré dans ces deux (2) aires communes et que celui-ci approvisionne en grande partie les usines de la région. Les autres bénéficiaires de CAAF, qui sont localisés à l’extérieur, n’ont que de faibles attributions dans ces aires communes. Par contre, un volume important de bois est aussi attribué à des bénéficiaires de l’extérieur des limites de la MRC. Par exemple, dans les aires communes 41-02, 43-02 et 43-20, la plupart des volumes sont consentis à des entreprises de la région administrative de la Mauricie. Il s’agit, toutefois, d’un fait peu étonnant puisque ces aires communes s'étendent davantage sur les régions voisines. Cependant, les quelques bénéficiaires issus de la Matawinie peuvent y récolter un volume relativement important, sauf dans l’aire commune 41-02. Le même constat peut être établi pour les aires communes dont la superficie est en grande partie localisée sur l’autre région administrative voisine, soit les Laurentides (61-01, 61-02 et 64-03). Encore une fois, les bénéficiaires matawiniens y obtiennent leur juste part du gâteau.

 

Cette analyse n’est pas des plus représentative de la réalité puisqu’il faut préciser que les bénéficiaires ayant des attributions dans les aires communes chevauchant deux (2) régions administratives préfèreront souvent récolter leur volume attribué plus près du lieu de transformation. Par exemple, un bénéficiaire de la Mauricie peut décider, suite à des négociations avec un bénéficiaire de la Matawinie, de récolter une plus grande partie de ses attributions dans la partie d’aire commune se situant plus près de son usine, laissant ainsi l’autre partie se trouvant en Matawinie à la disposition de son bénéficiaire voisin. Le but recherché est de diminuer les coûts reliés au transport du bois, à la construction et à l’entretien de chemins. Donc, certains volumes de bois, qui théoriquement sortiraient de la région, sont en réalité transformés en Matawinie.

 

b)         Par rapport à la mosaïque des entreprises forestières

 

Sur les 25 entreprises titulaires d’un permis de transformation du bois que la Matawinie compte actuellement, 12 sont bénéficiaires d’un CAAF. Le tableau 44 indique que tous les titulaires de permis transforment la matière ligneuse pour en obtenir du bois de sciage, sauf un seul transformateur qui se spécialise dans la fabrication de panneaux agglomérés. Il n’y a aucune entreprise de pâtes et papier, ni de déroulage dans la région. La majorité des transformateurs utilise à la fois des essences résineuses et feuillues, tandis que trois (3) scieries ne transforment que le bois feuillu et deux (2) scieries que le bois résineux.

 

Il semble que les petites entreprises forestières occupent une place importante dans la région puisque 72 % des transformateurs consomment moins de 25 000 m³ et 60 % moins de 10 000 m³. En fait, seulement cinq (5) entreprises consomment plus de 10 000 m³ par année.

 

c)         La problématique du transport interrégional

 

Le chevauchement de plusieurs aires communes entre deux (2) territoires voisins implique un flux de transport et d’échanges de bois entre les usines des régions des Laurentides, de la Matawinie et de la Mauricie. Le ministère des Transports du Québec identifie les routes dévolues aux camions lourds. En Matawinie, les principales routes reconnues à cette fin sont celles du réseau supérieur, soit les routes 131 à l’Est et 125 à l’Ouest, qui sont toutes deux (2) dans l’axe Nord-Sud. La matière ligneuse du Nord, principalement du territoire non-organisé, transite convenablement vers le Sud, bien que le passage des camions dans certains villages le long de la route 131 soit problématique par endroit.

 

Par ailleurs, les déficiences du réseau Est-Ouest rendent plus problématique le transport dans cette direction. Deux (2) axes physiographiques jouent un rôle stratégique à cette fin, soit celui de la Mattawin à la hauteur de la municipalité de Saint-Michel-des-Saints et celui du Grand Corridor à la hauteur de Notre-Dame-de-la-Merci et de Sainte-Émélie-de-l’Énergie. Ces deux (2) axes sont occupés respectivement par la route reliant La Macaza à Saint-Michel-des-Saints et par la route 347 qui vient d'être reprise par le ministère des Transports du Québec. Ces routes ont fait l'objet de travaux d'amélioration sensibles entre 1996 et 2001, mais présentent toujours des déficiences marquées rendant la sécurité hasardeuse. Présentement, l’absence d’un lien routier Est-Ouest important et reliant la Matawinie à ses régions voisines des Laurentides et de la Mauricie, constitue une lacune pour optimiser l’approvisionnement, l’aménagement et l’utilisation de la matière ligneuse.

 

d)        L'activité forestière et l'économie régionale

 

Le MRN évalue le taux de dépendance de la MRC de Matawinie face à l’industrie de la transformation du bois à 32,9 %. À Saint-Michel-des-Saints et Saint-Zénon, cette dépendance serait complète (100 %). Ces statistiques nous révèlent donc l’importance et la contribution de l’activité forestière dans l’économie de la région. Après l’agriculture, c’est le domaine qui compte la plus forte proportion d’employeurs du secteur primaire, soit 58, ce qui représente 32 % des employeurs de ce secteur. De plus, 48 % des employés (434 personnes) du secteur primaire travaille dans l’exploitation forestière, ce qui est légèrement supérieur à l’agriculture (45 %).

 

Dans le secteur secondaire, les industries du bois représentent près de 25 % des employeurs et plus de 31 % des employés des secteurs manufacturiers de la MRC, soit 554 personnes (1998). Il y a aussi 17 employeurs des industries du meuble et des articles d’ameublement en Matawinie. Les activités liées à la foresterie se concentrent donc essentiellement dans le Nord de la région, principalement à Saint-Michel-des-Saints qui compte plus de 40 % des entreprises du secteur primaire. Cette municipalité constitue pour cette raison le principal pôle forestier régional, alors que celles de Chertsey et Sainte-Émélie-de-l’Énergie apparaissent comme des pôles de second ordre.

 

3.3.5.4      La recherche de la plus-value

 

a)         La fabrication de produits à valeur ajoutée

 

Outre les productions primaires de bois, telles que les produits du sciage, la Matawinie compte un nombre considérable d’entreprises fabricant des produits à valeur ajoutée à partir du bois. Par valeur ajoutée, on entend un produit dont la fabrication nécessite une seconde, voir même une troisième transformation de la matière première, en l'occurrence, le bois. Le Centre de recherche industrielle du Québec tient un répertoire de ce type d’usines qui peuvent s’enregistrer sur une base volontaire. Selon ce répertoire, il existe à ce jour environ une quinzaine d’entreprises qui oeuvrent ici dans la deuxième transformation et ils fournissent environ 123 emplois. La production est surtout orientée vers la fabrication d’articles d’ameublement, de portes et de fenêtres. Cependant, il existe d’autres types de productions sur le territoire, tels la fabrication de palettes, bois tourné, lits, armoires, patères, cadres, moulures, escaliers et autres produits architecturaux.

 

La plus importante entreprise générant une valeur ajoutée est Louisiana-Pacifique à Saint-Michel-des-Saints qui fabrique des panneaux agglomérés à partir d’essences résineuses et feuillues. Cette usine procure une quantité considérable d’emplois directs (172) et indirects dans cette région. Mentionnons enfin que certaines usines de sciage fabriquent aussi des produits spécialisés, tels que du bois jointé, des dormants et d’autres composantes sur commande. Le reste du portrait est difficile à compléter de façon précise puisqu’il n’existe pas de registre exhaustif de toutes les entreprises de deuxième transformation du bois.

 

b)         La plantation d'essences à haute valeur

 

Le recours aux plantations avec des essences améliorées, telles que les espèces hybrides, constitue une technique d’aménagement qui peut améliorer la production des forêts de la Matawinie. L’amélioration génétique des semi-destinés à la plantation a permis de développer des essences ayant un taux de croissance supérieur à celui des forêts naturelles. Ainsi, on espère récolter ces arbres plus rapidement et pallier la faible production de nos forêts naturelles par rapport aux compétiteurs des autres pays et régions du Canada. De plus, le reboisement sert aussi à remettre en production des sites mal régénérés après des activités de coupe, à améliorer la qualité spécifique de certains peuplements et à augmenter la superficie productive des forêts.

 

La production d’arbres de Noël, la culture du ginseng, la récolte de petits fruits, de champignons et plantes médicinales, telles l’if du Canada, peuvent être valorisées sur le territoire sans pour autant qu’il y ait d’information à ce sujet. En fait, il existe très peu de renseignements sur les autres activités de type agroforestière qui se déroulent dans les forêts de la Matawinie, mais cela ne signifie en rien que le potentiel soit absent.

 

c)         Les modes de gestion basés sur la valorisation de l'ensemble des ressources

 

Depuis plusieurs générations déjà, la production acéricole constitue une forme d'exploitation qui associe cueillette de sève et récolte sélective du bois, qu'il soit destiné au chauffage ou au sciage. L'érablière supporte d'autres formes d'exploitation qu'il nous reste à découvrir, comme celle de l'ail des bois, dont nous avons collectivement raté la valorisation. Depuis quelques années, la création de l'Agence de mise en valeur des forêts privées de la région de Lanaudière permet un soutien à l'aménagement intégré des boisés privés. Ultimement, la mission de l'Agence est d'engager la valorisation de l'ensemble des ressources forestières du domaine privé. Elle soutient les propriétaires fonciers qui font appel aux services d’un ingénieur forestier qui fournit un plan d’aménagement sur un horizon de dix (10) ans tenant compte de l’ensemble des ressources. Dans la région de Lanaudière, le nombre de propriétaires qui ont un plan d’aménagement conforme pour leur propriété est estimé à 8 300 au 31 mars 2002, 1 268 propriétaires étaient enregistrés au Syndicat des producteurs de bois et ont donc une reconnaissance de producteur forestier.

 

L’implantation de fermes forestières est un autre bon moyen de revaloriser l’espace forestier municipal dans une perspective de gestion multiressource. Ce type d'entreprise permet de produire des tiges de plus haute qualité, d'assurer un approvisionnement facilement quantifiable aux moulins environnants, en plus de fournir les conditions idéales à la gestion multiressource, particulièrement en contexte récréotouristique comme c'est le cas en Matawinie. Pour plusieurs municipalités qui ne bénéficient pas des emplois créés par les moulins à scie, les fermes forestières permettent d'assurer des retombées économiques dans la municipalité locale elle-même. Il s’agit également d’un moyen de réoccuper l’espace municipal dans un contexte où la croissance de la population dans les municipalités plus éloignées est moins vigoureuse.

 

d)        Les lots intramunicipaux visés à des fins de transfert à la MRC

 

Au printemps 1998, le ministère des Ressources naturelles du Québec remettait à la MRC un tableau représentant les lots épars susceptibles de faire l’objet d’un transfert vers la MRC de Matawinie. Ces lots représentent une superficie cumulée de 104 kilomètres carrés et occupent toutes sortes de lieux, généralement des endroits peu accessibles. Le transfert en lui-même doit se faire selon certaines règles ayant pour but d’en assurer une utilisation responsable.

 

La MRC étant à réviser ses grandes affectations du territoire, il apparaissait alors opportun d’attendre la fin de l’exercice avant de déposer, à l’attention du Ministère, une proposition attribuant un cadre d’aménagement à chacun de ces lots. Le PSAR 2 constitue ce cadre et cela va permettre de relancer le projet de transfert.

 

 

3.3.5.5      Le renouvellement du personnel

 

a)         L’entrepreneuriat

 

Les bénéficiaires de CAAF, qui autrefois exécutaient eux-mêmes les différents travaux d’aménagement forestier sur leur territoire, font de plus en plus appel à des entrepreneurs spécialisés. Les industriels préfèrent, dorénavant, se concentrer sur les activités d’aménagement du territoire et de transformation du bois et octroient différents contrats pour la réalisation des travaux en forêt. Que ce soit par souci de rentabilité ou pour toutes autres raisons, ce phénomène a provoqué la multiplication des entrepreneurs forestiers spécialisés, dont certains oeuvrent aussi en forêt privée.

 

Les entrepreneurs forestiers de la Matawinie sont assez nombreux et les spécialisations variées. Ceux qui offrent des services d’exécution de travaux forestiers ont dû, pour la plupart, acquérir de la machinerie pour s’ajuster à la mécanisation des travaux en forêt. Cette machinerie est fort coûteuse et l’achat de celle-ci nécessite des emprunts majeurs et change le visage financier des petits entrepreneurs. Ils font face, désormais, à un endettement élevé et doivent, par conséquent, obtenir d’importants contrats de travaux forestiers pour rentabiliser les opérations de leur entreprise.

 

D’autres entrepreneurs se spécialisent dans le transport du bois, d’autres dans la vente d’équipement forestier et certains professionnels offrent des services-conseils en foresterie. L’entrepreneuriat forestier est donc fort présent en Matawinie et il est source de nombreux emplois et retombées économiques pour la région.

 

b)         Le renouvellement de la main-d’œuvre

 

On observe, depuis quelques années, que la tâche de travailleur forestier attire peu de gens, notamment à cause d’une qualité de vie peu enviable comparativement aux emplois offerts près des municipalités. En effet, le travailleur forestier doit travailler loin de sa famille et des services et ce type d'emploi exige des efforts physiques importants sur de longues heures de travail. Il s'agit, la plupart du temps, d'emplois saisonniers pour lesquels la rémunération est parfois jugée insuffisante en considérant les exigences du travail. Bref, toutes ces conditions peu enviables et la mauvaise perception du public, en général, face aux travailleurs forestiers entraînent une difficulté de recrutement de la main-d’œuvre, à laquelle s’ajouteront à moyen terme plusieurs départs pour la retraite. Des difficultés d’approvisionnement de bois aux usines causées par un manque de travailleurs forestiers sont donc prévisibles.

 

c)         La formation de la main-d’œuvre

 

Avec la mécanisation et l’informatisation des méthodes de récolte et de transformation du bois, l’industrie forestière requiert une main-d’œuvre de plus en plus formée et qualifiée. Les travailleurs forestiers doivent s’adapter aux nouvelles techniques de production puisque leur développement et leur mise en application sont nécessaires pour que l’industrie bénéficie d’avantages concurrentiels. Cependant, les employés qualifiés sont peu disponibles et il en découle une nécessité de perfectionnement de la main-d’œuvre et de la relève.

 

Les propriétaires désirant faire des travaux sylvicoles éprouvent eux aussi de la difficulté à trouver une main-d’œuvre qualifiée et disponible. De plus, le besoin de ressources humaines professionnelles spécialisées en foresterie, notamment la comptabilité appliquée en foresterie, se fait de plus en plus criant dans la région.

 

 

 


3.3.6    Les perspectives de l'aménagement et du développement du domaine forestier en territoire municipalisé

 

 

3.3.6.1      Problématique de planification de l'aménagement

 

a)         Une structure forestière déficiente

 

L’historique des interventions forestières de la Matawinie révèle que la majorité des peuplements ont déjà subi des coupes partielles, voir des coupes d’écrémage où les plus beaux sujets ont été prélevés. Ceci explique pourquoi, surtout dans les peuplements feuillus, les forêts sont en majorité dégradées. Cette situation engendre une certaine difficulté d’approvisionnement des usines de sciage de bois feuillu et un volume important de bois de qualité pâte qui trouve difficilement preneur, car il n’y a pas d’utilisateur de feuillu de qualité pâte dans la région.

 

Il conviendrait que la planification des activités forestières tienne compte de la dégradation des peuplements feuillus pour y apporter les correctifs requis.

 

b)         La création d'un espace forestier privé pour mieux encadrer cette activité

 

Dans la mesure où la Matawinie constitue un milieu essentiellement forestier, il convient que le milieu municipal accorde une place plus grande à une valorisation spécifiquement forestière du territoire en réservant des espaces à la forêt d’exploitation. La discussion sur la territorialité de la foresterie identifie, en ce sens, les territoires représentant un intérêt plus spécifiquement pour cette activité.

 

Les données des cartes sur les territoires d’intérêts et sur l'occupation du territoire devraient servir de base à la création de grandes affectations forestières.

 

Il conviendrait également que le développement d'autres activités dans ces affectations soit restreint à des activités compatibles pour éviter qu'elles aient un effet déstructurant sur l'espace forestier.

 

c)         La mise en place d'une réglementation efficace sur l'abattage d'arbres

 

Pour les territoires non-affectés à la foresterie et où la forêt joue un rôle déterminant dans leur valorisation, il devient nécessaire, à défaut d'une stratégie forestière élaborée, de soumettre les interventions forestières à un normatif garantissant un maintien valable du couvert forestier.

 

Le service d’aménagement de la MRC peut contribuer, via l’embauche d’un professionnel forestier, à l'élaboration de la réglementation, à son suivi et à la mise en place d'une planification positive de la forêt.

 


d)        Vers une foresterie davantage sédentarisée et qui contribue au dynamisme de l'ensemble des municipalités locales

 

Dans l'optique d'une plus-value du milieu forestier lui-même, la ferme forestière est la forme d'entreprise qui permet d'atteindre les meilleurs résultats, car elle permet de produire des tiges de plus grande qualité, de réduire les pertes dues aux fléaux naturels et de gérer efficacement l'ensemble des ressources du milieu forestier, voir, de l'ensemble du milieu naturel. Certaines peuvent donc prendre une direction plus récréative, plus faunique ou simplement multiressource. Il conviendrait donc de reconnaître la ferme forestière comme la forme d'entreprise la plus performante à ce niveau.

 

La ferme forestière permet aussi d'ajouter une plus-value économique à des municipalités où l'on coupe beaucoup de bois, mais où la foresterie procure peu ou pas de bénéfices réels à la collectivité et, dans certains cas, peut même contribuer à l'appauvrissement du milieu.

 

Pour les municipalités qui souhaitent améliorer leur positionnement au niveau forestier, il conviendrait donc d'identifier, dès maintenant, les secteurs les plus propices à son implantation. Les blocs réduits de lots publics intramunicipaux pourraient être mis à contribution à cette fin.

 

Le présent Schéma d'aménagement tente de positionner la foresterie dans une perspective positiviste. Il serait aussi nécessaire que les plans d'urbanisme des municipalités locales reprennent un cheminement semblable et adoptent des mesures encadrant et soutenant positivement l'activité forestière pour qu'elle devienne une activité structurante à leur propre niveau. Une part déterminante de l'avenir de notre ruralité dépend de notre capacité à réussir ce passage, car apprendre à bien gérer la forêt, c'est apprendre à bien gérer l'ensemble de nos ressources territoriales.

 

e)         Le domaine acéricole, un espace encore mal connu et sous valorisé

 

De nombreuses érablières ne sont pas utilisées à des fins de production de sève d'érables. Il s'agit d'un potentiel qu'il importe de protéger et de valoriser à cette fin. Des efforts devraient donc être investis pour déterminer les meilleures orientations à donner à cette ressource.

 

L'érable contribue également à l'approvisionnement de plusieurs moulins à scie. Il va devenir éventuellement nécessaire d'établir une partition optimale de notre espace acéricole, car l'harmonisation forcée des deux (2) activités ne constitue pas nécessairement une formule intéressante. La production de sève génère davantage de revenus et a un effet plus structurant sur l'organisation territoriale.

 

Dans l'éventualité où une partition des peuplements acéricoles s'avérait souhaitable, il conviendrait donc que les érablières les plus près du système routier local et supérieur soient, de préférence, réservées à la production de sève et que les peuplements plus éloignés soient réservés à la production de matière ligneuse.

 


f)         La valorisation optimale des ressources du milieu forestier

 

Il reste encore beaucoup de chemin à faire pour assurer un rendement soutenu à l’industrie forestière tout en respectant l’ensemble des ressources. En ce qui concerne les terre publiques affectées à la production forestière, certains territoires sont, encore aujourd’hui, considérés comme des aires de production de matière ligneuse.

 

La présence d’autres valeurs, d’autres potentiels de développement et d’autres utilisateurs devraient commander des ajustements dans le calcul de la possibilité forestière.

 

En domaine privé, la pression de récolte du groupe « peuplier » devrait être diminuée afin de respecter la capacité de production des forêts. Il faudrait donc que diminuent les prélèvements de cette essence et d'autres essences surutilisées.

 

Par ailleurs, si l'on veut réellement maintenir l'exploitation de ces essences plus prisées, des efforts de mise en valeur et d’aménagement, notamment grâce à du reboisement, devraient être appliqués à court terme afin d’augmenter leur capacité de production.

 

L'Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de Lanaudière a déjà établi un portrait général quant aux ressources du milieu forestier non-utilisées, telles le ginseng et l'if du Canada.

 

Il serait intéressant de pouvoir situer ces diverses ressources sous-utilisées dans l'espace pour aboutir à une planification plus efficace à ce sujet.

 

 

3.3.6.2      Problématiques de planification du développement

 

a)         L’approvisionnement aux usines de transformation de bois de feuillus

 

Au niveau des usines de première transformation, il existe des manques d’approvisionnement significatifs, selon l’étude produite par Forintek en avril 2005. On y recommande de récolter toutes les tiges, incluant celles de faible qualité, ayant un potentiel de transformation par l’une ou l’autre des usines de la région. On y demande aussi d’optimiser le tronçonnage pour pouvoir récupérer et transformer toutes les parties utilisables des tiges récoltées, incluant les bois courts.

 

b)         Le développement des fermes forestières

 

La mise en place de fermes forestières constitue un défi complexe. Il va devenir nécessaire de cerner les scénarios les plus avantageux, qui vont permettre le démarrage de telles entreprises, que ce soit au niveau de la formation et du recrutement des personnes, de la consolidation de blocs de terres privées et de l'aide au démarrage et au suivi de ces entreprises.

 

Des études de cadrage pourraient donc devenir nécessaires pour permettre au conseil de la MRC d'effectuer les meilleurs choix possibles quant à la mise en place de fermes forestières.

 


c)         Les activités de première transformation

 

Toujours selon les études de Forintek d’avril 2005, trois (3) besoins ont été définis pour les entreprises de cette catégorie. Le premier et principal besoin est l’amélioration de la productivité des usines par l’automatisation des procédés ou la modernisation des équipements. Le second défi consisterait à valoriser les produits de première transformation par un traitement ou une fabrication additionnelle plus avancée. Enfin, le troisième objectif est la mise en valeur des sous-produits générés par les usines de transformation.

 

d)        Les activités de seconde et troisième transformation

 

Pour ce qui est de la seconde transformation, trois (3) besoins sont identifiés. Le premier est l’identification de produits de créneau en demande dans les marchés, incluant leurs spécifications de fabrication. Comme second besoin, il importe aussi de tirer parti au maximum du marché régional et d’explorer les marchés du Québec. Le troisième besoin vise les sous-produits générés par les usines de transformation et il devient pertinent de travailler à leur mise en valeur.

 

En général, le contexte de la Matawinie se distingue par le fait que les entrepreneurs sont davantage à l’aise avec les procédés de fabrication des productions de première transformation. Le passage vers la transformation secondaire ou tertiaire représente une transition manquante pour la majorité des entreprises. Il sera nécessaire de supporter techniquement et financièrement les entreprises dans l’atteinte de ces besoins, car ils impliquent des modifications majeures dans les modes d’opération et de production. Aussi, on remarque qu’il n’existe pas de complémentarité réelle en terme de filière industrielle entre la première et la deuxième transformation.

 

Dans le Plan de développement déposé en 2001 par l'Agence de mise en valeur des forêts privées de Lanaudière, celle-ci traite également de la place plus grande que pourraient occuper les activités de deuxième et de troisième transformation, contribuant à une plus-value de nos ressources naturelles et de nos ressources humaines.

 

Ces objectifs relatifs aux activités de deuxième et de troisième transformation, qui ont aussi été traités dans le Plan local d'action concerté pour l'économie et l'emploi de la Matawinie (PLACE), devraient être repris au Plan d'aménagement pour assurer à la MRC de Matawinie un rôle de premier plan à ce niveau, et ce, en accord avec l'importance de la forêt privée matawinienne dans le contexte lanaudois et au sein de la grande région de Montréal.

Il n'existe pas de documentation permettant de situer la pertinence de l'implantation des diverses formes d'entreprises dans le contexte de la valorisation des ressources du milieu forestier en Matawinie. Hors, les régions qui sont en train de se distinguer à l'échelle continentale sont celles qui arrivent à mieux se positionner dans ce domaine.

 

Il pourrait donc s'avérer pertinent qu'un mandat soit confié au CLD pour cerner les secteurs les plus prometteurs en terme de produits et de facteurs de localisation pour les activités de deuxième et de troisième transformation. Les commissions scolaires pourraient aussi être mises à contribution quant à la sensibilisation de la population étudiante relativement aux enjeux forestiers matawiniens et à la formation d’une main-d’œuvre locale.

Il faudrait faciliter le financement et la mise sur pied de projets de petites entreprises se spécialisant en services forestiers, opérations forestières et transformations secondaire et tertiaire du bois.

 

e)         L'aide à la formation de la main-d'œuvre, de l'entrepreneuriat et à la création de lieux de promotion

 

Alors que la formation en foresterie est surtout concentrée à Montréal et à Québec, il y a insuffisance de l’offre de formation dans la région et donc, insuffisance de travailleurs qualifiés. Il devient impérieux d'assurer une meilleure relève à court terme si l'on veut éviter que le problème ne s’accentue dans les années futures.

 

Il faudrait donc voir comment on peut répondre sur place au besoin de formation régionale de la main-d’œuvre forestière.

 

Le métier de travailleurs forestiers et l’exploitation forestière sont très mal perçus dans la société d’aujourd’hui. Une méconnaissance de l’apport de la foresterie pour les communautés locales et une vision négative de sa capacité d'adaptation sont véhiculés en Matawinie et partout au Québec.

 

Il est donc urgent de mettre sur pied des lieux de promotion de la foresterie, par exemple, un salon sur la forêt impliquant les différents intervenants forestiers afin d’encourager les gens à exercer un métier en forêt et de démontrer tous les efforts qui sont actuellement investis pour atteindre la compatibilité entre les interventions forestières et les autres utilisations de la forêt.

 

Il est, par ailleurs, tout aussi urgent de procéder à une transformation des façons de faire, tant au niveau de la planification que des opérations forestières, sinon une simple opération promotionnelle ne sera perçue que comme une forme additionnelle de maquillage.

 

Si le milieu forestier est d’accord pour un changement en profondeur, le contenu du présent Schéma d’aménagement propose des directions fort pertinentes à ce sujet, qui auraient pour effet de modifier fondamentalement les perceptions que les gens se font de la foresterie.

 

f)         Le positionnement de l'industrie forestière au sein du concept d'organisation régional

 

À cause du rôle de premier plan de la foresterie à l'échelle de la MRC, il importe de bien positionner cette activité au sein du concept d'organisation régional.

 

La municipalité de Saint-Michel-des-Saints, comme pôle principal, et celles de Chertsey et Sainte-Émélie-de-l’Énergie, comme pôles secondaires, traduisent bien la situation actuelle.

 

À un autre niveau, les déficiences du transport Est-Ouest à la hauteur de l'axe de la route 347 apparaissent comme la principale entrave à l'amélioration de la compétitivité de notre domaine forestier industriel.

 


3.4     Le domaine faunique

 

 

 

3.4.1    La territorialité de l’exploitation faunique en territoire municipalisé

 

Les territoires d’intérêts fauniques sont définis, a priori, à partir des groupes de lacs dont la superficie est supérieure à 20 hectares. Mentionnons que c'est sur la même base que sont définis les territoires d’intérêts pour la villégiature, ceux-ci étant par contre occupés par des chalets et généralement, situés en territoire privé. Les meilleurs lacs pour l'exploitation de la pêche ont pratiquement tous plus de 20 hectares, car la diversité des substrats au niveau du littoral est plus grande et la capacité de support global du lac beaucoup plus considérable. Ces lacs plus grands peuvent donc faire l'objet d'une exploitation plus intensive et constituent, pour cette raison, la base du développement durable pour l'exploitation faunique dans une perspective de gestion intégrée des ressources.

 

La gestion de la faune, c'est aussi l'exploitation de la faune terrestre. On sait que la présence de la faune est fortement influencée par l'exploitation forestière. Ainsi, la petite faune, telle la gélinotte et le lièvre, vont littéralement exploser dans les 20 ans qui vont suivre les travaux de récolte. Les plus grands mammifères, tels l'ours, l'orignal et le chevreuil, vont aussi fréquenter les parterres de coupe, mais uniquement pour se nourrir quelques instants, retournant ensuite à leur abris en forêt.

 

L'identification des territoires d’intérêts fauniques vise, en ce sens, à identifier les espaces qui pourraient faire l'objet d'une planification d'abord basée sur l'exploitation faunique, et ce, prioritairement à l'exploitation d'autres ressources. Cela aurait pour but que les interventions forestières soient beaucoup plus légères, c'est-à-dire de superficies restreintes et plus rapprochées dans le temps, ce qui aurait un effet stabilisateur sur la faune terrestre et réduirait également les impacts des travaux forestiers sur les précieux écosystèmes aquatiques situés dans le voisinage. Dernier fait particulier à souligner et non le moindre, c'est généralement à l'intérieur de ces territoires que les établissements fauniques (ZEC, pourvoiries et réserves fauniques) ont été établis.

 

Voici donc une brève présentation de ces territoires au nombre de 15 et en reprise, des territoires sensibles au nombre de neuf (9), qui ont été traités comme présentant un intérêt complémentaire pour la foresterie et qui peuvent aussi en offrir pour l'exploitation faunique (voir tableau 45). Toujours en complément, on situera au passage les quatre (4) ravages de cerfs de Virginie. Pour accompagner la lecture de la présente section, on pourra référer à la carte des territoires d’intérêts (1 : 125 000).

 

 


3.4.1.1      Les territoires d’intérêts fauniques

 

a)         Les Basses Laurentides

 

Il n'existe pas de territoire d’intérêt spécifiquement faunique dans les Basses Laurentides, car ceux qui se trouvent dans les municipalités de Chertsey, Entrelacs et Saint-Alphonse-Rodriguez et qui pourraient y prétendre, sont tous intensément occupés par la villégiature. Par ailleurs, on retrouve quatre (4) territoires pouvant représenter un intérêt en complément avec la foresterie, soit un territoire sensible, celui de Cathcart situé dans l'angle des municipalités de Saint-Côme, Chertsey et Saint-Alphonse-Rodriguez, et trois (3) ravages de chevreuils, soit ceux de Rawdon, Chertsey et Saint-Côme.

 

b)         Hautes Laurentides et plateau du Mastigou

 

Dans les Hautes Laurentides, les municipalités de Saint-Zénon et Saint-Damien sont de loin les mieux pourvues en valeurs fauniques avec six (6) territoires fauniques et un territoire sensible pour Saint-Zénon et avec quatre (4) territoires fauniques et quatre (4) territoires sensibles pour Saint-Damien. Mentionnons le ravage de chevreuils de Sainte-Émélie-de-l’Énergie qui, avec une cinquantaine de têtes, ne s'inscrit pas encore comme tel au registre du ministère de l'Environnement et de la Faune.

 

c)         Hautes Terres Centrales

 

On dénombre trois (3) territoires d’intérêts fauniques et deux (2) territoires sensibles, ceux-ci étant tous localisés dans la municipalité de Saint-Michel-des-Saints.

 

 

3.4.1.2      Les territoires fauniques désignés à l'échelle de la MRC

 

Pour accompagner la lecture de la présente section, on peut se référer soit à la figure 23ou à la carte intitulée « Parcs et territoires fauniques québécois en Matawinie ».

 

a)         Les réserves fauniques

 

On retrouve deux (2) espaces désignés comme étant des réserves fauniques sur le territoire de la Matawinie (voir figure 23). La réserve faunique Rouge-Mattawin, qui se retrouve au Nord du parc du Mont-Tremblant, est partagée avec la région administrative des Laurentides et couvre une superficie totale de 1 394 km². Un des trois (3) secteurs d’accueil se retrouve sur le territoire de la MRC, soit dans la localité de Saint-Guillaume située à l'Ouest de Saint-Michel-des-Saints.

 

La réserve faunique Mastigouche est bornée au Nord par la ZEC Chapeau-de-Paille, à l’Ouest par le parc national de la Mauricie, au Sud par la municipalité de Saint-Damien et à l’Est par la ZEC des Nymphes. Cette dernière est aussi partagée avec une autre région administrative, mais cette fois-ci avec la Mauricie et elle couvre une superficie totale de 1 574 km². Ensembles, les deux (2) réserves couvrent environ 1 443 km² du territoire de la Matawinie, soit 13,6 % de la Matawinie.

 


b)         Les zones d’exploitation contrôlée

 

On retrouve aussi quatre (4) zones d’exploitation contrôlée (ZEC) sur le territoire de la MRC de Matawinie, ceux-ci couvrant une superficie totale de 1 729 km² (voir figure 23). La plus grande des quatre (4), la ZEC Boulé (633 km²), est celle située la plus au Nord, soit au-dessus de la réserve Rouge-Mattawin. La ZEC Collin est la deuxième plus vaste avec ses 428 km² de forêts et de lacs et elle se retrouve juste en dessous de la ZEC Boulé, à l’Est de la Rouge-Mattawin. La ZEC Lavigne, adjacente au parc du Mont-Tremblant, couvre une superficie de 405 km² et la ZEC des Nymphes, adjacente à la réserve faunique Mastigouche, est d’une superficie moins élevée avec ses 263 km².

 

Les Zecs de la Matawinie sont relativement petites par rapport à celles de l’ensemble du Québec. En effet, la superficie moyenne de celles de la région est de 434 km², tandis qu’elle s’élève à 774 km² pour l’ensemble des Zecs de la province. Tous ces territoires sont accessibles par l’axe de la route 131 et du chemin Manawan.

 

c)         Les pourvoiries

 

Outre les réserves fauniques et les zones d’exploitation contrôlée, on compte 19 pourvoiries à droits exclusifs et neuf (9) à droits non-exclusifs en Matawinie (voir figure 23). Celles-ci couvrent une superficie évaluée à environ 1 000 km² (droits exclusifs seulement) et se localisent principalement dans le territoire non-organisé, ainsi que dans les municipalités limitrophes à ce territoire. Les pourvoiries à droits exclusifs sont généralement plus petites que celles de l’ensemble du Québec, car la moyenne matawinienne est de 88 km² comparativement à une moyenne provinciale de 126 km².

 

Les pourvoyeurs à droits exclusifs établis sur le territoire municipalisé se situent, en général, sur les terres publiques de Saint-Zénon, de Saint-Michel-des-Saints, de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, de Saint-Damien et de Saint-Côme. En ce qui concerne leur accessibilité, contrairement aux Zecs, les pourvoiries localisées au Sud du territoire sont très facilement accessibles par la route 131, de même que par les routes 343 et 347. Les territoires fauniques situés plus au Nord, soit au niveau des Hautes Terres Centrales, sont rendus accessibles par le chemin Manawan prolongeant la route 131 ou, encore, par les municipalités régionales de comté voisines.

 

d)        Le parc du Mont-Tremblant

 

Bien que le parc du Mont-Tremblant joue en premier lieu un rôle de conservation, mentionnons que la pêche y est pratiquée en complément à la récréation de plein air. C'est aussi le plus vieux et le plus vaste des parcs du Québec. Il couvre une superficie de 1 510 km², dont environ 807 km² se retrouvent sur le territoire de la MRC et le reste étant situé dans la région voisine des Laurentides (voir figure 23). Le Parc comprend quatre (4) postes d’accueil, dont deux (2) localisés dans la MRC de Matawinie, soit les secteurs l’Assomption et La Pimbina, ceux-ci sont facilement accessibles via Saint-Donat et Saint-Côme.

 

 

3.4.1.3      La concordance entre les territoires fauniques désignés et les territoires d’intérêts fauniques à l'intérieur des territoires municipalisés

 

Les pourvoiries du lac Croche, Bazinet, Saint-Damien, Koubec, Réal Massé et Trudeau disposent d'un territoire d'intérêt faunique, et leur établissement est situé sur l’un de leurs grands lacs. La ZEC des Nymphes, la ZEC Collin et la réserve Mastigouche en disposent de plusieurs sur leur territoire. Toutes ces entreprises fauniques disposent également de territoires, sinon, de secteurs sensibles. Par ailleurs, leurs limites épousent rarement celles des territoires d’intérêts.

 

Seules les pourvoiries Saint-Zénon et Basilière ne disposent pas, à proprement parlé, d'espaces identifiés comme territoire d'intérêt faunique, celles-ci étant localisées, par contre, en territoire sensible.

 

 

3.4.1.4      L'activité faunique à l'extérieur des territoires fauniques désignés

 

a)         La pêche en territoires d'intérêts de villégiature

 

On ne peut parler d’activités fauniques à l’extérieur des territoires fauniques, tels les Zecs, pourvoiries, réserves et parcs, sans aborder le sujet de la pêche sur les plans d’eau où il y a une forte présence de villégiateurs, et ce, plus particulièrement à l'intérieur des territoires d’intérêts de villégiature qui présentent des conditions édaphiques (paramètres physiques) identiques à ceux des territoires d’intérêts fauniques. Certains lacs subissent de fortes pressions de pêche qui, d’année en année, diminuent les stocks de poissons de sorte que la pêche n’y est plus praticable. Voyant la nécessité de réintroduire certaines espèces de poissons et de renouveler les populations, plusieurs associations de lacs commandent des ensemencements réguliers pour soutenir leurs loisirs.

 

Ces nombreux programmes d’ensemencement artificiel ne règlent pas les problèmes de régénération de la faune piscicole, mais les camouflent plutôt momentanément. La préservation des populations doit passer par un maintien, voir, même une amélioration des conditions naturelles des cours d’eau et des zones riveraines, et surtout, par une diminution de la pression causée par la sur-pêche.

 

On peut en dire autant des grands lacs, où l'érection d'ouvrages de contrôle des niveaux d'eau vient changer la dynamique du littoral et de ses habitats, particulièrement pour certains lacs où l'on observe des marnages de l'ordre de deux (2) mètres, comme c'est le cas pour le lac Ouareau. En stabilisant les niveaux d'eau à leur plus haut niveau, on souhaite rapprocher la faune aquatique du milieu terrestre (bande boisée) ou, encore, réduire la longueur des quais à construire pour les embarcations moteur. Cela aussi fait partie d'une vision à court terme. Heureusement, de nombreux programmes et organismes ont commencé à se pencher sur cette question de la qualité des habitats et de la régulation des populations de poissons des plans d’eau de la Matawinie.

b)         En terre privée et en territoire libre

 

Certains propriétaires privés utilisent leur espace forestier ou le louent pour des activités de chasse saisonnières. Les terres publiques, en dehors des espaces fauniques, peuvent aussi servir de territoires de chasse pour les adeptes de cette activité, mais sans qu'il n'y ait aucun contrôle. Le problème avec les activités de chasse et pêche à l’extérieur des territoires fauniques désignés est la difficulté de contrôler et d’évaluer les quantités prélevées. Certains territoires subissent ainsi des pressions élevées, sans toutefois, que la situation ne soit connue. C'est le cas notamment dans la forêt Ouareau, même que l'absence de responsabilités de gestion au niveau de la faune a un effet déstructurant sur la gestion de la récréation elle-même.

 

c)         La chasse à l'intérieur des ravages de chevreuils

 

Les ravages de chevreuils connus sont tous situés en terre privée. Or, il existe des forfaits pour la chasse au chevreuil sur certaines propriété privées situées à l'intérieur de ces ravages. Autre fait à signaler, l'alimentation par certains propriétaires (carottes, maïs, etc.) est à l'origine de la forte croissance de ces populations. Le bureau régional de la FAPAQ chargé de l'aménagement de la faune souligne que le ravage de Rawdon commence à poser certains problèmes, particulièrement en ce qui concerne la circulation automobile. Mais cela n'est rien à côté des ravages plus nombreux et beaucoup plus peuplés (cinq (5) à dix (10) fois) qu'on retrouve plus à l'Ouest, soit dans les régions des Laurentides et de l'Outaouais, de même qu'en Montérégie.

 

Des plaintes commencent aussi à être acheminées par certains agriculteurs au prise avec la « dévoration » des cultures. Certains états américains possèdent ce qu'on appelle des « Games-Lands » crées par le regroupement de plusieurs propriétaires, pour mieux gérer la situation. Ici au Québec, la Loi sur la faune met à la disposition des populations la possibilité de créer une aire faunique communautaire pour répondre à ce type de besoins.

 

 

 

3.4.2    La présence d'activités autres que fauniques

 

Il est plutôt rare que des activités autres que fauniques soient implantées en territoire d'intérêt faunique, sans doute parce que cette activité est structurée depuis de très nombreuses années, soit depuis la lointaine existence des clubs privés auxquels des droits avaient été consentis. Par contre, à l'échelle des territoires fauniques désignés, plusieurs catégories d'activités peuvent s'y retrouver.

 

a)         L'exploitation des ressources minérales

 

Hormis l'exploitation des sablières servant à l'aménagement des chemins forestiers, il n'existe pas, à proprement parler, d'activités reliées à l'exploitation des ressources minérales à l'intérieur des territoires d’intérêts fauniques. Le cas de la carrière de granite vert à Saint-Zénon fait exception à la règle. Il n'est pas besoin de démontrer l'impact sur la faune et sur les visiteurs des bruits et des poussières générés par l'exploitation de ces ressources en général.

 


b)         La foresterie

 

Tous les territoires fauniques désignés, à l'exception du parc du Mont-Tremblant, sont inclus à l'intérieur des territoires sous contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier. Tous les territoires fauniques désignés comprennent aussi des territoires d’intérêts forestiers plus ou moins vaste, ce qui leur confère, dans certains cas, une grande diversité de terrains.

 

On sait que les interventions forestières ont une incidence directe sur les stratégies d'exploitation faunique à cause des impacts générés par les travaux de récolte et l'aménagement de chemins forestiers. Les coupes totales sur de grandes superficies peuvent dégarnir d'importantes surfaces structurées comme habitat faunique et la localisation des chemins peut faciliter le braconnage, particulièrement en territoire municipalisé à cause de la proximité des bassins de population et de l'accessibilité. C'est d'ailleurs sur ces deux (2) questions, de même que sur celle de la qualité du paysage entourant les installations fauniques que portent l'essentiel des négociations entre les exploitants fauniques et les intervenants forestiers.

 

c)         La récréation

 

L'activité récréative est aussi relativement structurée au niveau de la randonnée motorisée, dont le réseau permet de relier toutes ces différentes entreprises les unes aux autres. Plusieurs entreprises fauniques incluent, d'ailleurs, en partie des territoires d’intérêts récréatifs, plus spécifiquement les pourvoiries Bazinet, Trudeau, Basilière, Saint-Zénon et Koubec, de même que la ZEC des Nymphes et la réserve faunique Mastigouche.

 

d)        La villégiature et le camping

 

En fait, seule la villégiature et le camping représentent une forme d'occupation qu'on peut observer dans les Zecs. Le Plan régional du développement sur les terres publiques (PRDTP) préparé par le ministère des Ressources naturelles, section terres, traite de cette question et détermine des objectifs de consolidation et de développement à ce sujet.

 

 

 

3.4.3    Le dynamisme du domaine faunique

 

Comme il est déjà mentionné, le produit faunique est rendu accessible à travers quatre (4) types d'entreprises distinctes, chacune d'elles étant soumise à des règles différentes. À l'exception du parc du Mont-Tremblant, où toute opération forestière est interdite, la gestion de la faune ne donne pas lieu à des territoires réservés à cette fin, la dynamique faunique étant étroitement reliée aux activités de prélèvement et à l'exploitation forestière.

 

 

3.4.3.1      Les réserves fauniques

 

Depuis 1995, ainsi que pour les neuf (9) prochaines années, les réserves fauniques et plus particulièrement les équipements qui s’y trouvent, sont gérés par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). Son mandat consiste à offrir une gamme d’activités récréatives et à atteindre l’autofinancement. La gestion de la faune demeurera la responsabilité du ministère de l’Environnement et de la Faune.

 

a)         Une récolte contingentée

 

Les réserves fauniques sont créées dans le but de protéger la faune et son habitat. Pour y parvenir, les activités de chasse et de pêche autorisées sont contrôlées par des normes strictes qui tiennent compte du potentiel de reproduction naturelle. Cette récolte contrôlée permet l'accroissement des espèces qui, par le phénomène de débordement, approvisionnent parfois les secteurs de chasse avoisinants, notamment les zones d'exploitation contrôlée. Dans les faits, le contingentement porte uniquement sur la chasse à l’orignal limitée à 100 groupes de trois (3) ou de quatre (4) chasseurs par année dans la réserve Rouge-Mattawin et à 150 dans la réserve Mastigouche. Pour les autres activités de chasse et de pêche, les restrictions imputables, les courtes périodes de prélèvement et la capacité d'accueil limitée constituent diverses formes de restrictions sur les possibilités de récolte.

 

b)         Une ouverture vers la récréation de plein air

 

Les activités pratiquées dans les réserves dépendent principalement des périodes de l’année. L’été, il semble que la pêche, la villégiature, le camping et les activités récréatives soient les plus prisées par les visiteurs. L’automne et le printemps, c’est plutôt la chasse et la pêche qui sont privilégiées, tandis que la motoneige est très populaire lors de la période hivernale. Dans la réserve Mastigouche, on compte environ 70 000 jours personnes[1] par année et ce nombre est relativement stable depuis les trois, quatre dernières années. La pêche demeure l’activité principale avec environ 24 000 à 25 000 jour personnes par année. Toutefois, le camping et les activités de plein air sont en croissance, tandis que le nombre de pêcheurs et de chasseurs est stable depuis quelques années. Dans la réserve Rouge-Mattawin, il y eut 13 500 jours personnes en 2001 qui ont pratiqué la pêche et toutes les formes de chasse, 2 000 jours personnes pour le canot, 5 000 pour le camping, 2 000 pour la villégiature et environ 25 000 pour la motoneige. Les retombées de la motoneige sont importantes puisqu’elles représentent environ 25 % des revenus de la Rouge-Mattawin. En général, la fréquentation totale dans cette réserve a été relativement stable lors des dernières années. Soulignons que la capacité de support de la pêche et de la chasse est utilisée à son maximum dans cette réserve et c’est pourquoi ils axent leur développement sur la diversification des activités de plein air. Cette diversification des produits est relativement récente dans les réserves fauniques qui offrent en plus des activités traditionnelles, comme la chasse et la pêche, le canot-camping, la villégiature en chalet ou en refuge, la motoneige, la voile, le ski de randonnée, etc.

 

 

3.4.3.2      Les zones d'exploitation contrôlée

 

Ces zones sont gérées par des associations sans but lucratif par le biais d’un protocole d’entente avec le gouvernement du Québec. Le concept des Zecs repose sur quatre (4) grands principes : l’accessibilité à la ressource, la participation des usagers, l’autofinancement des opérations et la conservation de la faune. Les gestionnaires de ZEC doivent faire un suivi et avoir un contrôle de l’exploitation afin d’assurer un équilibre entre la demande et l’offre faunique.

 

Elles vivent actuellement par le biais de la cotisation (temps et argent) de leurs membres, des forfaits, des tarifs quotidiens, des services aux usagers et des ententes de protection. Les fluctuations de membership ont donc une incidence directe sur leur dynamisme.

 

a)         Une localisation privilégiée et une situation fragile

 

Les quatre (4) zones d'exploitation contrôlée de la Matawinie sont toutes localisées en bordure des deux (2) réserves fauniques ou du parc; de ce fait, l'offre faunique y est favorisée. Cependant, étant des territoires publics où pratiquement aucune limite n'est imposée quant au nombre d'utilisateurs qui y sont admis, le succès des récoltes est beaucoup moins élevé. De plus, les zones d'exploitation contrôlée situées au Sud de la Matawinie, à cause de leur proximité des centres urbains, sont exploitées plus que leur capacité le permet. La fermeture de lacs rendus non-productifs est compensée par des programmes d'ensemencement qui, à long terme, rendent plus complexe le renouvellement naturel de certaines espèces de poissons.

 

b)         Un membership et des activités de prélèvement en baisse, mais une hausse au niveau de la récréation.

 

Les quatre (4) zones d'exploitation contrôlées regroupaient au total 14 601 membres en 1979 comparativement à 2 540 en 1992, soit une baisse de 82,6 %, ce qui correspond à la perte de cinq (5) membres sur six (6). Quant à la fréquentation, de 1980 à 1999, on enregistre une baisse de 40,5 % du nombre de jours de chasse et de pêche et cette tendance à la baisse s’observe d’année en année. Toutefois, même si cette pression est à la baisse, elle demeure néanmoins importante puisqu’elle est parmi les plus élevées du Québec. En effet, en 1999, les Zecs de la Matawinie ont connu une pression de chasse et pêche équivalant à 26 jours/km², tandis qu’elle n’était que de 16,5 jours/km² pour celles de l’ensemble du Québec.

 

Pendant ce temps, le nombre de jours de villégiature a cru de 44,7 % entre 1980 et 1992. En 1999, 121 817 jours d’activités de plein air ont été enregistrés dans les quatre (4) Zecs de la Matawinie comparativement à 45 157 jours de chasse et pêche. La hausse du nombre de villégiateurs est conséquente de l’augmentation du nombre d’unités d’hébergement privé. Les campings occupent aussi une place relativement importante et font, tout comme la villégiature, maintenant l'objet d'une planification plus efficace. Les quatre (4) Zecs regroupées de Lanaudière ont déposé l'an dernier un Plan global du développement des quatre (4) Zecs.

 

 

3.4.3.3      Les pourvoiries

 

Outre les réserves et les zones d'exploitation contrôlée, on compte sur le territoire de la Matawinie 19 pourvoyeurs, dont dix (10) à droits exclusifs (concessionnaires) et neuf (9) à droits non-exclusifs (permissionnaires). Les pourvoyeurs concessionnaires, contrairement aux pourvoyeurs permissionnaires, ont la gérance de leur territoire et ils doivent annuellement déposer et faire approuver, par le Ministère, un Plan d'exploitation et de protection de la ressource faunique et doivent soumettre, à la fin de chaque année, un rapport d'exploitation. De leur côté, les pourvoyeurs permissionnaires possèdent un permis pour la vente de services de location de chaloupes et de chalets aux utilisateurs des territoires libres et n'ont aucun territoire à gérer.

 

a)         Une situation hasardeuse quant au financement

 

Toutes les pourvoiries offrent des services d'hébergement, soit le camp, le chalet, l’auberge ou l’hôtel. L'une des contraintes majeures qui persiste au niveau de l'exploitation d'une pourvoirie concerne la durée trop courte du bail émis par le ministère des Ressources naturelles. Ces territoires sont loués du Ministère pour une durée moyenne de neuf (9) ans et bien que le bail soit renouvelable, il ne constitue pas une garantie suffisante pour contracter un emprunt et investir des sommes considérables, ce qui limite les possibilités d’expansion des exploitations.

 

Conséquemment, la qualité de l'offre faunique et des services de certaines pourvoiries devient difficile à maintenir. Il en résulte un état désuet de certains territoires de pourvoiries dû à l'impossibilité de mener à terme plusieurs projets d'expansion et d'amélioration. Toutefois, dans les dernières années, certains pourvoyeurs ont passablement investi et démontré la possibilité de rentabiliser ces entreprises, ce qui a eu pour effet de sécuriser les prêteurs d’argent.

 

b)         Une diversification des activités offertes

 

On constate une tendance à la diversification au niveau des activités offertes et des clientèles recherchées, ce qui permet aux gestionnaires de pourvoiries de rentabiliser leur entreprise en dehors des périodes de pointe et d'attirer de nouvelles clientèles, notamment les familles et les touristes en périodes hivernales.

 

c)         De fortes pressions au niveau des activités de prélèvement

 

La chasse et la pêche demeurent, malgré tout, les activités qui y sont les plus pratiquées. En 1999, les pourvoiries à droits exclusifs ont enregistré 97 878 jours de pêche et de chasse, comparativement à 10 603 jours d’activités de plein air. Les pressions de chasse et pêche dans les pourvoiries à droits exclusifs de la Matawinie sont en hausses et elles sont parmi les plus élevées au Québec. En effet, entre 1995 et 1999, la pression de chasse et pêche est passée de 52,6 jours/km² à 76,0 jours/km². La moyenne provinciale se situait, quant à elle, à seulement 16,4 jours/km² en 1999. La proximité de grands centres urbains, tels Montréal, Joliette et Trois-Rivières, est grandement responsable de cette forte pression dans les pourvoiries de la Matawinie.

 

 

3.4.3.4      Le parc du Mont-Tremblant

 

a)         Un prélèvement faunique très contingenté

 

Depuis l’adoption de la Loi sur les parcs en 1977, le parc du Mont-Tremblant est officiellement voué à la conservation du patrimoine naturel. Aucune activité de chasse n’y est permise ainsi qu’aucune forme d’exploitation des ressources, sauf la pêche qui est limitée à certaines périodes de l’année et soumise à des limites de prises.

b)         Une forte fréquentation pour les activités récréatives douces

 

La popularité du Parc et des activités de plein air est grandissante et met de plus en plus de pression sur le milieu naturel dans la partie Ouest (région Laurentides), où se concentre la majeure partie des équipements, dont la station de ski Mont-Tremblant. En 1999, le Parc a accueilli 843 519 visiteurs et deux (2) ans plus tard, il attirait plus de 850 000 visiteurs. Bien que la section du Parc située dans la région de la Matawinie soit beaucoup moins connue que celle de la région des Laurentides, il n’en demeure pas moins que 272 932 personnes ont fréquenté le Parc via les trois (3) portes situées sur le territoire de la MRC. La pêche, surtout pratiquée dans les nombreux lacs de la Matawinie, est de moins en moins prisée par les visiteurs du Parc. En effet, le nombre de pêcheurs est passé de 29 479 en 1987, à 11 293 en 1992 puis à seulement 5 853 en 1999.

 

 

 

3.4.4    Le dynamisme des entreprises fauniques

 

a)         L’évolution des entreprises fauniques

 

Autrefois, les activités offertes par les entreprises fauniques de la Matawinie étaient essentiellement reliées à la pratique de la chasse et de la pêche. Au cours des 20 dernières années, les activités de plein air et récréotouristiques ont gagné en popularité et les prévisions semblent des plus encourageantes. Les entreprises fauniques s’y sont ajustées et offrent, dorénavant, une panoplie d’activités de plein air intimement liées à la présence d’espaces naturels afin de s’approprier une part de ce marché florissant, l’écotourisme. Par exemple, dans le parc du Mont-Tremblant et dans les différentes Zecs de la Matawinie, le nombre de visiteurs pratiquant des activités récréotouristiques est nettement supérieur à ceux privilégiant les activités traditionnelles de chasse et de pêche.

 

Ce gain en popularité se fait aussi sentir à travers les plans de développement des entreprises fauniques. Ainsi, le Plan directeur du parc du Mont-Tremblant de 2000 vise à l’établissement de projets qui mettent l’emphase sur le vélo, la randonnée, le canot, le camping et l’observation de la nature. Les plans de mise en valeur des réserves fauniques Rouge-Mattawin et Mastigouche (2000-2005), de même que ceux des Zecs et de la Société de la faune et des parcs, privilégient le développement régional des produits récréotouristiques. Certaines pourvoiries ont aussi sauté sur l’occasion pour s’approprier une part du marché des activités de plein air et d’aventure. Toutefois, certains secteurs d’activités, comme l’observation de la faune, sont très peu développés et organisés en Matawinie malgré une demande grandissante.

 

b)         L’apport économique des entreprises fauniques

 

Les données concernant les retombées économiques issues des activités des entreprises fauniques sont rarement mesurées à l’échelle de la Matawinie. Toutefois, puisque la pêche et la chasse sont majoritairement pratiquées sur le territoire de la MRC dans la région de Lanaudière, certaines données peuvent servir d’indicateur. Par exemple, les dépenses totales annuelles des pêcheurs du Québec et du reste du Canada dans Lanaudière ont été estimées à 80,6 millions de dollars en 1995, tandis que celles des chasseurs à 11,3 millions de dollars en 1999. Même si la pratique de ces activités est à la baisse, elle demeure néanmoins une source importante de revenus pour la Matawinie. Les entreprises fauniques tirent aussi d’importants revenus des autres activités de plein air et d’aventure, mais celles-ci seront traitées dans la section sur la récréation puisqu’elles ne concernent pas directement la ressource faunique en tant que telle.

 

Les données sur l’emploi dans les entreprises fauniques peuvent servir d’indicateur important concernant l’apport économique de la gestion de la faune en Matawinie. Toutefois, puisque les entreprises fauniques offrent aussi des activités récréatives, le nombre d’emplois générés n’est pas entièrement dépendant de l’exploitation et de la mise en valeur de la faune. En 2002, les quatre (4) Zecs de la Matawinie ont à leur service environ 21 employés permanents, 12 employés saisonniers et 17 employés occasionnels ou financés par des projets quelconques. Les responsables des Zecs soulignent qu’il y a une nette augmentation des employés depuis quelques années, mais dépendent souvent de subventions ou de projets pour embaucher du personnel. Le parc du Mont-Tremblant compte environ 60 employés saisonniers et un permanent dans les secteurs de Saint-Côme et Saint-Donat. La réserve faunique Mastigouche emploie, quant à elle, environ une cinquantaine de personnes, dont la majorité est saisonnière et la réserve Rouge-Mattawin environ 35 personnes, dont 25 l’été et 10 l’hiver. En ce qui concerne le nombre d'emplois dans les pourvoiries de la région de Lanaudière, on l'estime à 155 emplois en 1999.

 

 

 

3.4.5    Perspectives d’aménagement et de développement du domaine faunique

 

En créant les diverses structures fauniques existantes au cours des années 70, l'État québécois souhaitait, d'une part, redonner la gestion de la faune entre les mains d'entreprises québécoises, mais aussi, rendre le produit faunique accessible à différents types de clientèles. Les réserves fauniques, les Zecs et pourvoiries répondent à ce besoin. À l'époque, la question d'une gestion plus écologique était aussi à l'heure du jour et des contrôles de gestion minimaux ont été mis de l'avant pour assurer un minimum de suivi sur le produit faune, ce produit étant considéré  comme un sous-produit de la forêt et donc, traité comme soumis à la priorité forestière.

 

 

3.4.5.1      Problématiques relatives à la planification de l'aménagement

 

Dans une perspective de gestion intégrée des ressources et de développement durable, il y a lieu de se questionner sur cette approche, comparativement celle de la plus-value appliquée dans l'élaboration du présent Schéma d'aménagement. En vertu d'une telle approche, trois (3) niveaux distincts sont créés. Il y aurait, tout d’abord, les territoires forestiers où l'exploitation faunique constitue une activité complémentaire à la foresterie, ensuite les territoires sensibles où faune et forêt font l'objet d'une gestion à responsabilité partagée et, enfin, les territoires fauniques où la gestion faunique deviendrait l’activité prioritaire, la production forestière devenant une préoccupation de second ordre et se classant ainsi comme une activité complémentaire.

 

Il conviendrait donc que des modifications soient apportées au régime forestier actuel et à la carte d’affectation des terres publiques pour que les entreprises fauniques deviennent responsables de  la gestion de la forêt et de la faune au sein des territoires d’intérêts fauniques.

 

Comme on l'a vu, la fonction récréative est plus ou moins en train de se déployer au sein des entreprises fauniques à cause de sa complémentarité et il conviendrait que la complémentarité s'applique entre les entreprises fauniques elles-mêmes dans l'esprit des modifications législatives permettant aux Zecs de Lanaudière de mettre de l'avant une stratégie de développement récréatif appropriée.

 

Les pourvoiries sont largement favorisées à ce niveau du fait qu'elles peuvent offrir des conditions d'hébergement plus confortables et aussi, du fait qu'elles sont implantées à proximité du système routier régional, bénéficiant à ce niveau, d'un meilleur positionnement que les réserves et les Zecs. Par ailleurs, les Zecs étant situées plus près des réserves fauniques et du parc du Mont-Tremblant, celles-ci sont perçues comme étant avantagées par le phénomène de débordement de la faune. Cette remarque est-elle encore valable dans la mesure où la productivité faunique n'est pas à un niveau si élevé, considérant les pressions énormes imposées à la ressource sur nos territoires situés très près des grands bassins de population ?

 

Il conviendrait que le ministère de l'Environnement et de la Faune fasse un bilan global à ce niveau et propose des avenues de solution visant un maintien, voir, un accroissement des populations naturelles.

 

Les territoires de villégiature, les ravages de chevreuils tous situés en terre privée, de même que nos éventuels parcs régionaux ne font pas l'objet d'un contrôle de l'exploitation faunique, voir d'une véritable stratégie de gestion de la faune. Dans une perspective de gestion intégrée des ressources et de développement durable, il devient nécessaire d’introduire un tel contrôle.

 

Dans la mesure où le statut d’aire faunique communautaire ne pourrait répondre à de tels besoins, il conviendrait donc que la Loi sur la faune soit modifiée pour que l’activité faunique soit traitée comme une activité à caractère complémentaire dans ces espaces et donne lieu à un statut spécifique établissant une responsabilité de gestion à un groupe ou une association particulière, telle une association de villégiateurs.

 

 

3.4.5.2      Problématiques relatives à la planification du développement

 

Sur le plan économique, tous les types d'entreprises oeuvrant dans la gestion faunique ont de la difficulté à tirer leur épingle du jeu. Cela n'est pas souhaitable et n'est pas normal non plus. On peut se permettre de rattacher cette situation au fait que les intervenants fauniques ne disposent pas encore d'un statut rattaché à des territoires prioritairement fauniques leur permettant de tirer des revenus de l'abattage d'arbres, et ce, simplement dans une perspective d'exploitation faunique. Tout comme les fermes forestières, il apparaît évident qu'en adoptant de telles mesures aux territoires d’intérêts fauniques, cela aurait pour effet d'améliorer la productivité faunique elle-même et de rentabiliser l'ensemble des travaux d'aménagement intégré de la même manière qu'on peut le concevoir pour une ferme forestière.

 

De telles approches semblent couler d'eau de source. La décence et la dignité dans la valorisation de l'activité faunique sont directement reliées à une approche véritablement basée sur la gestion intégrée des ressources et non pas seulement sur des intentions. Elles impliquent la création d'un statut égal à celui des entreprises forestières et des entreprises agricoles qui disposent de territoires réservés, un statut qui implique une véritable valorisation de nos ressources naturelles et de nos ressources humaines (savoir-faire).

 

Jusqu'à maintenant, la route 131 a été considérée comme l'axe par excellence donnant accès à notre espace faunique. Désormais, il faudrait aussi identifier l'axe Est-Ouest du Grand Corridor correspondant à la route 347 et donnant accès aux portes d'entrée principales du parc du Mont-Tremblant, de même qu'à une grande diversité d'entreprises et de territoires à vocation faunique.

 

Dans une perspective de gestion intégrée des ressources et de développement durable, il conviendrait également de réorienter une part des dépenses dirigées vers l'ensemencement au bénéfice de travaux de réaménagement des habitats naturels, particulièrement sur nos territoires d’intérêts de villégiature.

 

Peu de propriétaires de boisés privés ont recours aux services de l'Agence régionale de mise en valeur des forêts privées de Lanaudière (ARMVFPL), particulièrement en ce qui concerne l'aménagement des ravages de chevreuils. La direction régionale de la FAPAQ dispose également de programmes de soutien à ce sujet.

 

Il conviendrait que davantage d'efforts et de concertation soient dirigés par les municipalités et les organismes concernés à l'attention des propriétaires forestiers.

 

La préoccupation du gouvernement de rentabiliser ses équipements et de diversifier les activités récréatives est fort louable considérant les déficits enregistrés dans des réserves et la possibilité d’utilisation polyvalente de la forêt. Toutefois, cet objectif de saine gestion administrative ne semble pas donner lieu à un renforcement de la gestion faunique elle-même, mais plutôt à une exploitation plus intensive des forêts, ce qui se fait au détriment du but premier des réserves, soit la valorisation et l’utilisation rationnelle de la faune.

 

On peut se demander si une stratégie de gestion basée sur la plus-value appliquée à une partie des réserves fauniques ne répondrait pas mieux à ces objectifs. Les plus grands lacs devraient être ciblés à cette fin à cause de leur double valeur récréofaunique.

 

Compte tenu de la localisation stratégique des réserves face aux territoires d’exploitation de la faune, la diminution de la ressource faunique au niveau des réserves engendrerait des répercussions considérables sur le territoire des zones d’exploitation contrôlée et des pourvoiries.

 

L’exploitation modérée au niveau des réserves apparaît toujours indispensable si l’on veut conserver un bon nombre d’individus qui, par migration, vont combler le vide dans les territoires fauniques avoisinants. Le maintien des réserves fauniques et d’une saine gestion de ces territoires compte donc pour beaucoup au niveau de l’offre faunique régionale.


3.5     Le domaine récréatif

 

La Matawinie possède un potentiel récréatif et touristique indéniable. La montagne, la forêt et l’eau sont en quantité et en qualité suffisante pour accommoder et satisfaire une clientèle locale, régionale et même interrégionale et permettre une utilisation soutenue durant les quatre (4) saisons. Prise dans son sens le plus large, la fonction récréative en Matawinie se manifeste à travers la villégiature et le récréotourisme, ces deux (2) fonctions se faisant d'ailleurs compétition sur les mêmes terrains.

 

À un autre niveau, considérant l’ampleur de l’industrie récréotouristique et de la villégiature, il apparaît nécessaire de dissocier le récréotourisme du développement à caractère urbain du fait que ces activités requièrent des espaces ruraux particuliers susceptibles de répondre à leurs besoins. Cette approche est tout à fait conforme à la ruralité matawinienne largement teintée par la proximité des agglomérations de Montréal et de Joliette.

 

Enfin, comme il est mentionné à la section sur les territoires et secteurs d’intérêts, ces espaces sont créés à partir du fait qu'on observe une concentration de sites d'intérêts naturels. Les sites d’intérêts ayant servi à monter cette appréciation et étant reliés au milieu terrestre sont les points de vue majeurs, les montagnes offrant un bon potentiel pour le ski alpin, les falaises et les crêtes morainiques du système Saint-Faustin/Saint-Narcisse. Quant au milieu aquatique, on peut compter les chutes et les plages naturelles de diverses catégories, les herbiers et certaines pointes donnant un accès visuel à un plan d'eau.

 

 

 

3.5.1    La territorialité de la récréation

 

 

3.5.1.1      Les territoires représentant un intérêt pour la récréation en territoire municipalisé

 

Trois (3) catégories de territoire représentent un intérêt particulier pour la récréation à des degrés divers, soit les territoires d’intérêts récréatifs, les territoires d’intérêts de villégiature et les territoires d’intérêts agrotouristiques (voir tableau 46).

 

a)         Basses Laurentides

 

Quatre (4) territoires d’intérêts récréatifs ont été identifiés dans les Basses Laurentides. Les deux (2) plus vastes en superficie sont celui de la Moyenne Ouareau couvrant une partie de Rawdon et de Chertsey et celui de la Moyenne l'Assomption chevauchant Saint-Côme et Saint-Alphonse. Les deux (2) autres situés dans l'axe de la route 131, sont ceux des Champs-Vallons et du lac Noir. On remarquera qu'à l'exception du lac Noir, tous ces territoires d’intérêts sont associés aux grandes vallées fluviales.

 

Les Basses Laurentides comprennent également cinq (5) territoires d’intérêts de villégiature, soit ceux d'Entrelacs, de lac Paré, de Beaulac, de Chertsey Est et de Saint-Alphonse. À cela s'ajoutent trois (3) territoires agrotouristiques, soit les Piedmonts, le Grand Corridor et la cuvette de Saint-Côme.

 

b)         Hautes Laurentides et plateau du Mastigou

 

Les Hautes Laurentides et le plateau du Mastigou comprennent neuf (9) territoires proprement récréatifs, les plus grands en superficie étant le bassin Ouareau-Archambault à Saint-Donat, les contreforts du Naguaro à Notre-Dame-de-la-Merci et Chertsey et la Haute Vallée de la Noire à Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Saint-Damien et Saint-Zénon. À ceux-ci s'ajoutent quatre (4) territoires d’intérêts pour la villégiature, soit ceux du lac Baribeau et du lac Croche à Saint-Donat et ceux du lac Georges et du lac Sauvage à Notre-Dame-de-la-Merci. Il n'existe pas de territoires agrotouristiques dans cet espace physiographique.

 

c)         Les Hautes Terres Centrales

 

Le bassin de Mantawa, le plus grand des territoires d’intérêts en territoire municipalisé, est situé à Saint-Michel-des-Saints, sa valeur étant surtout basée sur la haute concentration de sites d'intérêts en milieu riverain. Il existe également deux (2) territoires de villégiature, soit ceux du lac Hazeur et du lac England. Le territoire agrotouristique du Sauvage vient compléter cette description.

 

 

3.5.1.2      Les territoires représentant un intérêt pour la récréation en territoire non-organisé (TNO)

 

a)         Au Sud de la Mattawin

 

Les événements qui ont soit entouré la consultation sur l'avenir du parc du Mont-Tremblant, soit la consultation sur les plans d'aménagement forestiers, ont donné lieu à des analyses qui identifient des valeurs récréatives dans la partie Sud des territoires non-organisés (TNO) entourant les municipalités. Comme on sait, cette partie des territoires non-organisés de la MRC est la plus accessible. Dans le centre-Ouest de cette partie Sud, soit dans l'axe du corridor du Sanankoro, trois (3) secteurs constitués de lacs représentent un intérêt pour la récréation, soit celui des lacs Tellier et Provost, celui du lac l'Assomption et celui du lac des Cyprès, ce dernier constituant la plus haute valeur récréative du Parc en ce qui a trait à l'eau. Le prolongement de la montagne du Carcan, côté parc, constitue l'autre territoire d'intérêt récréatif majeur. Du côté Est, il en existe trois (3) autres reliés aux systèmes lacustres, soit le grand lac des Îles, le duo Houde-Pathoulet et le lac Sans Bout (voir tableau 47).

 

b)         Au Nord de la Mattawin

 

Au Nord de la Mattawin, trois (3) massifs montagneux et 13 lacs de plus de 500 hectares définissent les territoires représentant un intérêt pour la récréation. Côté montagne, le massif du Piton dans la réserve faunique Rouge-Mattawin et la bordure Sud du Haut Plateau de la Némiscachingue regroupent les plus hauts sommets dépassant les 700 mètres d'altitude. Côté lac, le lac Kempt et le réservoir Taureau représentent les plus grands plans d'eau
(voir tableau 47).

3.5.1.3      Les territoires récréatifs désignés

 

La fonction récréative se manifeste à travers une gamme d'activités et d'entreprises très diverses. Parmi celles-ci, seuls les parcs nationaux et régionaux constituent des entités territoriales ayant comme premier but de faire primer l'activité récréative.

 

a)         Le parc du Mont-Tremblant

 

Le parc du Mont-Tremblant, situé au Nord de la municipalité de Saint-Donat, est le plus vieux et le plus grand des parcs du Québec. On peut y accéder par les portes de la Pimbina à Saint-Donat, de la l'Assomption à Saint-Côme et par Saint-Michel-des-Saints. Depuis le début de la création du Parc, la porte d'entrée de la Pimbina du côté de Saint-Donat dispose d'un certain nombre d'équipements d'animation, de récréation et de camping. Plus récemment, la porte de la l'Assomption du côté de Saint-Côme a été doté d’équipements semblables, dont un camping aménagé de 125 places. Pour ce qui est de la porte de Saint-Michel-des-Saints située près du lac des Cyprès, tout reste à développer.

 

b)         Les parcs régionaux et le Sentier national

 

Il existe actuellement deux (2) parcs considérés comme de calibre régional, soit le parc des chutes Dorwin à Rawdon et le parc des chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles. Par ailleurs, quatre (4) projets de parcs régionaux sont actuellement en processus de création, soit le parc du lac Taureau à Saint-Michel-des-Saints, le parc des Sept-Chutes à Saint-Zénon, le parc de la Chute à Bull à Saint-Côme et le parc de la Forêt Ouareau chevauchant le territoire de cinq (5) municipalités, soit Notre-Dame-de-la-Merci, Entrelacs, Chertsey, Saint-Côme et Saint-Alphonse-Rodriguez.

 

Quant au Sentier national, celui-ci traverse le territoire de la MRC d'Est en Ouest en reliant les municipalités de Saint-Donat, Notre-Dame-de-la-Merci, Saint-Côme, Sainte-Émélie-de-l'Énergie et Saint-Zénon. Bien qu'il s'agisse uniquement d'un équipement linéaire, celui-ci est présenté en compagnie des parcs régionaux du fait que sa mission conceptuelle consiste à les relier.

 

 

3.5.1.4      La concordance entre les territoires récréatifs désignés et les territoires d’intérêts récréatifs

 

a)         Les parcs

 

Jusqu'à tout récemment, la récréation prise au sens large ne faisait pas l'objet de territoires réservés comme l'agriculture et la foresterie. Le parc du Mont-Tremblant est la seule entité territoriale à caractère récréatif ayant un peu d'histoire, celle-ci ayant par contre été créée au début des années 70 pour les fins de la conservation de la nature. Le parc du Mont-Tremblant ne recouvre pas uniquement des territoires à caractère récréatif. De vastes territoires d’intérêts forestiers sont aussi compris à l'intérieur, particulièrement dans la partie Nord.

 

On peut dire la même chose du territoire de la Forêt Ouareau où la proportion des territoires d’intérêts récréatifs est de l'ordre de 50 % par rapport à sa superficie complète. Les autres parcs régionaux projetés et ceux existants coïncident par contre parfaitement avec la délimitation des territoires d’intérêts, comme celui du lac Taureau, sinon, en recouvre une partie, comme le parc des Sept-Chutes par rapport à la haute vallée de la Noire et le parc de la chute Dorwin par rapport au territoire d'intérêt de la Moyenne Ouareau.

 

Au-delà de la Mattawin, soulignons que le massif du Piton est situé au cœur de la réserve faunique Rouge-Mattawin et ne fait pas l'objet d'une valorisation particulière. Quant au territoire d'intérêt du lac Kempt, le plus éloigné des régions habitées après le plateau de la Némiscachingue, ce sont les pourvoiries et la communauté autochtone de Manawan qui assument l’essentiel de sa mission récréative. Il existe donc de vastes superficies de territoires récréatifs qui ne font pas encore l'objet d'un statut reconnaissant officiellement leur valeur et leur mission.

 

b)         Les entreprises récréatives

 

Lorsque l'on regarde la répartition des entreprises et des équipements récréatifs en territoire municipalisé, on constate qu'il existe une concordance très étroite avec les territoires d’intérêts récréatifs. Cette concordance est tellement étroite, que ces équipements sont pratiquement absents des autres territoires d’intérêts. Que l'on prenne les pentes de ski, les auberges, les terrains de campings, les piscicultures ou d'autres types d'entreprises, la concordance est très forte. Cette concordance tient en bonne partie au fait que beaucoup de nos territoires d’intérêts récréatifs du Sud correspondent à des vallées fluviales et que le système routier régional emprunte ces mêmes vallées.

 

c)         Les aires de villégiature

 

La villégiature en territoire municipalisé présente un visage semblable, en ce sens que pratiquement tous les lacs situés en territoire d'intérêt de villégiature sont utilisés à des fins de villégiature. Parmi les activités typiques de nos territoires d’intérêts pour la villégiature, il y a les bases de plein air, fort nombreuses et en croissance qui choisissent la tranquillité et l'ambiance des lacs. La villégiature se retrouve aussi en bordure de certains petits lacs, voir de petits lacs artificiels qui n'ont pas la capacité de support requise.

 

La villégiature est, cependant, peu présente sur les lacs situés sur le haut plateau de la rivière Noire et au plateau du Mastigou qui sont réservés à l’exploitation faunique. Au-delà des Hautes Laurentides, le réservoir Taureau, l’axe des lacs Légaré-Villiers et le lac Charland sont déjà occupés plus ou moins largement par la villégiature. Mentionnons que les Zecs Lavigne et des Nymphes localisées dans les Hautes Laurentides et sur le plateau du Mastigou contiennent toutefois quelques hameaux de villégiature.

 

d)        Le rôle du domaine faunique, particulièrement en territoire non-organisé

 

Bien qu'il soit moins nanti en équipements lourds et aménagements intensifs de gestion privée que le territoire municipalisé, le territoire non-organisé possède un bon inventaire de services publics (parcs et réserves) et parapublics (zones d’exploitation contrôlée et pourvoiries) lui permettant d'offrir à la population des services de base à la pratique de certaines activités de loisirs en plein air, telles la chasse, la pêche et les randonnées de toutes sortes.

3.5.2    La présence de valeurs autres que récréatives

 

 

3.5.2.2      Les activités ayant un effet déstructurant sur la récréation

 

a)         L'exploitation des ressources minérales

 

En général, ces activités sont peu compatibles avec les diverses formes de récréation qui exigent une haute qualité d'environnement. Les carrières et sablières, à cause du bruit et des poussières produits par les déplacements de la machinerie et aussi du caractère irrécupérable des lieux après opération, peuvent difficilement se marier avec la villégiature et le récréotourisme. L'exploitation de l'eau souterraine peut convenir en territoire d'intérêt récréatif dans la mesure où elle n'a pas pour effet de remettre en cause la valorisation de la récréation ou de la villégiature. Il en est de même pour les territoires d’intérêts agrotouristiques.

 

b)         L'agriculture

 

Les productions végétales et les pâturages sont à l'origine de nos paysages parmi les plus beaux. La création des territoires d’intérêts agrotouristiques est là pour le démontrer. L’effet visuel des terres agricoles sur le panorama se compare à celui des plans d’eau, en ce sens, qu’elles occupent habituellement la portion inférieure du paysage et améliorent l’accessibilité visuelle depuis les positions inférieures. Elles constituent le principal et le plus fort enrichissement que l’homme ait apporté jusqu’à maintenant à la qualité du panorama régional. Même que l’abandon de l’agriculture sur de nombreuses terres des municipalités plus nordiques a eu un effet d’appauvrissement.

 

Par ailleurs, les productions animales à forte charge d'odeur peut remettre en cause la valorisation touristique de ces territoires d’intérêts. L'introduction de cette catégorie d'activités dans des territoires d’intérêts récréatifs peut même être envisagée dans la mesure où elle se situe dans des espaces qui leur conviennent et n'a pas d'effet significatif sur le développement des valeurs proprement récréatives.

 

Dans le cas des territoires d'intérêts de villégiature, la situation est encore plus complexe dans la mesure où les productions animales altèrent la qualité de l'eau dans l'environnement. Les fermettes, du fait que le nombre d'unités animales est très restreint, peuvent par contre mieux s'intégrer au contexte de ces territoires d’intérêts.

 

c)         L'exploitation forestière

 

Les activités de récolte, telles que pratiquées dans le contexte des grands territoires forestiers, ne conviennent pas aux territoires d’intérêts récréatifs ou de villégiature, de même qu'aux territoires agrotouristiques, à moins qu'ils ne recèlent de vastes plates-formes pouvant faire l'objet d'un zonage forestier à cette fin. Une foresterie plus légère peut, par ailleurs, convenir dans la mesure où l'encadrement paysager n'est pas affecté de façon trop significative. C'est en ce sens que l'on parle de la forêt d'encadrement.

 

Par ailleurs, dans la mesure où la forêt est mise à contribution comme produit récréotouristique, que ce soit au niveau des sites d'intérêts naturels ou au niveau de nos secteurs d’intérêts récréatifs régionaux, il convient davantage que les activités de récolte visent la valorisation de la forêt à des fins récréatives. On parle alors de la forêt récréative.

 

d)        L'activité faunique

 

Parmi les activités fauniques, l'observation de la faune et la pêche constituent des activités très compatibles avec la récréation en général, que ce soit en territoire d'intérêt récréatif, de villégiature ou agrotouristique. Il en va autrement de la chasse, à moins qu'elle ne soit pratiquée que sur de vastes espaces réservés à cette fin et qu'elle soit régie de façon stricte pour éviter tout risque d'accident. Mentionnons à cet effet qu'un de nos quatre (4) ravages de chevreuil se situe en contexte agrotouristique et que les trois (3) autres se situent en territoire d'intérêt récréatif.

 

e)         La mixité récréotourisme et villégiature

 

Bien que la villégiature et le récréotourisme appartiennent globalement au domaine récréatif, ces deux (2) catégories d'activités sont généralement difficilement conciliables. S'il est une valeur recherchée par les adeptes de la villégiature, c'est bien la tranquillité. La circulation associée au récréotourisme, particulièrement en ce qui concerne les activités motorisées, viennent rompre cette tranquillité.

 

Par ailleurs, à l’échelle du territoire municipalisé, des erreurs graves de concordance ont été commises en ce qui concerne les plus grands lacs pouvant offrir un potentiel récréotouristique, comme les lacs Ouareau, Archambault, Noir et Cloutier. Surtout dans les Basses Laurentides, on observe, en ce qui a trait aux ressources aquatiques, une surutilisation de plusieurs sites d’intérêts ou tout simplement une mauvaise affectation. Pratiquement toutes les plus belles plages naturelles ont été perdues via le développement de la villégiature. Même que celles réservées à des fins publiques bénéficient rarement d’une localisation optimale, c'est-à-dire d'une bonne exposition au soleil et au vent du Sud-Ouest (beau temps).

 

La planification du développement d'un lac pouvant avoir un potentiel et un rayonnement régional doit donc, en tout premier lieu, positionner la fonction récréative pour que les plus belles plages puissent être accessibles au public. Car il pourrait devenir un jour très coûteux, voir impossible, de segmenter des aires de villégiature relativement homogènes pour redonner au public les meilleures plages d'un lac.

 

f)         Les lignes de transport d'énergie et les autres formes d'occupation pouvant dégrader la qualité des paysages naturels

 

De toutes les interventions humaines dans le paysage, l’implantation des lignes de transport d’énergie constitue l'intervention qui génère le plus d'impacts sur l'environnement récréatif. Le caractère de permanence de ces équipements essentiels à nos collectivités et l'impossibilité de les masquer réellement fait en sorte que ces infrastructures ne conviennent vraiment pas aux territoires d’intérêts récréatifs. À l’échelle du territoire municipalisé, des erreurs graves de concordance ont été commises en ce qui concerne les plus grands lacs pouvant offrir un potentiel récréotouristique.

Les développements résidentiels concentrés et en montagne ont aussi pour effet d'artificialiser et de dégrader le paysage. Les villégiateurs qui choisissent de tels sites recherchent une large vue sur le panorama et déboisent généralement de grandes surfaces pour obtenir le meilleur des résultats à ce niveau. En fait, on peut obtenir une très bonne qualité de panorama depuis le premier tiers du relief local d'une unité de paysage. En deçà de cette hauteur, l'impact du déboisement est aussi moindre qu'à plus haute altitude. Bien sûr, il y a lieu de valoriser cette forme d'occupation du territoire dans nos divers territoires d’intérêts à caractère récréatif, mais des restrictions doivent, par ailleurs, être imposées si l'on veut conserver la qualité de nos paysages naturels dans une perspective de développement durable.

 

Au niveau des zones d’ambiance elles-mêmes, l’affichage, l’installation d’antennes, l’ouverture d’accès inutilement trop larges sur la route pour les commerces, l’entreposage extérieur incontrôlé et la disparité architecturale trop grande ont pour effet de créer une dysharmonie très grande le long de nos corridors routiers. La plupart de ces points ont été introduits au niveau de la réglementation municipale, mais on observe des disparités d’une municipalité à l’autre pour une même route. Une réflexion plus poussée en ce sens permettrait de trouver une base réglementaire plus uniforme et aussi plus saine.

 

 

 

3.5.3    Le dynamisme du domaine récréatif

 

 

3.5.3.1      La présence des équipements récréatifs

 

Les études effectuées par le ministère du Loisir de la Chasse et de la Pêche pour l'ensemble du Québec (voir le tableau 48) permettent d'établir le rang de la Matawinie par rapport aux autres municipalités régionales de comté du Québec en ce qui concerne la répartition et le niveau d'équipements récréatifs.

 

Le nombre d'équipements de plein air que possède la Matawinie pour les sports d'hiver, la randonnée, les plages publiques, le camping et l'hébergement en camps de vacances place la région parmi les premiers rangs du Québec et vient confirmer l'importance primordiale de la qualité du cadre naturel comme moteur du récréotourisme.

 

Géographiquement, les équipements récréatifs sont surtout accessibles par la route 125. Les municipalités qui longent cet axe regroupent la moitié des équipements comptabilisés sur le territoire, comparativement aux municipalités traversées par les routes 131 et le centre, où l'on retrouve respectivement 26,4 % et 16,4 % du nombre total d'équipements. Le tableau 49 donne des informations relatives aux équipements et activités de plein air offerts dans les municipalités. D'autre part, plus de 45 % des équipements recensés se concentrent autour des plans d’eau et ne sont utilisables que durant la saison estivale. De plus, plusieurs sont intégrés à la forêt.

 

L'absence relative d'équipements de sport intérieur ainsi que le faible nombre d'équipements socioculturels représentent une des principales lacunes, compte tenu que ces activités sont largement consommées par la population permanente. Toutefois, ce constat au niveau de la faible diversification de ces équipements peut être attribuable au fait qu’ils demandent de fortes concentrations de population pour les rentabiliser et que le bassin de population montréalais n’est pas nécessairement disposé à parcourir la distance requise pour consommer ces activités. De plus, traditionnellement, la récréation matawinienne est davantage associée au plein air et au sport.

 

 

3.5.3.2      L'évolution de la fréquentation des équipements récréotouristiques

 

a)         Le parc du Mont-Tremblant

 

Malgré sa réduction en superficie, le Parc a su attirer une clientèle considérable. À preuve, en 1992-93 le Parc comptabilise 396 141 jours/utilisateurs, une augmentation de 18,4 % en dix (10) ans. D’autre part, pour la même année, 102 employés travaillaient pour le Parc, dont près de la moitié en Matawinie.

 

Considérant son statut de station internationale et son achalandage, le Parc est probablement l'un des principaux éléments de l'offre de récréation de plein air de la région. De ce fait, l'entreprise privée du secteur tertiaire devrait pouvoir bénéficier de ce territoire de qualité et de la clientèle qu'il déplace. Finalement, le parc du Mont-Tremblant, en plus de répondre à un besoin collectif en matière de loisir, engendre des retombées économiques intéressantes, du moins dans les municipalités qui le bordent.

 

b)         L'hébergement commercial

 

L’hébergement commercial récupère seulement 12 % des voyages-personnes faits en Matawinie. Dans les années 80, un constat quant à la déficience de ce type d’hébergement a été fait. Aujourd’hui, la situation s'est améliorée puisqu’il y a 20 % plus d’hôtels et de motels sur le territoire. Toutefois, il demeure qu’aucun établissement n’est apte à recevoir des groupes de grande envergure, ce qui exclut pratiquement la possibilité de faire des congrès importants. Il est dommage d’écarter ce créneau puisque 11,7 % des voyages-personnes des québécois enregistrés au Québec en 1992 étaient dus aux voyages d’affaires et de congrès.

 

c)         La grande disponibilité d'espaces de qualité

 

En ce qui concerne les ressources récréatives associées au milieu terrestre, on constate qu'il existe de nombreux sites potentiels pour le ski alpin qui sont inutilisés, ce qui est normal compte tenu du fait que ce secteur d'activité plafonne et fait l'objet d'une compétition très vive. De nombreux points de vue, situés en bordure du réseau routier principal, ne sont pas encore mis en valeur.

 

Plusieurs intervenants ont reconnu le TNO comme lieu de prédilection à l'exploitation des ressources naturelles (forêt et faune) plutôt qu'à la pratique d'activités récréatives de plein air. Cependant, l'immense TNO recèle une multitude de potentiels encore inexploités pour la récréation intensive. Le TNO, principalement à cause de sa proximité de la région de Montréal, reçoit de plus en plus de visiteurs. Considérant le nombre croissant d'utilisateurs, il est souhaitable et même nécessaire, de planifier ce territoire en vue d'éviter les conflits d'utilisation du sol et d’empêcher la dégradation du paysage susceptible de survenir.

 

 

3.5.3.3      Profil touristique du territoire de la MRC de Matawinie comparativement aux autres MRC de Lanaudière

 

Une étude confiée à Desjardins marketing stratégique par Tourisme Lanaudière a permis de qualifier et quantifier l’offre touristique de la région de Lanaudière et de chacune des six (6) MRC. Cette dernière permet de positionner différents facteurs de l’offre touristique de la Matawinie par rapport aux autres municipalités régionales de comté de Lanaudière (voir le tableau 50). Les résultats de cette étude démontrent indéniablement que la Matawinie est la MRC dont la vocation touristique est la plus affirmée.

 

a)         Fréquentation

 

Au niveau de la fréquentation du territoire, la Matawinie est de loin la destination privilégiée par les touristes fréquentant la région de Lanaudière. En effet, cette dernière a accueilli 70 % du nombre de visites-régions en 1999, ce qui lui confère facilement le premier rang.

 

b)         Hébergement

 

La vocation touristique avancée de la Matawinie se vérifie aussi par la quantité et la qualité de l’hébergement qui y est offert. En fait, elle est la MRC où l’on retrouve le plus grand nombre d’établissements hôteliers, et ce, dans toutes les catégories, et le plus grand nombre d’unités d’hébergement. De plus, on y retrouve les trois (3) seuls établissements 4 étoiles de Lanaudière et près de 70 % de l’hébergement 3 étoiles.

 

c)         Restauration

 

L’offre de restauration y est aussi nettement supérieur puisque 22 % des établissements se situent sur son territoire et le ratio de restaurants par 10 000 habitants permet de classer la Matawinie au premier rang.

 

d)        Attraits

 

Dans l’ensemble, le nombre d’attraits de la Matawinie est nettement supérieur à toutes les autres MRC de Lanaudière, mais sa domination est principalement attribuable à la présence de nombreux sites naturels et de parcs et de nombreuses activités de plein air et d’activités hivernales. Soulignons l’importance et l’omniprésence des espaces naturels et de la forêt en Matawinie qui permettent de distinguer et avantager la région dans ces secteurs. Elle n’a, d’ailleurs, rien à envier aux autres MRC pour le nombre d’attraits culturels et agrotouristiques puisqu’elle se classe au deuxième rang. Seul point faible, le nombre d’événements et festivals est inférieur à trois (3) MRC.

 

 

e)         Services touristiques

 

Conséquence ou cause de la position de pôle de la Matawinie au niveau touristique, les services d’informations sont nettement plus nombreux qu’ailleurs.

 

 

 

3.5.4    Perspectives d’aménagement et de développement du domaine récréatif

 

La récréation constitue un des trois (3) domaines économiques et territoriaux les plus importants avec l'agriculture et la foresterie. Territorialement parlant, le présent Schéma d'aménagement positionne cette activité comme jamais auparavant.

 

 

3.5.4.1      Problématiques de planification de l'aménagement

 

a)         La consolidation de l'espace touristique

 

Considérant la relation très étroite existant entre la répartition des territoires d’intérêts récréatifs et celle des entreprises récréatives, ceux-ci apparaissent comme aptes à définir la grande affectation récréative du territoire.

 

Il en est de même pour la villégiature qui constitue une autre forme d'occupation du territoire très structurante et importante en terme de développement régional, particulièrement dans le contexte des territoires d’intérêts de villégiature qui sont les plus aptes à supporter une affectation de « villégiature ».

 

Les Piedmonts et une bonne partie du Grand Corridor supportent une activité agrotouristique très originale, les prairies en culture constituant l'élément le plus structurant de nos magnifiques paysages agroforestiers.

 

Les territoires de transition de type agroforestiers qui s'insèrent entre la grande zone agricole continue de la plaine du Saint-Laurent et les Hautes Laurentides devraient servir de base à l'élaboration d'une affectation agrotouristique.

 

La vallée de la rivière du Sauvage sillonnée par la route 131 entre les villages de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints offre des potentiels analogues malgré un contexte économique plus forestier.

 

Cet espace possède lui aussi les atouts nécessaires à la création d'une affectation agrotouristique et amènerait une diversification économique fort utile à cette partie du territoire de la MRC.

 


b)         La priorisation à l'intérieur d’une grande affectation récréative

 

Il existe une douzaine de secteurs d’intérêts récréatifs régionaux (RR), tels une partie du bassin Ouareau-Archambault à Saint-Donat, le secteur du parc des chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles ou, encore, le centre Ouest du Réservoir Taureau, ces secteurs formant les fleurons de notre offre touristique.

 

Ces secteurs devraient faire l’objet d’une sous-affectation récréotouristique où les aires de villégiature privée seraient traitées dans une perspective de consolidation plutôt que d’expansion.

 

À l'intérieur de nos parcs régionaux, ces espaces devraient être réservés prioritairement à la récréation dite publique assumée par la gestion du parc. Les grandes entreprises récréotouristiques pourraient y être autorisées à la condition que leur présence ne mette pas en cause le positionnement de la récréation publique sous ses diverses formes, plus particulièrement en ce qui a trait aux diverses formes d’hébergement rustique. L’exercice de la planification des parcs régionaux devrait apporter des précisions plus explicites à ce sujet.

 

Dans les secteurs où les valeurs récréatives le justifient moins, il y a lieu de créer des sous-affectations de villégiature en prévoyant des accès publics à l'eau réservés à la villégiature en seconde rangée.

 

Dans le cas où il existerait des secteurs d’intérêts forestiers (type F et FM) peu ou pas occupés, il conviendrait de réserver ces espaces à des fins de production forestière afin de maintenir le mieux possible cette fonction rurale de base et d'éviter sa déstructuration par d'autres formes d'occupation.

 

c)         La priorisation à l'intérieur d’une grande affectation de villégiature

 

Inversement à ce qui se passe à l'intérieur d’une grande affectation récréative, la planification à l'intérieur d’une grande affectation de villégiature devrait être menée en priorisant la villégiature lors de la détermination des sous-affectations.

 

La fonction récréative demanderait, elle aussi, d'être positionnée, particulièrement en ce qui concerne les bases de plein air (camps de jeunes ou pour clientèle spécialisée) et les diverses formes d'hébergement à faible capacité qui conviennent bien à l'environnement des grandes aires de villégiature.

 

Sur les lacs de plus de 100 hectares situés en bordure du réseau routier régional, des accès publics à l'eau devraient être prévus pour valoriser le développement de la villégiature en deuxième rangée ou sur de plus grandes profondeurs ou, encore, pour développer de petits complexes récréotouristiques valorisant les activités douces.

 

Pour assurer la tranquillité des lieux à l'intérieur de cette grande affectation, les municipalités devraient envisager de réglementer la force, le type et la vitesse des embarcations moteurs.

 

Ces territoires d’intérêts représentent aussi une grande valeur pour la faune aquatique et, bien gérés, ceux-ci peuvent contribuer à assurer un bon succès de pêche.

 

Même si l'ensemencement peut répondre à court terme aux besoins des amateurs, il conviendrait davantage qu'on favorise la régénération naturelle en contrôlant mieux le prélèvement et surtout, en améliorant la qualité des habitats riverains et aquatiques.

Comme cela est envisagé pour les espaces récréotouristiques, dans le cas où il existerait des secteurs d’intérêts forestiers (type F et FM) peu ou pas occupés, il pourrait être profitable de réserver ces espaces à des fins de production forestière afin de maintenir le mieux possible le caractère rural  de ces espaces et d'éviter leur déstructuration par d'autres formes d'occupation.

 

d)        La priorisation à l'intérieur d’une grande affectation agrotouristique

 

En ce qui concerne la grande affectation agrotouristique, de nombreuses aires de villégiature et plusieurs entreprises oeuvrant dans le domaine soit de l'agriculture, de l'industrie artisanale ou de la création artistique, s'y côtoient, chacune occupant une niche particulière et créant un milieu de vie d'une qualité exceptionnelle.

 

Pour préserver la qualité de ce milieu, il serait donc nécessaire et souhaitable qu’il fasse l'objet d'une planification plus fine pour que les bénéfices d'un tel voisinage s'amplifient, plutôt que de voir ces activités se déstructurer les unes les autres.

 

L'agriculture étant l'activité la plus structurante de l'espace agrotouristique, il importe de positionner la zone agricole permanente de manière à ce que la priorité soit donnée à l'agriculture.

 

Il est, par contre, souhaitable qu'un zonage de production ait pour effet d'interdire les productions animales à forte charge d'odeur pour faciliter l'insertion d'usages commerciaux à caractère agrotouristique (où il se fait de la dégustation ou des représentations artistiques) sans que l'agriculture ne soit requise comme usage principal.

 

Plusieurs parcelles de bons sols agricoles se retrouvent à l'extérieur de la zone agricole permanente, et ce, en territoire d'affectation agrotouristique.

 

Lorsqu'ils constituent de bons blocs pouvant soutenir une entreprise agricole ou, encore, lorsqu'ils sont attenants à la zone agricole permanente, il conviendrait que certains d’entre eux soient protégés à court terme via un zonage agricole municipal et, éventuellement, intégrés à la zone agricole permanente.

 

Les quelques parcelles de bons sols éloignés de la zone agricole permanente pourraient servir à positionner préférentiellement la « petite agriculture » ou d'autres activités à caractère agrotouristique, telles les activités équestres. Ces petits espaces agricoles peuvent, par la suite, devenir très structurants pour le développement de la villégiature sur leur périmètre, tel que cela se fait déjà à plusieurs endroits.

 

Lorsque situées à une certaine distance de la zone agricole permanente, il conviendrait donc que certaines parcelles de bons sols agricoles soient protégées par un zonage agricole municipal pour éviter qu'elles ne soient perdues via un morcellement ou un développement résidentiel mal planifié.

 

Il peut aussi arriver qu'en zone agricole permanente, voir même à l'extérieur de cette zone, certains éléments d'intérêts couvrent de grandes superficies et soient situés en terrain à potentiel agricole faible ou nul. Leur valeur et les conditions de terrain peuvent donc justifier qu'on souhaite interdire l'implantation de nouvelles entreprises de production animale pour ne pas créer de frein à leur épanouissement. Cela est vrai pour des îlots déstructurés, pour certains secteurs ou sites d'intérêts récréatifs, pour certains peuplements forestiers, tels les érablières, pour des habitats fauniques ou des sites d'intérêts anthropiques.

 

Pour assurer la prise en compte des valeurs autres qu’agricoles et, principalement récréatives, en territoire agricole ou agroforestier, le Schéma d'aménagement pourrait créer des sous-affectations permettant de bien les situer et d'assurer leur valorisation selon leur spécificité.

 

 


3.7     PERSPECTIVES D'AMÉNAGEMENT GÉNÉRALES RELATIVES À LA GESTION DES RESSOURCES

 

L'élaboration des diverses problématiques relatives à la gestion des ressources a été l'occasion de formuler une multitude de recommandations allant dans le sens de la gestion intégrée des ressources et du développement durable, cette appréciation ayant été rendue possible grâce à la cartographie des territoires d’intérêts. Ces recommandations sont faites de façon générale et peuvent parfois viser certaines catégories de citoyens, mais plus souvent qu'autrement, les municipalités locales elles-mêmes.

 

Or, le domaine de la gestion des ressources implique des lois importantes dont l'application relève du gouvernement du Québec lui-même, telles la Loi sur l'agriculture, la Loi sur les forêts, celle sur les terres du domaine public, celle sur les mines, etc. Parmi les grands défis soulevés par la préparation de ce second Schéma d'aménagement, la question de la conformité aux orientations gouvernementales en est probablement le plus important de tous, car contrairement au Schéma d’aménagement, l’État québécois n’est pas en mesure d’assurer la gestion intégrée des ressources et un développement durable en cette matière du fait qu’il ne dispose pas d’une cartographie des territoires d’intérêts.

 

Si la planification de l’aménagement de la zone agricole permanente a pu être mise au point dans le cadre de l’élaboration des règlements de contrôle intérimaires, il demeure un problème d'harmonisation entre la planification prévue sur les terres du domaine public et celle découlant de l'exercice de la réalisation du Schéma d'aménagement. Voici donc quelques éléments de réflexion pouvant servir de balise à la formulation des orientations régionales à ce sujet.

 

 

 

3.7.1    L’importance de l’espace forestier matawinien

 

Le territoire de la Matawinie couvre une superficie totale de 10 536 km2. De cette superficie, 8 973 km2 (85 %) de terres appartiennent au domaine public, tandis que 1 563 km2 (15 %) du territoire est sous forme de propriétés privées. La forêt occupe une place prédominante sur le territoire puisqu’elle constitue plus de 88 % (9 252 km2) de la superficie totale de la MRC. En fait, une très grande proportion de la forêt de la région de Lanaudière se retrouve sur le territoire de la Matawinie, celui-ci contenant près de 89 % du territoire forestier lanaudois.

 

Résultant de son importance, la forêt représente donc un énorme bassin de ressources afin d’alimenter l’économie de la région. En effet, la place qu’occupe la forêt au niveau de la superficie est comparable aux retombées économiques qu’elle génère dans la région sur le plan de l'activité économique, particulièrement pour l’industrie du bois, pour le récréotourisme, la villégiature et l'activité faunique. Tous ces secteurs dépendent directement de la forêt.

 


a)         La carte des territoires d’intérêts et la cartographie des hameaux, des outils essentiels à la définition des orientations régionales

 

La MRC de Matawinie dispose maintenant d’une cartographie des territoires d’intérêts jumelée avec la cartographie des hameaux et le conseil de la MRC est maintenant en mesure de poser un diagnostique valable quant à la pertinence de cette occupation. Les différentes informations colligées sur le dynamisme économique des diverses fonctions régionales nous permettent de confirmer que, de façon générale, les entreprises agricoles consomment les territoires d’intérêts agricoles, que les villégiateurs sont les premiers au niveau des territoires d’intérêts de villégiature, que les entreprises fauniques sont principalement implantées à l’intérieur des territoires d’intérêts fauniques et que les entreprises récréatives se concentrent principalement à l’intérieur des territoires d’intérêts récréatifs.

 

Le conseil de la MRC est donc en mesure de revoir les grandes affectations du territoire à l’échelle des territoires municipalisés et de proposer des orientations de développement qui vont permettre de réaliser la gestion intégrée des ressources et un développement durable. On doit, par ailleurs, mentionner que les Orientations gouvernementales, telles qu’exprimées en réponse au dépôt du PSAR I relativement à la gestion des ressources, constituent les principaux obstacles à l’atteinte de ces grandes orientations. Voici quelques informations déterminantes relatives à la prise de décisions à ce sujet.

 

b)         Le rôle capital de la Loi sur les forêts et de la carte d’affectation des terres publiques et les limites du RNI (Règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier)

 

En ce qui concerne la valorisation de l'ensemble de la forêt publique du Québec, le ministère des Ressources naturelles, section Forêt-Québec, traduit les différents objectifs contenus dans la Loi sur les forêts. Il agit aussi plus particulièrement comme responsable de l'encadrement des diverses planifications forestières préparées via les plans d'aménagement forestiers applicables aux terres du domaine public. Les documents de référence utilisés par le Ministère à cette fin sont la carte d'affectation des terres publiques et le Règlement sur les normes d'intervention en milieu forestier (RNI). Ces outils de planification et les actions de Forêt-Québec priorisent la valorisation de la matière ligneuse partout via les contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF), à l'exception des parc provinciaux et de quelques autres territoires soustraits aux contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier.

 

Pour les autres utilisations de la forêt publique, telles l’exploitation faunique, la récréation et la villégiature, le Règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier prévoit des accommodements pouvant faire l’objet d’ententes avec les entreprises forestières et Forêt Québec.

 

 

 


3.7.2    Le rôle attendu du gouvernement du Québec en ce qui a trait aux aspirations du milieu régional à l'égard du Sud du territoire de la MRC

 

Il conviendrait donc que la Loi sur les forêts et la carte d’affectation des terres publiques soient amendées pour que ceux-ci répondent prioritairement aux aspirations du milieu régional et non pas, prioritairement aux entreprises forestières. Ainsi, il serait possible d'atteindre la concordance recherchée entre les Orientations gouvernementales et les Orientations régionales, voir, entre la carte d'affectation des terres publiques et les grandes affectations du territoire à définir au Schéma d'aménagement.

 

a)         La recherche de la concordance entre les Orientations gouvernementales et les Orientations régionales sur les terres du domaine public

 

Tels que proposés à l’intérieur des Orientations gouvernementales, les objectifs de gestion intégrée des ressources et de développement durable sont surtout centrés autour de la production forestière. Par rapport aux utilisations autres que forestières, la philosophie de gestion de la forêt publique prévoit des accommodements tels que le définit le Règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier.(RNI). Cette approche apparaît globalement recevable en territoire non-organisé du fait que les valeurs autres que forestières ne font habituellement pas l'objet d'enjeux aussi grands qu'en territoire municipalisé. Aussi, le patrimoine routier relevant essentiellement des entreprises forestières et du ministère des Ressources naturelles, on peut comprendre que le gouvernement du Québec cherche à se soustraire de ses propres orientations relativement à la gestion intégrée des ressources et au développement durable pour favoriser l’acteur forestier. Tous deux (2) tirent un revenu direct de l’exploitation forestière.

 

Pour le Sud du territoire, cette approche ne tient plus pour de multiples raisons. Plus particulièrement, le système routier y constitue un patrimoine collectif, les municipalités locales étant parties prenantes de ce patrimoine. Aussi, les dommages apportés au système routier par le camionnage constitue toujours un passif pour les municipalités locales. La villégiature et le récréotourisme sont aussi affectés par cette usure. Et pour pousser un peu plus loin l’ironie, mentionnons que la MRC n’a pas été reconnue comme région ressource et ne bénéficie donc pas des avantages d’une telle reconnaissance.

 

b)         La reconnaissance des diverses valeurs du territoire et des divers acteurs comme étant des éléments égaux et complémentaires les uns aux autres

 

La gestion intégrée des ressources implique, à un premier niveau, que l’on adopte une approche responsable relativement à la gestion de l’ensemble des ressources territoriales. Il y a, d’une part, les territoires d’intérêts (valeurs) et, d’autre part, les entreprises intéressées (acteurs). Une gestion intégrée et responsable des territoires doit normalement assigner les entreprises forestières aux territoires d’intérêts forestiers, les entreprises fauniques aux territoires d’intérêts fauniques, les entreprises récréatives aux territoires d’intérêts récréatifs et les villégiateurs aux territoires d’intérêts de villégiature. Actuellement, la Loi sur les forêts et la carte d’affectation des terres publiques placent les entreprises forestières en conflit d’intérêt, car celles-ci déterminent à un premier niveau les choix d’aménagement forestier sur des territoires qui ne devraient pas avoir comme première mission la production de matière ligneuse.

 

Sur le corridor de la Mattawin et sur les territoires s’étendant plus au Sud, la question de la gestion intégrée des ressources constitue donc un enjeu de premier ordre. La cartographie des territoires d’intérêts permet de définir différentes missions forestières ayant pour but d’assurer la plus-value de l’ensemble des ressources territoriales. Comme plusieurs municipalités comprennent d'importantes superficies en blocs de territoires publics sous contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier, il importe dans un premier temps, que les divers outils du Schéma d'aménagement traduisent l'optimisation recherchée plutôt que de reconduire l’affectation forestière s’appliquant actuellement à l’ensemble des terres publiques. Il revient au conseil de la MRC de Matawinie de demander au gouvernement du Québec d’apporter les modifications nécessaires, plus particulièrement pour la partie Sud du territoire de la MRC.

 

c)         La sous-représentation du milieu municipal comme principal responsable de l'aménagement du territoire

 

Dans les modifications apportées à la Loi sur la forêt, la MRC est perçue comme un interlocuteur de deuxième ordre dans la planification du territoire, soit au même titre que les populations amérindiennes et les entreprises fauniques. Avec la création de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, le monde municipal était invité à une transformation majeure de son administration et de sa gestion pour permettre l’acheminement d’une vision régionale de l’aménagement. Les MRC étaient créées pour constituer une plate-forme intermédiaire où seraient réglées les questions de conformité entre les orientations gouvernementales et les préoccupations locales.

 

Du côté du gouvernement du Québec, aucun changement significatif tel la création d’un super ministère à l’aménagement, n’est venu traduire cette préoccupation de concerter les décisions d’aménagement et de développement. À travers ce processus, le monde municipal est le seul à avoir fait véritablement évolué l’aménagement du territoire. Vouloir asseoir au même niveau la MRC et les acteurs régionaux est un archaïsme. Le seul autre acteur que la MRC pouvant discuter sur la base d’une consultation présumément déjà effectuée est le gouvernement lui-même.

 

Dans la consultation que le gouvernement du Québec fait sur la planification forestière, il travaille à l’encontre d’une gestion intégrée des ressources en assoyant la MRC au même niveau qu’une entreprise faunique ou une entreprise forestière. Ce choix stratégique permet en fait d’éclipser les municipalités où aboutissent diverses lois ayant une portée sur l’aménagement du territoire, alors qu’elles sont les premières concernées à ce sujet.

 

d)        Une opportunité à saisir

 

De par sa position en territoire de transition entre les régions habitées et les grands territoires ressources et de par la connaissance acquise du territoire et de son dynamisme, la révision du Schéma d’aménagement constitue une occasion unique, tant pour le gouvernement du Québec que pour le conseil de la MRC d’engager un processus conduisant véritablement à une gestion intégrée des ressources et un développement durable. On peut croire, à tors, qu’un tel exercice ne fait que repositionner certaines entreprises par rapport à d’autres. Hors, la gestion intégrée des ressources, c’est aussi la gestion intégrée des ressources humaines, en ce sens, que la valorisation de la forêt sous diverses missions va permettre de développer différents savoir-faire. Se priver d’une telle transformation, c’est choisir le sous-développement durable.

 

Cette évolution dans la gestion de nos forêts ne peut se faire sans une implication plus grande des ingénieurs forestiers et des écologistes, car ceux-ci seront toujours les mieux placés pour établir une prescription sylvicole qui rencontre les objectifs de valorisation de nos divers territoires d’intérêts. On peut difficilement concevoir comment l’intérêt public pourrait être servi autrement.

 

e)         Une phase de transition en ce qui concerne le milieu régional et les entreprises forestières

 

Le conseil de la MRC et les entreprises forestières en situation d’alerte

 

Plus le temps avance et plus l’estimation de la possibilité forestière met en cause la forêt pouvant assumer une mission autre que forestière. Si l’on considère le Sud de la Matawinie, c’est près de la moitié des territoires forestiers qui se retrouvent en mission autre que prioritairement forestière. C’est aussi ces territoires qui ont été le moins affectés par l’exploitation forestière des 30 dernières années. Hors, dans l’établissement de la possibilité forestière réalisée dans le passé, il est peu probable qu’on ait réellement pris en compte cette réalité. Si tel est le cas, cela n’a jamais été porté à la connaissance de la MRC. D’ailleurs, cette préservation de la forêt s’est faite dans la discrétion plutôt que par une reconnaissance officielles des valeurs autres que forestières.

 

Hors, dans l’optique où les entreprises forestières s’apprêteraient à envahir nos paysages pour pouvoir récolter ce qui en reste, on peut se demander en quoi il devient intéressant pour une MRC de devenir partenaire du Plan général d’aménagement forestier ! Pour qu’il en porte, lui aussi, l’odieux ?

 

Place à la microforesterie

 

Peu importe les reproches que l’on pourrait formuler, une évolution vers une gestion responsable de notre patrimoine forestier ne peut se faire sans un accompagnement adéquat de nos entreprises forestières qui seront affectées de diverses manières, particulièrement celles qui détiennent des contrats d’aménagement forestier dans le Sud du territoire. Si nous nous permettons d’anticiper sur la gestion de la forêt d’encadrement (soit la forêt qui recouvre nos territoires d’intérêts récréatifs et de villégiature), la première mission attendue de cette forêt sera d’assurer le maintien de l’encadrement forestier. Hors, les entreprises locales spécialisées dans la récolte de la forêt subissent une très forte influence de la grande foresterie qui dicte les façons de faire. Grosses bûcheronnes et gros parterres de coupe vont de pair. Hors, à peu près tout le monde a fini par comprendre que pour atténuer les impacts de la foresterie sur nos écosystèmes, il fallait réduire la superficie des parterres de coupe, ce que le Ministère se résout à prescrire progressivement.

 

Ceci étant dit, lorsque l’on considère ce que Forêt-Québec prévoit au RNI en ce qui concerne la préservation des paysages, il est clair que la première finalité de paysages retenue est la production de matière ligneuse. Cela est inacceptable, car le bénéfice forestier pour ces territoires se situe généralement entre cinq (5) et 20 fois moindre que le bénéfice récréotouristique en terme de retombées économiques. Il n’existe pas d’autre façon de marier exploitation forestière et le paysage qu’en adoptant la microforesterie à la place de la grande foresterie et en soutenant à cette fin l’aménagement d’un réseau dense de chemins forestiers.

 

Des bénéfices attendus

 

La sédentarisation de la foresterie via la création de fermes forestières ou via la création de petits CAF, tels celui de Foresterie Saint-Donat, apparaît ainsi comme une solution de premier ordre pour atteindre divers objectifs, tels des retombées locales de l’exploitation forestière pour toutes les municipalités, le rendement accru et la création d’une relève en main d’œuvre. Nul doute que ces micro-entreprises disposeraient de la culture forestière requise pour intervenir en forêt d’encadrement. Les entreprises fauniques et récréatives sont aussi interpellées dans la planification et dans la récolte de la matière ligneuse. L’administration des parcs régionaux elle-même devrait être responsabilisée pour effectuer de telles interventions.

 

Une transition à planifier

 

Avec la spatialisation de nos activités qui sera définie via les grandes affectations du territoire, en mettant à contribution les lots intramunicipaux appelés à être transférés et en recherchant une meilleure harmonisation entre les réglementations provinciale et municipale en matière d’abattage d’arbres, nous disposons d’un point de départ qui devrait nous permettre d’engager des discussions avec l’État. Plusieurs MRC du Québec réclament une responsabilisation beaucoup plus grande à l’égard des forêts publiques intermunicipales. Il s’agit d’une position tout à fait légitime qui a déjà inspiré quelques changements mineurs à la Loi sur les forêts. Il nous reste à convenir d’une résolution plus large de cette problématique complexe et à proposer un calendrier planifiant cette transition.

 

 


SECTION IV    L’ORGANISATION RÉGIONALE

 

 

 

Le contenu de la présente section va servir de support aux choix d’aménagement et de développement relatifs à l’organisation régionale; celui-ci est donc le plus lourd et surtout, le plus diversifié en terme de contenu. La liste des titres des cinq (5) sous-sections nous donne un aperçu de ce kaléidoscope :

4.1       Le dynamisme et le positionnement des activités économiques

4.2       Les infrastructures de transport et de communication

4.3       Les infrastructures de randonnée

4.4       La gestion du transport

4.5       Les services à caractère public

4.6       Constats et perspectives

 

Pour accompagner la lecture de la présente section, on réfèrera à la carte au 1 : 125 000, partie Sud, traitant de l’organisation régionale.

 

 

 

4.1     Le dynamisme et le positionnement des activités économiques

 

Ce point fait le portrait de l’économie matawinienne dans un contexte de hiérarchisation des municipalités. Celui-ci s’avère comme étant un préalable à la présentation du concept d’organisation régionale à travers le plan d’aménagement (voir chapitre IV, section II). Ainsi, la caractérisation et la localisation des activités économiques s’imposent afin de bien orienter une planification efficace et intelligible du concept d’organisation régionale.

 

Préalablement à l’examen détaillé des secteurs économiques, la figure 24 présente l’importance globale de chacun des trois (3) secteurs de l’économie de la MRC. On y relève que le secteur tertiaire rassemble 68,9 % des entreprises et plus du 2/3 des employés (72,9 %), ce qui en fait la principale activité économique de la région. Le secteur secondaire accapare ensuite 21,7 % des employeurs et 20,4 % des employés. Finalement, les activités du primaire représentent 9,3 % des entreprises contre 6,6 % des employés.

 

En ce qui concerne les aspects méthodologiques de cette présente analyse, afin de hiérarchiser les municipalités selon les trois (3) secteurs de l’économie, les informations nécessaires et disponibles à l’échelle de la MRC se sont avérées partielles. En fait, seules les données concernant les entreprises qui emploient plus de cinq (5) employés ont été colligées puisqu’elles étaient les seules disponibles.

 

Essentiellement, les données utilisées relèvent d’un modèle de classification des entreprises (Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN)) qui nous a permis d’estimer le nombre d’employeurs et d’employés dans les municipalités. Les petites entreprises, comptant moins de cinq (5) employés, ont été excluent de l’analyse, bien que nous sachions qu’elles représentent, implicitement, plus de la moitié des places d’affaires.

 

Nous croyons toutefois que cette méthode, qui emploie des données partielles, permet tout de même de bien cerner les quelques municipalités qui représentent des centres d’activités selon chacun des secteurs de l’économie en Matawinie. Cette façon de procéder ne biaise pas la finalité de cette partie qui consiste à élaborer un cadre général de hiérarchisation des municipalités.

 

En résumé, le tableau 51 présente un sommaire de l’ensemble des données qui ont été utiles au positionnement de chacune des municipalités de la MRC, selon la vitalité des trois (3) secteurs de l’économie. La carte au 1 : 125 000 sur l’organisation régionale résume ce positionnement.

 

 

 

4.1.1    Le dynamisme et le positionnement du secteur primaire de l’économie

 

 

4.1.1.1      Portrait général

 

Le secteur primaire de l’économie matawinienne relève des activités productives non-transformatrices, telles l’agriculture et la foresterie. La description relative aux types d’activités primaires sur le territoire a été amplement évoquée dans la partie portant sur la gestion des ressources. Cette présente section consiste plutôt à faire ressortir l’importance générale de ce secteur à travers l’économie régionale, et ce, à l’aide d’indicateurs statistiques et selon la méthodologie exposée précédemment. Le tableau 52 présente les différentes catégories selon un modèle de classification des entreprises (Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN)) et selon le nombre d’employeurs et d’employés dans la région.

 

À travers le tableau 52, on remarque que ce sont les entreprises oeuvrant dans l’élevage, soit près de 79 compagnies en 2004, qui sont les plus nombreuses parmi l’ensemble des entreprises du secteur primaire en Matawinie. Les entreprises oeuvrant dans l’exploitation forestière suivent de près avec 57 compagnies. On compte, ensuite, 30 entreprises en cultures agricoles, etc.

 

En revanche, lorsque l’on s’attarde au nombre d’employés par titre d’entreprises, on constate que ce sont les entreprises forestières qui engagent le plus de travailleurs, soit 406 employés dans le secteur primaire de l’économie en 2004. En ce qui a trait à l’élevage et à la culture agricole, ces deux catégories emploient successivement 264 et 172 travailleurs, pour un total de 436.

 


4.1.1.2      La détermination des municipalités qui constituent des centres de premier, second et troisième ordre en ce qui concerne les activités primaires

 

Cette partie tente de déterminer quelles sont les municipalités qui représentent des centres de l’activité primaire en Matawinie. Dans cette optique, la répartition des entreprises de ce secteur a été analysée pour les 15 municipalités matawiniennes. Le tableau 53 présente les places d’affaires liées aux activités primaires, et ce, pour chaque municipalité.

 

Bien qu’il y ait peu d’entreprises de cinq (5) employés et plus qui œuvrent dans le secteur primaire, on relève toutefois que les municipalités de Saint-Michel-des-Saints et Saint-Félix-de-Valois se démarquent sur le plan du nombre d’entreprises que l’on y retrouve et de leur grand nombre de travailleurs œuvrant dans ce secteur d’activité. En ce qui a trait à Saint-Michel-des-Saints, cette municipalité compte cinq (5) entreprises qui oeuvrent dans le secteur de l’exploitation forestière. On note, également, qu’une entreprise employant entre 100 et 200 travailleurs forestiers constitue un acteur majeur dans la dynamique de l’économie primaire en Matawinie. Pour Saint-Félix-de-Valois, on compte six (6) entreprises oeuvrant essentiellement dans l’élevage de la volaille, dont une qui emploie entre 50 et 100 travailleurs. Ce fait exposé nous permet de qualifier ces deux (2) municipalités comme étant des centres de premier ordre en ce qui concerne les activités primaires.

 

À un second niveau, les municipalités de Saint-Jean-de-Matha et de Rawdon sont identifiées comme des centres de second ordre de par la vitalité des activités agricoles que l’on y relève sur leur territoire respectif. Pour ces deux (2) municipalités, bien que l’on y observe peu d’entreprises comptant plus de cinq (5) employés à travers les statistiques disponibles, on reconnaît toutefois que plusieurs petites entreprises agricoles, employant moins de cinq (5) employés, contribuent fortement à l’économie primaire de ces localités, ce qui permet de les positionner à un second niveau.

 

Finalement et au dernier niveau, les 11 autres municipalités sont caractérisées comme étant des centres de troisième ordre en ce qui concerne les activités primaires. En effet, on y retrouve que quelques entreprises agricoles et/ou forestières sur le territoire de ces localités.

 

 

 

4.1.2    Le dynamisme et le positionnement du secteur secondaire de l’économie

 

 

4.1.2.1      Portrait général

 

Les activités économiques secondaires sont reliées aux secteurs industriels, de la construction et manufacturier, c’est-à-dire, les industries oeuvrant dans la transformation de la matière première en produits finis. L’étude des activités secondaires en Matawinie nous amène à souligner les points forts de la MRC en terme de spécificité et d’organisation régionale et à déterminer les municipalités qui représentent des centres industriels de premier ou second ordre dans la MRC.

 

Les diverses activités du secteur secondaire, à l’échelle de la Matawinie, peuvent être classées en différentes catégories selon la nature des produits finis, le nombre d’employeurs et le nombre d’employés (voir).

 

D’après le tableau 54, la MRC de Matawinie présente une certaine concentration des activités du secteur secondaire sur son territoire. Parmi tous les types d’activités secondaires confondus et en partant des plus représentatifs en nombre, les catégories les plus représentatives concernent celles reliées à la construction. En effet, la construction compte pour plus de 63 % du nombre d’entreprises total à travers l’économie du secteur secondaire matawinien (cette classe correspond à l’agrégation des catégories entrepreneurs généraux et entrepreneurs spécialisés).

 

En ce qui concerne les autres activités secondaires, il s’y succède respectivement les activités de fabrication de produits en bois, la fabrication de meubles et produits connexes, les secteurs du textile et des vêtements (catégories agrégées) ainsi que le secteur des aliments et boissons. Ensemble, ces activités comptent 24 % du nombre total d’entreprises secondaires ou, plus précisément, 63,6 % de l’ensemble des industries de type manufacturier de la MRC en 2004.

 

D’autre part, en se référant au nombre d’emplois offert dans le secteur secondaire en 2004, les catégories les plus importantes sont : les activités de la construction (entrepreneurs généraux et spécialisés), la fabrication de produits de bois, la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique et le domaine de la fabrication des aliments. L’ensemble de ces activités compte pour 79,2 % des emplois offerts dans le secteur secondaire. Notons que dans cet ensemble, le seul secteur de la construction compte près de 38,1 % de l’ensemble de la main-d’œuvre matawinienne du secteur secondaire (se référer au tableau 54).

 

D’après l’analyse des activités secondaires, il a été estimé que ce secteur n’a cessé d’évoluer à travers l’ensemble de l’économie matawinienne et que le nombre d’industries présentes sur le territoire a augmenté entre 1983 et 2004 (voir tableau 55). Il en va de même pour le nombre d’emplois total. En effet, de 1983 à 2004, il a été estimé qu’environ 175 nouvelles industries dans le secteur secondaire se sont implantées, soit une augmentation de 42 %. À cela, un gain de 245 emplois (8,8 %) a marqué la croissance des secteurs manufacturiers, industriel et de la construction sur le territoire de la MRC.

 

Cette évolution de l’économie du secteur secondaire nous expose un fait : bien que le nombre d’entreprises secondaires ait augmenté substantiellement en 11 ans, le fait que l’on y associe un pourcentage peu élevé quant à la création d’emplois, nous indique que c’est une croissance du nombre de petites entreprises, employant peu d’effectifs en main-d’œuvre, qui a marqué cette période.

 

Cependant, il s’impose d’ajouter que l’apport économique qui découle des activités dites secondaires ne se limite pas seulement aux emplois directs qu’elles génèrent. En effet, d’après des analyses macro-économiques à l’échelle de la province, on peut mentionner que plusieurs emplois indirects découlent à travers les différentes catégories du secteur secondaire. Par contre, il n’existe actuellement aucunes données en ce sens, à l’échelle de la Matawinie, afin d’appuyer ce postulat.

 

 

4.1.2.2      La détermination des municipalités qui constituent des centres de premier, second et troisième ordre, en ce qui concerne les activités secondaires

 

La MRC de Matawinie présente une certaine déconcentration des activités du secteur secondaire selon les différentes municipalités, et ce, pour l’année de référence 2003 (voir
tableau 56). Ainsi, il en ressort le constat qu’une diversification et une déconcentration industrielle ont marqué l’évolution du secteur secondaire matawinien depuis les 15 dernières années. Ceci laisse paraître une plus grande répartition de l’activité manufacturière sur le territoire, rendant donc la détermination des centres de l’activité secondaire moins évidente que par le passé. La figure 25 représente le positionnement des municipalités qui sera discuté, ici, en ce qui concerne la polarisation des activités secondaire.

 

Toutefois, les municipalités de Rawdon, Saint-Félix-de-Valois et Saint-Michel-des-Saints demeurent les principaux moteurs de l’activité secondaire de la Matawinie, d’après le nombre d’entreprises de plus de cinq (5) employés que l’on y retrouve. En effet, l’ensemble de ces municipalités concentre près de 48,5 % de celles-ci. Ces trois (3) centres de premier ordre comportent aussi certaines spécificités au niveau de leur structure économique. Le secteur industriel de Rawdon se concentre davantage vers le plastique, celui de Saint-Félix-de-Valois au niveau des aliments et boissons et celui de Saint-Michel-des-Saints au niveau de la transformation de la matière ligneuse. On retrouve, d’ailleurs, des parcs industriels pour les municipalités de Saint-Félix-de-Valois et de Rawdon.

 

Plus particulièrement, en ce qui concerne le positionnement de Saint-Michel-des-Saints, bien que cette dernière compte moins d’entreprises secondaires que d’autres municipalités, elle compte toutefois à elle seule deux (2) entreprises de la Louisiana Pacifique (la scierie et l’usine de panneaux à lamelles orientées) qui se retrouvent dans la classe des entreprises employant plus de 200 employés (voir tableau 56). La Louisiana constitue, en effet, le plus important employeur de la Matawinie, tous secteurs confondus. Cet indicateur approximatif, qui est relatif au nombre de travailleurs employés par les entreprises, permet de qualifier cette municipalité comme étant un centre de premier ordre dans le secteur secondaire, au même titre que Rawdon et Saint-Félix-de-Valois.

 

À un second niveau, les municipalités de Saint-Jean-de-Matha, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Donat et Chertsey ont pris une place considérable au niveau de la représentativité des activités secondaire en Matawinie, et ce, particulièrement depuis les 15 dernières années. De plus, on remarque que le dynamisme du secteur secondaire s’observe le long des axes 131 et 125. Ces deux (2) axes constituant des réseaux de camionnages importants, on considère que l’expédition des produits du secteur industriel et manufacturier vers Joliette, Montréal ou Trois-Rivières est d’autant facilité.

 

À un troisième niveau, les autres municipalités sont identifiées comme étant des centres de troisième ordre au niveau des activités secondaires de leur économie. Il s’agit, ici, des municipalités de Notre-Dame-de-la-Merci, Sainte-Béatrix, Saint-Côme, Saint-Damien, Sainte-Marcelline-de-Kildare, Saint-Zénon, Entrelacs et Saint-Alphonse-Rodriguez.

 

 

 

4.1.3    Le dynamisme et le positionnement du secteur tertiaire de l’économie

 

Si l’activité secondaire joue un rôle moteur dans le développement régional, le secteur tertiaire constitue de très loin le domaine d’activité le plus important dans la MRC, le récréotourisme éclipsant à lui seul l’ensemble des activités secondaires en terme de nombre d’emplois. Le tertiaire représente aussi une source de croissance pour l’ensemble des municipalités de la MRC. Selon Statistique Canada, l’activité tertiaire se classe sous trois (3) thèmes principaux : les services à la production, qui regroupent le transport, le commerce de gros, les finances et les assurances; les services à la consommation, qui regroupent les commerces de détail, l’hébergement, la restauration et les services personnels; les services gouvernementaux, qui représentent l’administration publique, l’enseignement et les services médicaux. On parle donc, ici, d’un tertiaire conventionnel axé principalement sur la quantité et la diversité des établissements.

 

L’approche adoptée dans l’analyse de ce secteur est essentiellement la même que celle qui a été optée pour les secteurs secondaire et primaire. De façon générale, cette partie permet également de présenter les municipalités de la Matawinie dans un contexte de hiérarchisation.

 

 

4.1.3.1      Portrait général

 

Afin de brosser un constat général, le tableau 57 présente sommairement les multiples activités tertiaires, à l’échelle de l’ensemble de la Matawinie, selon la nature des institutions, des places d’affaires et selon le nombre d’employeurs et d’employés. Ce tableau comptabilise tous les employeurs de la Matawinie, et ce, pour le secteur tertiaire en 2004.

 

Ce tableau nous permet de relever que c’est à l’intérieur de la catégorie du commerce de détail que l’on retrouve le plus grand nombre d’employeurs total dans la Matawinie avec 280 entreprises. La catégorie de l’hébergement et services de restauration suit de près avec près 273 places d’affaires en 2004. En revanche, cette dernière catégorie surclasse de beaucoup celle du commerce de détail en terme de nombre d’employés, soit 2 775 travailleurs comparativement à 1 760, ce qui démontre l’importance du secteur récréotouristique en Matawinie.

 

On remarque également que la catégorie soins de santé et assistance sociale, constituée de 115 entreprises, emploie plus de 1 071 employés dans la MRC. En fait, ces trois (3) catégories emploient près de 41 % des travailleurs matawiniens dans le secteur tertiaire de l’économie.

 

Cette même étude révélait que le poids relatif de la concentration des entreprises tertiaires des municipalités de Rawdon, Saint-Donat et Saint-Félix-de-Valois, avait diminué entre 1983 et 1993, passant de 54 % à 44 %, et ce, au profit des autres municipalités de la MRC. Donc, comme pour le secteur secondaire, on semble assister non seulement à une diversification des activités de l’économie tertiaire, mais aussi à une déconcentration de ces entreprises sur le territoire. Cependant, on remarque que cette répartition est loin d’être homogène pour l’ensemble des municipalités.

 

 

4.1.3.2      La détermination des municipalités qui constituent le centre principal et les centres de premier, second et troisième ordre quant aux activités tertiaires de leur économie

 

Dans cette partie, il sera d’abord question de caractériser la municipalité qui constitue le centre principal en ce qui a trait aux activités tertiaires de son économie. De plus, les centres de premier et second ordre seront identifiés. Ces derniers se résument à une agglomération qui exerce une attraction, de par un bon positionnement, d’un domaine d’activité qu’elle offre aux populations des municipalités voisines. Finalement, un centre de troisième ordre se résume à un noyau villageois qui exerce une attraction sur la population locale, quant aux biens et services de base qu’elle tend à offrir. Les résultats des analyses sur la polarisation des activités tertiaires en Matawinie sont présentés à la figure 26.

 

Le tableau 58 présente cette répartition du nombre d’entreprises, par municipalité, qui compte plus de cinq (5) employés. Afin de cibler quelles sont les municipalités qui représentent des centres de premier ou second ordre, en ce qui concerne les activités tertiaires, la hiérarchisation repose essentiellement sur la variable du nombre d’établissements de commerces et de service, employant plus de cinq (5) travailleurs. La taille des populations locales et le niveau d’enclavement géographique des municipalités sont évoqués pour fournir une première compréhension de ce positionnement municipal.

 

On constate qu’il existe, pour quelques municipalités, un rapport entre la taille des populations permanente et de villégiature et l’offre de services tertiaires d’une municipalité. Ainsi, on peut conclure qu’un seul centre principal, au niveau tertiaire de l’économie, se démarque de l’ensemble des municipalités et il s’agit de Rawdon avec ses 109 entreprises, employant chacune plus de cinq (5) travailleurs. Rawdon exerce un pouvoir réel d’attraction au niveau de l’offre des biens et services, et ce, non seulement sur les municipalités qui l’entourent, mais bien sur l’ensemble de la MRC et même à l’extérieur des limites de la Matawinie. C’est ce qui explique les statistiques qui nous démontrent autant d’entreprises dans son secteur tertiaire, par rapport aux autres municipalités.

 

À un second niveau,  Saint-Félix-de-Valois (57), Saint-Donat (60), Saint-Michel-des-Saints (52) et Saint-Jean-de-Matha (41) constituent des centres de premier ordre, et ce, principalement en fonction du nombre d’entreprise que l’on y retrouve. Le fait que Saint-Donat et Saint-Michel-des-Saints soient des centres de second ordre, malgré une faiblesse de leurs effectifs de population, proportionnellement au nombre de places d’affaires, s’explique par le postulat selon lequel plus une municipalité de taille moyenne est enclavée géographiquement et distante des pôles économiques régionaux, plus elle aura tendance à offrir une diversité en terme de besoins et de services à sa population permanente et saisonnière. Cette affirmation est plausible pour ces deux (2) municipalités qui se retrouvent aux extrémités Nord du territoire municipalisé et ainsi éloignées de Montréal et Joliette.

 

À un autre niveau, on retrouve les centres de second ordre, soit les municipalités de Chertsey, Saint-Côme, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Zénon et Saint-Alphonse-Rodriguez. Finalement, on retrouve les centres de troisième ordre au niveau des activités tertiaire et il s’agit des municipalités de Notre-Dame-de-la-Merci, Sainte-Béatrix, Saint-Damien, Sainte-Marcelline-de-Kildare et Entrelacs.

 

Le portrait de l’économie tertiaire à l’intérieur de la MRC de Matawinie correspond, de façon générale, à celui des milieux ruraux québécois. En somme, on y retrouve des municipalités à caractère rural, comportant une trame tertiaire limitée aux besoins de première nécessité, jusqu’à des centres de services plus élaborés, de second ou de premier ordre, sans toutefois que ces derniers puisse constituer un pôle à caractère régional, comme Joliette ou Saint-Jérôme. En effet, les municipalités qui constituent des centres de premier ou second ordre, telles que définies à l’intérieur de la MRC, correspondent plutôt à des centres de services qui rayonnent plus ou moins selon leur distance vers les municipalités environnantes.

 

Mais au-delà des données démographiques et de l’importance de la trame tertiaire, on retrouve sur le territoire de la Matawinie 15 municipalités différentes les unes des autres, tant par leur positionnement sur l’échiquier régional que par leurs structures socio-économiques. En revanche, les municipalités ont toutes un point en commun : chacune partage à divers niveaux, leur espace économique avec d’autres municipalités, qu’elles soient situées à l’intérieur ou à l’extérieur de la région. Ainsi, les critères de distance-temps, de la qualité du réseau routier, de l’emploi et de l’éventail des services offerts peuvent entrer en considération dans le choix des destinations que l’on privilégie. Ainsi, l’enquête sur la répartition des mouvements intermunicipaux, vient préciser la question des échanges au niveau inter et intrarégional.

 

 

4.1.3.3      Le dynamisme du secteur récréotouristique

 

Cette partie se veut une lecture, à l’échelle de la Matawinie, de cet important axe de développement que constitue le secteur récréotouristique associé au tertiaire. Cette partie diffère d’une lecture des sites et des destinations qui a été amplement abordée à travers le bloc sur la gestion des ressources. À lui seul, le récréotourisme procure le même nombre d’emplois que tout le secteur secondaire confondu. Il est à lui seul le principal domaine d’activité économique de la Matawinie et ses fonctions sont essentiellement rurales et non-urbaines.

 

En effet, le récréotourisme est un pan important de l’économie de la région comme il a été souligné à la description du secteur tertiaire. Puisque les potentialités de développement de secteur sont énormes pour la MRC et puisqu’il s’avère nécessaire d’élaborer un concept de circuit récréotouristique, on doit le traiter distinctement. Voici donc un portrait sommaire de la dynamique récréotouristique et une présentation des municipalités qui constituent des centres de premier ou de second ordre.

 

Spécifions qu’il y a parfois des statistiques qui sont traitées à l’échelle de la région lanaudoise en dépit du manque d’information à l’échelle matawinienne. Ceci ne biaise que peu le profil de l’économie récréotouristique de la MRC, compte tenu que la majorité des touristes visitant Lanaudière a pour destination la MRC de Matawinie (selon Tourisme Lanaudière, 2002). Dans cette optique d’élaboration du concept de circuit récréotouristique, différentes données concernant la région de Lanaudière et la MRC sont, ici, traitées de façon sommaire.

 

Il importe de préciser ce que l’on entend par récréotourisme dans le cadre de cette analyse. En fait, la caractérisation de ce secteur est relative à deux (2) catégories de visiteurs. La première catégorie concerne les touristes qui séjournent une nuit ou plus sur le territoire, en hébergement commercial, chez des amis/parents (c’est celle qui dépense le plus, proportionnellement à la durée du séjour). Elle touche aussi les excursionnistes que l’on définit comme étant des touristes qui visitent la région, mais qui ne font pas de nuitées.

 

En ce qui a trait à la deuxième catégorie, on l’associe aux villégiateurs, ceux-ci étant abordés de façon séparée par rapport à la première catégorie. En effet, la villégiature ne peut être abordée de la même façon que le récréotourisme plus conventionnel dans cette section, en raison de considérations d’ordre de la planification territoriale. Les villégiateurs ne consomment ni n’occupent le territoire de la même façon que les touristes conventionnels. De plus, il subsiste une divergence d’intérêts des clientèles touristiques versus les clientèles de villégiateurs.

 

Mentionnons que les activités récréotouristiques, associées aux touristes et aux excursionnistes, se concentrent plus particulièrement dans certaines municipalités ciblées, ce qui les positionne en fonction de l’offre qu’elles proposent en ce domaine. Il en va du contraire pour les villégiateurs que l’on retrouve dans l’ensemble des municipalités matawiniennes.

 

a)         Portrait général du secteur récréotouristique

 

La Matawinie a la vocation touristique la plus affirmée parmi toutes les MRC de Lanaudière, ce qui s’explique généralement par l’étendue de son territoire relié à son énorme potentiel récréotouristique qu’elle tend à offrir. En fait, 70 % des touristes québécois qui visitent la région (touristes conventionnels et excursionnistes) vont dans la MRC de Matawinie (Statistiques Canada, Enquête sur les voyages des canadiens en 1999 et 2000). La clientèle québécoise est le plus important marché pour la région de Lanaudière et la MRC, elle représente 95 % des visites. Au total, on compte environ 441 000 visites-régions pour la MRC en 1999 (Tourisme Lanaudière, 2002).

 

Il est à ajouter que le récréotourisme, associé aux excursionnistes et aux touristes conventionnels en Matawinie, est prédominé par un tourisme de destination, cette situation devant être mise en relation avec la déficience des communications Est-Ouest. De plus, selon une étude sur le tourisme menée par la SADC Matawinie, on note que la MRC a du mal à se faire reconnaître pour ce qu’elle est, soit une destination de montagnes et de lacs, au même titre que les Laurentides ou la Mauricie.

 

Le territoire de la MRC propose le plus grand nombre d’attraits dans la région, soit près du tiers de l’offre avec une centaine d’attraits touristiques. On retrouve dans la MRC de nombreux sites naturels, des parcs et une diversité des activités de plein air et/ou à vocation faunique, et ce, pour toutes les saisons. À cet effet, soulignons entre autre que la Matawinie donne un accès privilégié au parc provincial du Mont-Tremblant ainsi qu’aux deux (2) réserves fauniques, c’est-à-dire la réserve Mastigouche et la réserve Rouge-Matawin. On accède également à de multiples pourvoiries, des Zecs, de même que l’on y retrouve sept (7) parcs à rayonnement régional et de nombreux parcs municipaux. La MRC compte aussi sur d’importantes stations de ski, de nombreux sentiers et réseaux destinés aux randonneurs, fondeurs, raquetteurs, cyclistes, motoneigistes, quadistes, etc.

 

En ce qui concerne l’hébergement et la restauration, la Matawinie propose le plus grand nombre d’établissements hôteliers et de restauration de la région de Lanaudière (Tourisme Lanaudière). En somme, on y retrouve 94 établissements hôteliers, comprenant un total de 1 114 unités d’hébergement sur un total de 1 849 pour la région de Lanaudière (Ibid.). On dénombre actuellement quatre (4) établissements hôteliers cotés quatre (4) étoiles, soit : l’Auberge du Lac Taureau, l’Auberge de la Montagne Coupée, l’Auberge sur la Falaise et l’hôtel Montcalm. Plus de 200 restaurants, soit 22 % de l’offre en restauration pour la région, se répartissent dans la MRC.

 

Plusieurs points de services sont accessibles aux touristes dans la Matawinie. On peut compter sur six (6) bureaux d’information touristique saisonniers (fin juin au début de septembre) situés à Notre-Dame-de-la-Merci, Rawdon (chutes Dorwin), Saint-Alphonse-Rodriguez, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Zénon (Sept-Chutes) et Sainte-Béatrix. Également, on compte cinq (5) bureaux d’information touristique permanents situés dans les locaux de la Chambre de commerce de Rawdon, la Chambre de commerce de Saint-Donat, la Chambre de commerce de Saint-Félix-de-Valois, la Chambre de commerce de Saint-Jean-de-Matha et la Chambre de commerce de la Haute-Matawinie. Également, le Bureau de l’association touristique régionale compte un point de services à Rawdon.

 

Les dépenses touristiques dans Lanaudière ont été estimées à 77 millions de dollars en 1998, dont 61 millions ont été dépensés par des Québécois séjournant dans Lanaudière. Cependant, ce type de données pour la Matawinie n’est pas disponible. Toutefois, comme la Matawinie est fréquentée par près de 70 % des visiteurs qui vont dans Lanaudière, on peut donc estimer que les dépenses touristiques pour la Matawinie étaient de l’ordre de 54 millions de dollars pour 1998.

 

Selon une étude du secteur menée par la SADC Matawinie, les dépenses liées à l’hébergement sont les plus importantes de l’ensemble des touristes. On compte ensuite, en ordre décroissant, les dépenses liées au transport, à la restauration et aux épiceries.

 

Les dépenses liées aux attractions touristiques ne représentent qu’une faible partie des revenus touristiques de la Matawinie. Cette faiblesse peut s’expliquer, encore une fois, par la déficience du système routier Est-Ouest.

 

b)         La détermination des municipalités qui constituent des centres récréotouristiques de premier et second ordre

 

La détermination de ces centres de premier et second ordre, en ce qui concerne le secteur du récréotourisme, s’appuie sur une analyse sommaire de la répartition des places d’affaires employant plus de cinq (5) employés, selon chacune des municipalités. En effet, à travers la banque d’information disponible du DHRC, ont été isolées les données relatives aux places d’affaires employant plus de cinq (5) travailleurs, soit les établissements du patrimoine, les compagnies d’arts d’interprétation, les autres services de divertissement et loisir, les autres établissements d’enseignement et de formation (écoles de ski), l’hébergement des voyageurs, ainsi que les parcs pour véhicules de plaisance et camps de loisirs. Il a été jugé opportun d’exclure les établissements de restauration puisque ceux-ci sont fréquentés autant par la clientèle récréotouristique que par la population résidentielle.

 

En somme, d’après le tableau 59, on remarque que les municipalités de Rawdon, Saint-Donat et Saint-Michel-des-Saints arrivent en tête de liste en ce qui concerne le nombre d’établissements comptant plus de cinq (5) travailleurs. Nous pouvons donc les qualifier de centres de premier ordre en ce qui concerne leur positionnement à l’échelle matawinienne, quant à l’offre récréotouristique. En ce qui a trait aux centres de deuxième ordre au niveau de l’offre récréotouristique, se sont les municipalités de Saint-Jean-de-Matha et Saint-Côme qui se positionnent à cet égard. Dans le Plan d’aménagement (chapitre 4), la portée de cette hiérarchisation des municipalités par rapport au concept de circuit récréotouristique y sera définie.

 

c)         Le dynamisme quant au secteur de la villégiature

 

Afin d’évoquer le dynamisme quant au domaine de la villégiature en Matawinie, il n’y a malheureusement pas de données qui permettent d’établir exactement les retombées globales de ces activités dans la MRC. Toutefois, à titre indicateur et afin d’aborder les impacts économiques liés à la présence de villégiature dans le cadre de l’élaboration du concept d’organisation régionale, il est essentiel de mentionner que ces derniers génèrent des dépenses directes, indirectes et d’investissements dans la MRC. Les dépenses directes réfèrent à l’achat ou à la construction du chalet et des équipements nécessaires à son fonctionnement. Ce même type de dépenses est aussi lié à l’électricité, le chauffage, la réparation des bâtiments, l’achat d’équipements de loisir, etc.

 

Il subsiste une omniprésence du phénomène de villégiature dans toutes les municipalités de la MRC. À cet effet, il est même reconnu que pour les municipalités de Saint-Donat, Notre-Dame-de-la-Merci et Entrelacs, les immobilisations de chalets représentent la plus grande part de la valeur foncière. La villégiature représente une activité bénéfique à cause de l’entraînement qu’elle exerce sur les activités commerciales. Comme il est mentionné dans les études internes sur la villégiature, on estime une présence de 14 730 chalets, pour un total de 35 362 villégiateurs en 2001.

 

Paradoxalement, la villégiature qui commande un environnement peu altéré s’accompagne trop souvent encore de certains processus qui ont un effet négatif sur le milieu, ce qui engendre des coûts sociaux élevés. Les résidences secondaires sont principalement localisées en bordure de plans d’eau qui offrent de grandes possibilités pour la récréation de plein air. Ces occupations empêchent souvent l’accès public aux rives de qualité de nombreux lacs situés dans les secteurs les plus accessibles. Cette privatisation des rives correspond à une aliénation progressive d’une partie du territoire ayant une très grande valeur pour certains types d’activités récréatives.

 

En plusieurs endroits, la villégiature est aussi un important facteur de détérioration de la qualité de l’environnement, résultant du déboisement riverain abusif et de l’absence ou de l’inefficacité, des systèmes d’épuration des eaux usées par exemple. En fait, on devrait, d’une part, tenir compte de la capacité de support des plans d’eau avant de les allouer au développement de la villégiature et, d’autre part, considérer que cette ressource n’est pas illimitée et surtout rarement accessible.

 

Ces problèmes soulignent, en fait, la pertinence d’une planification plus ciblée de la villégiature. On constate, par ailleurs, que la villégiature exige souvent des services publics (route, asphalte, lumière de rue, égout, aqueduc). Il arrive dans plusieurs cas que ces services soient excessivement coûteux à implanter et à entretenir, ce qui soulève alors des interrogations quant à la capacité financière et quant à la priorité des objectifs de développement municipaux.

 

 

4.1.3.4      Le positionnement du secteur tertiaire sur le plan interrégional (enquête 1996)

 

Ce point présente une enquête sommaire sur les mouvements intermunicipaux à des fins de consommation de biens et de services, ceci servant d’indicateur au positionnement des municipalités dans la Matawinie et dans le Sud du Québec, par rapport à ce secteur économique. L’enquête menée par la MRC sur la répartition des mouvements intermunicipaux à des fins de travail et de consommation en biens et services, a permis de confirmer et d’enrichir la perception que l’on se fait de la réalité matawinienne au niveau du secteur tertiaire de l’économie. Nous avons donc senti le besoin d’aller plus loin en ce sens, car certains aspects de la dynamique économique intramatawinienne n’avaient pas été décrits de façon satisfaisante jusqu’à maintenant. Et dans le même sens, nombreux ont été les intervenants municipaux à exprimer le besoin d’une meilleure compréhension des spécificités municipales.

 

a)         La méthodologie

 

L’enquête a été produite entre le 15 mai et le 15 juillet 1996. Notons, de plus, qu’elle s’inspire d’une étude sur les pôles d’attraction et leur zone d’influence réalisée par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Il va sans dire qu’elle a été menée selon la méthode de l’échantillonnage.

 

Par ailleurs, en raison de la spécificité du territoire visé certaines adaptations méthodologiques ont dû être apportées. En terme de fiabilité, compte tenu du taux de réponse, on peut considérer les résultats comme satisfaisants avec, toutefois, une certaine réserve pour les municipalités affichant un taux de réponse moindre. Rappelons que cette méthode implique un choix préalable et très judicieux des répondants. Nous avons donc trouvé des personnes assez bien informées pour répondre au nom de l’ensemble de la population de la municipalité.

 

L’enquête a été produite à l’aide d’un questionnaire expédié aux 15 municipalités de la MRC de Matawinie. Le questionnaire comportait 15 questions que l’on peut regrouper en trois (3) grandes catégories :

Ø     le travail;

Ø     le commerce de détail;

Ø     les services.

 

Au total, 66 questionnaires furent expédiés et le taux de réponse se situe à 83 % (voir
tableau 60).

 

Le total des points reçus par municipalité représente la somme des mentions (exprimée en points) pour l’ensemble des questionnaires (voir tableau 61 sur le total des points reçus par municipalité pour l’ensemble des questionnaires).

 

Les points ont été attribués de la façon suivante :  chaque fois qu’une municipalité était nommée à l’une des 15 questions, elle recevait un ou deux (2) points selon qu’elle était nommée en second ou en premier lieu.

 

Ainsi :       Question 5 :    Parmi les municipalités environnantes, quelles sont les deux (2) plus fréquentées par les gens de votre localité pour l’achat ou l’échange d’automobiles ?

 

Réponse :        1ère localité     Joliette (2 points)

                        2e localité       Rawdon (1 point)

 

b)         Les résultats

 

Les résultats de l’enquête ont permis, principalement, de connaître dans un premier temps, le nombre de points accordés pour chaque municipalité (tableau 61) pour l’ensemble des 15 questions et deuxièmement, le pourcentage de points accordés par telle municipalité à une autre (tableau 62).

 

Par exemple :

Chertsey accorde :

·  11 % de ses points à Chertsey;

·  24 % de ses points à Joliette;

·  25 % de ses points au Grand Montréal;

·  22 % de ses points à Rawdon;

·  le reste, soit 18 % à d’autres villes et municipalités.

 

Cette répartition du pourcentage renseigne sur l’interdépendance de certains pôles régionaux vis-à-vis les municipalités du territoire et des échanges qui existent entre les municipalités de la Matawinie. Pour chaque municipalité couverte par l’enquête, on a pu obtenir une telle répartition des points. Le tableau 63 sur les résultats des enquêtes sur les pôles d’influence apporte une plus grande précision quant aux résultats obtenus. Ce tableau a comme municipalité d’origine Saint-Côme.

 


c)         Les trois (3) zones d’influence

 

En sachant que Joliette joue un rôle prépondérant sur l’ensemble du territoire de la Matawinie, la détermination de trois (3) zones d’influence faite à partir des pourcentages obtenus, établira jusqu’à quel point chaque municipalité est dépendante de Joliette.

 

En sachant que Joliette exerce un pouvoir d’attraction sur l’ensemble du territoire matawinien, on a considéré que lorsqu’une municipalité accordait 50 % ou plus de ses points à Joliette, cette municipalité faisait partie de la zone d’influence immédiate. Ainsi, les municipalités de Sainte-Marcelline-de-Kildare, Sainte-Béatrix et Saint-Félix-de-Valois en font partie. Considérées comme des banlieues résidentielles, Sainte-Béatrix et Sainte-Marcelline-de-Kildare ont une trame tertiaire relativement discrète. Elles sont à plusieurs niveaux très dépendantes de Joliette. En raison de l’importance de son activité agricole, de son secteur secondaire, d’une trame tertiaire bien implantée et de son poids démographique, Saint-Félix-de-Valois se retrouve dans une situation de moins grande dépendance vis-à-vis Joliette. On note que la municipalité de Sainte-Marcelline-de-Kildare arrive au second rang de toutes les municipalités de la Matawinie en ce qui concerne son taux de fréquentation avec Montréal.

 

En examinant les statistiques sur l’emploi, on s’aperçoit qu’environ 43 % des gens de Saint-Félix-de-Valois travaillent à l’intérieur de leur localité, que 40 % des gens se tournent vers la MRC de Joliette et que 17 % se dirigent vers d’autres endroits, particulièrement Montréal et la MRC de D’Autray. En ce qui a trait à Sainte-Béatrix (49 %) et Sainte-Marcelline-de-Kildare (68 %), la MRC de Joliette est, hors de tout doute, l’endroit où les gens se dirigent pour travailler.

 

Une deuxième zone d’influence dite secondaire englobe les municipalités accordant entre 30 et 50 % de leurs points à Joliette. Ces municipalités sont : Saint-Jean-de-Matha (48 %), Saint-Alphonse-Rodriguez (47 %), Saint-Côme (46 %), Sainte-Émélie-de-l’Énergie (43 %), Saint-Zénon (40 %), Saint-Damien (38 %), Rawdon et Saint-Michel-des-Saints (36 %). Dans cette zone, l’influence de Joliette étant parfois prépondérante, est partagée avec d’autres municipalités et la municipalité répondante. On remarque que l’influence exercée sur cette zone est en partie due à l’équipement commercial, mais surtout à l’équipement en services qu’offre Joliette et à l’emploi qu’elle procure. C’est à ce niveau qu’on voit apparaître de petites zones d’influence autres que celle de Joliette. Pourquoi ? Parce que parmi les municipalités citées ci-haut, certaines se détachent de l’influence de Joliette soit en raison de leur éloignement ou encore de leur structure économique. Le nombre d’emplois associés aux trois (3) grands secteurs d’activités, les services que l’on offre, certains types de commerces et une position géographique favorable vis-à-vis le réseau routier font en sorte qu’une municipalité acquiert une certaine influence au niveau régional. Le cas de la municipalité de Rawdon en est un bel exemple.

 

La troisième zone d’influence, que l’on peut qualifier d’éloignée, compte quatre (4) municipalités : Chertsey (24 %), Entrelacs (18 %), Notre-Dame-de-la-Merci (13 %) et Saint-Donat (3 %). Cette zone est formée des municipalités n’accordant que 30 % ou moins de leurs points à Joliette. La population de cette zone entretient des relations moins fréquentes et de caractère plus spécifique avec Joliette, comme par exemple l’enseignement (Cégep), les hôpitaux, soit les services gouvernementaux.

 

Cette zone située à l’Ouest de la Matawinie se tourne davantage vers Montréal et certains autres centres situés le long de l’autoroute 15, tels Sainte-Agathe et Saint-Jérôme. La carte sur la répartition des mouvements intermunicipaux (voir figure 27) montre clairement une cassure entre la municipalité de Chertsey et celle de Notre-Dame-de-la-Merci. La présence de l’axe de l’autoroute 15 sur la carte est fortement conditionnée par la présence de Saint-Donat.

 

d)        La description de la carte

 

La carte sur la répartition des mouvements intermunicipaux à des fins de travail et de consommation en biens et services, correspondant à la figure 27, est une image qui découle des résultats de l’enquête. La largeur des flèches est proportionnelle à l’importance des mouvements.

 

On remarque que la majorité des mouvements associés à la route 131 et 343 se font vers Joliette. L’agglomération de Montréal récupère une partie de ces mouvements. Quant à l’axe de la 125, on remarque dans un premier temps une discontinuité entre Chertsey et Notre-Dame-de-la-Merci, ceci pouvant s’expliquer par l’attraction de Sainte-Agathe et de Saint-Jérôme sur Saint-Donat, Notre-Dame-de-la-Merci et même Entrelacs. L’axe de l’autoroute 15 devient donc une porte d’entrée et de sortie importante pour l’extrémité Ouest du territoire municipalisé de la Matawinie.

 

Pour nos voisins, serait-il avantageux pour Joliette d’améliorer les liens routiers directement avec Rawdon plutôt que par la route 158 via Saint-Esprit ?  Cette question mérite d’être posée, car une telle solution pourrait avoir comme conséquence de consolider la position de Rawdon comme ville-carrefour et ainsi accroître l’autonomie matawinienne dans l’axe de la 125. Plus globalement, un lien Rawdon-Joliette-Berthier permettrait d’accroître la capacité de rétention des fonctions économiques de Lanaudière par rapport à Montréal, ce que la route 158 n’arrive pas à faire, parce que positionnée trop au Sud de Rawdon, pour ne pas dire, trop proche de la couronne de Montréal (15 min).

 

e)         Le discernement dans l’interprétation des données

 

Pour conclure, certaines précisions s’imposent tant aux résultats obtenus qu’aux termes employés. Les résultats présentés sont valables en soi, mais lorsque l’on est confronté à d’autres résultats d’analyse, il peut arriver que notre perception change. Prenons, par exemple, le cas de Saint-Donat et Saint-Michel-des-Saints.

 

Quand on examine les statistiques, on s’aperçoit, par exemple, que la municipalité de Saint-Donat, en terme de nombre de commerces et services (tertiaire conventionnel), dépasse de beaucoup Saint-Michel-des-Saints. Cependant, si on regarde plus loin que les statistiques, on voie, d’une part, que la trame tertiaire de Saint-Donat est en majeure partie dépendante d’une clientèle montréalaise et que, d’autre part, une bonne partie de sa population résidente doit se rendre ailleurs pour chercher des biens et services. Ne serions-nous pas devant une double dépendance ? Quant à Saint-Michel-des-Saints, on observe une plus grande diversité au niveau du tertiaire conventionnel, les gens se tournent davantage vers leur municipalité pour se procurer les biens et services, de sorte qu’on présume qu’elle est une municipalité plus autonome et diversifiée, ce que les chiffres ne nous disent pas nécessairement.

4.1.4    Constats et perspectives relatifs à notre structure économique

 

Voici un condensé des principaux éléments reliés au portrait actuel quant au dynamisme et au positionnement des activités économiques en Matawinie. Ce condensé est réalisé afin de mieux guider le choix des orientations et des objectifs devant apparaître au Plan d'aménagement.

 

Ainsi, à la lumière des analyses précédentes, qui ont porté sur la description des trois (3) secteurs économiques, les résultats nous ont permis d’évoquer quelles étaient les municipalités qui représentaient des centres de premier, second et troisième ordre, pour chacun des trois (3) secteurs économiques.

 

Il apparaît pertinent que ces lectures servent à l’élaboration d’un concept d’organisation régional, celui-ci ayant, entre autre, pour but d’assurer la desserte en terme de service à caractère public.

 

Dans le contexte matawinien, il apparaît opportun d’utiliser trois (3) niveaux hiérarchiques. Cette approche favorise une consolidation de l’ensemble des fonctions économiques tant à un niveau local que régional.

 

Ainsi, il y a lieu de cibler les municipalités qui représentent des pôles régionaux, c’est-à-dire les municipalités qui sont associées à leur vitalité économique à portée régionale, tous les secteurs économiques confondus.

 

À un second niveau hiérarchique, on peut aussi cibler des centres régionaux, soit des municipalités qui sont associées à leur vitalité économique à portée intermunicipale.

 

Finalement, on peut aussi identifier les centres locaux, soit les noyaux villageois qui exercent une attraction sur leur population résidentielle locale.

 

Pour établir cette ordonnance on peut, entre autre, se servir des résultats d’analyse quant au positionnement des municipalités selon chacun des secteurs de l’économie. On peut aussi retenir des paramètres utiles, tels le rayonnement des municipalités et le positionnement de ces dernières au niveau de la desserte pour l’ensemble des activités économiques.

 

 

 


4.2     LES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT ET DE COMMUNICATION

 

Dans le contexte d’une économie de marché, l’organisation d’un territoire repose en bonne partie sur l’établissement de divers réseaux de transport et de communication, ceux-ci ayant une incidence directe sur le dynamisme régional. À titre d’exemple, il ne fait aucun doute qu’un réseau de transport bien hiérarchisé devient une composante intégrante du milieu dans lequel il se développe.

 

En plus du réseau routier qui fait l’objet d’une analyse relativement élaborée, on présente brièvement les transports ferroviaires et aériens, les différents modes de transport d’énergie, de même que l’organisation des liaisons téléphoniques. L’organisation de ces diverses infrastructures de transport et de communication ne peut se concevoir sans resituer le rôle de la MRC de Matawinie par rapport à la grande région de Montréal. Quand on dit rôle, on signifie fonction régionale, certaines fonctions étant particulièrement propre à la Matawinie sans être exclusive. On pense, entre autre, à l’agriculture, à la foresterie, à la faune, à la villégiature et au récréotourisme. Pour les municipalités des Basses-Laurentides, il faut ajouter à cela le rôle de banlieue dortoir et de deuxième couronne industrielle.

 

 

 

4.2.1    Le système routier

 

La présente analyse des composantes du réseau routier évalue ses forces, ses faiblesses et sa capacité, ce qui va permettre d’établir des priorités pour ainsi agir efficacement sur l’ensemble du territoire de la MRC de Matawinie. Cette analyse débute par la classification fonctionnelle du réseau routier mise en place par le ministère des Transports à la fin des années 80 dans le contexte du programme de décentralisation de la voirie tertiaire. On y traite également du niveau d’utilisation à partir des mouvements circulatoires estimés sur la carte des flux de circulation et des niveaux de service. On conclut ces analyses par une estimation du niveau de service de chaque catégorie de routes.

 

 

4.2.1.1      La classification fonctionnelle du réseau routier

 

Le système de classification fonctionnelle est l’outil de base de la gestion du réseau routier. Ce système vise à hiérarchiser les composantes du réseau routier selon la vocation qu’il remplit. Si l’on examine les critères de classification, on décèle certaines adaptations face à son application. Dans la réalité, cette approche n’a pas encore fini de s’appliquer. Rappelons que cette classification a servi de base à la décentralisation de la voirie tertiaire.

 

a)         Les événements ayant conduit à la décentralisation de la voirie tertiaire

 

Au printemps 1984, le ministère des Transports finalise un cadre de classification fonctionnelle du réseau supérieur et identifie chacune des routes faisant partie de ce réseau. En 1988, la MRC de Matawinie conclut une étude pilote ayant pour but d’évaluer la faisabilité d’une éventuelle décentralisation de la voirie tertiaire. Ce projet pilote prévoit deux (2) étapes, soit : la classification du réseau routier de la MRC et deuxièmement, le partage du réseau entre le MTQ et les municipalités concernant les tâches de planification d’amélioration et d’entretien. Suite à ce rapport, des ajustements sont proposés pour rencontrer la spécificité du réseau routier de la Matawinie. Cette étude permet d’élaborer le concept d’organisation dans le Schéma d’aménagement qui fût adopté en 1989.

 

En décembre 1990, le nouveau partage que veut instituer le gouvernement en matière de voirie locale est rendu public. Ces mesures entrent en vigueur le 1er avril 1993. C’est donc la prise en charge par l’ensemble des municipalités québécoises de la responsabilité de leur réseau local.

 

b)         Les règles de la classification fonctionnelle

 

La vocation des routes sous la responsabilité du ministère des Transports est exprimée à travers la classification fonctionnelle du réseau routier supérieur (voir figure 28). Voici une définition des principales classes de routes qui se retrouvent à l’intérieur de cette classification.

 

Le réseau autoroutier

 

Le réseau autoroutier regroupe l’ensemble des infrastructures autoroutières. Le réseau routier de la MRC de Matawinie se rattache au réseau autoroutier de la région de Montréal, en l’occurrence la 640, 440, 31 et 25. Par contre, la plus proche des autoroutes est à une distance supérieure à 30 kilomètres de la MRC, ce qui demande la présence de routes régionales performantes puisqu’elles servent à drainer une circulation parfois très dense.

 

Le réseau national

 

Ce réseau comprend les axes routiers interrégionaux et sert de liaison entre les agglomérations principales (généralement de 25 000 habitants et plus). Règle générale, les standards de ces routes sont élevés afin de satisfaire à un fort volume de circulation se déplaçant rapidement, et ce, sur de longues distances. On ne dénombre aucune route nationale à l’intérieur du territoire de la Matawinie, la plus près étant la route 158 (axe Est-Ouest) reliant Trois-Rivières à Hull et passant, entre autre, par Joliette et Saint-Jérôme.

 

Le réseau régional

 

Les routes classées dans cette catégorie servent de lien entre les agglomérations secondaires (généralement de 5 000 à 25 000 habitants), de même qu’entre celles-ci et les agglomérations principales. De plus, elles desservent les centres ruraux (moins de 5 000 habitants) à vocation industrielle, de même que les stations touristiques majeures et les installations de transport d’importance régionale. Il s’agit pour la MRC de Matawinie des routes 125, 341, 347, 348, 131, 329 et une partie de la route 337.

 

Le réseau collecteur

 

Les routes collectrices permettent de relier les centres ruraux (agglomérations de moins de 5 000 habitants) aux agglomérations plus importantes. Ces routes drainent le trafic des routes locales vers le réseau régional. Tout en donnant accès au réseau local, elles reçoivent une circulation de transit qui peut dépasser la simple utilisation locale. On dénombre 11 routes collectrices.

 

Le réseau local

 

Ce réseau permet de relier les petites agglomérations entre elles et d’accéder à la propriété. Elles recouvrent une circulation locale qui se déplace sur de courtes distances, le trafic de transit pouvant, pour certaines d’entre elles, être inexistant. Le réseau local comporte trois (3) niveaux, les routes locales 1 étant celles qui assument une plus grande proportion de transit.

 

Le réseau de chemins d’accès aux ressources

 

Les chemins compris dans cette classe conduisent à des zones d’exploitation forestière et minière, à des installations hydroélectriques, à des zones de récréation et de conservation sous juridiction gouvernementale (parcs, réserves fauniques, etc.). On dénombre plusieurs routes d’accès aux ressources sur le territoire non-organisé, dont celles donnant accès au parc du Mont-Tremblant et aux réserves fauniques Rouge-Mattawin et Mastigouche.

 

 

4.2.1.2      L’évolution du niveau d’utilisation du réseau routier

 

Connaissant les bases de la classification fonctionnelle du réseau routier de la MRC de Matawinie, on introduira maintenant les informations sur les mouvements circulatoires qui permettent d’évaluer le niveau d’utilisation de chaque route.

 

Considérant la localisation géographique de la MRC et l’orientation des routes, le mouvement de circulation naît généralement dans les municipalités de la Matawinie pour se diriger vers les agglomérations de Montréal et de Joliette et se distribue, pour ce faire, sur les différents axes routiers selon la destination des voyageurs. Il existe un flux inverse, principalement vers les municipalités de Rawdon et de Saint-Félix-de-Valois, mais de moindre importance. Notons aussi les déplacements provenant de ces grands centres urbains et largement influencés par l’activité touristique. Globalement, ces mouvements sont beaucoup plus intenses durant la période estivale, car le flux touristique se conjugue au flux quotidien. Mentionnons enfin l’existence d’un mouvement pendulaire intermunicipal associé au loisir et à la consommation de biens et services.

 

a)         Le traitement des données

 

La figure 29 sur l’évolution des mouvements circulatoires a été réalisée à partir des données des diagrammes d’écoulements de la circulation du ministère des Transports. La moyenne retenue pour la confection de la carte est le débit journalier moyen annuel (DJMA). Cette valeur est obtenue à partir d’une évaluation du nombre de véhicules qui circulent sur la route durant une année, divisée par le nombre de jours correspondant, soit 365 jours.

 

Pour visualiser et comprendre l’importance relative des divers axes de transport à travers le temps, deux (2) années ont été retenues, soit celles de 1982 et de 2000. Ces deux (2) périodes sont représentées sur la carte. Pour mieux soutenir l’analyse comparative des données, on a aussi consulté les données de 1992 pour se faire une idée de la progression relative des différents flux. De plus, cinq (5) classes sont suggérées pour bien saisir la différence dans les débits de circulation.

 

On remarquera que ces classes permettent d’établir des relations entre le niveau d’utilisation et le niveau de service d’une route. Ainsi, on observe de façon générale que les routes ayant un débit de 4 000 à 10 000 véhicules/jour ont fait l’objet d’améliorations importantes par le passé.

 

D’ailleurs, en Matawinie, les routes qui ont atteint ce niveau d’utilisation sont toutes classifiées comme étant régionales.

 

b)         Les situations ayant évoluées

 

L’idée d’évolution vise, dans un premier temps, à souligner la dynamique propre à certain tronçon et à saisir les changements susceptibles de se produire dans l’avenir. Dans un deuxième temps, elle permet d’observer s’il y a eu régression, stabilité ou encore progression des flux de circulation sur l’ensemble du réseau routier supérieur.

 

Le premier constat, c’est que les municipalités de Rawdon et de Saint-Félix-de-Valois apparaissent comme des carrefours majeurs du système routier. En ce qui concerne les résultats sur la route 131, on observe une augmentation générale et progressive sur toute sa longueur, mais une variation à la baisse plus que significative entre les villages de Saint Zénon et Saint-Michel-des-Saints. Ainsi, les flux de circulation passent de 1 240 (1982) à 510 (1992) et à 2 400 (2000). On croit que ces écarts importants pourraient être reliés aux méthodes de comptage. Une situation inverse apparaît au Sud du village de Saint-Félix-de-Valois, où l’on indique 7 585 (1982), 15070 (1992) et 11 000 (2000) véhicules/jour.

 

Un phénomène analogue se produit sur la route 125 entre les villages de Saint-Donat et de Notre-Dame-de-la-Merci, où l’évolution des flux de circulation connaît une forte montée suivie d’une baisse avec 585 (1982), 2 200 (1992) et 1 800 (2000) véhicules/jour (jma). Outre ces écarts à la croissance générale des flux de circulation, la croissance indiquée par ces résultats serait vraisemblablement dépassée si l’on tient compte du fait que les années 2001 et suivantes ont été marquées par une croissance importante du marché immobilier.

 

Mentionnons, enfin, que pour les segments de route où l’on observe un dépassement de 10 000 véhicules/jour, le ministère des Transports commence à considérer l’opportunité d’un remplacement du système routier conventionnel en système autoroutier. Deux (2) segments routiers rencontrent ce diagnostique en 2000, soit la route 125 au Sud de Rawdon et la route 131 au Sud de Saint-Félix-de-Valois. Passé ces deux (2) agglomérations en direction Nord, les flux observés se situent entre 9 000 et 10 000 véhicules/jours et les taux de croissance observés au cours des 20 dernières années nous amènent à croire qu’ils ont déjà dépassé les 10 000 véhicules/jour en 2005.

 

Dans la recherche d’un parachèvement du système autoroutier dans l’axe de l’autoroute 25, on devrait aussi tenir compte des aménagements autoroutiers déjà en place au Nord du village de Chertsey et prévoir dès maintenant leur interconnexion. Quant à l’autoroute 31, il serait opportun qu’on prévoit son extension au-delà du Deuxième Rang Ramsay (route 348) de manière à dépasser les deux (2) carrefours décalés de la route 348 sur la route 131. Bien que la visibilité à l’approche de ces carrefours puisse être acceptable présentement, on doit reconnaître qu’ils constitueront un changement brutal en terme de design routier et un risque accru d’accidents pour les véhicules circulant en direction Nord.

 

 

4.2.1.3      L’appréciation du niveau de service

 

Étant donné qu’une grande partie du réseau routier a été construite depuis plusieurs décennies, les caractéristiques techniques de ces routes ne correspondent pas nécessairement aux standards requis. L’écart entre ce qu’offre une route et ce que l’on peut s’attendre d’elle peut à l’occasion être important. Pour s’en faire une idée plus juste, un inventaire des caractéristiques géométriques (courbes non standards, blocage visuel, largeur d’emprise) et des caractéristiques reliées à l’aménagement riverain (carrefour, accès à la propriété) a été produit. Une estimation sommaire du taux de dépassement a aussi été estimée, mais on sait déjà que les valeurs obtenues dépassent quelque peu les valeurs réelles qui seraient observables sur les terrains. La synthèse de ces données est reproduite au tableau 64. L’analyse de ces résultats permet de cibler les anomalies du réseau routier et d’en constater son état actuel.

 

a)         Les routes régionales

 

La majorité des routes de catégorie régionale offre un niveau de service acceptable. Par contre, certains segments de route demeurent problématiques en raison d’un faible niveau de confort et de sécurité. Cette situation est provoquée par des caractéristiques géométriques déficientes, telles une série de courbes non conforment. Prenons l’exemple de la route 131 à la hauteur du parc des Sept-Chutes. Les courbes ont pour effet de provoquer une diminution considérable de la vitesse de roulement. On remarque aussi que sur la plupart des routes régionales les tracés de dépassement se font rares.

 

b)         Les routes collectrices

 

On observe pour les routes collectrices que l’écart est plus important entre l’état de ces routes et les standards normalement requis. On retrouve, dans bien des cas, un très faible niveau de confort et de sécurité. Plusieurs anomalies ont été décelées. Aux caractéristiques géométriques souvent déficientes s’ajoute un aménagement riverain souvent trop lourd. Sur plusieurs de ces routes, les tracés de dépassement sont quasi inexistants. Dans d’autres cas, ces routes traversent des villages ou sillonnent des cours d’eau, ce qui provoque une diminution considérable de la vitesse d’usage.

 

Les largeurs d’emprises souvent sous les normes, des courbes non standards, une multiplication d’entrées privées et d’intersections ainsi que des terrains accidentés sont les raisons qui causent une perte d’efficacité.

 

D’autres faits viennent aussi en conflits avec la circulation de transit, soit la présence de piétons et de cyclistes.

 

 

c)         Les routes locales 1

 

Notre appréciation a aussi porté sur une partie du réseau local, soit les routes locales 1. Ces routes servent à relier de petites municipalités entre elles. Souvent, elles ont un très faible niveau de confort et de sécurité et ne constituent pas un lien adéquat. La route menant de Chertsey à Saint-Alphonse-Rodriguez en est un bel exemple. Plusieurs tronçons de cette route offrent des caractéristiques géométriques dangereuses. Cette route est parsemée de côtes, de courbes et de carrefours. La qualité de la surface de roulement est à bien des endroits très mauvaise et on ne parle pas du dépassement. Cette situation provoque un ralentissement considérable à toute circulation locale et de transit. Plusieurs routes subissent donc une perte de fonctionnalité. Devant cette situation, il est impératif d’intervenir pour rétablir ou, du moins, améliorer les conditions d’utilisation des routes par diverses mesures correctives.

 

À l’inverse, il y a la route reliant Saint-Donat au Mont Tremblant qui se distingue par la qualité de son niveau de service considérant qu’il s’agit d’une route de classe locale 1. Rappelons que ce projet routier n’a pas fait l’objet d’une appréciation de la conformité au schéma du fait qu’il s’agissait d’une route à caractère local.

 

d)        L’importance de la largeur d’emprise et du taux de dépassement dans la caractérisation du niveau de service

 

Dans l’analyse que l’on peut faire du tableau 64, mentionnons que la largeur d’emprise est le paramètre qui résume le mieux la fonctionnalité de la route. Par exemple, les routes rurales existantes qui ont une largeur d’emprise de dix (10) mètres correspondent, en général, aux anciens chemins de colonisation. La route reliant le village de Chertsey au lieu dit « pont du Gouvernement » sur la rivière Ouareau en est un bon exemple. En plus d’être très étroite, cette route est très sinueuse. On constate, en quelque sorte, qu’il s’agit d’une très vieille route qui n’a pas connu d’amélioration significative en terme de tracé, bien que l’état de la chaussé ait été grandement amélioré.

 

En comparaison, l’ancienne route 18 qui était d’aspect identique, soit l’actuelle 125, a été complètement transformée pour lui donner un tracé rectiligne permettant une circulation à plus haute vitesse et du dépassement en maints endroits. Quant à sa largeur d’emprise, elle est passée de dix (10) à 30 mètres. C’est dans ce sens que la largeur d’emprise et le taux de dépassement sont les signes les plus simples permettant d’illustrer le niveau de service que peut maintenant offrir une route.

 

Plusieurs tronçons de route ayant une emprise inférieure à 15 mètres se trouvent sur les axes Est-Ouest. Souvent, ces segments suivent des tracés très sinueux qui traversent des zones de villégiature associées à des lacs. Les routes ayant une emprise supérieure à 20 mètres, soit plus particulièrement celles de direction Nord-Sud, sont donc celles qui ont été le plus améliorées par rapport aux anciens chemins de colonisation. Ces améliorations se sont faites au bénéfice des agglomérations de Joliette et de Montréal qui exercent une attraction majeure sur la Matawinie.

 

 

 

4.2.1.4      Ce qu’il faut retenir sur la fonctionnalité du système routier

 

L’analyse du réseau routier visait à apprécier son niveau de design actuel et à se questionner sur les transformations qu’il est appelé à subir considérant sa vocation à venir.

 

a)         La qualité variable du niveau de service des axes Nord-Sud

 

Le niveau de service des routes Nord-Sud est considéré globalement comme passable à cause des nombreuses améliorations qui ont été apportées au cours des 50 dernières années. Cela signifie que dans l’ensemble, considérant à la fois la classification fonctionnelle et le débit de circulation observé, le niveau d’utilisation est situé au-dessus du niveau du design routier actuel. Ainsi, certaines sections de la route 125, soit celles comprise entre Chertsey et Entrelac, se retrouvent au-dessus des standards exigés, alors que dans d’autres cas, comme entre Saint-Esprit et Rawdon, elle se retrouve nettement au-dessous des normes de design requises.

 

On observe un très faible taux de dépassement chronique sur tout le système routier à l’exception de la route 125 entre Rawdon et Saint-Donat. Ces taux de dépassement doivent normalement se situer au-dessus de 60 % pour une route régionale et au-dessus de 40 % pour une route collectrice. Les contraintes topographiques et, bien sur, le fait que peu de travaux de réfection majeurs aient été entrepris, hormis pour la route 125, explique cette situation.

 

Ainsi, selon les travaux prévus par le ministère des Transports du Québec dans le plan de réfection de la route 131 entre les villages de Saint-Félix-de-Valois et de Saint-Michel-des-Saints, le taux de dépassement devrait passer de 19 % à 31 %. Les travaux sont prévus sur les segments qui occasionnent actuellement un ralentissement du camionnage et non pas ceux qui favoriseraient prioritairement une augmentation du taux de dépassement. On peut en conclure que pour ce qui est des axes 125 et 131, qui sont les deux (2) axes routiers Nord-Sud les plus structurants pour le développement régional non pas seulement de la Matawinie, mais aussi de toute la région de Lanaudière, des efforts majeurs restent à faire.

 

b)         La disfonctionnalité des liens Est-Ouest

 

On aura constaté que la discontinuité des liens routiers entre les comtés de Montcalm et de Joliette est un héritage du passé, apparents plus particulièrement dans les axes Est-Ouest de la région.

 

Le résultat de la classification du réseau supérieur vient consacrer la dépendance interrégionale Nord-Sud de la Matawinie et le caractère disfonctionnel de ses axes Est-Ouest. Pour bien situer les enjeux de cette planification, une réflexion a été faite quant aux fonctions régionales spécifiquement touchées par ces lacunes.

 

L’axe Chertsey/Saint-Alphonse-Rodriguez/Saint-Jean-de-Matha répond principalement au déplacement des résidents et des villégiateurs et, à un degré moindre, au transit intermunicipal à des fins primaire, commerciale et touristique.

 

L’axe Notre-Dame-de-la-Merci/Saint-Côme/Saint-Damien est appelé à répondre aux besoins interrégionaux à des fins de récréotourisme et de transport forestier, en plus du transit commercial. Ce lien interrégional reliant les autoroutes 15 et 40, peut prétendre au statut de classe nationale du fait qu’il permet le lien le plus court entre les capitales régionales de l’Abitibi et celles des régions de Trois-Rivières et de Québec.

 

Plus au Nord l’axe L’Annonciation/Saint-Michel-des-Saints devient une route interrégionale utilisée prioritairement pour le transport de bois et aussi, par le tourisme. Reliant la 117 à la 155, celle-ci devrait recevoir le statut de route collectrice.

 

 

4.2.2    Le système ferroviaire

 

Le réseau ferroviaire en Matawinie est minuscule et se limite à la municipalité de Saint-Félix-de-Valois. Il s’agit d’un embranchement qui prend sa source à Lavaltrie et remonte vers Saint-Félix-de-Valois en passant par Joliette. Celui-ci est propriété de l’industrie Bell Gaz située tout juste à l’Est du périmètre d’urbanisation et dessert principalement les deux (2) entreprises qui y sont installées. On ne pourrait expliquer la croissance de ces deux (2) entreprises sans la présence du chemin de fer.

 

Ce cas qui, dans le contexte de la Matawinie apparaît comme un particularisme, porte tout de même à réflexion. Au cours des 50 dernières années, on a pu assister à un désengagement progressif des instances publiques par rapport à ce mode de transport, pour céder la place au secteur privé qui s’est développé dans le domaine du camionnage. Hors, depuis une dizaine d’années, soit depuis que les entreprises ferroviaires ont été entièrement privatisées et surtout déréglementées, on assiste à une reprise du transport par train.

Ce gain en compétitivité est d’autant plus remarquable que le transport par camionnage bénéficie grandement du fait que les coûts de l’aménagement routier sont, toute proportion gardée, largement supportés par l’automobiliste. Certaines études tendent à démontrer qu’en terme d’usure de la chaussée, un camion correspond à plus de 30 000 automobiles. Bien que les coûts des permis pour le transport par camion soient astronomiques pour l’entreprise, ils demeurent bien en deçà des coûts réels, hors, les transporteurs ferroviaires ne bénéficient pas de tels avantages.

 

Tout en étant égal, par ailleurs, il est clair que le système de transport par train demeurera toujours le moins coûteux, du moins en ce qui concerne les transports de niveau interurbains, et aussi le moins polluant.

 

Dans le contexte de la Matawinie, les municipalités de Rawdon et de Saint-Félix-de-Valois apparaissent comme davantage concernées dans de telles perspectives.

 

La solution existant déjà en ce qui concerne Saint-Félix-de-Valois, on peut se permettre d’imaginer une liaison ferroviaire reliant Rawdon à Mascouche et passant par les principales agglomérations que sont Saint-Julienne, Saint-Lin-des-Laurentides et Laplaine. Ce lien pourrait se raccorder à la gare intermodale prévue au carrefour des autoroutes 25 et 640. Il est, cependant, peu probable qu’un tel lien voit le jour dans le régime actuel où l’industrie du camionnage est nettement avantagée.

 

Dans la mise en place d’un service de transport régional des personnes, ces deux (2) axes de chemin de fer pourraient aussi être considérés comme alternative au transport par autobus.

 

 

 

4.2.3    Les infrastructures de transport d’énergie et de télécommunication

 

 

4.2.3.1      Le transport d’électricité

 

En 2004, selon un inventaire des installations appartenant à Hydro-Québec, en ce qui concerne les lignes électriques sur le territoire de la MRC, nous retrouvons principalement des circuits de 735kv et de 120kv. Ces circuits serpentent et traversent le territoire matawinien autant dans ses parties municipalisées que dans les TNO. La longueur d’emprise est beaucoup plus significative puisqu’elle représente la place occupée sur le territoire de la MRC. Plusieurs circuits peuvent emprunter une seule emprise (voir colonne Circuits inclus du tableau 65).

 

Le tableau 65 présente les différentes catégories de lignes électriques présentes sur les territoires sur la base de différents critères explicatifs. Celles-ci apparaissent aussi à la cartographie du PSAR II, la plupart des lignes de transport sont cartographiées. Le tableau 66, le tableau 67 et le tableau 68 localisent, quant à eux, les diverses infrastructures ponctuelles d’Hydro-Québec. Les équipements réfèrent aux postes, aux pylônes de télécommunications et aux bâtiments administratifs présents dans la MRC de Matawinie.

 

Mentionnons également que deux (2) barrages hydroélectriques, où sont situées les turbines, sont présents sur le territoire de la MRC. Ainsi, on retrouve un barrage à Rawdon localisé à l’embouchure Est du lac Pontbriand et dont le propriétaire est l’Algonquin Power. On en retrouve un autre dans les TNO, localisé à l’embouchure Est du réservoir Taureau et des rapides de l’île Verte, le propriétaire étant Hydro-Québec. À cela, mentionnons que plusieurs autres ouvrages d’importance servent à contrôler la hauteur des eaux de différents réservoirs ou rivières, ceux-ci étant situés en amont des centrales hydroélectriques.

 

En ce qui a trait aux projets futurs d’Hydro-Québec sur le territoire matawinien, pour la période de 2004-2009, la société d’État prévoit que sur le circuit 1199 (voir tableau 65), il y aurait un possible démantèlement du tronçon sur portiques de bois, représentant 11 des 16 kilomètres de cette ligne qui relie les postes de Lanaudière et Ramezay. Par contre, à la suite de ce démantèlement, Hydro-Québec pourrait maintenir ses droits de servitude pour une éventuelle reconstruction.

 

Également, sur le circuit 1404, Hydro-Québec prévoit la construction d’une ligne de dérivation de 1,1 km à partir du support 46 de la ligne 1404-1405 jusqu’au poste Ramezay (date planifiée 2004). Finalement, sur le circuit 1405, il est projeté de démanteler cette ligne de 8 km entre la ligne 1404 et le poste Ramezay.

 

 

 

4.2.3.2      Les gazoducs

 

Depuis le début de l’année 2000, Gaz Métropolitain a développé un réseau de gazoducs pour desservir plusieurs municipalités des Piedmonts. Mentionnons, entre autre, les agglomérations de Saint-Félix-de-Valois et de Saint-Jean-de-Matha. Des ententes impliquant le conseil de la MRC ont été convenues pour permettre l’utilisation de ce réseau par la compagnie Bell Gaz qui dessert déjà de nombreuses entreprises agricoles du secteur.

 

Cependant, nous ne disposons pas encore d’une cartographie détaillée de ce réseau nous permettant d’en définir une problématique.

 

 

4.2.3.3      La téléphonie

 

Les services téléphoniques sont offerts par la compagnie Bell Canada qui autorise l’utilisation locale ou interrégionale selon les critères soumis à la réglementation du conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Le réseau téléphonique est découpé en circonscriptions téléphoniques, des unités géographiques sur lesquelles tous les abonnés paient un même tarif de base. Les abonnés d’une même circonscription peuvent aussi rejoindre sans frais interurbains tous les abonnés de leur secteur d’appel local.

 

Bref, du découpage téléphonique sur le territoire de la MRC, il ressort les constats suivants : sur les 15 municipalités de la MRC de Matawinie, deux (2) possèdent l’indicatif régional 819, les associant à la région des Laurentides. Les autres municipalités de la MRC possèdent l’indicatif régional 450. La présence de ces deux (2) indicatifs régionaux fait qu’un interurbain est imposé entre ces deux (2) groupes de municipalités. Ces circonscriptions font en sorte que, dans la MRC de Matawinie, sur les 289 possibilités de liaisons intermunicipales sur le territoire, 63 % sont de type interurbain nécessitant donc des frais supplémentaires de communication.

 

Les municipalités localisées au Nord, soit Saint-Donat, Notre-Dame-de-la-Merci, Entrelacs, Saint-Michel-des-Saints et Saint-Zénon, se voient plus que les autres, privées d’échanges téléphoniques, ce qui accentue l’effet d’isolement de ces municipalités. Compte tenu du fait que les services gouvernementaux se concentrent dans les agglomérations de Joliette et de Montréal et que les lignes sans frais n’existent pas toujours, ces municipalités en sont d’autant plus pénalisées.

 

Par ailleurs, les municipalités qui se situent à un rayon maximum de 45 kilomètres de Joliette y bénéficient de communications sans frais d’interurbain. Rawdon profite même d’une abolition des frais interurbains vers Montréal. Des stations de liaisons hertziennes d’Hydro-Québec, Bell et Cantel apparaissent aussi sur le territoire, permettant ainsi les communications cellulaires, ainsi que certaines stations de radio-mobile. Il existe, enfin, une tour municipale sur le mont Notre-Dame à Notre-Dame-de-la-Merci. Une carte a été produite à l’échelle 1 : 125 000 (infrastructures et équipements de communication existant et projetés) illustrant le découpage des circonscriptions ainsi que les diverses composantes reliées à la téléphonie sur le territoire de la MRC de Matawinie.

 

Il conviendrait que les découpages faits par le CRTC et Bell Canada tiennent davantage compte des échanges nécessaires entre deux (2) zones de manière à faciliter les échanges entre certaines municipalités.

 

 

4.2.3.4      Constats et perspectives relatifs aux réseaux de transport d’énergie et de télécommunication

 

Mentionnons que l’énergie distribuée via le réseau de transport hydroélectrique sert principalement les grandes agglomérations urbaines du Sud du Québec et du Nord-Est des États-Unis. Dans le contexte de la Matawinie, les préoccupations régionales ne vont pas dans le sens de remettre en cause l’utilité publique de ces infrastructures, mais bien de mettre en cause la responsabilité effectivement exercée par Hydro-Québec en ce qui a trait à la qualité du paysage. Les impacts visuels permanents observés en Matawinie sont majeurs à cause de leur grande visibilité et à cause de leur permanence.

 

Sur un territoire comme celui de la Matawinie, les approches techniques qui permettent de réduire les coûts de construction des installations de transport d’électricité et de télécommunication se font systématiquement au désavantage de la qualité du paysage.

 

Leur installation nécessite donc une planification beaucoup plus consciencieuse qui va dans le respect du paysage, ce qui n’a pas été pris en compte dans le passé. Hors, la qualité du paysage est la valeur de base permettant d’asseoir la principale fonction économique de la Matawinie, soit le récréotourisme sous toutes ses formes.

 

Dans le cas des infrastructures hydroélectriques, les projets de réfection qui ont eu cours récemment ont, toutefois, donné lieu à des compensations financières envers les municipalités locales. Ces compensations n’ont cependant pas eu pour conséquence de réduire les impacts visuels créés par ces infrastructures.

 

Le milieu régional va donc devoir éventuellement réagir aux façons actuelles de traduire soit l’intégration au paysage, soit l’équité recherchée pour compenser aux impacts créés, car cette façon de faire ne résout en rien l’effet déstructurant de ces infrastructures en territoire récréotouristique.

 

En ce qui concerne les questions de santé reliées à la propagation d’ondes électromagnétiques dans le milieu, celles-ci n’ont pas obtenu de réponses déterminantes. Les conclusions d’Hydro-Québec à ce sujet divergent de celles produites par plusieurs pays occidentaux sur le sujet.

 

Considérant le parti pris du gouvernement du Québec en ce qui concerne les réseaux de transport d’électricité, il importe qu’un comité recruté au sein de la communauté internationale et dénué d’attache fasse le point sur cette question et donne lieu à des modalités d’aménagement adéquates.

 

Dans la perspective des conventions internationales en matière environnementale, il importe que le Schéma d’aménagement mette en place des mesures prévoyantes et temporaires qui assurent un minimum d’éloignement en ce qui concerne la distance à respecter entre les habitations et les lignes de transport d’énergie.

 

En ce qui concerne le réseau de distribution du gaz, on peut comprendre que les terrains montagneux de la Matawinie et la faible densité d’occupation du territoire soient des contraintes réelles à son développement. Par contre, cela est moins valable pour la région des Piedmonts, où les conditions de terrain et de densité d’occupation se compare à celle des basses terres du Saint-Laurent.

 

Il conviendrait donc qu’une mise au point soit faite en ce qui concerne les opportunités de développement du réseau de gaz naturel dans l’ensemble de la région des Piedmonts et que le conseil de la MRC fasse les représentations nécessaires pour promouvoir son développement et permettre ainsi des alternatives valables en terme d’alimentation énergétique.

 

 

 

4.2.4    Constats et perspectives relatifs aux infrastructures régionales

 

Dans le contexte de la Matawinie, le système routier est le seul qui couvre l’ensemble du territoire et qui permette les transports des personnes et des biens.

 

Compte tenu du rôle primordial du système routier dans la réalité régionale, il importe que le conseil de la MRC établisse au Schéma d’aménagement les priorités régionales concernant son amélioration.

 

 

4.2.4.1      Un système routier à parachever

 

La MRC de Matawinie dispose d’un réseau complexe d’infrastructures la liant aux dix (10) MRC voisines et plus spécifiquement au dynamisme de la grande région de Montréal. Voici un bref exposé des constats et perspectives qui peuvent être tirés des analyses qui viennent d’être présentées.

 

Considérant l’ensemble des infrastructures régionales, le système routier devrait encore être traité comme l’élément le plus structurant quant à l’organisation de l’espace, influençant toutes implantations ou localisations d’activités économiques.

 

Lors de la réalisation du premier Schéma d’aménagement, l’appréciation réalisée sur le réseau routier a révélé que la MRC souffrait d’un problème de communication routière, ce constat étant toujours valide aujourd’hui. On observe d’une part, que le design de l’ensemble du système routier est sous les standards applicables à la classification fonctionnelle et aux débits de circulation observables, mis à part la route 125 entre les municipalités de Chertsey et Entrelacs. La faible largeur d’emprise et le très faible taux de dépassement (tracés trop sinueux) provoquent cette disfonctionnalité.

 

Aussi, le fait que les axes Est-Ouest soient si peu développés a pour conséquence que la capacité de rétention des entreprises en sol matawinien est pratiquement nul. En ce sens, les routes 125 et 131 représentent deux (2) solitudes et cet isolement empêche une intégration des forces économiques internes. Cette situation crée une dépendance exagérée entre la MRC et les grandes agglomérations situées plus au Sud, soit Montréal et Joliette.

 

a)         Améliorer la fonctionnalité des liens routiers Nord-Sud

 

Lorsque l’on considère l’ensemble des axes Nord-Sud, les route 125 et 131 se distinguent par leur importance, comme le confirme, d’ailleurs, leur classification fonctionnelle. Ces deux (2) routes sont à la base de notre dynamisme économique.

 

Les routes 125 et 131 étant traditionnellement et fonctionnellement à la base de notre dynamisme économique, il importe que des priorités de parachèvement soient établies au Schéma d’aménagement.

 

Plus spécifiquement pour le segment de la 125 reliant les municipalités de Sainte-Julienne et de Chertsey, le ministère des Transports prévoit un déplacement de l’axe actuel vers l’Ouest au lieu de le rapprocher de Rawdon, sinon, une adaptation de la route 125 actuelle en corridor à quatre (4) voies. Ces choix s’avèrent inacceptables en terme de planification du fait que Rawdon constitue la principale destination de la route 125 en direction Nord. Ceux-ci vont affecter négativement le positionnement de la municipalité de Rawdon comme principal centre tertiaire de la Matawinie et compromet la possibilité d’y aménager un parc industriel régional en bordure de son périmètre d’urbanisation. Ces choix vont provoquer une récupération du positionnement de Rawdon au bénéfice de la municipalité de Sainte-Julienne située dans la MRC de Montcalm.

 

Le Schéma d’aménagement devrait donc prévoir une démarche à convenir avec le ministère des transports pour que les améliorations à apporter au système routier puissent garantir le positionnement de Rawdon dans l’axe de la route 125.

 

Toujours par rapport à l’autoroute 25, il importe que la planification du ministère des Transports assume l’achèvement en autoroute jusqu’à Chertsey.

 

En ce qui concerne la réfection de la route 131, celle-ci a été principalement marquée par la mise à niveau de la route actuelle. La planification quinquennale réalisée à cet effet en 1998, a d’ailleurs connu un temps d’arrêt, si bien que la plupart des travaux prévus n’ont pas encore été réalisés.

 

b)         Favoriser le désenclavement économique en améliorant les liens Est-Ouest

 

En Matawinie, les axes Nord-Sud constituent des corridors étanches aux communications Est-Ouest, ce qui nuit considérablement à l’intégration économique entre les municipalités de la Matawinie, mais aussi avec les MRC voisines concernées par le récréotourisme et l’activité forestière.

 

Il importe donc que la qualité des liens routiers Est-Ouest soit grandement améliorée afin d’accroître la capacité de rétention de la MRC par rapport aux entreprises de diverses catégories. Les axes routiers Est-Ouest traversant la Matawinie et ayant le plus grand besoin d’amélioration sont :

Ø     Le lien interrégional entre les autoroutes 15 et 40 et passant par les municipalités de Saint-Damien et Notre-Dame-de-la-Merci via Saint-Côme et Sainte-Émélie-de-l’Énergie;

Ø     Le lien interrégional entre l’autoroute 15 et la route 131, soit entre les municipalités de Sainte-Adèle et de Saint-Jean-de-Matha;

Ø     Le lien entre les routes 117 et 155, soit entre les municipalités de La Macaza et rivière Mattawin en passant par Saint-Michel-des-Saints.

 

Par rapport à la région de Lanaudière, on observe une performance relativement faible des liens entre Rawdon et Joliette. Un renforcement de ce lien permettrait de créer un axe Rawdon/Berthier assurant un raccordement plus efficace pour les usagers de la section Nord de la route 125, plus particulièrement pour les déplacements en direction de Joliette, Trois-Rivières et Québec.

 

Face à l’attraction considérable de l’agglomération de Montréal, un tel axe permettrait surtout d’accroître significativement la capacité de rétention de la partie Nord de Lanaudière par rapport aux activités secondaires et tertiaires.

 

On peut croire, à tort, que la route 158 entre Saint-Esprit et Joliette permet cette rétention. Ce qui se passe en réalité, c’est que les usagers de la route 125 ayant à se déplacer à l’extérieur à des fins de consommation de services, vont choisir l’agglomération de Montréal, car le carrefour de Saint-Esprit arrive trop tard. Rendu à cet endroit, la distance temps vers Joliette et vers la couronne Nord est la même. Sauf que dans la couronne Nord, l’offre des services est beaucoup plus considérable. Si on ne trouve pas à Terrebonne, on peut se rabattre sur Repentigny en dix (10) minutes ou sur le carrefour Laval en 15 minutes.

 

Un lien Est-Ouest entre Rawdon et Joliette permettrait donc d’améliorer grandement la mobilité des usagers de la partie Nord de la route 125, qui veulent se diriger vers l’Est et surtout, d’accroître la capacité de rétention de la région de Lanaudière par rapport aux fonctions commerciales et industrielles.

 

 

4.2.4.2      Les améliorations au système ferroviaire

 

Malgré le fait que le système ferroviaire soit peu présent en Matawinie, on peut se permettre de considérer les avantages que générerait la présence d’un tel système.

 

À un premier niveau, la création d’une gare intermodale au carrefour des autoroutes 25 et 640 permettrait de constituer une véritable alternative à l’automobile et, bien sûr, favoriserait une augmentation du transport par autobus depuis la Matawinie.

 

Le développement du système ferroviaire dans l’axe de la route 125 vers Rawdon, en passant par les municipalités de Sainte-Julienne et Saint-Lin-des-Laurentides, permettrait d’accroître le positionnement de ces municipalités et de celles situées plus au Nord.

 


4.3     LES INFRASTRUCTURES DE RANDONNÉE

 

Dû à sa mission récréative et à sa proximité de l’agglomération de Montréal, la MRC de Matawinie dispose d’un des plus complexes systèmes de randonnée du Québec. Toutes les disciplines y sont représentées, tant du point de vue des activités motorisées que des activités non motorisées. Ces activités sont, d’ailleurs, parmi les plus structurantes sur le plan de l’organisation des autres équipements touristiques et des entreprises d’hébergement et de restauration. Cette section subdivise le traitement de ce sujet en randonnée motorisée et non motorisée. Ce traitement particulier s’avère nécessaire du fait que leurs exigences en terme d’implantation, les impacts qu’ils génèrent et les clientèles qu’ils desservent sont fort différents pour chaque catégorie.

 

En effet, la demande en matière d’activités de plein air et de récréation connaît, depuis quelques années, un « virage vert ». Les activités traditionnelles (motoneige, quad) ont encore beaucoup de popularité, mais les nouveaux besoins de loisirs sont de plus en plus liés à l’écotourisme, à la grande aventure ou, encore, à la récréation « douce » en milieu naturel.

 

La récréation douce englobe un ensemble d’activités récréatives qui ne nécessitent pas d’infrastructures majeures et qui occasionnent peu d’impacts sur le milieu. On pense à l’observation et à l’interprétation de la nature (ornithologie), à la randonnée pédestre, au vélo, au ski de fond ou à la raquette, au camping sauvage, à la cueillette de champignons forestiers comestibles, etc.

 

La tendance qui s’impose de plus en plus privilégie donc l’activité physique et le contact avec la nature. La popularité du « tourisme d’aventure » est telle qu’il est le créneau qui a connu la plus forte expansion en Amérique du Nord avec des taux d’augmentation annuels de 10 à 12 % depuis les années 1990.

 

L’enquête fédérale-provinciale conjointe de Statistique Canada réalisée en 1996, sur l’importance de la nature pour les Canadiens et les Québécois, confirme les préférences des Québécois. Parmi les différentes activités de plein air pratiquées par les Québécois, les plus populaires sont : 1- la relaxation dans un décor naturel, 2- la promenade dans la nature, 3- les pique-niques, 4- la natation et les activités de plage et 5- la randonnée pédestre. Le camping et le cyclisme sont aussi au nombre des activités les plus populaires.

 

En contrepartie, même si l’on constate des besoins marqués du côté des activités liées à la « récréation douce », on note également une croissance importante des véhicules motorisés, particulièrement du quad. La pratique de la motoneige a augmenté quelque peu depuis une dizaine d’années. Par ailleurs, l’usage du quad serait l’activité de loisir motorisée qui, en ce moment, prendrait le plus d’expansion au Canada, en particulier dans les communautés éloignées. Dans le contexte de la grande région de Montréal, la fonction récréotouristique de la Matawinie et la proximité des grands espaces nordiques positionnent Lanaudière et, plus particulièrement, la Matawinie comme une destination de choix.

 


4.3.1    La randonnée motorisée

 

La motoneige et le quad représentent les deux (2) types d’activités jouissant d’une grande popularité en Matawinie. Si la motoneige dispose actuellement d’un réseau relativement achevé, il en va autrement du quad qui constitue une activité en pleine expansion.

 

 

4.3.1.1      La motoneige

 

La motoneige constitue l’activité hivernale qui génère le plus de retombées économiques en Matawinie. Malgré ce fait, plusieurs questions relativement à l’aménagement du réseau n’ont pas encore trouvé de réponses satisfaisantes.

 

a)         Un réseau appelé à connaître certaines modifications

 

Le réseau de sentiers de motoneige en Matawinie s’avère relativement complet, reliant les principaux centres de l’activité récréotouristiques, plus particulièrement, les municipalités de Saint-Donat et de Saint-Michel-des-Saints. L’enneigement plus hâtif et plus persistant  au niveau des Hautes Laurentides représente l’avantage principal dont jouit le réseau situé dans cette partie du territoire, ce qui permet d’amorcer la pratique de cette activité jusqu’à deux (2) semaines avant les autres secteurs.

 

Des changements de positions sont survenus au cours des trois (3) dernières années du côté du parc du Mont Tremblant et de la municipalité de Saint-Donat, qui travaillent à développer le créneau écotouristique, ce qui exclue les activités motorisées. Dans l’optique où il est question d’exclure la pratique de la motoneige du parc du Mont Tremblant et d’une partie du territoire de la municipalité de Saint-Donat, cela aurait donc pour conséquence de réduire le réseau dans la partie représentant le plus grand intérêt.

 

b)         La permanence du réseau de sentiers, une question non résolue

 

La motoneige, à cause du rôle important qu’elle joue sur le plan économique en Matawinie, a déjà fait l’objet d’une étude réalisée par la MRC à la fin des années 80. Cette étude concluait à la nécessité d’un réseau de sentiers permanents pour permettre d’accroître son effet structurant sur les entreprises s’appuyant sur celui-ci. L’atteinte de cet objectif apparaissait plus facile pour la portion du réseau située sur les terres du domaine public. Malheureusement aujourd’hui, nous en sommes toujours au même point.

 

c)         Le jumelage des sentiers de motoneige et de quad, une solution trop peu discutée par les acteurs eux-mêmes

 

Dans la recherche d’une optimisation du territoire par ces réseaux, il est souvent question de créer des corridors où quad et motoneige évolueraient non pas dans les mêmes sentiers, mais en parallèle. Il est certain que cette solution permet une gestion de réseau beaucoup plus efficace considérant à la fois la question des droits de passage, des ententes quant à la réalisation d’interventions forestières et à la gestion des différents impacts générés sur l’environnement.

 

4.3.1.2      Le Quad

 

a)         Une activité en croissance

 

En ce qui concerne le quad, sa pratique fut d’abord utilitaire. Un véritable engouement s’est déclenché à partir de 1980. Elle connaît un essor considérable depuis 1990. Le nombre de véhicules immatriculés est ainsi passé de 162 892 en 1997 à 278 576 en 2003, soit une hausse de 71 %. Dans la région de Lanaudière, le nombre de véhicules immatriculés est passé de 10 537 en 1997 à 19 799 en 2003, soit une augmentation de 88 %.

 

De plus, selon les données de la Fédération québécoise des clubs Quad (FQCQ), le nombre de quadistes récréatifs au Québec s’élève à 175 026 personnes. Le nombre de quadistes « touristes » est évalué, pour sa part, à 118 612 personnes. Un bon nombre de véhicules immatriculés (38 %) servent à des fins utilitaires seulement. Un fort pourcentage des adeptes du quad (44 %) fait en moyenne 6,6 voyages de quad par an. La durée moyenne d’un voyage est de 4,6 jours. Les quadistes « touristes »effectuent en moyenne 104 kilomètres par jour lors de voyages, alors que les « excursionnistes » en font 62 kilomètres par jour. Enfin, le nombre de membres de la FQCQ est passé de 16 000 en 1998 à 51 000 en 2003.

 

En ce qui concerne les retombées économiques  de cette activité, elles sont évaluées par la FQCQ à 500 millions de dollars par an. Les dépenses directes associées à la pratique de l’activité dans l’ensemble du Québec sont évaluées à 250 millions de dollars.

 

b)         Une qualité d’aménagement de sentiers déficiente

 

On déplore, entre autres, les comportements « irrespectueux » de cette clientèle à l’égard de la nature, des aménagements naturels et des milieux fragiles.

 

Les clubs de quad ont développé des réseaux en comptant sur le bénévolat et des moyens financiers très limités. Dans ce contexte, certaines caractéristiques des réseaux sont aujourd’hui déficientes par rapport aux normes en vigueur.

 

En effet, les ponts et ponceaux existants ne sont pas nécessairement tous conformes aux normes en vigueur. L’environnement naturel est souvent perturbé par des phénomènes d’érosion à l’approche des ponts et ponceaux ainsi que de part et d’autre des sentiers situés dans des secteurs où les pentes sont importantes. Enfin, des sentiers ont aussi été localisés dans des zones humides.

 

Enfin, dans le cadre des activités courantes d’amélioration des sentiers, les éléments qui posent problèmes font, la plupart du temps, l’objet de modifications afin de les rendre conformes aux normes actuelles.

 

c)         Des liaisons difficiles entre les centres récréotouristiques

 

La pratique du quad dans une perspective touristique s’avère cependant encore relativement peu développée dans la région, car les liaisons entre les pôles touristiques sont difficiles, voir inexistantes. En effet, il n’existe pas de sentier géré par un club Quad membre de la FQCQ, permettant de rejoindre le secteur de Saint-Michel-des-Saints à partir du secteur de Saint-Donat. Les secteurs de Rawdon et de Saint-Donat ne sont pas, non plus, reliés entre eux par des sentiers officiels. Enfin, bien que le secteur de Saint-Gabriel-de-Brandon soit raccordé depuis récemment au secteur de Saint-Donat, la permanence de cette liaison demeure très fragile en raison des droits de passage situés sur des propriétés privées. Ceux-ci peuvent facilement être révoqués.

 

Les liaisons difficiles entre les pôles limitent donc la pratique du quad à des fins touristiques. Les adeptes de ce sport sont confinés à des réseaux de quad plutôt limités. Face à cette situation, la région ne peut évidemment pas encore prétendre constituer une destination touristique pour la pratique du quad, et ce, au même titre que la motoneige.

 

 

 

4.3.2    La randonnée non motorisée

 

Le milieu municipal se voit responsabilisé via les parcs régionaux en ce qui concerne la randonnée pédestre et via la gestion du réseau routier local en ce qui concerne le vélo. Plutôt que d’y produire un inventaire détaillé, on y traite de problématiques particulières ayant une incidence sur la planification, l’aménagement, le développement, la rentabilisation et l’entretien de ces infrastructures. Voici quelques éléments essentiels du contexte d’aménagement et de développement de ces activités.

 

 

4.3.2.1      Les circuits pédestres

 

Les récents développements de la randonnée pédestre dans Lanaudière s’inscrivent dans un mouvement de fond populaire et relativement récent favorisant la marche comme activité physique saine pour la santé et pour le contact avec la nature. Celle-ci est pratiquée par toutes les couches de la population et dans toutes sortes d’environnements tant urbains que ruraux. Le ski de fond et la raquette sont traités, ici, comme faisant partie de la randonnée pédestre.

 

En Matawinie, la randonnée pédestre s’inscrit comme une activité en croissance sur le plan récréotouristique au même titre que l’ensemble des activités de randonnée, d’ailleurs, à l’exception de la motoneige qui se situe en phase de consolidation. Pour certaines entreprises, la randonnée pédestre représente une activité d’appoint comparativement à d’autres plus importantes. Pour le réseau des parcs provinciaux et régionaux, elle constitue l’activité la plus structurante.

 

a)         Un  positionnement  régional avantagé par la présence des Laurentides et la proximité de Montréal

 

La randonnée pédestre sous ses diverses formes constitue l’essentiel d’un produit écotouristique. Les réalités structurantes de ce produit sont donc :

Ø     Qualité du paysage, des milieux forestiers et des sites naturels;

Ø     Qualité des sentiers;

Ø     Tranquillité;

Ø     Sens de l’hospitalité.

 

Comme la Matawinie recèle de ces composantes structurantes en abondance, on la considère comme un terrain de prédilection pour le développement de la randonnée pédestre. Quant aux diverses formes de la randonnée pédestre, on entend la marche à pied, la raquette et le ski de fond. À l’inverse, les milieux naturels déstructurés ou artificialisés, de même que les différentes sources de bruit ont un effet déstructurant sur le développement de la randonnée non motorisée.

 

La clientèle régionale provient des agglomérations de Montréal et de Joliette de façon très prédominante. Dans l’optique de la spécialisation propre au sentier national, on peut aussi envisager qu’une clientèle nationale et internationale se développe à partir d’un tel concept. Cet élargissement de la clientèle doit être considéré dans l’optique où le parc du Mont Tremblant et le bassin de Mantawa constituent déjà des destinations pour cette catégorie de clientèle.

 

En terme de territorialité, on reconnaîtra que les Laurentides, en général, (entre le corridor de la Mattawin et le Piedmont) offrent un terrain de prédilection pour cette activité, avec une emphase pour les Hautes Laurentides. On retrouve, néanmoins, des réseaux de randonnée non motorisé plus au Nord ou plus au Sud. Ainsi, la réserve faunique Rouge-Mattawin et certaines pourvoiries localisées au Nord de Saint-Michel-des-Saints ou, encore, le Mont Royal situé en plein cœur de Montréal peuvent offrir d’intéressants sentiers d’interprétation. Mais dans ces cas comme dans bien d’autres, la randonnée pédestre en milieu naturel ne constitue pas l’activité la plus structurante de ces espaces ou de ces entreprises ou, dit autrement, ne constituent pas leur produit d’appel.

 

b)         Des produits et des entreprises structurés en fonction de la durée du séjour

 

Plusieurs catégories d’entreprises offrent la randonnée pédestre dans leur gamme d’activités. Cette offre, tout comme la clientèle qui les fréquente, se distingue par la durée de la randonnée.

 

La courte et moyenne randonnée

 

Nous regroupons, ici, ces deux (2) catégories, car elles fonctionnent sur des modes identiques, à savoir qu’on effectue des allers-retours, sinon des boucles, qui nous permettent de revenir au point de départ. Ces sentiers sont utilisés par des excursionnistes (visites d’une seule journée) ou par une clientèle effectuant de courts séjours de deux (2) ou trois (3) jours. Pour la clientèle de moyenne randonnée, des circuits de dix (10) à 50 kilomètres deviennent nécessaires. Cette approximation repose sur le fait qu’un randonneur peut réaliser un trajet de 15 kilomètres par jour en moyenne. Voici une liste sommaire présentant l’essentiel des entreprises constituant cette offre :

Ø     Le parc national du Mont Tremblant

Ø     Les parcs régionaux

Ø     Les bases de plein air

Ø     Les stations de ski

Ø     La montagne coupée

Ø     La municipalité (Saint-Donat)

Ø     Les ZEC Lavigne et des Nymphes

Ø     La réserve faunique Mastigouche

Ø     Les pourvoiries du Sud de la Matawinie

 

Pour plusieurs de ces entreprises, comme les entreprises fauniques, la randonnée pédestre est perçue comme une activité complémentaire pour satisfaire une clientèle d’accompagnement. Par exemple, tandis que papa va à la pêche, maman et les enfants vont marcher dans le bois. Par ailleurs, d’autres entreprises, comme le parc du Mont Tremblant et les parcs régionaux, font de la randonnée pédestre leur principale activité en milieu naturel. Ces entreprises forment en fait le cœur de l’écotourisme.

 

La longue randonnée

 

La longue randonnée est définie, ici, à partir de l’offre qui dépasse la durée d’une longue fin de semaine de trois (3) jours ou, encore, le seuil d’un circuit de 50 kilomètres. Le nombre d’entreprises pouvant constituer actuellement ou éventuellement une telle offre est déjà beaucoup plus restreint.

Ø     Le Sentier national (MRC);

Ø     Le parc national du Mont Tremblant;

Ø     Le parc régional de la Forêt Ouareau;

Ø     Le parc régional du réservoir Taureau.

 

Pour ces entreprises, la randonnée pédestre constitue l’activité d’appel. Autour de celle-ci  peut se développer d’autres activités, telles l’animation en milieu naturel, les centres d’interprétation, le camping et l’hébergement rustique. Les autres formes de randonnées non motorisées peuvent être également proposées pour élargir la gamme de la clientèle et permettre les ajustements requis au changement des saisons.

 

 

4.3.2.2      Les voies cyclables

 

Ce point présente les prémisses et les caractéristiques quant au potentiel de développement de réseaux cyclistes en Matawinie. Comme prémisses, deux (2) aspects déterminants font l'objet d'un développement sommaire, soit la caractérisation de la clientèle cycliste et de ses exigences propres, de même que l'offre spécifique de la Matawinie dans le contexte de la grande région de Montréal.

 

a)         Un réseau très peu développé

 

Plusieurs municipalités de la Matawinie ont entrepris d’aménager un circuit de vélo à l’échelle du noyau villageois. Les municipalités de Rawdon, Saint-Donat, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Michel-des-Saints y ont consacré des efforts à divers niveaux.

b)         La caractérisation de la clientèle cycliste et de ses exigences

 

Le vélo est essentiellement un sport de plat-pays

 

Depuis l'amorce de ce dossier, plusieurs éléments de connaissance ont pris place successivement et sont repris de façon synthétique en vue d'en dégager une vision unifiée et intégrée. À un premier niveau très général, rappelons tout d'abord que le vélo est un sport de plat-pays. Bien sûr, il s'est développé au cours des dernières années des variantes plus énergiques comme le vélo de montagne, mais ces activités hybrides visent une clientèle relativement restreinte que l'on retrouve déjà sur certains sites en Matawinie comme à la Montagne Coupée.

 

Les cyclistes sont surtout des citadins

 

À un second niveau, les cyclistes sont majoritairement des citadins qui ont intégré le vélo à leur vie en partie pour des raisons pratiques. En ce sens, les municipalités matawiniennes des Basses Laurentides sont déjà les plus concernées par le développement du réseau cyclable. Ces municipalités, généralement plus populeuses, connaissent une croissance démographique relativement plus grande que celles situées plus au Nord et reconnaissent d'emblée le pouvoir attractif du vélo sur la fonction résidentielle.

 

Deux (2) clientèles de cyclistes ayant des exigences fort différentes

 

Dans la lorgnette du vélo-tourisme, la très grande majorité des cyclistes, soit approximativement 80 %, appartient à la clientèle dite familiale. Celle-ci exige des circuits très sécuritaires d'environ cinq (5) kilomètres, si possible hors route et bien pourvus en services de tout genre à cause de la présence de jeunes enfants ou de personnes âgées. Elle utilise l'automobile pour se déplacer d'une région à une autre.

 

La seconde clientèle, beaucoup plus autonome et moins exigeante sur le plan sécuritaire, consomme davantage les longues traversées de plus d'une heure pour des trajets de dix (10) à 50 kilomètres, que ce soit en solo ou en petits groupes. Cette seconde clientèle préfère surtout les panoramas agroforestiers et choisira même de faire un détour plutôt que d'avoir à emprunter les circuits « congestionnés » par la clientèle familiale.

 

c)         L'offre de la Matawinie : la prédominance récréotouristique

 

S'il ne s'agissait que de satisfaire une clientèle résidentielle, les enjeux de développement du vélo en Matawinie seraient restreints à nos deux (2) principales agglomérations, soit Rawdon et Saint-Félix-de-Valois. Or, dans le contexte d’une croissance significative des cyclistes au Québec, nous sommes bien conscients que le vélo-tourisme représente une activité prometteuse en Matawinie, dans la mesure où nous parvenons à rendre accessibles nos sites naturels de haute qualité. Aussi, il y aurait avantage à ce qu’on élabore un concept répondant aux attentes des deux (2) clientèles qui viennent d'être définies, soit la clientèle familiale et les randonneurs autonomes. Dans une perspective d’aménagement et de développement régional, il s'agit donc d'une mission essentiellement récréotouristique.

 

Les grands pôles urbains versus la Matawinie

 

On considère les principales agglomérations du Québec et les différentes capitales régionales comme étant des pôles urbains. Par rapport à la grande région de Montréal et à la Matawinie, les villes de Montréal, Joliette et Saint-Jérôme font partie de cette catégorie. Ces grands pôles représentent en eux-mêmes des destinations de choix pour le vélo-tourisme à cause de la qualité des infrastructures d'accueil, de la vie culturelle et, dans bien des cas, de composantes naturelles de haute valeur. On retrouve, également, dans la plupart d'entre elles, un réseau cyclable complexe et bien intégré à l'occupation quotidienne des différents milieux qu'on y trouve.

 

Par rapport à la Matawinie, les grands pôles urbains représentent une clientèle potentielle essentielle et l'une des finalités de l'organisation du réseau cyclable consiste justement à relier les centres récréotouristiques matawiniens à ces deux (2) villes. À partir de la compréhension que nous avons de ce phénomène, il nous est possible de cibler des objectifs d'aménagement relativement précis face à cet enjeu.

 

La valeur exceptionnelle des Piedmonts

 

Toute la région des Piedmonts offre un panorama d'une qualité exceptionnelle pour la clientèle des randonneurs autonomes. Parce que les Piedmonts offrent à la fois des sites naturels de haute qualité et des panoramas agricoles et agroforestiers, cette partie du territoire matawinien mérite d'être considérée de façon particulière comme produit d'appel pour le vélo-tourisme. Le réseau local proposé par les municipalités des Piedmonts est d'ailleurs beaucoup plus élaboré dans cette partie de la Matawinie.

 

Le pouvoir attractif de nos centres récréotouristiques de premier et second ordre, de même que nos sites naturels

 

Dans l'optique d'un développement récréotouristique intégré, l'effet structurant du vélo-tourisme comme activité complémentaire sur nos centres récréotouristiques, doit aussi être pris en compte. Par ailleurs, l'activité vélo représente, pour ces centres, une diversification très attendue au niveau de l'offre. Les centres récréotouristiques sont donc perçus à la fois comme des destinations idéales pour la clientèle familiale et des étapes importantes pour les randonneurs autonomes.

 

Les centres récréotouristiques de premier ordre correspondent aux municipalités déjà reconnues, soit Saint-Donat, Saint-Michel-des-Saints et Rawdon. À l’extérieur de la Matawinie, on retrouve du côté Ouest le Mont Tremblant, Sainte-Agathe, Saint-Sauveur et Sainte-Adèle; et du côté Est : Saint-Gabriel-de-Brandon. Ces centres récréotouristiques de premier ordre sont considérés comme des lieux aptes à recevoir la clientèle familiale qui recherche des destinations sécuritaires et riches en expériences d'observation et de détente. Pour les randonneurs autonomes, ces centres constituent des « villes étapes ».

 

À cet effet, les centres de premier ordre de Saint-Donat et de Saint-Michel-des-Saints, bien que l'opportunité d'y développer un réseau cyclable dense y soit moins grande, l'unicité de leurs plans d'eau et le dépaysement que procurent la haute montagne et les grands espaces forestiers constituent une offre fort valable. Rappelons que deux (2) municipalités sont considérées comme centres récréotouristiques de second ordre, soit Saint-Jean-de-Matha et Saint-Côme.

 

 

 

4.3.3    Constats et perspectives relatifs aux réseaux de randonnée

 

Au-delà du fait que les réseaux de randonnée représentent des infrastructures de base essentielles au développement de la fonction récréotouristique en Matawinie, on constate que le rôle joué par le milieu municipal a été relativement effacé jusqu’à maintenant, la municipalité étant, avant tout, perçue comme un bailleur de fonds. La création des parcs régionaux, incluant le Sentier national, amène cependant une implication beaucoup plus grande, de même que celle de la MRC. La relance de l’objectif de rendre permanents les sentiers tant motorisés que non motorisés pourrait aussi se traduire par une participation plus importante des municipalités locales.

 

 

4.3.3.1      Accroître les efforts pour une meilleure planification de l’aménagement des réseaux de sentiers

 

Depuis deux (2) ans déjà, la direction régionale du ministère des Ressources naturelles territoire a travaillé à l’élaboration d’une planification intégrée de la randonnée avec les divers intervenants concernés par le territoire public. Les clubs de quad, en particulier, ont participé à cet exercice pour leur permettre de créer un réseau permanent qui relierait les grandes agglomérations aux territoires récréatifs de Saint-Michel-des-Saints. La MRC était présente à ces réunions par le biais du Service d‘aménagement, ce qui a permis de situer ce cheminement en relation avec la réalisation du présent schéma.

 

L’ensemble des intervenants s’entend sur la nécessité des sentiers permanents. On s’entend également sur la définition de ces sentiers sur la base d’un système de classification fonctionnel semblable à celui appliqué pour le réseau routier. Ainsi, seuls les sentiers interpôles seraient désignés comme permanents. Quant à la notion de permanence, celle-ci pourrait être traitée différemment dans les vastes territoires forestiers situés plus au Nord et viser essentiellement la desserte entre deux (2) points, ce qui permettrait encore la mouvance des sentiers. Aussi, les contributions du MRN via les volets 2 se limiteraient strictement à l’aménagement des sentiers dits permanents.

 

À un premier niveau, il va devenir primordial que le prochain Schéma d’aménagement dispose d’un contenu à la fois clair et suffisant pour assurer l’aspect fonctionnel des systèmes et l’harmonisation aux affectations du territoire et à la sensibilité des milieux. Cette recherche de concordance est essentielle à un développement durable de ces réseaux.

 

Le Schéma d’aménagement va, aussi, devoir définir les modes de permanence, à savoir par servitude de droit de passage qui requiert un loyer, par l’expropriation qui requiert l’achat du terrain ou, encore, par l’assurance de la desserte entre les points A et B en territoire essentiellement forestier.

Il conviendrait également de clarifier le niveau de l’implication municipale dans l’aide au développement de ces réseaux.

 

 

4.3.3.2      Le rôle primordial des instances publiques dans l’évolution de l’écotourisme en Matawinie

 

L’essentiel de l’avenir de l’écotourisme en Matawinie tient à l’offre que réussiront à constituer le parc du Mont Tremblant, les parcs régionaux et le Sentier national par rapport à cette gamme d’activités. La randonnée pédestre constitue la base de l’offre écotouristique et il s’avère que les territoires d’intérêts récréatifs représentent les lieux les plus pertinents pour y développer cette offre. Dans une perspective de permanence, cela soulève aussi la question de la rentabilité de ces équipements à caractère public du fait que les municipalités constituent les principaux bailleurs de fond pour les parcs régionaux et le Sentier national.

 

a)         La rentabilisation des activités des parcs régionaux

 

Les expériences récentes de la Forêt Ouareau et à la réserve faunique Rouge-Mattawin nous permettent d’avancer que la rentabilité de ces entreprises est directement liée à la capacité de l’offre d’hébergement rustique. Dans le cas de la réserve Rouge-Mattawin, la SÉPAQ a réussi à passer d’un budget déficitaire de 1,2 M $ par année à un bénéfice de 250 000 $ par la construction d’hébergement rustique permettant de soutenir une offre d’activités récréatives pendant toute l’année.

 

La question de la rentabilité demande à ce que soit mieux articulés les modèles de planifications considérés jusqu’à maintenant et faisant des parcs régionaux des pourvoyeurs d’équipements récréatifs pour le bénéfice des entreprises privées venant réaliser les bénéfices à la place des parcs régionaux.

 

En ce qui a trait au financement des activités écotouristiques, il va devenir important qu’à un premier niveau, les organismes bailleurs de fonds soient informés du fait que la randonnée pédestre constitue l’activité la plus structurante et que les parcs nationaux et régionaux devraient recevoir un traitement privilégié pour le soutient de ces activités, et ce, face à d’autres entreprises pour lesquelles la randonnée non motorisée constitue une activité d’appoint.

 

b)         La coordination souhaitée dans la planification et la promotion de l’écotourisme

 

Une fois que l’on a compris le rôle déterminent des parcs régionaux dans l’offre écotouristique en Matawinie, la question de la planification et de la promotion intégrée de l’écotourisme devient une question préoccupante. N’oublions pas que plusieurs activités, telles la descente de rivières en canot ou en rafting, l’escalade et la randonnée en vélo, de même que l’ensemble du domaine culturel, une fois amalgamés, vont constituer une offre globale des plus intéressantes. Voici quelques objectifs qui sous-tendent une telle perspective :

Ø     Assurer un minimum d’intégration dans la planification des parcs nationaux et régionaux et des entreprises spécialisées en écotourisme, en considérant la desserte routière et les réseaux de randonnée non motorisée comme liens intégrateurs;

Ø     Réaliser des activités de promotion associant les mêmes acteurs au sein de publications et d’évènements promotionnels communs.

 

 


4.4     LA GESTION DU TRANSPORT

 

L’identification et l’estimation de la capacité de support de nos infrastructures régionales représente un exercice fort pertinent dans la construction d’une plate-forme technique devant appuyer les orientations qu’un schéma d’aménagement doit contenir. Des contenus relatifs à l’utilisation de ces infrastructures sont également requis dans l’optique d’en prévoir une utilisation rationnelle. La sécurité routière, la gestion des corridors routiers et la planification des transports terrestres constituent de nouveaux volets de la planification régionale.

 

 

 

4.4.1    La sécurité routière

 

Le tableau 69 nous indique les tronçons de routes, par municipalité de la MRC, où se sont produits les accidents routiers entre 2000 et 2004. On y présente également la gravité des accidents. Ce type de données nous permet de cibler, de façon sommaire, quelles sont les portions de routes, selon chacune des municipalités, qui sont significatives de par le nombre et la gravité des accidents qui s’y sont produits récemment. Ce premier constat, quant à la sécurité routière, a également pour but d’évoquer quelles seraient les mesures d’intervention à préconiser afin de résorber la problématique d’accident sur ce qui semble être les tronçons routiers les plus dangereux.

 

Ainsi, d’après ce tableau, entre les années 2000 et 2002, plus de 16 accidents mortels se sont produits sur le territoire de la MRC. Ces accidents sont répartis sur l’ensemble du réseau routier, qu’il soit municipal ou régional.

 

Plus particulièrement, on relève certaines routes qui présentent des statistiques forts peu reluisantes quant à la quantité et à la gravité des accidents. Par exemple, on note que la moitié des huit (8) accidents mortels, qui se sont produits sur l’ensemble des routes régionales, ont été localisés sur la route 131, entre Saint-Félix-de-Valois et Saint-Michel-des-Saints. Cette route 131 compte également le plus grand nombre d’accidents graves et légers. On remarque également que la route 125 présentent des statistiques alarmantes sur les accidents.

 

En Matawinie, ces accidents identifiés sont reliés à plusieurs facteurs. Ainsi, on note une prolifération du nombre d’entrées privées sur les routes su réseau du MTQ. Les causes d’accidents routiers reliées à la vitesse excessive sur certains tronçons sont également des facteurs à prendre en considération. De plus, on note plusieurs déficiences géométriques associées à une configuration dangereuse de la chaussée.

 

 

 

4.4.2    Le transport collectif

 

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a produit, en décembre 1999, un rapport portant sur le diagnostic de la région de Lanaudière en matière de transport. Ce rapport dresse le portrait des transports dans la région et met en évidence les principaux éléments de problématique. Un des enjeux qui se dégage de ce rapport concerne l'importance de favoriser l'intégration et le développement des modes de transport collectif des personnes et de continuer à offrir des services de qualité au meilleur coût, tout en évitant les dédoublements entre services et en assurant une coordination entre les intervenants.

 

 

4.4.2.1      Le partage des coûts et des responsabilités

 

À l’échelle politique régionale, un désir de conserver la gestion du transport collectif dans Lanaudière a mené à l'Arrêté du ministre des Transports, en date du 19 décembre 2000, concernant la formation d'un comité de travail sur le transport collectif de personnes dans la région de Lanaudière. Ce comité avait pour mandat, notamment, de définir les besoins du transport local et régional, d'estimer les coûts de transport et la tarification des services et de proposer un partage des responsabilités et des contributions financières entre les municipalités membres dans le cadre d'un projet d'entente constitutive.

 

Le rapport d'étude réalisé par la Table des préfets de Lanaudière a mené à l'annonce par le ministre des Transports du projet pilote et à la création par décret du Conseil régional de transport de Lanaudière (CRTL). Ainsi, le conseil régional de transport est constitué pour une durée de trois (3) ans débutant à la date de l'adoption du décret; le CRTL est constitué des municipalités régionales de comté de D'Autray, Les Moulins, Joliette, L'Assomption, Montcalm et Matawinie. L'objet du CRTL est l'organisation d'un service de transport collectif de personnes sur l'ensemble du territoire de la région de Lanaudière.

 

Le CRTL exerce les pouvoirs attribués par la Loi sur les conseils intermunicipaux de transport dans la région de Montréal et aux conseils intermunicipaux de transport de son territoire. Suite à la création du CRTL, les MRC de la région de Lanaudière ont chacune déclaré leur compétence en matière de gestion des opérations du transport en commun et du transport adapté sur leur territoire.

 

 

4.4.2.2      Les nouveaux axes mis en place

 

Mentionnons que l’ensemble des réseaux de transport en commun convergent vers les deux (2) centres urbains que constituent Montréal et Joliette et sont planifiés en fonction d’horaires fixes et des grands axes routiers de la région. Plus particulièrement pour la MRC de Matawinie, un service de transport en commun, géré par le CRTL, dessert dix (10) municipalités matawiniennes selon trois (3) circuits d’autobus (axe Saint-Michel-des-Saints/Joliette/Montréal, axe Saint-Donat/Chertsey/Montréal, axe Rawdon/Joliette). Seules cinq (5) municipalités ne sont pas desservies et il s’agit de Saint-Côme, Saint-Alphonse-Rodriguez, Sainte-Béatrix, Saint Damien et Sainte-Marcelline-de-Kildare.

 


4.4.2.3      La mise en place du service de transport adapté

 

En ce qui concerne le transport adapté, la MRC de Matawinie prenait en charge ce service sur son territoire. L’objectif de ce service est de permettre aux citoyens vivant avec un handicap, de se déplacer en toute quiétude et de façon efficace et accessible, et ce, à coût raisonnable. Sur le territoire, plus de 600 usagers sont actuellement admissibles à ce service. Ajoutons à cela que le transport en taxi (entreprise privée) et le transport scolaire (commissions scolaires) sont des services qui assurent la desserte de l’ensemble des municipalités.

 

Une étude menée en 2001 fait état de la situation quant au transport en commun; celle-ci est disponible à la MRC.

 

 

 

4.4.3    Le transport par taxi

 

Le taxi est un moyen de locomotion pratique en milieu rural parce qu’il effectue le trajet qui répond précisément à notre besoin, mais onéreux parce que le client est seul à supporter les frais et aussi, parce qu’il y a généralement de grandes distances à parcourir. Considérant les tarifs de base ainsi que les frais fixes aux kilomètres, les zones de taxis sont généralement limitées à un territoire restreint. Toutefois, pour les personnes n’ayant que quelques courts trajets à effectuer sur une période mensuelle, il demeure que l’utilisation de ce service est beaucoup moins onéreuse que la possession d’une automobile.

 

 

4.4.3.1      Les municipalités disposant d’un service de taxi

 

En Matawinie, seulement neuf (9) municipalités bénéficient d’un service de taxi, pour un total de 12 entreprises et 18 véhicules circulant sur appel. Les municipalités pourvues de ce service sont : Saint-Félix-de-Valois, Rawdon, Saint-Michel-des-Saints, Saint-Donat, Saint-Jean-de-Matha, Chertsey, Saint-Alphonse-Rodriguez, Saint-Côme et Sainte-Marcelline-de-Kildare. C’est à Rawdon qu’on retrouve le plus de taxis, pour un total de cinq (5).

 

Une seule entreprise de taxis, localisée à Saint-Michel-des-Saints, fait le transport entre la réserve indienne Manawan et les divers centres urbains. De plus, cette même entreprise dessert les populations de Saint-Michel-des-Saints et de Saint-Zénon.

 

L’émission des permis de taxi relève de la Commission des transports du Québec et la règle veut qu’un seul permis soit délivré à une entreprise de taxi par 1 000 habitants recensés et que, de façon générale, un minimum de deux (2) soit émis par municipalité, et ce, peu importe le nombre d’habitants recensés.

 


4.4.4    Le camionnage

 

La problématique du camionnage revêt une importance particulière dans la MRC. Ce mode de transport des marchandises est intimement relié aux activités économiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la MRC. À cet égard, il apparaît opportun de présenter une carte représentant le réseau de camionnage  établi par le  ministère des Transports du Québec en 1997 (voir figure 30).

 

La carte du réseau routier actuel montre qu’il existe une déficience marquée des liens Est-Ouest. En effet, peu de routes de transit assurent le transport efficace des marchandises dans un axe Est-Ouest. Plus particulièrement, pour le transport interrégional du bois, deux (2) axes sont visés. Le premier relie Sainte-Agathe à Saint-Gabriel-de-Brandon, pour acheminer le bois soit à Trois-Rivières ou à Saint-Michel-des-Saints, et le deuxième, plus au Nord, reliant l’Annonciation à Saint-Michel-des-Saints.

 

La proportion de camions sur les routes est une donnée importante à considérer. Que ce soit au niveau de l’entretien des routes (le passage d’un seul camion équivaut au passage de plusieurs milliers d’automobiles) ou encore au niveau de la sécurité, les conflits entre ce type de véhicules et les autres usagers de la route et les populations riveraines iront en s’accroissant.

 

Il conviendrait donc que la planification municipale tienne compte du réseau de camionnage dans l’exercice de sa propre planification.

 

 

 

4.4.5    Le transport ferroviaire et aérien

 

Sur le territoire de la MRC de Matawinie se retrouvent cinq (5) infrastructures pour hydravions (hydroaérodromes) et quatre (4) infrastructures d’accueil pour avions. Les cinq (5) hydroaérodromes se localisent à Rawdon (lac Pontbriand), à Sainte-Béatrix (lac Cloutier), à Saint-Zénon (lac Saint-Louis) et à Saint-Michel-des-Saints (lac Kaïagamac et réservoir Taureau). De leur côté, les quatre aéroports se situent à Saint-Donat, à Saint-Michel-des-Saints et sur le TNO (lac Manawan et au Nord-Est du lac Kempt).

 

Une seule voie ferrée partant de Lanoraie, passant par Joliette jusqu’à Saint-Félix-de-Valois, traverse partiellement le territoire de la MRC. Cette voie ferrée est en partie la propriété de Bell Gaz ltée pour le tronçon entre Saint-Félix-de-Valois et Joliette, le distributeur de gaz propane étant le principal utilisateur de ce tronçon. En ce qui concerne le tronçon entre Joliette et Lanoraie, celui-ci appartient au Canadien Pacifique (CP). Mentionnons que cette voie ferrée constitue une liaison régionale qui rejoint la voie CP Rail longeant le fleuve Saint-Laurent.

 

Par ailleurs, sachant que le transport ferroviaire est devenu limité au profit du camionnage, il s’avère essentiel que l’aménagement du réseau routier tienne de plus en plus compte de la problématique d’accessibilité de la MRC liée au camionnage. La fonctionnalité, l’état des routes, la sécurité routière et le manque d’accès Est-Ouest demeure une préoccupation quotidienne du transport par camion dans la MRC de Matawinie.

4.4.6    Constats et perspectives quant à la gestion des transports

 

Lorsque l’on considère le contenu de l’ensemble de cette section sur la gestion des transports, trois (3) aspects retiennent plus particulièrement notre attention, soit la sécurité routière, le camionnage et le transport des personnes.

 

 

4.4.6.1      Améliorer la sécurité par une meilleure gestion de nos corridors routiers

 

Les problèmes de sécurité routière apparaissent fort nombreux sur nos routes. Une bonne part des accidents automobiles résulte des ralentissements effectués par l’achalandage riverain, sinon par les passages à niveau ou les virages aux carrefours.

 

Comme mesures d’aménagement, un meilleur contrôle de l’implantation riveraine aux routes principales, une réduction de la densité d’occupation et une limitation des activités commerciales sont autant de mesures à appliquer dans la recherche d’une plus grande sécurité des usagers de la route.

 

Le contrôle de l’implantation de nouveaux carrefours, voir la réduction du nombre de carrefours existants, représentent d’autres mesures efficaces contribuant à une plus grande sécurité.

 

 

4.4.6.2      Vers une plus grande maîtrise du camionnage

 

Aussi, la question du camionnage s’avère fort problématique du fait que les activités reliées à l’exploitation des ressources génèrent un camionnage incessant sur nos routes. D’ailleurs, le réseau routier local et une partie des routes de classe supérieure ne peut supporter le camionnage lourd.

 

Il conviendrait donc que le Schéma d’aménagement cible des solutions applicables par les municipalités locales, permettant une meilleure préservation de la chaussée et de la sécurité sur les routes locales.

 

Considérant l’importance du camionnage forestier et le rôle stratégique de l’axe du Grand Corridor quant à la réduction des distances de déplacement pour le camionnage et considérant également la mission récréotouristique de cet axe, il apparaît opportun que des objectifs soient établis pour assurer une traduction  optimale de ces préoccupations en terme de design routier.

 

 

4.4.6.3      Pour une optimisation de l’organisation du transport des personnes

 

Des étapes importantes ont été franchies au cours des cinq (5) dernières années visant une intégration des transports collectifs dans Lanaudière. Parmi les inconvénients qui viennent alourdir le fardeau du transport des personnes et qui n’ont pas encore trouvé de solution, mentionnons l’absence d’une connexion inter-urbaine efficace à la hauteur de Mascouche-Terrebonne.

 

Il conviendrait que le Schéma d’aménagement reconnaisse le rôle structurant pour l’organisation du transport public en Matawinie, de la gare intermodale devant recevoir le train de banlieue à Mascouche.

 

Le Schéma d’aménagement pourrait également tenter de traduire les modalités d’intégration des transports collectifs qui apparaissent les plus appropriées pour la Matawinie.

 

 

 


4.5     LES SERVICES À CARACTÈRE PUBLIC

 

L’implantation et l’exploitation de certains services publics dans un endroit donné, a une incidence directe sur l’aménagement du territoire. La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme demande aux MRC d’indiquer dans leur schéma d’aménagement, la nature des infrastructures et des équipements importants qui existent, ainsi que ceux dont la mise en place est projetée. Est considéré comme important, toute infrastructure ou tout équipement qui intéresse les citoyens et contribuables de plus d’une municipalité ou qui est mis en place par le gouvernement ou l’un de ses ministères ou mandataires, par un organisme public ou par une commission scolaire.

 

Majoritairement, les équipements sont associés à des services ponctuels sur le territoire. Les infrastructures se caractérisent plutôt par un tracé linéaire et impliquent un ensemble d’éléments le plus souvent constitué en réseaux. La présence ou l’absence des services et équipements publics est fortement reliée à l’importance du bassin de population desservi.

 

Un tableau synthèse présente la liste des équipements et infrastructures, ainsi que les municipalités où ils sont actuellement implantés. Le tableau 70 se divise en sept (7) groupes principaux, soit : l’administration régionale, les équipements et services éducationnels, la santé et les services sociaux, la sécurité publique, l’énergie et les communications et enfin, la classe autres. Cette partie consiste donc à détailler ce tableau selon chacune des classes relatées précédemment. Il est à noter que certains équipements et infrastructures sont absents du tableau. On pense, ici, au réseau routier et à la gestion des déchets, qui font l’objet d’une section distincte, étant donné leurs importances et les enjeux qu’ils soulèvent.

 

On brossera donc un tableau de la répartition des services à caractère public en soulignant l’implication des différents paliers de gouvernements et des offices paragouvernementaux. On fera ensuite un état de situation des services s’adressant plus directement à la personne.

 

 

 

4.5.1    Le contexte propre à l’offre des services publics municipaux

 

Le niveau des services municipaux dépend directement des revenus ou recettes générés par une municipalité ou des recettes provenant de transferts gouvernementaux. Les sources de revenu pour l’ensemble des 15 municipalités de la MRC, en 2001, se composent de 80,9 % de taxes, de 1 % de paiements tenant lieu de taxes, de 11,3 % d’autres revenus de sources locales et de 6,7 % de transfert, soit de subventions gouvernementales. L’ensemble des revenus de sources locales est la principale source de la municipalité puisqu’ils correspondent à 93,2 % des sources de revenus en 2001, comparativement à 85 % en 1983.

 

 

4.5.1.1      L’évolution des dépenses

 

En 2001, lorsque l’on considère l’ensemble des municipalités de la Matawinie, les quatre (4) secteurs qui génèrent le plus de dépenses sont, en ordre décroissant, le transport, l’administration générale, l’hygiène du milieu et la sécurité publique (voir figure 31). L’analyse du tableau 71 et du tableau 72 nous permet, par ailleurs, de constater l’évolution relative des dépenses par classe de services entre 1991 et 2001. De façon générale, on remarque que la proportion de budget allouée pour la classe sécurité publique s’est vue augmenté de 12,6 % en dix (10) ans alors que la proportion des dépenses allouées à la classe frais de financement s’est vue soustraite de 12,2 % pour l’ensemble des municipalités. On remarque également que l’ensemble des dépenses a atteint près de 34 millions de dollars en 2001, dans les municipalités, soit une augmentation de près de 32 % en dix (10) ans.

 

Par ailleurs, les indices de richesse foncière, d’effort fiscal et de dépenses per capita permettent de ressortir des spécificités de certaines municipalités de la MRC (voir tableau 72). Certes, la qualité des indicateurs économiques des municipalités est intimement liée aux modes de gestion utilisés. Toutefois, dans cette section, seules quelques caractéristiques sociales et physiques ont été retenues pour tenter d’expliquer les principaux indicateurs commentés.

 

 

4.5.1.2      L’indice de richesse foncière

 

Un indice de richesse foncière élevé peut s’expliquer par un marché foncier actif ou une valeur de bâtiment élevée. Les municipalités de forte villégiature sont souvent caractérisées par des indicateurs élevés puisque les chalets sont inclus dans le calcul de la richesse foncière et que la population de villégiateurs, pour sa part, n’est pas incluse dans le calcul. Donc les municipalités qui on un faible rapport permanent/saisonnier sont avantagées par cet indicateur.

 

Dans la MRC de Matawinie, en 2001, Saint-Donat apparaît comme la municipalité qui possède l’indice de richesse foncière le plus élevé. Incidemment, cette municipalité a un effectif élevé de population saisonnière possédant des chalets dispendieux. En revanche, Saint-Félix-de-Valois et Rawdon possèdent les indices de richesse foncière les plus bas de la MRC de Matawinie. Ces deux (2) dernières municipalités ont d’ailleurs le ratio permanent/saisonnier les plus élevés de la Matawinie (voir tableau 72).

 

 

4.5.1.3      L’indice d’effort fiscal

 

En ce qui a trait à l’indice d’effort fiscal faible pour une municipalité, celui-ci peut correspondre aux faibles recettes de taxes que reçoit cette dernière par rapport aux recettes des municipalités qui se situent dans la même strate de population. Un faible indice pour une municipalité peut aussi démontrer que l’indicateur de recettes de taxes est faible par rapport à l’évaluation imposable.

 

À l’inverse, si l’indice d’effort fiscal est élevé, cela peut signifier que les taxes sont élevées, mais dans plusieurs cas, il faut comprendre que ce n’est pas tant le niveau élevé de taxes que le bas niveau d’évaluation imposable ou d’autres particularités du marché foncier qui sont en cause. La municipalité qui possède l’indice d’effort fiscal le plus élevé de la Matawinie, en 2001, est Sainte-Émélie-de-l’Énergie et celle qui possède l’indice d’effort fiscal le plus bas est la paroisse de Saint-Félix-de-Valois.

 

 

4.5.1.4      Compréhension générale

 

D’autre part, un indice de dépenses per capita faible peut signifier que la municipalité offre peu de services ou réussit à en offrir à un bas coût. Tandis qu’un indice de dépenses per capita élevé peut signifier que la municipalité offre beaucoup de services à des coûts onéreux ou fournit des services aux chalets, compte tenu que les villégiateurs ne sont pas calculés dans la population permanente. La municipalité qui possède l’indice de dépenses per capita le plus haut de la MRC est Saint-Donat et celle qui possède l’indice le plus bas est Saint-Félix-de-Valois.

 

Mis à part les cas extrêmes, il n’existe pas de grandes disparités entre les municipalités de la MRC de Matawinie. Les indices, de façon générale, démontrent que les municipalités de la MRC sont en mesure de répondre financièrement aux besoins de la population.

 

 

 

4.5.2    Le contexte propre aux services gouvernementaux et paragouvernementaux

 

Tout comme les activités tertiaires d’ordre commercial, la présence ou l’absence des services et équipements publics est fortement reliée au bassin de population desservi et aux caractéristiques économiques des différents secteurs de la région.

 

L’implantation des services et des équipements publics est conséquente de la nature des activités prédominantes d’une région et des besoins particuliers de ses habitants. La municipalité régionale de comté de Matawinie, une région riche en ressources naturelles, mais qui n’est pas reconnue à ce titre, ce qui justifie ou commande l’implantation de services et d’équipements publics particuliers. Par exemple, une région fortement agricole attirera les bureaux régionaux du ministère de l’Agriculture, de même qu’une région forestière sera dotée des bureaux du ministère des Ressources naturelles.

 

Les équipements et les infrastructures de services sont majoritairement livrés par les organismes publics. Le gouvernement supérieur dispense les services relevant des choix de la société, nécessitant une redistribution de la richesse collective, une richesse qu’il puise davantage dans certaines régions que dans d’autres plus pauvres. Plusieurs services, tels que ceux relevant de la santé et de l’éducation, doivent être mis en place et maintenus par le gouvernement, en faisant abstraction jusqu’à un certain point des spécificités locales, et ce, pour assurer une qualité de vie et un niveau équitable d’éducation et de santé pour tous les Québécois.

 

Le gouvernement local répond à ses obligations légales en donnant certains services et cette offre municipale varie en fonction de sa propre richesse (capacité de payer) et de sa culture locale en terme de services municipaux. Cela entraîne donc certaines inégalités d’une municipalité à l’autre, car il y a les municipalités plus riches et les municipalités plus pauvres.

 


4.5.3    Les services à la personne en Matawinie

 

 

4.5.3.1      La santé et les services sociaux

 

Actuellement, deux (2) CLSC se partagent le territoire de la MRC. Il s’agit des CLSC D’Autray et de la Matawinie. Le CLSC D’Autray dessert une seule municipalité de la MRC, il s’agit du point de service de Saint-Gabriel-de-Brandon qui couvre le territoire de Saint-Damien. De son côté, le CLSC Matawinie comporte quatre (4) points de services, soit à Chertsey, Saint-Michel-des-Saints, Saint-Donat et Saint-Jean-de-Matha, pour le bénéfice de l’ensemble de la population de la MRC.

 

Plusieurs municipalités de la MRC comptent aussi des cliniques médicales qui regroupent plusieurs services (médecins, dentistes, optométristes, etc.). Par exemple, on retrouve des cliniques médicales de ce type à Saint-Donat, Rawdon, Saint-Alphonse-Rodriguez, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Michel-des-Saints. Chaque municipalité de la MRC est desservie par un service ambulancier. Il faut aussi noter que par la présence de son hôpital régional, Joliette constitue un pôle d’attraction majeur de la MRC de Matawinie au niveau des services de santé. Le nouvel hôpital construit à Lachenaie est aussi appelé à jouer un certain rôle à ce sujet.

 

Les centres d’accueil pour les personnes âgées se dénombrent à 16 sur le territoire de la MRC, soit six (6) à Rawdon, trois (3) à Saint-Côme, deux (2) à Saint-Donat, un à Saint-Michel-des-Saints, un à Saint-Félix-de-Valois, un à Entrelacs et un à Sainte-Béatrix. Aussi, certains autres petits hôpitaux localisés à Sainte-Agathe, l’Annonciation, Saint-Jérôme, Joliette et Berthierville, logent des personnes âgées.

 

 

4.5.3.2      L’éducation et « l’employabilité »

 

Seules les institutions primaires et secondaires sont existantes sur le territoire de la MRC de Matawinie. Chaque municipalité possède des institutions scolaires primaires. De leur côté, les institutions secondaires se concentrent à l’intérieur de cinq (5) municipalités de la MRC, soit trois (3) au village de Rawdon, une à Saint-Donat, une à Saint-Félix-de-Valois, une à Saint-Michel-des-Saints et une à la réserve Manawan (TNO).

 

Pour obtenir une scolarisation post-secondaire, la population de la MRC doit obligatoirement se rendre à l’extérieur de la MRC. Les Cégeps les plus près sont ceux de Joliette, Saint-Jérôme, Sainte-Thérèse, L’Assomption, Laval, Montréal ou Trois-Rivières. Pour leur part, les institutions universitaires les plus près se situent à Montréal, Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke. Il existe, toutefois, un centre écologique appartenant à l’UQAM sur le territoire non-organisé. La répartition des services en éducation entraîne inévitablement les jeunes, désirant obtenir une formation post-secondaire, à s’établir à l’extérieur de la MRC.

 

Pour ce qui est de l’employabilité, les municipalités de Rawdon et de Saint-Jean-de-Matha abritent des locaux du centre local d’emploi (CLE). Saint-Jean-de-Matha bénéficie également d’un Carrefour Jeunesse emploie principalement soutenu par le CLE.

 

D’ailleurs, il est à souligner qu’il subsiste plusieurs manques au niveau des formations offertes au Cégep de Joliette et aussi en région. Les formations techniques en tourisme et en techniques d’aménagement forestier multiressource apparaissent comme les plus évidentes.

 

 

4.5.3.3      Les loisirs communautaires et humanitaires

 

Les municipalités de la Matawinie participent au Conseil régional des loisirs de Lanaudière. En plus des services proprement locaux, on retrouve une régie intermunicipale des loisirs qui couvre le territoire du village et du canton de Rawdon. Au niveau des loisirs, comme de la culture et du tourisme, la MRC se trouve couverte par différents ministères qui regroupent principalement la région de Lanaudière.

 

Les bénéfices d’une bonne organisation des loisirs communautaires se manifestent au niveau de la consolidation de la fonction résidentielle et aussi, du sentiment d’appartenance. Cette présence organisationnelle est indéniablement rattachée à la définition qu’on se donne d’une bonne qualité de vie, particulièrement dans une optique d’intégration de la jeunesse, de la vieillesse ou des populations immigrantes.

 

On ne saurait, par ailleurs, réduire l’organisation du loisir à l’unique dimension passe-temps. En plus de l’épanouissement personnel, le loisir traduit un engagement social et, dans le contexte de la Matawinie, offre un pont entre le milieu social et la clientèle récréotouristique, voir, les nouveaux arrivants qui recherchent une expérience personnalisée.

 

 

4.5.3.4      Le domaine culturel

 

Les seuls équipements municipaux spécifiquement culturels et présents dans la plupart des municipalités en Matawinie sont les bibliothèques. Au niveau supralocal, on observe déjà une certaine diversité.

 

En nombre, ce sont les théâtres d’été qui sont les plus importants. Les municipalités de Sainte-Marcelline-de-Kildare, Saint-Jean-de-Matha et, occasionnellement, celles de Rawdon, Saint-Donat et Saint-Michel-des-Saints, bénéficient de l’ouverture saisonnière de tels établissements qui sont tous sous administration privée. Mentionnons que ces équipements sont étroitement associés aux régions de villégiature du Québec.

 

Par ailleurs, plusieurs évènements majeurs à caractère culturel couvrent une bonne partie de l’année. Mentionnons le Festival des Couleurs à Saint-Donat et Saint-Côme, le Festival des Métiers d’Art à Sainte-Marcelline-de-Kildare, le Festival de Sculpture sur Glace à Saint-Côme, le Festival Rivière en Chanson, toujours à Saint-Côme, et le Festival Rock à la plage de Rawdon.

 

Il existe aussi des équipement proprement municipaux, tels la Maison des arts et de la culture à Saint-Donat et le Centre multiethnique de Rawdon. La municipalité de Rawdon travaille aussi sur un projet d’aréna et de salle de spectacle qui permettrait la tenue d’évènements culturels sur quatre (4) saisons.

 

Pour les plus petites municipalités, il existe aussi des locaux communautaires destinés aux loisirs qui pourraient faire l’objet de travaux mineurs afin de permettre la tenue d’activités de création ou d’évènements locaux.

 

Dans l’élaboration d’une politique de développement culturel qui devient maintenant nécessaire de par les modifications apportées à la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, cet état de situation plutôt embryonnaire demandera d’être approfondi. Parmi les faits saillants de la Matawinie, il sera opportun de mettre à profit le fait que notre MRC est le principal lieu de résidence des artisans à l’échelle de la région de Lanaudière et qu’un grand nombre d’artistes y possèdent une résidence secondaire. La Matawinie, terre d’inspiration et de création, pourrait devenir un propos fort pertinent dans l’élaboration d’une telle politique. Ceci étant dit, mentionnons quelques éléments qui pourraient déjà constituer des objectifs de développement culturel.

 

Les théâtres d’été et les évènements à caractère culturel apparaissent déjà comme les points forts du domaine culturel en Matawinie. Dans le cadre d’un développement culturel mieux intégré,  il y aurait avantage à développer une programmation et une promotion coordonnée entre ces diverses manifestations de la culture.

 

Pour asseoir un développement culturel sur une base plus large, il conviendrait de créer des ateliers de création à caractère intermunicipal pouvant accueillir une centaine de visiteurs. Ces locaux serviraient à la fois à la formation et à la préparation d’évènements par la population locale et aussi, à la présentation d’artistes professionnels.

 

De tels équipements multifonctionnels pourraient opérer en réseau et serviraient donc à la fois de plate-forme aux créateurs locaux et à une plus grande pénétration d’artistes de calibre professionnel en région.

 

Mentionnons que dans un avenir plus ou moins rapproché, les parcs régionaux disposeront de centres d’interprétation du patrimoine naturel et anthropique et que des calendriers d’évènements à caractère historique ou scientifique spécifiques pourraient s’y tenir.

 

Comme dernière remarque, soulignons que la répartition de la population sur un vaste territoire va poser un défi important dans le financement et le fonctionnement d’équipements publics à caractère culturel. Par contre, dans la mesure ou les politiques de développement culturel, du communautaire et du tourisme, du moins en ce qui a trait aux équipements publics, sont élaborés sur un mode complémentaire, ce qui apparaît infaisable peut devenir réalisable. Une coordination, tant dans la gestion des équipements que des événements, apparaît donc comme une avenue beaucoup plus prometteuse que des approches isolées.

 

Ces diverses politiques de développement conjuguées apparaissent, d’ailleurs, comme principal réponse à la recherche et à la définition de l’identité régionale.

4.5.4    Les médias

 

 

4.5.4.1      Les médias électroniques

 

La MRC de Matawinie reçoit les signaux de la plupart des diffuseurs de radio et de télévision de Montréal. Aussi, les stations 103,5-FM de Joliette  et CIME-FM de Sainte-Adèle sont captées sur le territoire. À l’intérieur de la MRC de Matawinie, se retrouvent une station communautaire de radiodiffusion soit à Manawan (CHMK-FM).

 

Au niveau de la télé communautaire dans Lanaudière CTB-TVC - Saint-Gabriel est accessible dans la MRC, en plus des postes de télévision traditionnels. La câblodistribution sur le territoire de la MRC de Matawinie dessert de façon générale la plupart des unités localisées dans les noyaux villageois.

 

 

4.5.4.2      La presse écrite

 

La MRC de Matawinie connaît une représentation écrite par le biais d’hebdomadaires et de mensuels répartis sur l’ensemble de la région. Il existe un journal exclusif à la MRC tiré à 24 000 exemplaires distribué de façon bimensuelle. Seul le journal Le Régional couvre le territoire entier de la MRC en plus de ceux des MRC de Joliette, de Montcalm et D’Autray. Le journal L’Action, tiré à 42 000 exemplaires, est distribué hebdomadairement à travers quelques MRC de la région et plus spécifiquement, pour la Matawinie, dans les municipalités de Rawdon, Chertsey, Saint-Côme, Sainte-Béatrix, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Damien.

 

Le journal L’Expression tiré à 44 000 exemplaires est distribué hebdomadairement dans quelques MRC lanaudoises. Dans la MRC, ce journal est distribué à Chertsey, Rawdon, Saint-Alphonse-Rodriguez, Sainte-Béatrix, Saint-Côme, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha, Sainte-Marcelline-de-Kildare, Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints. Finalement, on compte aussi le Journal Altitude, tiré à 4 000 exemplaires, et ce, de façon mensuelle. Ce journal dessert le Nord-Ouest du territoire municipalisé de la Matawinie.

 

Bref, les journaux précédents traitent non seulement de la MRC, mais surtout, en terme de représentativité, davantage de la région de Joliette. D’autre part, plusieurs presses écrites traitant, par exemple, de la foresterie ou de l’agriculture peuvent aborder le territoire matawinien dans leurs articles.

 

 

 

4.5.5    Les services de sécurité publique

 

Les municipalités de la MRC sont couvertes par divers postes de la Sûreté du Québec localisés à Rawdon, Joliette, Saint-Michel-des-Saints, Saint-Donat ou Saint-Gabriel-de-Brandon. Découlant du ministère de la Justice, la Cour du Québec de Joliette couvre le territoire de Lanaudière, dont la MRC de Matawinie. Cette Cour offre aussi le service de cour des petites créances. De plus, on retrouve à Rawdon la cour municipale régionale à la préfecture de la MRC de Matawinie.

 

Mentionnons que toutes les municipalités sont desservies par un Service d’incendie municipal. De plus, les municipalités locales doivent développer, dans une optique d’ouverture avec leurs voisins, leur planification de sécurité incendie afin d’atteindre une plus grande efficacité organisationnelle, une utilisation plus rationnelle des ressources et des équipements, ainsi qu’améliorer la prévention.

 

À cet effet, la MRC de Matawinie doit donc compléter éventuellement le Schéma de couverture de risques incendie sur le territoire et par la suite, appliquer cette planification, et ce, en fonction d’un partenariat étroit avec les municipalités locales.

 

Mentionnons finalement que des techniciens ambulanciers assurent la sécurité des citoyens dans ce type de service, relié à la fois à la santé et à la sécurité publique. Afin de couvrir l’ensemble du territoire matawinien, les flottes d’ambulances sont basées dans les municipalités de Rawdon, Saint-Michel-des-Saints, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Donat.

 

 

 

4.5.6    La gestion des matières résiduelles

 

Depuis quelques années, la problématique de gestion des résidus s’est grandement modifiée. Avec comme faits marquants une conscientisation des populations à la récupération et au recyclage, le développement d’innovations technologiques dans les moyens de dispositions des déchets, la reconnaissance d’un coût social dans les analyses des moyens de dispositions des ordures et les changements législatifs en cette matière, incitent les intervenants à élaborer de nouveaux concepts. On vise, dans certains cas, à amoindrir les coûts et dans d’autres, à atténuer les effets néfastes sur l’environnement et les populations qu’entraînent la production et la disposition des résidus.

 

Dans le cadre du Schéma d’aménagement révisé de la MRC de Matawinie, il a été jugé opportun de résumer les constats du secteur de la gestion des déchets, tels qu’établis dans le Plan de gestion intégrée des matières résiduelles de la MRC de Matawinie adopté le 10 septembre 2003 et est entré en vigueur au mois d’avril 2004. Plus particulièrement, cette partie présente les constats actuels de ce secteur qui a servit d’assise à l’élaboration du plan de gestion, tel que présenté dans la partie Plan d’aménagement (voir chapitre 4, section 2).

 

 

4.5.6.1      Problématique propre à la Matawinie

 

Préalablement à l’établissement des constats sur la gestion des matières résiduelles, il importe de souligner que cette problématique est nourrie par quatre (4) réalités à la fois spatiales et sociologiques.

 

 

a)   En ce qui concerne la première réalité, l’éparpillement des résidents sur le territoire oblige les camions à ordure ou à récupération à parcourir de grandes distances, sans nécessairement desservir plusieurs résidences. Ce type de service entraîne des coûts de cueillette élevés aux gestionnaires municipaux ou prive tout simplement les citoyens de certains services.

 

b)   La deuxième réalité concerne l’éloignement des sites d’enfouissement sanitaire régionaux. Hormis Saint-Zénon, qui possède un dépôt en tranchée, les 14 autres municipalités doivent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres afin d’enfouir leurs résidus dans l’un des trois (3) lieux d’enfouissement sanitaire autorisés et situés dans des municipalités à l’extérieur de la MRC : Sainte-Sophie, Lachenaie et Sainte-Geneviève-de-Berthier. Les frais encourus par ces longs trajets font donc augmenter les dépenses des municipalités reliées à la gestion des résidus.

 

c)   La troisième réalité touche les fluctuations saisonnières de la population. Effectivement, durant certaines périodes de l’année, principalement l’été, le nombre de résidents double dans plusieurs municipalités. L’augmentation de la population entraîne nécessairement une production plus importante de résidus. Ceci pose certains problèmes, par exemple, au niveau de l’organisation des différentes collectes.

 

d)  Finalement, la dernière réalité régionale concerne la problématique de la disparité socio-économique entre la population saisonnière et permanente. En effet, ces deux (2) populations viennent de milieux socio-économiques (dualité urbaine vs rurale) parfois bien différents, ce qui laisse supposer qu’elles ont des préoccupations économiques, environnementales et sociales qui diffèrent également et qui devaient être considérées dans l’élaboration du Plan de gestion des matières résiduelles.

 

 

4.5.6.2      État de la situation

 

Sommairement, les constats quant à la gestion des résidus nous démontrent qu’en 2001, plus ou moins 150 688 tonnes métriques de résidus de toutes sortes ont été générés sur le territoire matawinien : 23 804 tonnes métriques pour le secteur municipal, 112 855 tonnes métriques pour le secteur des ICI et 14 029 tonnes métriques pour le secteur de la construction et démolition. À ces quantités, il est possible d’ajouter environ 40 891 mètres cubes de boues. Parmi la quantité de déchets municipaux, 20 286 t.m. ont été envoyées à l’enfouissement, 2 377 t.m. ont été recueillies par le biais de programmes de collectes sélectives et 1 089 t.m. ont été compostées.

 

a)         La gestion actuelle par catégorie de matières résiduelles

 

Les résidus domestiques dangereux

 

Depuis 1998, la MRC de Matawinie gère un service de prise en charge des résidus domestiques dangereux (RDD) pour l’ensemble de ses municipalités. Le service comprend un dépôt ouvert de façon saisonnière et une collecte municipale annuelle. En 2001, 25 tonnes métriques de RDD ont été recueillis par l’entremise du dépôt et des collectes. Ces résidus ont été pris en charge par différents récupérateurs et recycleurs qui les ont disposés de façon sécuritaire.

Les boues

 

Les boues produites sur le territoire matawinien proviennent de deux (2) sources : des fosses septiques et des stations d’épuration. Pour le premier groupe, les quantités de boues produites ont été estimées à partir du nombre de fosses septiques, de leur grandeur et du type de résidence (permanente ou saisonnière). Pour l’année 2001, environ 41 000 m3 de boues auraient été produits à partir de 30 981 fosses septiques, résidentielles et commerciales confondues. S’ajoutent à cette donnée, 854 m3 de boue provenant de dix (10) stations d’épuration (si ces boues étaient extraites annuellement).

 

Les matières consignées

 

Selon des données provenant d’un document produit par RECYC-QUÉBEC, 287 tonnes métriques de produits consignés auraient été vendues en Matawinie en 2000. De ce nombre, 213 tonnes métriques auraient été retournées aux commerçants dans le but d’être valorisées.

 

Les pneus

 

Les données sur la quantité de pneus récupérés et valorisés en Matawinie proviennent aussi de la base de données fournies aux MRC par RECYC-QUÉBEC. Pour l’année 2000, 231 tonnes métriques de pneus ont été déposées et recueillies afin d’être acheminées vers des centres de recyclage ou de valorisation.

 

Les industries, commerces et institutions (ICI)

 

Selon un sondage effectué auprès des ICI en 2001, 86 811 tonnes métriques de matières résiduelles produites auraient été recyclées et 26 044 tonnes métriques auraient été enfouies. Les matières résiduelles provenant des ICI sont produites essentiellement par les entreprises forestières.

 

Les matériaux secs

 

En Matawinie, nous avons très peu d’information sur les quantités de matériaux secs produits par année. Toutefois, des calculs effectués par la firme Tecsult inc. estimaient à 14 029 tonnes métriques la quantité de matériaux secs générés par le secteur de la construction, rénovation et démolition pour l’année 2001. Ces matières sont dirigées, vraisemblablement, vers deux (2) dépôts de matériaux secs situés à Saint-Félix-de-Valois (Généreux Construction) et à Sainte-Julienne (Matériaux secs inc.).

 

 

4.5.6.3      L’avancement de la collecte sélective

 

En 2003, huit (8) municipalités sur 15 avaient signé un contrat avec une entreprise privée pour la collecte des matières recyclables. À l’exception de deux (2) municipalités, qui sont dotées de dépôt volontaire, les autres recueillent les matières secondaires à la porte. Parmi les municipalités offrant la collecte porte à porte, trois (3) d’entre elles utilisent des bacs de
360 litres. Les autres utilisent soit des bacs de différentes grandeurs ou des sacs. En tout, 28 245 résidences et 341 commerces sont desservis par une collecte sélective porte à porte.

 

En 2001, les quantités recueillies étaient estimées à 2 377 tonnes métriques. Les matières recueillies dans les municipalités de Chertsey, Notre-Dame-de-la-Merci, Rawdon et Saint-Donat sont dirigées au centre de tri de Chertsey (Régie de traitement de déchet de la Matawinie). Tandis que les autres municipalités font traiter les matières secondaires recueillies au centre de tri de Joliette (Nord-Ben).

 

a)         Le Compostage

 

Sur le territoire matawinien, trois (3) municipalités offrent des collectes à trois voies (ordures ménagères, matières recyclables et matières compostables) et cinq (5) des collectes de résidus verts (feuilles et branches). Pour les trois (3) premières, les matières organiques sont recueillies à l’aide de bac de 240 litres et sont dirigées à l’usine de tri-compostage située à Chertsey (Régie de traitement de déchet de la Matawinie). Tandis que les cinq (5) autres recueillent les résidus verts par le biais de collectes spéciales qui ont lieu environ trois (3) fois par année. Les résidus verts recueillis à ces occasions sont dirigés vers différentes pépinières de la région.

 

En 2001, les municipalités de Rawdon et de Saint-Donat (à cette époque, seules ces deux (2) municipalités offraient la collecte à trois voies) ont recueilli 1 089 tonnes métriques de matières organiques qui ont été compostées et distribuées aux citoyens.

 

Pour l’instant, nous n’avons pas de donnée sur les quantités de résidus verts recueillies par les municipalités faisant partie de la Régie de l’Est pour une gestion intermunicipale des matières résiduelles de la Matawinie (RÉGIM).

 

b)         Le bilan de l’enfouissement

 

En 2003, sur 15 municipalités, neuf (9) gèrent elles-mêmes la collecte des ordures ménagères (municipalité ou Régie). Hormis la municipalité de Saint-Zénon qui enfouie directement dans son dépôt en tranchée, les résidus recueillis dans les autres municipalités sont transportés dans trois (3) sites d’enfouissement sanitaires situés à l’extérieur du territoire matawinien, soit à Saint-Thomas (EBI), Lachenaie (Usine de triage Lachenaie) et Lachute (Régie intermunicipale de traitement de déchets d’Argenteuil Deux-Montagnes).

 

Dans l’ensemble de la Matawinie, environ 33 221 résidences sont desservies par la collecte des ordures ménagères. Sur ce lot, seulement 2 % des établissements desservis par cette collecte font partie du secteur des industries, commerces et institutions. Pour le secteur résidentiel, le coût moyen par porte s’élève à 86 $. En 2001, les municipalités matawiniennes ont dépensé 2 334 961 $ pour le transport et l’enfouissement de leurs résidus. Finalement, pour l’année 2001, les municipalités ont fait enfouir 19 795 tonnes métriques de résidus dans les quatre (4) sites énumérés précédemment.

 

 


4.5.6.4      Les principes à respecter dans l’élaboration du Plan de gestion des matières résiduelles

 

Il s’impose d’évoquer les grands principes et objectifs que la MRC de Matawinie se doit de respecter avant la planification quant à la gestion des matières résiduelles sur son territoire. Ainsi, la réduction à la source, le réemploi, le recyclage, la valorisation (agronomique ou énergétique) et l’élimination doivent être privilégiés. On note également les enjeux suivants devant être considérés :

 

a)         La régionalisation

 

La régionalisation de la gestion des résidus vise à favoriser l’adoption de solutions spécifiques à chacune des régions. Ces solutions sont prises à l’échelle des municipalités régionales de comté, dans le respect des pouvoirs propres aux autorités municipales. Cette façon de procéder veut responsabiliser les acteurs régionaux en les faisant prendre part aux décisions.

 

b)         La responsabilisation des différents acteurs

 

À chaque palier décisionnel, il existe différents acteurs, que ce soit le gouvernement, les industries qui fabriquent les produits, la MRC, les municipalités, les citoyens, etc. Tous ces intervenants doivent assumer leur part de responsabilités. Ainsi, chacun doit contribuer à mettre en place, de façon complémentaire, les moyens nécessaires à l’atteinte des objectifs.

 

c)         L’autonomie municipale

 

Dans la mise en œuvre du plan, les municipalités désirent garder le contrôle plein et entier de la gestion des nouveaux services et équipements reliés à la gestion des matières résiduelles.

 

e)         L’éducation et la sensibilisation

 

La meilleure façon d’amener des changements durables dans les habitudes des citoyens, des gestionnaires et des chefs d’entreprises quant à leur façon de consommer et de jeter leurs résidus, est d’investir au niveau de l’éducation et de la sensibilisation. En effet, les gens ne changeront pas leur comportement tant et aussi longtemps qu’ils n’en seront pas profondément convaincus. Il faut donc leur expliquer les conséquences d’une mauvaise gestion des résidus et leur proposer des solutions de rechange à leurs anciennes habitudes.

 

 

 

4.5.7    Constats et perspectives relatifs aux services à caractère public

 

Au niveau municipal, certains services, tels que la gestion des déchets et de la salubrité, peuvent être jugés essentiels. En ce qui a trait aux autres équipements et infrastructures de services, ils dépendent directement des volontés locales et de la capacité de payer des communautés. Les municipalités sont, elles aussi, aux prises avec des contraintes budgétaires importantes. Les besoins sont illimités, alors que les ressources sont fortement limitées. Dans la mesure où les municipalités de la MRC enregistrent des hausses de populations importantes et que le gouvernement déconcentre continuellement ses obligations en termes de services, sans compenser monétairement pour les dépenses additionnelles, cette réalité prend une importance capitale dans les choix de développement et les priorités d’aménagement.

 

Longtemps ces facteurs de localisation des institutions et des services dits « locaux » ont prévalu. Toutefois, aujourd’hui, au nom de la rationalisation économique, nombre de points de services gouvernementaux sont fermés en région pour être relocalisés dans les grands centres, en fonction uniquement des concentrations de population. Pour la Matawinie, ces relocalisations se sont faites au profit des villes de Joliette et de Montréal, ce qui oblige les utilisateurs à se déplacer vers les grands centres. Ainsi, on ne peut plus prétendre à des choix de localisation des services gouvernementaux en fonction des particularités régionales; ils sont plutôt fondés sur les impératifs de rationalisation économique. Bien qu’il soit irrationnel d’exiger un bureau régional de chacun des ministères en Matawinie, il demeure fondé d’espérer trouver dans ces institutions des interlocuteurs préoccupés et connaissant les populations matawiniennes et leurs spécificités afin d’y répondre adéquatement.

 

À un autre niveau, plusieurs entreprises privées qui oeuvraient, hier, dans le domaine des services publics dans un contexte de compétitivité, ne peuvent plus supporter celle-ci et disparaissent une à une. Au-delà de ces tendances, qu’il s’agisse d’entreprises publiques ou privées oeuvrant dans le domaine des services publics, il est permis de souhaiter le maintien, voir, l’amélioration des services en place. Ces préoccupations fort importantes dans la définition de la qualité de vie des citoyens sont au cœur du discours sur la ruralité.

 

Dans un pareil contexte, qu’on se situe du niveau municipal ou du niveau gouvernemental, on aurait avantage à s’ouvrir à l’idée d’un regroupement de l’offre plutôt que de voir cette offre disparaître.

 

Le Schéma d’aménagement pourrait donc établir une direction générale en ce sens via l’établissement de sa propre politique de la ruralité.

 

La MRC pourrait établir un premier bilan, à savoir qu’à court terme, il y a les secteurs où ce regroupement pourrait être facile à faire et il y a d’autres secteurs où cela peut s’avérer difficile, mais nécessaire.

 

Ce bilan permettrait de proposer une première liste de secteurs prioritaires à partir de premiers constats. Ainsi, à court terme, la MRC pourrait, par la suite, inviter les différents partenaires pour confirmer ce premier bilan et définir avec eux les domaines où ce regroupement de l’offre apparaît le plus pertinent.

 

Mentionnons qu’une telle démarche a déjà été amorcée dans certains secteurs, tels le transport collectif et la gestion des matières résiduelles.

 


4.6     CONSTATS ET PERSPECTIVES RELATIFS À L’ORGANISATION RÉGIONALE

 

Cette quatrième section permet de compléter le tour d’horizon entrepris pour caractériser notre organisation territoriale. Plus spécifiquement, nous visons le dynamisme de nos entreprises des secteurs secondaires et tertiaires, le niveau de service de nos systèmes de transport et de communication, de même que l’ensemble des services à caractère public et à rayonnement intermunicipal et régional. Nous en tirons plusieurs constats généraux, à partir desquels il nous est possible de définir des perspectives globales d’aménagement et de développement pour les années futures.

 

 

 

4.6.1    Œuvrer au développement d’une structure économique soutenant le développement durable de nos milieux

 

 

4.6.1.1      Rechercher l’optimisation des forces du milieu plutôt qu’une trop grande concentration

 

On retiendra, comme premier constat, que la plupart des municipalités de la Matawinie prises une à une, présentent d’importantes carences en ce qui a trait à leur structure économique,  mais que prises ensemble, elles constituent un tout très intéressant, pour ne pas dire complet.

 

Dans une perspective d’amélioration de notre cadre économique, il pourrait donc s’avérer utile de référer à la classification des centres d’activités réalisée à la section 4.1 du présent chapitre. Ces compréhensions sont de nature à appuyer une mise en place efficace de stratégies visant un développement durable.

 

Plus particulièrement pour les secteurs récréotouristiques, manufacturiers et industriels, l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies sectorielles, selon les potentialités géo-économiques de la MRC, pourraient pallier les impacts négatifs liés au marché du travail parfois trop restreint dans certaines municipalités, à la mono-industrialisation, aux conjonctures économiques de récession, à la fermeture d’entreprises, etc.

 

 

4.6.1.2      Mieux soutenir le secteur industriel par des stratégies appropriées

 

Une croissance du secteur secondaire est survenue au cours des 20 dernières années. Cette croissance s’est traduite par une certaine déconcentration des activités sur le territoire. Par ailleurs, on observe une certaine faiblesse de la structure industrielle même dans les municipalités mieux positionnées. Des emplois indirects peuvent être perdus à l’avantage des régions avoisinantes pour cette raison.

 

Une stratégie sectorielle tenant compte de notre dynamique spatio-économique, ferait en sorte que la transformation et l’exportation s’effectueraient non seulement au niveau des produits intermédiaires, mais aussi au niveau  des produits finis.

 

Dans l’optique de récupérer le plus possible d’emplois en Matawinie, il conviendrait de favoriser l’implantation d’industries de deuxième et de troisième transformation.

 

 

4.6.1.3      Un meilleur maillage entre récréotourisme et culture

 

L’exercice de révision du Schéma d’aménagement permet de constater jusqu’à quel point le récréotourisme constitue la principale particularité régionale et qu’en conséquence, le concept de circuit récréotouristique peut être investi d’une double mission, soit tout d’abord, celle de la consolidation et de la diversification économique et ensuite, celle de la valorisation de notre patrimoine et d’un meilleur enracinement de notre identité régionale.

 

a)         Que faire quand il pleut ?

 

Il s’agit là d’une question fort inquiétante lorsque l’on est préoccupé par la qualité des séjours de nos visiteurs et de nos résidents. Les activités de plein air abondent, les établissements de restauration et d’hébergement aussi. On est loin d’observer une telle diversité en ce qui a trait aux activités culturelles.

 

Il conviendrait donc d’encourager le développement d’activités à caractère culturel en complémentarité aux activités touristiques sur une base générale.

 

Aussi, le concept d’organisation régional pourrait désigner les pôles et les centres récréotouristiques comme étant des lieux où l’on encourage une « gamme » plus complète d’activités à caractère culturel.

 

b)         Pour un renforcement de notre sentiment d’appartenance

 

Une meilleure connaissance et une meilleure diffusion de nos particularités en terme d’histoire naturelle et humaine apparaissent comme un contenu essentiel à la définition de nos produits touristiques, mais aussi au façonnement de notre identité régionale.

 

Il conviendrait donc d’entreprendre certaines actions visant une meilleure connaissance et une meilleure diffusion des faits d’histoire naturelle et d’histoire humaine. Nos écoles primaires et secondaires, la place de l’église et les parcs régionaux apparaissent des entités aptes à  assumer ces missions.

 


4.6.2    Établir nos priorités d’actions et les bénéfices escomptés en matière d’infrastructures de transport et de communication

 

 

4.6.2.1      En ce qui concerne le système routier 

 

Le premier Schéma d’aménagement accordait une large place à la réorganisation du système routier. Il convient maintenant de mieux traduire les résultats attendus de l’amélioration de ces différents axes.

 

a)         Les perspectives propres aux axes Nord-Sud

 

Les axes Nord-Sud assurent la connexion de base de l’ensemble de nos municipalités avec les grandes agglomérations situées plus au Sud. Il s’agit d’une interdépendance vitale sur l’ensemble des considérations socio-économiques. Mentionnons que l’aménagement d’une autoroute devient une préoccupation en terme de planification à partir du moment où le flux de circulation dépasse les 10 000 véhicules/jours (jma). Pour la Matawinie, cela signifie éventuellement la route 125 jusqu’à Chertsey et la roue 131 jusqu’à Sainte-Émélie-de-l’Énergie.

 

Les axes 125 et 131 constituent, en ce sens, les deux (2) principaux axes routiers de la Matawinie. Il conviendrait donc que toute forme d’occupation riveraine fasse l’objet d’une approche très restrictive pour assurer à court et moyen terme, un maintien vital du niveau de service.

 

Il est clair, par ailleurs, que des améliorations substantielles doivent être apportées à ces deux (2) routes et les récents exercices de planification du ministère des Transports du Québec en témoignent largement. Différentes études de tracé et des définitions de priorités ont déjà été produites. Voici les éléments qui demandent d’être rappelés dans le cadre du présent Schéma d’aménagement et visant à assurer une planification de ces axes en concordance étroite avec les prérogatives régionales d’aménagement et de développement de la Matawinie.

 

En ce qui concerne l’autoroute 25, il importe à un premier niveau, que la planification du Ministère assure la connexion entre les villages de Saint-Esprit et la section d’autoroute déjà construite au Nord du village de Chertsey.

 

Aussi, les deux (2) tracés actuellement à l’étude au Ministère pourraient tous deux (2) avoir pour conséquence de déclasser Rawdon au bénéfice de Sainte-Julienne. Le nouveau tracé, qui a fait l’objet d’expropriation à partir de Saint-Esprit, longe la route 125 du côté Est, et ce, depuis le carrefour de l’autoroute 640 à Terrebonne. Hors, après être passé à la hauteur de l’agglomération de Sainte-Julienne, il passe du côté Ouest de la route 125 pour suivre la vallée de la rivière Saint-Esprit.

 

Ce tracé représente un raccourci d’environ deux (2) ou trois (3) kilomètres en direction de Saint-Donat, mais a pour conséquence de l’éloigner drastiquement de l’agglomération de Rawdon. Il devient alors impossible de profiter de la présence de la nouvelle autoroute pour renforcer le positionnement de Rawdon à l’égard des fonctions commerciales et industrielles. Il s’agit là d’une discordance majeure avec le concept d’organisation régional et cela est d’autant plus insensé que Rawdon constitue la principale destination de l’autoroute 25 au Nord de l’autoroute 640.

 

Devant cette contradiction, le Ministère propose de doubler l’actuelle route 125 entre Saint-Julienne et Chertsey. Par rapport à Rawdon, cette solution est tout aussi inacceptable, car elle positionne, encore une fois, Sainte-Julienne au désavantage de Rawdon. Le premier Schéma d’aménagement avait, d’ailleurs, souligné cette incongruité et proposait un tracé qui apparaît toujours valable aujourd’hui. En somme, le tracé de l’autoroute 25 ne devrait pas emprunter celui de l’actuelle 125 uniquement après avoir franchi les hameaux résidentiels des lacs Régent, Claude et Rivest, soit plus précisément au Nord du carrefour du chemin Asbil à Rawdon.

 

Il importe donc pour l’autoroute 25, que le second Schéma d’aménagement remette de l’avant la proposition de tracé qui concorde avec le fait que Rawdon est appelé à devenir un centre de services à l’échelle de la grande région de Montréal et qu’il invite le ministère des Transport à participer à l’atteinte de cet objectif plutôt que d’y faire obstacle.

 

Soit dit en passant, il est maintenant reconnu de la part du ministère des Affaires municipales, que la MRC de Matawinie connaîtra une croissance démographique pour les 20 prochaines années encore, contrairement à ce que les projections statistiques laissaient entrevoir dans le contexte du dépôt du PSAR 1. Dix (10) autres MRC rurales du Québec connaîtraient un tel phénomène, dont Montcalm, et ce, dans le contexte où le Québec s’engagerait dans une décroissance au tournant de l’année 2010.

 

En ce qui concerne la route 131, les tracés autoroutiers considérés jusqu’à maintenant par le ministère des Transports se terminent à la hauteur du Premier Rang Ramsay à Saint-Félix-de-Valois. À un premier niveau, lorsque l’on considérera l’accroissement des flux de circulation, c’est plutôt l’axe de la route 347 qui devrait constituer le terme du raccordement.

 

À Saint-Félix-de-Valois même, le Deuxième Rang Ramsay qui correspond à la route 348, représente un point de raccordement beaucoup plus pertinent sur le plan fonctionnel. Aussi, la réalisation de la voie de contournement soulève la question de la performance du réseau routier au Sud de Saint-Félix-de-Valois. On sait que les dernières modifications du Schéma d‘aménagement de la MRC de Joliette ont pour conséquence d’affecter l’actuel niveau de service de la roue 131. Hors, ces choix vont en contradiction avec le fait de faciliter l’accès aux municipalités situées plus au Nord.

 

Dans un premier temps, il devient donc important que le second Schéma d’aménagement invite le ministère des Transports à se faire plus rassurant à l’égard du milieu régional de la Matawinie et qu’il situe la construction de l’autoroute 31 à la hauteur de Saint-Félix-de-Valois à l’intérieur d’un processus continu d’aménagement entre les routes 158 et 348.

 

Aussi, considérant la croissance continuelle des flux de circulation observés au niveau de la route 131, il conviendrait que le second Schéma d’aménagement mène à une plus grande conciliation des planifications entre le milieu régional et le ministère des Transport. Une planification traduisant le développement du système autoroutier jusqu’à la hauteur de la route 347 répondrait à cette prérogative.

 

b)         Les perspectives propres aux axe Est-Ouest

 

Par rapport aux lectures effectuées au premier Schéma d’aménagement, trois (3) nouveaux constats sont venus s’ajouter aux éléments de problématique en ce qui a trait à la faiblesse des liens routiers Est-Ouest. Tout d’abord, l’avènement du nouveau régime forestier mis en place par le ministère des Ressources naturelles a eu comme résultat que la Matawinie est devenue une région importatrice de bois. Les moulins impliqués se concentrent à Saint-Michel-des-Saints ou à proximité du Grand Corridor, de sorte que le transit du camionnage forestier doit emprunter le système routier Est-Ouest.

 

Deux (2) axes routiers sont plus particulièrement concernés, soit celui reliant l’Annonciation à la rivière Mattawin via Saint-Michel-des-Saints (lien entre les routes 15 et 155) et celui reliant Sainte-Agathe à Louiseville via Notre-Dame-de-la-Merci et Saint-Gabriel-de-Brandon (lien entre les autoroutes 15 et 40).

 

Bien que les Hautes Laurentides constituent l’espace récréotouristique offrant les meilleurs potentiels naturels de la grande région de Montréal, on observe globalement un sous-développement de ce domaine. Le diagnostique ?  Le réseau routier matawinien ne permet pas le développement d’un tourisme de transit.

 

L’axe qui répond le mieux à cette problématique d’un transit interrégional logique est celui du Grand Corridor occupé par la route 347. Cet axe permet de relier Sainte-Agathe à Louiseville passant au cœur des territoires municipalités de la Matawinie, ce qui permet de créer un circuit interrégional bien intégré à la grande région de Montréal. Il permet également un accès direct des populations des régions de Québec et d’Ottawa.

 

L’analyse du réseau routier actuel montre qu’il existe une déficience marquée des liens Est-Ouest. En effet, peu de routes de transit assurent le transport efficace des marchandises dans un axe Est-Ouest. Plus particulièrement, pour le transport interrégional du bois, deux (2) axes sont visés. Le premier relie Sainte-Agathe à Saint-Gabriel-de-Brandon pour acheminer le bois soit à Trois-Rivières ou à Saint-Michel-des-Saints et le deuxième, plus au Nord, reliant l’Annonciation à Saint-Michel-des-Saints.

 

La proportion de camions sur les routes est une donnée importante à considérer. Que ce soit au niveau de l’entretien des routes (le passage d’un seul camion équivaut au passage de plusieurs milliers d’automobiles) ou encore au niveau de la sécurité, les conflits entre ce type de véhicules et les autres usagers de la route et les populations riveraines iront en s’accroissant.

 

Dans les choix de planification amenés par le Schéma d’aménagement, il conviendrait de prendre en compte que l’axe du Grand Corridor est à considérer comme une route de classe nationale ou régionale.

 

Les municipalités situées dans l’axe Sainte-Marguerite/Chertsey et Saint-Jean-de-Matha se distinguent par la richesse des systèmes lacustre, par la nette prédominance de la villégiature et par sa proximité des grandes agglomérations du Sud. Plus spécifiquement, le réaménagement du chemin de l’Église à Chertsey, entre le pont du Gouvernement et le village, permettrait de récupérer une partie importante de la clientèle récréotouristique qui quitte la Matawinie via le chemin du lac Gratten et compte sur Sainte-Julienne comme lieu d’approvisionnement en service. La vocation de cette route en est donc essentiellement une de desserte intermunicipale à des fins résidentielles ou de villégiatures et de transit commercial.

 

Pour des raisons d’intégrité environnementale et de design routier, il n’apparaît pas nécessaire que cette route soit considérée pour les fins du camionnage en général, à l’exception de la circulation locale.

 

En terme de classification fonctionnelle, l’axe reliant les municipalités de Sainte-Marguerite-du-lac-Masson et Saint-Jean-de-Matha devrait donc être considéré comme une route de classe collectrice.

 

 

 

4.6.3    En ce qui concerne les infrastructures de randonnée, établir une planification visant à supporter la fonction récréotouristique dans une perspective de développement durable

 

Les différents liens de randonnée de classe régionale et nationale ont un rôle fort important à jouer dans le développement de la fonction récréotouristique, que ce soit les activités motorisées ou non motorisées. La randonnée motorisée est cependant plus exigeante en terme de structure de chaussée et génère des nuisances à différents niveaux sur le milieu. Comme il a déjà été mentionné, la randonnée non motorisée doit s’appuyer sur un réseau de sites d’intérêts naturels de qualité pour se développer, ce qui s’avère beaucoup moins important pour la randonnée non motorisée. Dans une perspective d’aménagement intégré et de développement durable, voici trois (3) aspects qui demandent d’être traités au Schéma d’aménagement.

 

Il importe donc que le Schéma d’aménagement accorde une attention particulière à l’élaboration des réseaux de randonnée bien aménagés et bien hiérarchisés pour que ceux-ci supportent le développement de nos pôles récréotouristiques.

 

Il importe donc que le Schéma d’aménagement limite l’accès de la randonnée motorisée aux territoires d’intérêts récréatifs, voir, relocalise les sentiers qui portent atteinte à un plein développement de la randonnée non motorisée dans ces territoires.

 

Il importe, par ailleurs, que le Schéma d’aménagement contribue à la permanence des réseaux de sentier de niveau national et régional, d’une part, pour préserver les segments qui répondent aux exigences mentionnées précédemment et aussi, pour sécuriser les usagers, de même que les entreprises implantées le long de ces réseaux.

 

 

 

4.6.4    Vers une gestion davantage intégrée du transport collectif

 

Plusieurs avenues sont proposées à l’égard de la gestion du transport, tout mode confondu. Compte tenu du fait que le premier Schéma d’aménagement traitait déjà de la question, la gestion des corridors routiers apparaît comme le sujet le plus simple à intégrer à la nouvelle planification. Par ailleurs, beaucoup de mouvements se dessinent autour du transport collectif. Diverses analyses ont donné lieu à des positions contradictoires entre la Matawinie et d’autres MRC de la région de Lanaudière.

 

Il convient que le Schéma d‘aménagement reprenne les approches proposées par le ministère des Transports dans la gestion des corridors routiers.

 

Il importe donc que le Schéma d’aménagement formule des directives d’aménagement et de développement propres à assurer une qualité et une rentabilité de service au plus grand nombre.

 

Dans la perspective d’une meilleure intégration, il convient que le Schéma d’aménagement appuie le projet de création d’une gare intermodale devant recevoir le train de banlieue à Mascouche.

 

 

 

4.6.5    Les services à caractère public, une réalité au centre de la définition de notre ruralité

 

Traditionnellement, les services à caractère public sont offerts par le gouvernement du Québec et les municipalités. Au cours des années, des sociétés paragouvernementales ont été créées et aussi, des entreprises privées se sont vues confier le mandat de participer à cette offre de services publics. Plus récemment, les MRC ont été impliquées dans la gestion des matières résiduelles, la sécurité publique et le transport collectif et la rénovation de logements. À cela s’ajoutent, aujourd’hui, plusieurs entreprises d’économie sociale.

 

Il devient donc de plus en plus complexe de délimiter ce champ d’activité et de le planifier, dans la mesure où le premier Schéma d’aménagement était pratiquement muet à ce sujet. De plus, des modifications récentes apportées à la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme vont faire en sorte que les schémas de troisième génération vont devoir intégrer des planifications à l’égard du développement économique, du développement environnemental, du développement communautaire et du développement culturel.

 

Pour assurer la meilleure continuité possible dans l’évolution des planifications régionales en matière de services publics, il conviendrait que le Schéma d’aménagement positionne de façon valable la question des services publics dans le contexte de notre ruralité et que le concept d’organisation régional en fasse état.

 

Il conviendrait également d’établir une compréhension partagée entre les paliers municipaux, régionaux et gouvernementaux sur la question de l’accessibilité aux services publics par le plus grand nombre et de faire en sorte que le concept d’organisation régional traduise cette compréhension.

 

Enfin, il y aurait lieu de recourir, dans la mesure du possible, aux quatre (4) nouveaux domaines nouvellement définis par la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme pour encadrer efficacement la planification des services publics, soit pour les secteurs de l’économie, de l’environnement, du communautaire et du culturel.

 

En ce qui concerne l’élaboration du concept d’organisation régional et le positionnement actuel de l’ensemble des municipalités, on observe une hiérarchie bien définie dans l’axe de la route 125 à cause du poids nettement plus élevé de Rawdon, ce qui facilite d’autant l’exercice des choix et la traduction de la notion de complémentarité.

 

Par ailleurs, dans la partie Sud de la route 131, on observe une certaine hiérarchie dans le positionnement des noyaux villageois entre Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha et Sainte-Émélie-de-l’Énergie, mais c’est davantage la complémentarité que semble marquer la répartition des fonctions économiques et des services à caractère public.

 

Il conviendrait que le présent Schéma d’aménagement établisse les balises qui contribuent à une polarisation souhaitable des fonctions économiques et des services publics, mais s’appuie aussi sur la notion de complémentarité qui permet d’optimiser la planification des différentes activités et l’accessibilité aux services.

 

Cette souplesse dans la future répartition des fonctions et des services pourrait, entre autre, s’appuyer sur une définition des différentes activités selon des niveaux définis comme locaux, intermunicipaux et régionaux.

 

Par ailleurs, il a été mentionné une importante déconcentration des activités économiques au cours des dix (10) dernières années. Il peut s’avérer qu’à certains égards, cette déconcentration soit souhaitable et qu’à d’autres égards, celle-ci ait un effet déstructurant.

 

Le concept d’organisation régional au Schéma d’aménagement devrait idéalement traiter de cette question pour s’assurer d’une optimisation du développement.

 

 


SECTION V      LA GESTION DE L’URBANISATION

 

 

 

La présentation du contexte d’intervention, à travers ce Schéma d’aménagement, implique une caractérisation du phénomène d’urbanisation en Matawinie. Cette section, qui élabore le portrait actuel de la gestion de l’urbanisation à l’échelle des municipalités locales, propose d’établir une représentation de l’occupation du territoire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des périmètres d’urbanisation. En fait, le contenu de la présente section vise à répondre aux attentes gouvernementales formulées à l’égard du Schéma d’aménagement en vertu de la loi (art. 16, L.A.U. 125). Voici un extrait de ce contenu :

 

« Pour fournir un juste diagnostique[…], il importe de caractériser adéquatement l’état du développement de chacune des concentrations urbaines, des développements résidentiels en milieu rural, et des secteurs de villégiature[…].

 

Il importe que le Schéma d’aménagement révisé puisse servir d’outil de gestion pour la planification du développement des municipalités. »

 

Pour en arriver à ces fins, la méthodologie retenue a consisté à réaliser une analyse spatiale quant à l’occupation du sol, et ce, de manière à construire une image du phénomène actuel d’urbanisation. Cette méthodologie, basée sommairement sur une étude du mode d’occupation de l’espace, permet de situer la croissance récente et prévisible pour les principales fonctions spatiales, telles que : les fonctions résidentielles, de villégiature, commerciales, industrielles, récréotouristiques et les fonctions spatiales vouées aux services publics. De plus, cette section a pour objectif d’orienter la délimitation des périmètres urbains et des hameaux résidentiels.

 

Plus précisément, dans le cadre de la réalisation du Schéma d’aménagement révisé, chacune des municipalités a reçu le mandat de colliger des données sur l’utilisation du sol dans le but de procéder aux analyses du phénomène d’urbanisation, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du périmètre urbain. Cette démarche entreprise en 1998 et 1999 visait, entre autres, à répondre aux orientations gouvernementales en matière de gestion de l’urbanisation.

 

À l’aide d’une grille d’usage élaborée par le Service d’aménagement de la MRC, les municipalités se devaient de cartographier l’utilisation du sol existant sur l’ensemble de leur territoire. Les classes d’utilisation du sol proposées permettent ainsi d’uniformiser l’occupation du sol pour l’ensemble de la Matawinie, d’établir des comparaisons entre les municipalités et facilite ainsi l’analyse du phénomène d’urbanisation. Voici donc les classes d’utilisation du sol qui ont été proposées à l’ensemble des municipalités :

Ø     Utilisation résidentielle : résidences permanentes et secondaires;

Ø     Utilisation commerciale : tous les commerces incluant ceux du secteur tertiaire;

Ø     Utilisation mixte : utilisation résidentielle et commerciale sur un même terrain;

Ø     Utilisation institutionnelle : parcs, églises, autres bâtiments et services publiques;

Ø     Utilisation industrielle : TPE (1 à 5 employés), PME et plus grandes entreprises;

Ø     Utilisation récréotouristique : camping, golf, base de plein-air, etc.;

Ø     Espaces vacants;

Ø     Espaces vacants non-constructibles : contraintes réglementaires.

 

Avec un peu de recul, il aurait été judicieux de proposer des classes d’utilisation du sol plus fines, c’est-à-dire, moins générales. En fait, différencier l’utilisation résidentielle à caractère permanent de celle à caractère secondaire (chalet) aurait été fort utile. De plus, il aurait été convenable de distinguer plusieurs types d’utilisations commerciales, comme par exemple les commerces de détail, de services et autres.

 

Toutefois, la distinction entre les TPE versus PME et plus grande entreprise a permis de bien évaluer le type d’utilisation industrielle dominant en Matawinie. De plus, la présence de l’utilisation récréotouristique est bien utile pour déterminer où sont les principaux équipements récréatifs et touristiques sur le territoire puisque ce secteur de l’économie est fort dynamique en Matawinie. En résumé, les cartes d’utilisation du sol issues de cette démarche ont été fort utiles pour l’analyse et la gestion de l’urbanisation.

 

Il est à souligner que la section contexte d’intervention qui porte sur le dynamisme socio-économique, constitue une introduction pour la présente section, en ce sens, qu’elle en fournit le contexte sociodémographique général en ce qui a trait à la croissance démographique, à la densité d’occupation du sol, aux mouvements migratoires, au phénomène de la villégiature, etc.

 

 

 

 

5.1     BILAN DE L’ORGANISATION ET DE L’OCCUPATION DU TERRITOIRE RURAL

 

L’habitat rural est caractérisé, à un premier niveau, en fonction de deux (2) paramètres, soit la densité et la vocation. Les secteurs plus denses où l’on observe une concentration d’habitations sont appelés hameaux. Ceux-ci sont délimités et ensuite, analysés pour les positionner par rapport à un classement hiérarchique faisant, entre autre, ressortir leur poids démographique respectif. À cause de leur importance stratégique, ces hameaux apparaissent sur la plupart des cartes du présent Schéma d’aménagement.

 

 

 

5.1.1    L’occupation rurale

 

Pour des raisons pratiques, la présente description porte sur les espaces ne faisant pas partie des périmètres d’urbanisation. L’espace rural peut être subdivisé en trois (3), soit un espace rural peu occupé, l’espace rural occupé et enfin, les hameaux.

 

 


5.1.1.1      L’espace rural peu occupé

 

Cet espace, qui domine au niveau des terres publiques, est rendu accessible grâce à des chemins d’accès aux ressources. Bien que les résidences isolées y soient pratiquement inexistantes parce que généralement interdites, on y retrouve néanmoins quelques entreprises associées à l’exploitation des ressources, telles les pourvoiries, voir, quelques hameaux isolés. Les blocs de lots privés non accessibles par un réseau de chemins de rang font aussi partie de cette catégorie. Cette situation est relativement fréquente en terrain montagneux. À partir de ces définitions, il devient relativement facile de déterminer l’espace rural accessible de l’espace moins accessible et de tirer une ligne entre les deux (2).

 

 

5.1.1.2      L’espace rural occupé

 

L’espace rural occupé se définit essentiellement à partir du réseau de chemins de rang associé à la colonisation et aux terres privées. Il comprend l’ensemble des lots généralement privés auxquels les chemins de rang donnent accès. Le milieu agricole appartient à cet espace. On y retrouve des résidences isolées, des entreprises agricoles et de petits ateliers contribuant au dynamisme rural.

 

 

5.1.1.3      Les hameaux

 

La délimitation des hameaux a pour but d’identifier les lieux où l’on retrouve une agglomération de dix (10) habitations ou plus, celles-ci étant fort nombreuses en Matawinie à cause du phénomène de la villégiature. Cette délimitation a pour effet de créer une enveloppe de part et d’autre d’une rue pour une profondeur d’une soixantaine de mètres mesurée à partir de la rue. Lors de la cartographie des hameaux faite sur des agrandissements au 1 : 5 000 de la carte du ministère de l’Énergie et des Ressources (1 : 20 000), une profondeur de 70 mètres a été appliquée pour tenir compte de la largeur de la rue, dont la représentation est faussée lors du changement d’échelle.

 

Lorsque le hameau est constitué d’une grille de rue, seul le périmètre extérieur est délimité en appliquant la même méthode. Il arrive aussi que certaines variations soient apportées à cette façon de faire. Ainsi, lorsqu’un chemin longe une pente modérée à forte, la limite du hameau passe par la route elle-même, rejetant ainsi les terrains situés côté montagne, pour n’inclure que ceux situés côté rive. Il en est de même pour les lacs de moins de 20 hectares où les terrains situés en deuxième rangée et non construits sont exclus du hameau.

 

Dans une perspective de gestion rationnelle de l’occupation du territoire à l’extérieur des périmètres d’urbanisation, les hameaux de villégiature vont occuper une place stratégique du fait qu’une large part de la croissance pourra encore être dirigée vers eux pour répondre aux besoins du développement de la villégiature.

 

 


5.1.1.4      Le panorama municipal de l’occupation du territoire

 

Nous allons maintenant faire une brève présentation de l’occupation des territoires municipalisés sur la base des deux (2) premiers niveaux d’occupation qui viennent d’être définis, soit peu occupé et occupé. On constate, tout d’abord, que le système de chemin de rang recouvre une bonne part des municipalités du Sud. L’organisation du relief se distingue par la prédominance des grands bassins et des vallées fluviales surélargies et impose peu de limites à l’occupation. Les municipalités de Saint-Félix-de-Valois, Sainte-Marcelline-de-Kildare et Saint-Jean-de-Matha sont les mieux pourvues à ce niveau, la presque totalité des lots originaires étant ainsi rendus directement accessibles.

 

Les autres municipalités pourraient être subdivisées sommairement en deux (2) autres classes, selon que plus de 50 % de l’espace ou moins de 50 % est rendu accessible.

 

 

 

5.1.2    La caractérisation des hameaux

 

La caractérisation des regroupements d’habitations situés à l’extérieur des périmètres urbains a été effectuée de deux (2) façons. D’une part, la MRC a travaillé sur des cartes au 1 :  5 000 afin de localiser tous les regroupements de plus de dix (10) habitations situés à l’intérieur des différentes limites agricoles. Elle a ensuite procédé à leur caractérisation. En tout, six (6) municipalités ont des îlots à l’intérieur de leur zone agricole. Il s’agit des municipalités de Rawdon, de Saint-Damien, de Saint-Félix-de-Valois, de Sainte-Béatrix, de Sainte-Marcelline-de-Kildare et de Saint-Jean-de-Matha.

 

D’autre part, le dénombrement et la caractérisation des hameaux ont été réalisés de concert entre les municipalités matawiniennes et la MRC. Chaque municipalité a analysé la carte du ministère de l’Énergie et des Ressources (1 : 20 000) de son territoire et a tracé une limite autour de tous les regroupements de dix (10) habitations et plus (hameau) situés à l’extérieur de son périmètre d’urbanisation. Par la suite, la MRC a uniformisé ces limites afin qu’elles atteignent un standard régional.

 

Les hameaux ont été caractérisés selon les six (6) critères suivants :

Ø     Le nombre d’unités d’habitations;

Ø     Les fonctions autres que résidentielles;

Ø     La présence de secteurs à occupation dense;

Ø     Le nombre de nouvelles constructions depuis dix (10) ans;

Ø     La présence de réseaux d’aqueduc et d’égout;

Ø     La valeur rurale présente.

 

L’analyse des milieux périurbain et rural de notre territoire nous a permis de constater qu’il existe 370 regroupements de dix (10) habitations et plus à l’extérieur des périmètres urbains. De ce nombre, 27 se retrouvent à l’intérieur des zones agricoles, c’est ce que nous appelons les îlots déstructurés, tandis que 343 sont localisés à l’extérieur du zonage agricole, il s’agit dans ce cas des hameaux. On retrouve en moyenne 25 hameaux d’habitations par municipalité, l’écart étant de 63 pour la municipalité de Chertsey et de dix (10) pour celle de Sainte-Marcelline-de-Kildare.

 

 

5.1.2.1      Taux d’occupation

 

Le calcul du taux d’occupation par regroupement d’habitations varie en fonction du type de regroupement. Dans un premier temps, l’analyse des îlots déstructurés s’est faite sur des cartes au 1 : 5 000 pour les municipalités de Rawdon, Sainte-Béatrix, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha, Saint-Damien et Sainte-Marcelline-de-Kildare. Les usages de chacun des îlots ont été identifiés. De cette façon, nous avons pu repérer le nombre de terrains consacrés à l’usage résidentiel.

 

Dans un deuxième temps, le nombre d’habitations par hameau a été calculé à partir des cartes au 1 : 20 000. Les informations qui ont servi à l’élaboration des cartes s’échelonnent sur quatre (4) ans, soit de 1992 à 1996. Cela signifie qu’il existe un écart de huit (8) à dix (10) ans entre les habitations dénombrées sur les cartes et la réalité. Hors, depuis dix (10) ans, le nombre de permis de construction émis à l’intérieur des hameaux et des îlots d’une municipalité ne dépasse pas 251. Ce chiffre relié à la municipalité de Chertsey surclasse de beaucoup le nombre de permis émis à l’intérieur des hameaux et îlots pour les autres municipalités; la moyenne étant de 86 permis par municipalité pour les dix (10) dernières années. Le fait que ces nouveaux permis soient répartis sur l’ensemble des hameaux d’une municipalité diminue l’écart entre nos données et la réalité.

 

L’analyse des données nous a permis d’apprendre qu’environ 72 % des hameaux et des îlots sont constitués de moins de 50 habitations (tableau 73). En effet, sur 370 regroupements, 138 (37 %) regroupent entre dix (10) et 20 habitations, tandis que les 127 autres (34 %) ont entre 21 et 50 habitations. La balance est composée de 49 hameaux (13 %) de 51 à 100 habitations ainsi que de 56 hameaux (15 %) de plus de 100 habitations.

 

Toute proportion gardée, la municipalité qui regroupe le plus grand nombre de hameaux de 100 habitations et plus par rapport au nombre total de hameaux dans sa municipalité est Saint-Alphonse-Rodriguez (tableau 74). Cependant, il n’y a pas de règle préétablie quant au nombre idéal d’habitations que doit contenir les hameaux ou les îlots. Cela dépend en grande partie de l’environnement dans lequel ceux-ci sont implantés. Par exemple, dans le cas où un hameau serait situé en bordure d’un lac, un nombre trop élevé d’habitations peut nuire à la capacité de support du lac. D’un autre côté, un très grand nombre de petits hameaux situés à l’intérieur de territoire d’intérêt autre que celui de la villégiature, peut nuire à l’harmonisation des différents usages se retrouvant en milieu rural, tels que la foresterie ou le récréotourisme.

 

 

5.1.2.2      Secteurs à forte densité

 

Les secteurs à forte densité ont été localisés par les municipalités lors de la caractérisation des hameaux. Ce travail n’a pas été effectué pour les îlots. Ces secteurs sont situés en milieu riverain et sont constitués de terrains de 30 mètres et moins en front. Généralement, ces terrains ne respectent pas la superficie minimale demandée en milieu rural qui est de 3 000 mètres carrés. Ils sont donc plus susceptibles de contaminer le lac ou le cours d’eau se trouvant à proximité.

Les données que nous avons nous indiquent qu’il y a au moins un secteur à forte densité à l’intérieur de 135 hameaux. Ces secteurs sont répartis à travers les 343 hameaux matawiniens. Ce qui signifie que plus de 39 % des hameaux sont plus vulnérables face à la contamination des eaux. Il est possible, toutefois, qu’un hameau ait plus d’un secteur à forte densité. Rawdon est la municipalité possédant le plus grand nombre de hameaux contenant des secteurs à forte densité. En effet, sur 36 hameaux, 20 possèdent une zone densément peuplée. Vient ensuite la municipalité de Chertsey avec 16 hameaux possédant un secteur densément peuplé sur 63 hameaux et Sainte-Béatrix avec 14 hameaux sur 24 hameaux (voir le tableau 75).

 

D’un autre côté, 85 % des hameaux de la municipalité de Saint-Jean-de-Matha présentent des secteurs à forte densité. De plus, les municipalités de Rawdon, Saint-Alphonse-Rodriguez, Sainte-Béatrix, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Félix-de-Valois ont, eux aussi, un taux supérieur à 50 %.

 

 

5.1.2.3      Nombre de nouvelles constructions depuis dix (10) ans

 

Le nombre de permis émis pour la construction de nouveaux bâtiments depuis dix (10) ans a été obtenu par le Service d’évaluation de la MRC de Matawinie. Ces permis ont été regroupés selon les huit (8) classes suivantes :

Ø     résidentiel (sans villégiature);

Ø     chalet;

Ø     industrie;

Ø     transport, communication et service public;

Ø     commercial et service;

Ø     culturel, récréatif et loisirs;

Ø     production et extraction de richesses naturelles;

Ø     immeuble non-exploité.

 

Dans le but de bien saisir la gestion de l’urbanisation à l’extérieur des périmètres d’urbanisation, nous avons divisé les nouveaux permis en trois (3) groupes. Les permis émis à l’intérieur des hameaux, à l’intérieur des îlots et ceux émis sur la portion résiduelle du territoire, c’est-à-dire, principalement le long des chemins de rang et des routes régionales. Entre 1991 et 2001, les municipalités matawiniennes ont émis, toutes catégories confondues, 2 045 permis pour la construction de nouveaux bâtiments à l’extérieur des périmètres urbains (tableau 76
et tableau 77). Au total, 93 % de ces permis étaient destinés à la construction de résidences permanentes et saisonnières. Toujours sur l’ensemble des permis émis, 61 % des nouvelles constructions ont été bâties à l’intérieur d’un regroupement d’habitations (60 % pour les hameaux et 1 % pour les îlots).

 

a)         Caractérisation des permis émis à l’intérieur des hameaux

 

Les hameaux se caractérisent par un nombre de bâtiments dont la fonction est majoritairement résidentielle. En fait depuis dix (10) ans, 96 % des nouvelles constructions sont des résidences permanentes ou saisonnières. Les informations tirées des permis corroborent la tendance indiquant une présence très faible des fonctions autres que résidentielle à l’intérieur des hameaux. En fait, durant cette période, seulement 47 permis destinés à la construction de bâtiments non-résidentiels ont été donnés. La moitié de ceux-ci étaient destinés aux fonctions commerciales, de services et d’exploitation des richesses naturelles.

 

b)         Caractérisation des permis émis à l’intérieur des îlots

 

L’examen des permis nous fait comprendre l’état quasi statique de la zone agricole matawinienne en matière de nouvelles constructions. En effet, il y a eu très peu de changement durant ces dernières années. En dix (10) ans, seulement 29 nouveaux permis ont été émis à l’intérieur des îlots du territoire agricole. De ce chiffre, 14 proviennent de la municipalité de Rawdon et six (6) de Saint-Félix-de-Valois. Toutefois, ces données restent muettes sur le nombre de nouveaux permis émis pour le reste du territoire agricole. Hormis ces données manquantes, cela démontre, en partie, l’efficacité de la Loi sur la protection du territoire agricole.

 

c)         Caractérisation des permis émis dans la portion résiduelle du territoire rural

 

En Matawinie, la gestion de l’urbanisation est divisée entre l’implantation de nouveaux bâtiments regroupés à l’intérieur des hameaux et des îlots et ceux dissipés sur le restant du territoire. Parmi les 788 permis émis à l’extérieur des hameaux, 694 sont d’origine résidentielle. Ce qui signifie que l’on retrouve environ 37 % des nouvelles résidences permanentes et saisonnières à l’extérieur des grands ensembles que sont les hameaux et les îlots. Il est même plutôt curieux de constater que près de la moitié des nouveaux chalets, bâtis depuis dix (10) ans, se retrouvent à l’extérieur des hameaux, donc à l’extérieur des zones où le potentiel de villégiature est à son meilleur.

 

Contrairement aux permis résidentiels, ceux émis pour la construction de bâtiments industriels, commercial, institutionnel ainsi que toutes les autres fonctions non-résidentielles, se concentrent principalement dans la portion dite résiduelle du territoire. Cela représente 53 permis émis dans les regroupements, contre 94 émis sur le reste du territoire.

 

En fait, hormis quelques permis reliés au commerce, il est plutôt sain de voir que de façon naturelle, les habitations tendent à se regrouper et les autres fonctions s’installent à l’écart, sur le reste du territoire. Ceci facilite l’harmonisation des usages en ne mélangeant pas des bâtiments pouvant causer des nuisances de ceux qui n’en causent pas. Reste seulement à canter cette tendance en ajustant les usages permis à l’intérieur de la grille de compatibilité des usages, ce qui est le propre du Plan d’aménagement.

 

 

5.1.2.4      Équipements d’aqueduc et d’égout

 

Nous avons très peu d’information sur les réseaux d’aqueduc et d’égout situés à l’extérieur des périmètres d’urbanisation. Ce manque d’information est probablement relié à la privatisation des réseaux. Néanmoins, il est possible d’estimer qu’il y a, sur le territoire matawinien, 76 réseaux d’aqueduc et huit (8) réseaux d’égout situés à l’extérieur des périmètres d’urbanisation (tableau 78). La majorité de ces réseaux ont été implantés par un propriétaire ou une association de lac afin de desservir les villégiateurs regroupés autour d’un même plan d’eau, tandis que d’autres desservent des camps de vacances ou autres équipements récréatifs. C’est pourquoi la plupart des réseaux hors périmètre sont de propriété privée. En effet, 66 réseaux d’aqueduc et six (6) réseaux d’égout sont du domaine privé comparativement à dix (10) réseaux d’aqueduc et deux (2) réseaux d’égout pour le domaine public. Toutefois, on remarque depuis quelques années la conversion de réseaux privés en réseaux publics, du fait que les municipalités sont en voie d’acquérir plus de responsabilités à cet égard.

 

En tout, les réseaux d’aqueduc alimentent en eau potable plus de 2 850 unités de logements, ce qui équivaut approximativement à 6 840 personnes. Les réseaux d’aqueduc privés desservent un plus grand nombre d’abonnés que les réseaux publics hors périmètres. En effet, 2 217 unités de logement sont branchées à l’ensemble de ceux-ci, soit une proportion de 78 %, comparativement à 633 pour les réseaux publics. Notons que le nombre d’unités branchées aux réseaux privés est incomplet puisque les informations ne sont disponibles que pour 59 des 76 réseaux dénombrés, contrairement à 100 % pour ceux à caractère public. D’un autre côté, nous savons que 65 unités de logement sont desservies par les deux (2) seuls réseaux d’égout publics hors périmètre de la Matawinie, tous deux (2) situés à Saint-Donat, tandis que nous ignorons le nombre d’abonnés branchés aux six (6) réseaux d’égout privés qui sont, quant à eux, tous localisés à Chertsey. Les données manquantes devront être complétées par les municipalités dans le cadre de la réalisation de leur Plan d’urbanisme.

 

 

5.1.2.5      Valeur rurale présente

 

Le développement de la villégiature repose en grande partie sur différentes valeurs rurales. Les citadins qui viennent peupler nos campagnes recherchent les lacs et rivières, les panoramas montueux, les paysages agroforestiers ou veulent tout simplement se rapprocher d’un équipement récréotouristique, tel qu’une station de ski.

 

En analysant l’environnement immédiat des hameaux et des îlots, il est facile de constater que la majorité d’entre eux se retrouvent en milieu riverain (lac et rivière). En fait, 267 hameaux et îlots sur 370 ont, au minimum, une valeur lacustre présente (tableau 79 et tableau 80).

 

En deuxième lieu, le développement résidentiel hors périmètre se fait surtout en milieu forestier. Toutefois, nous ne considérons pas cette valeur structurante pour le milieu rural puisque que ce type de développement résidentiel entre directement en compétition avec les développements des différents périmètres d’urbanisation et rend plus difficile l’harmonisation des usages en milieu rural. Nous constatons, néanmoins, la présence de 49 hameaux forestiers, dont sept (7) sont le prolongement de hameaux riverains.

 

Vient ensuite la valeur agroforestière avec 37 hameaux et îlots. Ceux-ci sont localisés majoritairement dans les municipalités situées dans les Piedmonts de la Matawinie. Les regroupements restants se divisent entre les valeurs panoramiques et les équipements récréotouristiques. Finalement, la valeur agricole a été accordée aux îlots se trouvant en zone agricole. Tout comme les hameaux situés en milieu forestier, cette valeur n’est pas, à proprement parler, considérée comme une valeur rurale structurante. Toutefois, puisque 16 îlots sont localisés au centre de la zone agricole dynamique, nous ne pouvions pas l’ignorer.

 

Finalement, suite à l’analyse des données, il est possible d’affirmer que la portion rurale de la Matawinie se caractérise par un développement résidentiel constitué de plus en plus de résidents permanents. En tout, 61 % des nouvelles constructions datant de dix (10) ans et moins se retrouvent à l’intérieur de regroupements d’habitations appelés îlots lorsqu’ils sont situés en zone agricole et hameaux lorsqu’ils sont à l’extérieur de la zone agricole. En tout, on retrouve 343 hameaux et 27 îlots répartis sur le territoire matawinien. Ces hameaux sont constitués à 72 % de 50 habitations et moins et se retrouvent dans 72 % des cas près d’un lac ou d’une rivière. Très peu de ces regroupements sont branchés sur un réseau d’aqueduc et d’égout.

 

Les fonctions non-résidentielles (commerces et services, industries, institutions, etc.) sont réparties principalement dans la portion résiduelle du territoire. Sur cinq (5) fonctions non-résidentielles, celle qui revient le plus souvent au cours des dernières années est la production et l’extraction des richesses naturelles et les commerces et les services. Mentionnons que face à cette diversification des activités en milieu rural, les Orientations gouvernementales devraient amener la MRC, par le biais de son Schéma d’aménagement, à resserrer les activités permises dans les différentes affectations du territoire afin d’augmenter l’harmonisation des usages.

 

 

 

5.1.3    Les fonctions commerciales et industrielles à l’extérieur des périmètres d’urbanisation

 

Lorsque l’analyse des hameaux a été effectuée par les municipalités, ces dernières ont marqué, selon un code couleur, les différents usages retrouvés à l’intérieur des 343 hameaux. Cela comprend principalement la fonction résidentielle, mais aussi les fonctions commerciale, industrielle, institutionnelle et récréotouristique (voir section 5.1 du présent chapitre). Pour ce qui est des îlots, la même analyse a été effectuée, mais cette fois par la MRC.

 

Hormis un hameau situé à Sainte-Marcelline-de-Kildare, dont la vocation est industrielle, tous les regroupements d’habitations ont une vocation résidentielle. C’est-à-dire que les terrains qui les composent sont occupés de façon majoritaire par des résidences permanentes et saisonnières.

 

Les commerces localisés à l’intérieur d’un hameau sont souvent de type primaire (dépanneur) ou reliés au récréotourisme (gîte, restaurant, etc.). En suivant un ordre de grandeur décroissant, 63 hameaux contiennent, au minimum, une fonction récréotouristique, 20 ont au moins une fonction institutionnelle, 18 ont une fonction industrielle et finalement, deux (2) hameaux ont deux (2) fonctions agricoles. Le tableau 82 illustre le nombre de hameaux touchés par au moins une fonction autre que résidentielle.

 

De façon générale, il est rarissime de trouver un hameau contenant plus de deux (2) fonctions autres que résidentielle. En fait, seulement trois (3) ont été répertoriés sur les 370 hameaux existants. Deux (2) d’entre eux sont situés dans la municipalité de Saint-Donat (tableau 81). Ils comprennent les fonctions commerciale, institutionnelle et récréotouristique. Un seul hameau accueille toutes les fonctions. Il s’agit de celui du lac Noir situé dans la municipalité de Saint-Jean-de-Matha.


5.2     BILAN DE L’URBANISATION AU SEIN DES PÉRIMÈTRES D’URBANISATION

 

L’objectif de cette section consiste à dresser un portrait de l’urbanisation à l’intérieur des périmètres d’urbanisation en vigueur dans les municipalités de la Matawinie. Il s’agit, en fait, d’évaluer le niveau d’occupation et d’utilisation du sol afin de déterminer, approximativement, les superficies constructibles disponibles. Cette analyse est utile afin d’évaluer si ces espaces constructibles suffisent pour répondre à la croissance anticipée à l’horizon de l’an 2011. En somme, l’objectif de cette section consiste à orienter la délimitation des nouveaux périmètres urbains qui relève de la section Plan d’aménagement. La base de cette analyse est bien représentée par la carte au 1 : 10 000 sur les périmètres d’urbanisation.

 

 

 

5.2.1    Bilan de l’utilisation du sol

 

Comme il en a été question à la section 5.1, les données recueillies par les municipalités en 1999 ont permis de produire une carte d’utilisation du sol à l’échelle du 1 : 5 000 pour chaque noyau villageois. Sur un fond matriciel, des couleurs différentes ont été attribuées aux terrains occupés selon l’utilisation du sol actuelle et non en fonction des affectations. Les tracés suivent généralement les lignes des propriétés des matrices graphiques, mais il est possible que certains grands terrains aient été séparés lorsqu’ils n’étaient que partiellement utilisés.

 

Puisque les données colligées par les municipalités dataient de 1999, des mises à jour ont été nécessaires pour mieux représenter la réalité en 2001. À partir de la base de données du Service d’évaluation de la MRC, les nouveaux permis de construction émis, depuis 1999 jusqu'au milieu de 2001, ont été ajoutés et une couleur leur a été attribuée selon le type d’utilisation. Ces informations ont été imprimées sur un plastique transparent pour les superposées à une orthophotographie aérienne à la même échelle (1 : 5 000).

 

L’utilisation de l’orthophotographie offre l’avantage de pouvoir détecter divers aspects de l’occupation du sol, tels les terrains utilisés à des fins d’entreposage, les sites d’exploitation de sable et gravier, les coupes totales récentes, les terrains en culture ou en friche, etc. Son utilisation permet également d’apporter des corrections à certains tracés de rue apparaissant à la matrice graphique et pouvant contenir certaines erreurs de positionnement. En somme, les résultats obtenus à l’aide de cette analyse spatiale, représentent relativement bien l’occupation des périmètres urbains vers le milieu de l’année 2001.

 

 

 

5.2.2    Délimitation des aires urbaines par grandes fonctions

 

Suite à la confection et à la mise à jour de la carte d’utilisation du sol des périmètres d’urbanisation, il est apparu pertinent d’identifier certains regroupements typiques se retrouvant dans la majorité des noyaux urbains de la Matawinie. En fait, la délimitation des aires qui englobent des activités et des utilisations du sol similaires, s’imposait afin d’évaluer l’espace disponible à la construction pour les grandes aires urbaines.

 

On remarquera que cette délimitation s’apparente étroitement, pour quatre (4) des cinq (5) aires urbaines, aux affectations produites par les municipalités puisque les documents d’urbanisme respectifs à chacune de celles-ci ont servi de base à cet exercice. En effet, malgré quelques modifications aux limites apparaissant sur les plans de zonage, les limites des aires urbaines identifiées sont généralement les mêmes qu’au plan de zonage des municipalités.

 

En revanche, la définition (les catégories) des aires urbaines, identifiées aux multiples plans de zonage, diffèrent d’une municipalité à l’autre, rendant une analyse globale beaucoup trop complexe. Afin d’uniformiser le traitement des données et faciliter la compréhension, il nous est apparu nécessaire de définir des types d’aires urbaines qui peuvent s’appliquer à l’ensemble des municipalités. Souvent, l’appellation des aires urbaines diffère entre les municipalités, mais le contenu, c’est-à-dire, l’agencement entre les différentes utilisations du sol, est relativement semblable. C’est pourquoi nous avons, d’abord, défini quatre (4) types d’aires urbaines qui représentent bien la réalité de l’occupation et de l’utilisation du sol de l’ensemble des périmètres urbains de la Matawinie. Un cinquième type d’aire urbaine a ensuite été ajoutée.

 

1.   Aire urbaine résidentielle : il s’agit de zones où les constructions résidentielles et de villégiature prédominent nettement sur les autres utilisations du sol. Toutefois, il est possible d’y retrouver d’autres types d’utilisation, mais dans une moindre mesure.

 

2.   Aire urbaine commerciale mixte : peu importe le nom qu’elles portent aux différents plans de zonage, ces aires urbaines se retrouvent dans toutes les municipalités. Elles se localisent souvent autour des artères principales des noyaux villageois. Il s’agit de zones où l’on observe principalement un entremêlement de fonctions résidentielle et commerciale, mais aussi de façon sporadique, de fonctions institutionnelle, industrielle et récréotouristique.

 

3.   Aire urbaine institutionnelle : ce type d’aire urbaine est utilisé, a priori, par des fonctions institutionnelles, telles que les parcs, hôtels de ville, églises, services publiques et autres occupations à caractère communautaire. Dans certains cas, des résidences peuvent s’y retrouver ainsi que des équipements récréotouristiques à tenure publique.

 

4.   Aire urbaine industrielle : la superficie utilisée de ces aires urbaines est prédominée par une utilisation à caractère industrielle, mais des maisons, des commerces et d’autres bâtiments situés à proximité y sont, dans certains cas, inclus.

 

5.   Aire urbaine de préservation : il a été jugé pertinent d’ajouter une cinquième aire urbaine à l’établissement du bilan de l’urbanisation, qui constitue une prémisse à la délimitation des nouveaux P.U. Précisément, la nouvelle catégorie concerne l’identification d’espaces voués à la préservation, c’est-à-dire, des espaces destinés à être conservés et/ou valorisés pour leurs valeurs patrimoniales (naturelles et anthropiques). Cette catégorie a été conceptualisée, analysée et intégrée à la planification de la gestion de l’urbanisation des P.U. C’est en fonction d’enquêtes de terrain et de diverses analyses spatiales qu’ont été localisés ces espaces de préservation.

Ce type d’aire n’a été pas soulevé dans le premier Schéma d’aménagement de la MRC et n’était pas explicitement identifié sur les plans d’urbanisme des municipalités locales lors de l’analyse en 2001. Pour les besoins de planification de cette aire de préservation à travers les nouveaux P.U., nous avons tout de même caractérisé cette aire à partir des anciens P.U. du premier Schéma. Cette méthode a pour objet de tracer un bilan actuel de l’utilisation du sol, comme si ce concept avait été appliqué aux ancien P.U. Les résultats obtenus de cette méthode servent à encadrer et mieux définir de nouveaux P.U., car les limites des aires urbaines, dans les parties non-modifiées des nouveaux périmètres, ne doivent pas changer.

 

Dans le cadre de l’entrée en vigueur des nouveaux P.U., ces espaces de préservation pourraient être voués à divers types de planifications, tels que : la revitalisation des bandes riveraines destinées à des voies cyclables, la conservation de parties de terrain qui constituent des zones tampons associées aux puits municipaux, la conservation des paysages et patrimoines agricoles, le développement résidentiel de faible densité en terrains montueux, etc.

 

Rappelons que ces aires de préservation sont majoritairement des superficies non-constructibles (contraintes naturelles). On estime que leur valorisation pourrait exercer une certaine attraction sur de futurs résidents ou de petites entreprises touristiques recherchant l’environnement villageois. La valorisation de ces espaces pourrait aussi contribuée à un plus grand sentiment d’appartenance des citoyens. À quelques endroits, ces aires de préservation sont déjà occupées par des fonctions récréotouristiques (une station de plein air, par exemple) ou institutionnelles (un parc urbain, par exemple), alors que dans d’autres, on observe une occupation désordonnée par la fonction résidentielle unifamiliale.

 

 

 

5.2.3    Identification des terrains à soustraire à la construction

 

À l’aide de la caractérisation de l’utilisation du sol des périmètres d’urbanisation, qui se rapproche le plus près possible de la réalité, et avec la délimitation des grandes aires urbaines typiques des noyaux villageois de la Matawinie, il est maintenant possible d’évaluer les superficies disponibles à la construction autant à l’échelle de l’ensemble des périmètres que dans les aires urbaines. Certaines barrières naturelles et anthropiques peuvent restreindre les possibilités de construction dans ces espaces vacants. Donc, il est important de bien identifier la localisation de ces zones de contraintes afin de les soustraire aux superficies disponibles à la construction.

 

Les contraintes naturelles limitant la construction sont les zones humides, les zones inondables, les zones à risques de mouvements de terrain et les zones à pente forte (pente supérieure à 30 %). Les contraintes anthropiques identifiées sont les contraintes réglementaires et les autres types de contraintes. Les municipalités ont localisé les terrains où la construction était limitée par des contraintes réglementaires, la plupart du temps des terrains trop petits pour permettre l’édification d’un bâtiment ou des terrains où la construction est interdite pour des raisons diverses (trop près d’une source de nuisance, zone de conservation, etc.).

 

En revanche et en ce qui concerne uniquement l’aire de préservation, nous avons pour hypothèse qu’il n’y a aucun espace disponible aux constructions puisque toutes les superficies de cette aire sont réservées à des aménagements permis par le normatif qui sous-tend cette catégorie. Ainsi, il est conçu que toutes les superficies des aires de préservation sont considérées comme étant affectées, au même titre que si elles étaient entièrement occupées par une quelconque fonction urbaine. Par conséquent, il n’y a aucun calcul de superficies à soustraire. De toute façon, il serait impertinent de soustraire aux calculs des aires de préservation, les espaces à contraintes naturelles puisque la constitution même de ces aires vise justement à valoriser les contraintes naturelles qui, paradoxalement, paraissent comme des obstacles naturels à la construction pour les quatre (4) autres aires urbaines.

 

 

 

5.2.4    Estimation des superficies constructibles

 

Cette section est en quelque sorte l’aboutissement recherché de la démarche décrite précédemment, c’est-à-dire, l’évaluation des superficies constructibles pour les quatre premières aires urbaines et pour l’ensemble du périmètre d’urbanisation des municipalités. Il est important de souligner que cette estimation est établie à partir des périmètres définis au premier Schéma d’aménagement.

 

En ce qui concerne les aires de préservation, le raisonnement est que lorsque des superficies sont destinées à être préservées, par la formalisation d’une aire urbaine de préservation à l’intérieur des P.U., elles sont considérées comme étant hypothétiquement occupées. Donc, aucune superficie n’est disponible dans ces aires.

 

En somme, dans chacune des sous-sections qui suivent, il sera question de décrire brièvement les dominantes qui caractérisent l’utilisation du sol à l’échelle de la MRC, de déterminer l’effet des contraintes sur les superficies disponibles à la construction et enfin, d’estimer les superficies constructibles pour les quatre (4) premières aires urbaines. Voici donc un résumé des principaux résultats obtenus.

 

 

5.2.4.1      Dans l’ensemble des périmètres d’urbanisation

 

a)         Taux d’occupation par fonction

 

En analysant les données d’utilisation du sol du tableau 83, il est évident que les périmètres d’urbanisation des municipalités de la Matawinie sont dominés largement par une occupation à caractère résidentiel. En effet, les constructions résidentielles occupent près du tiers (31 %) de la superficie de l’ensemble des périmètres et elles sont dominantes dans chacun de ceux-ci. Les fonctions institutionnelles occupent approximativement 260 hectares dans l’ensemble des périmètres, ce qui équivaut à 6 % de la superficie. Ces espaces équivalent majoritairement à la place qu’occupent les églises, les parcs et les bâtiments municipaux au cœur des noyaux villageois.

 

Toutefois, dans certaines municipalités, comme Chertsey, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Michel-des-Saints, les fonctions commerciales (incluant mixtes) occupent plus d’espace que les fonctions institutionnelles. Dans d’autres cas, c’est aussi l’utilisation récréotouristique (Rawdon) et industrielle (Saint-Jean-de-Matha et Saint-Michel-des-Saints) qui sont mieux représentées. En somme, les bâtiments commerciaux et mixtes situés principalement le long des principales artères des municipalités, utilisent un peu plus de 4 % de la superficie des périmètres. Les fonctions récréotouristiques et industrielles occupent respectivement 3 % et 2 % de la superficie de l’ensemble des périmètres d’urbanisation.

 

Près de la moitié (48,6 %) de la superficie des périmètres demeure, à ce jour, non occupée, ce qui équivaut à plus de 1 977 hectares de terrains qui se situent dans les quatre (4) premières catégories d’aires urbaines. Il faut, cependant, soustraire à celles-ci les contraintes qui limitent la possibilité d’y ériger des constructions ou des aménagements. Finalement, le dernier 5 % des superficies totales des P.U. de la Matawinie, sont des espaces destinés à faire partie de l’aire de préservation.

 

b)         Effet des contraintes

 

Les contraintes d’origine naturelle sont beaucoup plus limitatives que celles d’origine anthropique puisque plus de 15 % de la superficie non occupée (en dehors de l’aire de préservation) est localisé dans ces zones de dangers naturels, comparativement à moins de 2 % pour les contraintes humaines (tableau 84). Plus spécifiquement, 7,5 % de la superficie non occupée se retrouve en zones à risques de mouvements de terrain et 1,9 % en zones à pente forte. Viennent, ensuite, les contraintes telles que les zones inondables avec 2,9 % et les zones humides avec 3,2 %. D’un autre côté, les contraintes réglementaires restreignent de 1,6 % les possibilités de construction sur les terrains vacants.

 

Maintenant, lorsque l’on compare les résultats des municipalités entre elles, on constate que la présence de plusieurs zones à risques de mouvements de terrain, dans les superficies non occupées de la municipalité de Rawdon (137 hectares), fait en sorte qu’elle donne plus de poids à ce type de contraintes, car seulement deux (2) autres municipalités comptent ces zones à risques de mouvements de terrain dans leur périmètre urbain. Les zones à pente forte, dans les superficies non occupées, se retrouvent dans neuf (9) des municipalités de la Matawinie, plus principalement à Rawdon (28,4 hectares), Sainte-Marcelline-de-Kildare (4,4 hectares) et Sainte-Béatrix (2 hectares). D’un autre côté, huit (8) périmètres incluent des zones inondables, en superficies non occupée (en dehors des aires de préservation), dont la majorité (85 %) se retrouvent à Rawdon (13,2 hectares) et Saint-Michel-des-Saints (34,8 hectares). De plus, sur les sept (7) municipalités qui ont des zones humides dans les superficies non occupées, on compte Saint-Félix-de-Valois (31,8 hectares), Rawdon (16,6 hectares), Saint-Jean-de-Matha (7 hectares) et Saint-Donat (4 hectares).

 

c)         Superficies constructibles

 

En somme, plus de 1 600 hectares de terrains vacants (en dehors de l’aire de préservation) sont constructibles à l’intérieur des P.U., ce qui représente environ 40 % de la superficie de l’ensemble des périmètres (tableau 84). Les proportions de superficie constructibles à l’intérieur des P.U. varient, toutefois, d’une municipalité à l’autre, allant de 16,7 % (Sainte-Émélie-de-l’Énergie) à 54,7 % (Sainte-Marcelline-de-Kildare). Seulement le tiers des municipalités de la MRC ont une proportion de superficie constructible inférieure à 30 % à l’intérieur de leur périmètre, tandis que quatre (4) municipalités ont une proportion supérieure à 40 %.

Dans l’ensemble des P.U. en Matawinie, on peut considérer qu’en moyenne 60 % des superficies sont soit occupées ou non-constructibles. Mentionnons que dans le cadre du premier Schéma d’aménagement, la disponibilité en terrain avait été traitée dans un contexte où l’agrandissement des périmètres pouvait se justifier lorsque plus de 70 % de l’espace était occupé.

 

 

5.2.4.2      Dans les aires urbaines résidentielles

 

En général, les aires urbaines résidentielles sont celles qui occupent le plus de place dans l’ensemble des périmètres d’urbanisation du territoire. En effet, avec plus de 2 600 hectares, elles couvrent près du tiers de la superficie de tous les périmètres de la Matawinie. Il n’y a que dans les municipalités d’Entrelacs et de Sainte-Émélie-de-l’Énergie où la superficie de ce type d’aire urbaine est inférieure à celle des aires urbaines commerciales mixtes.

 

a)         Taux d’occupation par fonction

 

Évidemment, le sol de ces aires urbaines est utilisé, a priori, par les fonctions résidentielles qui occupent 876 hectares, soit 33 % de leur superficie (tableau 85). Toutefois, on note aussi une présence marquée des fonctions à caractère récréotouristique dans les aires résidentielles qui occupent 2,4 % de l’espace. À cet effet, un biais existe, car cette superficie récréotouristique correspond principalement à un seul terrain de golf situé dans une aire résidentielle de la municipalité de Rawdon.

 

Il y a peu de commerces, industries et bâtiments récréotouristiques puisqu’ils ne couvrent ensemble que moins de 1 % des aires résidentielles. Près des deux tiers (62,9 %) de la superficie des aires urbaines résidentielles demeure, à ce jour, non-occupé, ce qui équivaut à 1 658 hectares.

 

b)         Effet des contraintes

 

Par contre, 281 hectares de terrain doivent être soustraits à la construction résidentielle à cause de différentes contraintes présentes (tableau 86). De cette superficie, 9 % est issu de contraintes réglementaires et la balance de contraintes naturelles. Les contraintes naturelles les plus présentes sont les zones à risques de mouvements de terrain et les zones humides qui imputent respectivement 7,7 % et 3,3 % de superficie non-occupée dans les périmètres d’urbanisation. De plus, les zones inondables (3,4 %) et les zones à pente forte (2,1 %) s’ajoutent à ces dernières. Les différentes contraintes se concentrent principalement dans les municipalités de Rawdon, Saint-Félix-de-Valois et Saint-Michel-des-Saints.

 

c)         Superficies constructibles

 

C’est dans ces aires qu’on compte le plus de superficies constructibles disponibles, avec plus de 1 375 hectares. Précisément, cette superficie représente près de 83,9 % de la superficie totale constructible dans l’ensemble des aires des périmètres d’urbanisation de la Matawinie. En fait, près de la moitié (52,2 %) de la superficie totale des aires urbaines résidentielles est disponible à la construction en fonction de la soustraction des zones contraignantes (tableau 86). Les proportions varient, toutefois, d’une municipalité à l’autre puisque seulement 29,2 % de la superficie des aires urbaines de Saint-Michel-des-Saints est disponible et à l’opposé, 78 % de la superficie des aires résidentielles de Sainte-Marcelline-de-Kildare est disponible. Une seule municipalité a un taux de disponibilité inférieur à 30 %, tandis que huit (8) d’entre elles montrent un taux qui se situe entre 30 et 50 % et six (6) autres à plus de 50 %.

 

 

5.2.4.3      Dans les aires urbaines commerciales mixtes

 

Dans l’ensemble des périmètres urbains de la Matawinie, les aires urbaines commerciales mixtes se classent bon deuxième avec 838 hectares de couverture, ce qui équivaut à 21 % de la superficie totale des périmètres. D’ailleurs, elles devancent les aires urbaines résidentielles dans quatre (4) municipalités (Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Entrelacs, Saint-Zénon et Saint-Jean-de-Matha), tandis qu’elles occupent incontestablement le deuxième rang dans les autres municipalités.

 

a)         Taux d’occupation par fonction

 

Le tableau 87 indique que l’utilisation du sol de ces aires urbaines est plutôt variée. Comme il a déjà été mentionné, les principales artères des noyaux villageois de la Matawinie se caractérisent par un entremêlement et un chevauchement de fonctions commerciales, résidentielles et autres. Par exemple, les fonctions résidentielles occupent 43,3 % de l’espace de ces aires urbaines, les fonctions commerciales et mixtes 17,3 %, les fonctions institutionnelles 7,9 %, les fonctions industrielles (PME et TPE) 3,9 % et les fonctions récréotouristiques 1,3 %. Aucun espace associé à la fonction préservation n’est présent dans les aires commerciales mixtes.

 

Chacune des fonctions occupe une place plus ou moins importantes et cette hétérogénéité dans l’occupation du sol assure un certain dynamisme aux noyaux villageois matawiniens. Historiquement, ces aires urbaines sont souvent les premières à avoir été bâties et occupées. Au fil du temps, les espaces vacants ont été comblés et le résultat, aujourd’hui, est qu’il en reste moins de 220 hectares non occupés, soit 26,2 % de la superficie totale de ces aires.

 

b)         Effet des contraintes

 

Après avoir soustrait à ces espaces vacants les terrains qui présentent des contraintes à la construction, c’est-à-dire, près de 50 hectares, il reste encore moins de superficies disponibles dans ces aires urbaines. Les zones inondables sont les contraintes les plus importantes (35,5 % de la superficie des contraintes) et elles se concentrent principalement à Saint-Michel-des-Saints et à Chertsey (tableau 88). D’un autre côté, certaines municipalités n’ont pas ou peu de contraintes dans ces aires urbaines.

 

c)         Superficies constructibles

 

En bout de ligne, 171 hectares demeurent à ce jour disponibles à la construction dans les aires commerciales mixtes, ce qui équivaut à plus de 10 % de la superficie totale constructible dans l’ensemble des périmètres urbains et à 20,4 % de la superficie des aires urbaines commerciales mixtes de la Matawinie. La municipalité de Saint-Michel-des-Saints n’a que 5,7 % de proportion de superficie constructible dans ce type d’aire urbaine, tandis que Notre-Dame-de-la-Merci est celle qui en a le plus avec une proportion de 50,7 % de disponibilité. En somme, il ne reste que peu d’espace dans ces aires urbaines puisque 14 des 15 municipalités ont moins de 30 % de superficie disponible.

 

 

5.2.4.4      Dans les aires urbaines de préservation

 

Lorsque l’on considère uniquement les anciens périmètres, l’ensemble des superficies des aires de préservation occupe le troisième rang avec ses 266 hectares. Celle-ci se retrouve dans huit (8) noyaux villageois. Cette superficie augmentera avec l’agrandissement de certains P.U. qui se retrouveront, désormais, avec une nouvelle aire de préservation (voir le tableau 89).

 

a)         Taux d’occupation par fonction

 

En ce qui a trait à l’affectation du sol dans les aires urbaines de préservation, on note que 77 % de la superficie de ces dernières (206 hectares) est constitué d’espaces vacants (constructibles et non-constructibles) qui ont été délimités afin de les préserver. Précisément, cette aire de préservation regroupe tous les espaces de préservation de la Matawinie, et ce, pour l’ensemble des huit (8) municipalités. En fait, on ne retrouve pas d’espace de préservation ailleurs que dans les aires urbaines de préservation.

 

Comme mentionné précédemment, pour la proportion restante de ces aires de préservation (24 %), elle se partage principalement entre des utilisations résidentielle, récréotouristique et institutionnelle. Hypothétiquement, aucun espace résiduel n’est disponible dans cette aire, car l’entière superficie de cette dernière est préservée et donc, affectée à 100 %.

 

b)         Effet des contraintes n’étant pas analysé

 

Rappelons que l’effet des contraintes dans cette aire de préservation n’a pas été calculé, car cette aire est destinée à être valorisée, en partie, sur le plan du patrimoine naturel. Par exemple, une zone inondable, ayant un écosystème fragile et qui a été inclue dans une aire de préservation, n’exclut pas le fait que l’on puisse y aménager un sentier pédestre ou y instaurer une zone de conservation. Donc, l’effet des contraintes n’est pas un facteur de soustraction et n’est pas abordé de la même façon pour cette aire de préservation, en comparaison avec les quatre (4) autres aires.

 

 

5.2.4.5      Dans les aires urbaines institutionnelles

 

Les aires urbaines institutionnelles sont présentes dans toutes les municipalités et elles occupent, en terme de superficie, en moyenne pour l’ensemble des périmètres de la Matawinie, le quatrième rang. En fait, elles couvrent près de 173,3 hectares, soit 4,2 % de l’ensemble des périmètres.

 

a)         Taux d’occupation par fonction

 

À l’intérieur de cette aire, se sont les fonctions institutionnelles qui occupent le plus d’espace avec plus de 150 hectares, soit 86,6 % de la superficie totale de ces aires (tableau 90), ce qui est tout à fait normal puisque les limites de celles-ci suivent, la plupart du temps, celles des terrains à caractère institutionnel. Les autres fonctions y sont présentes, mais de moindre façon, c’est-à-dire, seulement dans quelques municipalités. Par exemple, la fonction récréotouristique occupent 5,3 % de la superficie de ces aires urbaines institutionnelles, mais elle n’est présente que dans les aires institutionnelles de la municipalité de Rawdon. La fonction résidentielle occupe 1,6 % des aires institutionnelles. Elles sont concentrées dans cinq (5) municipalités. Les fonctions commerciale et mixte représentent, quant à elles, 0,5 % des aires institutionnelles. Il n’y a aucune catégorie préservation et industrielle quant à l’occupation du sol à l’intérieur de ces aires institutionnelles en Matawinie. Au total, il ne reste que 5,9 % de superficies non occupées, soit un peu plus de dix (10) hectares, dont la grande majorité (55 %) est située à Saint-Jean-de-Matha.

 

b)         Effet des contraintes

 

En identifiant les terrains non constructibles (2,9 hectares), la surface disponible diminue de 30 % environ. En observant le tableau 91, on note que cette situation est causée principalement par la présence de zones humides à Saint-Jean-de-Matha (2 hectares).

c)         Superficies constructibles

 

En résumé, il ne reste que 7,3 hectares de terrain vacant constructible, soit 4,2 % de la superficie totale des aires urbaines institutionnelles de la Matawinie (tableau 91). Se sont 11 municipalités qui offrent des surfaces constructibles dans ces aires, 76 % des surfaces disponibles sont localisées à Saint-Jean-de-Matha, Saint-Côme et Notre-Dame-de-la-Merci. Les proportions varient de 0,1 % à 17,8 %.

 

 

5.2.4.6      Dans les aires urbaines industrielles

 

Les données concernant les aires urbaines industrielles du périmètre urbain nous indiquent que les noyaux villageois de la Matawinie, sauf pour quelques exceptions, ne sont pas des lieux privilégiés pour les activités à caractère industriel. En effet, parmi les dix (10) municipalités où l’on retrouve des fonctions industrielles dans le P.U., seulement cinq (5) d’entre elles comptent des aires industrielles dans leur périmètre. Il s’agit des aires urbaines les moins importantes (seulement 155,7 hectares) de l’ensemble des aires des P.U., car elles occupent moins de 4 % de la superficie totale (voir tableau 92).

 

Mentionnons qu’il existe, toutefois, des zones industrielles situées à l’extérieur des périmètres, dont le parc industriel régional de Saint-Félix-de-Valois. Il s’avère donc primordial de ne pas utiliser les présents résultats dans l’optique du positionnement des fonctions industrielles à l’échelle régionale, mais uniquement dans le sens d’une estimation de la consommation de l’espace des périmètres. De plus, cette caractérisation ne concerne que les fonctions que l’on retrouve à l’intérieur des aires industrielles.

 

Les industries présentes dans les périmètres urbains se retrouvent à 55 % à l’intérieur des aires industrielles identifiées, à 37 % dans les aires commerciales mixtes, alors que la différence des industries se retrouve dans les aires résidentielles. Les industries sont, pour la plupart du temps, de petites entreprises (voir TPE et PME), sauf peut-être celle de la Louisiana-Pacifique, à Saint-Michel-des-Saints, et celle de Bell Gaz, à Saint-Félix-de-Valois, qui se retrouvent dans le périmètre d’urbanisation.

 

Certaines des municipalités les plus populeuses de la Matawinie ont des aires urbaines industrielles de bonnes dimensions, comme : Saint-Félix-de-Valois (60,2 hectares), Rawdon (25,7 hectares), Saint-Michel-des-Saints (33,1 hectares), Saint-Donat (21,8 hectares) et Saint-Jean-de-Matha (14,9). Les cinq (5) autres municipalités qui comptent des industries dans leur noyau villageois, ne sont, toutefois, pas localisées dans des aires industrielles.

 

a)         Taux d’occupation par fonction

 

Ces aires sont évidemment dominées par des activités à caractère industriel puisqu’elles occupent environ 47,5 hectares, soit environ 30,5 % de la superficie. On y retrouve, toutefois, quelques commerces, résidences et institutions publiques à l’intérieur de ces aires. En somme, c’est environ 57 % de la surface de ces aires qui est non occupé avant identification des contraintes.

 

b)         Effet des contraintes

 

Au tableau 93, on peut remarquer que c’est essentiellement une zone à risques de mouvements de terrain à Saint-Félix-de-Valois (2,6 hectares) qui constitue la principale contrainte. En effet, seulement 3,9 hectares sont déterminés comme zones à contraintes à l’intérieur des superficies non occupées dans les aires industrielles.

 

c)         Superficies constructibles

 

En somme, environ 84,2 hectares de terrain demeurent constructibles dans les aires industrielles pour l’ensemble des P.U. de la MRC, soit 54,1 %. Les municipalités de Saint-Donat et Saint-Félix-de-Valois contiennent, à elles seules, près de 60 % des superficies constructibles de ces aires.

 

 

 

5.2.5    Caractérisation des réseaux d’aqueduc et d’égout

 

 

5.2.5.1      Estimation du nombre d’abonnés aux réseaux d’aqueduc

 

Le tableau 94 indique qu’il existe 22 réseaux d’aqueduc dans l’ensemble des périmètres urbains des municipalités de la Matawinie, dont 16 à caractère public (73 %) et six (6) de propriété privée (27 %). Les six (6) réseaux d’aqueduc privés se localisent dans seulement deux (2) municipalités, soit Saint-Félix-de-Valois (quatre (4) réseaux) et Rawdon (deux (2) réseaux). Presque toutes les municipalités ont un seul réseau public dans leur périmètre, sauf peut-être Rawdon (deux (2) réseaux) et Saint-Alphonse-Rodriguez (deux (2) réseaux). Notons qu’il n’y a aucun réseau d’aqueduc à l’intérieur du périmètre de la municipalité d’Entrelacs et que le seul réseau présent à Notre-Dame-de-la-Merci ne dessert que le complexe municipal et une halte routière.

 

Les réseaux publics desservent un plus grand nombre d’abonnés que les réseaux privés. En effet, 7 533 unités de logement sont branchées à l’ensemble de ceux-ci, soit une proportion de plus de 99 %, comparativement à seulement 31 pour les réseaux privés. Rappelons que le nombre d’unités branchées aux réseaux est incomplet puisque les informations ne sont disponibles que pour cinq (5) des six (6) réseaux privés dénombrés et pour 21 des 22 réseaux à caractère public. Cependant, en considérant la taille moyenne des réseaux privés, le nombre d’abonnés du domaine public demeurerait vraisemblablement supérieur.

 

En général, malgré quelques exceptions, les municipalités les plus populeuses de la Matawinie ont davantage d’unités de logement branchées à leur réseau public. Présentant un noyau villageois plus développé et plus populeux, ces municipalités (Rawdon, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Donat, Saint-Michel-des-Saints et Saint-Jean-de-Matha) peuvent ainsi brancher un plus grand nombre d’abonnés à leur réseau public, en plus d’allonger et raccorder leur réseau plus facilement. À l’inverse, les municipalités dont le village est petit et moins populeux ont peu d’abonnés à leurs réseaux publics.

 

 

5.2.5.2      Estimation du nombre d’abonnés aux réseaux d’égout

 

D’après le tableau 95, un total de 11 réseaux d’égout ont été dénombrés dans l’ensemble des périmètres d’urbanisation de la Matawinie et tous ces réseaux sont de propriété publique. Ces réseaux sont partagés entre dix (10) municipalités, c’est donc dire que cinq (5) autres n’en possèdent aucun et qu’une seule, Rawdon, en possède deux (2). Les municipalités qui n’ont pas de réseaux d’égout dans leur périmètre sont Entrelacs, Notre-Dame-de-la-Merci, Saint-Alphonse-Rodriguez, Saint-Damien et Sainte-Marcelline-de-Kildare. Les cinq (5) municipalités les plus populeuses (Rawdon, Saint-Félix-de-Valois, Chertsey, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Donat) possèdent toutes un réseau d’égout public.

 

Le nombre total d’unités de logement branchées aux différents réseaux publics est de 4 786 unités. La majorité de ces unités desservies se localisent à Rawdon (30 %), Saint-Donat (19 %), Saint-Michel-des-Saints (15 %), Saint-Félix-de-Valois (11 %) et Saint-Jean-de-Matha (9 %).

 

 

5.2.5.3      Estimation de la capacité résiduelle des réseaux

 

Les municipalités sont les mieux placées afin de connaître l’état actuel de leur réseau d’aqueduc et d’égout, il est donc plus facile pour elles de déterminer quels sont les problèmes, les projets d’extension et les défis d’entretien et de réparation pour les années à venir. Elles connaissent leurs réseaux et ont l’habitude de gérer les dossiers relatifs à ceux-ci. La charge de l’estimation de la capacité résiduelle des réseaux existants est donc remise aux municipalités locales.


5.3     LA CARACTÉRISATION DE LA CROISSANCE

 

La caractérisation de la croissance représente une étape importante qui facilite la délimitation des périmètres d’urbanisation et la gestion de la croissance hors périmètre. Elle constitue, en quelque sorte, un instrument de planification qui nous aide à prévoir les besoins en espace et ainsi mieux gérer la croissance d’une municipalité, tant au niveau de l’occupation résidentielle que des autres formes de consommations d’espaces propres aux milieux urbains et ruraux. Bien qu’il soit difficile de déterminer de façon précise quelle sera la croissance future selon les fonctions (résidentielle, commerciale, industrielle et autres) de chacune des municipalités, il existe, toutefois, des outils et des indicateurs relativement fiables nous permettant de bien l’évaluer. En effet, l’évolution de la population et celle des nouvelles constructions constituent deux (2) critères qui permettent d’estimer la croissance de chacune des fonctions et des besoins en espace qui en découlent. L’approche préconisée dans cette section s’appuie essentiellement sur trois (3) éléments qui vont nous permettre de procéder à une répartition de la croissance, soit les prévisions de croissance, l’évolution des nouvelles constructions et l’estimation des besoins en espace.

 

 

 

5.3.1    Prévisions de croissance à partir de données démographiques

 

 

5.3.1.1      Méthodologie

 

a)         Les données

 

Les données démographiques utilisées dans cette section concernent l’évolution de la population, la répartition de la population par classe d’âge et l’évolution du nombre de ménages. Qu’elles soient sur une base municipale ou pour l’ensemble de la MRC de Matawinie, ces données sont extraites des recensements effectués par Statistique Canada à tous les cinq (5) ans.

 

b)         Approche relative à l’estimation de la croissance de la population

 

En analysant attentivement l’évolution de la démographie, il est possible d’établir des prévisions de population pour un territoire défini. L’élément qui est à la base de cette évolution et des calculs de projections de croissance, est la structure d’âge de la population. Cette dernière est intimement liée à deux (2) principaux facteurs. Il s’agit, en fait, de la fusion de la mortalité, de la natalité et de la fécondité, pour le premier de ces facteurs, et la migration en constitue le deuxième.

 

Il est évident que la mortalité, la natalité et la fécondité ont un effet direct sur la structure d’âge d’une population donnée d’une période à une autre. Dans le même ordre d’idées, la structure d’âge d’une population influence directement l’un ou l’autre de ces éléments. Par exemple, dans une population constituée principalement de personnes âgées, nous pourrions constater un faible nombre de naissances et un nombre élevé de décès. La migration, quant à elle, est fortement dépendante du développement économique d’une région. Elle peut stimuler la formation de nouveaux marchés ou pousser les gens de la population active à immigrer, si le développement économique le permet et émigrer s’il est en décroissance. En fait, la présence d’une balance migratoire négative ou positive est généralement interprétée comme un signe de déséquilibre entre le rythme de croissance de la main-d’œuvre locale en regard de la capacité d’accueil du marché du travail.

 

Dans ce cas-ci, ce qui nous intéresse vraiment est l’effet combiné de ces deux (2) facteurs sur l’évolution de la population. La technique du « taux de passage » nous permet de considérer globalement tous les facteurs qui influencent la population permanente d’une période à une autre et d’établir des projections pour les périodes à venir. Cette méthode consiste, sommairement, à déterminer quelle proportion de la population d’une classe d’âge donnée est passée à la classe d’âge suivante d’une période à une autre. Notons que l’écart de temps entre les deux (2) recensements utilisés pour déterminer la population doit être équivalent à celui qui sépare deux (2) classes d’âge. Nous utilisons donc les données du recensement de 1996 et celles de 2001 ainsi que des classes d’âge de cinq (5) ans pour peaufiner notre calcul. Enfin, les taux de passage obtenus servent à estimer la population des périodes à venir, soit jusqu’en 2011, ce qui représente un horizon de planification de dix (10) ans.

 

 

5.3.1.2      Les tendances observées

 

L’analyse de l’évolution de la population des municipalités de la Matawinie permet de constater que la croissance démographique a atteint son apogée entre 1986 et 1996. En effet, pour l’ensemble du territoire municipalisé, cette croissance a atteint un sommet de 15,9 % entre 1986 et 1991, comparativement à une augmentation de 8,8 % entre 1981 et 1986 (tableau 96).

 

Suite à la forte hausse de 86-91, la croissance de la population a été moins importante lors de la période subséquente (91-96), s’établissant à 14,5 %, soit une diminution de seulement 1,4 % par rapport à la période précédente. Cependant, pour certaines municipalités, c’est la croissance connue lors de cette période quinquennale qui a été la plus élevée.

 

Ensuite, la population matawinienne a continué d’augmenter entre 1996 et 2001, mais à un rythme beaucoup moins impressionnant. En fait, lors de cette période, la population a augmenté de seulement 4,2 %, soit environ à un niveau trois (3) fois moins élevé que lors de la période antécédente. Toutes les municipalités, sauf une exception, ont connu une diminution importante de leur croissance démographique. De plus, la population de certaines municipalités a même légèrement diminué, tandis que la croissance des municipalités qui ont connu une augmentation de leur population lors de cette période a varié de 0,1 % à 11,7 %. Toutefois, la majorité de celles-ci a connu une croissance inférieure à 6 %, ce qui est nettement inférieur à la croissance de la période précédente.

 

 

5.3.1.3      Les prévisions de croissance démographique

 

Grâce à l’analyse de l’évolution de la population entre 1981 et 2001, nous constatons que la croissance démographique en Matawinie a tendance à s’amenuiser avec le temps. Les prévisions de population, calculées à l’aide de la technique du « taux de passage » démontrent que cette tendance se maintiendra lors des dix (10) prochaines années (2001 à 2011) et que nous avons, en quelque sorte, atteint un certain plateau. En effet, si les estimations s’avèrent justes, la croissance sera comparable à celle obtenue entre 1996 et 2001, soit de 4,3 % entre 2001 et 2006 et 3,8 % entre 2006 et 2011, pour l’ensemble du territoire municipalisé de la Matawinie
(tableau 96). En somme, il s’agit d’une augmentation anticipée de 3 426 personnes (8,3 %) entre 2001 et 2011, soit environ deux (2) fois moins que lors de la période 1991-2001, où il y a eu une hausse de 6 691 personnes (19,3 %).

 

La majorité des municipalités connaîtra un taux de croissance inférieur ou relativement stable à celui mesuré entre 1996 et 2001. Quelques exceptions auront une croissance légèrement supérieure, mais en général, la croissance ne sera pas aussi forte que lors des derniers recensements.

 

 

5.3.1.4      La croissance en nombre de ménages

 

La méthode de calcul précédente nous permet d’établir des prévisions de croissance sur dix (10) ans, mais la croissance est évaluée sur une base unitaire. Puisque l’augmentation d’un seul habitant ne se traduit pas nécessairement par un besoin en logement, il importe de comparer cette croissance de population avec le nombre de ménages. En fait, les gens ont tendance à se regrouper sous un même toit et à former ce qu’on appelle un ménage. C’est la croissance en ménages qui guide la détermination des besoins en espace puisqu’ils occupent en moyenne plus de 50 % de la superficie des périmètres urbains.

 

Le nombre total de ménages a varié de façon beaucoup plus marquée que la population du territoire municipalisé de la Matawinie. En effet, pendant que la population augmentait de 50,4 % entre 1981 et 2001, le nombre de ménages, quant à lui, a connu une augmentation de 95,3 % (tableau 97).

 

Puisque le nombre de ménages a augmenté à un rythme beaucoup plus rapide que celui de la population, il n’est donc pas proportionnel aux variations de cette dernière. En fait, même si la population de certaines municipalités est demeurée relativement stable ou a diminué ces dernières années, le nombre de ménages qu’on y retrouvait continuait d’augmenter. De plus, les municipalités qui ont connu une croissance de leur population pendant ce temps, voyait leur nombre de ménages augmenté de façon plus significative. Les facteurs qui peuvent expliquer ce phénomène sont, entre autres, l’éclatement des familles, qui est à la hausse, et le vieillissement de la population. En effet, une population qui présente une proportion élevée de personnes âgées occupe beaucoup plus d’unités de logement qu’une population plus jeune. En Matawinie, le vieillissement de la population est une réalité grandissante puisque la proportion de gens âgés augmente progressivement depuis 1961. En effet, la proportion de jeunes âgés entre 0 et 14 ans est passée de 39,7 % en 1961, à 16,8 % en 2001, pendant que celle des personnes âgées de 65 ans et plus a grimpé de 7,2 % à 17,5 % lors de la même période (tableau 98).

 


5.3.2    L’évolution des permis pour les nouvelles constructions

 

 

5.3.2.1      Méthodologie

 

a)         Les données

 

Il est difficile d’évaluer la croissance des diverses fonctions à partir des données et prévisions démographiques. L’analyse de l’évolution des permis émis pour de nouvelles constructions des années antérieures s’avère un bon indicateur pour anticiper la croissance lors de notre horizon de planification de dix (10) ans. Nous utilisons donc un inventaire des permis émis lors des dix (10) dernières années (1991-2001) dans le but de fixer approximativement le nombre de nouvelles constructions reliées aux résidences permanentes, à la villégiature, aux industries manufacturières, aux institutions, aux commerces, à la culture et à la récréation et aux fonctions à caractère rural. Ce mode de répartition s’appuie sur la classification des fonctions utilisées au rôle d’évaluation.

 

b)         La distinction entre l’espace nécessaire à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre urbain

 

La gestion de l’urbanisation repose sur des normes, des orientations et des directives distinctes à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre urbain. Il est donc important de traiter séparément ces deux (2) entités en ce qui à trait à l’évaluation des besoins en espace pour répondre à la croissance. La proportion des permis émis à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre, lors de la dernière, décennie servira à calculer le nombre de nouvelles constructions pour chacune des fonctions et selon la localisation de ces dernières. Par exemple, si nous prévoyons une croissance de 100 nouvelles résidences lors des dix (10) prochaines années et que 75 % des permis émis pour la fonction résidentielle étaient hors périmètre pendant les dix (10) dernières années, nous estimerons à 75 unités résidentielles la croissance hors périmètre et à 25 à l’intérieur du périmètre.

 

 

5.3.2.2      Les nouvelles constructions des municipalités

 

Pour l’ensemble du territoire municipalisé de la Matawinie, un total de 2 383 permis ont été émis pour l’édification de nouvelles constructions entre 1991 et 2001 (tableau 99). La fonction résidentielle et la villégiature ont été les plus dynamiques puisqu’elles constituent respectivement plus de 68 % et 24 % du nombre de nouvelles constructions du territoire. Les fonctions industrielle, commerciale et institutionnelle représentent, quant à elles, un peu plus de 4 % des permis émis, tandis que les fonctions rurales (cabane à sucre, fermes et autres bâtiments à caractère rural) en récoltent un peu moins de 3 %. Pour ce qui est des fonctions culturelle et récréative, elles représentent moins de 1 % des constructions de la dernière décennie.

 

L’ensemble de ces constructions se localise majoritairement à l’extérieur des périmètres d’urbanisation existants puisque seulement 369 de celles-ci (15,5 %) se sont bâties à l’intérieur des limites urbaines. La fonction résidentielle y est évidemment mieux représentée puisqu’elle totalise près de 90 % des constructions érigées à l’intérieur même de l’ensemble des périmètres urbains. Toutefois, seulement 20,3 % des résidences principales construites se localisent dans ces limites. Près du tiers des industries, des commerces et des institutions publiques et 21,1 % des bâtiments culturels et récréatifs ont été construits à l’intérieur des périmètres, soit respectivement 8,4 % et 1,1 % des 369 bâtiments. Naturellement, peu de résidences secondaires (0,5 %) et aucune fonction rurale ne se localise à l’intérieur des périmètres d’urbanisation.

 

La situation semble être relativement différente d’une municipalité à l’autre, même si l’attraction pour les espaces ruraux prédomine dans chacune de celles-ci. Cependant, certaines municipalités se distinguent du groupe de sorte que leur périmètre d’urbanisation a attiré une plus grande proportion de constructions. C’est le cas de Rawdon, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Jean-de-Matha et Sainte-Marcelline-de-Kildare, dont le noyau villageois est plus dynamique que la moyenne puisqu’ils ont été le choix de localisation de 23 % à 45 % des nouvelles constructions. C’est beaucoup plus si on compare ces résultats avec le reste des municipalités dont les proportions varient entre 0 % et 13 %.

 

 

 

5.3.3    Estimation des besoins par fonction en réponse à la croissance

 

 

5.3.3.1      Méthodologie

 

Il est important de mentionner que l’approche retenue pour l’estimation du nombre de nouvelles constructions, des indices moyens de consommation du sol et des besoins en espace qui en découlent est plutôt optimiste. Il s’agit, en fait, d’estimations théoriques qui ont comme objectif de ne pas sous-estimer les besoins en espace à venir qui résulteraient d’une croissance plus élevée que celle prévue.

 

a)         Le nombre de construction par fonction

 

Puisque la croissance démographique anticipée entre 2001 et 2011 est environ deux (2) fois moins élevée qu’elle ne l’a été entre 1991 et 2001, le nombre de constructions devrait normalement être inférieur à cette période. Toutefois, il est plus prudent d’émettre l’hypothèse que le nombre de constructions par fonction sera le même que lors de la décennie précédente, et ce, pour diverses raisons.

 

En se servant de cette hypothèse, on s’assure de ne pas sous-estimer la croissance de sorte qu’on évitera des problèmes, comme dans le cas où il y aurait un manque d’espace à l’intérieur des périmètres d’urbanisation. Il s’agit, en quelque sorte, d’une forme de prévention afin d’assurer que l’espace sera suffisant afin de répondre à une croissance plus élevée que celle prévue. En effet, il est difficile de prévoir un courant démographique, une mode, un changement structurel ou conjoncturel dans l’économie locale qui pourraient attirer de façon abrupte un plus grand nombre d’immigrants à s’installer dans la région.

 

De plus, l’éclatement des familles et le vieillissement de la population, deux (2) phénomènes grandissants dans la région et partout au Québec, forment de plus en plus de ménages sans que la population n’augmente autant qu’auparavant et consomment plus d’espace. Il ne faut pas négliger, non plus, l’attrait qu’exerce la Matawinie sur les nouveaux citadins retraités, notamment grâce à sa proximité aux grands centres urbains comme Montréal, Joliette et Trois-Rivières ainsi que par le cadre naturel qu’elle peut offrir.

 

Enfin, la conversion de chalets en résidences permanentes, phénomène très marqué lors de la dernière décennie, peut éventuellement atteindre une certaine limite. En effet, cette forme de réoccupation de résidences secondaires supportait une bonne partie de la croissance démographique lors des deux (2) dernières décennies, diminuant ainsi le nombre de nouvelles constructions et donc les besoins en espace. Si ce phénomène atteint un point de saturation dans les années à venir, alors il y aura une demande d’espace relativement plus élevée par rapport à la croissance de population qui devra être satisfaite par l’édification de nouvelles résidences.

 

Cependant, lors de la dernière décennie, la croissance s’est majoritairement manifestée à l’extérieur du périmètre d’urbanisation. Les endroits moins densément peuplés situés dans un cadre naturel plus calme et moins perturbé que la majorité des noyaux urbains ont attiré, bien sûr, un grand nombre de villégiateurs, mais aussi un nombre important de résidents permanents. De plus, une proportion considérable de commerces, d’industries manufacturières et d’autres bâtiments se sont construits hors périmètre.

 

Dans certains cas, ce débordement des fonctions normalement urbaines s’est révélé comme étant un élément perturbateur pour les occupants et exploitants des secteurs ressources, tels que les zones agricoles et forestières. Afin d’éviter de recréer de telles situations, l’urbanisation hors périmètre doit dorénavant se faire d’une façon plus réfléchie et respectueuse de la qualité de l’environnement et des autres utilisations du territoire. De plus, en favorisant la concentration des fonctions urbaines à l’intérieur même des périmètres, le dynamisme et la vitalité de plusieurs villages seront aussi grandement améliorés.

 

Puisque l’édification de nouvelles constructions hors périmètre sera plus limitée et dirigée, il est possible que les besoins en espace à l’intérieur du périmètre soient proportionnellement supérieurs à ceux de la dernière décennie. En poussant certaines fonctions à s’établir à l’intérieur du périmètre plutôt qu’à l’extérieur, un besoin supplémentaire d’espace est ainsi créé. C’est pourquoi, nous croyons être prudent d’ajouter un certain pourcentage à celui de la décennie précédente pour les fonctions plus urbaines, telles que la fonction résidentielle (+10 %) et les fonctions industrielle, commerciale et institutionnelle (+20 %).

 

b)         Indices moyens de consommation du sol à l’intérieur du périmètre d’urbanisation

 

La croissance anticipée des multiples fonctions se traduira nécessairement par des besoins en espace et l’estimation de ces besoins est utile pour déterminer si les terrains disponibles à la construction seront suffisants pour répondre à la demande. Il importe, par conséquent, de convertir cette croissance en superficie tout en tenant compte du type de construction. En effet, l’espace nécessaire pour l’édification d’un bâtiment industriel sera généralement plus important comparativement à une résidence unifamiliale.

 

La superficie minimale d’un terrain nécessaire pour y bâtir une résidence ou un chalet est conditionnée par les services qui y sont desservis. Par exemple, un terrain où nous retrouvons à la fois un service d’aqueduc et d’égout doit avoir une superficie minimale de seulement 1 500 m² pour être constructible. Toutefois, puisqu’il nous est impossible de prévoir quels terrains seront éventuellement construits et si les services y seront offerts, l’utilisation de cette norme minimale de construction pourrait engendrer des problèmes d’estimation d’espace. Donc, afin de ne pas sous-estimer la superficie nécessaire pour soutenir la croissance projetée, nous utilisons la norme minimale de lotissement fixée lorsqu’il n’y a aucun des deux (2) services en place, soit 3 000 m².

 

Pour ce qui est des autres types de fonctions, la détermination de la superficie requise dépend surtout du type d’activités auquel le bâtiment est destiné. En fait, une épicerie de grande envergure consomme beaucoup plus d’espace qu’un petit dépanneur même s’ils sont classés dans la même catégorie, soit commerciale. La méthode qui nous est apparue la plus appropriée afin de tenir compte de ces écarts de superficie consiste à déterminer une aire moyenne des terrains des différentes constructions commerciales, industrielles, institutionnelles, culturelles et récréatives. Il nous est apparu convenable et représentatif d’allouer une superficie moyenne de 6 000 m², car cette aire représente bien l’occupation de ces différentes fonctions à l’intérieur des périmètres d’urbanisation de la Matawinie. Toutefois, cette valeur peut entraîner un certain biais, car certaines municipalités ont des fonctions à caractère régional, tandis que d’autres à caractère plus local, ce qui a souvent un effet direct sur la dimension des terrains nécessaire à l’implantation d’un bâtiment. Finalement, aucun besoin en espace ne sera attribué aux fonctions rurales puisqu’on ne retrouve aucune construction de ce type à l’intérieur des périmètres.

 

 

5.3.3.2      Estimation des besoins en espace par fonction au sein des périmètres

 

Le tableau 100 présente les résultats de l’évaluation des besoins en espace dans le périmètre d’urbanisation de chacune des municipalités de la Matawinie, et ce, pour les prochains dix (10) ans. Ces besoins sont majoritairement issus des fonctions résidentielle et de villégiature qui constituent plus de 82 % de la superficie nécessaire pour répondre à l’ensemble des besoins. Les fonctions industrielle, commerciale et institutionnelle constituent près de 17 % des besoins, tandis que les fonctions culturelle et récréative, légèrement plus de 1 %.

 

Les besoins en espace semblent être proportionnels au nombre de résidents permanents des municipalités puisque les plus populeuses présentent davantage de besoins que les autres. En fait, les besoins varient entre 1,2 et 53,1 hectares (respectivement Notre-Dame-de-la-Merci et Rawdon) de terrain, selon la taille de la population des municipalités.

 

 

5.3.3.3      Rapport entre les besoins en croissance et les terrains disponibles au sein des périmètres

 

a)         Pour l’ensemble des fonctions

 

L’analyse des données présentées au tableau 101 indique que les terrains constructibles qui sont disponibles dans l’ensemble des périmètres d’urbanisation des municipalités de la Matawinie seront amplement suffisants afin de soutenir la croissance urbaine des dix (10) prochaines années. En effet, on y retrouve environ 1 639 hectares de superficies constructibles, comparativement à des besoins en espace anticipés d’environ 182 hectares. Si les projections s’avèrent justes, ceci signifie que la croissance de la prochaine décennie utiliserait seulement 11,1 % des superficies vacantes de l’ensemble des périmètres. À ce rythme, les périmètres pourraient soutenir plusieurs décennies de croissance urbaine.

 

En observant les résultats de chacune des municipalités, on note que tous les périmètres disposent d’espace constructible suffisant pour répondre à la croissance projetée, sauf une seule exception, Sainte-Émélie-de-l’Énergie. Le périmètre de cette dernière compte peu d’espace disponible (8,2 ha) et par conséquent, ne pourrait soutenir la croissance anticipée que pour une période inférieure à dix (10) ans. À l’inverse, l’espace disponible dans les autres municipalités versus la croissance est suffisant pour les besoins anticipés en terme d’espace.

 

b)         Pour les fonctions résidentielles

 

Entre 1991 et 2001, la croissance urbaine dans les périmètres (et aussi à l’extérieur) s’est majoritairement manifestée sous forme résidentielle. Il apparaît donc judicieux de s’assurer que la disponibilité des terrains constructibles dans les secteurs à caractère résidentiel sera suffisante pour soutenir ce type de croissance. En général, il semble que l’espace disponible dans les aires urbaines résidentielles de l’ensemble des périmètres de la Matawinie est amplement suffisant pour soutenir la croissance des dix (10) prochaines années, et ce, même si celle-ci est jusqu’à neuf (9) fois plus élevée que celle anticipée. En fait, il y a plus de 1 377 hectares de superficies constructibles dans ces aires urbaines comparativement à une demande prévue d’un peu plus de 149 hectares.

 

Encore une fois, seule la municipalité de Sainte-Émélie-de-l’Énergie ne dispose pas d’assez d’espace dans son périmètre pour répondre à la croissance projetée. D’un autre côté, la croissance prévue pour les dix (10) prochaines années dans toutes les autres municipalités utiliserait moins de 40 % de l’espace constructible dans les aires urbaines résidentielles. Par conséquent, si le rythme de croissance se maintient au même niveau qu’anticipé, l’ensemble des autres municipalités dispose largement d’espace pour les besoins en terme d’espace résidentiel.

 

c)         Pour les fonctions non résidentielles

 

La croissance des autres fonctions, soit commerciale, institutionnelle, culturelle, récréative et industrielle, a été moins élevée que la croissance résidentielle entre 1991 et 2001. Ces fonctions s’implantent généralement dans le noyau du village, soit sur les artères principales des périmètres, sauf peut-être les fonctions industrielles avec nuisance. Pour alléger l’analyse et aussi pour bien représenter l’utilisation des périmètres, nous avons traité la croissance de ces fonctions ensemble. Par conséquent, les aires urbaines commerciales mixtes, institutionnelles et industrielles ont été fusionnées ensemble dans cette section puisqu’elles sont généralement adjacentes et supportent la croissance de ces fonctions.

 

En général, il semble qu’il y ait suffisamment d’espace constructible dans ces aires urbaines pour accueillir ces fonctions pour les prochains dix (10) ans et même pour plusieurs décennies, si la croissance se maintient à ce rythme. En effet, on y retrouve près de 262 hectares de terrains constructibles et les besoins en espace anticipés ne sont que d’environ 32 hectares. La disponibilité dans ces aires urbaines varie considérablement d’une municipalité à l’autre et selon l’importance de leur périmètre. Évidemment, les plus petits ont moins d’espace vacant, ce qui fait que neuf (9) municipalités sur 15 comptent moins de 10 hectares de terrains constructibles dans ces aires. Toutefois, les besoins projetés, issus de la croissance des années antérieures, sont peu élevés, voir même, nuls dans certains cas, ce qui confirme qu’on y retrouve pour l’instant suffisamment d’espace. Seule la municipalité de Saint-Zénon ne dispose pas d’assez de superficies constructibles dans ces aires pour soutenir la croissance.

 

d)        En résumé

 

En résumé, si les prédictions de croissance s’avèrent justes et même si elles sont plus élevées que prévues, la majorité des périmètres d’urbanisation actuels disposent de suffisamment d’espace pour supporter le développement urbain de la prochaine décennie. Dans ces cas, le manque d’espace propice au développement n’est donc pas un critère qui justifie l’expansion ou le repositionnement du périmètre.

 

 


5.4     LES PERSPECTIVES DE LA GESTION DE L’URBANISATION

 

Plusieurs orientations gouvernementales et politiques régionales introduites au Schéma d’aménagement sur la gestion de l’urbanisation visaient le repositionnement des noyaux villageois comme centre de l’occupation et de l’activité rurale. Ces orientations étaient amenées dans un contexte où l’occupation du territoire de la Matawinie se retrouve en situation d’éclatement prononcé, un héritage des années 60 et 70 marqué par l’amélioration du système routier et l’apparition du phénomène de la rurbanisation. La plupart des lacs et de nombreux autres sites situés en territoire ressource se sont ainsi vus affectés par le développement résidentiel et la villégiature.

 

Par ailleurs, les Orientations gouvernementales n’accordaient pas de place particulière à la récréation et à la villégiature, pas plus que maintenant d’ailleurs, celles-ci se définissant encore par la négation face au positionnement des valeurs rurales traditionnelles que représentent l’agriculture et la foresterie. Voici un bilan sommaire sur la qualité des résultats obtenus quant à l’aboutissement des orientations gouvernementales relatives à la gestion de l’urbanisation en milieu municipal. Ce bilan est suivi d’un développement des perspectives de la gestion de l’urbanisation dans le contexte des nouvelles orientations gouvernementales.

 

 

 

5.4.1    Bilan de la gestion de l’urbanisation relatif au positionnement des périmètres d’urbanisation dans le contexte du premier Schéma d’aménagement

 

Il est difficile de mesurer l’effet réel des politiques restrictives visant à réserver les fonctions commerciales et industrielles aux périmètres d’urbanisation depuis l’entrée en vigueur du premier Schéma d’aménagement. Le bénéfice le plus facile à mesurer est le maintien du confort et de la sécurité sur les sections rurales du réseau routier régional, plusieurs demandes des municipalités locales ayant été refusées à ce niveau dans l’attribution de la conformité.

 

 

5.4.1.1      Une évolution globalement positive de la trame commerciale

 

On constate à un premier niveau, que le positionnement de l’ensemble des noyaux villageois de la Matawinie s’est maintenu. Pour certaines agglomérations plus importantes, telles Rawdon, Saint-Félix-de-Valois, Saint-Donat, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Michel-des-Saints, on observe même une certaine croissance et, dans la plupart des cas, une modification de la structure commerciale au bénéfice des grandes surfaces.

 

Une plus grande diversité dans l’offre de restauration et d’hébergement s’est aussi manifestée, et ce, à l’intérieur de la plupart des noyaux villageois eux-mêmes. Cette évolution de l’offre ne serait pas étrangère aux interventions municipales ayant donné lieu à l’implantation de petits équipements récréatifs, tels les points de baignade, les pistes cyclables et les petits centres d’interprétation, ceux-ci répondant à la fois aux besoins de la population locale et au positionnement des petites entreprises récréotouristiques. Ces interventions étaient fortement suggérées dans le cadre du projet de circuit récréotouristique inscrit au premier Schéma d’aménagement.

 

On observe donc une adaptation progressive de la fonction commerciale aux nouvelles conditions de développement qui marque l’évolution normale des marchés, mais on ne peut conclure pour autant que les restrictions relatives aux fonctions commerciales initiées par le premier Schéma d’aménagement aient influencé de façon évidente le dynamisme des périmètres d’urbanisation. Chose certaine, cependant, ces restrictions n’ont pas nuit à la consolidation des périmètres.

 

 

5.4.1.2      Quelques réaménagements ponctuels sur le réseau routier régional

 

Trois (3) projets de réaménagement routier aux abords des périmètres d’urbanisation ont aussi vu le jour. Dans l’axe de la route 125, les municipalités de Chertsey et de Notre-Dame-de-la-Merci se sont impliquées dans une démarche avec le ministère des Transports pour mieux gérer les flux de circulation et la sécurité des achalandages riverains aux commerces. Cela s’est traduit par le réaménagement d’une section de la route 125 en boulevards urbains. Le troisième projet, soit celui du contournement de la route 131 à l’Ouest de l’agglomération de Saint-Félix-de-Valois, résulte d’une initiative du ministère des Transports lui-même. Après plusieurs années de contestation et de demandes d’ajustement de la part de la municipalité, celui-ci est sur le point d’aboutir. Mentionnons que ces diverses interventions étaient à l’ordre du jour au sein du concept d’organisation régional du premier Schéma d’aménagement.

 

 

5.4.1.3      Une implantation bien dirigée des nouveaux équipements publics

 

Depuis la création de la MRC, la municipalité de Rawdon a reçu les bureaux de la municipalité régionale de comté (MRC) et ceux du centre local de développement (CLD). Quatre (4) centres locaux de services communautaires (CLSC) et deux (2) centres locaux d’emploi (CLE) ont aussi été implantés au cours des dix (10) dernières années. Les municipalités visées par les CLSC sont Chertsey, Saint-Donat, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Michel-des-Saints, alors que les CLE se retrouvent à Rawdon et Saint-Jean-de-Matha.

 

Saint-Félix-de-Valois accueille aussi, depuis 2000, les bureaux de la commission scolaire Des Samares, alors qu’à Saint-Jean-de-Matha, on prévoit implanter un hôpital pour services de longue durée tout en y regroupant les services du CLSC. Mentionnons que le CLSC de Chertsey, qui se trouvait initialement en bordure de la route 125 au Nord du village, a été relocalisé à l’intérieur de celui-ci suite à une demande de la municipalité elle-même. Tous ces équipements se retrouvent donc, maintenant, à l’intérieur des périmètres et contribuent ainsi au dynamisme de ces périmètres d’urbanisation.

 


5.4.1.4      Un questionnement opportun sur le positionnement des périmètres d’urbanisation face à la fonction résidentielle

 

Les résultats de l’analyse des permis pour les nouvelles constructions émis au cours des dix (10) dernières années viennent confirmer le faible intérêt généralement manifesté à l’égard des périmètres d’urbanisation en ce qui a trait à la fonction résidentielle. La cartographie des hameaux nous apprend ainsi que le développement de la plupart d’entre eux se justifie par la présence d’un lac ou d’une rivière, sinon, d’un panorama qui se distingue ou d’un équipement récréatif majeur, tel une station de ski. Certains d’entre eux, par contre, n’offrent aucune valeur rurale particulière, si ce n’est la tranquillité rurale et l’ambiance d’un milieu forestier.

 

Parce que les municipalités doivent diriger la croissance au bénéfice des périmètres d’urbanisation, il convient de maintenir des objectifs d’aménagement favorisant le périmètre d’urbanisation en ce qui concernent les fonctions industrielle, commerciale et institutionnelle, que ce soit pour bien positionner le concept d’organisation régional ou pour éviter divers conflits d’utilisation du sol. Il importe également que le Schéma d’aménagement propose des solutions favorisant le développement résidentiel à l’intérieur des noyaux villageois.

 

 

 

5.4.2    Bilan du contrôle de l’occupation de l’ensemble du territoire rural

 

 

5.4.2.1      Un succès en ce qui concerne le lotissement et l’émission des permis de construction

 

Les premiers règlements de contrôle intérimaire adoptés avant l’entrée en vigueur des premiers schémas d’aménagement contenaient déjà l’essentiel du contrôle de l’occupation du territoire, soit les dispositions minimales relatives au lotissement et à l’émission d’un permis de construction. Le règlement Q2-R8 en partie géré par les municipalités locales, venait parallèlement régir l’implantation des puits et des équipements sanitaires des résidences isolées. Le temps d’application du règlement de contrôle intérimaire (de 1984 à 1989 approximativement) a permis aux municipalités locales d’intégrer efficacement la gestion de ce normatif.

 

Le Schéma d’aménagement allait reprendre ces mesures et ajouter des dispositions relatives au réseau routier régional, aux zones de dangers naturels, au milieu riverain, aux sites d’intérêts régionaux et au patrimoine anthropique. La réussite à ce niveau n’est pas facile à mesurer dans la réalité, mais on pourrait parler d’un demi-succès. Parmi les causes qu’on peut évoquer, citons la traduction parfois équivoque de la conformité au Schéma d’aménagement, l’intérêt mitigé sinon inégal des municipalités locales et, bien sûr, l’absence totale d’une présence constante de l’état auprès du public en ce qui concerne cette importante réforme gouvernementale.

 


5.4.2.2      Des grandes affectations du territoire qui ont un certain effet sur la valorisation des territoires ressources, mais peu sur les secteurs représentant un intérêt pour la récréation ou la villégiature

 

En principe, l’énoncé des grandes affectations du territoire aurait dû positionner la gestion des usages à l’extérieur des périmètres d’urbanisation de manière à valoriser adéquatement les territoires ressources. Généralement, les secteurs représentant un intérêt pour la fonction résidentielle et la récréation ont été bien couverts par les plans et règlements d’urbanisme, mais on ne peut en dire autant en ce qui a trait aux territoires forestiers et agricoles.

 

Ce demi échec tient, en premier lieu, à une méconnaissance de notre patrimoine naturel rural et conséquemment, à l’élaboration de grandes affectations du territoire surdimensionnées, et ce, en contrepoids avec les outils de planification de l’état, du moins en ce qui concerne les terres publiques. À l’échelle à laquelle ces grandes affectations ont été conçues, aucune activité ne pouvait être raisonnablement interdite. On s’est donc retrouvé avec une grille de compatibilité identifiant, d’une part, des groupes d’activités dits privilégiées, mais d’autre part, aucun groupe d’activités reconnu comme interdit. Ce vacuum technique ne faisait que traduire la faiblesse des outils de planification eux-mêmes, voir, le peu de profondeur et l’impertinence des Orientations gouvernementales, particulièrement au niveau de la forêt, de la faune, de la villégiature et du récréotourisme.

 

Au-delà de ces ambiguïtés véhiculées par le premier Schéma d’aménagement, seules les orientations en matière agricole ont produit des résultats d’aménagement qu’on peut qualifier de satisfaisants, et ce, surtout à cause de la vigilance de la commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) qui intervient dans le quotidien du contrôle de l’occupation de la zone agricole permanente. Il faut aussi comprendre que les municipalités de la Matawinie ne sont couvertes qu’en partie par la zone agricole, de telle sorte qu’il leur est généralement possible d’orienter en zone blanche les demandes pour des utilisations autres qu’agricoles.

 

Il importe donc que le Schéma d’aménagement continue d’exiger un bon contrôle sur l’occupation du territoire et l’implantation des diverses constructions.

 

 

 

5.4.3    Les perspectives de la gestion de l’urbanisation dans le contexte rural particulier à la Matawinie

 

 

5.4.3.1      En ce qui concerne le récréotourisme et la villégiature, une problématique majeure à dénouer

 

Dans le contexte du premier Schéma d’aménagement et des premiers outils d’urbanisme, l’État n’a pas décrété d’espaces représentant un intérêt prioritaire pour le tourisme ou la villégiature comme il l’a fait pour la forêt et l’agriculture. Il y a donc un problème majeur. Majeur, parce qu’il s’agit déjà pour plusieurs municipalités de la Matawinie de la base du dynamisme économique et parfois double, parce que dans le cas des terres du domaine public, l’État y a déjà généralement prévu une affectation autre, soit la foresterie et, plus rarement, l’agriculture.

 

Il est donc d’intérêt public, qu’au niveau des territoires municipalisés, la MRC identifie, via son Schéma d’aménagement, les composantes de sa mosaïque territoriale qui représentent une valeur prioritaire pour ces secteurs d’activités, qu’elle y prévoit les affectations correspondantes et qu’elle invite l’État à redéfinir ses vocations territoriales en conséquence.

 

 

5.4.3.2      En ce qui concerne les fonctions commerciales et industrielles, une planification régionale qu’il reste à ajuster

 

Du côté des municipalités, l’histoire des 30 dernières années et plus particulièrement l’avènement du zonage agricole, a démontré qu’en général, les municipalités ne disposaient pas des motivations nécessaires pour assumer un zonage ressource, celles-ci étant constamment à l’affût d’éventuels projets de développement résidentiels, commerciaux ou industriels. Bien que le contrôle de ces fonctions soit plutôt récent, le monde municipal démontre déjà un certain intérêt, voir, une certaine habileté à diriger ces fonctions dans des zones prévues à cet effet, du moins en Matawinie.

 

Ne pas affecter le positionnement des noyaux villageois

 

Il existe des outils bien connus d’aide à la planification des fonctions commerciales et industrielles. Ainsi, dans le contexte de la grande région de Montréal, le concept de la hiérarchie des pôles appliqué à la Matawinie positionnerait la municipalité la plus populeuse, soit Rawdon, comme pôle de troisième ordre d’ici une vingtaine d’années dans la mesure où la croissance qu’on y lit se maintienne. Et qu’advient-il du reste de la MRC au-delà des parcs industriels régionaux pressentis dans le cadre du mode d’organisation régional ?  On doit, en premier lieu, admettre que les divers modèles nous éclairant sur le positionnement des fonctions commerciales et industrielles sont peu utiles pour un territoire essentiellement rural comme la Matawinie. Pire encore, l’idée même de la création de zones industrielles s’avère farfelue pour plusieurs petites municipalités.

 

Pourtant, oui, il existe pour ces dernières une forme courante, mais précaire, de dynamisme industriel qui se situe au niveau de la micro-entreprise, celle-ci ayant un caractère artisanal. Passé le cap des cinq (5) employés, d’ailleurs, les micro-entreprises peuvent être confrontées à un défi de restructuration physique. En outre, les organismes de développement perçoivent la MRC de Matawinie comme une pépinière d’entreprises et, dépendamment du contexte, la création de zones industrielles n’est pas nécessairement considérée comme un tremplin à leur développement.

 

Une gestion des fonctions industrielle et commerciale favorisant les noyaux villageois demeure, néanmoins, une nécessité pour nos milieux ruraux, d’autant plus que ces activités peuvent avoir un effet déstructurant dans certains environnements qu’on doit engager dans des missions bien spécifiques comme la récréation, la villégiature, la faune et l’agriculture.

 

La présente réflexion, de même que l’application de la conformité aux dispositions du premier Schéma d’aménagement de la MRC, nous amènent à apporter certaines modulations quant aux politiques ayant servi de référence à la gestion de ces fonctions. Ces modulations touchent des composantes spécifiques de notre habitat rural, soit les hameaux, les anciens chemins de rang et enfin, les carrefours situés au croisement de ces chemins de rang avec le réseau routier régional.

 

La revalorisation des anciens chemins de rang pour les besoins de l’industrie artisanale

 

Pour ce qui est d’une gestion plus fine de ce que nous avons défini comme des micro-entreprises à caractère artisanal, les anciens chemins de rang sont perçus comme les milieux récepteurs les plus aptes à absorber les inconvénients d’éventuelles nuisances et à répondre aux besoins de leur positionnement initial. Ces chemins sont effectivement accessibles au camionnage et se rabattent pratiquement tous sur le réseau routier défini au concept d’organisation régional.

 

En prévoyant des dimensions minimales de l’ordre d’un hectare et en préservant l’aspect des lieux, particulièrement au niveau de la cour avant, on peut d’une part réduire de beaucoup les nuisances sur le voisinage et préserver le caractère rural de ces chemins.

 

Les usages commerciaux de quartier, complémentaires à la fonction résidentielle

 

La même réflexion s’impose pour certains petits commerces de service dits de quartier. Ces commerces pourraient être autorisés en milieu rural sous la forme d’usages complémentaires à la fonction résidentielle (usages domestiques), ceux-ci créant peu d’impacts sur le milieu et pouvant opérer à partir d’un achalandage de provenance locale. Cette approche représente un accommodement primaire, mais important, particulièrement pour les résidents des hameaux éloignés des périmètres d’urbanisation.

 

Les commerces de carrefour en bordure du réseau routier régional

 

Parmi les problématiques particulières à l’utilisation de notre système routier régional, il a été fait mention que les distances pouvaient être trop grandes entre deux (2) lieux offrant des services de base au transit routier. Ces services de base sont le poste d’essence, le dépanneur, le restaurant et l’hébergement de type motel. Il conviendrait donc que la notion de service de dépannage soit mieux définie de manière à répondre adéquatement à cette préoccupation primaire en terme de qualité de service et de sécurité.

 

 

5.4.3.3      La capacité des lacs à recevoir la croissance

 

Déjà dans le contexte du premier Schéma d’aménagement, la capacité de support des lacs était ciblée comme préoccupation d’aménagement. Des études sommaires ont donc été produites à ce sujet en utilisant à cette fin la formule du couloir riverain. Cette formule permet d’estimer le nombre de terrains riverains pouvant présenter, a priori, des conditions favorables à la construction d’une habitation et à l’implantation d’un élément épurateur. Seuls les terrains riverains ayant une pente inférieure à 15 % sont retenus pour ce calcul. Lorsque le nombre de terrains déjà construits dépasse le nombre des terrains constructibles, on dit que la capacité de support du lac a été dépassée.

 

Bien sûr, cette formule n’est pas parfaite. Par exemple, il est assez facile de comprendre que les lacs de tête, dont le renouvellement de l’eau est très lent (parfois plus d’un an), constituent des écosystèmes plus fragiles que des lacs alimentés par des gros ruisseaux et des rivières. Aussi, selon la qualité des sols constituant les versants immédiats des lacs, la capacité d’épuration du milieu peut varier.

 

Sur plusieurs lacs, on observe aussi des occupations en deuxième rangée, voir, parfois même des grilles de rues. Les parties les plus anciennement occupées de ces lacs se caractérisent, d’ailleurs, par des terrains très étroits qui n’ont pas la capacité de support requise pour recevoir des équipements sanitaires conventionnels. Plus récemment, la transformation de nombreux chalets en résidences permanentes est aussi venue accroître la pression d’utilisation des rives de nos lacs et on est en droit de se demander si ces secteurs ne sont pas en train de subir une contamination accrue. Dans le contexte où les périmètres d’urbanisation disposent d’équipements permettant d’assurer la salubrité recherchée, on doit éviter que des milieux moins bien suivis que les périmètres deviennent des lieux de contamination.

 

Pour ces diverses raisons, il convient, à un premier niveau, que les secteurs riverains densément occupés fassent l’objet d’un suivi quant à la qualité de l’eau du littoral leur faisant face.

 

À un second niveau, dans l’optique où le rayonnement de nos lacs continue de susciter le développement de la villégiature, il importe que celui-ci soit planifié en tenant compte, d’une part, de la capacité de support globale du lac à recevoir ce développement et, d’autre part, de la capacité d’épuration d’un terrain.

 

 

 

5.4.4    Vers un meilleur positionnement des périmètres d’urbanisation par rapport à la croissance observée au niveau de la fonction résidentielle

 

Tel qu’il a été adopté, le contenu du premier Schéma d’aménagement a permis d’exercer un contrôle important sur les fonctions commerciales et industrielles en formulant le souhait que cela aurait pour effet de mieux diriger ces activités vers les noyaux villageois. Tel que mentionné en début de cette sous-section, il apparaît difficile d’établir le bénéfice réel à ce niveau. Cela n’est pas vraiment surprenant quant on sait que près de la moitié des villages de la Matawinie se positionnent mal par rapport aux besoins de leur propre population.

 

On le sait par contre depuis toujours, la croissance en Matawinie se manifeste, pour l’essentiel, à travers le dynamisme de la fonction résidentielle, celle-ci étant fortement teintée par la villégiature. Les résultats de l’analyse de l’émission des permis au cours des dix (10) dernières années parlent par eux-mêmes. Pour trois (3) municipalités sur quatre(4), le noyau villageois exerce peu d’attraction sur cette fonction.

 

Est-il possible d’améliorer la performance des noyaux villageois à l’égard de la fonction résidentielle ?  Difficile de répondre, mais il est clair que dans l’avenir, la différence viendra de la définition qu’on donnera à la villégiature et devra avoir pour conséquence une croissance résidentielle davantage dirigée vers les noyaux villageois. Le succès de cette opération dépendra donc de la facilité avec laquelle le village pourra répondre à ces besoins en tranquillité et en valeurs naturelles rurales que représentent le milieu riverain et le panorama.

 

 

5.4.4.1      Le rôle du milieu riverain, du panorama et des grands équipements récréatifs régionaux sur le développement de la villégiature comme fonction interrégionale

 

A priori, le principal moteur de la villégiature est le milieu riverain de nos lacs et cours d’eau. Les autres valeurs paysagères consommées à cette fin sont les panoramas montagneux ou agroforestier de même que les grands équipements récréatifs régionaux, tels les stations de ski, les terrains de golf et les parcs régionaux. Ces valeurs rurales naturelles et anthropiques propres à la Matawinie constituent, d’ailleurs, une spécificité fort appréciable à l’échelle de la grande région de Montréal.

 

En ce qui a trait au milieu riverain et au panorama, on oublie souvent que plusieurs noyaux villageois eux-mêmes offrent déjà de telles valeurs, à commencer par Saint-Donat et Saint-Alphonse-Rodriguez en ce qui a trait aux lacs naturels. Pour six (6) autres agglomérations, un étang a été aménagé. Les plus imposants sont ceux de Rawdon avec les lacs Pontbriand et Rawdon, alors que pour cinq (5) autres villages, il s’agit d’étangs de moins de quatre (4) hectares créés sur des petites rivières, comme à Notre-Dame-de-la-Merci, Entrelacs, Chertsey, Sainte-Marcelline-de-Kildare et Sainte-Émélie-de-l’Énergie.

 

Les autres villages ne sont pas nécessairement en reste pour autant. Ainsi, les villages de Saint-Côme et de Saint-Michel-des-Saints sont traversés par des rivières importantes, soit la l’Assomption et la Mattawin. Quatre (4) villages offrent aussi la valeur panoramique, soit, tout d’abord, Sainte-Marcelline-de-Kildare et Saint-Zénon, situées toutes deux (2) sur un contact physiographique majeur, Sainte-Béatrix et Saint-Jean-de-Matha qui occupent une butte donnant sur un panorama agroforestier. À Saint-Damien, les terrains situés au Nord du village offrent les mêmes avantages, alors que la rivière Matambin ceinture le village lui-même.

 

Nos villages disposent donc, à des degrés divers, des valeurs rurales naturelles recherchées par la fonction résidentielle, mais celles-ci ne sont pas toutes rendues accessibles à un même niveau. Il conviendrait donc que ces valeurs reliées à l’eau, à la montagne et au panorama soient davantage prises en compte dans la planification, la promotion et l’aménagement de nos noyaux villageois afin que ceux-ci puissent exercer une plus grande attraction sur cette fonction responsable de l’essentiel de la croissance en Matawinie.

 

 


5.4.4.2      Les formes de développement créant une compétition indue aux périmètres d’urbanisation

 

Une bonne part du développement résidentiel s’est effectuée dans des secteurs n’offrant pas de valeur particulière en terme de milieu riverain et de panorama. La présence de la forêt, la proximité du système routier principal, de même que la faible valeur des terrains expliquent l’existence de nombreux hameaux. Assez curieusement, tous les noyaux villageois offrent des valeurs comparables, sauf, possiblement, les faibles prix. On peut donc parler dans ce cas d’une compétition par rapport aux noyaux villageois, celle-ci résultant du fait que la croissance a pratiquement toujours été dirigée par les développeurs, les municipalités limitant leur implication aux seules normes d’aménagement.

 

Il serait fort profitable aux périmètres d’urbanisation que cette forme de développement soit dirigée vers des terrains forestiers situés soit à l’intérieur, soit en bordure de ceux-ci plutôt que d’être éparpillée ici et là. Les récentes modifications apportées à la Loi sur l’agriculture, via la loi 184, vont dans ce sens. Une approche semblable devrait s’appliquer aux territoires d’intérêts forestiers qui subissent, eux aussi, les effets de la déstructuration et qu’on entend, d’ailleurs, valoriser par un zonage ressource.

 

 


Section VI    La qualité du milieu de vie et la sécurité publique

 

 

 

Cette section identifie les composantes environnementales qui nous préoccupent dans la recherche de la qualité du milieu de vie pour l'humain, mais aussi pour tout ce qui vit en général.

 

Cet éveil à un environnement sain a commencé à se manifester au cours de la seconde moitié du 20e siècle avec l'avènement de crises environnementales aiguës un peu partout à l'échelle de la planète. La santé de la population humaine versus l'insalubrité du milieu, la présence de contaminants ou encore des processus naturels destructeurs ont donc donné lieu à des engagements de la part de nombreux États modernes.

 

Les recherches effectuées à ce sujet sur notre milieu de vie ont aussi fait ressortir la situation très précaire de différentes formes de vie animale ou autres. La disparition effarante d'une multitude d'entre elles provoquée par la pollution ou l'occupation de nouveaux territoires par l'homme a fait naître des concepts révélateurs comme la biodiversité et les espèces menacées. Via cette aspiration à une meilleure qualité de vie, beaucoup d'espèces vivant dans notre environnement sont aussi devenues des indicateurs de la qualité du milieu et l'évolution de leur population est, aujourd'hui, utilisée comme sonnette d'alarme en gestion environnementale.

 

Ces résultats ont entraîné une prise de conscience nouvelle où la nature n'est plus considérée comme une contrainte à surmonter, mais plutôt comme un patrimoine collectif extrêmement précieux à préserver et auquel nous-mêmes, comme êtres vivants, appartenons. Sont donc apparues des expressions comme « milieux sensibles », « habitats à protéger » et même « contraintes anthropiques ». Ces dernières regroupent les activités humaines les plus compromettantes pour notre propre qualité de vie.

 

La pollution et les risques d'origine naturelle ou anthropique, l'occupation désordonnée du territoire ont donc fait l'objet d'importantes législations, toujours en évolution, principalement à travers la Loi sur la qualité environnementale et la Loi 125 sur l'aménagement et l'urbanisme, ces deux (2) lois traitant, chacune à leur niveau, des milieux de vie.

 

 

 

 

6.1     La préservation de la qualité du milieu de vie

 

Au cours des 20 dernières années, la qualité de la vie est devenue le fer de lance des campagnes promotionnelles de nombreuses municipalités désirant accueillir de nouveaux résidents. La réalité de la croissance que vit la Matawinie implique que notre territoire demeure une terre d’accueil importante par rapport à la grande région de Montréal, cette croissance constituant aussi un ferment déterminant en terme de développement économique. Dans les faits, la plupart des municipalités traduisent cette préoccupation depuis un plus grand nombre d'années encore à travers la réglementation en place au sujet des nuisances. Ce règlement tire son champ d'application du code municipal. La loi 125 vient élargir ce champ aux contraintes anthropiques et à la santé publique.

 

 

 

6.1.1    La réglementation sur les nuisances

 

Les perceptions relatives aux nuisances désignent la vue, l’ouïe et l'odorat. Les divers points ciblés par le code municipal concernant la réglementation sur les nuisances visent une utilisation normale d'un terrain, particulièrement en ce qui concerne la propreté des lieux. Mentionnons que l'adoption d'un tel règlement est laissée à la discrétion de la municipalité. Les dispositions qu'il peut contenir visent à la fois une qualité visuelle et sonore de l'environnement, de même que la salubrité de l'environnement extérieur à l'habitation dans le but de favoriser un bon voisinage. Ces préoccupations à l'égard des nuisances se sont aussi traduites par l'apparition des premiers règlements d'urbanisme, dès le début des années 60.

 

 

 

6.1.2    La recherche d'harmonie dans l'occupation du territoire

 

Plus globalement, une bonne part des activités humaines génère son lot « d'émissions de nuisances », celles-ci faisant partie intégrante du dynamisme d'une collectivité. Contrairement à ce qui vient d'être décrit, il s'agit ici de nuisances qu'on qualifie de normales parce qu'elles sont associées à la survie ou à l'épanouissement des individus, des groupes ou des entreprises. À travers les activités traditionnelles, comme l'agriculture ou la foresterie, l'émission de bruits et de poussières peut atteindre des quantités qui se situent parfois à la limite de ce qu'un individu peut supporter. Plusieurs petits appareils ont d'ailleurs été mis au point pour atténuer l'effet de ces nuisances au sein même de ces milieux de travail, aussi bien que dans les petits ateliers d'usinage nés un peu partout pour la transformation du bois ou d'autres matériaux.

 

En milieu typiquement rural, c'est-à-dire à très faible densité, les inconvénients générés sur le voisinage par ces activités demeurent faibles à cause de l'éloignement relativement grand (plus de 100 mètres) entre les habitations. Par contre, avec le processus d'urbanisation et le rapprochement des habitations au sein des villages et des hameaux, la présence de tels inconvénients est devenue la source de divers problèmes de cohabitation. Plusieurs activités artisanales à caractère industriel ou reliées au transport nécessitent de l'entreposage extérieur ou la circulation de machinerie lourde, alors que d'autres, soumises à des contraintes d'horaire particulières, perturbent les heures conventionnelles de sommeil pour le voisinage rapproché lorsqu'il existe, altérant ainsi la qualité du milieu de vie. Le tableau 102 propose une appréciation de la compatibilité des usages à l’intérieur de différents types d’environnement.

 

Cette diversité dans l'occupation de notre territoire représente un patrimoine inestimable qui peut contribuer à enrichir notre mosaïque territoriale tout aussi bien que la détériorer. Pour assurer la qualité de notre milieu de vie, il importe donc de diriger les diverses activités en les regroupant dans des lieux correspondant, à un premier niveau, à leurs exigences environnementales. À un second niveau, il importe de mettre en place des mesures empêchant que des activités perturbatrices viennent s'implanter dans certains milieux donnés.

 

Pour assurer et maintenir la spécialisation des fonctions spatiales, il importe de procéder, pour chaque zone, à une sélection des usages en fonction d'une compatibilité à l'égard d'une activité déjà implantée et dominante et qu'on entend privilégier. Par rapport à l'activité privilégiée, on peut donc qualifier les autres usages selon leur degré de compatibilité, soit de complémentaires, de tolérables ou d'incompatibles. Cette gestion donne lieu à la création d'espaces fort différents, certains ayant un caractère très exclusif comme la zone résidentielle et d'autres très diversifiés comme les zones commerciales mixtes. Ce traitement fin de l’harmonisation des activités pour différents milieux est le propre de la planification exercée par les municipalités locales.

 

 

 

6.1.3    Le patrimoine anthropique

 

Notre préoccupation première a été d’identifier, dans le paysage matawinien, tous les sites pouvant enrichir notre paysage et la compréhension de notre histoire. Ceci peut tout aussi bien comprendre le tracé sinueux d’un vieux chemin que le vestige d’un vieux moulin ou d’un ancien ouvrage forestier. En ce sens, les inventaires du ministère des Affaires culturelles et d’autres travaux de reconnaissance produits par la MRC ont été mis à contribution.

 

Si les sites d’intérêts naturels sont répartis de façon aléatoire sur le territoire, on peut dire, par contre, que les sites anthropiques sont étroitement reliés aux axes de communication. À des fins de classification, ils sont répartis en six (6) classes : les ensembles patrimoniaux, les ensembles architecturaux et les sites architecturaux, les sites historiques, les sites archéologiques et les sites culturels.

 

 

6.1.3.1      Les paysages patrimoniaux

 

Ces secteurs désignent généralement des espaces agricoles où subsistent des bâtiments d’architecture traditionnelle et qui reflètent la manière de vivre de nos ancêtres. Ils sont au nombre de 16 et se répartissent dans six (6) municipalités. Les critères qui prévalent pour la reconnaissance de ces secteurs sont les suivants :

Ø     la sinuosité de certains rangs dans un paysage agricole vallonné et souvent encadrés par des boisés;

Ø     la prédominance d’activités liées à l’agriculture et l’aviculture;

Ø     l’implantation des bâtiments le long des rangs, tantôt en bordure ou en retrait, tantôt d’un seul côté de la route, tantôt perpendiculairement à la route, tantôt à flanc de colline;

Ø     l’architecture traditionnelle peu modifiée.

 

 


6.1.3.2      Les ensembles et les sites architecturaux

 

Les ensembles et les sites architecturaux font référence à des traditions architecturales présentes dans des bâtiments de fonctions diverses. Ces éléments peuvent être révélateurs de la façon de construire et d’ornementer les bâtiments qui avaient cours, autrefois, sur le territoire. En Matawinie, la plupart des noyaux villageois font partie d’ensembles architecturaux. On parle alors de « concentration du bâti ». À l’extérieur de ces ensembles architecturaux, on compte aussi un bon nombre de bâtiments isolés présentant un intérêt particulier.

 

 

6.1.3.3      Les sites historiques

 

Les sites historiques en Matawinie, ce sont de vieux moulins et de vieux aménagements forestiers. Les sites identifiés évoquent certaines activités traditionnelles. Les vieux moulins offrent un intérêt particulier aux niveaux géographique et paysager.

 

 

6.1.3.4      Les sites archéologiques

 

Les sites archéologiques identifiés en Matawinie concernent principalement des lieux d’occupations amérindiennes. Ils sont presque tous préhistoriques et sont repérés à partir de traces, telles des foyers, des fosses, des outils ou autres objets ou restes d’habitations. Ces sites sont tous situés en bordure des lacs et cours d’eau, car les amérindiens les utilisaient pour leurs déplacements importants et leurs échanges. La plupart d’entre eux se retrouvent dans la partie Nord des TNO et quelques-uns au niveau du territoire municipalisé.

 

 

 

6.1.4    Les contraintes anthropiques

 

« Contrainte anthropique » signifie : contrainte produite par l'homme en désignant des nuisances à caractère permanent. Il s'agit d'activités déjà implantées ou qui pourraient s'implanter, mais qu'on entend encadrer de façon particulière par des normes pour atténuer la nuisance qu'elles causent sur le voisinage. À cette fin, les ministères des Affaires municipales et de la Sécurité publique fournissent la documentation nécessaire à la préparation d'un tel dossier en établissant une échelle des nuisances.

 

Le ministère des Affaires municipales, définit deux (2) catégories de contraintes anthropiques : les activités source de nuisance et les entreprises à risque. Les activités source de nuisance génèrent des inconvénients, tels que le bruit, la fumée, la poussière, le gaz, la chaleur, les éclats de lumières, les odeurs, etc., de façon plus ou moins soutenue alors que les entreprises à risque, en situation catastrophique, peuvent entraîner la mort.

 


a)         Les activités source de nuisance

 

Les nuisances se définissent comme « [...]un ensemble de facteurs d’origine technique ou sociale qui rendent la vie malsaine ou pénible, soit par la nature même d’un immeuble ou d’une activité, soit par l'usage abusif qu’on en fait. ». Contrairement aux entreprises à risque, le choix des activités pouvant causer des nuisances est beaucoup plus difficile à définir puisque les désagréments occasionnés peuvent être tolérés à différents degrés par la population avoisinante. Néanmoins, le ministère de la Sécurité publique a établi certains critères de sélection qui peuvent prendre plusieurs formes. Il peut s’agir notamment :

Ø     d’émanations continues immédiatement gênantes ou perceptibles par l’être humain (fumée, poussière, odeur, vapeur, gaz, radiation) ou qui, insidieusement, auront des effets à moyen et long terme sur la santé;

Ø     d’un niveau de bruit incommodant par sa fréquence, sa durée et surtout son intensité.

 

D’autres critères ont été ajoutés pour qualifier des activités courantes en Matawinie et qui ne sont pas nécessairement d’ordre industriel. Le tableau 103 regroupe les différentes activités considérées sous trois (3) grandes catégories, soit les infrastructures publiques, la gestion des ressources et la gestion des matières résiduelles, et indique les types de nuisances habituellement associées à chaque activité.

 

En Matawinie, la majorité des activités source de nuisance semblent plus variées et nombreuses que les activités à risques. Le tableau 104 reprend le même classement que celui du tableau 103, mais produit une estimation du nombre d’entreprises présentes dans chaque municipalité. Comme on peut s’y attendre, leur présence est étroitement liée à la densité d’occupation du territoire et à l’intensité de l’activité économique. Ainsi, les municipalités de Rawdon et Saint-Jean-de-Matha terminent en tête de liste. Mentionnons que les données de Saint-Félix-de-Valois sont incomplètes. Globalement, les infrastructures publiques et les activités ressources sont les domaines qui génèrent le plus de contraintes.

 

b)         Les activités à risque

 

Pour être considérée comme étant à risque, une entreprise doit répondre à certains critères. D’une part, elle doit entreposer, transformer ou produire des matières dites dangereuses, comme par exemple : des substances inflammables, explosives ou toxiques. D’autre part, la quantité de substances dangereuses doit atteindre ou dépasser une quantité seuil. Sur cette base, le Conseil canadien des accidents industriels majeurs (CCAIM) a établi une liste de substances potentiellement dangereuses pouvant causer la mort à l’extérieur d'un site d'entreposage lors d’un accident majeur. De plus, selon les quantités de substances dangereuses entreposées, il existe deux (2) niveaux de risque possible : les entreprises à risque majeur et les entreprises à potentiel élevé de risque majeur.

 

Par rapport à ces différentes catégories de risques, on observe en Matawinie quatre (4) grands groupes : les entreprises à risque, les entrepôts de matières dangereuses, les barrages et les moulins à scie. Pour ses propres besoins, la Régie régionale de la santé et des services sociaux (RRSSS) s’est servie de la liste du CCAIM pour déterminer les entreprises matawiniennes à risque. Sur les quatre (4) entreprises considérées à risque, trois (3) sont des fabricants et distributeurs de plastique et de polymère et un (1) seul entrepose et distribue des produits pétroliers (voir tableau 105). Il existe également un entrepôt contenant des matières dangereuses de façon saisonnière, il s’agit du dépôt de résidus domestiques dangereux situé à Sainte-Béatrix.

 

Pour ce qui est des barrages, il s'agit d'un inventaire fort restreint, car il en existe une multitude comme à l’exutoire des nombreux petits lacs artificiels. Les barrages cartographiés sont à la fois les plus importants et les plus connus et tous situés sur une rivière. Ils sont classés en deux (2) groupes, soit ceux de cinq (5) mètres et plus de haut et ceux de moins de cinq (5) mètres. Certains sont construits pour permettre un contrôle des débits et maintenir les niveaux d'eau, ce qui entraîne alors une annulation des cotes d'inondations. Un identifiant particulier permet de les reconnaître. En territoire municipalisé, seul le barrage du Lac Pontbriand à Rawdon tombe dans la catégorie de plus de cinq (5) mètres.

 

c)         L’appréciation du niveau de risque

 

Comme le niveau de risque est étroitement lié à la distance entre la victime éventuelle et la source de l’accident, l’évaluation d’une situation précise (qu’il s’agisse d’une usine existante ou d’un site industriel proposé) permet de tracer une série de « contours de risque » associés aux divers niveaux de risque pour chaque individu. La distance entre la source de risque et chaque contour variera en fonction des caractéristiques de la source (notamment les matières dangereuses présentes) et des mesures d’atténuation utilisées.

 

Cette évaluation des risques devrait se faire pour chaque site industriel où se trouvent des quantités de matières dangereuses dépassant certains seuils.

 

La figure 32 illustre une situation où la fatalité (décès) associée à une conflagration est estimée à un habitant sur 10 000 pour un rayon de 600 mètres et à un sur 100 000 pour un rayon d’un kilomètre. Le CCAIM a produit à cet effet un mini-guide sur l’évaluation de risque qui indique des contours de risque pour certains cas types, évitant ainsi la nécessité de réaliser des évaluations de risque pour les cas les plus simples.

 

 

 

6.1.5    La santé publique

 

Dans l'optique d'une prise en charge par le milieu de la santé publique, d'autres mesures préventives ou programmes demandent d'être appliqués. En Matawinie, trois (3) points font l'objet d'une attention particulière, soit la gestion des boues de fosses septiques des résidences isolées, les logements insalubres et les prises d'eau potable.

 

a)         La gestion des boues de fosses septiques

 

Dans un nombre d'agglomérations de plus en plus grand, on a procédé à l'aménagement d'égouts sanitaires et pluviaux pour faciliter l'évacuation ou le traitement de ces eaux. Malgré le caractère indispensable des usines d'épuration, celles-ci peuvent générer des nuisances sur le voisinage en raison des odeurs qui peuvent s'en dégager. Celles-ci font, d'ailleurs, partie du groupe des activités source de nuisance présentées au tableau 103. De façon générale, lorsque cela s'avère possible, leur implantation est planifiée pour atténuer la nuisance sur l'environnement.

 

Dans le cas des équipements sanitaires des résidences isolées, leur implantation est régie par des règlements et des normes permettant d'éviter la contamination des puits situés dans le voisinage. En l'absence de réseaux d'aqueducs, les puits privés rendus nécessaires sont effectivement susceptibles d'être contaminés, particulièrement pour les puits de surface (situés à de faibles profondeurs) en période de disette. La colmatation des champs d'épuration peut générer de tels inconvénients. Comme on sait, l'inspection et la vidange périodique de la fosse septique permettent d'éviter de tels risques.

 

b)         La protection des prises d'eau potable

 

En Matawinie, le type de prises d'eau varie grandement sur le territoire. On y retrouve des puits (eau souterraine), des sources naturelles aménagées et des lacs. En plus des prises d'eau municipales desservant les périmètres d'urbanisation, il existe un grand nombre de petits aqueducs privés pour les besoins des hameaux. Le tableau 106 présente la répartition de ces prises d'eau pour chacune des municipalités.

 

Les divers systèmes de captage et de distribution de l'eau potable constituent des vecteurs stratégiques de propagation de maladies par rapport à la communauté. Depuis les cinq (5) dernières années, l'information et la législation mises de l'avant par le ministère de l'Environnement ont pour effet d'accroître les mesures de protection et de contrôle en vue d'assurer la santé des utilisateurs.

 

La protection d'une prise d'eau s'établit au moyen de périmètres de protection de rayon variable selon le degré d'altération susceptible d'être généré par des activités plus ou moins nocives. Pour une application judicieuse de ces mesures, il importe de pouvoir se faire une idée de l'aire d'alimentation entourant une prise d'eau. Le comportement de l'eau à l'intérieur de cette aire pourra varier grandement selon qu'il s'agit d'une eau de source, d'eau de surface ou d'eau souterraine ou, encore, selon la quantité d'eau qu'on y puisera. En effet, une forte utilisation a pour conséquence de modifier les conditions d'écoulement autour de la prise d'eau, l'écoulement étant dévié vers celle-ci. La figure 33 représente l'effet du pompage sur l'écoulement d'une nappe aquifère et indique la relation qu’il convient d’établir, d’une part, entre l’aire d’appel et le rayon de protection rapproché et, d’autre part, entre l’aire d’alimentation et la zone de protection éloignée.

 

On doit se rappeler qu'en période de disette, la consommation de l'eau a tendance à augmenter et peut même dépasser la capacité d'alimentation du milieu. Il s'agit d'une période critique en terme de risques de contamination, car toute l'eau de l'aire d'alimentation est attirée vers la prise d'eau. Les mesures de protection applicables aux prises d'eau potable sont les périmètres de protection et les tests d'eau permettant d'évaluer l'évolution de sa qualité pour la consommation.

 

Parmi les lectures qui vont devenir nécessaire à la gestion des réseaux d’aqueduc, mentionnons :

Ø     Le type de source;

Ø     Le nombre d’abonnés existants ou pouvant être supportés par une installation;

Ø     Le fait que le réseau désert 21 abonnés ou plus et qu’il soit de tenure publique ou privée;

Ø     L’existence ou non d’une étude hydrogéologique définissant les rayons de protection bactériologique et virologique.

 

c)         La vétusté et l'insalubrité du logement

 

En ce qui concerne la vétusté ou l'insalubrité des logements, il existe des programmes d'aide à l'amélioration de la qualité du logement mis de l'avant par la Société d'habitation du Québec (SHQ) et gérés par la MRC depuis le milieu des années 1980. Ce programme appelé « Réno Village » inclut aussi le programme rénovation d’urgence (PRU).

 

Ces programmes sont, en général, basés sur l'appréciation de la sévérité de la situation, celle-ci étant définie, entre autre, par le revenu du ménage et par la valeur de la construction. Dans le cas du programme « Réno Village », les revenus doivent se situer en dessous de 25 500 $ à 33 000 $ selon le nombre d'occupants, pour une valeur du bâti inférieure à 45 000 $. Pour le PRU, la limite du revenu se situe entre 15 000 $ et 22 000 $ pour une valeur de bâti inférieure à 35 000 $. On y aide à régler tant des problèmes de vétusté que de salubrité, et ce, en participant au financement d'une partie des frais. Cette participation peut aller jusqu'à 90 % des frais pour un maximum de 6 500 $.

 

Mentionnons que la MRC gère aussi deux (2) autres programmes visant à régler des problèmes d'environnement architectural pour des personnes en perte d'autonomie ou handicapées, soit le Programme d'adaptation du domicile (PAD) et le Logement adapté pour aîné autonome (LAAA). Le premier s'adresse spécifiquement aux personnes handicapées, alors que le second vise essentiellement les personnes âgées. Le tableau 107 fait état du nombre de dossiers de chacun de ces programmes pour les municipalités de la Matawinie. On remarquera que peu de dossiers du programme LAAA sont traités du fait que c'est la première année que la MRC en assume le mandat.

 

Lorsqu'on considère le nombre de dossiers en fonction de la population totale, on constate que le ratio varie énormément. Deux (2) facteurs de base expliqueraient cette variation. D'une part, il y a la disponibilité en chalets de faible valeur et d'autre part, la proportion de la main-d'œuvre sans travail ou ayant un faible revenu. Comme on sait, le stock des chalets varie d'une municipalité à l'autre. On sait également que les chalets situés en bordure du milieu riverain se voient attribuer une plus haute valeur et sont la propriété d'une population plus en moyen. Ce sont donc soit des villages ou des hameaux non-rattachés à des valeurs rurales spécifiques que devraient provenir la majorité de ces demandes. Mentionnons également que le nombre de dossiers traités uniquement pour raison d'insalubrité n'a pas été établi de façon spécifique. Une municipalité peut adopter un règlement sur l'insalubrité pour contrer le phénomène.

 

Dans l'optique d'assurer un traitement rigoureux et une répartition adéquate de cette aide à la grandeur du territoire, le conseil de la MRC a adopté quelques règles à cet effet à l'automne 2000 :

Ø     Répartition égale entre les municipalités;

Ø     Respect des critères d'admissibilité;

Ø     Visites, a priori, pour un certain nombre de dossiers (minimum de cinq (5) visites par municipalité) avant de livrer le programme;

Ø     Priorisation selon l'urgence des travaux.

 

Vous pourrez constater, à la lecture du tableau 107 que le nombre de dossiers non-traités est important. Cette situation tient au fait que, d'une part, les contributions financières des gouvernements sont très limitées et que, d'autre part, le potentiel de transformation des chalets en résidences permanentes en Matawinie vient grossir les situations de demandes d'aide.

 

 


6.2     La préservation des milieux naturels sensibles

 

Une bonne part des textes de cette section provient de deux (2) publications gouvernementales consacrées à la préservation des milieux naturels sensibles. Citons le document publié en 1998 par le ministère de l'Environnement et de la Faune intitulé « Protection des Rives, du Littoral et des Plaines Inondables », de même que le document « Système de classification des terres humides du Québec (1982) ».

 

En Matawinie, certains d'entre eux sont à la base du développement de la villégiature et du tourisme, comme les milieux riverains et aquatiques. Par rapport à la grande région de Montréal, nous disposons à ce niveau d'un patrimoine exceptionnel que nous partageons avec nos voisins de la région des Laurentides. Pour chacun des thèmes présentés ici, on trouvera une multitude de sites sur la carte au 1 :  20 000 préparée à l’attention de chaque municipalité et traitant de la qualité du milieu et de la sécurité publique. On constatera que les milieux riverains et aquatiques ne font pas l'objet d'une valorisation cartographique particulière, ceux-ci étant représentés de façon conventionnelle. Voici, en introduction, quelques informations sur la notion de biodiversité.

 

La biodiversité

 

La vie est apparue sur la Terre il y a environ 3,5 milliards d’années. Depuis ses premières manifestations primitives, elle s’est considérablement développée et complexifiée. Pour décrire cette complexité qui résulte d’une très longue évolution, on utilise le terme biodiversité ou diversité biologique. Le concept de biodiversité comprend lui-même plusieurs niveaux de complexité :

 

Ø     la diversité des espèces :           on estime qu’il existe aujourd’hui entre 5 et 10 millions                                      d’espèces vivantes sur la Terre, depuis les micro-organismes                                jusqu’aux êtres humains, en passant par les plantes et les                                           animaux;

 

Ø     la diversité génétique :              chaque espèce biologique, chaque individu au sein d’une                                          même espèce se distingue des autres par un patrimoine                                 génétique qui lui est propre. Chaque individu, quelle que                                             soit son espèce, possède donc une partie de la diversité                                     génétique qui caractérise l’ensemble du monde vivant;

 

Ø     la diversité des écosystèmes :   chaque espèce vivante manifeste une préférence pour un                                               milieu de vie adapté à ses besoins. La diversité des espèces                                       implique nécessairement la diversité des écosystèmes.

 

Il y a une interrelation très étroite entre ces trois (3) aspects de la diversité biologique. C’est d’abord la variété génétique qui entraîne la variété des espèces végétales et animales, mais pour que ces dernières puissent se maintenir, il faut aussi une grande diversité des écosystèmes. Parallèlement, un écosystème diversifié en espèces constitue lui-même un réservoir pour la diversité du patrimoine naturel; il formerait également un milieu plus stable et moins propice aux maladies.

La disparition progressive des différentes formes de vie

 

On constate que les modifications apportées aux écosystèmes peuvent provoquer la disparition d’un grand nombre d’espèces en détruisant leur habitat. Il en résulte une diminution du patrimoine génétique disponible et un appauvrissement de la diversité biologique. Cet appauvrissement est considéré comme l’un des plus graves problèmes environnementaux auxquels doit faire face l’humanité. En effet, les animaux, les plantes et les micro-organismes fournissent des aliments, des sources de médicaments et de nombreux autres éléments qui nous sont essentiels.

 

 

 

6.2.1    Le littoral

 

Pour les fins de la Politique sur la protection des rives et du littoral des cours d'eau, on définit le littoral comme étant la partie du lit des lacs et cours d’eau qui s’étend à partir de la ligne des hautes-eaux jusqu’au centre du lac ou du cours d’eau. La partie du littoral attenante à la rive, où l’on trouve de la végétation aquatique en abondance, est considérée comme la zone la plus riche et la plus diversifiée. Elle héberge la plus grande partie des animaux qui vivent en milieu aquatique : des mammifères, des canards, des reptiles, des batraciens, des poissons et presque toutes les catégories d’invertébrés, en plus des insectes, des vers, des larves et des mollusques. Le littoral et la rive immédiate forment, ensemble, un habitat riverain vraiment exceptionnel sur le plan de la biodiversité. La figure 34 représente l’essentiel de ces milieux tant recherchés par la villégiature.

 

a)         Le rôle de la végétation

 

La flore du littoral est également très diversifiée : on trouve d’abord les arbres et les arbustes des marécages, la végétation herbacée des marais ainsi que les plantes émergentes, ensuite les plantes caractérisées par leurs feuilles flottantes et, en eau plus profonde, les plantes submergées. Ces plantes jouent plusieurs rôles utiles sur le plan écologique en fournissant abri et nourriture à la faune aquatique. Elles protègent celle-ci contre la lumière, la chaleur et les prédateurs, tout en hébergeant une foule de créatures microscopiques. Sur certaines plantes, on peut trouver jusqu'à 24 espèces différentes d’insectes. En plus, les plantes absorbent les substances dissoutes dans l’eau pour fabriquer la matière organique qui constitue le premier maillon de la chaîne alimentaire. Sans les plantes, les poissons seraient privés d’une bonne partie de leur nourriture.

 

Les plantes du littoral jouent également un rôle important pour la dépollution des lacs et cours d’eau et le maintien de la qualité de leurs eaux en recyclant les nutriments présents dans l’eau. Certaines plantes ont la faculté d’emmagasiner, dans leurs racines, des polluants, comme le mercure; d’autres utilisent les phosphates, purifiant ainsi l’eau du plan d’eau au même titre qu’une usine d’épuration.

 

De plus, la végétation du littoral améliore la limpidité de l’eau en accélérant la sédimentation des particules en suspension. Enfin, il faut souligner que les plantes du littoral constituent des brise-lames très efficaces, ce qui contribue à prévenir l’érosion des rives.

Par ailleurs, l’absence de végétation dans l’eau ne signifie pas que le milieu aquatique est pauvre et que la vie y est inexistante, bien au contraire. On y trouve aussi des vers, des larves d’insectes, des crustacés et des mollusques. Dans les zones profondes, on trouve également toutes sortes de micro-organismes qu’on nomme benthos. En somme, l’ensemble du milieu hydrique entretient un système écologique complexe et si on perturbe l’équilibre de ce système, c’est la vie même des lacs et cours d’eau que l’on met en danger. La plupart des activités en milieu hydrique ont, cependant, lieu sur le littoral, près de la rive, c’est-à-dire dans la zone la plus riche et la plus productive du plan d’eau.

 

 

 

6.2.2    La rive

 

La rive est une bande de terre qui borde les lacs et cours d’eau et qui s’étend vers l’intérieur des terres à partir de la ligne des hautes-eaux (voir figure 34). Elle marque la transition entre le milieu aquatique et le milieu proprement terrestre.

 

À cause de la présence de l’eau, la faune de la rive présente une extraordinaire diversité en comparaison avec celle des milieux strictement terrestres. On y associe 271 espèces de vertébrés, dont 30 espèces de mammifères, plus de la moitié des oiseaux et les trois quarts des amphibiens et reptiles. Certains animaux y passent toute leur vie, alors que d’autres l’utilisent principalement pour l’alimentation, la reproduction ou l’élevage de leurs petits (Cantin et al., 1982 et Gratton, 1994). Par ailleurs, près de la moitié des 374 plantes menacées ou vulnérables ou susceptibles d’être ainsi désignées, sont associées aux milieux humides ou riverains.

 

a)         Le rôle de la végétation

 

Dans la mesure où l'on y trouve un environnement forestier de qualité, les oiseaux y trouvent un bon couvert de nidification, d’abri et de nourriture, tout comme les autres représentants de la petite faune en général. En plus d’y trouver de la nourriture, la grande faune se sert de la bande riveraine comme corridor de déplacement et de fuite, ce qui permet d’éviter l’isolement de certains milieux.

 

La végétation riveraine sert aussi d’habitat de reproduction pour certaines espèces de poissons, en plus de fournir à la faune aquatique de la nourriture et des zones d’abri contre les prédateurs. En effet, les plantes aquatiques, les racines, les souches, les troncs tombés à l’eau et l’ombrage créé par la végétation dissimulent le poisson ou le rendent plus difficile à voir, lui assurant ainsi tranquillité, zones de repos et abris.

 

Le milieu riverain constitue également un habitat pour la flore. Mais pour se maintenir, cette flore requiert une bande riveraine assez large afin que l’implantation d’une plus grande diversité d’espèces végétales soit favorisée. En corollaire, la diversification du couvert végétal permet à son tour d’augmenter la diversité de la faune présente.

b)         Les autres fonctions écologiques du milieu riverain

 

En plus de présenter un habitat essentiel pour la faune et la flore, la végétation riveraine exerce plusieurs fonctions écologiques, soit :

Ø     Une barrière contre les apports de sédiments aux plans d'eau;

Ø     Un rempart contre l'érosion des sols et des rives;

Ø     Un écran au réchauffement excessif de l'eau;

Ø     Un régulateur du cycle hydrologique;

Ø     Un filtre contre la pollution;

Ø     Un brise-vent naturel.

 

 

 

6.2.3    Les milieux humides

 

Pour la plupart des gens, les termes marais et marécage sont des termes équivalents pour désigner une même réalité : un milieu nauséabond générateur de maladies et un foyer à moustiques. Il ne faut donc pas s’étonner du fait qu’en certains milieux, on s’empresse souvent de les éliminer en les remblayant ou en construisant des digues ou autres structures analogues afin de récupérer le sol pour la culture, pour construire des routes ou des unités de logement. Ces pratiques sont encore très fréquentes au Québec. Nous savons aujourd’hui que ces milieux comptent parmi les plus productifs en matières nutritives de l’environnement physique et qu’ils représentent des communautés étroitement liées au niveau de la production de ces matières nutritives (Eitel, 1972).

 

Dans la littérature francophone, les termes marais, marécage, tourbière minérotrophe, tourbière ombrotrophe, terre légèrement submergée, mare, marelle, étang et pré humide sont souvent utilisés lorsqu’on réfère à différents types de terres humides. Une traduction libre de cette définition serait celle-ci : une terre humide est un terrain où l’humidité du substrat prédomine, « humidité du substrat » signifiant que le niveau de l’eau souterraine est situé près de la surface du substrat ou au-dessus de la surface.

 

Les terres humides sont donc des terrains intermédiaires entre les milieux aquatiques et les milieux terrestres. Les « wetlands » définis par Cowardin et al. (1979) doivent répondre à une ou plusieurs des exigences suivantes :

 

Ø     Le substrat est peu ou mal drainé;

Ø     Au moins périodiquement, le substrat humide doit supporter surtout des hydrophytes;

Ø     Le substrat est saturé ou couvert par une eau peu profonde à un moment donné pendant la saison de croissance de chaque année.

 

L’eau dans le sol crée des problèmes physiologiques sévères pour toutes les plantes et animaux, sauf ceux qui sont adaptés à la vie dans l’eau ou dans un sol saturé (Cowardin et al., loc. cit.). Les milieux humides ou terres humides considérés, ici, sont ceux représentés sur la carte de base au 1 : 20 000 du ministère des Ressources naturelles du Québec et qui sert de fond de carte à la qualité du milieu et à la sécurité publique. Les sites de moins d'un hectare n'apparaissent pas à cause de l'échelle. Aussi, ceux-ci ne font pas l'objet de classification particulière sur une base systématique.

 

6.2.4    Les sites d’intérêts naturels

 

Sont regroupés, ici, les sites dont la valeur repose sur des critères naturels reliés à l’eau, au sol ou aux composantes biologiques.

 

 

6.2.4.1      Les habitats fauniques

 

Sous cette rubrique, nous regroupons plusieurs sites représentant une valeur toute particulière pour certaines espèces. Les préoccupations déjà exprimées pour les milieux sensibles jusqu'à présent valent donc aussi pour ces habitats particuliers. Ces sites ont été inventoriés par le ministère de l'Environnement et la Société de la faune et des parcs du Québec.

 

Au niveau des espèces piscicoles, on retrouve une quarantaine de lacs à Touladi et cinq (5) rivières à Ouananiche, cette dernière espèce ayant été ensemencée sur le réservoir Taureau. On trouve également, en Matawinie, cinq (5) héronnières connues, cinq (5) aires de concentration d'oiseaux et quelques sites où ont été identifiées des espèces désignées menacées ou vulnérables (voir tableau 108).

 

 

6.2.4.2      Les sites récréatifs

 

Au niveau des sites récréatifs, on retrouve cinq (5) types de sites, soit : les plages, les chutes et cascades, les étangs, les points de vue et les montagnes offrant un bon potentiel pour le ski alpin. Les sites inventoriés ont en commun un paysage peu altéré et se distinguent par la diversité de leurs composantes physiques et/ou leurs potentiels récréatifs. Certains d’entre eux ont déjà fait l’objet d’une mise en valeur et suscitent déjà un achalandage constant, d’où la nécessité de les préserver envers certains usages incompatibles pouvant nuire au maintien de leur vocation. Ces derniers sont donc traités comme équipements récréotouristiques et font l’objet de mesures de protection additionnelles au document complémentaire. En ce qui concerne les autres sites moins connus ou non-aménagés, ils sont préservés en vue de leur mise en valeur future.

 

 

6.2.4.3      Les sites géologiques

 

Au niveau géologique, la Matawinie possède un intérêt élevé du fait qu’elle chevauche la zone de contact entre les Basses Terres du Saint-Laurent et la bordure du Bouclier Canadien. Les sites d’intérêts géologiques comprennent plusieurs genres, soit, d’une part, des affleurements rocheux et des coupes stratigraphiques dans les dépôts meubles, de même que certains modelés typiques d’un contexte géologique particulier. Par exemple, en ce qui concerne les dépôts meubles, il existe une coupe en bordure du rang Sainte-Louise à Saint-Zénon qui permet de nous faire une bonne idée des dépôts glaciolacustres du lac proglaciaire Mantawa qui a inondé la vallée de la Mattawin et ses affluents. À titre de modelé, on a les crêtes morainiques du Lac Noir et de la Forêt Ouareau qui appartiennent au système morainique Saint-Faustin/Saint-Narcisse. D’autres sites sont, quant à eux, la manifestation de phénomènes gravitaires comme de très grosses roches, des fissures ou encore des cavernes. D’autres sites, tels des verrous, des systèmes de falaises et d’autres phénomènes géomorphologiques viennent compléter le tableau.

 

 

 

6.2.5    La classification des sites d’intérêts naturels et anthropiques

 

Les sites d'intérêts tant naturels qu'anthropiques se retrouvent un peu partout à l'échelle du territoire de la MRC. Ceux-ci ont cependant été inventoriés en grand nombre à l'intérieur des territoires municipalisés, alors qu'en territoire non-organisé, seulement quelques secteurs comme le Lac Kempt, les réserves Rouge-Mattawin et Mastigouche, le parc du Mont-Tremblant et quelques lacs de villégiature ont fait l'objet d'une simple reconnaissance préliminaire.

 

Les plus connus étaient déjà identifiés dans le cadre du premier Schéma d'aménagement. De nombreux autres ont été visités lors des campagnes de reconnaissances ayant eu lieu lors de la révision des zones à risques de mouvements de terrain, soit en 1993 et 1994. Quelques autres se sont enfin ajoutés lors de l'élaboration du PSAR 1.

 

 

6.2.5.1      La classification des sites d'intérêts

 

Ceux-ci peuvent être classés selon leur nature en diverses catégories (voir le tableau 109). Ainsi, les sites d'intérêts naturels peuvent appartenir à trois (3) groupes, soit les sites récréatifs, les sites géologiques et les sites fauniques. Un quatrième groupe est aussi créé pour caractériser les lacs et cours d'eau selon leur dimension et leur navigabilité. Les sites d'intérêts anthropiques sont classés, quant à eux, en cinq (5) groupes, soit les ensembles patrimoniaux, les ensembles architecturaux, les sites culturels, les sites historiques et les sites archéologiques.

 

Les sites d'intérêts peuvent aussi être classifiés selon leur valeur ou, dit autrement, selon leur rayonnement. Il est ainsi classé soit de niveau local, soit de niveau régional. Un secteur où se concentrent un certain nombre de sites d'intérêts locaux dans un environnement paysager de qualité permet de créer un site d'intérêt régional, voir un secteur d'intérêt. Voici quelques mesures qui ont été faites du niveau d'utilisation de chacun des sites en territoire municipalisé.

 

 

6.2.5.2      Un outil d’évaluation pour apprécier le niveau de développement des sites d'intérêts, le TRAP

 

Les sites d’intérêts ne sont pas tous consommés de façon égale et n’ont pas tous le même potentiel. Dans l’optique d’une gestion intégrée, quatre (4) paramètres de bases ont été déterminés pour établir un cadre de mise en valeur. Le premier paramètre, représenté par la lettre « T », indique si le site visé se trouve à l’intérieur d'un territoire d’intérêt récréatif. Le deuxième paramètre, représenté par la lettre « R », indique si le site a un potentiel d’attrait régional plutôt que local. Le troisième paramètre, représenté par la lettre « A », indique si le site est aménagé ou non. Pour certains types de site, la lettre « A » peut aussi vouloir dire que le site est accessible ou non. Le quatrième paramètre, représenté par la lettre « P », indique si le site est à proximité du réseau routier régional, et ce, à moins de deux (2) kilomètres de celui-ci.

 

L’application des paramètres du TRAP permet d’évaluer rapidement l’importance qu’occupe chaque site à l’intérieur du territoire de la Matawinie. Il s’agit ici d’un exercice de mise en valeur. Tous les sites d’intérêts ont été regroupés par municipalité afin que chacune dispose d’information ayant une base comparative commune. Cet exercice de mise en valeur est appelé à jouer un rôle stratégique dans le développement du projet de circuit récréotouristique.

 

 

 

6.2.6    La préservation de la qualité des paysages

 

Tous les sondages, que ce soit auprès des résidents, des villégiateurs ou de la clientèle touristique, arrivent aux même conclusions : on choisit la Matawinie pour la qualité de ses paysages. Il s'agit du principal motif de déplacement pour près de 70 % des touristes qui nous visitent. Le premier Schéma d'aménagement y accorde, d'ailleurs, une large part et les données utiles à la gestion de ces espaces sont reprises ici.

 

 

6.2.6.1      La valeur relative des unités de paysage

 

Pour pouvoir comparer les unités de paysage les unes aux autres, il devient nécessaire de les délimiter et ensuite, de procéder à leur évaluation à partir de critères objectifs. Voici quelques points de référence à ce sujet.

 

La délimitation de l'unité de paysage s'appuie sur la limite du champ visuel éloigné correspondant à une ligne des sommets. Celle-ci regroupe différents points de vue, tant à basse qu'à haute altitude, ayant accès au même champ visuel. Le changement de position à l'intérieur de l'unité de paysage entraîne une réorganisation de la perception des reliefs majeurs perceptibles des autres points de vue. Le passage à une autre unité sera donc marqué par une disparition plus ou moins brusque des éléments majeurs précédents et par l'apparition de nouveaux éléments. Ce passage est appelé seuil. La valeur d'une unité de paysage peut, quant à elle, être comparée à partir de quelques paramètres relativement quantifiables. Trois (3) groupes de paramètres faciles à cerner méritent une attention particulière, soit ceux reliés au développement panoramique, à la diversité géomorphologique et hydrographique, de même qu'aux interventions humaines.

 

a)         Le développement panoramique

 

L'énergie du relief est vraisemblablement le facteur qui agit le plus sur le développement du panorama. A titre d'exemple, on a qu'à comparer le massif des Tremblantes, où le relief local maximal est de l'ordre de 500 mètres, aux terres de la Haute Mattawin reconnues pour leur monotonie et où le relief local maximal est de l'ordre de 150 mètres. Les bassins comme ceux des lacs Ouareau et Archambeault et du lac Noir ou encore les vallées comme celles de la Haute l'Assomption et de la Haute Noire disposent donc d'avantages marqués. Un autre facteur susceptible d'ajouter de la valeur à une unité de paysage est l'accès à d'autres panoramas éloignés. Cela se produit surtout au niveau des grands bassins et au carrefour des principales vallées. Il peut aussi arriver qu'une position physiographique avantageuse génère des sites d'intérêts particuliers, comme les seuils (la côte du Grand Rang à Sainte-Émélie-de-l'Énergie) et les verrous (le pain de sucre du lac Noir).

 

b)         La diversité géomorphologique et hydrographique

 

En considérant le contenu de l'unité de paysage, il y a aussi lieu d'apprécier les composantes majeures d'ordre géomorphologique et hydrographique. A titre d'exemple, un lac immense constitue à lui seul un attrait important susceptible de rehausser l'intérêt visuel et surtout d'accroître l'accessibilité visuelle à l'ensemble du paysage à partir du rivage ou du plan d'eau.

 

c)         La qualité de l'occupation du territoire

 

Comme on le verra plus loin, l'occupation du territoire par l'homme peut contribuer soit à l'enrichissement du paysage, soit à sa dégradation; les activités qui contribuent à sa dégradation sont appelées activités d'altération. Ainsi, l'implantation désordonnée d'habitations, de lignes de transport d'énergie, de même que les coupes totales, particulièrement en position altitudinale intermédiaire ou élevée, peuvent générer une dégradation visuelle importante.

 

Par ailleurs, on doit mentionner la qualité visuelle exceptionnelle qu'offrent les paysages agricoles, dont ceux du bassin mathalois entre Saint-Jean-de-Matha et Sainte-Béatrix, ceux du Kildare à Rawdon et ceux de la Bayonne à Saint-Félix-de-Valois. La qualité du paysage est, dans ces cas, directement reliée à la qualité des terres agricoles. L'effet visuel des terres agricoles sur le panorama se compare à celui des plans d'eau, en ce sens, qu'elles occupent habituellement la portion inférieure du paysage et améliorent l'accessibilité visuelle depuis les positions inférieures. Elles constituent le principal et le plus fort enrichissement que l'homme ait apporté jusqu'à maintenant à la qualité du panorama régional. Même que l'abandon de l'agriculture sur de nombreuses terres des municipalités plus nordiques a eu un effet d'appauvrissement. La figure 35 représente l’unité de paysage correspondant au bassin du lac Noir et identifie sommairement les interventions contribuant soit à son enrichissement, soit à sa dégradation.

 

 

6.2.6.2      La notion d'intégrité du paysage

 

Globalement, la qualité d'un paysage repose, en premier lieu, sur les valeurs esthétiques des éléments du cadre naturel et, en second lieu, sur les modifications plus ou moins « réussies »  que l'homme a pu y apporter. Quant à elle, la notion d'intégrité pourrait se définir comme le degré de réussite quant à la valorisation et au maintien des fonctions écologiques des composantes naturelles contribuant à la qualité du paysage.

 

a)         La dimension écologique

 

Sur le plan écologique, une occupation intégrée du paysage présuppose que l'habitat s'implante dans une optique de valorisation optimale de l'espace. On doit, à cette fin, tenir compte de l'organisation naturelle des divers terrains composant le paysage. Ainsi, à l'intérieur d'un paysage de vallée, l'implantation idéale d'une route correspond à la zone de transition entre la plate-forme et le versant principal. En somme, l’effet de barrière d’une route apparaît moins déstructurant sur l’organisation de l’espace lorsque celle-ci est implantée sur un contact géomorphologique qui a déjà un effet discriminant sur le plan écologique.

 

À un premier niveau, la notion d'intégrité réfère donc à des critères écologiques permettant de définir la mission et la productivité globale d'un système écologique, tel une vallée, et d'en bonifier son occupation. À un second niveau, les milieux naturels reliés aux systèmes aquatiques et généralement localisés au fond des vallées, de même que les sommets encadrant l'unité de paysage, constituent les lieux les plus sensibles. C'est donc dans ces lieux que de nombreuses formes d'occupation du territoire peuvent générer une dégradation à la fois des fonctions écologiques et des qualités esthétiques du milieu.

 

b)         Les activités d’altération

 

Quant aux activités d'altération, celles-ci se résument à une liste relativement brève, mais qui demande tout de même un traitement particulier afin d'éviter, sinon d'atténuer leur caractère nuisible. Sur le plan esthétique, certaines activités peuvent provoquer une dégradation de la qualité visuelle de nos paysages. Le caractère désagréable de ces interventions dépend de leur caractère artificiel bien sûr, mais surtout de leur visibilité. Ainsi, une intervention pratiquée sur le flanc d'une montagne sera beaucoup plus visible que si elle est faite au fond de la vallée où elle ne sera visible que des terrains voisins. Le tableau 110 présente une mécanique d’évaluation permettant d’établir la porté visuelle d’une intervention selon l’étagement altitudinal, soit le tiers inférieur, le tiers intermédiaire ou le tiers supérieur du paysage.

 

Les activités considérées comme les plus lourdes sont les constructions ayant un caractère permanent, telles les développements résidentiels et les lignes de transport d'énergie, de même que les coupes forestières dites totales couvrant de grandes superficies. Les lignes de sommet, de même que les composantes hydrographiques, supportent très mal la plupart d'entre elles et il convient de les protéger adéquatement en dressant une liste de ces activités. Aussi, dans bien des cas, il est possible d'atténuer très significativement l'impact visuel ou écologique de ces interventions en adoptant des modalités d'implantation particulières.

 

 

6.2.6.3      Mécanismes relatifs à l’appréciation des impacts visuels sur un paysage

 

L’objectif de garantir un niveau acceptable de qualité et d’intégrité du paysage nous conduit à la recherche d’un cadre de planification nous permettant de régir les activités humaines susceptibles d’affecter le panorama dans son ensemble. Amorçons cette recherche par un exemple qui nous fait découvrir et nous permet d’établir les conditions qui régissent les mécanismes de perception visuelle à l’échelle de l’unité de paysage.

 

a)         La portée des impacts visuels ou la notion d’échelle

 

Pour qu’une intervention humaine ait un impact visuel sur l’ensemble d’un paysage, elle doit ou bien affecter une portion importante du paysage ou du moins être visible de plusieurs points de vue différents. On peut ainsi présumer qu’une coupe forestière à blanc pratiquée sur les hauts versants d’une montagne aura un impact visuel très important parce qu’elle est suffisamment grande pour être perceptible de loin par l’ensemble de la population habitant les environs. Inversement, la même intervention pratiquée au fond de la vallée ne sera perceptible, à toute fin pratique, que par les voisins du parterre de coupe ou, dit autrement, au niveau de la zone d’ambiance.

 

b)         Les données de pente et d’étage altitudinal

 

Cet exemple nous sert à illustrer, en fait, deux (2) dimensions de l’impact visuel. Il illustre, en premier lieu, qu’il y a un impact pour l’ensemble des endroits du paysage d’où l’on pourrait percevoir cette intervention, ce qui nous amène à établir le cadre visuel de la réglementation, soit l’unité de paysage. En second lieu, on comprend qu’une même activité n’a pas nécessairement le même impact si elle est pratiquée à deux (2) endroits distincts d’un même paysage, ce qui nous amène à adopter une réglementation appropriée à « l’impact appréhendé ».

 

Un autre facteur susceptible d’ajouter de la valeur à une unité de paysage est l’accès à d’autres panoramas éloignés. Cela peut se produire à l’intérieur d’un long couloir fluvial qui se segmente en plusieurs unités de paysage. Il peut aussi arriver que plusieurs vallées convergent vers une grande dépression comme sur la cuvette de Saint-Côme, par exemple. Il sera alors possible d’avoir accès à plusieurs panoramas éloignés de nature différente. Cet enrichissement du panorama résulte, en fait, d’une position physiographique avantageuse. La portée visuelle d’un lieu au sein d’une unité de paysage s’apprécie sur les mêmes bases.

 

 

 

6.2.7    Les activités d'altération

 

Dans le passé, au Québec comme ailleurs, les communautés humaines se sont toujours établies le long des fleuves et des rivières ou, encore, près des lacs et des sources d’eau souterraines où sont concentrées les activités économiques, commerciales et industrielles. L’ensemble de ces activités nécessite l’aménagement de vastes réseaux de services publics : aqueduc, égout, route, électricité, gaz, téléphone, etc. Plusieurs de ces services, comme les prises d’eau, les réservoirs et les émissaires, sont liés directement à la présence de plans d’eau.

 

 

6.2.7.1      Sur la rive, le littoral et les milieux humides

 

Depuis quelques dizaines d’années, les activités récréatives et de loisirs en milieux hydriques et riverains ont connu un essor remarquable. Pour en faciliter la pratique, on s’installe de préférence à proximité des lacs et cours d’eau; ainsi, selon une évaluation de 1988, 80 % des 250 000 terrains de villégiature au Québec ont une façade sur un plan d’eau (MENVIQ, 1988).

Qu’elles soient à des fins récréatives, commerciales, publiques, industrielles ou personnelles de telles interventions sont susceptibles de modifier les milieux riverain et hydrique : enlèvement du couvert végétal, remblayage de la rive et du littoral, creusage ou dragage du plan d’eau, etc. Ces modifications peuvent affecter radicalement la présence et l’abondance d’un grand nombre d’espèces, de leurs aires de distribution et de la densité de leurs populations. Le milieu simplifié et appauvri n’est plus en mesure de satisfaire les besoins vitaux de ces populations animales et végétales.

 

 

6.2.7.2      Sur les sites d’intérêts

 

En principe, la valorisation des sites d'intérêts passe par des mesures de préservation ou une valorisation conséquente de la valeur qu'on leur reconnaît. Il arrive fréquemment que les aménagements réalisés autour des sites les plus connus aient pour conséquence d'altérer sensiblement leur qualité. Généralement, ce sont les sites les plus accessibles et les plus achalandés. La plupart de ces erreurs pourraient être évitées si une meilleure planification était appliquée lors des demandes d'intervention.

 

Dans le cas des sentiers pour la randonnée motorisée, il importe, par exemple, que ceux-ci ne suivent pas un cours d'eau et ne s'en approchent que pour le traverser. L'espace riverain devrait être systématiquement réservé à la randonnée pédestre. Ce processus de dénaturalisation est aussi observable pour la villégiature par rapport au milieu riverain, les cas sont extrêmement nombreux.

 

 

6.2.7.3      Sur les paysages

 

L'objectif de maintenir, sinon d'accroître la qualité du paysage passe par l'élaboration d'une liste d'activités dites d'altération pouvant affecter le panorama dans son ensemble. Cette question concerne des activités affectant de grandes surfaces comme les constructions en montagne, les développements résidentiels en montagne et les coupes forestières. Il conviendrait d’établir une approche permettant une appréciation des impacts que de telles activités peuvent générer en fonction de l’étagement altitudinal où elles se produisent.

 


6.3     Les zones à risques d’inondations

 

Lors des inondations, le rehaussement du niveau de l’eau et le débordement qui s’en suit sont dus à l’accroissement des débits suite à de fortes précipitations ou à la fonte subite des neiges. Dans nos régions, la principale caractéristique de notre climat étant son caractère imprévisible, les inondations peuvent difficilement être prévues à moins d’une semaine près. Des dommages plus ou moins graves peuvent survenir lors de ces événements qui peuvent se transformer en catastrophe.

 

Dans la terminologie hydrologique applicable à la gestion des inondations, plusieurs termes servent à caractériser différents niveaux d’eau. On en présente, ici, trois (3) qui font l’objet d’une application courante. On peut voir à la figure 36 que la morphologie des versants détermine en quelque sorte la largeur de la surface de la zone inondable.

Ø     L’étiage : bas niveau d’été;

Ø     Le niveau de crue à récurrence de 20 ans (vingtenaire) : niveau de crue susceptible d’être atteint une fois tous les 20 ans;

Ø     Le niveau de crue à récurrence de 100 ans (centenaire) : niveau de crue susceptible d’être atteint une fois tous les 100 ans.

 

 

 

6.3.1    La cartographie officielle (1 : 10 000)

 

Il existe deux (2) approches pour déterminer les zones à risques d’inondations. L'approche utilisée dans le contexte de la cartographie officielle en est une quantitative, basée sur l’estimation de la relation niveau-débit et sur la production d'une cartographie précise au 1 : 10 000. L'approche utilisée par la MRC est qualitative, basée sur l’analyse géomorphologique et une utilisation restreinte de la relation niveau-débit.

 

L’approche quantitative utilisée par le ministère de l’Environnement passe tout d'abord par la confection d'un profil en long du cours d'eau pour divers niveaux de récurrence. La carte officielle ne peut être produite que beaucoup plus tard, ce qui fait que certaines municipalités, comme Saint-Michel-des-Saints, choisissent de produire une cartographie régionale à plus grande échelle, soit au 1 : 5 000, aussitôt que le profil devient disponible. Comme ces deux (2) méthodes font l’objet d’application sur notre territoire, voici quelques mots à ce sujet.

 

La cartographie officielle a surtout visé des secteurs densément habités qui sont fortement touchés par les inondations. Les secteurs couverts sont relativement peu nombreux et se limitent au corridor du fleuve et à ses affluents directs. La méthodologie utilisée à cette fin par le ministère de l’Environnement est élaborée en fonction des crues susceptibles de se produire suite à de fortes pluies ou à la fonte des neiges, alors que l’écoulement des cours d’eau ne rencontre aucun obstacle particulier, on le dit en condition d’écoulement libre. Elle ne réfère donc pas aux inondations provoquées par la formation d’embâcles ou encore par des interventions faites dans le lit des cours d’eau ou dans la plaine de débordement. Mais elle couvre très bien les situations où les inondations sont influencées par le refoulement des eaux, soit lorsque la pente du cours d'eau est très faible.

 

 

 

6.3.2    La cartographie régionale (1 : 20 000)

 

L’approche qualitative appliquée par le Service d’aménagement de la MRC consiste à établir une cartographie approximative de la zone inondable et à préciser les niveaux de crues vingtenaires et centenaires au moyen d'un relevé d'arpentage à partir de cotes arbitraires qui varient selon la superficie du bassin-versant à l'amont du site. La figure 36 fournit un exemple des résultats recherchés.

 

 

6.3.2.1      L'élaboration de la carte au 1 : 20 000

 

Dans un premier temps, on définit des zones susceptibles d’être inondées sur un territoire pour des conditions naturelles analogues. Ce travail s'appuie sur la reconnaissance d’indices géomorphologiques observables par photo-interprétation ou sur le terrain et à partir d’enquêtes historiques. Mentionnons les plus importants, soit la hauteur des terrasses fluviales plus basses susceptibles de faire partie de la plaine de débordement et leur largeur, la nature du couvert forestier et la présence d’obstacles à l’écoulement normal des eaux, tels des habitations, des remblais, des ponts ou des digues.

 

Lors de la photo-interprétation, une erreur de l’ordre de deux (2) à trois (3) mètres de hauteur peut facilement se glisser dans l’estimation de l’élévation des terrasses fluviales au-dessus du niveau d’étiage. On doit alors s’attendre à ce que le contour présumé de la zone inondable soit plus grand qu’en situation réelle. Selon les diverses observations recueillies au cours des dernières années, cette surestimation de la zone inondable serait de l’ordre de 10 à 30 % selon les endroits. Sur la carte, cette erreur se traduit par un déplacement de un (1) à cinq (5) millimètres, alors que sur le terrain cela correspond à un écart de 20 à 100 mètres soit, à peu de chose près, à la dimension d’un terrain de 3 000 m2.

 

La cartographie régionale au 1 : 20 000 se voit donc attribuer un rôle d’image permettant de nous faire une idée assez précise des secteurs susceptibles d’être touchés par des inondations. Les résultats de cette cartographie est représentée à la carte au 1 : 20 000 traitant de la qualité du milieu et de la sécurité publique.

 

Selon les commentaires recueillis auprès des municipalités locales, le niveau de précision de la carte se situerait entre 70 et 90 %, ce qui apparaît acceptable pour les fins d’un schéma d’aménagement. Il apparaît donc utile que des mises à jour de la carte soient effectuées, particulièrement dans les secteurs plus occupés, car c’est généralement dans ces secteurs que des rapports d’arpentage sont déposés dans le cadre de projets de nouvelles constructions ou de projets d’agrandissement de constructions existantes. Une procédure a d’ailleurs été mise au point à cette fin lors des travaux de révision des zones de dangers naturels effectués en 1994.

 

6.3.2.2      Les valeurs du rehaussement observées entre l'étiage et les niveaux de crue

 

Comme la production de cartes officielles s'annonce hautement improbable depuis la création de l'entente Canada-Québec, il fut convenu d'utiliser un cheminement différent permettant d'établir des valeurs de rehaussement probables pour des superficies de bassins-versants donnés et qu'on pourrait, ensuite, appliquer à la carte de la zone inondable. Voici quelques explications sur ce cheminement basé sur l'analyse des données observées aux trois (3) stations hydrologiques implantées en territoire municipalisé. Ces trois (3) stations sont celles de la Ouareau à Rawdon, de la Noire au Sud de la municipalité de Sainte-Émélie-de-l'Énergie et celle sur la Mattawin à Saint-Michel-des-Saints.

 

Le rehaussement correspond au changement de niveau d'eau que l'on peut observer entre un bas niveau d'été, qu'on appelle étiage, et un niveau de crue comme on peut en observer au printemps. Pour obtenir une lecture en ce sens, il fut demandé au ministère de l'Environnement du Québec d'analyser les données hydrologiques pour des récurrences de cinq (5) ans, 20 ans et 100 ans et d'estimer le rehaussement en établissant un niveau d'étiage de référence; le niveau retenu étant le minima sur cinq (5) ans. La valeur du rehaussement est ensuite obtenue en soustrayant la cote du minima à la cote des différents niveaux de crue. Nous pouvons ainsi obtenir un rehaussement pour des crues de cinq (5) ans, de 20 ans et de 100 ans. Mentionnons que le fait d'utiliser la valeur du minima sur cinq (5) ans amène une légère surévaluation du rehaussement de l'ordre de cinq (5) à dix (10) centimètres par rapport à un étiage habituel. Le résultat de ces différents calculs est présenté au tableau 111.

 

Lorsque l'on compare les rehaussements vingtenaires et centenaires obtenus sur la Mattawin (2,50 et 2,78 m) à ceux sur la Ouareau (2,80 et 3,02 m), on constate que ceux de la Ouareau donnent une surélévation de l'ordre de 25 centimètres. En pourcentage absolu, la différence entre ces rehaussements est de l'ordre de 10 %. Les résultats plus faibles sur la Mattawin peuvent s'expliquer par différents motifs, comme le fait que la station soit implantée immédiatement à l'amont d'un seuil rocheux, ce qui limite l'influence du refoulement. Aussi, la configuration de la plaine inondable est vraiment plus large, celle-ci se transformant en un lac immense prolongeant le Lac Kayagamac, ce qui a pour effet de limiter le rehaussement.

 

 

6.3.2.3      Les valeurs de rehaussement attribuées arbitrairement aux cours d'eau selon la superficie du bassin-versant

 

Lorsque l'on positionne chaque station hydrologique par rapport à la superficie de son bassin-versant, on constate que les stations de Rawdon et de Saint-Michel-des-Saints couvrent une superficie pratiquement identique, qui se situent autour de 1 200 kilomètres carrés. Par ailleurs, celui alimentant la station sur la rivière Noire se situe autour de 300 kilomètres carrés. Dans l'optique d'une classification des cours d'eau selon la superficie du bassin-versant, les valeurs seuils de 200 et de 1 000 kilomètres permettent d'établir une base analogique intéressante par rapport à ces stations et sont retenues pour cette raison. Trois (3) classes de bassins-versants sont donc créées en fonction de leur superficie, soit les bassins de 50 à 200 kilomètres carrés, ceux de 200 à 1 000 kilomètres carrés et enfin, ceux de plus de 1 000 kilomètres carrés. Par analogie, on présume donc que pour une superficie de bassin-versant comparable, les niveaux atteints lors des inondations devraient être comparables.

 

À partir des résultats obtenus aux stations hydrologiques, les valeurs de rehaussement arbitraires sont donc arrondies à la hausse pour en simplifier l'utilisation tout en y ajoutant un facteur de sécurité. Celles-ci se voient attribuer une majoration de l’ordre de 25 à 50 cm par rapport aux résultats observés. À titre d'exemple, la valeur du rehaussement vingtenaire pour un bassin-versant de plus de 1 000 kilomètres carrés est de 3,0 mètres et elle est de 3,5 mètres pour le rehaussement centenaire. Les résultats pour les différentes superficies de bassin-versant sont présentés au tableau 112.

 

On remarquera que la cartographie régionale des zones à risques d’inondations ne couvre que les bassins-versants ayant une superficie supérieure à 50 kilomètres carrés. Il faut comprendre que dans les zones les plus calmes, la largeur des cours d’eau associée aux petits bassins-versants peut atteindre entre trois (3) et cinq (5) mètres. Pour ces cours d'eau, la bande de protection riveraine, qui fait un minimum de dix (10) mètres de chaque côté, fournit un espace amplement suffisant pour absorber le débordement.

 

Cette approche comporte des avantages intéressants. Ainsi, on convient que généralement, il n’est pas très utile de corriger la carte elle-même à cause de son échelle trop petite. Pour pallier l’imprécision cartographique, il s’avère beaucoup plus pratique de référer à des rehaussements présumés pouvant être appliqués lors du relevé d'arpentage. L'inconvénient de cette approche tient au fait que la visite de l'arpenteur ne correspondra pas toujours à un moment où le cours d'eau est en étiage. Pour remédier à cet inconvénient, les municipalités peuvent, par contre, implanter des règles servant à jauger les hameaux résidentiels les plus importants.

 

 

 

6.3.3    Les secteurs touchés par la formation d'embâcles et par le refoulement

 

Dans une zone de rapide, le rehaussement d'un cours d'eau, comme la Ouareau à Rawdon, peut se situer entre 1 et 1,5 mètres pour une crue vingtenaire, soit environ la moitié du rehaussement observable à l'amont d'une longue zone aux eaux mortes. Par contre, ce comportement des niveaux d’eau peut changer du tout au tout en situation d'embâcles. En Matawinie, les sites d'embâcles se localisent majoritairement dans des zones de rapides et sont causés par les enrochements qui émergent de l'eau et favorisent la formation d'un pied de glace. Ces roches exposées à l'air conduisent le froid et peuvent même favoriser le gel du lit de la rivière. Plus un hiver est froid et plus la pénétration du gel peut s'effectuer, et ce, d'autant plus facilement que le refroidissement prolongé contribue aussi à faire baisser les niveaux d'eau.

 

Lors de la formation d’un embâcle, la pente dans la zone d’accumulation de glaçons peut atteindre des valeurs de l’ordre de 5 % selon la résistance de la glace. Et plus l’embâcle se construit en s’étendant vers l’amont, plus le niveau d’eau de l’étang de retenu s’élève. L’étang lui-même se comporte comme un lac et on peut lui attribuer une pente pratiquement nulle. Si un tel embâcle survient dans une zone de rapides où la pente du cours d’eau est supérieure à 2 ou 3 %, le rehaussement attribuable à l'embâcle peut devenir négligeable, tout comme la dimension de l'étang du côté amont (voir figure 37).

 

Sur les sites d'embâcles connus, comme à Chertsey, le rehaussement des niveaux d'eau observés se situe autour de trois (3) mètres, soit tout près des valeurs centenaires présumées. Par mesure de sécurité, il conviendrait donc que des cotes spécifiques soient établies par les municipalités en tenant compte des rehaussements observés sur les sites d'embâcles connus.

 

 

6.3.4    Les petits bassins-versants à régime torrentiel

 

Certains bassins-versants de petite dimension donnent lieu à des phénomènes de crues torrentielles, c’est-à-dire, que les débits de crue peuvent être de 1 000 à 10 000 fois ce qu’on observe en condition d’étiage. Ce niveau d’écart est moins élevé sur les cours d’eau plus importants, d'une part, parce que la pente moyenne des versants a tendance à s’amoindrir à mesure que le bassin-versant s’agrandit et, d'autre part, parce que les très fortes précipitations à l'origine de ces phénomènes se produisent sur des superficies restreintes.

 

a)         La caractérisation environnementale du phénomène

 

Les crues torrentielles sont associées aux terrains montagneux. Les deux (2) principaux facteurs qui contribuent à ces phénomènes sont des précipitations plus grandes et des pentes plus fortes. On ne dispose pas, actuellement, de station climatique suffisante pour caractériser statistiquement le phénomène des précipitations bien qu’on observe des embruns et des précipitations plus importantes et plus fréquentes dans les zones de contact physiographique. À titre d’exemple, les précipitations sont plus importantes à Saint-Zénon qu’à Saint-Michel-des-Saints.

 

Il est possible, néanmoins, de caractériser les conditions topographiques et hydrographiques associées à ces phénomènes et qui prévalent actuellement, soit la présence de pentes fortes et de zones de débordement ou de refoulement. À des fins prévisionnelles, on a déterminé trois (3) paramètres topographiques pour le bassin-versant alimentant le lac des Cerfs à Chertsey, soit la superficie, la dénivellation totale et la pente moyenne des versants du cours d’eau. La superficie de ce bassin-versant est de 14 km2 et sa pente moyenne de 0,17 ou 17 %. On a donc cartographié les bassins-versants (qualité du milieu de vie et sécurité publique) qui ont une superficie supérieure à cinq (5) kilomètres carrés et une pente moyenne à 0,15 ou 15 %.

 

Le phénomène du refoulement mérite aussi d’être pris en compte pour deux (2) raisons. Tout d’abord, il importe d’identifier les endroits où il est susceptible de se produire. Ensuite, il faut estimer si ces endroits sont nombreux, ce qui aura un effet régulateur sur le processus. En ce sens, on a retenu que les bassins-versants qui ont peu de zones tampons, c’est-à-dire, peu de lacs, de zones de refoulement ou de grandes zones humides. On a aussi retenu que les cours d’eau ayant une superficie comprise entre cinq (5) et 20 kilomètres carrés, car la pente moyenne des versants a tendance à diminuer rapidement au-delà de cette valeur, ce qui implique une réduction dans l’ampleur des crues. Les indices topographiques pour chacun de ces bassins-versants sont présentés au tableau 113.


6.4     Les zones à risques de mouvements de terrain

 

 

 

6.4.1    Le phénomène des mouvements de terrain

 

Les mouvements de terrain se produisent sur des pentes sous l’effet de la gravité. Le niveau de risque qu’ils représentent dépend de l’ampleur et du caractère instantané du phénomène. Le contexte géologique est, quant à lui, responsable des divers types de processus qu’on peut observer, car on peut assister à un éboulis ou un décrochement lorsqu’il s’agit d’une masse plus rigide, à un glissement ou une coulée lorsqu’il s’agit d’argiles sensibles.

 

En Matawinie, on retrouve à la fois des falaises rocheuses et des talus d’érosion dans des dépôts meubles. Et que ce soit en terrain montagneux ou en bordure des grandes terrasses, les zones à risques de mouvements de terrain sont plus ou moins directement reliées aux grandes vallées fluviales. Le climat et le régime hydrologique du sous-sol lui-même ou des cours d’eau ont pour conséquence que ces phénomènes se produisent à certaines périodes plus propices, comme au printemps. Certaines interventions humaines, telles que l’agriculture, la foresterie et l’aménagement de structures sur des sites vulnérables, peuvent aussi donner lieu à des mouvements de terrain lorsqu’ils contribuent à l’instabilité des versants. Pour se faire une idée de la présence des ces phénomènes au sein d’une municipalité, on peut consulter la carte au 1 : 20 000 traitant de la qualité du milieu de vie et de la sécurité publique.

 

 

 

6.4.2    Les terrains sensibles en Matawinie et leur comportement

 

Avant d'y aller de la présentation des paramètres géométriques permettant de délimiter les zones de dangers naturels, voici des données générales sur la répartition des terrains sensibles en Matawinie, le contexte physiographique exerçant un contrôle majeur à ce niveau. La
figure 38 représente les principaux secteurs affectant les territoires municipalisés de la Matawinie.

 

a)         Les argiles sensibles des plateaux inférieurs de Lanaudière

 

Les terrains meubles occupent une place prépondérante sur le plateau inférieur de Lanaudière, soit en contrebas du Piedmont, comme à Saint-Damien, Saint-Félix-de-Valois, Sainte-Marcelline-de-Kildare et dans le canton de Rawdon. Les terrasses bordant le cours inférieur des rivières Matambin, Bayonne et Blanche sont aussi le domaine des argiles sensibles où l’on peut observer d’anciennes coulées argileuses. Le plus grand de ces anciens glissements est localisé à Saint-Félix-de-Valois sur la rive Nord du ruisseau Desrosiers, un affluent de la Bayonne. On observe un recul de 450 mètres, pour une largeur maximale de 180 mètres.

 

Mentionnons que les dimensions du glissement survenu au printemps 1992 à la limite des municipalités de Saint-Ligori et du canton de Rawdon sont la moitié moindre.

 

On constate aussi que dans les argiles sensibles, les glissements de terrain peuvent se produire sur des talus dont la hauteur est de l’ordre de sept (7) mètres. Il convient, en ce sens, de retenir cette hauteur comme hauteur critique sur le ruisseau Thérien à Saint-Damien, sur la Bayonne à Saint-Félix-de-Valois, sur la Blanche à Sainte-Marcelline-de-Kildare et dans le canton de Rawdon.

 

Les rives de la l’Assomption dans ce secteur sont constituées, quant à elles, de très imposants complexes stratigraphiques (accumulations de dépôts très divers, tels des sables, des argiles et des graviers interstratifiés). Sur la Ouareau, la situation est semblable, sauf que l’extension vers le Sud des formations surconsolidées est beaucoup moins grande. Les formations sensibles commencent à réapparaître au Sud du domaine Kite dans le canton de Rawdon.

 

À l’opposé des argiles sensibles, les séries argileuses de ces complexes stratigraphiques ont comme caractéristique commune d’être raides à dures. Cette surconsolidation peut s’expliquer de deux (2) façons, soit par drainage interne dû à la présence de couches perméables (sable ou gravier), soit par tassement sous le poids du glacier lors d’une oscillation du front glaciaire. Autre caractéristique distinctive, on y observe des déformations qu’on peut regrouper sous deux (2) catégories. Elles consistent soit en des plissements, parfois avec déversement n’affectant que quelques lits ou, encore, en de faibles ondulations de grande amplitude affectant des séquences complètes. En fait, il est fort probable que les deux (2) processus, soit le drainage interne et la surcharge d’origine glaciaire, aient contribué à cette surconsolidation.

 

Quant à la dynamique des talus dans les argiles surconsolidées, on y observe, sauf exception, que des décrochements. Cette surconsolidation est telle à certains endroits que la pente des talus stabilisés peut atteindre 60 degrés sur des hauteurs de l’ordre de 30 à 50 mètres. Un seul glissement de terrain de grande ampleur peut être observé à Sainte-Mélanie, soit à l’Ouest de la l’Assomption immédiatement contre le pied de la montagne.

 

b)         Les argiles surconsolidées des Piedmonts

 

À l’intérieur des Piedmonts eux-mêmes, les grandes vallées ouvertes, comme à Rawdon, Sainte-Béatrix, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Damien, sont, elles aussi, le domaine des complexes stratigraphiques et des argiles surconsolidées, à la différence que les dépôts argileux y occupent une place relativement moins grande. Sur la l’Assomption, la hauteur des talus va en s’accroissant de l’amont vers l’aval des Chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles. Plus haut sur les versants, on observe aussi d’autres talus en série raccordant d’étroites terrasses, ce qui donne à l’ensemble une dénivellation totale de l’ordre de 100 mètres.

 

Cette situation est vraiment tout à fait unique en Matawinie et contribue à la qualité exceptionnelle du paysage à cause de l’utilisation agricole des différents niveaux de terrasses. Dans Lanaudière, il n’y a qu’à Saint-Didace, soit à l’endroit où la moraine de Saint-Narcisse recoupe la vallée de la Maskinongé, que les formations en terrasses atteignent une telle ampleur.

 

Ici encore, on n’observe qu’un seul glissement de terrain de grande dimension, soit à Saint-Jean-de-Matha en bordure du site d’enfouissement sanitaire. Selon les résultats des analyses géotechniques, le glissement se serait produit juste avant que le ruisseau Saint-Pierre n’atteigne son niveau actuel. Le fort drainage interne sous-jacent à la formation aurait eu un effet de consolidation depuis et on ne retrouverait plus les conditions d’instabilité qui pouvaient prévaloir à l’époque.

 

Ailleurs, on observe également de petits glissements sur les hautes terrasses dominant la petite rivière Berthier à la hauteur du rang Saint-Guillaume Est à Saint-Jean-de-Matha. Ces derniers sont associés aux derniers lits d’argile déposés juste avant la phase de retrait de la mer de Champlain et la surface supérieure des dépôts surconsolidés semble avoir agit comme plancher de glissement. On peut donc qualifier la situation de fort complexe au niveau des Piedmonts et nul doute que les études géotechniques à l’échelle du site peuvent s’avérer avantageuses dans bien des cas.

 

c)         Les sédiments glaciolacustres du corridor Atikamek

 

Il faut ensuite se rendre au-delà des Hautes Laurentides, soit dans le corridor Atikamek, pour retrouver des dépôts et des phénomènes analogues à ceux qui viennent d’être décrits. Il existe certaines différences qui méritent d’être soulignées, à commencer par le fait qu’il ne s’agit pas d’argiles marines, mais de varves d’origine glaciolacustre, celles-ci étant aussi recouvertes de sables. Une station répondant à cette description se trouve à une centaine de mètres à l’Ouest de la rivière du Sauvage, soit en bordure du chemin du rang Sainte-Louise à Saint-Zénon. L’altitude présumée à partir de la carte topographique au 1 : 20 000 est de 400 mètres.

 

À une dizaine de kilomètres plus au Nord et aussi à une quarantaine de mètres plus bas en altitude, soit sur les rives du réservoir Taureau, on peut aussi observer des sables fins à moyens stratifiés avec des interlits d’argile pouvant atteindre un centimètre d’épaisseur. Ces rythmites reposent sur un dépôt semblable, mais très fortement plissé et faillé et contenant une proportion d’argile plus importante. Cette station est localisée sur la côte Ouest de la baie Saint-Ignace et à environ trois (3) kilomètres au Sud de l’île du Village. L’interface entre ces deux (2) formations est surtout indiquée par l’apparition des argiles déformées au niveau de l’entrant et s’observe surtout dans la partie Sud de la baie Saint-Ignace. On observe aussi que la granulométrie du dépôt devient de plus en plus fine vers le Sud et que la hauteur des falaises s’élève aussi progressivement pour passer d’une dizaine de mètres à une cinquantaine de mètres à l’embouchure du ruisseau Saint-Ignace.

 

À de rares endroits, on peut aussi observer des lentilles de till intercalées à l’intérieur des rythmites, ces dernières pouvant atteindre des épaisseurs peu communes de 50 centimètres, ce qui est exceptionnel dans la stratigraphie des dépôts glaciolacustres du Québec.

 

C’est aussi dans la moitié Sud de la baie Saint-Ignace que se concentrent les zones de mouvements de terrain les plus spectaculaires, cette activité étant associée à l’action érosive des vagues. L’île du Village et le Camping Saint-Ignace sont les sites les plus connus. De façon générale, on y observe essentiellement des mouvements de type décrochement. C’est pourtant bien un glissement de terrain qui s’est produit au Camping Saint-Ignace au printemps 1991, car le recul du talus a atteint la vingtaine de mètres. Par rapport à la cote maximale d’opération du réservoir, la hauteur du talus est de 8,5 mètres. Mais par rapport aux basses-eaux d’hiver et de printemps, la hauteur des talus passe à une vingtaine de mètres à cet endroit. Aussi, selon les études géotechniques menées sur le site, il se pourrait que la remontée accélérée du plan d’eau, qui se pratique au mois de mai, ait contribué à ce phénomène.

 

L’érosion des rives du réservoir Taureau constitue donc un problème sérieux auquel la seule cartographie des zones à risques de glissements de terrain ne peut répondre. Pour s’ajuster aux problèmes de la variation de la hauteur des talus lors des variations de niveau d’eau, il convient de retenir une hauteur de talus de cinq (5) mètres comme étant une hauteur critique. Quant à la détermination de la hauteur de chaque talus, il convient aussi qu’on prenne en compte l’extension des talus sous l’eau lorsque cela se produit.

 

L’érosion des rives dans son ensemble pose un réel problème, tout d’abord, à cause de son ampleur et de son caractère incessant. Aussi, on constate que plusieurs ouvrages ponctuels ont déjà été réalisés pour stabiliser la rive. À cause de leur caractère ponctuel, ces interventions risquent de s’avérer inefficaces à long terme à certains endroits et, surtout, pourraient porter préjudice aux propriétaires riverains qui tardent à entreprendre de tels travaux. Cette situation n’est pas unique au Québec, où plusieurs réservoirs sont utilisés à des fins de villégiature. Le cas du lac Saint-Jean est sans doute le plus connu et aussi le plus spectaculaire. C’est pourquoi, compte tenu des enjeux actuels et futurs du réservoir Taureau, une solution d’ensemble à ce problème mérite d’être étudiée.

 

d)        Les falaises rocheuses

 

Les falaises rocheuses dont la hauteur dépasse la vingtaine de mètres sont inexistantes sur les plateaux inférieurs de Lanaudière et peu fréquentes sur les Piedmonts, sauf dans l’axe de la rivière l’Assomption, soit à Saint-Alphonse-Rodriguez, Sainte-Béatrix et Saint-Jean-de-Matha. Elles peuvent, par contre, devenir très fréquentes dans les hautes Laurentides, particulièrement dans l’axe des principales vallées fluviales ou du grand corridor de Lanaudière. Les municipalités les plus concernées par ces phénomènes sont Notre-Dame-de-la-Merci, Saint-Côme, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Zénon. Plusieurs de ces sites font partie de l’offre touristique de certains territoires d'intérêts, voir même, de l’image du parc régional des Sept-Chutes et de la Forêt Ouareau.

 

 

 

6.4.3    Les principaux indices utilisés dans la détermination des zones à risques de mouvements de terrain

 

Les informations suivantes portent sur la façon de déterminer la géométrie de la zone à risques de mouvements de terrain, la mesure du talus lui-même étant une étape capitale. On y explique aussi en quoi, à l’échelle du site, des relevés d’arpentage et des études géotechniques peuvent apporter une plus grande précision.

 

a)         La mesure de la pente du talus

 

La dimension du talus est déterminée par les deux (2) points d’inflexion marquant le sommet et la base de la pente ayant une valeur soit de 25 % dans les dépôts meubles, soit de 200 % dans les formations rocheuses. Il est très fréquent sur le terrain que la pente du talus soit complexe. Il faut alors détecter la partie du talus dont la pente moyenne est de 25 % ou 200 % selon le type de formation. Autrement dit, les talus ayant une pente inférieure à ces valeurs ne peuvent constituer une zone à risques de mouvements de terrain (voir figure 39).

 

b)         La mesure de la hauteur du talus (h) et détermination de la zone à risques

 

Telle qu’indiquée à la figure 39, la hauteur du talus retenue pour déterminer la zone à risques est ajustée au contexte morphosédimentologique. Ainsi, elle est établie à cinq (5) mètres (rives du réservoir Taureau), à sept (7) mètres (argiles sensibles des terrasses du Piedmont), à dix (10) mètres (dans les dépôts meubles en général) ou à 20 mètres (dans les formations rocheuses). Ces hauteurs permettent de fixer la géométrie de l’ensemble de la zone à risques de mouvements de terrain. De façon générale, à l’espace occupé par le talus lui-même, on ajoute à son sommet une bande de terrain large de deux (2) fois sa hauteur (2H) et à la base, une autre bande large d’une demi-fois sa hauteur (½ H). Seules les falaises rocheuses font exception avec un recul au sommet de la falaise d’une demi-fois sa hauteur. La figure 40 représente les principales données de l’analyse géomorphologique de même que la traduction en zones à risques produite pour la Ouareau derrière les bureaux de la MRC à Rawdon.

 

Les limites apparaissant sur la carte ont été déterminées de cette façon en utilisant surtout les courbes de niveau. Les nombreuses visites sur le terrain ont permis d’assurer une certaine vérification à partir d’observations visuelles et de quelques relevés au clinomètre. Mais on comprendra que dans les situations critiques, c’est-à-dire, lorsque la hauteur du talus est tout près de dix (10) mètres, des erreurs d’estimation ont pu se glisser. Un relevé d’arpentage permet d’apporter toute la précision requise et aussi de déterminer la limite de l’aire de construction. On trouvera, à l’intérieur du Document complémentaire, la marche à suivre pour réaliser ce relevé.

 

c)         L’utilisation des autres indices géomorphologiques

 

Tels qu’illustrés à la figure 41, d’autres indices sont utilisés pour adapter la géométrie de la zone à risques selon le niveau de risque appréhendé. Par exemple, la présence de till ou d’affleurements rocheux dans la partie inférieure du talus est considérée pour son effet stabilisateur; la bande au sommet du talus se voit alors attribuée une largeur de seulement une fois la hauteur du talus (1H). On portera donc une attention toute particulière à la lecture de la légende qui contient toutes les précisions nécessaires à cette fin.

 

d)        Le recours éventuel aux indices géotechniques

 

Les seuls paramètres qui n'aient pas été utilisés dans la confection des cartes de zones à risques de mouvements de terrain sont les indices géotechniques. Il pourrait donc arriver, qu’à l’échelle du site, de telles études permettent d’apporter des modifications supplémentaires à la géométrie de la zone à risques. On comprendra que ces informations n’ont pas véritablement d’impact sur la dimension des zones sur la carte, mais qu’elles peuvent devenir pertinentes à l’échelle du site. On trouvera dans le Document complémentaire les dispositions s’appliquant à la réalisation de telles études et aussi, comme il a déjà été mentionné, à la confection des relevés topographiques par arpentage.

6.4.4    La détermination du niveau de risque

 

Le tableau 114 est une reproduction pratiquement intégrale des légendes apparaissant sur les cartes du ministère de l’Environnement réalisées au cours des années 80. Tels que mentionnés précédemment, seuls les indices géotechniques n’ont pas été pris en compte, ce qui explique les rares amputations faites au texte original. Comme ajout, on notera la présence de paramètres précis permettant de déterminer la dimension d’une zone à risques de mouvements de terrain autour d’une falaise (tableau 115).

 

 


6.5     La gestion par bassin-versant

 

La présente section est introduite pour servir d’amont au Plan d’aménagement, dont le contenu doit assurer la coordination avec les plans directeurs de bassin. Nous brosserons, ici, un simple tableau général qui va permettre de situer cette préoccupation.

 

 

 

6.5.1    Les problématiques générales relatives à la gestion par bassin-versant

 

La force dont chaque individu ou entreprise dispose pour modifier son environnement s’est décuplée pendant cette période. Nous n’avons qu’à penser aux travaux de remblais réalisés par de nombreux propriétaires à l’aide de camions et d’excavatrices à l’intérieur des zones inondables et des milieux riverains. Ces travaux auraient été impensables si on avait dû les faire à la main. Cette situation de la détérioration de la qualité de l’eau est, d’ailleurs, typique des pays industrialisés. Il nous faut donc apprendre à réorienter notre action dans le sens d’une intégrité beaucoup plus grande de l’eau. Car de toutes les ressources naturelles dont nous disposons, l’eau est, de très loin, la plus indispensable, que ce soit pour étancher notre soif, purifier notre organisme, participer aux échanges intra et intercellulaires, acheminer la conscience, etc.

 

a)         Une mauvaise connaissance des processus d’altération de la qualité de l’eau

 

La dégradation de l’eau peut se faire aux différentes phases, soit gazeuse, liquide et solide, mais c’est en phase liquide que la diffusion d’une eau altérée est la plus dynamique et la plus directe. La pollution peut donc se produire au niveau atmosphérique ou encore dans la neige elle-même bordant notre réseau routier. Les travaux sur le sol et, bien sûr, de nombreux processus de la production industrielle, conduisent, eux aussi, à la prise en charge par l’eau d’une foule de contaminants. En fait, ce ne sont pas tant ces facteurs qui sont mal connus, mais leur reconnaissance au sein d’un territoire en particulier. Rappelons que le contrôle des diverses formes de pollution relève du ministère de l'Environnement.

 

b)         Une information déficiente auprès du citoyen

 

Le fait le plus généralement accepté est, malheureusement, que la jouissance ultime de l’eau passe par la propriété riveraine, le coup d’œil grand format sur le lac et l’embarcation à moteur. Ces attitudes ne peuvent véritablement être modifiées uniquement par une bonne réglementation, comme celle qui fut imposée sur les rives à l’intérieur du Schéma d’aménagement par le ministère de l’Environnement.

 

Donc, oui à une plus grande responsabilisation des individus et des entreprises, mais surtout, oui à une agressivité beaucoup plus grande dans la dénonciation des mauvaises habitudes et oui à une valorisation soutenue des bonnes habitudes à développer. La mauvaise gestion du milieu riverain est la plus percutante de toutes à l’échelle de la Matawinie, car cette ressource est sans aucun doute la plus précieuse du territoire et aussi la plus détériorée. La mise en œuvre du premier Schéma d’aménagement est loin d’avoir produit les effets escomptés à cause d’une sensibilisation très déficiente tant auprès des responsables municipaux que des citoyens.

 

Ce sont tous les individus de la société qui ont droit à la rééducation. Et à ce niveau, on peut dire que bien peu de moyens ont été mis en œuvre concrètement pour modifier les perceptions. Seule une reprogrammation des perceptions individuelles peut nous permettre d’atteindre les objectifs visés, ce qui nécessitera un Plan de communication beaucoup plus sérieux et plus soutenu que ceux mis de l’avant par le passé.

 

c)         Une dispersion des moyens d’intervention

 

Comme il fut déjà souligné, depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, des moyens correctifs ont été mis en oeuvre pour améliorer la qualité de l’eau en particulier. Mais à l’image de la très grande disparité des intervenants agissant sur la gestion de l’eau, on a assisté à une dispersion notable d’énergie et même à une certaine forme de désengagement. Le rapport issu de l’expérience pilote menée par le COBARIC (Comité de bassin de la rivière Chaudière) est très explicite à ce sujet. Pour éviter qu'une telle dispersion ne se produise, la MRC a convenu que l'élaboration du Plan de gestion du bassin de la l'Assomption, qui draine la majeure partie du territoire municipalisé, soit fait par la Corporation d'aménagement de la rivière l'Assomption (CARA), dont le siège social est à Joliette.

 

d)        La MRC comme point de convergence des éléments de connaissance

 

Mentionnons que sur le plan de la recherche de données, la grande majorité d’entre elles sont déjà disponibles au Service d’aménagement de la MRC. En ce qui concerne le territoire non-organisé (TNO), on doit envisager la possibilité de procéder à certains inventaires pour le bassin des rivières l’Assomption, Maskinongé et du Loup afin de pouvoir obtenir la vue la plus complète possible au bénéfice des municipalités situées plus au Sud.

 

 

 

6.5.2    Le contexte propre à la Matawinie

 

Comme il est expliqué au début de la partie 1, à la section 1.2 intitulée Physiographie et hydrographie, la Matawinie recouvre l’amont d’à peu près tous les bassins-versants du Sud du Québec. Les bassins de la l’Assomption, de la Bayonne et de la Mastigouche-Maskinongé s’écoulent directement vers les basses terres du Saint-Laurent et le fleuve et drainent la majeure partie des territoires municipalisés. Toujours du côté Sud de la Matawinie, mais sur sa bordure Est, on observe un très faible recouvrement du bassin de la rivière du Nord entre Chertsey et Saint-Donat. Cette rivière fait partie du grand bassin de la rivière des Outaouais.

 

Dans la partie Nord de la Matawinie, la ligne de partage des eaux entre l’Outaouais et la Saint-Maurice s’entrelace avec la limite administrative de la MRC. Du côté Est, il y a la Mattawin et la Manouane, alors que du côté Ouest, il y a la Rouge et la Lièvre (Mitchinamécus et Bazin).

 

Les montagnes, les vastes plateaux, la très grande diversité des systèmes aquatiques, de même que la forêt omniprésente constituent les particularités communes à l’ensemble de ces bassins-versants. Les territoires situés dans l’axe de la Mattawin et plus au Sud supporte également d’importantes concentrations de villégiature et de nombreux équipements touristiques, de même que le vaste parc national du Mont Tremblant. L’exploitation des sablières, de l’eau souterraine, de la forêt, de même que l’agriculture dans le secteur des Piedmonts, constituent les autres formes d’occupation du territoire s’inscrivant au bilan de l’utilisation de l’eau.

 

 

 

6.5.3    Le partage de l’information et la coordination

 

La MRC dispose d’un bagage d’information relativement important produit dans le cadre de l’exercice de la planification du Schéma d’aménagement, particulièrement à l’échelle des territoires municipalisés. Mentionnons plus spécifiquement les données cartographiques suivantes apparaissant à la carte au 1 : 20 000 sur la qualité du milieu et la sécurité publique et sur la carte de la gestion des ressources, soit :

Ø     L’occupation du territoire et de l’utilisation du sol;

Ø     Les subdivisions physiographiques;

Ø     Les territoires et secteurs d’intérêts;

Ø     Les ressources minérales;

Ø     Les milieux sensibles;

Ø     Les zones à risques d’inondations;

Ø     Les zones à risques de mouvements de terrain.

 

À toutes ces informations stratégiques, tant pour la réalisation du Schéma d’aménagement que pour le plan directeur de l’eau, s’ajoutent les données du rôle d’évaluation.

 

Il importe donc que des liens très étroits s’établissent entre la MRC et les organismes gestionnaires de bassins-versants pour assurer un partage maximal de l’information  et une bonne coordination des planifications.

 

 

 

6.5.4    La classification préliminaire des lacs selon leur sensibilité à l’eutrophisation

 

Plusieurs régions du Québec font face à certaines difficultés concernant la prise de décisions tenant compte de l’évaluation de la sensibilité des lacs et de l’aménagement de leur bassin-versant. Ces difficultés sont, la plupart du temps, liées au manque de connaissances sur le fonctionnement des écosystèmes lacustres ainsi que sur leurs potentiels et contraintes d’aménagement. Le Québec étant pourvu d’un nombre impressionnant de lacs, et ce, sur une grande partie de son territoire, il est certain que l’acquisition de la connaissance fine, que l’on souhaiterait posséder sur chacun des plans d’eau afin de prendre des décisions éclairées, est difficile et coûteuse et devient donc souvent impensable.

 

a)         Un premier pas dans la prise en compte de la capacité de support des plans d’eau

 

Est-il toujours essentiel de tout connaître au même niveau de détail ? Sans doute que non. Dans un processus de prise de décisions à grande échelle, la connaissance des niveaux supérieurs doit être robuste, étendue sur tout le territoire, mais pas nécessairement précise. Ainsi, il sera possible, à l’aide d’outils d’analyse spatiale modernes, de faire un bout de chemin et d’obtenir un certain nombre d’informations générales sur tous les plans d’eau d’une région ou d’un bassin-versant afin de pouvoir orienter les futures décisions. Minimalement, avec les bases de données et les classifications produites lors du traitement proposé, ici, il sera possible de 1) mieux comprendre la dynamique qui existe entre chacun des lacs et leur bassin-versant; 2) de faire ressortir les indices de sensibilité des lacs les uns par rapport aux autres; 3) faire ressortir les potentiels évidents de chacun des lacs. Ces informations deviendront la toile de fond qui pourra aider à la planification sur de larges territoires des activités de protection et de développement des lacs en tenant compte du contexte écologique qui prévaut.

 

b)         Une méthodologie développée par la Direction du Patrimoine écologique et du Développement durable

 

La méthodologie développée par la Direction du Patrimoine écologique et du Développement durable vise à produire un portrait général des lacs basé sur des caractéristiques simples, disponibles pour la majorité des lacs, nous permettant de tirer des indices sur leur sensibilité aux apports en nutriments. Ces indices servent à classer les lacs en quatre (4) grands groupes de sensibilité, permettant, ultérieurement, d’orienter les futures décisions. Le niveau de précision proposé ne permettra pas de prendre une décision finale sur l’ajout de « x » chalets sur les rives d’un lac ou sur la construction d’un golf dans le bassin-versant de ce lac. Par contre, il sera utile pour connaître, sommairement, le potentiel d’un lac à accepter une augmentation de sa charge en nutriments afin d’évaluer si celui-ci est suffisant pour justifier la poursuite de travaux de connaissance à des niveaux plus fins.

 

La méthodologie proposée, ici, vise à offrir une vision globale du territoire. Dans un contexte où les ressources financières sont souvent limitées, la méthode a le mérite de dresser un portrait global, intégrateur, pour un ensemble de lacs et non plus pour un lac isolé. Les classifications permettent de situer chacun des lacs dans le contexte régional et, le cas échéant, de cibler les sites pour lesquels des études à réaliser à un niveau de précision plus fin sont nécessaires. Enfin, elle propose des balises nouvelles pour intégrer, petit à petit, la notion de « capacité de support » comme mode de gestion environnemental du territoire.

 

 

6.5.4.1      Méthode d’évaluation de la sensibilité des lacs aux apports en phosphore

 

a)         Définition du concept de sensibilité des lacs aux apports en phosphore

 

Pour le présent portrait, la définition du concept de « sensibilité des lacs aux apports en phosphore » est basée sur un seuil de tolérance de la concentration en phosphore que l’on établit pour chaque lac. Ce seuil est dépendant du bilan trophique naturel de chaque lac et de règles relatives à la qualité de l’eau des lacs recommandées par le ministère de l’Environnement du Québec. Le phosphore total est largement utilisé comme élément indicateur de la productivité des plans d’eau. Il est reconnu comme l’élément limitant la croissance des plantes aquatiques dans la grande majorité des plans d’eau du Québec. La méthode utilisée pour estimer le bilan trophique des lacs est décrite plus loin dans ce texte.

 

La sensibilité proprement dite dépend de la quantité théorique de phosphore qui est nécessaire pour qu’un lac dépasse le seuil établi. Plus cette quantité est faible, plus le lac sera considéré sensible à des apports additionnels en phosphore. Pour des fins pratiques, on utilise des classes de sensibilités. La méthode de classification ainsi que les détails sur les critères du MENV sont présentés plus loin dans ce texte.

 

b)         Modélisation des apports en phosphore selon le modèle de Dillon

 

Plusieurs modèles existent pour la modélisation des apports en phosphore. On utilise, ici, le modèle de Dillon qui, comme plusieurs autres modèles, est basé sur des coefficients d’exportation de phosphore lié à différents usages du territoire dans le bassin-versant et sur quelques caractéristiques sommaires des lacs. Ce modèle est largement utilisé et, bien que parfois contesté, il est un des seuls outils disponibles et opérationnels qui permettent de produire ce type d’évaluation sommaire de la sensibilité des lacs à l’eutrophisation. Conscient de ces limites, il est important d’établir clairement les balises d’interprétation afin de ne pas laisser sous-entendre une portée trop grande de l’outil.

 

L’unité de drainage

 

Le modèle de Dillon requiert des données sur les lacs et sur leur bassin-versant. Il possède deux (2) grandes composantes : l’estimation des apports en phosphore provenant du bassin-versant et des rives et l’estimation de la concentration attendue des lacs, à l’aide de l’estimation des apports. L’unité d’analyse de base est l’unité de drainage, qui correspond à la partie de territoire directement drainée par un lac. Le bassin-versant d’un lac est constitué de sa propre unité de drainage ainsi que des unités de drainage des lacs situées en amont (figure 42).

 

Notion d’apports ponctuels et diffus

 

Le phosphore peut provenir de diverses sources, tant naturelles qu’anthropiques. Il est important d’en faire une estimation la plus juste possible en utilisant le maximum d’informations sur l’occupation du territoire. On distingue habituellement les sources d’apports ponctuelles des sources d’apports diffuses. Pour les sources diffuses, des cartes d’occupation du sol et des images satellitaires ou aéroportées classifiées sont utilisées. L’estimation est, dans ce cas, basée sur des coefficients d’apports surfaciques. Les sources ponctuelles d’apports sont, quant à elles, ramenées en équivalent de nombre de personnes-année.

 

Les sources diffuses d’apports sont évaluées à partir de documents cartographiques de l’occupation du sol. Pour la présente étude, des images LANDSAT TM classifiées de 2003 ont été utilisées.

 

 

 

6.5.4.2      Estimation des apports ponctuels en phosphore

 

Les sources ponctuelles d’apports sont analysées dans un rayon de 300 mètres aux bords des plans d’eau. On estime à 2,2 g de phosphore la contribution d’un habitant à chaque jour.[2] Donc, considéré sur une année, un habitant exporte à la base environ 800 000 mg de phosphore. Puisque les rejets provenant des habitants passent souvent par différents types de traitements, la masse de phosphore exportée peut être réduite. Le tableau 116 donne les quantités de phosphore exportées annuellement, par habitant, selon le type de traitement que subit le rejet. Les valeurs choisies ne suivent pas une logique constante d’un type d’occupation à l’autre. Elles sont plutôt issues d’expériences passées. Les bornes minimales et maximales nous renseignent sur ce qu’on retrouve à travers la littérature sur le sujet.

 

La variation dans les valeurs d’apport pour les habitants utilisant un système de fosse sceptique est en lien direct avec l’efficacité du système. L’âge ainsi que le type de système, s’il est connu, peuvent être pris en compte pour l’estimation de cette valeur. Les valeurs d’efficacité des fosses septiques et champs d’épuration pour retenir le phosphore varient de 0,25 à 0,40, dans le cas des fosses septiques ordinaires.[3] Les bâtiments reliés au réseau d’égout ne sont pas pris en compte dans le calcul puisque leurs rejets sont, d’une part, traités et ne transiteront pas par le lac.

 

a)         Estimation du nombre de personnes-année à l’aide du rôle d’évaluation

 

Le nombre d’habitants considéré doit être extrait des sources d’informations disponibles. Dans la plus part des cas, on a recourt au rôle d’évaluation municipale qui est administré soit par la MRC ou la municipalité. Les données du rôle d’évaluation permettent de localiser le centroïde des lots, mais rarement la position des bâtisses. L’information que l’on y retrouve varie quelque peu d’une municipalité à l’autre, mais de façon générale, on peut y extraire l’information suivante (le nom du champ auquel correspond habituellement l’information est mis en accolades) :

Ø     Le code matricule [MATRICULE]

Ø     Le code d’utilisation [UTIL]

Ø     Le nombre de logements [LOG]

Ø     Le nom de la voie publique sur laquelle se situe le lot […]

Ø     L’adresse postale […]

Ø     Rattachement à un réseau d’égout [EGOUTS]

Ø     Présence de fosse(s) septique(s) [FOSSE]

Ø     Le nombre de fosses septiques […]

Ø     Le système de projection du code matricule […]

 

C’est à partir de ces informations sommaires et de leur localisation que l’on pourra obtenir les données nécessaires au modèle. Ces données, comme le montre le tableau 117, doivent se présenter sous forme de nombre d’habitants. On s’appuie sur des taux d’occupation selon le type de logement provenant de Statistique Canada afin d’estimer le nombre d’habitants. Le tableau 117 présente les taux utilisés pour différentes catégories interprétées des rôles d’évaluation municipaux. Le code d’utilisation permet de reconnaître l’usage d’un lot et/ou d’un bâtiment. On peut aussi distinguer différents types de bâtiments auxquels on reconnaît différents taux d’occupation.

 

b)         Estimation de la concentration en phosphore

 

L’estimation de la concentration en phosphore met en lien les apports provenant du bassin-versant avec quelques caractéristiques morphologiques et hydrologiques propres aux lacs qui peuvent varier d’un modèle l’autre. Le modèle utilisé pour l’étude actuelle est fort simple, il prend en compte la superficie du lac ainsi que la quantité relative d’eau que le lac reçoit par année.

 

 

Le modèle de Dillon (1986) se présente comme suit :

 

           

 

Où :

[Pt] = Concentration annuelle moyenne en phosphore total attendue dans le lac (mg/L)

Lp = Apport annuel en phosphore total par unité de surface du lac (mg/m2/an)

qs  = Apport annuel d’eau par unité de surface m/an

R = Coefficient de rétention du phosphore

 

 

Une façon pour estimer le coefficient de rétention du phosphore a été développée par Kirchner et Dillon (1986).

 

 

Cette formule est celle pour les plans d’eau dont l’hypolimnion est oxyque. Nous ne pouvons pas savoir sans faire de mesures directes, si c’est le cas ou non pour chacun des lacs. Cette formule donne des valeurs conservatrices par la manière dont sont interprétés les résultats de cette étude. En effet, les concentrations estimées à l’aide de cette formule, par rapport à d’autres, sont moins élevées. Au final, cela a pour effet de rendre une quantité limite d’apports plus faible donc plus conservatrice.

 

c)         L’utilisation occasionnelle de la profondeur du lac

 

La version du modèle utilisé pour ce portrait ne considère pas le temps de renouvellement de l’eau que l’on obtient par la profondeur moyenne du lac. Comme l’objectif de la méthode est de traiter de façon synthétique le plus grand nombre de plans d’eau, l’intégration de cette variable devenait trop limitative puisque, bien qu’importante dans la modélisation, cette variable n’est malheureusement que très rarement disponible. En effet, les cartographies de la bathymétrie des lacs du Québec sont disponibles que de façon fragmentaire sur des lacs qui ont fait l’objet d’études particulières ou de programmes de surveillance.

 

 

6.5.4.3      L’estimation des apports non ponctuels en phosphore

 

L’estimation des apports en phosphore est faite à partir des données sur l’occupation du sol, tant sur la composition du bassin-versant (forêt, milieux humides, agriculture…), constituant les sources non ponctuelles, que sur l’analyse des abords immédiats des lacs, sources ponctuelles d’apports. Ces données sont converties à l’aide de coefficients d’exportation de phosphore total en masse de phosphore exportée annuellement. Ces coefficients sont présentés dans le
tableau 118.

 

Le modèle est donc très sensible aux coefficients d’exportation utilisés. Il convient de les choisir avec soin et, au mieux, de les calibrer à partir de données mesurées de concentration en phosphore dans les lacs. À défaut, il faut être conscient qu’ils permettent surtout de traduire des rapports d’échelle d’apports potentiels en phosphore au niveau des lacs, que des valeurs absolues de concentration en phosphore.

 

Le tableau 118 présente les classes d’occupation du territoire utilisées, les bornes de valeurs reconnues dans la littérature ainsi que la valeur utilisée pour l’évaluation de la sensibilité des lacs.

 

 

6.5.4.4      Les états trophiques anciens et actuels

 

a)         Utilisation de modèles pour l’estimation de l’état trophique ancien

 

Les données anciennes sur l’état trophique n’existant pas, il est nécessaire d’estimer l’état trophique naturel des lacs à l’aide de modèles. Un scénario, selon lequel on soustrait tout apport provenant des humains, est établi. Seuls les apports « naturels » sont considérés et on convertit certaines sources non ponctuelles de nutriments anthropiques par des sources naturelles anciennes les plus probables. On utilise comme source de données et, selon le cas, des images satellitaires classifiées, des données provenant de la carte écoforestière[4] ou des photos aériennes.

 

Les surfaces, aujourd’hui, occupées par les milieux urbains, les terres agricoles, les coupes forestières, bref, toute surface occupée par l’homme doit être convertie en une occupation d’origine naturelle. Dans la majorité des cas, on convertit les occupations actuelles en forêt, sauf lorsqu’il y a évidence d’ancienne prairie ou d’ancien milieu humide. La figure 43 situe ces composantes naturelles et anthropiques au sein du modèle traitant de l’état ancien des lacs.

 


b)         Utilisation de modèles pour l’estimation de l’état trophique actuel

 

La qualité des résultats obtenus dépend, d’une part, du choix et de la justesse du modèle et, d’autre part, de la finesse des données sur les sources potentielles d’apport et sur les coefficients que l’on leur attribuera. Les sources diffuses de phosphore sont multiples, mais on les considère de manière simplifiée. Les apports en phosphore provenant des activités humaines sont aussi nombreux et complexes. Certaines de ces activités peuvent produire de très grandes quantités de phosphore et ainsi contribuer pour la majeure partie des apports annuels à un lac. C’est pourquoi il est essentiel de compiler toutes les activités susceptibles d’apporter aux lacs une quantité de phosphore. À chacune de ses activités est attribué un coefficient d’exportation de phosphore afin d’évaluer la quantité qui, théoriquement, se rend aux lacs.

 

Il est important de comprendre, cependant, que l’exactitude des données sur l’occupation, tant naturelle qu’anthropique du bassin-versant, n’est pas nécessairement synonyme d’exactitude des résultats. La qualité des données nous assure une utilisation optimale de ce type de modèle dans leurs limites de capacité. La figure 44 situe ces composantes naturelles et anthropiques au sein du modèle traitant de l’état actuel des lacs.

 

c)         Comptabilisation d’autres formes d’occupation de l’unité de drainage

 

Données additionnelles

 

Certaines données d’occupation des rives du réseau hydrographique ne sont pas prises en compte dans le calcul de la concentration théorique actuelle. Ces données sont relatives aux commerces, auberges, gîtes, fermes, industries, bureaux campings, etc. Il est hasardeux avec les données que l’on possède, de tirer une estimation du nombre de personnes-année pour ces types d’occupation puisqu’il peut être très variable d’un établissement à l’autre. Afin de tout de même tenir compte de ces aspects, un décompte par unité de drainage est fait en parallèle.

 

 

6.5.4.5      Classification des lacs basée sur la sensibilité à l’eutrophisation

 

La sensibilité des lacs à l’eutrophisation a été clairement définie dans la section sur les concepts. Selon cette définition, on classe les lacs en tenant compte de l’état d’origine ainsi que de l’état actuel. La sensibilité des lacs à l’eutrophisation est basée sur la quantité de phosphore nécessaire à un lac pour faire dépasser son critère de qualité, tel qu’établi par le MENV. Cette quantité de phosphore peut être traduite en nombre de personnes-années, en nombre de chalets, en superficie occupée par différents types d’occupation du sol, etc. afin de rendre plus compréhensible le niveau de sensibilité. Les classes de quantité de phosphore qui serviront à interpréter la sensibilité des lacs ne doivent, cependant, pas être utilisées à des fins de décisions sur la quantité réelle qu’un lac peut supporter. La section sur l’interprétation des classes de sensibilité traitera cet important aspect.

 

a)         Critères du MENV sur les apports admissibles en phosphore

 

Selon le critère de qualité de l’eau des lacs en ce qui a trait au phosphore total, une augmentation maximale de 50 % de la concentration naturelle est permise jusqu’à une concentration maximale de 0,01 mg/L pour les lacs naturellement oligotrophes (pauvres) ou 0,02 mg/L pour les lacs mésotrophes. Pour les lacs réputés eutrophes (riches), le critère de 50 % ne s’applique pas.

 

Cependant, puisqu’il existe un grand niveau d’incertitude face aux valeurs quantitatives de phosphore obtenues par le modèle, il est préférable de ne pas utiliser les limites supérieures associées aux classes trophiques. On ne tiendra compte alors que du critère d’augmentation maximale de 50 %. La figure 45 présente un organigramme de la classification des lacs selon leur sensibilité aux apports en phosphore, tel qui vient d’être discuté.

 

b)         Classes de sensibilité

 

Les classes de sensibilités sont établies selon l’écart qui existe entre les apports actuels et la limite supérieure tolérée (1,5 fois la valeur de concentration naturelle) (voir tableau 119). Comme il est difficile de travailler avec des valeurs de concentration, à un niveau interprétatif, nous les avons traduites en masses d’apport de phosphore, en utilisant le modèle en sens inverse.

 

Plus la masse d’augmentation permise est faible, plus les lacs sont considérés sensibles.

 

À titre d’indication, une résidence permanente ayant le taux d’occupation moyen qu’on lui attribue exporte 2 kg de P par an avant traitement d’épuration.

 

c)         Interprétation des classes de sensibilité

 

Certains aspects de l’interprétation des résultats et de leur portée doivent être compris pour éviter de faire fausse route dans les décisions d’aménagement.

 

1.   Bien que les classes de sensibilité des lacs à l’eutrophisation puissent être reliées à une quantité de phosphore supplémentaire admissible, on ne doit pas utiliser ces valeurs à des prises de décision finales pour l’aménagement du bassin-versant d’un lac. Les classes de sensibilité, telles qu’établies selon cette méthode, doivent être interprétées comme un potentiel théorique des lacs à accueillir davantage de nutriments. Ce potentiel doit être mis en perspective à l’aide d’autres portraits. Ces classes doivent être interprétées de concert avec des gens possédant un minimum de connaissances sur la limnologie. La grande variabilité de types de lacs et les processus complexes qui les caractérisent font en sortes que les modèles ne donnent pas toujours un portrait fidèle de la réalité. Plusieurs impondérables peuvent se présenter. L’utilisation complémentaire d’un portrait écologique des lacs pourra, dans une prochaine étape, aider à valider la précision du modèle en fonction du type de lac.

 

Ceci étant dit, la méthode présentée, ici, permet tout de même de classer les lacs les uns par rapport aux autres en termes de sensibilité aux apports en phosphore (voir tableau 120).

 

Les résultats issus de cette classification devraient permettre aux aménagistes de fixer les grandes lignes de leurs politiques en termes d’aménagement du territoire.

 

 

6.5.4.6      Une classification des lacs basée sur leur typologie écologique

 

Tous les lacs n’ont pas la même dynamique interne. Les processus complexes qui opèrent dans les lacs, tels que les cycles du phosphore et de l’azote, la stratification thermique, le retournement des eaux etc., dépendent en grande partie des caractéristiques climatiques, géologiques, morphométriques et hydrologiques des lacs. Les modèles de prédiction de la concentration en phosphore ne tiennent pas toujours la route face à la grande variabilité de types de lacs. Plusieurs lacs possèdent des caractéristiques exceptionnelles les faisant fonctionner parfois à l’inverse de nos attentes et de la logique derrière les modèles de concentration en phosphore.[5]

 

On a donc intérêt à utiliser une typologie des lacs basée sur des caractéristiques fondamentales, de paire avec les résultats du ou des modèles de concentration en phosphore. Ces caractéristiques fondamentales sont regroupées sous trois (3) thèmes : la morphologie des lacs, leur hydrologie et leur contexte géologique. Afin de synthétiser l’information, les lacs sont classés à l’aide des variables de ces trois (3) thèmes de manière indépendante. Le type écologique final correspond à la combinaison de ces trois (3) thèmes. Les variables prises en compte pour cette typologie sont les suivantes :

 

Classe morphométrique

Ø     Taille

Ø     Sinuosité

Ø     Ratio Longueur/Largeur

Ø     Confinement

 

Classe hydrologique

Ø     Ordre de Strahler

Ø     Qs

Ø     Ratio de drainage

 

Classe géologique

Ø     Lithologie du bassin-versant (MAFIQUE, FELSIQUE, SILICEUSE, CARBONATÉ)

 

Pour ce qui est des classes morphométrique et hydrologique, la caractérisation des variables s’appuie sur une analyse descriptive plus élaborée, telle que présentée au tableau 121 et au tableau 122.

 


6.6     Perspectives d’aménagement et de développement relatives à la qualité du milieu

 

 

 

6.6.1    Encadrer les usages à forte nuisance

 

La préservation de la qualité du milieu de vie est le propre des municipalités locales depuis de nombreuses années. Jusqu’à maintenant, des choix d’aménagement ont été faits par l’ensemble des municipalités qui disposent toutes de dispositions normatives et de zonage permettant d’assurer une certaine uniformité au niveau du gabarit architectural et de l’occupation des terrains. La plupart d’entre elles disposent également de règlements sur les nuisances.

 

Il conviendrait que la municipalité fasse état de son vécu au sujet de la recherche d’un milieu de qualité et énonce des objectifs pouvant répondre à ses préoccupations.

 

En réponse aux Orientations gouvernementales et en complément à la planification municipale, il conviendrait que le Schéma d’aménagement formule une liste des usages à fortes nuisances pour assister les municipalités dans le domaine de la gestion des contraintes anthropiques.

 

 

 

6.6.2    Soutenir les interventions visant l’amélioration des milieux bâtis anciens ou vétustes

 

Les bâtiments vétustes ou insalubres et le patrimoine anthropique constituent deux (2) champs d’intervention importants pour la Matawinie, car la croissance démographique qu’on y observe se manifeste par de nombreux projets de rénovation ou de construction. Par ailleurs, certains secteurs où se concentrent de vieilles habitations deviennent des préoccupations soit en terme de salubrité, soit en terme de valorisation du patrimoine.

 

Il conviendrait que la municipalité établisse son propre bilan et ses propres perspectives afin qu’elle puisse se positionner entre la sensibilisation et la valorisation.

 

Le maintient, voir, l’amélioration des programmes d’aide visant les bâtiments insalubres ou vétustes apparaissent comme une nécessité.

 

Quant au patrimoine bâti, on ne peut que regretter qu’il n’existe pas de programme pouvant se prêter au contexte matawinien, particulièrement en ce qui a trait aux places de l’église. Il conviendrait de demander au ministère des Affaires culturelles de mettre de l’avant des programmes de soutien adaptés à la problématique matawinienne.

 

 


6.6.3    Améliorer la planification des milieux naturels sensibles

 

Le premier Schéma d’aménagement a très bien jeté la réflexion à ce sujet via la définition des unités de paysage. Par contre, l’absence de directives d’aménagement simples et claires a empêché sa traduction efficace. La gestion des rives et du littoral a connu, quant à elle, une prise en compte bien articulée par les municipalités locales. Des améliorations notables peuvent donc être apportées dans le cadre de la révision du schéma. Parmi les éléments qui ont le plus évolué en terme de connaissance, il y a les sites d’intérêts naturels, leur nombre s’étant considérablement accru dans le contexte de la production du PSAR 1 (Projet de Schéma d’aménagement révisé 1).

 

a)         Mise à niveau des mesures applicables à la rive, au littoral et aux milieux humides

 

Le milieu riverain constitue la ressource naturelle la plus convoitée et la plus structurante de la Matawinie. Malheureusement, la mauvaise gestion de ce milieu et les mauvaises habitudes acquises ont conduit à une dégradation importante de ce milieu.

 

La préservation de ce milieu et sa valorisation passent par une meilleure planification et un meilleur contrôle de l’utilisation de ces milieux. Il convient également d’effectuer les mises à niveau des dispositions conformément aux orientations gouvernementales.

 

La restauration des rives dégradées devrait faire l’objet d’un meilleur soutient technique.

 

Il conviendrait que des mesures particulières de restauration puissent s’appliquer aux plus anciens secteurs de villégiature, où les implantations se sont souvent faites à l’intérieur de la bande riveraine et sur des terrains beaucoup trop petits.

 

Le Schéma d’aménagement devrait aussi exiger des municipalités locales l’intégration des dispositions applicables aux milieux humides.

 

b)         Prise en compte des sites d’intérêts dans la planification des municipalités locales

 

Une bonne part des déplacements récréotouristiques en Matawinie est motivée par l'attrait qu'exercent les sites d'intérêts. La quantité de sites inventoriés s'est grandement accrue depuis l'adoption du premier Schéma d'aménagement, en mai 1988. Ces sites participent au développement des fonctions tant récréatives que résidentielles et touristiques.

 

Les sites d'intérêts récréatifs devraient idéalement être utilisés à des fins récréatives, cela, on peut facilement en convenir. Par ailleurs, le contexte où se retrouve chaque site peut nous donner une idée de la finalité qui peut leur être réservée. Ainsi, il serait intéressant que la planification municipale annonce l'utilisation souhaitée des divers sites, à savoir pour les besoins de la villégiature, de la fonction résidentielle, pour les grands parcs urbains, pour les besoins des entreprises récréotouristiques, etc.

 

Pour les fins de cet exercice, il pourrait convenir que la mission de chacun des sites soit déterminée en s'inspirant des affectations et des sous-affectations définies dans le contexte des grandes affectations du territoire de la MRC.

Pour permettre d'évaluer la qualité des interventions pouvant être prévues sur un site d'intérêt, il serait aussi utile d'établir des critères permettant d'orienter l'administration municipale et ainsi, assurer le maintien d'une haute qualité d'aménagement en terme d'intégrité.

 

c)         Cibler les activités source d’altération

 

Une planification efficace des milieux naturels sensibles ne peut s’effectuer sans procéder à un listing et une gestion efficace des activités d’altération.

 

Il serait donc fort utile de définir ces activités pour les divers milieux naturels sensibles et de les régir en conséquence.

 

Plus particulièrement, en ce qui concerne les unités de paysage, il conviendrait de mettre de l’avant une approche permettant de régir l’occupation de l’espace en fonction de la position altitudinale.

 

 

 

6.6.4    Planifier et gérer les situations à risques

 

La mise en œuvre du premier Schéma d’aménagement a donné lieu à une mise en place intégrée des dispositions régissant les zones de dangers naturels (inondations et mouvements de terrain). Cette planification demande, néanmoins, d’être complétée sur plusieurs aspects, entre autre, en y ajoutant les contraintes anthropiques.

 

En ce qui concerne les zones de dangers naturels, deux (2) nouvelles problématiques demandent d’être couvertes, soit les petits bassins-versants à risques torrentiels et les sites de formation d’embâcles.

 

Lorsqu’un certain nombre de relevés d’arpentage est effectué pour un secteur donné, on devrait envisager les corrections à la cartographie lorsque cela permet d’améliorer sa précision. Dans le cas des zones inondables, l’installation de règles sur des ponts ou murs de soutènement peut aussi aider à la gestion de ces secteurs.

 

En ce qui concerne les entreprises à risque et les réseaux d’aqueducs publics et privés, on devrait définir le cheminement requis en vue de l’adoption d’un normatif de base.

 

Plus globalement, considérant les récentes décisions gouvernementales à ce sujet, il convient que le Schéma d’aménagement et les plans d’urbanisme des municipalités locales fassent écho de la réalisation future du Schéma de couverture de risque.

 

 


6.6.5    Établir une étroite coordination entre le Schéma d’aménagement et les plans directeurs de l’eau relatifs à chaque bassin-versant

 

Les agences de bassin ont à produire un Plan directeur de l’eau qui va contenir un bilan de l’utilisation de l’eau et proposer des interventions, plus particulièrement au pallier municipal. La plupart des informations utiles à une planification le sont également pour l’autre, de telle sorte qu’il devient très important que ces informations puissent être partagées. Par ailleurs, plusieurs travaux d’inventaire vont aussi être produits par les agences de bassin sur la question de la qualité de l’eau et des interventions seront proposées au Plan directeur de l’eau.

 

Il importe donc que des liens très étroits s’établissent entre la MRC et les organismes gestionnaires de bassin-versant pour assurer un partage maximal de l’information  et une bonne coordination des planifications.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

 

CARIGNAN, R., (2003), Suivi limnologique 2002-2003 du lac Heney et des lacs de son

basin versant et Étude du basin versant du lac Henney. MENV –Direction Régionale de l’Outaouais. Université de Montréal.

 

RAST, W., Jones, r.a., lee, g.f., (1983) Predective capability of U.S. OECD

phosphorus loading – eutrophication response models. Journal / Water Pollution

Control Federation, 51 :2123 – 28.

 

Reckhow, k.h. (1983) A method for the reduction of lake model prediction error. Water

Ressources, 17 :911-116

 

Reckhow, k.h., BEAULAC, M.N., SIMPSON, J.T. (1980) Modeling phosphorus

loading and lake response under uncertainty: A Manual and Compilation of Export Coefficients. EPA 440/5-80-011, Washington, 214 p.

 

Reckhow, k.h. (1979) Uncertainty analysys applied to Vollenweider’s phosphorus

loading criteria. Journal / Water Pollution Control Federation 51 :2123 – 28.

 

RYDING, S-O, RAST,W 1994. Le contrôle de l’eutrophisation des lacs et réservoirs,

Masson, Paris, 294 pages.

 


schéma d’aménagement révisé

Second projet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partie 2

 

Chapitre III : La problématique et les choix régionaux

Chapitre IV : Le plan d’aménagement

Chapitre V : Le document complémentaire

 

 

 

 

 


Service d’aménagement

Juin 2005


Chapitre III
La problématique et les
choix régionaux

(Partie 2)

 

 

schéma d’aménagement révisé

 

Second projet

 

 

 

 

 


Le présent chapitre a pour objet de présenter les diverses orientations d’aménagement formulées à l’égard du territoire de la municipalité régionale de comté de Matawinie. Nous y distinguerons des orientations d’aménagement de deux (2) principaux ordres : d’une part, celles exposées par le gouvernement, notamment celles transmises conformément aux articles II et 16 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (section 2) et, d'autre part, celles adoptées par le conseil de la municipalité régionale de comté de Matawinie (section 3).

 

Mais avant de présenter ces orientations, on fait un bref survol des dernières années qui ont donné lieu à la mise en place des nouvelles règles du jeu en matière d’aménagement du territoire.

 

 

 

 

SECTION I       LA PROBLÉMATIQUE D’AMÉNAGEMENT et de développement

 

 

LA MATAWINIE, UNE RURALITÉ DIFFÉRENTE

 

 

1.1     L'Avènement de la nouvelle politique nationale sur la ruralité

 

Le dépôt récent de la nouvelle politique nationale de la ruralité s'inscrit à l'intérieur des différentes réformes gouvernementales qui ont touché, récemment, le milieu municipal.  En faisant un bilan, on pouvait, par ailleurs, s'apercevoir que ces réformes avaient davantage comme objectif et comme conséquence de mieux positionner les principales agglomérations du Québec aux prises avec les problèmes générés par l'étalement urbain.

 

Par sa politique sur la ruralité, le Québec se dote d'un moyen permettant de conditionner son évolution de façon à assurer un meilleur équilibrage dans la complémentarité de l'urbain et du rural. Il met aussi en place ce qui apparaît comme de nouveaux moyens en vue de renforcer le dynamisme et l'autonomie du monde rural face à la dévitalisation qu'on y observe depuis plusieurs années et fournit le contexte à l'élaboration d'une stratégie d'occupation du territoire qui faisait défaut jusqu'à maintenant.

 

 

 

1.1.1    La territorialité et la ruralité particulières de la Matawinie depuis ses tous débuts

 

Formant la partie Nord de la grande région de Montréal,  la ruralité matawinienne se définit par rapport à deux (2) milieux urbains d'importance, soit la grande agglomération de Montréal et Joliette, la capitale régionale. Son territoire débute là où l'immense plaine du Saint-Laurent vient butter contre le Piedmont laurentien.

 

 

 

1.1.2    L'expansion et le ressac de l'occupation agricole

 

Depuis le tout début de sa colonisation, soit au début du 19e siècle, ses paysages de montagnes, de lacs et de forêts et son climat plus austère ont modulé son occupation. On y défriche la forêt pour y cultiver un lopin de terre qui produira bien en fond de vallée, où s'y concentrent les riches alluvions, sinon peu en flanc de montagne, où domine la « terre de roches ». Ainsi, pour plusieurs municipalités, soit celles de Chertsey, Entrelacs, Notre-Dame-de-la-Merci, Saint-Donat et Saint-Côme, l'agriculture n'aura été qu'un court épisode prenant fin au début des années 50 (1950). L'agriculture, à l'origine de nos plus beaux paysages, survivra essentiellement dans la région des Piedmonts et accordera une large part à l'agriculture sans sols, permettant aux fermiers du coin de décrocher, aujourd'hui, les plus hauts revenus moyens de tout le domaine agricole lanaudois.

 

Plus au Nord et vers la fin du 19e siècle, soit dans le vaste bassin de la Mantawa occupé par le réservoir Taureau et l'agglomération de Saint-Michel-des-Saints,  la foresterie s'y établira pour dominer assez rapidement l'agriculture. Enfin, à l'extrême Nord, soit sur le bassin du lac Kempt, un peuplement Atikamekw viendra y prendre racine en tirant initialement sa subsistance de la ressource faunique et un peu plus tard, en l'enrichissant de l'apport de denrées et de fournitures provenant des populations blanches. C'est ainsi que s'achève et se consolide l'occupation rurale de type conventionnel de la Matawinie.

 


1.2     L'avènement d'une ruralité différente

 

La réorganisation du réseau routier et son développement au bénéfice des agglomérations de Montréal et de Joliette depuis l'avènement de l'automobile, soit depuis la fin des années 40 (l'après guerre), viendra consacrer et donner plus de vigueur à une autre forme d'occupation du territoire, soit le récréotourisme. Déjà au tout début du siècle, plusieurs citadins, voir des agriculteurs plus fortunés, construiront un chalet pour jouir du paysage ou faire une bonne pêche dans les hauts. À cette époque, le CNR (Canadian National Railway) offre un lien entre Montréal et Rawdon, ce qui positionne cette agglomération comme pôle touristique, le premier dans toute l'histoire de Lanaudière, et occasionne la venue d'immigrants de diverses nationalités. Ces nouveaux arrivants, ajoutés à une forte représentation anglophone traditionnelle, viendront consacrer le caractère multiethnique de Rawdon.

 

 

 

1.2.1    À moins d'une heure de Montréal !

 

Quand la réorganisation du réseau routier se confirme, déjà l'étiquette de paysages de qualité de la Matawinie est fort bien répandue à Montréal et Joliette. Partout au Québec, les régions agricoles et forestières commencent à se fragiliser et à se dévitaliser avec la mécanisation du travail et la baisse des besoins en main-d'œuvre. Alors que la migration vers les villes est facilitée par la qualité du réseau routier, et ce, autant en Matawinie qu'ailleurs, notre territoire vit une ruée de nouveaux arrivants qui choisissent de venir consommer le « paysage de qualité » qui se situe, finalement, pas très loin de la grande ville, juste au-delà de la plaine agricole, à moins d'une heure de Montréal.

 

 

 

1.2.2    De nouveaux liens d'appartenance

 

Cette accélération du  développement de la villégiature prépare l'avènement de la rurbanisation qui commence à se manifester à la fin des années 60. Les constructions rustiques des villégiateurs attirent, en effet, de plus en plus de citadins, tant préretraités que jeunes ménages, en quête d'une qualité de vie où priment à la fois la tranquillité et une relation plus étroite avec la nature. On préfère en quelque sorte réparer progressivement le chalet dans sa quiétude rurale pour en faire une maison, l'attachement à ce coin de pays prenant le dessus sur les inconvénients du « voyagement », une tribu que les « natifs » n'ont pas à considérer.

 

Ainsi, alors que le Québec rural connaît une forte baisse démographique, les municipalités des Piedmonts de la Matawinie vivent une forte croissance qui, en 20 ans, fait doubler, dans certains cas, la population résidente. Depuis, le mouvement pendulaire des citadins d'origine retournant quotidiennement à leur milieu de travail bat le rythme du transit routier.

 

 


1.2.3    Une plus grande polarisation des fonctions commerciales

 

Parallèlement, deux (2) municipalités déjà plus populeuses au départ, soit Rawdon et Saint-Félix-de-Valois, renforcent leur dynamisme au niveau des fonctions tertiaires et industrielles. Plus au Nord, soit dans les municipalités de Saint Donat, Saint-Jean-de-Matha et Saint-Michel-des-Saints, se développent une trame touristique de marque, chacune autour de produits particuliers, soit le massif des Tremblantes, les Piedmonts et les grands espaces de l'arrière pays.

 


1.3     Aujourd'hui, une différence qui commande des choix différents

 

Bien que profondément rurale lorsque l'on considère son environnement naturel et la distance qui la sépare des grandes agglomérations urbaines, la Matawinie cherche à se définir entre le meilleur et le pire de ce que peut offrir ce mélange peu commun d'urbanité et de ruralité.  Une recherche qui, au-delà des objectifs mis de l'avant par la Politique nationale de la ruralité, fait porter uniquement sur le dos des régions le poids de la spécificité.  Il en est ainsi des lois sur les ressources minérales, sur l'espace agricole et sur les forêts qui constituent les assises du monde rural comme territoire ressource. Hors, il appert que ces lois, à l’exception de celle sur l’agriculture, s’inscrivent dans l’antithèse de la première mission économique de la Matawinie, soit le récréotourisme.

 

 

 

1.3.1    La MRC, un organe conçu pour fin d'harmonisation

 

En Matawinie, trois (3) municipalités sur 15 peuvent prétendre, et ce,  jusqu'à un certain point, se définir confortablement sur les bases traditionnelles du développement rural, soit Saint-Michel-des-Saints, Saint-Zénon et Saint-Félix-de-Valois. Pour ces trois (3) municipalités, l'exploitation des ressources constitue, de fait, l'assise économique de base, mais non exclusive. Toutes les autres sans exception rencontrent autant, sinon plus de contraintes que d'avantages à l'application conventionnelle de ces lois.

 

Lorsque l'État québécois a adopté la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (LAU 125) en 1979, le projet de super ministère à l'aménagement ayant, entre autre, pour effet de faire converger les planifications des différents ministères à partir de certaines orientations communes, a finalement été rejeté à cause de l'opposition trop grande des différents ministères face à cette harmonisation obligée. La MRC est donc devenue, dans les faits, le seul organe devant porter le grand objectif d'harmonisation.

 

 

 

1.3.2    Des problématiques particulières reliées à la gestion des ressources

 

La Commission Coulombe, dont le rapport a été déposé le 15 décembre 2004, est venue confirmer que la gestion des forêts laissait à désirer. La MRC y a, d’ailleurs, déposé un mémoire pour sensibiliser la Commission à la problématique matawinienne des forêts. La valorisation des forêts à des fins prioritairement forestières, cela existe via le RNI. La valorisation des forêts à des fins prioritairement fauniques ou prioritairement récréatives, cela n'existe nulle part, de telle sorte qu’il a fallu l’inventer et le placer à l’intérieur du présent Schéma d’aménagement.

 

Mais ce n’est pas tout !  Nous pouvons bien définir les bons objectifs quant à la finalité attendue de nos forêts, mais la culture de nos entreprises forestières y est-elle ?  La grande foresterie, avec ses grandes superficies en coupes totales, ne dispose pas de cette culture. Il nous faut donc créer une microforesterie qui va pouvoir s’habiliter à intervenir dans nos forêts. La tâche est, néanmoins, rendue plus facile avec les nouvelles orientations gouvernementales en matière agricole qui prévoient déjà des mécanismes de régulation qui nous permettent de nous rapprocher de l'objectif d'harmonisation recherché.

 

 

 

1.3.3    Les défis des transports

 

La problématique associée au système routier, le seul système à bien desservir la Matawinie, tient à son caractère disfonctionnel. La Matawinie n’est pas encore desservie par le réseau routier national. L’achèvement des autoroutes 25 et 31 en direction de Rawdon et Saint-Félix-de-Valois va permettre de remédier à cette situation. Aussi, l'absence d'un système routier Est-Ouest efficace a déjà été bien démontrée, il y a plus d'une quinzaine d'années. Cette carence organisationnelle a pour conséquence que les liens naturels Nord-Sud entre la Matawinie rurale et les agglomérations de Montréal et de Joliette apparaissent comme des liens forcés et réducteurs pour plusieurs fonctions qui ont besoin des liens Est-Ouest, comme la foresterie, le récréotourisme, le domaine commercial et l'industrie.

 

L'expérience de l'intégration des transports publics à l'échelle de la région de Lanaudière se butte à d'autres particularités. Seules les municipalités plus populeuses du Sud, comme Rawdon et Saint-Félix-de-Valois, trouvent un bénéfice comparable aux MRC situées plus au Sud. Ici, la trop faible densité et l'espacement relativement plus grand des noyaux villageois se traduisent par des seuils de rentabilité plus élevés qui génèrent des coûts prohibitifs pour les municipalités locales.

 

 

 

1.3.4    L'amélioration des services publics

 

Depuis la création des MRC, plusieurs interventions gouvernementales dans le domaine de la santé, du bien-être et de l'éducation ont eu pour effet de rapprocher les services de base au niveau des collectivités locales. Nous pensons, ici, à l'implantation des écoles secondaires, des CLSC et des régies de police. Des planifications stratégiques ont aussi été amorcées en ce qui a trait à la sécurité publique et de la gestion des matières résiduelles. Ces services de base qui se situent au cœur des préoccupations des municipalités locales, n'ont pas encore fini d'évoluer et le maintien de la croissance démographique au-delà des années 2020 nous permet d'espérer que dans l'ensemble, leur maintien ne devrait pas faire l'objet de remises en question.

 

 

 

1.3.5    Que faire quand il pleut ?

 

Au niveau du tourisme, le développement de la motoneige, voir des parcs régionaux, donne lieu à des stratégies de développement et de promotion de mieux en mieux orchestrées. Ce n'est qu'un début. Par ailleurs, on est loin d'avoir même commencé à traiter de l'intégration de la culture au développement touristique. C'est pourtant incontournable, car il n'existe pas d'autres réponses à la question « Que faire quand il pleut ? ». Les produits touristiques qui se distinguent savent, d’ailleurs, réaliser l'alliance entre le plein air et le culturel.

 

 


1.4     Des choix tournés vers l’avenir

 

En matière d’aménagement et de développement, s’il fallait nous fier aux orientations gouvernementales déposées en juillet 1997, nous serions confrontés au pire, soit à ce que nous appelons ironiquement le sous-développement durable. Car la Matawinie, oui, c'est un territoire ressource, mais pour le résident, pour la plupart des entreprises et pour l'élu local, c'est aussi beaucoup plus que cela, à commencer par un paysage, et le nouveau Schéma d'aménagement va le démontrer une nouvelle fois.

 

Lorsque l'on considère, par ailleurs, les requêtes répétées des nombreuses municipalités rurales du Québec aux prises avec la décroissance démographique depuis plus de 40 ans, plus particulièrement à l'égard de la fermeture des services publics, on comprend que la Matawinie fait encore bande à part. Bien sûr que le cap doit être maintenu quant à l'amélioration de la qualité des services publics, mais d'autres problématiques apparaissent tout aussi criantes, comme la valorisation du paysage et la réorientation de nos entreprises forestières.

 

 

 

1.4.1    Et la jeunesse ?

 

Mieux vivre en Matawinie devra donc se traduire par une plus grande originalité et une vision plus large de la qualité de la vie. N'est-ce pas, d'ailleurs, autour de ces valeurs que devrait se développer l'enracinement et le sens d'une véritable appartenance à une ruralité tournée vers l'avenir ?  Et que penser de nos jeunes et de leurs nouvelles visions à eux aussi ?  N'y aurait-il pas là un espace qui leur appartient en propre et que nous leur refusons ?

 

Au Québec comme ailleurs en Occident, le 20e siècle aura été celui du développement des grands services et des infrastructures publiques, et de l'intégration des grandes entreprises ouvertes à la mondialisation, un développement qui a surtout profité à l'urbanité. À l'aube du 21e siècle, à cause de leur marginalité, de nombreuses régions rurales, comme la Matawinie, devront renouveler d'initiative et d'originalité pour garantir un monde viable, voir, meilleur.

 

 

 

1.4.2    Des choix qui engagent d'abord les matawiniens eux-mêmes

 

L'apport des grandes entreprises oeuvrant dans le façonnement de la ruralité, que ce soit en foresterie ou en agriculture, a contribué au maintien des populations locales en offrant des revenus décents, mais aussi à leur désertion en remplaçant une large part de la main-d'œuvre via la mécanisation et la robotisation. Ces résultats discutables sont aussi ternis par une pression environnementale et une banalisation auxquelles les populations ne veulent pas être associées et surtout pas notre jeunesse.

 

Dans ce contexte, la Matawinie est confrontée à de nombreux choix qui vont à contre-courant par rapport à ceux des grandes entreprises et de l'État, voir même, en ce qui concerne la ruralité telle qu'énoncé dans la nouvelle Politique nationale.

1.4.3    Le domaine du possible

 

Les objectifs et actions spécifiques ciblés, ici, appartiennent toutes au domaine du possible, d'autant plus qu'ils concernent essentiellement notre développement endogène. Ne l'oublions pas, nous sommes toujours localisés à moins d'une heure de Montréal !  Et finalement, une fois les choix faits pour le meilleur, particulièrement ceux entourant le paysage et la micro-entreprise, la grande entreprise ne serait-elle pas aussi tentée par de tels choix, par exemple, en choisissant de jouer, tout comme nous, la carte verte ?

 

 

 


SECTION II     LES ORIENTATIONS DU gOUVERNEMENT EN MATIÈRE D'AMÉNAGEMENT

 

 

 

Le gouvernement du Québec, soucieux d'apporter sa contribution à la vaste réflexion entourant la révision des schémas d'aménagement, publiait en 1994 un premier document intitulé : « Les orientations du gouvernement en matière d'aménagement - Pour un aménagement concerté du territoire ». En plus des grandes orientations en matière d'aménagement qu'il entend poursuivre sur l'ensemble du territoire québécois, le gouvernement y présente les attentes auxquelles devront répondre les MRC pour atteindre les objectifs des divers ministères ainsi que les organismes publics concernés.

 

Les Orientations gouvernementales ont été produites et transmises par le ministère des Affaires municipales en 1994. Elles se sont, par la suite, enrichies de documents complémentaires traitant de la régionalisation, la décentralisation, la problématique des agglomérations urbaines et la Loi sur l’agriculture. Mais plus particulièrement, les Orientations gouvernementales, déposées en vertu de l’article 56,4, sont venues jeter une douche froide sur le contenu du PSAR 1 et ont nécessité un effort colossal de mise à niveau technique. La gestion de l’urbanisation et la gestion des ressources ont donc été complètement revues pour assurer un cadre de planification plus rigoureux et davantage conforme aux orientations gouvernementales.

 

Cette seconde section a donc pour objectif de permettre une meilleure visualisation des grandes préoccupations gouvernementales en matière d'aménagement. Rappelons que le gouvernement constitue un intervenant majeur dans le processus de révision du Schéma d'aménagement et, qu'à ce titre, ses intentions d'aménagement doivent être considérées dans cette vaste opération de conciliation.

 

 


2.1     La gestion de l'urbanisation

 

 

 

2.1.1    La répartition de la croissance urbaine

 

Privilégier la consolidation des zones urbaines existantes et donner la priorité à la revitalisation des centres-villes et des secteurs anciens.

 

Orienter l'extension urbaine dans les parties du territoire pouvant accueillir le développement de façon économique et dans le respect de l'environnement.

 

Favoriser une approche intégrée du développement pour l'ensemble d'une agglomération urbaine.

 

 

 

2.1.2    L'amélioration de la qualité de vie dans les milieux urbanisés

 

 

2.1.2.1      Le maintien et l'amélioration des services aux personnes

 

Maintenir et améliorer les équipements et les services collectifs en maximisant leurs retombées sur le milieu urbanisé.

 

 

2.1.2.2      L'amélioration des conditions générales de l'habitat

 

Améliorer les conditions de l'habitat et les adapter au contexte socio-économique.

 

 

2.1.2.3      L’amélioration du cadre bâti et naturel en milieu urbanisé

 

Protéger, réhabiliter et mettre en valeur le cadre bâti, les espaces publics et éléments du milieu naturel en milieu urbanisé.

 

 

 

2.1.3    La prise en compte des risques d'origine naturelle et anthropique et des nuisances

 

Contribuer à la santé, à la sécurité et au bien-être public, ainsi qu'à la protection de l'environnement par une meilleure harmonisation des usages.

 


2.1.4    La planification stratégique des espaces industriels et commerciaux

 

Optimiser, par la planification des espaces industriels et commerciaux, les retombées des investissements publics et privés consentis.

 

 

 

2.1.5    La planification intégrée de la localisation des équipements et des infrastructures

 

Arrimer aux objectifs d'aménagement du territoire et de protection de l'environnement la planification des infrastructures et des équipements à caractère public et assurer leur viabilité.

Ø          Les équipements de gestion environnementale;

Ø          Les réseaux d'aqueduc et d'égout et les ouvrages d'assainissement des eaux;

Ø          La gestion des boues de stations d'épuration et de fosses septiques;

Ø          La gestion intégrée des déchets solides.

 

 


2.2     Un aménagement du territoire propre à déterminer une mise en valeur intégrée des ressources

 

 

 

2.2.1    La gestion des terres du domaine public

 

 

2.2.1.1      Le patrimoine foncier québécois

 

Développer une approche de gestion globale visant l'utilisation polyvalente du patrimoine foncier québécois, l'harmonisation des divers usages et la concertation des différents partenaires.

 

 

2.2.1.2      Les lots publics intramunicipaux

 

Favoriser la mise en valeur des lots publics intramunicipaux au profit du développement régional.

 

 

 

2.2.2    La protection du territoire agricole et le soutien au secteur bioalimentaire

 

Assurer la pérennité et la mise en valeur du territoire et des activités agricoles en tenant compte des particularités et de la diversité des milieux.

 

 

 

2.2.3    La planification des activités minières

 

Contribuer au développement du secteur minier en favorisant la protection et la mise en valeur des ressources minérales par une meilleure planification territoriale.

 

 

 

2.2.4    La protection et l'aménagement du milieu forestier

 

Assurer la pérennité et la mise en valeur des ressources forestières en tenant compte de la diversité des milieux.

 

 


2.2.5    Le développement de l'énergie

 

Privilégier la mise en valeur et l'utilisation efficace et rentable de toutes les ressources énergétiques et en maximiser les retombées économiques en région.

 

 

 

2.2.6    La conservation de la diversité biologique

 

Assurer la protection du patrimoine naturel ainsi que le maintien des espèces fauniques et floristiques et de leurs habitats.

 

 

 

2.2.7    L'accessibilité aux territoires fauniques et aux espaces récréatifs

 

 

2.2.7.1      Le développement du réseau des parcs québécois

 

Améliorer la contribution du réseau des parcs québécois à la protection des milieux naturels et à la satisfaction des besoins de la population en espaces récréatifs.

 

 

2.2.7.2      La création d'un réseau de parcs régionaux

 

Améliorer l'accessibilité à de nouveaux espaces naturels protégés et favoriser leur mise en valeur à des fins récréotouristiques dans un contexte de polyvalence.

 

 

2.2.7.3      La mise en valeur des ressources fauniques

 

Consolider et adapter les affectations territoriales fauniques de concert avec les partenaires locaux afin d'améliorer leur apport au développement socio‑économique régional.

 

 

2.2.7.4      Le développement de la villégiature

 

Favoriser le développement de la villégiature sur les terres publiques à des fins récréatives et économiques.

 

 

 


2.2.8    La mise en valeur du territoire à des fins touristiques

 

Assurer la contribution du secteur touristique au développement des régions par une mise en valeur accrue des attraits et des activités axée sur la consolidation des produits touristiques prioritaires.

 

 

 

2.2.9    Les infrastructures de transport et le développement régional

 

Préserver les infrastructures de transport, maintenir un service adéquat à l'usager et soutenir le développement socio‑économique des différentes régions du Québec en optimisant les acquis des différents modes de transport.

 

 


2.3     Le renforcement des structures municipales

 

Renforcer les structures municipales afin d'assurer au niveau local une meilleure répartition des revenus et des coûts et de permettre une meilleure utilisation des ressources des municipalités et de l'État.

 

 

 


SECTION III    LES ORIENTATIONS DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ADOPTÉES PAR LE CONSEIL DE LA MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ DE MATAWINIE

 

 

 

Éléments de contenu obligatoire du Schéma d’aménagement, les grandes orientations de l’aménagement du territoire constituent l’expression des buts et des objectifs poursuivis par la municipalité régionale de comté dans l’élaboration de son Schéma d’aménagement.  Plus spécifiquement, ces buts traduisent les raisons d’être du schéma, de même que les préoccupations fondamentales de l’aménagement du territoire que le conseil entend prendre en charge dans la réalisation du présent exercice.

 

 

 

 

 

3.1     Les buts et objectifs d’aménagement

 

Les objectifs d’aménagement, constituent des réponses aux buts fixés préalablement. Deux (2) aspects des objectifs d’aménagement leur confèrent une importance particulière. D’abord, de par leur nature, ils représentent des cibles à atteindre donc des points de repère pour évaluer, dans l’avenir, le degré de réalisation des volontés comprises dans le Schéma d’aménagement. Ensuite, de par le rôle que leur attribue la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, ils servent de barème pour l’établissement de la notion de conformité à l’égard du plan et des règlements d’urbanisme que les corporations municipales devront modifier après l’entrée en vigueur du Schéma d’aménagement[6]. Afin de les rendre plus précis et plus fonctionnels, les objectifs d’aménagement ont été subdivisés en objectifs généraux et particuliers.

 

Ensemble, les buts et objectifs du Schéma d’aménagement traduisent l’expression des choix d’aménagement retenus par le conseil de la municipalité régionale de comté de Matawinie suite à la prise de connaissance et à l’analyse de la problématique régionale et aux propos recueillis lors de nombreuses réunions d’échanges effectuées auprès des intervenants des principaux secteurs d’activités. Le tableau suivant présente les buts, objectifs généraux et objectifs particuliers d’aménagement de la municipalité régionale de comté de Matawinie de façon à visualiser les liens qui les unissent.

 

 

 


3.1.1    Leur traduction au sein du chapitre 4 (le plan d’aménagement) et 7 (le plan d’action)

 

On trouvera d’autres objectifs plus spécifiques à l’intérieur des diverses sections du chapitre 4, ceux-ci traduisant plus concrètement encore les intentions et les modalités d’action que le conseil de la MRC fait siennes pour un champ d’action particulier. Le chapitre 7 reprend ces grandes orientations et procède à une identification préliminaire des divers partenaires susceptibles d’être interpellés par la réalisation du Schéma d’aménagement.

 

 

 

TABLEAU
BUTS, OBJECTIFS GÉNÉRAUX, OBJECTIFS

PARTICULIERS DE LA MRC DE MATAWINIE

 

BUTS

OBJECTIFS

GÉNÉRAUX

OBJECTIFS PARTICULIERS

Développer un mode d’organisation régional fonctionnel et approprié aux perspectives de développement global de la MRC

Consolidation des acquis

·     Renforcer le statut des municipalités locales comme entité communautaire de base

·     Respecter et confirmer les différents pôles de croissance de la MRC

·     Consolider le développement industriel

Accroître l’accessibilité offerte par le réseau routier

·     Améliorer l’état du réseau routier de l’ensemble de la MRC

·     Réviser et moderniser les formes de gestion et d’entretien du réseau routier

·     Combler les déficiences du réseau routier régional

Assurer des services adéquats à la population

·     Favoriser l’implantation en région de services publics de base

·     Planifier une répartition judicieuse des services et effectifs en matières sociale et communautaire

·     Favoriser l’utilisation complémentaire d’équipements gouvernementaux et municipaux existants

Raffermir le sentiment d’appartenance  à  la MRC

·     Planifier une répartition équitable des équipements et des services publics en fonction des vocations et du niveau d’organisation des municipalités

·     Favoriser la mise en place de moyens de communication pour faciliter les échanges internes de la MRC


Gérer les ressources du territoire dans la perspective d’un développement durable

Promouvoir l’utilisation rationnelle des ressources du territoire

·     Définir les grandes affectations du territoire et les affectations du sol selon les potentiels et les activités

·     Protéger et mettre en valeur les territoires et les sites d’intérêts régionaux

·     Consolider et contrôler la mise en valeur des potentiels forestiers, récréotouristiques, agricoles et fauniques dans une perspective plus écologique

·     Promouvoir l’accès public aux plans d’eau

·     À des fins d’harmonisation, établir des normes pour l’implantation d’activités humaines selon l’affectation du sol et les caractéristiques du milieu

·     Préserver l’intégrité et la qualité du paysage de la région

Assurer une saine gestion de l’environnement et de la sécurité publique

·     Régir les zones de dangers naturels et de contraintes anthropiques

·     Promouvoir un contrôle accru des facteurs d’altération de la qualité de l’eau

Assurer une plus grande efficacité et une meilleure rentabilité des diverses administrations oeuvrant sur la scène locale et régionale

Assurer une meilleure coordination de la mise en valeur du territoire

·     Améliorer la planification et l’administration des territoires municipalisés et non-municipalisés

·     Favoriser la concertation entre les administrations municipales locales et régionales

·     Uniformiser les moyens de contrôle de l’utilisation du sol

·     Agir comme catalyseur entre les administrations diverses oeuvrant dans les domaines semblables pour parvenir à de meilleurs résultats

Promouvoir des modes de gestion d’équipements et de services municipaux

·     Mettre en place des équipements ou des services municipaux régionaux

·     Favoriser la création d’ententes intermunicipales de services

 

 


3.1.2    Une définition du développement durable propre au contexte régional et local

 

Dans les discussions entourant l’aménagement du territoire et la planification régionale, en général, on devra référer de plus en plus à la notion de développement durable. La définition qui nous apparaît la plus utilisée pour l’instant est celle mise de l’avant par la Commission des Nations Unies sur l’environnement et le développement (Rapport Brundtland) en 1987 :

 

Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

 

Dans une perspective opérationnelle, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs ajoute ce commentaire :

 

Cependant, quelle que soit la définition utilisée pour ce concept et la façon de la mettre en application, l’intégration en un tout opérationnel des dimensions sociales, économiques et environnementales du développement reste toujours le fondement pour l’atteinte d’un développement qui est durable.

 

Ces définitions offrent l’avantage d’être très englobantes et de diriger les choix vers une amélioration constante de notre réalité. Par contre, dans le contexte d’un schéma d’aménagement et d’un plan d’urbanisme, elle ne crée pas d’ouverture spécifique sur les rapports qui demandent à être reconnus entre la personne et la microsociété qui l’entoure. Voici donc une définition du développement durable pour ce niveau de perception propre à l’expérience humaine :

 

Assurer l’épanouissement des êtres et des collectivités en s’appuyant sur les valeurs sociétales partagées par l’ensemble.

 

En ce qui concerne l’être, il nous faudra construire à partir de sa sensibilité et de ses aptitudes face à ses réalités intérieures et extérieures. Au niveau de nos collectivités rurales, on pourra convenir de travailler à partir des valeurs partagées par l’ensemble de la population et servant à façonner notre environnement socio-économique et nos ressources territoriales.

 

 

 


Chapitre IV
Le plan d’aménagement

(Partie 2)

 

 

schéma d’aménagement révisé

 

Second projet

 

 

 

 

 

 


SECTION I       La gestion des ressources territoriales

 

 

 

Cette section comprend quatre (4) sous-sections. La première reprend l’essentiel des problématiques relatives à la gestion des ressources et détermine les orientations régionales à ce sujet. La section suivante présente les grandes affectations du territoire et leur répartition sur l’ensemble du territoire. La troisième sous-section définit un certain nombre de sous-affectations propres au milieu rural, entre autre, pour l’agriculture. Enfin, la quatrième sous-section met de l’avant un cadre réglementaire applicable à la forêt en territoire municipalisé.

 

 

 

 

1.1     LES OBJECTIFS GÉNÉRAUX VISANT LA GESTION DES RESSOURCES

 

Ce qu’on a observé au cours des dernières années au sujet de la gestion des ressources, ce sont les préoccupations grandissantes exprimées sur la scène locale ou internationale relativement à l’absence de gestion globale et intégrée et de perspectives orientées vers un développement durable. Cette préoccupation est traduite comme principale orientation en terme de gestion des ressources territoriales et les moyens mis de l’avant à l'intérieur de cette section s’appuient sur les énoncés présentés au tableau de la sous-section 1.1.4.

 

 

 

1.1.1    La carte des territoires d’intérêts, un outil indispensable à la gestion intégrée des ressources

 

Quelles sont les valeurs naturelles permanentes qui sont les plus structurantes pour les diverses entreprises oeuvrant dans un milieu rural comme la Matawinie ? Pour répondre à cette question, nous avons besoin de deux (2) catégories d’information de base. D’une part, il nous faut disposer d’une cartographie des territoires d’intérêts et, d’autre part, il nous faut identifier les différentes catégories d’entreprises intéressées par les diverses catégories de territoire d’intérêt.

 

Cette cartographie des territoires d’intérêts est présentée en première partie du présent Schéma d’aménagement. Il s’avérait effectivement indispensable de disposer d’un tel outil permettant d’ajuster les orientations d’aménagement dans les territoires de transition occupés par les terres privées et les terres publiques et que cet outil soit directement attaché au schéma. Le sentiment d’appartenance des municipalités locales à ces territoires pourra donc s’exprimer à partir de cet outil, ce qui devrait se traduire par une meilleure vision et un positionnement mieux cerné des municipalités au sein de l’échiquier régional.

 

1.1.2    Le rôle déterminant du système routier

 

On sait jusqu’à quel point le système routier constitue un équipement de premier ordre pour la finalité du transport de la ressource. Lorsque le gouvernement du Québec a adopté le nouveau régime forestier en 1989, la décision a été prise d’affecter la presque totalité des territoires publiques à la foresterie et au premier bénéfice des entreprises forestières. La gestion intégrée des ressources après avoir été étudiée avant 1985 sur la base de la cartographie écologique du territoire, a été rejetée par le ministère des Ressources naturelles vraisemblablement suite aux pressions des grandes entreprises forestières. Même si on peut être en désaccord avec un tel choix, il y avait tout de même une raison économique fort importante pouvant motiver une telle décision, à savoir que l’accessibilité aux terres publiques et à l’ensemble de ses ressources était principalement assumée par la voirie forestière.

 

Si cet argument apparaît valable pour la moitié Nord du territoire de la Matawinie, cela ne l’est pas pour le corridor de la Mattawin et pour les territoires situés plus au Sud, car le système routier constitue d’abord un patrimoine collectif, les municipalités locales étant partie prenante de ce patrimoine. La détermination des grandes affectations du territoire dans la moitié Sud de la MRC de Matawinie participe donc, elle aussi, à la traduction du concept d’organisation qui positionne prioritairement le milieu municipal comme principal acteur intéressé.

 

 

 

1.1.3    Le cas particulier du bassin du lac Kempt

 

Dans la partie Nord de la MRC, la carte de la gestion des ressources au 1 : 250 000 reconnaît d’emblée la grande affectation forestière, à l’exception du bassin du lac Kempt, où elle prévoit une grande affectation récréative différée. La communauté Atikamekw de Manawan nous apparaît comme la mieux placée pour définir plus spécifiquement la mission de ce territoire, car elle l’occupe elle-même.

 

Lorsqu’on examine la répartition des grandes affectations du territoire en territoire municipalisé, on constate que la grande affectation récréative inclut la plupart des périmètres d’urbanisation, la plupart des sous-affectations et l’essentiel du système routier régional. Cette diversité d’occupation est liée à l’histoire du peuplement qui s’est faite en fonction des grandes vallées fluviales et celle-ci pourrait bien servir de référence dans le cas du bassin du lac Kempt.

 

 

 

1.1.4    Les orientations d’aménagement relatives à la gestion des ressources

 

Voici donc les orientations et objectifs permettant d’orienter l’exercice de la création des grandes affectations du territoire dans la moitié Sud du territoire de la MRC de Matawinie.

 

 

 

Orientation 1   Établir au sein du Schéma d’aménagement une approche globale et intégrée de la gestion des ressources et dans l’optique d’un développement durable

 

a)   En positionnant les « entreprises intéressées » au sein de leurs « territoires d’intérêts » respectifs (planification horizontale);

 

b)   En établissant une gestion des ressources qui respecte la capacité de support des systèmes écologiques (planification verticale).

 

 

1.1    Établir les priorités d’aménagement et d’occupation du territoire à partir de la cartographie des territoires d’intérêts

1.1.1    Produire une cartographie des territoires d’intérêts couvrant l'ensemble du territoire municipalisé afin d’assurer une valorisation optimale pour chacune des grandes fonctions régionales reliées à la gestion des ressources.

1.1.2    Soutenir l’exercice de la planification, particulièrement à l’échelle des territoires municipalisés, en fournissant des données d’inventaire appropriées à l’échelle du 1 : 20 000.

 

1.2    Créer des grandes affectations du territoire à partir de la cartographie des territoires d’intérêts et de l’occupation du territoire

1.2.1    Revoir les grandes affectations du territoire de façon à mieux les ajuster à la réalité des territoires d’intérêts et de l'occupation actuelle de l'espace.

1.2.2    Pour chaque grande affectation du territoire, prioriser les formes d'occupation les plus appropriée, c’est-à-dire, positionnant le mieux possible les entreprises prioritairement intéressées.

a)   Via la grille de compatibilité, identifier les différentes activités pouvant être privilégiées sur un territoire d'affectation donné de manière à maintenir et à améliorer la productivité des territoires ressources selon leur spécificité en terme de valeurs naturelles et d'occupation.

b)   Dans la mesure où chaque activité peut s'avérer soit complémentaire, soit tolérable, soit incompatible avec une activité privilégiée, établir, via la grille de compatibilité, un mode de gestion des activités de manière à assurer la plus grande harmonie possible dans l'occupation du territoire de chaque grande affectation.

c)   En ce qui concerne les activités dites tolérées, créer au sein du Schéma d’aménagement des sous-affectations permettant de valoriser des potentiels naturels ou des formes d'occupation valables dans la perspective d'une optimisation de l'aménagement du territoire; ces sous-affectations doivent être reprises à titre de zones dans les règlements des municipalités locales.

 

 

 

 

1.3    En ce qui concerne les « territoires d’intérêts » où la présence de la forêt est prédominante et structurante pour les « entreprises intéressées », procéder aux représentations nécessaires pour assujettir prioritairement un « territoire d’intérêt » donné au type « d’entreprise intéressée »

1.3.1    Au niveau de la forêt d’exploitation (affectation forestière), favoriser une stratégie proprement forestière et responsabilisant prioritairement les entreprises forestières.

a)   Sur les territoires non-organisés s’étendant au Nord du corridor de la Mattawin, soutenir intégralement la planification de l’État en utilisant les accommodements prévus au règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier pour la valorisation des secteurs représentant un intérêt autre que forestier,  à l’exception du bassin du lac Kempt où une approche spécifique devrait s’appliquer en réponse aux besoins de la nation atikamekw.

b)   En ce qui concerne les érablières situées en territoire municipalisé, réserver les peuplements les plus accessibles pour les fins de la production acéricole afin d’optimiser l’occupation du territoire et de maximiser les retombées de l’activité acéricole au niveau de chaque municipalité locale.

c)   En ce qui concerne les territoires d’intérêts forestiers et agroforestiers situés en territoire municipalisé, créer une affectation forestière agricole (FA) à partir de lots publics et privés et y promouvoir l’implantation de fermes forestières à caractère familial. Ce choix vise à favoriser le développement d’entreprises oeuvrant en microforesterie et à maximiser, ainsi, les retombées de l’activité forestière au niveau de chaque municipalité locale. Il vise également à atteindre une productivité accrue des ressources du milieu forestier et d’assurer une relève en main-d’œuvre pour les entreprises forestières.

1.3.2    Au niveau de la forêt d’encadrement définie au Sud du corridor de la Mattawin, uniformiser davantage les modalités d’intervention entre les terres du domaine public et les terres privées et favoriser l’attribution des interventions forestières aux entreprises oeuvrant en microforesterie.

a)   À court terme, interdire ou restreindre les coupes totales sur les versants des montagnes là où existent des pentes supérieures à 15 % pour des dénivellations dépassant 20 mètres.

b)   À plus long terme, favoriser une nouvelle stratégie forestière ayant pour effet de réduire l’utilisation de la coupe totale conséquente à une structure forestière équienne.

1.3.3    Au niveau de la forêt récréative (sous-affectation Récréative Régionale) et dans les parcs régionaux, promouvoir une gestion de la forêt priorisant sa qualité récréative et responsabilisant prioritairement les entreprises récréatives.

1.3.4    Au niveau de la forêt faunique (affectation Faunique Régionale), promouvoir une gestion de la forêt priorisant sa qualité faunique et responsabilisant les entreprises fauniques.

 

1.4    En ce qui concerne le territoire agricole, planifier l’aménagement et le développement du territoire agricole en accordant la priorité aux activités et aux exploitations agricoles dans le respect des particularités du milieu, de manière à favoriser le maintien d’une certaine diversité économique en région et de valoriser pleinement le territoire agricole

1.4.1    Assurer la pérennité d’une base territoriale pour la pratique de l’agriculture.

a)   Reconnaître la zone agricole comme la base territoriale pour la pratique et le développement des activités agricoles et y assurer l’utilisation prioritaire du sol à des fins agricoles.

b)   Freiner l’empiètement et l’expansion de l’urbanisation en zone agricole.

c)   Contrôler les usages non agricoles afin de créer un cadre propice au maintien et au développement des activités et des exploitations agricoles.

1.4.2    Favoriser la protection et le développement des activités et des exploitations agricoles en zone agricole.

a)   Favoriser un modèle de développement durable de l’agriculture qui contribue à la conservation des ressources, plus particulièrement des sols agricoles.

b)   Favoriser la cohabitation harmonieuse des utilisations agricoles et non agricoles en zone agricole et à l’interface entre la zone agricole et les secteurs bâtis en déterminant les distances séparatrices et en recourant au zonage des productions.

1.4.3    En territoire d’affectation ou de sous-affectation agrotouristique, assurer un cadre favorisant l’insertion d’entreprises agrotouristiques en interdisant ou en restreignant les activités agricoles à forte charge d’odeurs.

1.4.4    Favoriser, en concertation avec le milieu, le développement des activités et des exploitations agricoles en zone agricole.

a)   Prioriser la ferme familiale (maximum de cinq (5) postes de travail) pour assurer un maximum de retombées pour chaque municipalité locale.

 

1.5    En ce qui concerne la gestion de la faune, apporter les modifications à la Loi sur la faune pour responsabiliser l’administration des parcs régionaux et les associations de lacs situés sur les terres du domaine public à l’égard de la gestion faunique

a)   Dans le cas des lacs inoccupés ou peu occupés et qui font l’objet de mise en disponibilité, conditionner l’éligibilité à l’obligation de former et de devenir membre de l’association de lacs et obliger l’association de lacs à produire un Plan de gestion de la faune aquatique.

b)   Dans le cas des parcs régionaux, obliger l’administration à établir un Plan de gestion de la faune terrestre et aquatique.

 

 

 

 

 

1.6    En ce qui concerne les territoires des Zecs situées en territoire municipalisé, reconnaître le rôle prépondérant de la municipalité dans ses champs de compétence traditionnels

a)   Responsabiliser prioritairement la municipalité à l’égard de la planification du développement de la villégiature et du récréotourisme;

b)   Limiter l’initiative des Zecs aux activités récréatives ayant un caractère complémentaires aux activités fauniques.

 

1.7    En matière de gestion des ressources territoriales, franchir un pas décisif au bénéfice de la MRC en matière de décentralisation.

a)   Transférer la responsabilité et les revenus de gestion des ressources à la MRC;

b)   Créer au niveau de la MRC, une régie responsable de l’arbitrage des conflits entre les différents utilisateurs du territoire public.

 

 


1.2     LES GRANDES AFFECTATIONS DU TERrITOIRE

 

Vu la diversité des activités susceptibles de se pratiquer à l’intérieur d’un territoire d’affectation, celle-ci doit être perçue comme un outil de planification de haut niveau. Les grandes affectations du territoire établissent donc un cadre de planification qui va se surimposer aux autres éléments de planification qui ont un recouvrement spatial plus limité, mais aussi une portée plus limitative, il va de soi, tels les sous-affectations et les sites d'intérêts.

 

 

 

1.2.1    Les règles entourant la création des grandes affectations du territoire

 

Les affectations du territoire désignent l’utilisation du sol qui est privilégiée sur un territoire spécifique. Ces affectations visent à assurer la primauté de certaines activités dites privilégiées, dans le sens de la mise en valeur des ressources spécifiques et prédominantes qu’on y retrouve. En ce sens, elles fournissent une base organisationnelle permettant de coordonner la multitude des interventions que les gouvernements provincial et municipal et les nombreux intervenants sont appelés à réaliser respectivement à titre de partenaires de la gestion des ressources.

 

Deux (2) outils d’aménagement traduisent ces choix, soit les grandes affectations du territoire et la grille de compatibilité (tableau 123). Ces choix visent ultimement à créer un contexte favorable à l’épanouissement de nos principales fonctions rurales en leur réservant les espaces les plus appropriés. On souhaiterait en quelque sorte que dans un avenir plus ou moins éloigné, l’activité privilégiée devienne prédominante, ce qui est déjà le cas bien souvent.

 

 

1.2.1.1      La carte des grandes affectations du territoire

 

Les grandes affectations du territoire sont découpées en s’appuyant sur les contours des territoires d’intérêts, tout en prenant soin d’ajuster ceux-ci à l’occupation du territoire. Ces deux (2) informations sont présentées en première partie. L’occupation du territoire permet effectivement d’apporter plusieurs modifications, particulièrement là où la limite d’affectation recoupe une vallée principale. La présence de hameaux, de route ou une ligne de lot peut alors servir de repère. Dix (10) catégories d’affectation sont ainsi créées pour l’ensemble du territoire de la Matawinie.

 

 

1.2.1.2      La grille de compatibilité

 

La grille de compatibilité définit 42 groupes d’usage répartis entre dix (10) grandes catégories. Cet exercice permet un premier dégrossissement des usages à l'échelle du territoire. Celle-ci est présentée au tableau 123. Une grille beaucoup plus élaborée doit être créée dans les règlements d’urbanisme de chaque municipalité locale en s’inspirant de celle-ci et en traduisant plus finement les choix d'aménagement inscrits au schéma.

Lorsqu’on se pose en observateur, on peut dire en tout premier lieu, qu’une activité donnée est actuellement, soit prépondérante, courante ou marginale, cette gradation reflétant un niveau d’utilisation. Par ailleurs, lorsqu’on se pose en planificateur plutôt qu’en observateur et qu’on souhaite harmoniser l’utilisation d’un territoire pour le diriger vers une utilisation optimale, on est amené à classifier les activités en quatre (4) grandes catégories, soit les activités privilégiées, complémentaires, tolérées et incompatibles. Cette gradation permet de régir les divers groupes d’usage en fonction de leur effet structurant ou déstructurant par rapport à l’activité privilégiée. Le tableau 124 présente la traduction de ce principe qui sert à répartir les usages dans la recherche d’une certaine harmonisation des activités au sein d'une grande affectation du territoire.

 

a)         Les activités privilégiées

 

Les activités qu’on voudra privilégier sont celles qui conviennent le mieux avec la caractéristique spécifique à l’ensemble d’un territoire donné et qu’on qualifie de structurantes. Ainsi, la villégiature est l'activité la plus structurante à l'intérieur de la grande affectation de villégiature. Elle sera donc l'activité privilégiée.

 

b)         Les activités complémentaires

 

Une première mise en garde doit être formulée en ce qui concerne le sens à donner au terme complémentarité. Celui-ci est déjà utilisé à l’intérieur de la réglementation d'urbanisme et signifie qu'une activité peut être pratiquée conditionnellement à ce qu'un usage principal permis soit actif sur la propriété. Dans le contexte des grandes affectations, le terme complémentaire prend un sens différent et plus large, en ce sens, qu'il peut être autorisé comme usage principal de façon totalement indépendante soit à l'échelle de l'affectation, soit sur une partie du territoire d'affectation. Le Schéma d’aménagement identifie des activités qui ont, a priori, une complémentarité avec l’activité privilégiée, mais le choix parmi ces diverses activités relève de la municipalité locale en référant à des critères d’harmonisation qui apparaissent les plus appropriés dans les circonstances.

 

Les activités dites complémentaires sont celles qui ajoutent une valeur additionnelle, en ce sens, qu’elles peuvent s’intégrer à l’activité privilégiée ou être exercée dans son voisinage sur le plan opérationnel ou fonctionnel. On observe, à titre d’exemple, que des gîtes touristiques et des bases de plein air, telles les colonies de vacances, occupent plusieurs territoires d’intérêts de villégiature. La famille  occupe de façon prépondérante le domaine de la villégiature.

 

Tout comme pour certaines formes d'hébergement commercial, des pôles récréotouristiques secondaires peuvent aussi cohabiter dans le contexte des grandes affectations de villégiature à condition que les activités soient regroupées et soient de capacité réduite. Cette ségrégation se fait normalement lors de la création des plans de zonage des municipalités locales.

 

c)         Les activités tolérées

 

À l’échelle d’un territoire d’affectation, les activités dites tolérées ont, a priori, un effet déstructurant sur la valorisation d'un territoire d'affectation. Deux (2) situations peuvent nous amener à positionner des activités comme tolérées plutôt qu'à les interdire. Tout d'abord, à l'intérieur d'un territoire relativement homogène, certains secteurs peuvent offrir des valeurs autres que la valeur dominante, par exemple, un groupe de petits lacs isolés au milieu d'un vaste territoire forestier. Comme seconde situation, au sein du même territoire forestier, il peut exister plusieurs hameaux quelque peu rapprochés sans qu'il n'y ait de lacs de villégiature pour les justifier.

 

Ces situations vont donner lieu à la création de zones de la même manière que des sous-affectations ont été créées à l’intérieur de la zone agricole permanente, et ce, afin de limiter l'effet déstructurant de l'activité tolérée et de lui assurer des conditions qui vont permettre de maintenir, sinon d’accroître, les valeurs attachées au patrimoine naturel ou bâti.

 

d)        Les activités incompatibles

 

Selon la situation, certaines activités sont classées comme incompatibles à l'échelle des grandes affectations du territoire. Deux (2) situations peuvent se rencontrer. Si l'on reprend l'exemple de l'affectation forestière, imaginons la situation par rapport à un grand équipement touristique, tel un terrain de golf. Le territoire que l'on considère ne contient pas ce genre d'équipement. Par contre, il existe tout près une grande affectation récréative où un tel équipement pourrait s'implanter.

 

Il convient d'interdire cette activité au sein de la grande affectation forestière pour deux (2) raisons. En premier lieu, cet équipement aura un effet déstructurant sur l'affectation forestière, car l'entreprise fera tout en son pouvoir pour assurer une bonne qualité du paysage aux golfeurs, ce qui se traduira en contraintes significatives sur les travaux d'aménagement forestier. En second lieu, le fait que le terrain de golf ne soit pas aménagé à l'intérieur de la grande affectation récréative pourrait compromettre sa valorisation en admettant qu'il est improbable qu'une même municipalité puisse attirer facilement un investisseur pour implanter un second terrain de golf. La logique de la planification va donc conduire, dans le cas qui vient d'être présenté, à interdire le golf au sein de l'activité forestière pour, finalement, l’amener là où cette activité peut devenir structurante.

 

 

 

1.2.2    La grande affectation agricole (A)

 

 

1.2.2.1      La présentation des territoires de la grande affectation agricole

 

Les territoires de la grande affectation agricole, au nombre de quatre (4), sont tous situés sur la bordure Sud du territoire de la MRC et recouvrent une partie des municipalités de Rawdon, Sainte-Marcelline-de-Kildare, Saint-Félix-de-Valois et Saint-Damien (voir tableau 125). Ces territoires bénéficient des meilleurs sols et des meilleures conditions climatiques de la MRC et sont constitués, essentiellement, d'espaces faisant partie de la zone agricole permanente.

 

 


1.2.2.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie agricole :

tous les groupes d’usages agricoles

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

installations publiques

installations lourdes

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

usages domestiques

 

dans la catégorie forestière, les groupes :

forêts d'exploitation

forêts d'encadrement

forêts récréatives

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

exploitations fauniques

 

dans la catégorie récréotourisme, le groupe :

gîtes touristiques

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réserves écologiques

 

dans la catégorie ressources minérales, les groupes :

exploitations intensives (CSG)

préservation

 

Mentionnons que le territoire agricole fait l’objet de sous-affectations présentées à la sous-section 1.3. Celles-ci ont pour but de cerner précisément les valeurs autres qu’agricoles et de conditionner l’exercice du zonage municipal.

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

parcs municipaux

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

 

dans la catégorie industrielle :

tous les groupes industriels

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts fauniques

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

préservation

 

dans la catégorie récréotourisme, le groupe :

centres d’interprétations

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réseaux écologiques

 

dans la catégorie ressources minérales, le groupe :

exploitation de l’eau souterraine

 

d)        Les usages incompatibles

 

Tels que définis à la grille de compatibilité, les groupes d’usages dits incompatibles sont ceux qui ne sont pas cités à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article.

 

 

 

1.2.3    La grande affectation agrotouristique (At)

 

 

1.2.3.1      La présentation des territoires d'affectation

 

Six (6) grandes affectations agrotouristiques ont été définies à l'intérieur des territoires municipalisés (voir tableau 126), cinq (5) d’entre elles se situant dans les basses Laurentides. La première recouvre les territoires de Rawdon, de Sainte-Marcelline-de-Kildare et du Sud des municipalités de Saint-Alphonse-Rodriguez et de Sainte-Béatrix. La seconde est celle du bassin mathalois recouvrant les municipalités de Sainte-Béatrix et de Saint-Jean-de-Matha et débordant du côté de la municipalité de Saint-Félix-de-Valois. La troisième, localisée à Saint-Félix-de-Valois, se situe dans l’espace délimité par la route 131 et la rivière l’Assomption. La quatrième occupe une partie du Grand Corridor et du bassin du lac Noir dans les municipalités de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, de Saint-Jean-de-Matha et de Saint-Damien, alors que la cinquième, située dans le même axe, occupe le bassin de Saint-Damien et l’angle Nord de la municipalité de Saint-Jean-de-Matha. Enfin, la sixième qui correspond à la vallée de la rivière du Sauvage, s'étend entre les villages de Saint-Zénon et de Saint-Michel-des-Saints.

 

Les territoires des grandes affectations agrotouristiques se distinguent par une grande diversité de potentiels naturels et de formes d’occupation. Cohabitent ensemble une multitude de hameaux établis en terrain agroforestier, quelques fenêtres de zones agricoles, quelques lacs, de même que divers équipements touristiques d’envergure, tels le golf de Saint-Jean-de-Matha et des théâtres d’été. Lorsqu’on conclue que l’agriculteur crée le paysage, c’est à partir de ces paysages que cette conclusion prend tout son sens. À cause de la fonction récréotouristique omniprésente, les lignes des sommets dominant les grandes vallées ont été les références spatiales généralement utilisées pour leur délimitation.

 

Mentionnons, enfin, que les blocs de lots faisant partie de la zone agricole permanente sont traitées spécifiquement par le biais des sous-affectations présentées à la section 1.3 afin de rencontrer les buts et objectifs contenus aux orientations gouvernementales en matière d’agriculture. On remarquera aussi que la liste des usages tolérés est considérable. Cela tient au fait de la grande diversité des formes d’occupation. Ce n’est donc pas en permettant un grand nombre d’usages sur de grandes superficies qu’on pourra respecter l’équilibre fragile de ces territoires, mais bien en procédant à un zonage adéquat. Comme les activités tolérées doivent se traduire via le zonage municipal, la municipalité peut mettre en œuvre les choix qui lui apparaissent les plus appropriés.

 

 

1.2.3.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie agricole, les groupes :

petite agriculture

agriculture

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts d'encadrement

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

installations publiques

installations publiques lourdes

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

usages domestiques

 

dans la catégorie agricole, le groupe :

agrotouristique

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

exploitations fauniques

 


dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

gîtes touristiques

accès publics à l'eau

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

parcs municipaux

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

commerces de transit routier

 

dans la catégorie industrielle, les groupes :

industries artisanales

industries artisanales avec nuisance

industries

industries lourdes

 

dans la catégorie agricole, le groupe :

agriculture à forte charge d’odeur

 

dans la catégorie forestière, les groupes :

forêts d'exploitation

forêts récréatives

forêts fauniques

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

préservation

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

hébergement inférieur à 20 chambres

hébergement supérieur à 20 chambres

campings

colonies de vacances

stations touristiques

centres d'interprétation

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réserves écologiques

 

dans la catégorie ressources minérales, le groupe :

exploitation de l'eau souterraine

 

 

d)        Les usages incompatibles

 

Tels que définis à la grille de compatibilité, les groupes d’usages dits incompatibles sont ceux qui ne sont pas cités à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article.

 

 

 

1.2.4    La grande affectation forestière agricole (FA)

 

 

1.2.4.1      La présentation des grandes affectations forestières agricoles

 

Il existe en tout 20 territoires d'affectation forestière et agricole créés à partir des territoires d’intérêts agroforestiers ou forestiers encore peu occupés (voir tableau 127). Ces grandes affectations du territoire qui visent à assurer le maintien d’espaces réservés à l’exploitation forestière, contiennent d’importants blocs de lots privés et peuvent aussi inclure des blocs de lots publics. Ce regroupement, établi en fonction de l’accessibilité offerte par le réseau routier local et régional, vise à faciliter l’implantation de fermes forestières et à consolider ainsi l’espace forestier à caractère privé. L’agriculture, le récréotourisme, les activités de chasse et de pêche y sont perçus, en général, comme activités pouvant assurer un second revenu.

 

Dans la partie du territoire matawinien correspondant aux Basses Laurentides, on retrouve six (6) de ces territoires, soit ceux de Wexford, de Kilkenny, de Pontbriand, de la rivière Rouge et de Beaurivage dans le secteur des municipalités de Rawdon, Chertsey, Saint-Côme et Saint-Alphonse-Rodriguez et celui de Brandon dans le secteur des municipalités de Saint-Jean-de-Matha et Saint-Damien. Ces six (6) territoires d’affectation recouvrent essentiellement des plateaux situés en marge des grandes vallées.

 

Dans la partie des Hautes Laurentides et du plateau de la Mastigouche, on retrouve dix (10) autres grandes affectations forestières agricoles, soit celles de la rivière Michel, de la Clé, de la Montagne Noire, de Lafrenière, de la Dufresne et d’Entrelacs localisées dans le secteur des municipalités de Saint-Donat, Notre-Dame-de-la-Merci et Entrelacs. Celles de Le Prohon, de la Haute Matambin, de la rivière Gauthier et du plateau de Bastien se localisent à l’intérieur des municipalités de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Damien et Saint-Zénon.

 

Sur les Hautes Terres Centrales, quatre (4) grandes affectations forestières agricoles y ont été définies, soit celles du Pin Rouge à Saint-Zénon, celles de la Pointe Saint-Ignace et des Cyprès localisées dans le secteur des municipalités de Saint-Zénon, Saint-Michel-des-Saints et celle de Saint-Guillaume localisée dans la localité de Saint-Guillaume. Mentionnons la présence d’un bloc faisant partie de la zone agricole permanente à Saint-Michel-des-Saints, soit sur le rang des Aulnaies.

 

 


1.2.4.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie agricole, le groupe :

petite agriculture

 

dans la catégorie forestière, les groupes :

forêts d'exploitation

forêts d'encadrement

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

installations publiques

installations publiques lourdes

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

dans la catégorie agricole, le groupe :

agrotouristique

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

usages domestiques

 

dans la catégorie forestière, les groupes :

forêts récréatives

forêts fauniques

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

exploitations fauniques

 

dans la catégorie récréotouristique, le groupe :

gîtes touristiques

 

dans la catégorie ressources minérales, les groupes :

exploitations de carrières, sablières et de gravières

exploitation de l'eau souterraine

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

parcs publics

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

commerces routiers de transit

dans la catégorie industrielle, les groupes :

industries artisanales sans nuisances

industries artisanales avec nuisances

 

dans la catégorie agricole, les groupes :

agriculture

agriculture à forte nuisance

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

préservation

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

centres d'interprétation

accès publics à l'eau

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réserves écologiques

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les groupes d’usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article sont incompatibles.

 

 

 

1.2.5    La grande affectation forestière (F)

 

 

1.2.5.1      La présentation des grandes affectations forestières

 

Pour l’ensemble du territoire, on dénombre huit (8) territoires désignés comme grandes affectations forestières. Ceux-ci recouvrent essentiellement des terres du domaine public (voir tableau 128).

 

Au niveau des Hautes Laurentides et du plateau de la Mastigouche, on en dénombre cinq (5). Deux (2) de ces territoires d’affectation sont situés à Saint-Donat, soit du Noire-Michel et du Carcan. Deux (2) autres, localisés entre les routes 125 et 131 et séparées par le corridor de la l’Assomption, recouvrent, à peu de chose près, le territoire de la ZEC Lavigne, de même qu’une partie des municipalités de Notre-Dame-de-la-Merci, de Saint-Côme, de Sainte-Émélie-de-l’Énergie et de Saint-Zénon. Deux (2) autres petites enclaves sont créées à Saint-Zénon au Nord du lac Crépeau et à Saint-Damien au Nord du lac Gauthier. Le septième, beaucoup plus grand, s’étend à l’Est de la route 131 et correspond, dans l’ensemble, au bassin-versant de la Mastigouche. Il recouvre partiellement les municipalités de Saint-Damien, Saint-Zénon et Saint-Michel-des-Saints.

 

Au niveau des Hautes Terres Centrales, on y définit un autre immense bloc, soit le plus important de tous, qui s’étend de la limite municipale de Saint-Michel-des-Saints jusqu’à la pointe septentrionale de la MRC.

 

 

1.2.5.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

exploitations forestières

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

installations publiques

installations publiques lourdes

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts d’encadrement

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

exploitations fauniques

 

dans la catégorie ressources minérales :

tous les usages

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

parcs

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

dans la catégorie commerciale, les groupes :

commerces routiers de transit

usages domestiques

 

 

dans la catégorie industrielle, les groupes :

industries artisanales sans nuisance

industries artisanales avec nuisances

 

dans la catégorique faunique, le groupe :

préservation

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

gîtes touristiques

centres d'interprétation

accès publics à l'eau

 

dans la catégorie forestière, les groupes :

forêts d'encadrement

forêts fauniques

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réserves écologiques

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article sont incompatibles.

 

 

 

1.2.6    La grande affectation faunique (Fau)

 

 

1.2.6.1      La présentation des grandes affectations fauniques

 

On dénombre 12 grandes affectations fauniques en territoire municipalisé, soit 10 à l'intérieur des Hautes Laurentides et du plateau de la Mastigouche et deux (2) sur les Hautes Terres Centrales (voir tableau 129). Celles-ci ont été créées à partir des territoires d’intérêts fauniques élaborés pour les lieux où l'on retrouve une concentration de lacs de plus de 20 hectares.

 

Une première grande affectation faunique est ainsi désignée à Saint-Côme, soit celle du lac Croche attenant au lac Clair, et une seconde à Sainte-Émélie-de-l'Énergie, soit celle des Perces Brumes. Plus à l'Est, deux (2) autres grandes affectations fauniques sont créées à Saint-Damien, soit celles du lac Blanc et du lac du Bouleau. Six (6) autres affectations fauniques sont localisées dans la municipalité de Saint-Zénon, soit celles du lac Crépeau, du Bois Franc, du lac Victor, du lac des Îles, du lac Mastigouche et du lac Saint-Anselme.

 

Sur les Hautes Terres Centrales, deux (2) grandes affectations fauniques sont créées, soit celles du lac Collin et du lac Bouteille, toutes deux (2) étant situées dans la municipalité de Saint-Michel-des-Saints.

 

 


1.2.6.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts fauniques

 

dans la catégorie faunique, les groupes :

exploitations fauniques

préservation

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

installations publiques

 

dans la catégorie récréotouristique, le groupe :

accès publics à l'eau

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts d'exploitation

forêts d'encadrement

forêts récréatives

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

hébergement de 7 à 20 chambres

hébergement supérieur à 20 chambres

campings

 

dans la catégorie ressources minérales, le groupe :

exploitation de l’eau souterraine

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article sont incompatibles.

 

 

 


1.2.7    La grande affectation villégiature (V)

 

 

1.2.7.1      La présentation des grandes affectations de villégiature

 

Dans les territoires municipalisés de la MRC ont désigne 12 grandes affectations de villégiature. Quatre (4) d'entre elles sont situées dans les Basses Laurentides, cinq (5) dans les Hautes Laurentides et le plateau de la Mastigouche et trois (3) sur les Hautes Terres Centrales (voir tableau 130).

La grande affectation de villégiature dite d'Entrelacs couvre une bonne partie de la municipalité du même nom et déborde du côté de Chertsey jusqu’à Beaulac. Chertsey et Saint-Alphonse-Rodriguez en comprennent une autre qui s’étend du lac Paré jusqu’au lac Cloutier. La troisième se retrouve à Rawdon, incluant les lacs Clair et Brennan. Une quatrième, localisée entre les routes 343 et 131, chevauche les municipalités de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Côme, Sainte-Béatrix et Saint-Jean-de-Matha.

 

Des cinq (5) grandes affectations de villégiature désignées dans les Hautes Laurentides et le plateau de la Mastigouche, deux (2) se localisent à Saint-Donat, soit celles de Baribeau et du lac Sylvère, deux (2) à Notre-Dame-de-la-Merci, soit celles du lac Sauvage et du lac Georges, et une à Saint-Damien, soit celle du lac Gauthier.

 

Les grandes affectations de villégiature que l'on retrouve sur les Hautes Terres Centrales, sont au nombre de trois (3), soit celles du lac Trèfle et du lac Hazeur, localisées à Saint-Michel-des-Saints, et celle du lac Poisson à Saint-Zénon.

 

 

1.2.7.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts d'encadrement

 

dans la catégorie récréative, le groupe :

accès publics à l'eau

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

parcs municipaux

installations publiques

 

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

usages domestiques

 

dans la catégorie foresterie, les groupes :

forêts récréatives

forêts fauniques

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

foyer d’accueil

dans la catégorie commerciale, le groupe :

commerces routiers de transit

 

dans la catégorie industrielle, le groupe :

industries artisanales avec ou sans nuisance

 

dans la catégorie agricole, le groupe :

agrotouristique

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts d'exploitation

 

dans la catégorie faunique, les groupes :

exploitations fauniques

préservation

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

gîtes touristiques

hébergement de 6 à 20 chambres

campings

colonies de vacances

centres d'interprétation

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réserves écologiques

 

dans la catégorie ressources minérales, le groupe :

exploitation de l'eau souterraine

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article sont incompatibles.

 

 

 

1.2.8    La grande affectation récréative (R)

 

 

1.2.8.1      La présentation des grandes affectations récréatives

 

En tout, 13 grandes affectations récréatives sont créées, dont 10 recouvre en totalité ou en partie les territoires municipalisés. En territoire municipalisé, trois (3) se retrouvent dans les Basses Laurentides, cinq (5) dans les Hautes Laurentides et le plateau de la Mastigouche et quatre (4) sur les Hautes Terres Centrales (voir tableau 131).

 

Dans les Basses Laurentides, la grande affectation récréative de la moyenne Ouareau est située dans la municipalité de Chertsey, alors que celle de la l'Assomption est partagée entre les municipalités de Saint-Côme, de Saint-Alphonse-Rodriguez et de Sainte-Béatrix. La grande affectation récréative des Champs-Vallons, correspondant à la vallée de la l'Assomption, recouvre partiellement les municipalités de Saint-Jean-de-Matha, de Sainte-Béatrix et de Saint-Félix-de-Valois.

 

Dans les Hautes Laurentides et le plateau de la Mastigouche, six (6) grandes affectations récréatives sont créées du côté Ouest. Ainsi, on retrouve celle du Carcan, du bassin Ouareau-Archambault partagée entre Saint-Donat et Notre-Dame-de-la-Merci, celle du Naguaro, qui recouvre une partie des municipalités de Notre-Dame-de-la-Merci, Chertsey et Saint-Côme. La grande affectation récréative de la Haute Vallée de la Noire comprend une partie des municipalités de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, de Saint-Damien et de Saint-Zénon. Celle de la Mastigouche se limite à la municipalité de Saint-Damien et celle de Saint-Sébastien se localise dans l’angle Nord-Ouest de la municipalité de Saint-Zénon.

 

Des quatre (4) grandes affectations récréatives des Hautes Terres Centrales, deux (2) recouvrent en partie la municipalité de Saint-Michel-des-Saints, soit celle du bassin du Taureau et celle de Lusignan qui déborde du côté de la localité de Saint-Guillaume. Celle de la Matawin Ouest remonte la rivière du même nom à l’intérieur de la réserve faunique Rouge-Mattawin. La douzième et plus grande de toutes est celle du lac Kempt. On remarquera que dans le centre-Nord des territoires municipalisés, des limites d’affectations aient été extensionnées au sein des TNO, celles-ci ayant pour fonction d’encadrer les infrastructures routières régionales, sinon, les parcs régionaux.

 

 

1.2.8.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie forestière, les groupes :

forêts d'encadrement

forêts récréatives

 


dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

campings

stations touristiques

centres d'interprétation

parcs régionaux

accès publics à l'eau

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

parcs municipaux

installations publiques

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences unifamiliales et bifamiliales

 

dans la catégorie commerciale, les groupes :

usages domestiques

commerces routiers de transit

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts fauniques

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

exploitations fauniques

 

dans la catégorie récréotouristique, le groupe :

gîtes touristiques

hébergement de 7 à 20 chambres

hébergement de plus de 20 chambres

colonies de vacance

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie résidentielle, le groupe :

résidences multifamiliales

 

dans la catégorie industrielle, les groupes :

industries

industries lourdes

industries artisanales

 

dans la catégorie agricole, le groupe :

petite agriculture

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts d'exploitation

dans la catégorie faunique, le groupe :

préservation

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réserves écologiques

 

dans la catégorie ressources minérales, le groupe :

exploitation de l'eau souterraine

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article sont incompatibles.

 

 

 

1.2.9    La grande affectation conservation (C)

 

 

1.2.9.1      Présentation de la grande affectation conservation

 

Il n'existe qu'une seule grande affectation conservation, soit celle correspondant au territoire du parc du Mont-Tremblant. La majeure partie de ce territoire se retrouve sur les territoires non-organisés; seule une toute petite partie déborde du côté de Saint-Donat, et ce, de manière à pouvoir y inclure une partie de la crête de la montagne du Carcan.

 

 

1.2.9.2      La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

préservation

 

dans la catégorie récréotouristique, le groupe :

centres d’interprétation

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

statut de parc provincial

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

exploitations fauniques

 


c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

administration

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

commerces routiers de transit

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts récréatives

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

hébergement de 7 à 20 chambres

hébergement de 20 chambres ou plus

campings

accès publics à l'eau

 

dans la catégorie conservation, le groupe :

réserves écologiques

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article sont incompatibles.

 

 

 

1.2.10  La grande affectation industrielle (I)

 

 

1.2.10.1   Présentation de la grande affectation industrielle

 

Deux (2) espaces industriels identifiés au premier Schéma d’aménagement sont repris, ici, à titre de  grande affectation du territoire industrielle. Il s’agit des espaces définis par les municipalités de Saint-Félix-de-Valois et de Rawdon en bordure des routes 131 et 125. Mentionnons que d’autres espaces industriels sont définis à la section sur la gestion de l’urbanisation et traités à titre de sous-affectations.

 

 

1.2.10.2   La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

installations publiques

installations publiques lourdes

dans la catégorie industrielle, les groupes :

industries

industries lourdes

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts d’encadrement

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

Aucun groupe d’usage n’est considéré dans l’optique de la complémentarité.

 

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie commerciale, les groupes :

commerces routiers

commerces semi-industriels

 

dans la catégorie industrielle, les groupes :

industries artisanales

industries artisanales à forte nuisance

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c) du présent article sont incompatibles.

 

 

 

1.2.11  La grande affectation urbaine (U)

 

 

1.2.11.1   La présentation des affectations urbaines

 

La grande affectation urbaine traduit les périmètres d’urbanisation. Ceux-ci font l’objet d’un développement particulier à la section 3 qui traite de la gestion de l’urbanisation.

 

 

1.2.11.2   La compatibilité des usages

 

a)         Les usages privilégiés sont :

 

dans la catégorie publique, les groupes :

institutions

administration

 

 

dans la catégorie résidentielle :

tous les usages résidentiels

 

dans la catégorie commerciale :

tous les usages commerciaux à l’exception des commerces routiers

 

dans la catégorie forestière, les groupes :

forêts d’encadrement

forêts récréatives

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

diverses formes d’hébergement

centres d’interprétation

accès publics à l’eau

 

b)         Les usages complémentaires sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

parcs municipaux

c)         Les usages tolérés sont :

 

dans la catégorie publique, le groupe :

installations publiques

 

dans la catégorie commerciale, le groupe :

commerces routiers

 

dans la catégorie industrielle, les groupes :

industries

industries artisanales

industries artisanales avec nuisance

 

dans la catégorie forestière, le groupe :

forêts fauniques

 

dans la catégorie faunique, le groupe :

préservation

 

dans la catégorie récréotouristique, les groupes :

campings

colonies de vacance

stations touristiques

parcs régionaux

 

dans la catégorie ressources minérales, le groupe :

exploitation de l’eau souterraine

 

d)        Les usages incompatibles

 

Les usages apparaissant à la grille de compatibilité et qui ne sont pas mentionnés à l'intérieur des paragraphes a), b) et c)  du présent article sont incompatibles.

 


1.3     LES SOUS-AFFECTATIONS RURALES

 

Dans le cadre du processus de révision du Schéma d’aménagement, la création des sous-affectations a, tout d’abord, été motivée par la conformité aux Orientations gouvernementales en matière d’agriculture. Ainsi, en zone agricole permanente, les hameaux, les sites d’intérêts récréatifs ou anthropiques et les terrains de camping, pour ne nommer que ceux-là, doivent faire l’objet d’un zonage ajusté à l’occupation pour éviter leur étalement en zone agricole et limiter leur effet déstructurant. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le texte des Orientations gouvernementales qualifie ces sites d’îlots déstructurés. Dans le contexte de la planification municipale, ces sous-affectations vont devoir se traduire en zones au sein des règlements d’urbanisme.

 

Pour les besoins de la planification régionale, cette approche a aussi été appliquée en matière de gestion de l’urbanisation pour baliser la marge de manœuvre applicable à des lieux où l’on retrouve des établissements commerciaux ou industriels, qui se localisent à l’extérieur d’un périmètre d’urbanisation. Les sous-affectations traitées, ici, ne concernent que les territoires à vocation ressource. Les sous-affectations ayant trait à la gestion de l’urbanisation sont traitées à la section traitant de la gestion de l’urbanisation.

 

Toujours en ce qui concerne la gestion des ressources, les secteurs d’intérêts récréatifs régionaux et les peuplements acéricoles font aussi l’objet de sous-affectation pour permettre d’y conditionner leur occupation. Voici donc les diverses sous-affectations créées dans le contexte du second Schéma d'aménagement relativement à la gestion des ressources.

 

 

 

1.3.1    Les sous-affectations applicables à la zone agricole

 

On retrouve la zone agricole permanente à l’intérieur de trois (3) catégories de grandes affectations du territoire, soit la grande affectation agricole elle-même, la grande affectation agrotouristique et enfin, la grande affectation forestière agricole. Les grandes affectations fournissent donc le contexte dans lequel les divers blocs de zone agricole sont apparus en Matawinie, et ce, en l’absence d’une planification intégrée. La réalisation du présent Schéma d’aménagement vient corriger cette situation.

 

Quant au découpage de la zone agricole permanente en entités plus petites, soit en sous-affectations, celle-ci sont au nombre de dix (10). Les trois (3) premières (A1, A2 et At) visent à promouvoir d’abord l’agriculture, alors que les sept (7) autres ont pour fonction d’assurer la préservation des valeurs autres qu’agricoles.

 

A1    Agricole toute catégorie

A2    Agricole avec limitations pour les usages à forte charge d’odeur

At     Agrotouristique avec interdiction des usages à forte charge d’odeur

Ca    Camping

Fr      Forestier ravage

H      Habitation

I1      Industriel toute catégorie

I2      Industriel spécifique à un groupe d’usage (exemple : industries du bois)

Rr     Récréatif régional

 

 

1.3.1.1      Agricole 1 (A1)

 

Cette sous-affectation est créée pour identifier les parties du territoire agricole où sont autorisés tous les usages agricoles sans distinction. Les usages complémentaires ne sont autorisés que pour les entreprises agricoles et les habitations existantes.

 

Dû à l’absence de restrictions particulières appliquées aux activités agricoles, cette sous-affectation ne se retrouve que dans la grande affectation du territoire agricole. Elle est absente des affectations agrotouristiques et forestières agricoles.

 

 

1.3.1.2      Agricole 2 (A2)

 

La création de cette sous-affectation, que l’on retrouve surtout en affectation agrotouristique, vise à permettre aux municipalités locales de limiter les usages agricoles à forte charge d’odeur et d’offrir, ainsi, un milieu plus propice à l’épanouissement d’activités agrotouristiques. On vise, entre autre, à éviter que ne s’implantent des mégaporcheries au sein de ces affectations. Les usages désignés comme à forte charge d’odeur et pouvant faire l’objet d’une limitation sont ceux reliés aux productions de porcs, de visons, de renards, de veaux de grain lourds et de veaux de lait lourds. La limitation de ces usages peut se faire de diverses façons. Mentionnons, dans le cas des productions porcines, l’installation de chapeaux sur les fosses à purin, la production sur fumiers solides plutôt que sur fumiers liquides et enfin, le contingentement du nombre d’unités animales, cette dernière approche faisant actuellement l’objet de contestations juridiques par le milieu agricole.

 

Pour ce qui est des usages agrotouristiques qu’on souhaite favoriser, on doit mentionner, tout d’abord, que le ministère de l’Agriculture identifie trois (3) usages précis à cette fin, soit les gîtes touristiques, les tables champêtres et les centres équestres pour fin d’élevage et de dressage seulement. D’autres usages ont été identifiés au Règlement de contrôle intérimaire de la MRC appliqué à la zone agricole avant l’entrée en vigueur du Schéma d’aménagement, soit les cabanes à sucre commerciales, les centres équestres récréatifs et les lieux d’interprétation du patrimoine naturel et anthropique. À ces usages s’ajoutent les équipements et réseaux d’utilité publique.

 

Cette sous-affectation occupe la majeure partie de la grande affectation agrotouristique. Elle apparaît effectivement la plus appropriée pour permettre une cohabitation de l’ensemble des usages autorisés en zone agricole permanente (ZAP) discontinue du fait qu’elle permet une plus grande diversification des activités. On la retrouve aussi sur le périmètre de la grande affectation agricole à des endroits où l’on veut  éviter l’implantation de mégaporcheries.

 


1.3.1.3      Agrotouristique (At)

 

Cette sous-affectation se distingue, tout d’abord, de la sous-affectation A2 par l’absence d’usages dits agricoles à forte charge d’odeur. Cette sous-affectation est appliquée à une partie des périmètres d’urbanisation des municipalités de Saint-Jean-de-Matha et de Rawdon de manière à rendre plus manifeste la protection qu’on entend appliquer au périmètre d’urbanisation.

 

On la retrouve, également, le long de la zone blanche ou sur le pourtour de secteurs d’intérêts récréatifs régionaux, et ce, pour la même raison de protéger contre d’éventuelles mauvaises odeurs. Cette sous-affectation est aussi appliquée à d’autres lieux particuliers, comme l’îlot Beauparlant au carrefour des routes 347 et du rang Beauparlant à Saint-Damien et les anciens petits moulins à trois (3) endroits sur la Bayonne à Saint-Félix-de-Valois.

 

 

1.3.1.4      Les autres sous-affectations applicables à la zone agricole

 

Mentionnons, tout d’abord, que pour les autres sous-affectations créées en zone agricole permanente, à l’exception de la sous-affectation Fr, les seuls usages de la catégorie agricole permis sont les productions végétales à caractère agricole et l’épandage des fumiers, fertilisants et agents répressifs visant à contrôler et à valoriser les productions végétales.

 

a)         Les sous-affectations relatives à la gestion de l’urbanisation : Ca, H, I1 et I2

 

Sur les sept (7) autres sous-affectations applicables à la zone agricole permanente, cinq (5) ont trait à la gestion de l’urbanisation et n’autorisent que l’usage ou une catégorie d’usage, déjà consommés sur le site. Rappelons qu’il s’agit d’une opération de consolidation. La délimitation et la finalité de ces sous-affectation s’apparentent à du « spot-zoning ». Il en est ainsi dans la zone Ca pour le camping, dans la zone H1 pour la consolidation de la résidence unifamiliale, dans la zone H2 pour y autoriser des habitations avec fermette, dans la zone I1 pour y permettre les fonctions industrielles en général et dans la zone I2 pour y permettre uniquement l’industrie du bois (première et deuxième transformation) sur la base du droit acquis en terme de superficie de terrain.

 

On doit aussi mentionner plus spécifiquement que l’îlot industriel du chemin Saint-Gabriel à Saint-Félix-de-Valois vise à assurer la valorisation de ce patrimoine industriel important desservi par chemin de fer. Comme pour les autres îlots industriels, celui-ci est néanmoins confiné à la délimitation pour laquelle un droit d’utilisation à des fins autres que l’agriculture a été attribué par la Commission de protection du territoire agricole du Québec dans le courant de l’hiver 2004.

 

b)         Les sous-affectations relatives à la gestion des ressources autres qu’agricoles : Fr et Rr

 

En zone agricole, la sous-affectation faunique ravage (Fr) vise à interdire l’implantation de tout bâtiment et à empêcher la mise en production du sol à des fins agricoles. Le déboisement peut et même, doit se faire, mais en y appliquant les dispositions prévues à la réglementation sur l’abattage d’arbres par la municipalité.

La sous-affectation récréative régionale (Rr) s’applique aux sites et aux secteurs d’intérêts naturels et récréatifs de calibre régional. Comme ces secteurs constituent des lieux structurant pour le développement récréotouristique, les seuls usages qui y sont permis sont les usages récréotouristiques reliés à l’agriculture, les grands équipements récréotouristiques (terrains de golf, glissades, terrains de camping, etc.). L’hébergement y est autorisé, mais pour une faible capacité seulement, soit pour un maximum de 20 chambres.

 

 

1.3.1.5      Les usages complémentaires en zone agricole permanente

 

Dans le cas de la zone agricole, les usages complémentaires aux usages principaux sont définis pour s’assurer que certains d’entre eux soient permis sans remettre en cause la prévalence de l’agriculture, et ce, pour l’ensemble de la zone agricole permanente de la MRC. Ceux-ci sont définis au Document complémentaire, qui traite également des diverses restrictions applicables aux établissements et aux activités agricoles.

 

 

 

1.3.2    Les sous-affectation applicables aux autres territoires ruraux

 

Ces sous-affectations sont créées dans le fait qu’elles s’insèrent à l’intérieur de grandes affectations soit récréatives, soit de villégiature, soit agrotouristiques, où différents groupes d’usages sont permis. Hors, certaines valeurs spécifiques structurantes demandent d’être préservées pour une valorisation adéquate.

 

 

1.3.2.1      La sous-affectation forestière acéricole (Fa)

 

La sous-affectation forestière acéricole sera définie dans le contexte de la production du Schéma d’aménagement révisé (SAR). Celle-ci sera préalablement appliquée aux grandes affectations récréatives, agrotouristiques et de villégiature à cause du bénéfice attendu quant au maintien du couvert forestier, mais aussi pour la consolidation de l’occupation du territoire que va permettre l’implantation d’entreprises acéricoles.

 

Cette sous-affectation vise donc à réserver l’espace requis à l’entreprise acéricole soit existante, soit future. Celle-ci sera, par ailleurs, délimitée de manière à ne pas remettre en cause l’intégration des fonctions récréatives à l’échelle des grandes affectations du territoire. Seules les activités récréatives extensives et le jardinage forestier sont favorisés à cause de leur caractère complémentaire.

 

1.3.2.2      La sous-affectation récréative régionale (Rr)

 

La sous-affectation récréative régionale (Rr) s’applique à des secteurs d’intérêts naturels et récréatifs de calibre régional. Cette désignation spécifique vise à leur assurer une visibilité plus grande au sein du Schéma d’aménagement en reconnaissance de leur rôle structurant pour le développement récréotouristique. Leur planification doit être réalisée en assurant la prévalence de la fonction récréotouristique sur d’autres formes d’occupation, telles la villégiature. Une lecture plus fine des valeurs récréatives spécifiques devient alors nécessaire.

 

 

 

1.3.3    Le traitement des demandes d’inclusion à la zone agricole permanente (ZAP)

 

 

1.3.3.1      L’inclusion des secteurs A+

 

La carte au 1 : 20 000 sur la gestion des ressources identifie des portions de bons terrains agricoles non inclus à la zone agricole permanente. Rappelons que la MRC de Matawinie est la seule MRC à avoir vu croître la superficie du territoire agricole depuis le deuxième décret en 1985. Dorénavant, les terrains à inclure à la zone agricole permanente doivent comprendre un minimum de 30 % de bons sols agricoles (potentiels agricoles de 1 à 4, selon ARDA ou secteurs A+) et faire partie des affectations agricoles, agrotouristiques et forestières agricoles.

 

 

1.3.3.2      L’inclusion des secteurs acéricoles

 

Des peuplements acéricoles situés à l’intérieur des affectations agricoles, agrotouristiques et forestières agricoles peuvent aussi être inclus à la zone agricole permanente à la condition que l’entité ait une superficie minimale de 10 hectares pour un minimum de 50 % d’érables.

 

Des inclusions à partir de terrains acéricoles situés dans les affectations récréatives et de villégiature, pourront aussi être réputées conformes au Schéma d’aménagement si des ajustements sont apportés à la Loi sur l’agriculture pour que celles-ci n’aient pas comme conséquence d’imposer une priorisation des activités agricoles, en général, au sein d’une partie de ces affectations et favorisent plutôt la complémentarité récréative extensive.

 


1.4     Le cadre réglementaire applicable à la forêt en territoire municipalisé

 

En réponse à la problématique de la réglementation sur l’abattage d’arbre en territoire municipalisé, le second Schéma d’aménagement de la MRC franchit un pas important. Il propose un cadre général à l’attention des municipalités et du ministère des Ressources naturelles dans une perspective d’harmonisation des dispositions normatives susceptibles de s’appliquer en terre publique et en terre privée. Il produit, à cette fin, une délimitation de différents types de secteurs correspondant à la mosaïque des valeurs et traduisant les résultats attendus de la forêt dans une perspective d’aménagement durable. Le terme secteur est, ici, utilisé de façon spécifique pour désigner l’espace qui sera soumis à un normatif forestier particulier.

 

Mentionnons que les secteurs de type forestier acéricole (Fa), faunique (Fau) et récréatif régional (Rr) commandent la création d’affectations ou de sous-affectations qui ont la particularité d’être prises en charge par des entreprises spécifiques qui auront pour mission de réaliser une gestion intégrée de leur territoire particulier. Il en va de même pour les secteurs forestiers ravages (Fr) qui sont traités comme sites d’intérêts et soumis à des restrictions particulières.

 

Pour assister les municipalités dans l’élaboration de sa réglementation, le Document complémentaire contient un modèle réglementaire type confectionné à cette fin par la MRC et l’Agence des forêts privées de Lanaudière. La municipalité établit donc un normatif ayant pour finalité d’atteindre les objectifs attendus. Quant au découpage du territoire en diverses vocation, celui-ci, de même que le choix du normatif, font l’objet d’une conformité souple, c’est-à-dire, que les limites et les normes peuvent bouger quelque peu pour mieux traduire la réalité terrain.

 

Une mise en garde doit aussi être faite en ce qui a trait à la finalité de la réglementation municipale en matière d’abattage d’arbre. Celle-ci est là uniquement pour empêcher le pire, particulièrement dans les endroits où il existe des valeurs naturelles ou anthropiques qui s’ajoutent à celle de la forêt. Elle ne saurait remplacer une stratégie forestière adéquate. Dans la plupart des cas, la prescription par un ingénieur forestier va, d’ailleurs, devenir obligatoire au-delà d’un certain seuil de récolte.

 

Les commentaires qui suivent sont donc formulés pour fournir la compréhension qui a présidé à l’élaboration du modèle réglementaire présenté au Document complémentaire. Ils insistent sur la mission ou vocation attendue des différents terrains forestiers, voir, sur les particularités qui leurs sont propres. Ils servent en même temps de balise à l’appréciation de la conformité.

 

 

 

1.4.1    Forestier de production (F)

 

Le secteur forestier de production (F) désigne les espaces choisis pour soutenir prioritairement la production de matière ligneuse. Tel qu’il est proposé au modèle réglementaire du Document complémentaire, la réglementation municipale devrait donc faire l’objet d’un normatif minimal pour laisser le maximum d’espace aux stratégies proprement forestières. À titre d’exemple, on limite la coupe totale à la moitié d’un lot et l’on autorise la récolte de la seconde moitié cinq (5) ans plus tard, cette restriction visant à décourager les coupes totales abusives pouvant être exécutées sur plusieurs lots voisins les uns des autres. En général, mais non exclusivement, les zones identifiées forestières (F) se retrouvent à l'intérieur des grandes affectations forestière, forestière agricole, agricole et agrotouristique.

 

Les terrains plats ou peu accidentés s’avèrent les plus propices à la foresterie, car ils bénéficient d’une meilleure fertilité et facilitent le passage de la machinerie. Comme le soulignent plusieurs auteurs, dans le contexte de la mosaïque forestière laurentiennes, les terrains plats au fond des vallées sont surtout occupés par les peuplements résineux. Des terrains montagneux font aussi partie des zones forestières (F), celles-ci ayant été incluses parce que situées dans des parties du territoire peu occupées. La principale raison de ces inclusions est de rendre accessibles à l’exploitation forestière, des terrains propices à la croissance de feuillus nobles.

 

Dans les zones forestières (F), la foresterie peut donc être pratiquée de façon intensive sans que cela ne génère d'irritants notables sur le plan visuel. Il y a lieu, néanmoins, de se préoccuper de la capacité de support de ces écosystèmes relativement à la circulation de la machinerie et à l’orniérage qui génèrent l’érosion des sols et le ravinement.

 

 

 

1.4.2    Forestier acéricole (Fa)

 

Dans le contexte de la production du PSAR 2, les secteurs d’intérêts relatifs à l’acériculture n’ont pu être cartographiés. Par ailleurs, il a été souligné que pour des raisons de desserte et d’accessibilité aux services municipaux, les érablières les plus accessibles par le réseau routier local et régional devraient être réservées prioritairement à la production acéricole et constituer des zones de type Fa. Les érablières plus éloignées peuvent, par ailleurs, être incluses dans un zonage forestier d’exploitation (F). Le SAR proposera un zonage acéricole et les municipalités seront invitées à le confirmer. On notera que le modèle réglementaire présenté au Document complémentaire ne traite pas de ce type de zonage forestier du fait que la spatialisation de ces forêts n’a pas encore fait l’objet d’une analyse spécifique.

 

Compte tenu du fait que les érablières peuvent faire l’objet d’un jardinage, donc d’un maintien du couvert forestier, il peut devenir opportun de favoriser la création des zones forestières acéricoles (Fa) à l’intérieur des grandes affectations récréatives, agrotouristiques et de villégiature, les entreprises acéricoles étant responsabilisées à l’égard de la gestion de la forêt acéricole. Autre remarque importante, la zone forestière acéricole (Fa) pourra donner lieu à la création de sous-affectations du fait qu’elles sont liées à un ou des établissements particuliers. Cela veut dire qu’on pourra demander aux entreprises acéricoles de déposer une planification quinquennale présentant les interventions qu’elles prévoient en matière d’acériculture sur leur territoire. Cela aura un effet restrictif quant à la possibilité d’y insérer d’autres usages que l’acériculture.

 


1.4.3    Forestier faunique (Fau)

 

Le secteur forestier faunique (Fau) s’appuie sur la limite de la grande affectation faunique définie à partir des concentrations de lacs ayant des superficies supérieures à 20 hectares. Ces territoires qui représentent les lieux les plus stratégiques sur le plan de la biodiversité, incluent généralement les établissements fauniques principaux, qu’il s’agisse des pourvoiries ou des zones d’exploitation contrôlée (ZEC). À cause de la mission récréative que doivent assumer ces établissements, les préoccupations visuelles sont également de première importance.

 

Il serait fastidieux que les municipalités s’avancent dans l’élaboration d’un normatif complexe permettant de traduire une gestion forestière faite principalement en fonction de la faune. À partir du moment où l’entreprise faunique obtient le droit de gérer la forêt, l’exigence du dépôt à la municipalité d’une planification faunique et forestière quinquennale réalisée par celle-ci devrait suffire. En attendant cette éventualité, la municipalité peut y appliquer les dispositions régissant la forêt d’encadrement.

 

Rappelons que le présent Schéma d’aménagement demande au gouvernement du Québec que les entreprises fauniques soient responsabilisées quant à la gestion de l’ensemble des ressources de la forêt pour atteindre cet objectif de priorité faunique. En principe, les territoires des grandes affectations fauniques, tout comme ceux définissant les secteurs récréatifs régionaux (Rr) apparaissent comme les plus susceptibles de recevoir le statut de vieilles forêts, de refuges fauniques ou d’îlots de vieillissement.

 

 

 

1.4.4    Forestier d’encadrement (Fe)

 

Ces secteurs sont créés spécifiquement pour les grandes affectations récréatives, agrotouristiques ou de villégiature, où se concentrent les valeurs récréatives de même que la plupart des noyaux villageois, des hameaux de villégiature et des entreprises récréotouristiques. Les limites de ces secteurs sont conçues pour circonscrire les hauts-reliefs avoisinants qui créent l'encadrement visuel, de là le terme de forêt d’encadrement.

 

La principale attente relativement à la réglementation sur l'abattage d'arbres est de réduire au minimum les impacts visuels créés par les coupes totales. Il s’agit de la partie la plus délicate de la réglementation municipale, car la forêt d’encadrement couvre de très grandes superficies et est aussi la plus occupée. Voici les critères de base devant baliser la réglementation :

Ø     Couvrir l’ensemble de l’unité de paysage;

Ø     Régir la superficie de la coupe totale sur les pentes supérieures à 15 %;

Ø     La coupe totale ne peut être prescrite que lorsqu’il n’existe pas d’autre traitement sylvicole applicable;

Ø     Limiter la largeur de la coupe totale à une bande de forme irrégulière ayant une largeur maximale de 100 mètres mesurée dans le sens de la pente;

Ø     L’espacement entre les coupes totales doit être régi dans le temps et dans l’espace selon une perspective où la forêt peut être entièrement récoltée ainsi en trois (3) phases distinctes (exemple : espacement minimal de 200 mètres et régénération de 7 mètres);

Ø     La réglementation municipale peut ventiler le normatif selon deux (2) ou trois (3) bandes représentant l’éloignement relatif par rapport à un plan d’eau, à une route ou à des habitations;

Ø     La prescription d’un ingénieur forestier doit être exigée au-delà d’un seuil de récolte fixé par la municipalité.

 

 

 

1.4.5    Forestier ravage (Fr)

 

Cette zone couvre les ravages de chevreuils, ceux-ci étant subdivisés en secteurs très sensibles ou sensibles. Dans la partie très sensible, désignée ainsi à cause de la présence d'une trame dense d'habitation et de chemins, on doit identifier les secteurs d'hivernage et les points d'alimentation par l'homme s'ils existent, de même que les sentiers empruntés par le chevreuil. On doit, ensuite, planifier l'occupation future du territoire de manière à ne pas affecter les conditions de subsistance du chevreuil, voir même, de les améliorer.

 

Dans la partie moins sensible, la planification doit être orientée de manière à maintenir la très faible densité de l’habitat qu'on y observe déjà. De nouvelles rues peuvent être ouvertes dans ces secteurs uniquement à des fins de consolidation des hameaux existants et lorsque la municipalité dispose d'une planification visant à assurer la consolidation du secteur visé. Le tracé ne peut, en aucun cas, avoir pour effet de recouper les sentiers empruntés par les chevreuils. Quant à la configuration des terrains, ceux-ci doivent avoir une profondeur suffisante pour permettre le maintien d'une bande boisée naturelle d'une profondeur de 50 mètres dans la cour arrière mesurée à partir de la ligne arrière du lot. Les interventions légères sur la végétation dans cette bande boisée doivent se limiter au maintien de conditions favorables à l'habitat du chevreuil.

 

Une sensibilisation accrue doit être faite pour encourager les propriétaires à avoir recours à l'aide financière de la Fédération québécoise de la faune qui prévoit un programme à cet effet. Rappelons qu’il est très important que des opérations forestières appropriées soient effectuées sur une base régulière pour assurer une reprise constante de la régénération en résineux qui sert de base alimentaire en toute saison. La prescription d’un ingénieur forestier est requise.

 

 

 

1.4.6    Forestier sensible (Fs)

 

Cette sous-affectation vise à régir la foresterie de manière à atténuer les impacts sur des systèmes écologiques sensibles tout en favorisant un maintien de conditions acceptables pour la faune et la biodiversité. De façon générale, l'ouverture de ces secteurs à la villégiature ou au développement résidentiel est incompatible avec la fragilité des écosystèmes naturels. Cette consigne s'adapte systématiquement à ces sous-affectations situées en terre publique. Par ailleurs, ces secteurs peuvent faire l'objet d'une valorisation à des fins soit faunique, soit récréative pour des activités de faible envergure. La prescription d’un ingénieur forestier est requise.

 

 

 

1.4.7    Récréative régionale (Rr)

 

Le secteur forestier de type récréatif régional (Rr) correspond aux secteurs d’intérêts récréatifs régionaux où l’on retrouve une concentration de sites d’intérêts naturels de calibre régional. Cette sous-affectation est créée pour y assurer l’application d’une stratégie forestière particulière, soit celle de la forêt récréative.

 

La réglementation municipale doit donc faire valoir la priorité de la mission récréative de la forêt sur les autres missions, comme la faune et la foresterie. Les coupes totales peuvent y être autorisées uniquement dans des circonstances exceptionnelles et ne peuvent être effectuées que par trouée seulement pour des superficies maximales de 500 m2. Elles sont interdites sur les sites d’intérêts récréatifs eux-mêmes. La municipalité peut donc y prévoir, dès maintenant, un normatif de base et aussi faire en sorte que les entreprises récréatives qui seront responsabilisées dans la gestion de la forêt, produisent une planification quinquennale pour ces secteurs. La prescription par un ingénieur forestier est prérequise.

 

 


Section II     L’organisation régionale

 

 

 

Comme on l’a vu à la section 1, les territoires municipalisés de la Matawinie occupent une région de transition entre la vallée du Saint-Laurent, ses grands centres et l’arrière pays, de telle sorte qu’on y retrouve une grande diversité de territoires d’intérêts répartis de façon inégale d’une municipalité à l’autre. Les fonctions économiques manifestent la même distribution inégale. Par contre, prises dans leur ensemble, on obtient un tout à la fois complexe et complet sur le plan de la présence et de l’équilibre souhaitable de ces diverses fonctions.

 

Partant de ces constats, le contenu de cette section sur l’organisation régionale agit à plusieurs niveaux. Il établit, tout d’abord, une planification ordonnée des fonctions régionales afin d’assurer le meilleur positionnement possible de celles-ci à l’intérieur de la Matawinie, de même que dans le contexte de Lanaudière. Il contient aussi diverses orientations et objectifs concernant la mise à niveau et la préservation attendue du système routier, ce qui est à la base du dynamisme de toute région rurale.

 

Une partie de la présente section est aussi consacrée à l’organisation du récréotourisme, une contribution spécifique de tout le Sud de la Matawinie dans le contexte de la grande région de Montréal. Il introduit, enfin, certaines règles organisationnelles dans deux (2) champs de compétence définis spécifiquement aux MRC, soit la planification des territoires non-organisés, des parcs régionaux et de la gestion des matières résiduelles.

 

 

 

 

2.1     LE CONCEPT D’ORGANISATION RÉGIONAL

 

Ce concept d’organisation s’appuie sur les données de connaissance présentées dans la section organisation régionale du contexte de planification (partie I). Il répond à la nécessité d’établir une vison commune et partagée du rôle des municipalités locales quant au positionnement des fonctions régionales. Une telle vision commune va contribuer à établir la cohésion interne nécessaire au maintien et à l’essor du dynamisme économique et, en second lieu, à renforcer la positionnement de la Matawinie au sein de Lanaudière et de la grande région de Montréal. Il propose également divers objectifs touchant l’amélioration et la préservation du caractère fonctionnel du système routier. Ces préoccupations sont traduites au sein des quatre (4) sous-sections suivantes :

1.     Une classification des municipalités, qui s’appuie sur le positionnement actuel et définit sommairement les rôles attendus dans une perspective de renforcement et de complémentarité;

2.     Une classification conceptuelle du système routier;

3.     Une identification des priorités d’aménagement visant la réfection d’axes routiers;

4.     Des objectifs visant la gestion des corridors routiers.

2.1.1    Le positionnement des fonctions régionales au sein des municipalités locales

 

Dans le contexte de la Matawinie, la planification des fonctions secondaires et tertiaires est établie en situant les municipalités selon trois (3) niveaux hiérarchiques, soit les pôles régionaux, les centres intermunicipaux et les centres locaux. On distingue ainsi quatre (4) pôles régionaux, six (6) centres intermunicipaux et cinq (5) centres locaux (voir la carte concept d’organisation régionale à l’échelle du 1 : 125 000). Voici l’orientation à laquelle répond cette planification :

 

Orientation 1   Établir un mode de positionnement des fonctions régionales secondaires et tertiaires au sein des municipalités locales, et ce, en s’appuyant sur leurs principales forces et sur la  complémentarité de l’une par rapport aux autres afin de favoriser une plus grande synergie et un développement durable.

 

 

En plus de renforcer nos fonctions régionales dans la valorisation des spécificités locales, cette planification va permettre d’accroître l’efficacité du soutien au développement, notamment en favorisant la mobilisation des acteurs et en dirigeant mieux l’information économique, la culture entrepreneuriale, la formation, la prospection et les investissements. Comme il est établi dans les lignes qui suivent, cette hiérarchie génère des attentes spécifiques, particulièrement en ce qui a trait à la planification des périmètres d‘urbanisation ou des espaces situés à proximité. De telles précautions dans l’exercice de la planification vont contribuer à assurer une meilleure qualité de vie et à maintenir les conditions propices à notre croissance.

 

a)         Les pôles régionaux (4)

 

Tout comme au premier Schéma d’aménagement, quatre (4) municipalités sont désignées à titre de pôles régionaux, soit Rawdon, Saint-Donat, Saint Félix-de Valois et Saint-Michel-des-Saints. De par leur évolution, ces municipalités ont développé un rayonnement et une influence significative, généralement dans certains domaines d’activité, à l’exception de Rawdon et de Saint-Félix-de-Valois qui présentent un profil plus complet. Le fait de désigner ces municipalités comme pôle vise justement à leur assurer une structure économique plus complète, du moins en ce qui a trait aux services à caractère public.

 

Les fonctions industrielles

 

En ce qui concerne les fonctions industrielles, celles-ci doivent s’engager, sinon poursuivre, dans la planification de zones industrielles ou de parcs industriels régionaux. En ce qui concerne, par exemple,  les municipalités de Saint-Donat et de Saint-Michel-des-Saints, les zones industrielles ainsi créées doivent assurer un bon positionnement de leur spécialisation de même qu’une certaine diversification. Quant aux pôles de Rawdon et de Saint-Félix-de-Valois, ils doivent soutenir leur spécialisation respective, mais aussi garantir l’accueil de l’ensemble des fonctions industrielles au sein des deux (2) parcs industriels régionaux existant ou prévus sur leur territoire, dont les industries lourdes (à fort potentiel de nuisances).

 

Dans une perspective de développement durable et dans le contexte industriel lanaudois, ces deux (2) pôles bénéficient d’un meilleur positionnement que les autres municipalités de la Matawinie situées plus au Nord. De concert avec la MRC, le CLD doit donc orienter sa planification au bénéfice de ces deux (2) parcs industriels. Ces deux (2) municipalités contribuent, d’ailleurs, par leurs efforts respectifs, à s’assurer un rôle de premier plan à l’égard des fonctions industrielles. À l’échelle de la Matawinie, tout projet industriel nécessitant la création initiale ou le relocalisation de 20 postes de travail ou plus, devra être dirigé vers un des deux (2) parcs industriels régionaux. Cette obligation ne s’applique pas aux entreprises requérant la proximité de la ressource primaire, de même qu’à leur sous-traitance.

 

À un premier niveau, cette canalisation du développement industriel plus lourd va générer une meilleure préservation du système routier s’étendant plus au Nord en maintenant le camionnage à son niveau actuel. À un second niveau, les autres municipalités de la Matawinie vont pouvoir interdire les usages industriels lourds sur leur territoire, ce qui va largement contribuer à maintenir à la fois l’image et le fait d’une plus grande qualité de leur  milieu de vie.

 

Les fonctions tertiaires

 

En ce qui concerne les fonctions tertiaires, les pôles régionaux doivent planifier leur périmètre d’urbanisation de manière à créer une aire commerciale régionale visant à recevoir les établissements commerciaux à grande surface. Une aire institutionnelle doit être également créée pour accueillir les fonctions institutionnelles régionales. La localisation de ces aires doit assurer la meilleure accessibilité possible à la clientèle régionale via le réseau routier principal, tout en évitant de déstructurer l’organisation actuelle de la trame urbaine et des services municipaux.

 

Le camionnage doit aussi faire l’objet d’une planification particulière visant à assurer une desserte optimale des fonctions régionales, mais aussi, à réduire les inconvénients dans les secteurs plus sensibles, comme les quartiers résidentiels et les aires commerciales plus anciennes.

 

b)         Les centres intermunicipaux (6)

 

Le présent concept d’organisation désigne six (6) municipalités à titre de centres intermunicipaux, soit Chertsey, Saint-Alphonse-Rodriguez, Saint-Jean-de-Matha, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Saint-Côme et Saint-Zénon. Ces municipalités ont en commun une économie qui se positionne très bien sur l’échiquier intermunicipal, généralement à cause de la présence d’un axe routier Nord-Sud. Leur positionnement s’observe tantôt à l’égard de certaines fonctions industrielles, tantôt vis-à-vis les fonctions tertiaires à rayonnement intermunicipal.

 

Les fonctions industrielles

 

En ce qui concerne les fonctions industrielles, les centres intermunicipaux peuvent créer des zones industrielles visant à concentrer cette activité et à assurer une meilleure rétention possible, plus particulièrement à l’égard des micro-entreprises cherchant à se relocaliser pour un meilleur positionnement. La planification des fonctions industrielles doit, cependant, exclure les industriel lourdes, de même que les catégories d’industries entrant en compétition directe avec le positionnement des parcs industriels régionaux, et ce, en se basant sur les recommandations du CLD de la Matawinie en matière de développement industriel.

 

Les fonctions tertiaires

 

Pour ce qui est des fonctions tertiaires,  les centres intermunicipaux doivent planifier une aire commerciale leur permettant d’accueillir les entreprises recherchant un espace intermunicipal. Certains services publics pouvant desservir quelques municipalités environnantes pourront donc y être concentrés. La planification de ces aires commerciales ou institutionnelles doit être faite de manière à assurer la meilleure accessibilité possible à la population.

 

c)         Les centres locaux (5)

 

Cinq (5) municipalités sont désignées centres locaux, soit Notre-Dame-de-la-Merci, Entrelacs, Sainte-Béatrix, Saint-Damien et Sainte-Marcelline-de-Kildare. La planification des périmètres d’urbanisation de ces municipalités doit prévoir des aires permettant d’accueillir et de concentrer les fonctions tertiaires de base. Une zone industrielle peut aussi être créée en bordure du périmètre d’urbanisation dans l’optique de retenir localement des entreprises locales ayant besoin de se relocaliser pour améliorer leur positionnement.

 

Les centres locaux peuvent, par ailleurs, être très restrictifs quant à la gamme des fonction industrielles et se limiter, par exemple, à l’industrie artisanale, ce qui permet d’éviter d’avoir à soutenir la création de zones industrielles. Dans l’optique de la création d’une zone industrielle, les catégories d’usages autorisés ne doivent pas porter une compétition directe aux parcs industriels régionaux. Celles-ci doivent plutôt être orientées de manière à répondre aux besoins d’emplois des communautés locales et leur implantation doit être conçue de manière  à éviter la déstructuration du contexte touristique.

 

d)        La planification des infrastructures et équipements à vocation intermunicipale au sein des plans d’urbanisme

 

Il importe que chaque municipalité indique, à l’intérieur de son plan d’urbanisme, la localisation des équipements et infrastructures à vocation intermunicipale ou régionale. Celles-ci sont identifiées au tableau 70 de la section IV du chapitre II portant sur l’organisation régionale. Cette obligation est commandée par l’importance de ces équipements dans la définition de la qualité de vie des personnes.

 

 

 

2.1.2    La réorganisation fonctionnelle et l’amélioration du système routier

 

Hormis deux (2) aéroports régionaux localisés à Saint-Donat, Saint-Michel-des-Saints et Saint-Jean-de-Matha, de même que la terminaison d’une ligne de chemins de fer à Saint-Félix-de-Valois, il n’existe pas, en Matawinie, d’autres systèmes de transport ni de système hydrographique navigable. C’est pourquoi l’organisation régionale repose essentiellement sur l’efficacité de son réseau routier.

 

Deux (2) axes routiers Nord-Sud déterminent l’ossature de base de notre système routier. Du côté Ouest, il y a l’axe de l’autoroute 25 et de son prolongement, la route 125, qui relie Montréal à Saint-Donat via Laval, Terrebonne, Mascouche et Rawdon. Du côté Ouest, il y a l’axe des routes 131 et 343 reliant Montréal à Saint-Michel-des-Saints via Repentigny, l’Assomption, Joliette et Saint-Félix-de-Valois.

 

Il n’y a que trois (3) MRC au Québec à ne pas être desservies par une route nationale, soit la Matawinie, le Granit et Abitibi Ouest. Et à la différence des deux (2) autres, la Matawinie est située en plein centre Sud du Québec, ce qui n’a rien d’un territoire marginal. La classification conceptuelle présentée, ici, est créée pour exprimer les buts à atteindre dans une perspective à long terme pour régler ces défaillances.

 

Orientation 2   Proposer une classification conceptuelle du système routier apte à soutenir un meilleur positionnement intra et interrégional de la MRC et favorisant une plus grande rétention de l’activité économique

 

2.1    En ce qui concerne les axes Nord-Sud, prévoir leur parachèvement afin d’éliminer leur terminaison en cul-de-sac

 

2.2    En ce qui concerne les axes Est-Ouest, revoir leur tracé et leur classification afin de favoriser une meilleure pénétration et une plus grande rétention de l’activité économique en région

 

 

La classification fonctionnelle, qu’utilise le ministère des Transports du Québec, nous donne une image assez précise du caractère fonctionnel qu’il reconnaît au réseau routier matawinien dans le sens de l’interconnexion entre la Matawinie et les villes de Joliette et Montréal. On s’intéresse en fait qu’aux routes qui jouent le rôle de lien intermunicipal principal et qui sont classifiées comme routes de classe supérieure. La classification conceptuelle reprend ces critères de la classification fonctionnelle du MTQ, mais s’en distingue par les choix qu’elle annonce. Quatre (4) classes de routes sont retenues, soit nationale, régionale, collectrice et route locale 1.

 

a)         Les changements de classification sur les axes Nord-Sud

 

Cette réorganisation du système routier amène trois (3) changements sur les axes Nord-Sud. Le premier changement de classification va venir avec l’aménagement des autoroutes 25 et 31 qui vont permettre une première desserte par des routes de classe nationale.

 

Le prolongement de la route 125 entre Saint-Donat et la localité de Saint-Guillaume est appelé à devenir une route de classe collectrice. Ce lien va permettre d’atteindre Saint-Michel-des-Saints via une autre route de classe collectrice Est-Ouest, soit celle reliant les routes 117 (l’Annonciation) et 155 (Rivière Mattawin).

 

Le chemin de la Ferme au Nord du village de Saint-Côme et de la route 347 devient le prolongement de la route 343. Il se termine en croisant le prolongement de la route 125 dans le parc du Mont Tremblant à la hauteur du lac des Cyprès. Ce lien demeure, cependant, une route de classe locale 1.

b)         Les changements de classification sur les axes routiers Est-Ouest

 

Cette appréciation qui a été faite sur le caractère fonctionnel de nos axes routiers, permet d’entrevoir la fin de la terminaison en cul de sac des axes routiers Nord-Sud. Trois (3) modifications sont amenées sur la classification des axes routiers Est-Ouest.

 

En partant du Nord, on reconnaît un axe Est-Ouest de classe collectrice reliant l’Annonciation à la rivière Mattawin via Saint-Michel-des-Saints. Ce lien vise à relier les arrières pays et à asseoir leurs fonctions forestières et récréotouristiques entre les routes 117 et 155. Il pourrait arriver que la classification collectrice se limite au segment reliant Saint-Guillaume à Saint-Michel-des-Saints et que les autres segments soient classifiés comme chemins d’accès aux ressources, première catégorie.

 

Un lien Est-Ouest de classe nationale à vocation multiple et reliant l’autoroute 15 (Saint-Jovite) à l’autoroute 40 (Louiseville) serait aussi défini. Cet axe qui se situe à la limite Nord des territoires municipalisés continus, correspond à l’actuelle route 347 de classe régionale et reliant les villages de Notre-Dame-de-la-Merci, Saint-Côme, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Damien. Les fonctions récréotouristiques et forestières sont celles qui bénéficieront le plus de cette réorganisation.  Par ailleurs, dans un tel concept, le numéro de cette route est appelé à changer, car il s’agira d‘une route de classe 100 et d’ordre paire (178), vu qu’il s’agit d’un axe Est-Ouest. Cette route devient ainsi le principal axe Est-Ouest reliant les plus importantes infrastructures récréotouristiques au Nord du Saint-Laurent pour la grande région de Montréal.

 

On reconnaît aussi un axe Est-Ouest de classe collectrice et à vocation intermunicipale reliant Chertsey à Saint-Jean-de-Matha en passant par les villages de Saint-Alphonse-Rodriguez et de Sainte-Béatrix. Cet axe qui relie les routes 117 et 131, joue un rôle de premier ordre dans la répartition de la villégiature et de certaines fonctions récréotouristiques.

 

 

 

2.1.3    Les améliorations attendues du système routier

 

Les améliorations proposées, ici, vont dans le sens de la réalisation des objectifs du concept d’organisation. Il s’agit d’opérations qui diffèrent de l’entretien associé à la  gestion du réseau routier existant. Voici une liste des principales améliorations traduisant une mise à niveau de notre système routier.

 

a)         Les améliorations à apporter aux axes routiers Nord-Sud

 

Depuis le début de la publication des diagrammes d’écoulement de la circulation (1979), la croissance des débits de circulation n’a sans cesse crûe (voir Plan de transport de la région de Lanaudière, MTQ 2000). Considérant l’accroissement marqué de la population dans les Basses Laurentides et dans la mesure où l’on assiste à une progression du même ordre pour les 20 prochaines années, on doit s’attendre à ce que les routes 125 et 131 connaissent une baisse marquée de leur niveau de service, particulièrement au Sud de Chertsey pour la route 125 et au Sud du lac Noir pour la route 131. En réponse à cette situation et selon les multiples constats du transport relevé dans la partie contexte de planification, les objectifs visés par la MRC de Matawinie sont les suivants :

1)   Compléter l’aménagement de l’autoroute 25 entre Saint-Esprit et Chertsey, plus spécifiquement entre les villages de Sainte-Julienne et Chertsey, définir un nouveau tracé passant à l’Est de la route 125 actuelle afin de maintenir le positionnement de Rawdon comme principale destination sur l’autoroute 25;

2)   Refaire la route 125 entre Saint-Donat et la localité de Saint-Guillaume via le parc du Mont Tremblant, dont une section panoramique entre la chute aux Rats et le lac des Cyprès;

3)   Prévoir, dans un premier temps, le prolongement de l’autoroute 31 dans l’axe de la route 131 entre Joliette et Saint-Félix-de-Valois, et subséquemment, l’aménagement de la voie de contournement à l’Ouest de Saint-Félix-de-Valois. Plus au Nord, des améliorations sont aussi nécessaires jusqu’à Sainte-Émélie-de-l’Énergie;

4)   Poursuivre les travaux de réfection du chemin de la Ferme entre le village de Saint-Côme et le lac des Cyprès, dont une section panoramique sur le mont Giron entre le lac l’Assomption et le lac des Cyprès;

5)   Poursuivre les travaux d’amélioration de la route 131 entre Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Michel-des-Saints.

 

b)         Les améliorations à apporter aux axes routiers Est-Ouest

 

À l’exception de la route 348 et de certains segments de la route 347 à l’Est de la municipalité de Saint-Côme, les axes routiers Est-Ouest présentent actuellement un design de niveau locale 1 ou locale 2, soit bien en dessous de leur classification conceptuelle. Voici les segments qui gagneraient le plus à être améliorés.

1)   Sur la route 347, le segment reliant le village de Notre-Dame-de-la-Merci au chemin de la Ferme à Saint-Côme;

2)   Sur la route 347, le segment reliant les villages de Sainte-Émélie-de-l’Énergie et de Saint-Damien;

3)   Dans l’axe du Petit Corridor, le segment reliant le Septième lac à Chertsey, à la limite intermunicipale de Saint-Alphonse-Rodriguez;

4)   Améliorer le niveau de sécurité de la route 348.

 

c)         Les priorités de réaménagement

 

Orientation 3   À partir de la liste des différentes améliorations à effectuer sur le système routier voici les priorités d’intervention :

L’autoroute 25 entre Saint-Esprit et Chertsey;

L’autoroute 31 entre Joliette et Sainte-Émélie-de-l’Énergie;

La route 347 entre la route 125 à Notre-Dame-de-la-Merci et le chemin de la Ferme à Saint-Côme

 

 

2.1.4    La gestion du réseau routier existant pour fin de préservation

 

On parle de plus en plus de relation entre le développement et le transport. Tout le développement qui se fait le long d’une route impose une pression sur celle-ci. Les routes régionales et collectrices sont celles qui subissent la plus forte pression face au développement. Ce développement, identifié souvent par des implantations désordonnées, porte atteinte à la sécurité routière et à la fluidité de la circulation. Ainsi, l’équilibre fonctionnel de la route est remis en question. Ceci contribue à l’augmentation du nombre d’accidents et est le principal facteur de perte de fonctionnalité de la route. Le but poursuivi n’est pas nécessairement d’empêcher l’accès à la route, mais bien de protéger le système routier et lui conserver son rôle de soutien à l’activité économique. Et les objectifs que la MRC entend faire valoir à ce niveau sont les suivants :

 

Orientation 4   Prévenir le vieillissement prématuré du réseau routier faisant partie du concept d’organisation en régissant l’espacement entre les accès riverains et les carrefours;

Segmenter le réseau routier en terme d’environnement urbain et rural afin de pouvoir adopter des mesures de préservation adaptées aux milieux qu’il traverse (carte au 1 : 20 000 sur l’organisation régionale et la gestion de l’urbanisation);

Agir sur l’espacement entre les carrefours pour maintenir ou améliorer le dépassement et la fluidité de la circulation;

Restreindre l’accès riverain aux usages générant peu ou pas d’achalandage dans les segments périurbains et ruraux, selon un normatif réglementant les dimensions des entrées et sorties.

 

 

Orientation 5   Soutenir les interventions ayant pour effet d’améliorer le niveau de service actuel des routes 125 et 131;

Diminuer le nombre de carrefours qui affectent le niveau de service des routes 125 et 131 dans leur partie Sud;

Intervenir sur les principaux points noirs en proposant des solutions soient en terme de signalisation ou en terme de réaménagement de carrefours ou d’accès.

 

 


2.2     L’ORGANISATION DE LA FONCTION récréotouristique

 

La planification du circuit récréotouristique vient préciser le rôle que la municipalité régionale de comté entend attribuer aux différents centres de l’activité touristique et aux voies de circulation qui les relient, à commencer par le système routier. Deux (2) plans à l’échelle du 1 : 125 000 intitulé « les circuits récréotouristiques » et « concept des voies cyclables », viennent soutenir la lecture de la présente section.

 

 

 

2.2.1    Le cadre général du récréotourisme en Matawinie

 

Depuis la première version du projet de circuit récréotouristique, une connaissance beaucoup plus détaillée de nos potentiels naturels et le développement récent de la randonnée sous de multiples aspects, nous amènent à un niveau de précision plus grand. Le cheminement du Plan régional de développement des terres publiques (PRDTP) traite, lui aussi, de la question du récréotourisme, plus particulièrement en ce qui concerne les pôles de Saint-Donat et de Saint-Michel-des-Saints, de même que la randonnée.

 

La section traitant du récréotourisme au chapitre sur le contexte de planification cerne le positionnement des différentes municipalités de la Matawinie par rapport à cette fonction régionale. Mais plus important encore,  elle situe le rôle primordial qu’elle assume au sein de la grande région de Montréal. Considérant que le récréotourisme est la première fonction économique de la Matawinie, la foresterie venant en deuxième, le temps est venu de donner une direction nouvelle et durable à la planification de notre territoire. Voici quelques énoncés à cet effet.

 

 

Orientation 1   La planification de la fonction récréotouristique doit s’appuyer sur les trois (3) faits suivants :

                           premièrement, celle-ci s’insère en tout premier lieu dans le contexte de la grande région de Montréal et répond premièrement aux besoins des citadins en espaces de plein air et de contact avec la nature;

                           deuxièmement, les axes 125 et 131 sont les principaux liens routiers à acheminer la clientèle en provenance des villes de Joliette et Montréal;

                           troisièmement, la Matawinie n’a pas été reconnue comme région ressource par le gouvernement du Québec.

 

 

Orientation 2   En terme de territorialité, la fonction récréative doit être traitée comme la plus structurante pour la partie Sud de la Matawinie, celle-ci comprenant le corridor fluvial de la Mattawin de même que les territoires s’étendant plus au Sud; la fonction forestière se limite à des territoires d’intérêts forestiers situés au cœur de certains plateaux, en marge des vallées principales.

 

Dans la partie Nord, la mission forestière est considérée comme plus importante, la fonction récréative pouvant être concentrée dans certains territoires d’intérêts, dont le bassin du lac Kempt.

 

 

Orientation 3   Sur le plan fonctionnel, c’est-à-dire, de la réponse au besoin, la planification du Schéma d’aménagement doit diriger le mieux possible la clientèle récréotouristique vers les territoires d’intérêts récréatifs (ou les grandes affectations récréatives) qui regroupent les meilleurs potentiels naturels à cette fin.

 

 

Orientation 4   En ce qui concerne le réseau routier principal, les territoires occupés, les grandes affectations récréatives, agrotouristiques, de villégiature et fauniques, il importe de garantir la qualité et l’intégrité des paysages naturels.

 

 

Orientation 5   Dans une perspective de développement durable, la planification des activités récréatives doit être réalisée en tenant compte de la capacité de support de nos écosystèmes naturel et plus globalement, de la sensibilité des milieux habités afin d’assurer une bonne qualité du milieu de vie.

 

Plus spécifiquement, les activités de randonnées motorisées et non motorisées doivent être planifiées de manière à assurer la ségrégation requise et à réserver les valeurs naturelles les plus intéressantes aux activités non motorisées.

 

 

Orientation 6   Pour bien planifier la fonction récréotouristique, le schéma doit produire un modèle organisationnel visant à positionner les divers centres de l’activité touristique et dans la perspective d’organiser les infrastructures de randonnée au bénéfice de ces centres d’activités.

 

 

Orientation 7   En ce qui concerne le rôle de nos noyaux villageois et la façon de valoriser notre patrimoine touristique, celui-ci doit servir à développer l’accueil et l’empreinte culturelle locale.  Cette recherche va contribuer à personnaliser notre milieu touristique et à accroître le sentiment d’appartenance régional. En attendant que la MRC ait produit un Plan de développement culturel, la planification municipale doit apporter dès maintenant des réponses originales à cette préoccupation.

 

 

Orientation 8   Le rôle de la MRC a été engagé jusqu’à tout récemment dans la direction de la planification générale du récréotourisme; maintenant, elle doit, via les parcs régionaux et la création d’un atlas toponymique, assurer les bases du développement écotouristique; le réseau de randonnée non motorisée doit être perçu comme l’assise de la valorisation et de l’intégration de cette spécialisation.

 

 

Orientation 9   La planification régionale, via le Schéma d’aménagement et la MRC doit aussi viser une amélioration constante de notre produit touristique. À cette fin, la MRC doit contribuer à :

·       Procéder à la confection d’un atlas toponymique présentant les nombreux toponymes de la Matawinie;

·       Prévoir des lieux d’interprétation de l’histoire naturelle et humaine au cœur de nos pôles récréotouristiques et de nos parcs régionaux;

·       Préparer un calendrier faisant état des activités récréatives et socioculturelles sur une base saisonnière.

 

 

 

2.2.2    Le modèle organisationnel et ses composantes

 

Le modèle organisationnel a pour but de bâtir une vision commune dans la façon de réaliser l’intégration spatiale et temporelle de notre espace touristique. En ce sens, le plan au 1 : 125 000 peut être considéré comme un idéal à atteindre, mais il doit d’abord être considéré comme un document de travail. Il s’agit d’une image où l’on aura pris soin de distinguer le plus clairement possible, ce qui existe déjà de ce qui est proposé. On prendra note que le concept portant sur le circuit cyclable fait l’objet d’un traitement particulier à la sous-section 2.3.

 

Chaque municipalité doit reprendre ce modèle pour le traduire à son propre niveau au sein des plans et règlements d’urbanisme. Ce modèle localise, tout d’abord, les lieux du récréotourisme à différentes échelles, soit les grandes affectations récréatives et les principales entreprises récréotouristiques. Il établit aussi une classification des municipalités quant à leur importance et à leur contribution attendue. Les différents liens routiers ou de randonnée sont ensuite situés et traités pour assurer leur rôle intégrateur vis-à-vis notre espace récréotouristique.

 

 

2.2.2.1      Les grandes affectations récréatives

 

Étant presque toutes traversées par une ou des routes faisant partie du concept d'organisation régional, les grandes affectations récréatives sont donc facilement accessibles. Il y a lieu de les percevoir comme des destinations récréotouristiques possédant leurs particularités propres. On remarque un niveau différent de développement et d'intégration selon divers facteurs, tels la présence de sites d'intérêts déjà aménagés, d'un centre récréotouristique ou encore de liens intégrateurs autres que la route. Chacune d’elles diffère donc de par son environnement et ses infrastructures.

 


2.2.2.2      Les équipements récréatifs à rayonnement régional

 

La Matawinie dispose d’une grande quantité et d’une grande diversité de territoires et d’équipements récréatifs. La carte des circuits récréotouristiques au 1 : 125 000 préparée à cet effet tente de les identifier tous. Voici une brève introduction pour chacun des divers groupes.

 

a)         Le domaine des parcs régionaux

 

La valorisation de certains territoires d'intérêts récréatifs se traduit en Matawinie à travers d’importants équipements publics prévus ou projetés, soit les parcs régionaux au nombre de cinq (5), auxquels s'ajoute le Sentier national. Ces territoires sont :

Ø     La Forêt Ouareau

Ø     La Chute à Bull

Ø     Le parc des chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles

Ø     Le parc des Sept-Chutes

Ø     Le parc du réservoir Taureau

Ø     Le Sentier national

 

Ces grands territoires récréatifs doivent faire l'objet d'une planification élaborée conduisant à la production d'un plan directeur. Les activités à l'intérieur du parc régional sont régies via le plan directeur, celui-ci devant recevoir la conformité de la MRC pour entrer en vigueur. Dans l'attente de ce processus, les sites d'intérêts locaux et régionaux localisés à l'intérieur des territoires identifiés font l'objet des même mesures de préservation que celles s'appliquant à l'ensemble du territoire de la MRC.

 

b)         Les parcs municipaux à rayonnement régional

 

Certains parcs gérés par les municipalités locales et ayant un rayonnement régional demandent à être valorisés et protégés de la même manière indépendamment de leur statut. Il en existe sept (7) à l'échelle de la MRC, soit :

Ø     Le parc des Pionniers à Saint-Donat

Ø     Le réseau de ski de randonnée dans la Forêt Ouareau à Notre-Dame-de-la-Merci

Ø     Le parc des chutes Dorwin à Rawdon

Ø     La plage municipale à Rawdon

Ø     Le parc des Cascades à Rawdon

Ø     La plage municipale à Saint-Michel-des-Saints

Ø     La plage de la Pointe Fine à Saint-Michel-des-Saints

 

Plusieurs autres sites pourraient être développés et en ce sens, cette liste est appelée à évoluer. Les chutes Mason à Rawdon ou le rapide Bersey à Saint-Félix-de-Valois, pourraient faire l’objet d’une mise en valeur leur permettant de s’inscrire un jour à la présente liste.

 

Tous ces équipements municipaux à rayonnement régional doivent faire l’objet d’orientations et d’objectifs à l’intérieur du Plan d’urbanisme. Leur mission spécifique et leur capacité de support doivent être établis de façon à assurer leur intégration à l’intérieur d’un réseau régional et aussi, à faire en sorte que les aménagements existants ou prévus ne remettent pas en cause l'intégrité des milieux naturels.

 

c)         Les équipements récréatifs privés à rayonnement régional 

 

Certains équipements privés s'ajoutent également aux listes précédentes du fait qu'ils constituent un immense patrimoine récréatif construit par divers chefs d'entreprises au cours des 100 dernières années.

 

Les pentes de ski alpin :

Ø     Mont Garceau à Saint-Donat

Ø     Mont La Réserve à Saint-Donat

Ø     Station de ski Montcalm à Rawdon

Ø     Station Val Saint-Côme à Saint-Côme

Ø     Mont Trinité à Saint-Michel-des-Saints

 

Les centres de ski de fond :

Ø     Forêt Ouareau

Ø     Golf Saint-Jean-de-Matha

Ø     Montagne Coupée

Ø     Parc du Mont Tremblant, secteur Pimbina

Ø     La Donatienne

 

Les terrains de golf :

Ø     Golf de Saint-Donat

Ø     Golf de Rawdon

Ø     Golf de Sainte-Béatrix

Ø     Golf de Saint-Jean-de-Matha

Ø     Golf de Saint-Michel-des-Saints

 

d)        Les territoires fauniques

 

Les territoires fauniques structurent la majeure partie des terres publiques situées dans l’environnement des territoires municipalisés. Mentionnons, plus particulièrement, les réserves fauniques Mastigouche et Rouge Mattawin, les ZEC Lavigne, des Nymphes et Collin et enfin, plusieurs pourvoiries. Les pourvoiries se distinguent des autres territoires fauniques par leur offre d’hébergement commercial. Mentionnons les pourvoiries situées dans la partie Sud de la Matawinie, soit Saint-Damien, Bazinet, Basilière, Réal Massé, la Barrière, Trudeau et Saint-Zénon.

 

Bien que la fonction récréative ne constitue pas la première mission de ces territoires, il n’en demeure pas moins que ceux-ci sont traversés par différents types de sentiers récréatifs. Aussi, les activités de prélèvement faunique constituent en elles-mêmes une forme spécialisée de récréation.

 

e)         Les autres entreprises à rayonnement régional

 

D’autres entreprises contribuent à leur façon à la diversification de notre produit touristique. Les bases de plein air, les colonies de vacance et les terrains de camping font partie de cette catégorie. Celles-ci sont représentées sur le Plan concept. Plusieurs autres catégories d’entreprises ne sont pas représentées, telles les divers lieux d’hébergement et de restauration et les entreprises culturelles. On s’attend, par contre, à ce que le positionnement des municipalités compense pour ce manque de visibilité. Il sera, toutefois, pertinent que celles-ci apparaissent au niveau du Plan d’urbanisme.

 

 

2.2.2.3      La classification des municipalités à titre de centres récréotouristiques

 

Les différentes municipalités de la Matawinie sont représentées selon leur positionnement quant à l’importance des emplois reliés au récréotourisme. Peu importe le niveau hiérarchique, on s’attend à ce que chaque municipalité brille par sa spécificité et contribue ainsi à la diversification des expériences touristiques.

 

a)         Les centres récréotouristiques régionaux (3)

 

Trois (3) municipalités font partie de cette catégorie, soit Rawdon, Saint-Donat et Saint-Michel-des-Saints. Chacun de ces centres régionaux présente un profil et des perspectives d’avenir différentes.

 

Ainsi, Rawdon se distingue par sa clientèle d’excursionnistes, cette spécificité étant liée à sa proximité de Montréal. Ses attraits patrimoniaux et ses diverses communautés culturelles offrent des conditions propices à un développement culturel plus élaboré que dans la plupart des autres communautés. Le développement d’un circuit de vélo et l’intégration des divers sites naturels au cœur commercial du village font partie des réalisations les plus attendues.

 

Saint-Donat se distingue par la valeur et l’attrait exceptionnel du bassin Ouareau-Archambault et du massif des Tremblantes. La présence du parc du Mont Tremblant, sa villégiature commerciale et privée haute-gamme et la qualité des aménagements publics et privés du noyau villageois attirent une clientèle écotouristique grandissante. C’est, d‘ailleurs, dans cette direction que s’engage la municipalité.

 

Saint-Michel-des-Saints est considéré comme l’étoile montante du récréotourisme en Matawinie et dans Lanaudière. Les importants investissements privés réalisés sur les rives du réservoir sont là pour le démontrer. Parmi les défis qui attendent cette municipalité, il y a la ségrégation entre les activités écotouristiques et les activités plus lourdes. Le parc régional du Lac Taureau soulève à lui seul de nombreuses problématiques à ce sujet. Mais faisant abstraction du Parc, Saint-Michel-des-Saints est perçue comme la destination idéale pour la randonnée motorisée sous toutes ses formes. La présence des vastes territoires forestiers environnants devrait constituer la matière première de ces activités.

 

b)         Les centres récréotouristiques intermunicipaux (2)

 

Deux (2) autres municipalités se distinguent sur le plan du récréotourisme, soit Saint-Côme et Saint-Jean-de-Matha. Si les perspectives de développement de la municipalité de Saint-Côme se confirment, le corridor de la l’Assomption nous réserve plusieurs surprises. La proximité du parc du Mont Tremblant et les  travaux d’amélioration du chemin de la Ferme devraient exercer une forte attraction sur les nouvelles entreprises intéressées.

 

Du côté de Saint-Jean-de-Matha, le développement des activités de plein air apparaît en phase de consolidation. Ses équipements les plus connus sont l’Auberge de la Montagne Coupée, le Golf de Saint-Jean-de-Matha et le parc régional des chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles. Par contre, on peut s’attendre à ce que le domaine culturel occupe une place de plus en plus importante et que le produit récréotouristique en soit ainsi amélioré. L’accès à la musique et aux contes traditionnels, de même que la venue des trappistes d’Oka représentent les apports récents les plus originaux.

 

c)         Les centres récréotouristiques locaux (10)

 

Même si les dix (10) autres municipalités de la Matawinie ne se classent pas au niveau des municipalités précédentes, on ne peut les dissocier du contexte récréotouristique global. Ainsi, les municipalités du Piedmont, telles Saint-Félix-de-Valois, Sainte-Marcelline-de-Kildare, Sainte-Béatrix, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Damien offrent des conditions idéales pour le vélo et l’agrotourisme. Ces deux (2) dernières municipalités sont aussi connues pour la renommé de leurs artisans.

 

Saint-Alphonse-Rodriguez et Chertsey regroupent parmi les plus importants bassins de villégiature et aussi, plusieurs bases de plein air. Dans les municipalités de la 125 adossées au parc régional de la Forêt Ouareau, soit Chertsey, Entrelacs et Notre-Dame-de-la-Merci, de nombreuses activités de plein air vont éventuellement voir le jour au sein du parc régional, de même que sur son pourtour. En ce qui concerne Saint-Zénon, le cachet exceptionnel du village se fait bien sentir et celui-ci pourrait bien renforcer son rôle de halte et d’avant-poste avant d’atteindre le bassin du Taureau et les vastes étendues des Hautes Terres Centrales.

 

Il est donc attendu que chacune des municipalités de la Matawinie porte une attention particulière au développement récréotouristique sur son territoire. Mais dans la mesure de l’implication municipale, le renforcement des noyaux villageois apparaît comme une attente pleinement justifiée dans la perspective d’un accueil original et d’une pleine valorisation des particularismes locaux.

 

 

2.2.2.4      La contribution du réseau routier et du concept d’organisation régional

 

Le concept d’organisation est la première réponse à la discontinuité spatiale de notre espace récréotouristique. On mentionne en maintes occasions l’effet de blocage en matière de développement récréotouristique résultant de l’état inachevé du réseau routier Nord-Sud et Est-Ouest. Ce blocage signifie qu’il devient virtuellement impossible d’insérer le territoire de la Matawinie à l’intérieur du récréotourisme régional ou interrégional. Les municipalités situées sur la 125 peuvent s’insérer plus facilement à l’intérieur de telles boucles du fait qu’elles sont reliées à l’autoroute 15 par la 329 entre Saint-Donat et Sainte-Agathe.

 

Les améliorations apportées à la route 347 entre Saint-Côme et Notre-Dame-de-la-Merci, viennent faciliter quelque peu le réseautage de notre milieu récréotouristique. Le concept d’organisation et les projets de réaménagement routier demeurent des composantes majeures en terme de développement récréotouristique.

 

 

2.2.2.5      Le développement des corridors récréatifs et la permanence de sentiers

 

On retrouve aussi sur la carte des circuits récréotouristiques, le réseau routier régional avec ses haltes-carrefours déjà aménagées ou pouvant être aménagées, de même que des réseaux de randonnée identifiés au motorisé (motoneige et véhicule tout terrain) et au non motorisé (pédestre, vélo, équestre). Chaque réseau a sa propre problématique. Certains types de randonnée doivent être bien encadrés parce qu'ils peuvent occasionner une dégradation des sols (véhicule tout terrain, sentiers équestres) tandis que d'autres types de randonnée, tels la motoneige, sont déjà relativement bien aménagés et profitent de structures d'accueil bien implantées. Voici quels critères généraux relativement à la conformité des projets d’aménagement de ces réseaux.

 

À l’échelle de l’ensemble du territoire, les sentiers de niveau national sont visés par l’objectif de permanence des sentiers. Leur planification doit donc démontrer que les objectifs suivants sont atteints :

Ø     La planification des sentiers permanents doit assurer une liaison efficace entre les pôles et les centres récréotouristiques et, dans la mesure du possible, avec les équipements récréotouristiques majeurs et le noyau villageois;

Ø     La planification des sentiers dits permanents doit assurer une nette ségrégation entre les sentiers motorisés et non motorisés, ce qui n’empêche pas que ces réseaux doivent éventuellement se recouper;

Ø     Les sentiers motorisés peuvent traverser les grandes affectations récréatives, mais il ne peut y avoir de développement de réseaux à l’intérieur de celles-ci;

Ø     Pour assurer la qualité du milieu de vie, l’intégration de l’espace récréotouristique au sein des grandes affectations récréatives doit être planifiée via le système routier et les activités de randonnée non motorisée;


Ø     Le développement des réseaux de sentiers motorisés doit s’effectuer au sein des grandes affectations forestières et forestières agricoles apparaissent, plus particulièrement, dans la partie Nord de la MRC. Pour contribuer au développement récréotouristique global, on doit, dans la mesure du possible, favoriser les espaces situés en bordure des grandes affectations récréatives;

Ø     La planification des différents sentiers doit éviter de porter atteinte aux milieux sensibles (naturels ou bâtis).

 

 

 

2.2.3    La qualité des paysages comme moteur du récréotourisme

 

La préservation de nos paysages était définie comme un des principaux enjeux dans le contexte du premier schéma. Malheureusement, le manque d’outils efficaces à cet effet a occasionné une dégradation de nos paysages en maints endroits et principalement, par des coupes forestières mal exécutées et par l’implantation de résidences sur les montagnes à des altitudes trop élevées. On dénote, également, un accroissement significatif d’interventions négatives le long de nos corridors routiers, comme un affichage désordonné et l’utilisation des cours pour fin d’entreposage de divers matériaux.

 

Aussi, pour plusieurs de nos paysages grandioses, il est virtuellement impossible d’en apprécier la qualité, car notre système routier correspond à d’anciens chemins forestiers ou de colonisation aménagés initialement au fond de nos vallées. Les espaces agroforestiers offrent les meilleures possibilités à ce niveau, alors qu’à l’inverse, les paysages forestiers sont pratiquement inaccessibles. Cette situation rend la traversée de ces territoires fort ennuyeuse. Dans bien des cas, il existe des solutions simples qui méritent d’être appliquées. Voici l’orientation et les objectifs déterminés pour atteindre une mise en valeur optimale de nos paysages.

 

La section 4 consacrée à la qualité du milieu et à la sécurité publique traite de la question des paysages et contient diverses orientations visant à améliorer leur gestion.

 

 

 

2.2.4    La traduction de la fonction récréotouristique à l’échelle municipale

 

Les différents objectifs énoncés dans la présente sous-section sur le récréotourisme doivent trouver leur traduction au sein des plans et des règlements d’urbanisme. Voici trois (3) objectifs qui résument assez bien l’ensemble des attentes exprimées à l’intérieur de la présente sous-section :

Ø     Spécifier, à l’intérieur du Plan d’urbanisme, comment on entend planifier et réaliser l’intégration de notre espace récréotouristique et à ce titre, considérer le réseau routier comme principal lien intégrateur à l’échelle régionale;

Ø     Établir le rôle propre des grandes affectations récréatives et du noyau villageois comme lieux structurant pour le développement récréotouristique;

Ø     Préciser les moyens à mettre en œuvre pour réaliser la mise en valeur ordonnée et l’intégration de l’espace récréotouristique via le développement de la randonné.

 

Plus particulièrement en ce qui concerne les centres récréotouristiques régionaux et intermunicipaux, il est requis d’établir des objectifs de développement en ce qui concerne la qualité de l’hébergement et de la restauration et en ce qui a trait aux activités culturelles afin de pouvoir répondre le plus habilement possible à la question cruciale « Que faire quand il pleut ? ».

 

 


2.3     LE CONCEPT D’ORGANISATION DES VOIES CYCLABLES

 

Le concept d'organisation des voies cyclables en Matawinie est principalement gouverné par les municipalités locales et le ministère des Transports du Québec. Il a fait l’objet d’un exercice de planification particulier au cours des années 2001 et 2002. Il s'appuie sur la classification des municipalités en trois (3) niveaux, soit les centres récréotouristiques régionaux, les centres récréotouristiques intermunicipaux et les centres récréotouristiques locaux. Les liens cyclables entre ces centres sont classés de la même manière.

 

Dans la mise en œuvre de ce réseau, il pourrait s’avérer nécessaire que la loi garantisse des pouvoirs aux municipalités locales leur permettant de créer des parcs linéaires et de procéder aux expropriations qui s’imposent.

 

La carte synthèse

 

La carte synthèse du concept d’organisation des voies cyclables à l'échelle du 1 : 125 000 présente les différents tracés qui ont fait l'objet d'une recherche de concordance intermunicipale à l'échelle des territoires municipalisés. Mentionnons que la totalité du réseau cyclable est disponible sur fond cartographique au 1 : 20 000 à partir duquel il a été numérisé. Des agrandissements au 1 : 5 000 peuvent aussi être réalisés sur demande. La Route Verte apparaît en trait large de couleur vert foncé, les liens régionaux en vert, alors que les liens intermunicipaux sont en jaune.

 

Le seul lien n'apparaissant pas sur la carte étant celui entre Saint-Zénon et le parc du Mont-Tremblant. Bien que le tracé définitif ne soit pas arrêté, ce lien devrait normalement se raccorder au pôle récréotouristique secondaire du lac l'Assomption situé dans le Parc au Nord de Saint-Côme.

 

 

 

2.3.1    Objectifs d’aménagement au niveau des centres récréotouristiques

 

Les centres régionaux sont appelés à devenir des destinations pour le vélo, et ce, pour la clientèle familiale. La municipalité doit donc élaborer un tracé permettant de faire le tour des éléments d'intérêts du périmètre d’urbanisation, voir, de son territoire. Par élément d'intérêt, on entend les principaux sites d'intérêts naturels, les rives des rivières et des lacs, les parcs publics, les équipements récréotouristiques et culturels tant publics que privés, les centres d'interprétation, les services de dépannage, de restauration et d'hébergement ou tout autre élément allant dans ce sens. Pour que chaque centre régional puisse agir comme destination auprès de la clientèle familiale, ceux-ci doivent offrir un tracé hors route sur une distance pouvant varier entre trois (3) et dix (10) kilomètres.

 

À titre d'exemple, dans le cas de Saint-Gabriel-de-Brandon (valable pour Saint-Damien), on s'attend à un ovale faisant le tour du lac Maskinongé, alors qu'à Rawdon un tracé en forme de « 8 » conviendrait davantage. Du côté de Saint-Jean-de-Matha, un tracé beaucoup plus ample, aussi en forme de « 8 », devrait permettre de relier les villages de Saint-Jean-de-Matha et de Sainte-Béatrix, celui-ci se croisant à la hauteur du parc régional des chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles. Ces tracés dits « intrapôle » sont considérés de niveau régional.

 

La partie hors route doit être aménagée, si possible, en forme de boucle. Pour les réseaux associés aux centres récréotouristiques intermunicipaux et locaux, la partie hors route du noyau villageois peut se limiter à une distance de l’ordre d'un kilomètre.

 

 

 

2.3.2    Classification et objectifs d’aménagement au niveau des divers liens d'intérêts régionaux

 

Les liens d'intérêts régionaux comprennent trois (3) catégories de voies cyclables, soit la Route Verte proprement dite reliant généralement les grandes agglomérations urbaines, les liens interpolaires reliant les pôles récréotouristiques principaux et les liens intermunicipaux permettant d'intégrer l'ensemble des noyaux villageois au réseau régional.

 

Les trois (3) types de liens cyclables définis, ici, sont considérés de classe supérieure par rapport à d'autres tracés considérés comme de niveau local. De façon générale, ces liens de classe supérieure doivent répondre aux besoins de la clientèle des cyclistes dits autonomes ayant moins d'exigences en terme de sécurité et de service.

 

a)         Le lien national ou Route Verte

 

En Matawinie, trois (3) axes sont identifiés à cette fin. Le premier part du fleuve Saint-Laurent à Lavaltrie, remonte vers le Nord en longeant la rivière l'Assomption et la route 131 via Joliette, Saint-Félix-de-Valois et Saint-Jean-de-Matha, pour aboutir à Sainte-Émélie-de-l'Énergie en haut de la côte à Monette afin de croiser le Sentier national. Le second lien de classe national est de direction Est-Ouest et passe dans l'axe du Grand Corridor via les pôles du lac Maskinongé à Saint-Gabriel-de-Brandon et du bassin Ouareau/Archambault à Saint-Donat. Il croise, par le fait même, les villages de Saint-Damien, Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Saint-Côme et Notre-Dame-de-la-Merci.

 

Il s'avère aussi pertinent de considérer le lien de Saint-Donat à Val-David comme troisième lien de classe national du fait qu'il se rattache au tracé du petit train du Nord et permet de boucler le réseau national. Bien que ces liens soient présentés en premier, il convient de rappeler que ceux-ci n'ont été définis qu'à la toute fin de la démarche de planification.

 

Objectifs d'aménagement

 

Vu de la Matawinie, le lien le plus structurant pour l’ensemble de la région de Lanaudière est celui longeant le corridor du Saint-Laurent (Montréal-Québec). Le second en importance est  celui reliant le Saint-Laurent aux Hautes Laurentides (Sentier national), et ce, via Joliette, la capitale régionale, Saint-Jean-de-Matha et le parc régional des chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles localisés au cœur des Piedmonts. Ce lien constitue la priorité régionale de la Matawinie en terme d’aménagement de lien cyclable intercentre.

b)         Le lien régional

 

Le lien régional comprend deux (2) types de liens, soit les liens dits intracentres tracés à l'intérieur des centres régionaux et devant répondre aux besoins de la clientèle familiale et les liens intercentres devant être adaptés aux attentes de la clientèle de randonneurs autonomes.

 

Objectifs d'aménagement

 

Les objectifs rattachés aux liens intracentres ont déjà été présentés. Pour ce qui est des liens intercentres, ceux-ci doivent, a priori, offrir des panoramas de grande qualité de même qu'un minimum de services appréciés par la clientèle de cyclistes autonomes. On s'attend à ce qu'il emprunte généralement le réseau routier local pour offrir une quiétude relative. En terme d'aménagement, lorsqu'il s'agit de routes locales à très faible débit de circulation (moins de
200 jma), seule la signalisation est requise. Dès que le débit devient le moindrement important, les accotements doivent être envisagés, surtout si le tracé présente de nombreuses courbes raides, tant verticales qu'horizontales, créant des blocages visuels pour les automobilistes.

 

Le réseau routier supérieur peut être emprunté dans la mesure où le niveau de circulation ne dépasse pas 5 000 jma. et que des accotements pavés sont prévus. Lorsque ces critères ne peuvent être respectés, on doit envisager l'aménagement de sentiers hors route dans l'optique d'assurer un niveau de sécurité satisfaisant

 

c)         Le lien intermunicipal

 

Le lien intermunicipal a comme première fonction d'assurer un lien de calibre supérieur aux centres récréotouristiques intermunicipaux qui ne sont pas desservis par le réseau régional.

 

Objectifs d'aménagement

 

En terme d'aménagement, lorsque ce lien cyclable emprunte le réseau routier local, celui-ci peut faire l'objet d'interventions minimales, telles une voie partagée (chaussée désignée) où seule une signalisation adéquate est requise. Lorsque celui-ci doit emprunter le réseau routier supérieur ou toute route dont le débit de circulation dépasse 2 000 jma, il devient nécessaire d'aménager des accotements pavés. Dans le cas des pôles récréotouristiques secondaires, un minimum de circuit hors route est requis, tel que mentionné à la section 2.1.

 

 

 

2.3.3    Le contenu nécessaire à l'appréciation d’un projet municipal

 

Les formulaires à remplir pour d'éventuelles demandes sont ceux du ministère des Transports. Pour que celui-ci puisse apprécier la conformité du projet au Schéma d'aménagement, une copie du présent concept lui est remise. Le Service d’aménagement de la MRC a aussi préparé des plans à l’échelle du 1 : 50 000 pour soutenir les travaux de recherche des municipalités locales.

 


a)         La préparation du dossier technique

 

Le document déposé par la municipalité locale peut contenir des tracés différents de ceux apparaissant à la carte du concept d'organisation des voies cyclables, mais doit permettre d'atteindre les mêmes objectifs en terme de liens intracentre ou intercentre. Sont préalablement requis, les plans détaillés du tracé et des infrastructures projetés, telles les ponceaux et les aires de repos, un montage financier présentant le partage des coûts et les partenaires impliqués, de même qu'un calendrier d'exécution des travaux.

 

b)         Les résolutions de concordance adoptées par les municipalités voisines

 

La demande de la municipalité locale doit être aussi accompagnée de ce qu'on appelle, ici, les résolutions de concordance avec les municipalités voisines, y compris les municipalités des MRC et des régions voisines. Ces résolutions exigées pour assurer la continuité du réseau cyclable, doivent établir explicitement l'accord convenu entre la municipalité demanderesse et une municipalité voisine.

 

c)         L'accord de principe du ministère des Transports

 

Pour tout tracé proposé empruntant le réseau routier supérieur, soit pour le longer, soit pour le traverser, il importe que la municipalité s'informe préalablement auprès du Ministère pour s'assurer que celui-ci peut autoriser un tel choix selon ses propres critères.

 

d)        Les normes d'aménagement

 

Lors de la préparation d'un projet local, il convient de référer directement au guide préparé au printemps 1999 par le ministère des Transports du Québec. Rappelons que la qualité du paysage, la présence d'un minimum de contraintes topographiques, l'animation et la sécurité doivent être à la base des choix proposés. Et dans l'éventualité où les équipements requis n'existent pas, il est impératif que le projet local en prévoit.

 

Le tracé retenu doit rencontrer les standards de design requis et être accompagné des indications relatives aux infrastructures nécessaires, telles les ponceaux, les intersections avec les autres modes de transport et l’affichage.

 

 


2.4     LES PARCS RÉGIONAUX

 

L'histoire des parcs régionaux remonte aux années 70 alors que l'État québécois établissait une première politique permettant leur création. Les premiers aménagements des Sept-Chutes à Saint-Zénon et de la Forêt Ouareau datent, d'ailleurs, de cette époque. Dans les années 80, le choix du milieu régional, via le Schéma d'aménagement, s'est inscrit dans cette lancée et s'est vu confirmé en 1993 par la modification du Code municipal créant le statut de parc régional et permettant aux MRC de les constituer et de les gérer.

 

La mise en réseau de nos parcs régionaux s'appuie donc, aujourd'hui, sur des acquis fort précieux en terme d'équipements et d'expériences. Aussi, la mise en commun des divers besoins propres à leur gestion trouvera son aboutissement à travers une offre concertée.

 

 

 

2.4.1    Des parcs mis en réseau

 

La notion de parcs régionaux mis en réseau a réellement pris son sens à travers la création du Sentier national. En le positionnant par rapport à trois (3) de nos parcs régionaux, cela a permis de travailler à un concept intégrateur les reliant entre eux et nous incitant à positionner chacun de ces équipements les uns par rapport aux autres en terme de contenu spécifique. Aussi, en traversant les Hautes Laurentides d'Est en Ouest, on comprendra que l'effet intégrateur du Sentier national vaut aussi pour l'ensemble des autres équipements touristiques qui s'y trouvent.

 

a)         Une représentation fidèle de la mosaïque naturelle matawinienne

 

Trois (3) grands espaces naturels définissent le cadre paysager de la Matawinie et du Nord de la région de Lanaudière, soit les Piedmonts, les Hautes Laurentides et les Hautes Terres Centrales. Avec le parc du Mont-Tremblant, le réseau des parcs régionaux de la Matawinie préserve, pour les bénéfices des populations actuelles et à venir, les plus belles facettes de ces paysages. Les Piedmonts sont représentés par le parc des chutes Dorwin et le parc des chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles, les Hautes Laurentides par le territoire de la Forêt Ouareau, le parc de la Chute-à-Bull et le parc régional des Sept-Chutes et enfin, les Hautes Terres Centrales par le Réservoir Taureau.

 

b)         Une offre d’activités  écotouristiques diversifiées

 

L'offre des parcs régionaux de la Matawinie se distingue donc par sa qualité et sa grande diversité. Par ailleurs, la valorisation intégrée des parcs régionaux permet de développer un contenu d'animation et d'activités de plein air dans un domaine en croissance, mais faiblement développé dans Lanaudière, soit l'écotourisme. En plus de s'offrir la détente, la clientèle des parcs régionaux aura accès à des centres et des sentiers d'interprétation, de même qu'à des visites guidées autour de thématiques précises propres à leur territoire. En axant le développement de ces activités vers les spécificités, on accroît nécessairement la complémentarité des expériences à vivre.

 

c)         Un réseautage favorisé par le système routier

 

Voici la liste des parcs régionaux soit engagés, soit existants, et ce, en les positionnant par rapport au réseau routier régional :

 

Route 125             Complexe des parcs de Rawdon

                              Chutes Dorwin

                              Chute Manchester

                              Les Cascades

 

                              Forêt Ouareau

 

                              (Parc du Mont-Tremblant)

 

Route 343             Chute-à-Bull

 

                              (Parc du Mont-Tremblant)

 

Route 131             Les chutes Monte-à-Peine-et-les-Dalles

 

                              Les Sept-Chutes

 

                              Le Réservoir Taureau

 

Comme on peut le constater, les parcs régionaux s'intègrent de façon fort pertinente au réseau routier régional Nord-Sud. Pour des fins de circulation Est-Ouest, la nouvelle section de la route 347, de même que la route 348 reliant Rawdon à Saint-Gabriel-de-Brandon constituent les principaux liens intégrateurs.

 

 

 

2.4.2    Les objectifs d’aménagement et de développement

 

Jusqu’à maintenant, l’offre des parcs se manifeste surtout via la création des réseaux de sentiers et la mise en disponibilité d’espace de camping. Dans les parcs de la Forêt Ouareau, des Sept Chutes et de la Chute à Bull les réseaux de sentiers ont connu un important développement, ce qui ne s’observe pas encore au niveau du parc du Lac Taureau. Par contre, ce dernier dispose déjà de deux (2) terrains de camping privés et d’un autre de tenure publique. L’achèvement de la mise en place de ces équipements représente la phase 1 de chacun des parcs. Cette phase est consacrée à l’occupation du territoire et à la manifestation de la présence d’une gestion publique régionale.

 

La seconde phase de développement va mettre l’accent sur l’animation. Il existe actuellement quelques installations à cet effet, mais de qualité inégale. Hors, tous ces contenus d’animation doivent être revus pour assurer une mise en valeur spécifique à chaque parc. Aussi, il existe un bon potentiel pour développer des activités avec animateurs, ce qui est déjà assez bien cerné dans le cas du parc du Lac Taureau. Des pavillons de faible capacité (moins de 40 personnes) devront être érigés à cette fin. Avec l’amélioration du produit écotouristique, cette seconde phase va aussi comprendre un redéploiement des activités de promotion.

 

La troisième phase devrait être consacrée à l’implantation d’équipements de plus gros calibres, soit un centre d’interprétation de l’histoire naturelle et humaine pour chacun des parcs. Ces équipements seraient conçus pour recevoir globalement une centaine de personnes en rotation entre deux (2) ou trois (3) salles proposant des expériences d’animation différentes.

 

Pour chaque parc régional comme pour le Sentier national, un Plan d’aménagement définitif va identifier chacune de ses installations et les situer dans les trois (3) phases de développement qui viennent d’être définies. Une estimation précise des dépenses en immobilisation sera alors disponible.

 

 


2.5     le pLAN DE GESTION INTÉGRÉ DES MATIÈRES RÉSIDUELLES

 

Le Plan de gestion intégrée des matières résiduelles, effectif depuis avril 2004, a été résumé à son essentiel.  Cette partie du Schéma d’aménagement doit, par ailleurs, être considérée comme s’il était tout au long reproduit. La MRC de Matawinie aspire à gérer de façon écologique et économique les résidus produits sur son territoire. La concrétisation de ce plan passe par l’atteinte de différents objectifs de valorisation des matières résiduelles. Les objectifs du plan sont arrimés à ceux de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008 déposée par le ministère de l’Environnement. L’objectif général de la politique est la mise en valeur de 60 % des matières résiduelles qui peuvent être valorisées annuellement. Tandis que les objectifs spécifiques de valorisation par matière, pour le secteur municipal,  ont été fixés à :

Ø     60 % du verre, du plastique, du métal, des fibres, des encombrants et des matières putrescibles;

Ø     75 % des huiles, des peintures et des pesticides (résidus domestiques dangereux);

Ø     50 % du textile;

Ø     80 % des contenants à remplissage unique de bière et de boissons gazeuses;

Ø     20 % des métaux non-consignés;

Ø     60 % de tous les autres résidus domestiques dangereux.

 

 

 

2.5.1    Les principes

 

La mise sur pied du Plan de gestion intégrée des matières résiduelles doit se faire selon les cinq (5) principes de base suivants :

 

a)         Les 3RV-E

 

À moins qu’une analyse environnementale ne démontre le contraire, la réduction à la source, le réemploi, le recyclage, la valorisation (agronomique ou énergétique) et l’élimination doivent être privilégiés dans cet ordre dans le domaine de la gestion des matières résiduelles.

 

b)         La régionalisation

 

La régionalisation de la gestion des résidus vise à favoriser l’adoption de solutions spécifiques à chacune des régions. Ces solutions sont prises à l’échelle des municipalités régionales de comté, dans le respect des pouvoirs propres aux autorités municipales. Cette façon de procéder veut responsabiliser les acteurs régionaux en les faisant prendre part aux décisions.

 

c)         La responsabilisation des différents acteurs

 

À chaque palier décisionnel, il existe différents acteurs, que ce soit le gouvernement, les industries qui fabriquent les produits, la MRC, les municipalités, les citoyens, etc. Tous ces intervenants doivent assumer leur part de responsabilités. Ainsi, chacun doit contribuer à mettre en place, de façon complémentaire, les moyens nécessaires à l’atteinte des objectifs.

 

d)        L’autonomie municipale

 

Dans la mise en œuvre du plan, les municipalités désirent garder le contrôle plein et entier de la gestion des nouveaux services et équipements reliés à la gestion des matières résiduelles.

 

e)         L’éducation et la sensibilisation

 

La meilleure façon d’amener des changements durables dans les habitudes des citoyens, des gestionnaires et des chefs d’entreprises quant à leur façon de consommer et de jeter leurs résidus, est d’investir au niveau de l’éducation et de la sensibilisation. En effet, les gens ne changeront pas leur comportement tant et aussi longtemps qu’ils n’en seront pas profondément convaincus. Il faut donc leur expliquer les conséquences d’une mauvaise gestion des résidus et leur proposer des solutions de rechange à leurs anciennes habitudes.

 

 

 

2.5.2    La liste et la localisation des équipements planifiés

 

La liste des installations reliées à la gestion des matières résiduelles est présentée au tableau 132 et reprise au niveau de la figure 46 et de la figure 47. Cinq (5) équipements reliés à l’enfouissement sont reconnus par cette planification. On compte un centre de transbordement de déchets à Saint-Michel-des-Saints, cinq (5) conteneurs à déchets sur les TNO, un dépôt de matériaux secs à Saint-Félix-de-Valois et deux (2) dépôts en tranchée, soit celui de la municipalité de Saint-Zénon et un second dans la ZEC Boulé.

 

En ce qui concerne la valorisation des matières résiduelles, on prévoit, en tout, 11 équipements. Mentionnons tout d’abord deux (2) équipements existants, soit le centre de tri à Sainte-Béatrix et le centre de tri-compostage à Chertsey. En ce qui concerne les résidus domestiques dangereux, on mise sur un dépôt à Rawdon et deux (2) hangars, soit l’un à Chertsey et l’autre à Saint-Michel-des-Saints. Six (6) écocentres sont aussi prévus, soit à Chertsey, Rawdon, Sainte-Béatrix, Saint-Donat, Sainte-Émélie-de-l’Énergie et Saint-Michel-des-Saints.

 

Enfin, en ce qui concerne les boues de fosses septiques, on compte deux (2) sites privés existants, soit un à Chertsey et le second à Saint-Zénon.

 

a)         Coûts et Échéanciers

 

Les coûts d’implantation des nouveaux équipements et services devraient s’élever à environ 2 254 000 $. Ce montant serait réparti selon les municipalités concernées, sur une période pouvant aller jusqu’à 30 ans. La gestion de ces équipements devrait atteindre 500 000 $ par année. Toutefois, ces montants ne sont que des estimations. Des études subséquentes viendront préciser les coûts décrits dans le plan.

 

 

b)         Échéanciers

 

L’année 2004 sera consacrée à la mise à jour des règlements municipaux et à la concordance du Plan de gestion intégrée des matières résiduelles de la MRC de Matawinie au Schéma d’aménagement de la MRC. À l’exception de la collecte à trois-voies, qui doit être implantée partout sur le territoire municipalisé d’ici 2008, tous les autres équipements et services doivent être implantés pour 2006. Finalement, l’année 2008 sera consacrée à l’analyse des bilans effectués pour chacune des catégories de matière.

 

Dans le cas où l’analyse des bilans s’avérerait positive et que les objectifs de réduction seraient atteints, les équipements et services pourraient rester tels quels. Toutefois, dans le cas où les objectifs ne seraient pas atteints, il faudra procéder à des ajustements et peut-être même à l’implantation de nouveaux équipements et services.

 


2.6     LA PLANIFICATION DU TERRITOIRE NON-ORGANISÉ

 

Pour s'acquitter de ses responsabilités à l'égard du territoire non-organisé, la municipalité régionale de comté se doit de préciser les orientations et les enjeux de développement de ce territoire. Au moment opportun, la MRC pourra assumer son rôle de « municipalité locale » à l'égard de l'élaboration des règlements d'urbanisme, et ce, en conformité avec les objectifs du Schéma d'aménagement et des dispositions du Document complémentaire (LAU Art. 76). En ce sens, la présente sous-section, qui regroupe les objectifs d’aménagement, fait office de plan d’urbanisme pour les territoires non-organisés.

 

Si la municipalité régionale de comté de Matawinie porte une attention particulière à la planification du territoire non-organisé, c'est non seulement à cause de son important potentiel pour la production de forêt commerciale, mais aussi à cause de l'intérêt qu'il représente pour l'activité récréotouristique régionale et la villégiature. Jusqu’au milieu des années 80, la villégiature s'est pratiquée sans ordonnance précise. Le ministère des Ressources naturelles, motivé essentiellement par la demande, mettait à la disposition du public des lots de villégiature un peu partout sur le territoire. À travers les exercices de planification actuels, nous vivons aujourd’hui les séquelles de ces développements.

 

Depuis, la planification exercée par le gouvernement du Québec s’est beaucoup recentrée et s’exerce via trois (3) entités ministérielles. Le ministère des Ressources naturelles, section forêt, gère l’exploitation forestière via les contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) et via le règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier (RNI). La gestion faunique est assumée par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) et par la Société de la faune et des parcs du Québec (FAPAQ) et relève de la Loi sur la Faune. Quant aux activités reliées à la villégiature et au développement récréotouristique, celles-ci sont gérées par le ministère des Ressources naturelles territoire via le Plan régional de développement des terres publiques (PRDTP).

 

Via ses divers ministères, le gouvernement du Québec est le principal maître d’œuvre sur le territoire non-organisé. La présence des divers intervenants, dont les interventions sont régies par les divers ministères, rend complexe le mandat de la planification de ce territoire par la municipalité régionale de comté. Mentionnons les entreprises forestières, les entreprises fauniques, les entreprises récréatives et les villégiateurs. Par ailleurs, le fait que la partie Nord des territoires non-organisés fasse l’objet des négociations entourant les revendications atikamekw doit aussi être pris en compte. Et plutôt que de nourrir des controverses possibles, il importe d’établir au minimum une vision commune quant aux résultats attendus sur le terrain.

 

 

 

2.6.1    Les éléments de problématique et le choix des objectifs

 

La problématique propre à la planification des TNO est, ici, posée à partir de quatre (4) points permettant de caractériser la planification telle qu’appliquée jusqu’à maintenant à ces territoires. Ces éléments soulignent, à leur façon, l’évolution qu’a connue la planification de ces territoires, telle qu’elle vient d’être présentée.

a)         Des prérogatives d’aménagement et de développement différentes du Sud au Nord

 

Les territoires non-organisés situés dans le corridor de la Mattawin et ceux situés plus au Sud se distinguent par une plus grande proximité des territoires municipalisés et par une accessibilité s’appuyant sur un patrimoine routier collectif. La prépondérance du récréotouristique (y compris la villégiature) constitue le principal enjeu de développement de ce territoire. Dans l’optique d’un développement durable et de l’aménagement intégré des ressources de ce territoire, le régime forestier actuel représente la principale contrainte à l’exercice de la planification souhaitable et souhaitée par le milieu régional. Le régime forestier actuel qui place ces territoires sous CAAF, à l’exception du parc du Mont Tremblant, commande effectivement que leur planification soit examinée sous l’angle de la prépondérance des activités de récolte sur les autres formes d’occupation, ce qui apparaît souhaitable pour certaines parties de ce territoire seulement.

 

La partie Nord du territoire de la MRC correspond aux territoires plus éloignés du monde municipalisé et rendus accessibles par l’aménagement du système des chemins forestiers. Celle-ci est, d’ailleurs, dominée par la grande affectation forestière. Seul le lac Kempt fait l’objet d’une grande affectation autre, soit récréative. Cette affectation demande à être située dans le contexte où la nation Atikamekw négocie avec le gouvernement du Québec relativement à leurs revendications territoriales. La planification de la MRC pour ces territoires se limite donc à la fonction récréotouristique et à la villégiature, cette planification s’insérant à l’intérieur d’une planification territoriale faisant prévaloir la foresterie. Le règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier (RNI) apparaît donc comme la référence de base quant à la valorisation des territoires occupés ou qu’on prévoit occuper. Dans le contexte où le gouvernement du Québec fait siennes les orientations relatives au développement durable et à la gestion intégrée des ressources, on s’attend, par ailleurs, à ce que prochain Plan de développement des terres publiques (PRDTP) traite beaucoup plus à fond de cette question et que le RNI fasse l’objet des adaptations requises.

 

b)         Une planification spécifique pour les lacs à vocation récréotouristique et les lacs de villégiature

 

Le contenu du prochain Plan régional de développement des terres publiques (PRDTP) porte prioritairement sur les lacs situés au Sud de la Mattawin, ce qui répond à la demande de la MRC à l’intérieur du premier Schéma d’aménagement de prioriser le Sud. Les lacs situés à l’intérieur des Zecs sont mis à contribution à cette fin. Il s’agit en fait d’une opération de consolidation où les lacs visés sont déjà occupés. Cette approche répond à une demande des Zecs de Lanaudière qui souhaitaient que l’on attende avant d’ouvrir des lacs non occupés sur leur territoire. Pour l’instant, seule la municipalité de Saint-Damien pourrait faire l’objet d’une ouverture hâtive de lacs non encore occupés. Mentionnons que le PRDTP porte aussi sur les terres publiques situées en territoire municipalisé.

 

Dans le Nord des territoires non municipalisés de la Matawinie, on observe qu’une partie importante des terres publiques n’a pas été allouée à des fins de gestion faunique sous forme de réserve, de ZEC ou de pourvoirie. Ces « territoires libres » forment un corridor reliant le lac Kempt au réservoir Taureau et passant par le lac Villiers. Lors du dépôt du premier Plan régional de développement de la villégiature sur les terres publiques (PRDV), la planification du développement a été dirigée vers ce territoire libre.

 

À un autre niveau, le ministère des Ressources naturelles territoire tente de répondre adéquatement aux attentes exprimées par la MRC en ce qui concerne les plus grands lacs, pour lesquels on devrait reconnaître la valeur écotouristique. On parle de lacs dont la superficie dépasse les 500 hectares. Il convient donc que le Schéma d’aménagement établisse un mode de classification des lacs à cette fin, comme le fait d’ailleurs le PRDTP. Les expériences de planification, auxquelles a participé la MRC pour les lacs Villiers et Légaré, ont permis de confirmer jusqu’à quel point il est primordial d’introduire une différenciation entre la fonction récréative et la villégiature, et ce, dès le départ. Car à toutes les fois qu’il a fallu traduire la vocation récréotouristique sur ces lacs, l’opposition des villégiateurs a été grande, ceux-ci prétextant qu’ils sont sur des lacs de villégiature et qu’on ne leur a jamais parlé de récréation.

 

c)         Une accessibilité précaire aux secteurs de villégiature

 

Comme troisième fait, nombreux sont les secteurs de villégiature qui offrent une certaine accessibilité. Le réseau routier principal n’apparaît qu’à deux (2) endroits, soit du côté Sud, à la hauteur de la baie du Milieu sur le réservoir Taureau, et du côté Nord, entre les lacs Troyes et Castelveyre. Il existe d’autres chemins forestiers permettant d’accéder au corridor du lac Villiers, mais il s’agit de chemins de troisième ou de quatrième ordre, c’est-à-dire, de moindre importance et beaucoup moins praticables. Aussi, bien que le chemin reliant Saint-Michel-des-Saints à Casey soit considéré comme une route de premier ordre pour la Matawinie, il ne représente qu’une route de troisième ordre pour les entreprises forestières situées sur la rivière Saint-Maurice. Un flou important subsiste donc sur la classification fonctionnelle de notre réseau de chemins forestiers.

 

Bien sûr, dans la partie Nord du territoire, nous devons à l'exploitation forestière l'accessibilité à ces plans d’eau, mais sur une base incertaine. On remarque, en effet, que plusieurs chemins d’importance secondaire pour la foresterie ont une espérance de vie écourtée par manque d’entretien et deviennent souvent inutilisables à d'autres fins. Dans l’optique d’une éventuelle prise en charge de certains chemins forestiers par une municipalité, il y a avantage à ce que l’ouverture d’un lac à la villégiature soit coordonnée à la planification des opérations forestières. Une planification plus étroite entre les divers intervenants à ce sujet pourrait donc s’avérer fort profitable.

 

d)        La coordination à établir entre le PRDTP et la planification des TNO en ce qui concerne la mise en disponibilité

 

La gestion du territoire ne peut être efficiente si tous les lacs du territoire sont développés au même moment. Il importe que la mise en disponibilité de nouveaux terrains fasse l’objet d’une coordination entre le ministère des Ressources naturelles territoire et le Service des territoires non-organisés de la MRC. Lors de l’ouverture d’un nouveau grand lac, il est préférable de ne pas en ouvrir d’autres parallèlement. Les lacs, Taureau, Légaré, Cousineau-Villier-Jeantôt, Devenyns, Moyres-Chavannes-Castelveyre et Troyes seront éventuellement visés à cette fin. Il importe donc que le développement de villégiature soit priorisé au Plan régional de développement des terres publiques (PRDTP) selon les choix et l’ordonnance reconnus conjointement entre le ministère des Ressources naturelles et la MRC.

 

e)        Un seuil de rentabilité régional à définir

 

Jusqu’à maintenant, le rôle de la MRC aura été de réaliser une planification et des services de base à sa population. A cette fin, différentes catégories de dépenses ont été effectuées pour réaliser certaines immobilisations comme les rampes de mise à l’eau et des stationnements. La permanence des chemins va aussi nécessiter des dépenses importantes supportées en partie par les villégiateurs.

 

Mais par une planification plus large et mieux dirigée, serait-il possible de prétendre à une rentabilité globale en faisant participer financièrement le visiteur à l’utilisation de certains équipements tels les chemins et les accès à l’eau ?  La planification des plus grands lacs a été réalisée de manière à assurer la préservation des sites les plus intéressants pour répondre aux besoins de la récréation publique, dont le tourisme commercial. La venue de tels établissements pourrait ainsi être une source de redevances régionales permettant à la MRC d’investir dans l’amélioration des principales infrastructures d’accueil. Cela va nécessiter une planification plus étroite quant à l’ouverture de nouveaux secteurs à la villégiature de manière à optimiser l’accessibilité par le système routier.

 

f)         Orientations et objectifs

 

En réponse à ces éléments de problématique, voici les orientations et objectifs de la planification et du développement du territoire auxquels tous les intervenants sont invités à participer. Mais, en premier, lieu voici une grande orientation touchant tout développement à caractère récréotouristique ou de villégiature sur les TNO.

 

Orientation 1   En terme stratégique, faire progresser le développement des territoires non-organisés en commençant par ceux situés plus au Sud afin de favoriser une utilisation globale du territoire et une meilleure intégration à l’offre des services municipaux

 

 

Orientation 2   Dans la partie Sud de la Matawinie, assurer une plus grande présence des municipalités concernées quant à la planification des fonctions récréatives et de villégiature

2.1    Dans la partie Sud de la Matawinie, élaborer une planification intégrée de l’ensemble des ressources, comme celle appliquée en territoire municipalisé;

2.2    Dans l’élaboration du Plan régional de développement des terres publiques, considérer le milieu municipal comme le coéquipier du MRN –Territoire au tout début du processus;

2.3    Faire valider, ensuite, cette planification par les instances fauniques et forestières.

 

Orientation 3   En ce qui concerne le lac Kempt et les lacs environnants situés au Nord de la route de Casey, retarder leur ouverture d’ici à ce que les négociations entre le gouvernement du Québec et la nation Atikamekqw soient achevées.

 

 

Orientation 4   Soumettre tout projet de développement d’un nouveau lac ou de consolidation sur un lac déjà utilisé, à la réalisation d’un plan d’ensemble précisant la capacité de support des rives, identifiant les sites d’intérêts récréatifs et faisant primer la récréation publique sur la villégiature.

 

 

Orientation 5   Préciser les termes de la planification du développement du récréotourisme et de la villégiature

5.1    Apporter la distinction requise entre les lacs à ne pas développer, ceux à développer prioritairement à des fins de villégiature et ceux à développer prioritairement à des fins récréotouristiques;

5.2    En terme stratégique, rendre accessible prioritairement les rives des lacs à vocation récréotouristique, ceux-ci ayant un plus grand rayonnement;

5.3    Ordonner l’ouverture des nouveaux lacs dans le temps afin de répartir la charge de travail pour le Service des territoires non-organisés de la MRC;

5.4    Soumettre l’ouverture d’un nouveau lac à l’approbation par le conseil de la MRC.

5.5    Établir une dimension économique à la planification en resserrant la définition des objectifs d’aménagement et en prévoyant l’instauration de nouveaux revenus, tels les stationnements, les frais de circulation et les redevances régionales.  Un tel plan de rentabilisation pourrait être prévu pour 2010.

 

 

Orientation 6   Améliorer l’accessibilité aux aires récréotouristiques et de villégiature

6.1    Établir conjointement avec le ministère des Ressources naturelles une classification fonctionnelle du réseau de chemins forestiers et identifier ceux qui ont une incidence particulière sur le développement récréotouristique et la villégiature;

6.2    Proposer des solutions en vue de rendre plus permanentes les conditions d’accessibilité aux territoires de récréation et de villégiature.

 

 

Orientation 7   Veiller à ce que les interventions humaines et l’exploitation forestière ne compromettent pas la valeur visuelle des paysages, sites naturels et corridors routiers associés aux fonctions récréotouristiques et de villégiature.

 

 

 

2.6.2    La classification des lacs à des fins d’aménagement

 

Comme il vient d’être défini, la planification des activités récréotouristiques, dont la villégiature, est établie, a priori, à partir de la superficie des lacs. Il y a, tout d’abord, les lacs de 20 hectares et moins qu’on exempte systématiquement de toute occupation dans le sens de la villégiature conventionnelle. Ceux-ci peuvent, cependant, être visés pour l’implantation d’une entreprise récréotouristique dans la mesure où celle-ci ouvre un front de moins de 10 % du périmètre du lac.

 

a)         Dans la partie Sud

 

Dans la partie Sud du territoire, les lacs dont la superficie varie de 20 à 100 hectares demandent d’être planifiés en tenant compte prioritairement de la villégiature. En ce qui concerne les lacs de plus de 100 hectares, leur planification requière que l’on considère prioritairement la mission récréotouristique. Dans la pratique, les lacs de villégiature retenus auront généralement une superficie supérieure à 50 hectares, car en bas de cette valeur, le nombre de terrains disponibles est souvent insuffisant pour justifier leur ouverture.

 

b)         Dans la partie Nord

 

Dans la partie Nord du territoire, les lacs dont la superficie varie de 100 à 500 hectares demandent d’être planifiés en tenant compte prioritairement de la villégiature. En ce qui concerne les lacs de plus de 500 hectares, leur planification requière que l’on considère prioritairement la mission récréotouristique. Cette limite supérieure de 500 hectares n’est, cependant, pas un absolu. À titre d’exemple, les lacs Moyre et Castelveyre sont tous deux (2) traités comme des lacs à vocation récréotouristique, bien que le lac Moyre n’ait que 456 hectares en superficie. Ce choix se justifie du fait que ces deux (2) lacs sont disposés dans le prolongement l’un de l’autre et donc traités comme un tout.

 

 

 

2.6.3    La planification de l’aménagement des lacs de villégiature

 

L’approche suivante s’applique, dans la partie Sud, aux lacs dont la superficie est comprise entre 20 et 100 hectares et dans la partie Nord, aux lacs dont la superficie est de moins de 500 hectares.

 

a)         La répartition des formes d’occupation sur le périmètre du lac

 

Les lacs de villégiature sont réservés à deux (2) formes d’utilisation, soit prioritairement à la villégiature et à un degré moindre, à la récréation publique. Un maximum de 50 % du périmètre du lac peut être réservé à la villégiature et un maximum de 10 % à la récréation publique, ce qui implique qu’un minimum de 40 % du périmètre est maintenu à titre d’aire de préservation. Dans le contexte du présent Schéma d’aménagement, le terme conservation est réservé aux espaces où l’on entend appliquer la conservation intégrale du milieu, comme dans le parc du Mont Tremblant. Mentionnons que les rives en milieux humides, bien que faisant partie des aires de préservation, devraient être traitées à titre de conservation.

 

A priori, toutes les rives marécageuses et tous les terrains dont la pente moyenne est supérieure à 15 % sont considérés comme non aménageables. Le travail de planification commence donc par la définition des terrains riverains qu’on dit aménageables et dont la pente est inférieure à 15 %. Ces terrains aménageables font tout d’abord l’objet d’une évaluation afin de déterminer s’ils peuvent représenter un intérêt pour la récréation publique. Les plus belles plages d’un lac, de même que les plus belles pointes doivent être réservées à cette fin. Dans un second temps, les autres terrains aménageables sont affectés à la villégiature, à l’exception des pointes qui ne peuvent en aucun cas être consacrées à la villégiature. Lorsque la banque de terrains aménageables est trop faible, on peut considérer les terrains dont la pente est comprise entre 15 et 25 %. Il convient alors d’appliquer des dimensions de terrain plus grandes pour faciliter l’implantation des constructions.

 

Lorsque qu’il existe plusieurs sites à potentiel récréatif, il peut arriver que l’on puisse définir une aire publique en bordure de l’aire de préservation, ce qui permet, d’une part, d’atténuer l’impact de l’utilisation publique sur la villégiature, mais aussi, de facilité l’utilisation de l’aire de préservation à des fins récréatives. Il sera aussi possible, dans certains cas, de concentrer la villégiature sur un même côté du lac pour que la rive opposée apparaisse inoccupée. Quant à l’accès principal au lac, celui-ci est localisé de façon optimale à partir du réseau de chemins forestiers et de façon à ne pas se trouver dans le voisinage immédiat d’aires de villégiature. La figure 48 illustre la manière dont peut se faire la répartition des diverses formes d’utilisation qui viennent d’être présentées.

 

b)         L’établissement des différentes bandes à partir de la rive

 

L’implantation des constructions sur le périmètre d’un lac est aussi régie à partir des trois (3) bandes  suivantes. On détermine, en premier lieu, la bande de protection riveraine à laquelle on alloue une valeur de 20 mètres. Celle-ci doit être conservée intégralement et seule une voie d’accès peut être implantée sur une largeur maximale de cinq (5) mètres et tracée en forme de coude pour empêcher que les constructions ne soient visibles du plan d’eau.

 

La seconde bande située tout juste derrière la bande de protection riveraine, a une profondeur de 80 mètres et est appelée bande d’implantation des terrains. C’est à l’intérieur de cette bande qu’est déterminé l’emplacement du terrain, dont l’aire de construction devant recevoir le bâtiment principal et les constructions accessoires. La superficie pouvant être déboisée est confinée à une partie de l’aire de construction et est précisée à l’intérieur de la réglementation d’urbanisme.

 

La troisième bande est appelée bande tampon et se voit attribuer une profondeur de 100 mètres. Elle vise à empêcher les coupes totales à moins de 200 mètres mesuré à partir de la rive d’un lac, et ce, afin d’assurer une plus grande intégrité du lac sur le plan écologique. Lorsqu’un haut-relief (pente supérieure à 15 %) atteint la rive d’un lac, la limite de cette bande correspond à la ligne des sommets. Aucune construction n’est autorisée à l’intérieur de cette bande à l’exception des voies de circulation. Aussi, on doit considérer que dans des phases de planification ultérieures, les terrains aménageables situés en deuxième rangée pourraient être en partie affectés à la villégiature.

 

La figure 49 permet de se faire une idée de la configuration des trois (3) bandes d’aménagement. Tel que souligné au passage, différentes normes d’aménagement s’appliquent à chacune de ces trois (3) bandes, telles qu’élaboré à l’intérieur des règlements d’urbanisme.

 

 

2.6.4    La planification de l’aménagement des lacs à vocation récréotouristique

 

Le présent concept vise spécifiquement les lacs de plus de 100 hectares si l’on se retrouve en partie Sud et de plus de 500 hectares s’il s’agit de la partie Nord. Voici l’approche conceptuelle applicable à ces derniers.

 

a)         La répartition des formes d’occupation sur le périmètre du lac

 

Les lacs à vocation récréotouristique sont appelés à soutenir des formes d’utilisation plus diversifiées, d’une part, à cause des potentiels plus élevés et aussi, parce que leur superficie plus grande permet d’intégrer plus facilement des fonctions diverses tout en évitant les conflits de voisinage. À cause de leur rayonnement plus grand, ils sont destinés à assurer à long terme, une mission prioritairement récréotouristique, les deux (2) formes d’utilisation traduisant le mieux cette vocation étant l’utilisation publique des sites d’intérêts et la villégiature commerciale pouvant comprendre le camping. Un maximum de 30 % du périmètre peut être réservé à des fins d’utilisation publique ou commerciale. Un maximum de 30 % est aussi applicable à la villégiature. Les rives maintenues à l’état de conservation doivent donc représenter plus de 40 % du périmètre du lac, tout comme pour les lacs de villégiature.

 

À plus forte raison pour les lacs à vocation récréotouristique, la répartition des diverses formes d’utilisation ne peut être faite au hasard. Le cheminement à suivre dans l’affectation du périmètre est identique à celui décrit pour les lacs de villégiature, mais en plus élaboré. On doit effectivement déterminer l’espace sur le lac où seront concentrées les fonctions à caractère public et commercial, cet espace devant correspondre à l’aire centrale du plan d’eau lorsque celle-ci peut être définie. Cette aire centrale est destinée à accueillir l’accès principal au plan d’eau de même que les établissements de villégiature commerciale. Dans le même ordre d’idées, on doit tendre à localiser la villégiature privée dans des zones exclusives, comme au fond des baies, soit dans les secteurs moins susceptibles d’être affectés négativement par l’achalandage d’autres utilisateurs.

 

b)         L’établissement des bandes d’aménagement à partir de la rive

 

L’implantation des constructions sur le périmètre du lac est régie par les trois (3) bandes d’aménagement, telles qu’applicables aux lacs de villégiature (sous-section 2.4.3). À l’arrière de la troisième bande s’ajoute, toutefois, un quatrième espace de profondeur irrégulière et couvrant les limites du champ visuel immédiat entourant le lac et correspondant à la ligne des premiers sommets. Rappelons que cette limite correspond normalement à celle du territoire d’intérêt et que les règles d’aménagement applicables à cette quatrième bande sont celles définies pour fin d’encadrement visuel par le Règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier (RNI).

 

 

 

2.6.5    L’établissement d’un réseau de chemins forestiers permanents

 

La reconnaissance de la permanence du réseau de chemins forestiers sur les territoires non-organisés est déterminante non seulement pour assurer l’établissement de la Matawinie comme entité régionale, mais aussi pour rendre les terres du domaine public accessibles à l’ensemble des utilisateurs.

 

Les deux (2) points sur lesquels s’appuie la MRC à ce sujet visent à déterminer un cadre de planification qui soit satisfaisant du point de vue municipal, ces deux (2) points étant la classification fonctionnelle des chemins et la permanence de l’accessibilité offerte par les routes principales et secondaires, quitte à ce que l’on considère éventuellement la prise en charge de certains chemins locaux à des fins de villégiature et de récréotourisme.

 

a)         La classification fonctionnelle des chemins

 

La classification fonctionnelle introduite, ici, a recours à trois (3) niveaux hiérarchiques, soit les chemins principaux, les chemins secondaires et les chemins locaux. Actuellement, cinq (5) axes routiers peuvent être considérés comme chemin principal, soit deux (2) axes Nord-Sud correspondant aux routes de Casey et de la rivière du Lièvre et passant par le lac Long, et deux (2) axes de direction Est-Ouest, l’un passant au Sud du lac Kempt et un second au Sud du réservoir Taureau et allant vers la localité de Saint-Guillaume. Le cinquième axe retenu est celui conduisant à la réserve de la Manouane depuis la Fourche avec le chemin de Casey.

 

Les chemins de deuxième ordre au nombre d’une dizaine, permettent d’atteindre les territoires d’intérêts de diverses natures depuis les chemins principaux. Les mieux connus sont celui passant au Nord du réservoir Taureau, celui allant de la fourche Marcil au lac Villiers, celui se rendant au lac Devenyns, celui passant immédiatement au Sud du Kempt et desservant la pourvoirie du lac Kempt, celui reliant Saint-Guillaume à Saint-Côme et quelques autres traversant d’Est en Ouest les réserves fauniques Rouge-Mattawin et Mastigouche.

 

Les chemins locaux, de dimension plus restreinte, sont ceux permettant la mise en valeur du territoire à l’échelle d’un système écologique. À cause de leur vocation plus spécifique, ceux-ci doivent faire l’objet d’un design adapté à une gestion optimale dans le sens de la valeur particulière du système considéré. En ce sens, les routes locales aménagées à l’intérieur des territoires et secteurs d’intérêts pour la récréation et la villégiature, doivent être conçus pour répondre aux exigences de base de ces fonctions, soit entre autre, pour assurer une bonne desserte de l’accès principal d’un lac.

 


b)         Le maintien des conditions d’accessibilité routière à la récréation et à la villégiature

 

Compte tenu des services qu’un tel développement exige, l’ouverture d’un lac à la villégiature dans la séquence Sud du TNO, doit rencontrer les conditions suivantes. Ces conditions ne s’appliquent qu’aux routes locales, telles que définies en a) à l’intérieur de la classification fonctionnelle :

Ø     Un chemin existant doit permettre l’accessibilité au territoire d’intérêt récréatif et au lac;

Ø     Si un tel chemin n’existe pas, on doit fournir à la municipalité régionale de comté les garanties sur la construction et l’entretien du chemin proposé et selon un tracé optimal;

Ø     Si ces garanties ne peuvent être fournies, la MRC doit donner ces garanties ou consentir à ce que le lac ou le territoire ne soit accessible que par voie aérienne;

Ø     Ces chemins doivent bien s’intégrer sur le plan fonctionnel au réseau régional de chemins permanents.

 

En ce qui a trait à la partie Nord incluant le lac Kempt, on doit, en premier lieu, voir si un des trois (3) critères ci-haut mentionnés permettra l’accès aux sites. On peut, toutefois, considérer d’autres scénarios si les solutions de remplacement qu’ils offrent fournissent l’assurance qu’on sera en mesure de respecter les diverses obligations législatives et/ou réglementaires.

 

 


SECTION III    LA GESTION DE L’URBANISATION ET DE L’OCCUPATION DU TERRITOIRE

 

 

 

Un aménagement souhaité et durable du territoire passe par une valorisation globale du patrimoine bâti et par une répartition motivée de la croissance. La loi 125, de même que le contenu des Orientations gouvernementales, définissent de grands contenus et une série d’objectifs à atteindre. Cette section du Plan d’aménagement, dont le discours traite de préoccupations traditionnellement municipales, s’ouvre sur le contenu de la loi 125 s’appliquant plus spécifiquement à la gestion de l’urbanisation. On peut lire à l’article 5, aux paragraphes 2, 3 et 6 du premier alinéa :

 

 

Art.5      Le Schéma d’aménagement doit, à l’égard du territoire de la municipalité régionale de comté :

 

2)   Déterminer les grandes affectations du territoire pour les différentes parties de celui-ci;

 

3)   Déterminer tout périmètre d’urbanisation.

 

 

Art.6      Le Schéma d’aménagement peut, à l’égard du territoire de la municipalité régionale de comté :

 

2)   Déterminer la densité approximative d’occupation pour les différentes parties du territoire, hors de toute zone déterminée conformément au paragraphe 1;

 

3)   Déterminer, pour un périmètre d’urbanisation ou pour les différentes parties de celui-ci, hors de toute zone déterminée conformément au paragraphe 1, les affectations du sol qui présentent un intérêt pour la municipalité régionale de comté.

 

 

 

 


3.1     LES ORIENTATIONS ET OBJECTIFS RELATIFS À LA GESTION DE L’URBANISATION

 

Les orientations gouvernementales, en ce qui a trait à la gestion de l’urbanisation, énoncent des directions de planification, d’aménagement et de développement qui vont beaucoup plus loin que ce qui avait été esquissé dans le cadre du premier schéma. La réaction du gouvernement, suite au dépôt du PSAR 1, s’est avérée effectivement très virulente face aux moyens mis de l’avant par la MRC.

 

 

 

3.1.1    La réaction gouvernementale suite au dépôt du PSAR 1

 

Au-delà des matières visées par la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme aux articles 5, 6 et 7, les municipalités sont maintenant invitées à répondre à trois (3) grandes orientations qui ont comme conséquence de restituer la gestion de l’urbanisation dans un contexte plus global dans sa mise en situation, mais aussi, plus précisément, dans sa traduction. Voici ces trois (3) grandes orientations :

1.     La répartition de la croissance;

2.     L’amélioration de la qualité de la vie;

3.     Le renforcement des structures locales et régionales.

 

De ces trois (3) orientations, une seule est traitée exclusivement et entièrement à l’intérieur de cette section sur la gestion de l’urbanisation, soit la première, relative à la gestion de la croissance. Le contenu de la seconde est repris à la section 4 traitant de la qualité du milieu de vie. Quant à la troisième, il s’agissait de créer des conditions favorables aux fusions municipales et au repositionnement des MRC et des grandes agglomérations; ce que le Québec a réalisé entre 1996 et 2002.

 

En ce qui concerne la répartition de la croissance, les Orientations gouvernementales établissaient comme conditions préalables qu’elle s’appuie sur des analyses permettant l’élaboration d’une planification de l’ensemble de l’urbanisation et d’un concept d’organisation régionale. Une fois les résultats d’analyse connus, cette répartition doit viser la consolidation des zones urbaines existantes et la gestion de l’extension urbaine. Celle-ci doit respecter différentes règles et départager ce qui revient soit aux périmètres d’urbanisation, soit au territoire rural. Ainsi, on peut lire :

 

« Pour fournir un juste diagnostique[…], il importe de caractériser adéquatement l’état du développement de chacune des concentrations urbaines, des développements résidentiels en milieu rural et des secteurs de villégiature[…] (via l’émission des permis)

 

Il importe que le Schéma d’aménagement révisé puisse servir d’outil de gestion pour la planification du développement des municipalités. »

 

 

3.1.2    Le vécu municipal en ce qui concerne le contrôle de l’urbanisation

 

La partie la plus lourde de la réaction gouvernementale porte sur la répartition de la croissance. Pour bien cerner les enjeux entourant cette question, il faut avoir à l’esprit que le contrôle de l’urbanisation s’articule selon trois (3) niveaux distincts, soit :

1.     Le contrôle de l’implantation des constructions sur un terrain;

2.     Le contrôle des usages par zones et affectations;

3.     La répartition de la croissance.

 

Jusqu’à maintenant, les municipalités se sont assez bien acquittées des tâches reliées aux deux (2) premiers niveaux, soit celles relatives à l’implantation des constructions et au contrôle des usages par zone dans une recherche de positionnement stratégiques et d’harmonisation. À l’intérieur du premier Schéma d’aménagement actuellement en vigueur, la grille de compatibilité rattachée aux grandes affectations du territoire, de même que les politiques 66 à 76 traitant des objectifs de gestion des fonctions à caractère urbain, ont servi, jusqu’à maintenant, à cerner ces deux (2) premiers niveaux de contrôle.

 

En ce qui concerne la répartition de la croissance, celle-ci avait été traitée au premier Schéma d’aménagement uniquement à l’échelle des périmètres d’urbanisation sur la base d’un taux d’occupation (70 %) pouvant donner lieu à l’agrandissement du périmètre. Le tracé de ce dernier avait été élaboré conjointement avec les municipalités locales.

 

 

 

3.1.3    Les orientations d’aménagement relatives à la gestion de l’urbanisation

 

Toute la première partie de ce second projet de Schéma d’aménagement révisé a été élaborée pour situer la question de la répartition de la croissance. Néanmoins, les orientations qui suivent prennent une certaine distance par rapport à ces orientations. Bien sûr, on observe une croissance démographique, mais celle-ci, peu importante, ne justifie pas que les municipalités s’engagent dans un processus de planification aussi lourd. Jusqu’à maintenant, les municipalités ont peu ou pas assumé cette tâche et n’entendent pas s’y engager pour diverses raisons.

 

Tout d’abord, elles disposent déjà toutes d’un régime de municipalisation des rues et routes locales, ce qui a pour effet de limiter considérablement l’ouverture de nouvelles rues. Aussi, la planification de l’ouverture de nouvelles rues se fait d’une façon beaucoup plus artisanale qui n’a rien à voir avec la planification des grandes agglomérations. La plupart des projets de construction résultent d’une recherche de site entreprise par le futur occupant lui-même, à l’inverse du processus d’acquisition d’une nouvelle propriété en ville qui est fortement dirigée par la publicité des promoteurs. Enfin, pour ce qui est des noyaux villageois, il n’est pas rare que le propriétaire d’une résidence possède le terrain voisin pour se donner plus d’espace ou revendre plus tard. Cela occasionne un délai plus que significatif dans l’occupation globale de nos agglomérations villageoises.

Il importe de rappeler que la zone agricole permanente, les affectations forestières et fauniques, les sites d’intérêts régionaux, les ravages de chevreuils et les parcs régionaux vont aussi se voir soustraits, sinon régis fort sévèrement relativement à l’ouverture de nouvelles rues. Les dispositions relatives aux unités de paysage vont aussi avoir l’effet d’empêcher le développement résidentiel sur les hauts reliefs en le restreignant sur les positions altitudinales intermédiaires. À un premier niveau, il a donc été convenu de reprendre et raffiner les orientations touchant le périmètre d’urbanisation afin de mieux diriger le processus de l’urbanisation. Quant aux territoires proprement ruraux, on consolide diverses mesures mises de l’avant dans le cadre de l’appréciation de la conformité au Schéma d’aménagement afin de pallier certains flous, sinon certains laxismes qui requéraient un raffinement. On désigne plus spécifiquement les usages commerciaux ou industriels pouvant être autorisés à l’extérieur des périmètres d’urbanisation, de même que la gestion des corridors routiers.

 

Le Plan d’urbanisme des municipalités locales doit donc reprendre les orientations qui suivent et les traduire en fonction du contexte local.

 

Orientation 1   La municipalité doit produire un bilan d’aménagement et de développement portant sur l’occupation du territoire et le positionnement du noyau villageois en ciblant :

1.1    L’optimisation de l’occupation du territoire;

1.2    L’amélioration du positionnement de la municipalité et du noyau villageois sur la scène régionale;

1.3    L’amélioration du dynamisme économique pour certains domaines spécifiques à la municipalité;

1.4    L’amélioration de la qualité des services aux citoyens;

1.5    L’amélioration de la qualité du milieu de vie;

1.6    La protection et l’amélioration du niveau de service du réseau routier supérieur.

 

Pour soutenir cette orientation et ces objectifs, les municipalités locales peuvent reprendre, voir mettre à jour, les analyses produites par la MRC dans le cadre du présent schéma et portant sur l’occupation du territoire, le dynamisme économique et la qualité du milieu de vie.

 

 

Orientation 2   En ce qui concerne le périmètre d’urbanisation, la municipalité doit, via le Plan d’urbanisme et les règlements d’urbanisme, procéder à une répartition rationnelle des fonctions urbaines et de leur extension de manière à optimiser l’occupation du sol à l’intérieur de celui-ci et à améliorer son positionnement.

 

Objectifs relatifs à la consolidation des zones urbaines existantes

2.1    Le Plan d’urbanisme peut localiser les équipements d’aqueduc et d’égout existant sur le territoire de la municipalité et produire un bilan sommaire sur leur capacité et leur état;

2.2    Le Plan d’urbanisme peut départager la croissance intra et extrapérimètre;

2.3    À l’exception des dispositions définies à l’orientation 4, le Plan d’urbanisme doit reprendre l’objectif de canaliser les usages urbains à l’intérieur du périmètre, particulièrement en ce qui a trait aux fonctions commerciales et institutionnelles;

2.4    En ce qui concerne les fonctions industrielles, le Plan d’urbanisme peut prévoir des usages industriels à faible et moyenne nuisance au sein de son périmètre; il doit, dans ce cas, privilégier la création de zones industrielles situées en périphérie du périmètre pour limiter les conflits d’utilisation du sol et aussi, permettre une desserte en services d’aqueduc ou d’égout;

2.5    Pour ce qui est des fonctions industrielles ou de leurs usages accessoires représentant un risque pour la population, les municipalités doivent créer des zones industrielles qui rencontrent les objectifs du Schéma de couverture de risque. La facilité de desserte en infrastructures de service, la direction des vents dominants et la distance-temps relative à la réponse aux sinistres sont des facteurs à considérer quant à leur localisation.

 

Objectifs relatifs à la gestion de l’extension urbaine

2.6    Dans les secteurs où l’on prévoit diriger la croissance et agrandir l’espace déjà occupé, le Plan d’urbanisme doit favoriser, a priori, un modèle concentré et en continuité avec l’existant. On doit, par ailleurs, tenir compte de préoccupations, telles la qualité de vie, l’insertion de composantes organisationnelles particulières ou la présence de contraintes naturelles, qui peuvent commander des espaces libres entre différentes portions de la trame urbaine;

2.7    Nonobstant les dispositions de l’objectif 2.5 visant à assurer la concordance avec les objectifs du Schéma de couverture de risques, la révision des limites du périmètre d’urbanisation doit tendre à limiter les conflits entre l’urbain et l’espace ressource défini par les grandes affectations agricoles, agroforestières, forestières et fauniques;

2.8    Le plan et la réglementation d’urbanisme doivent reprendre les mesures visant à assurer la protection et l’amélioration du niveau de service des corridors routiers actuels et prévus; en ce qui concerne l’extension urbaine, celle-ci doit se faire en évitant d’accroître le développement linéaire le long des routes de classe supérieure de même que le long des routes locales de classe 1 faisant partie du concept d’organisation régional, et ce, afin d’éviter une perte de fonctionnalité.

 

 

Orientation 3   Le périmètre d’urbanisation doit être considéré comme l’outil traduisant les objectifs de positionnement du noyau villageois, de consolidation et de saine gestion de la croissance (voir les sections 3.2 et 3.3).

 

Orientation 4   En ce qui concerne l’occupation du territoire à l’extérieur du périmètre d’urbanisation, le Plan d’urbanisme doit encadrer le processus de rurbanisation associé au récréotourisme et à certaines fonctions commerciales et industrielles, pour assurer une répartition adéquate de ces fonctions et soutenir le positionnement du noyau villageois (section 3.4).

 

 

Orientation 5   Pour les routes principales en territoire rural, le plan et les règlements d’urbanisme doivent mettre en place certaines règles relatives à leur occupation riveraine afin de maintenir leur caractère fonctionnel (transit) et de favoriser ainsi le positionnement des noyaux villageois, des agglomérations rurales et des diverses fonctions régionales.

 

 

Orientation 6   Pour les routes locales en territoire rural, le plan et les règlements d’urbanisme doivent encadrer le lotissement, l’implantation de l’habitat et les usages afin de faciliter le transit de la circulation et de maintenir, sur certains segments du réseau routier local, les avantages du caractère rural associé à une très faible densité d’occupation.

 

 

Orientation 7   Afin d’atténuer les effets négatifs du transport lourd (risques et nuisances, détérioration de la chaussée), le Plan d’urbanisme peut identifier des axes à partir de son réseau routier local visant à canaliser la circulation lourde.

 

 


3.2     LES RÈGLES D’AMÉNAGEMENT APPLIQUÉES À LA RÉVISION DES PÉRIMÈTRES D’URBANISATION

 

Pour la Matawinie qui se caractérise par de vastes espaces affichant généralement une faible densité d’occupation, la vitalité des noyaux villageois est une préoccupation fondamentale. La Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, par les articles 5, 6 et 7 applicables au Schéma d’aménagement, vient consacrer ce rôle fondamental. Pour les lecteurs préoccupés par les lectures du niveau local, deux (2) documents seront fort utiles pour accompagner la lecture de la présente section, soit la carte au 1 : 10 000 sur l’analyse des périmètre d’urbanisation et la carte au 1 : 20 000 sur l’organisation et la gestion de l’urbanisation. Une carte synthèse au 1 : 125 000 intitulé la gestion de l’urbanisation a aussi été produite.

 

 

 

3.2.1    L’utilité du périmètre d’urbanisation

 

Le périmètre d’urbanisation est une limite entre des zones urbanisées ou affectées à l'urbanisation et des zones naturelles ou d'utilisation extensive, telles l'agriculture ou la foresterie. Les territoires protégés par diverses lois, tels une zone agricole permanente et une réserve faunique, se retrouvent donc, en principe, exclus du processus d'urbanisation. Il peut, néanmoins, arriver que certains choix doivent aller à l’encontre de ce principe de base lorsque, par exemple, on désire répondre à d’autres orientations importantes, comme celles relatives au Schéma de couverture de risques. Ces choix d’aménagement revêtent donc une importance hautement stratégique pour les municipalités locales et la MRC. Existe-t-il une matière plus municipale que la planification et la gestion d’un noyau villageois ?

 

Le périmètre d’urbanisation correspond aussi à un moyen technique et légal de concentrer l’urbanisation. Il constitue un instrument de planification qui nous amène à gérer la croissance de celui-ci en identifiant les territoires soumis ou exclus du processus d’urbanisation. Il sert aussi à planifier les infrastructures requises et à assurer la compatibilité des activités prévues avec celles existantes. De plus, la MRC peut y rattacher certaines politiques, orientations et objectifs ayant aussi un caractère légal via la conformité au Schéma d’aménagement.

 

Les choix d’aménagement et de développement présentés, ici, tiennent, d’une part, des nouvelles orientations gouvernementales et, d’autre part, de la dynamique propre à la Matawinie en ce qui a trait au phénomène de l’urbanisation. Rappelons que les plans d’urbanisme et les règlements de zonage des municipalités locales ont été mis à contribution pour atteindre les présents résultats. Comme on le constatera, une analyse plus fine de la situation aura permis d’établir de nouvelles règles servant de base au présent exercice de révision.

 

 

 


3.2.2    La recherche d’une réponse appropriée aux besoins en espace pour l’ensemble du noyau villageois et pour ses principales fonctions urbaines

 

L’exercice de la révision des périmètres d’urbanisation, tel que mené à l’intérieur du contexte de planification, fait ressortir que globalement, la croissance anticipée peut être généralement absorbée à l’intérieur des aires urbaines existantes au moins pour les dix (10) prochaines années. Lorsque l’on considère les diverses fonctions urbaines, on observe que la fonction institutionnelle fait fréquemment l’objet d’un confinement. On croit que cette situation provient de l’approche municipale elle-même qui établit, en général, la fonction institutionnelle après coup et non pas en vertu d’une planification, possiblement pour éviter les effets de la spéculation. Cela conduit, dans plusieurs cas, à un éparpillement de cette fonction et conséquemment, à des carences organisationnelles. Cette situation ne génère cependant pas de problématique particulière sur les petits noyaux villageois moins concernés par l’accueil de fonctions institutionnelles régionales.

 

La nécessité de réviser les périmètres d’urbanisation ne se motive cependant pas uniquement par des raisons de croissance prévisible. Il faut éviter d’effectuer une planification trop serrée qui empêcherait de saisir des opportunités ou, encore, d’atteindre une planification intégrée venant renforcer le périmètre d’urbanisation.

 

 

 

3.2.3    Les règles de base appliquées à la révision des périmètres d’urbanisation

 

Dans le passé, la gestion de l’urbanisation au niveau des périmètres d’urbanisation a été appliquée en ayant comme principal souci de départager le rural de l’urbain. Maintenant, à l’estimation de la croissance viennent s’ajouter des règles d’aménagement permettant d’améliorer le positionnement du noyau villageois. Les diverses analyses sur le sujet ont permis de mieux diriger l’observation de la situation villageoise et d’identifier plusieurs éléments structurant de l’organisation du périmètre qui n’avaient pas été pointés jusque-là. Ces diverses observations sont reprises sous forme de règles d’aménagement et appliquées à la nouvelle délimitation des périmètres.

 

1.   L’exercice de la délimitation des périmètres d’urbanisation doit conduire à une délimitation rationnelle entre les fonctions urbaines rattachées au noyau villageois et les fonctions rurales.

2.   Plus spécifiquement, l’exercice de la délimitation du périmètre d’urbanisation doit favoriser un positionnement optimal du noyau villageois par rapport aux fonctions régionales que sont le commerce, l’industrie, la fonction résidentielle à moyenne et forte densité, les services publics, le récréotourisme et la villégiature.

3.   Cet exercice doit aussi mettre à profit les composantes naturelles et anthropiques qui s’avèrent structurantes pour le positionnement de ces fonctions et les inclure au noyau villageois. Ces composantes structurantes sont :

Ø     la limite de la zone agricole;

Ø     les carrefours routiers environnants reliés aux routes de classe locale 1 et 2, de même qu’au réseau routier supérieur;

Ø     les occupations commerciales ou industrielles situées dans l’environnement du noyau villageois;

Ø     les sites pouvant constituer une offre intéressante en terme de villégiature et de récréotourisme.

 

4.   Dans la délimitation fine du périmètre et des aires urbaines à l’intérieur de ce dernier, on doit aussi tenir compte de certains éléments qui ont un effet structurant sur la gestion de l’urbanisation et les utiliser de la meilleure façon possible; ainsi :

Ø             On doit tenir compte de la topographie ou d’autres facteurs qui viennent influencer la desserte des terrains en infrastructures d’aqueduc et d’égout;

Ø             On doit considérer la possibilité de raccorder des réseaux privés existants susceptibles de se retrouver à la charge de la municipalité;

Ø             Dans la mesure du possible, les limites du périmètre, de même que les limites d’affectation proposées, doivent éviter d’utiliser un chemin pour ne pas avoir à se retrouver avec deux (2) fonctions distinctes de part et d’autre; les limites de fonds de terrain où les contraintes topographiques rendent de meilleurs services du fait qu’elles se prêtent bien à la création de bandes tampon;

Ø             On doit, enfin, considérer les grandes superficies de terrain dont les propriétaires s’opposent systématiquement à la mise en valeur pour fin de développement.

 

 


3.3     OBJECTIFS PARTICULIERS RELATIFS À LA GESTION DE L’URBANISATION AU SEIN DES PÉRIMÈTRES

 

Cette sous-section permet de ventiler divers objectifs énoncés à la troisième orientation portant sur le périmètre d’urbanisation et traduisant les orientations gouvernementales en matière d’urbanisation. Rappelons son contenu :

 

Orientation 3   Le périmètre d’urbanisation doit être considéré comme un outil traduisant les objectifs de positionnement du noyau villageois, de consolidation des fonctions urbaines et de gestion de la croissance (section 3.2).

 

 

 

3.3.1    Le positionnement et la consolidation des aires urbaines existantes

 

Les objectifs suivants concernent le positionnement et la consolidation des aires urbaines existantes de même que la gestion de la croissance. Le Plan d’urbanisme doit les reprendre et les adapter au contexte de son propre périmètre d’urbanisation :

 

1.   Les fonctions urbaines conventionnelles, soit les fonctions institutionnelles, résidentielles et commerciales sous leurs diverses formes, de même que certaines fonctions à caractère industriel, constituent les activités privilégiées du noyau villageois.

 

2.   Pour maintenir, voir améliorer, le dynamisme et le pouvoir attractif du noyau villageois, les fonctions urbaines doivent être aménagées dans une perspective de rentabilité globale. À cette fin, le Plan d’urbanisme doit :

Ø     reprendre le découpage des aires urbaines réalisé pour le périmètre et le bonifier;

Ø     localiser et identifier les principaux services de base à la population;

Ø     localiser et identifier les fonctions à caractère régional.

 

3.   En ce qui concerne la répartition de nouveaux équipements régionaux à caractère public,  celle-ci doit privilégier, a priori, les quatre (4) pôles régionaux de la MRC. Lorsqu’un pôle est saturé en terme de services, on peut alors favoriser un débordement au profit des municipalités situées en périphérie d’un pôle.

 

4.   Le système routier desservant le périmètre doit faire l’objet d’une planification hiérarchique visant à soutenir adéquatement les mouvements de circulation que génèrent les aires commerciales, institutionnelles et industrielles et distinguer à cette fin les artères principales (routes de classe supérieur et rues de classe locale 1 et 2) des rues ordinaires (classe locale 3).

 

 


3.3.2    La gestion de l’extension urbaine

 

1.   Le Plan d’urbanisme doit diriger la croissance en priorisant les secteurs déjà desservis (aqueduc, égout, services de collectes, etc.).

 

2.   Le Plan d’urbanisme peut aussi autoriser l’aménagement de nouveaux secteurs lorsqu’un promoteur s’engage à procéder lui-même à l’installation des divers services (chemins, aqueduc, bornes fontaines, égout, etc.).

 

3.   En ce qui concerne les routes de classe supérieure, l’occupation riveraine des segments dont la circulation est gérée par le ministère des Transports, selon des vitesses de base supérieures à 50 km/h, doivent être régies par un normatif restrictif permettant de maintenir le caractère fonctionnel de la route (fluidité et sécurité).

 

4.   Lorsque requises, la planification et l’ouverture de nouveaux secteurs doivent aussi respecter la capacité des infrastructures publiques existantes, voir, s’appuyer sur une estimation des coûts prévisibles pour l’aménagement et la gestion des nouveaux équipements publics. Celles-ci doivent aussi se faire en respectant les orientations et objectifs du Schéma de couverture de risques.

 

 

 

3.3.3    La revitalisation des secteurs anciens

 

Le Plan d’urbanisme peut accorder une attention particulière à la spécificité du noyau villageois, plus particulièrement à la place de l’église, à certains secteurs anciens ou bâtiments d’intérêts.

 

1.   Le Plan d’urbanisme peut donc contenir à cette fin des dispositions particulières sur :

Ø     le traitement architectural des bâtiments;

Ø     l’aménagement de stationnements et de la desserte par les divers modes de randonnée.

 

2.   Le Plan d’urbanisme peut aussi maintenir la valeur ou accroître le caractère attractif des secteurs anciens et contenir à cette fin les directives de base suivantes sur :

Ø     la préservation et la valorisation d’une qualité et d’un contexte architectural;

Ø     la pertinence d’y introduire une mixité de fonctions ne générant pas de nuisance sur le voisinage;

Ø     la pertinence d’y améliorer la capacité des équipements et des infrastructures.

 

 


3.4     LA GESTION DE L’OCCUPATION DES TERRITOIRES RURAUX

 

Lorsque l’on considère la classification des MRC du Québec, la Matawinie fait partie des MRC dites rurales. Son dynamisme repose donc essentiellement sur la qualité de la valorisation de ses fonctions rurales et sur le niveau de service des liens routiers soutenant cette valorisation. La présente sous-section met de l’avant les diverses règles permettant d’assurer une saine gestion de l’occupation du territoire rural, répondant ainsi aux orientations 4, 5, 6 et 7 formulées à la section 3.1 :

 

 

Orientation 4   En ce qui concerne l’occupation du territoire à l’extérieur du périmètre d’urbanisation, le Plan d’urbanisme doit encadrer le processus de rurbanisation associé au récréotourisme et à certaines fonctions commerciales et industrielles, pour assurer une répartition adéquate de ces fonctions et soutenir le positionnement du noyau villageois (section 3.4).

 

 

Orientation 5   En territoire rural, pour les routes principales, dont le centile est un 1 ou 3 (routes de catégorie 100 et 300), le plan et les règlements d’urbanisme doivent mettre en place certaines règles relatives à leur occupation riveraine afin de maintenir leur caractère fonctionnel (transit) et de favoriser ainsi le positionnement des noyaux villageois, des agglomérations rurales et des diverses fonctions régionales.

 

 

Orientation 6   Pour les routes locales en territoire rural, le plan et les règlements d’urbanisme peuvent encadrer le lotissement, l’implantation de l’habitat et les usages afin de faciliter le transit de la circulation et de maintenir, sur certains segments du réseau routier local, les avantages du caractère rural associé à une très faible densité d’occupation.

 

 

Orientation 7   Afin d’atténuer les effets négatifs du transport lourd (risques et nuisances, détérioration de la chaussée), le Plan d’urbanisme peut identifier des axes à partir de son réseau routier local visant à canaliser la circulation lourde.

 

 

 

3.4.1    L’utilité de la délimitation des différentes formes d’occupation de l’espace rural

 

Il serait arbitraire de prétendre procéder à une gestion de l’habitat rural sans disposer d’une caractérisation adéquate de celui-ci. Un vaste travail d’analyse a été présenté à l’intérieur de la première partie du Schéma d’aménagement pour produire un bilan de la situation et proposer des perspectives d’aménagement pour l’avenir. Le territoire rural se voit ainsi découpé en diverses composantes ayant chacune leur rôle propre.

 

Ces composantes appartiennent à deux (2) grands groupes, soit les hameaux et les liens routiers. Une bonne caractérisation et une saine gestion des divers liens routiers vont permettre de maintenir le caractère fonctionnel de notre système routier de base, son efficacité étant garante du positionnement de nos grandes fonctions régionales et de nos noyaux villageois. Dans le contexte du second Schéma d’aménagement, l’analyse de l’occupation du milieu rural conduit donc à la définition de nouveaux termes traduisant les diverses réalités visées par planification.

 

Le concept d’organisation régional traite du rôle du système routier supérieur et de quelques routes locales faisant partie du concept. La présente section définit les règles qui vont s’appliquer à l’occupation riveraine de ces routes et de celles qui ne font pas partie d’un hameau ou d’un périmètre d’urbanisation.

 

 

 

3.4.2    Les mesures de préservation relatives à l’occupation riveraine des liens routiers

 

La planification de l’occupation riveraine constitue le moyen le plus sûr pour éviter un vieillissement prématuré de nos liens routiers de même qu’une dégradation des conditions de vie pour les occupants. Tel que mentionné à la section 3.4.1, les liens routiers correspondent aux segments de route situés à l’extérieur du périmètre d’urbanisation et des hameaux. Les segments de route situés à l’intérieur des agglomérations et dont la vitesse de base excède les 50 kilomètres à l’heure sont aussi visés par les présentes mesures.

 

L’ajout de nouveaux carrefours routiers et la densification de l’occupation riveraine sont les principales causes de la perte de fonctionnalité d’un système routier. Des mesures particulières doivent donc être définies pour maintenir, voir améliorer sa qualité.

 

 

3.4.2.1      Les routes du concept d’organisation régional situées à l’intérieur des périmètres d’urbanisation

 

En plusieurs endroits au sein des périmètres d’urbanisation, comme à Rawdon (route 341) et Saint-Jean-de-Matha (route 131), la vitesse affichée en bordure de nos routes faisant partie du concept d’organisation se situe au-dessus de la vitesse limite de 50 kilomètres à l’heure. Pour assurer le maintien du niveau de service de ces routes, il importe que ces vitesses de base qui peuvent être de 70 ou de 90 kilomètres à l’heure, soient maintenues.

 

En plusieurs endroits, des modifications ont été apportées aux limites des périmètres d’urbanisation. Dans plusieurs cas, comme à Chertsey et à Saint-Damien, le nouveau périmètre d’urbanisation comprend des terrains situés de part et d’autre d’une route régionale. Ces agrandissements ne visent pas à favoriser de nouvelles implantations, car il n’existe pratiquement plus de terrains vacants. Comme il sera expliqué à la section 3.4.5, ces agrandissements constituent essentiellement une opération de consolidation, c’est-à-dire, que les espaces concernés auraient dû se retrouver au sein des périmètres dès leur création.

 

Indépendamment de la situation, il importe que les vitesses de base déjà affichées et que le niveau de service attendu de ces routes soient maintenues.

 

Le plan et les règlements d’urbanisme des municipalités locales doivent contenir les dispositions requises pour réduire au minimum le nombre d’entrées charretières et les aménager de façon sécuritaire.

 

 

3.4.2.2      Les routes 125 et 131

 

Les routes 125 et 131, les seules en Matawinie à appartenir à la classe 100, relient les agglomérations de Montréal et de Joliette à notre arrière-pays. La première fonction des routes de classe supérieure étant d’assumer le transit de la circulation, on comprendra que la qualité du transit sur ces routes constitue un objectif d’aménagement de premier ordre. Il faut donc régir l’occupation riveraine et limiter l’ouverture de nouveaux carrefours qui, en plus d’accroître les risques d’accidents, réduisent les possibilités de dépassement.

 

Les documents d’urbanisme des municipalités locales doivent comprendre les mesures suivantes :

a)   On doit empêcher les nouvelles occupations riveraines directement accessibles par ces routes.

b)   Lorsqu’on prévoit un nouveau développement en bordure des routes 125 et 131, on doit donc privilégier la desserte par les chemins de rang, sinon, via d’autres carrefours routiers existant offrant une bonne visibilité et un bon niveau de sécurité.

c)   La desserte d’un nouveau projet peut aussi se faire en aménageant un nouveau carrefour, mais celui-ci ne doit pas avoir pour effet de réduire les possibilités de dépassement et la fluidité de la circulation.

 

 

3.4.2.3      Les autres routes faisant partie du concept d’organisation régional

 

Les autres routes faisant partie du concept d’organisation régional traversent divers types de grandes affectations rurales. En plus d’avoir à supporter un volume important de circulation en transit, ces routes auront comme fonction de donner accès aux attraits naturels et aux établissements ayant pour mission de développer notre territoire rural. Or, dans la mesure où l’accès riverain direct sera autorisé sur ces routes, on conviendra qu’un lotissement mal planifié peut engendrer soit un problème de perte de fonctionnalité de la route, soit un problème de déstructuration de nos territoires ruraux, particulièrement dans les affectations agricoles, forestières et récréatives.

 

Les documents d’urbanisme des municipalités locales doivent donc régir la largeur en front des terrains pour assurer une très faible densité d’occupation le long de ces routes.

a)   Des largeurs en front de 100 mètres sur les routes de catégorie 300, sur les autres classifiées comme collectrices, de même que sur les routes locales 1 faisant partie du concept d’organisation régional, doivent s’appliquer pour assurer une faible densité d’occupation.

b)   On doit aussi régir la profondeur des subdivisions cadastrales pour éviter la création de lots enclavés et une déstructuration du cadastre au sein des grandes affectation ressources (agricole, agrotouristique, agroforestière, forestière, récréative et faunique). Pour les fonctions autres que rurales, telles une simple résidence, une profondeur maximale de l’ordre de 200 mètres apparaît optimale.

 

 

3.4.2.4      Les routes locales à caractère rural

 

Nombreuses sont nos routes rurales qui doivent supporter un certain transit de la circulation du fait qu’elles peuvent relier plusieurs agglomérations rurales aux routes de classe supérieure. Aussi, ces routes rurales sont susceptibles de recevoir des usages complémentaires à la fonction résidentielle, telles les fermettes qui seront interdites au sein des hameaux et des noyaux villageois. Les chemins de rang sont aussi visés pour recevoir certaines catégories de petites entreprises regroupées sous l’appellation d’industrie artisanale, ces usages exigeant préalablement l’usage résidentiel.

 

Dans cette perspective et dans la recherche d’une redéfinition de notre ruralité, les chemins de rang sont de plus en plus perçus comme étant le lieu le plus proche d’une ruralité de base où les propriétés sont suffisamment espacées, comme en milieu agricole, pour s’autoriser certaines nuisances sans que cela ne se traduise nécessairement en conflit environnemental. Voici les mesures de base ayant pour effet d’éviter la densification qu’on associe normalement à l’urbanisation.

a)   Pour préserver le caractère et la fonctionnalité de nos liens routiers et de nos territoires ruraux, une municipalité peut donc adopter la largeur minimale en front de 100 mètres pour les nouvelles subdivisions cadastrales, tel que prévu à la section 3.4.2.3 aux paragraphes a) et b).

b)   Lorsque la municipalité entend autoriser sur les liens routiers ruraux, les usages du groupe industrie artisanale prévus à la section 3.4.3, le plan et les règlements d’urbanisme doivent le faire en créant des zones spécifiques et en appliquant les dispositions prévues à la section 3.4.2.3 aux paragraphes a) et b).

 

 

 

3.4.3    Les sous-affectations industrielles et commerciales

 

Quatre (4) sous-affectations sont créées en marge des grandes affectations du territoire pour régir les fonctions industrielles et commerciales à l’extérieur des périmètres d’urbanisation. Rappelons que des sous-affectations ont également été créées relativement à la gestion des ressources, plus spécifiquement pour la zone agricole et pour les secteurs récréatifs régionaux. Voici ces quatre (4) sous-affectations.

 

 

3.4.3.1      Les parcs et les zones industrielles

 

Le Schéma d’aménagement désigne deux (2) parcs industriels régionaux, soit un déjà aménagé et situé à Saint-Félix-de-Valois à proximité de la route 131 et un autre en processus de planification à Rawdon sur la route 125. Au sein de la planification du Schéma d’aménagement, ces parcs régionaux se positionnent à titre de grande affectation du territoire.

 

Plusieurs zones industrielles, soit 13 en tout, ont aussi été créées par les municipalités à l’extérieur des périmètres d’urbanisation au cours des 20 dernières années pour résoudre diverses problématiques de planification locale relatives au positionnement des fonctions industrielles. Pour la plupart adjacentes aux périmètres d’urbanisation, six (6) d’entre elles sont affectées exclusivement à des moulins à scie, les sept (7) autres pouvant offrir un éventail plus large d’usages industriels.

 

Le Schéma d’aménagement reconduit les fonctions existantes en créant deux (2) catégories de sous-affectations, soit une générale appelée I1 et une seconde nommée I2 pour les industries de transformation du bois. Par ailleurs, certaines d’entre elles autorisent actuellement la fonction résidentielle au sein des divers usages. Maintenant, ces sous-affectations industrielles doivent répondre aux exigences suivantes :

a)   Le développement des sous-affectations industrielles situées à l’extérieur des périmètres d’urbanisation doit se faire en restreignant l’accès riverain direct des entreprises au réseau routier régional. La municipalité doit donc prévoir à cette fin une desserte riveraine à partir de rues locales.

b)   La fonction résidentielle ne peut être autorisée comme usage principal à l’intérieur de ces zones.

 

 

3.4.3.2      L’industrie artisanale en bordure de certains chemins de rang

 

Cette sous-affectation est une résultante du concept d’organisation régional qui fait valoir la pertinence de préserver, à un premier niveau, le caractère fonctionnel de notre système routier principal. À un second niveau, ce concept souligne la nécessité de réserver certains lieux pour répondre à des besoins particuliers en terme d’implantation industrielle dans l’optique de contribuer au démarrage de nouvelles entreprises.

 

Le Schéma d’aménagement ne désigne pas spécifiquement ces sous-affectations. En réponse au besoin évoqué précédemment, une municipalité peut créer de telles sous-affectations, mais celles-ci doivent être motivées et localisées au Plan d’urbanisme sur la base des critères suivants :

 

a)         Motivations devant soutenir l’identification des routes rurales visées pour l’implantation de la sous-affectation industries artisanales

 

1)   Faire un bilan des usages industriels sur son territoire portant, entre autre, sur l’évolution des usages dans le temps et la taille des entreprises.

 

2)   Identifier les segments de routes rurales donnant sur les routes faisant partie du concept d’organisation régional et pouvant recevoir l’industrie artisanale (voir 3.3.3.4).

 

3)   Identifier les segments choisis sur lesquels la municipalité entend prioriser l’industrie artisanale et motiver ces choix relativement à :

Ø     la réponse adéquate aux besoins en terme de croissance;

Ø     au positionnement stratégique de ces entreprises par rapport au noyau villageois et à d’autres composantes organisationnelles;

Ø     aux contraintes susceptibles d’êtres occasionnées par le camionnage;

Ø     à d’autres critères permettant de situer les enjeux soit fonctionnels, soit environnementaux d’un tel choix.

 

4)   Les secteurs retenus doivent former des terrains facilement accessibles au camionnage depuis la route.

 

b)         Règles applicables à la gestion des sous-affectations d’industrie artisanale

 

Les sous-affectations industrie artisanale doivent être régis par les dispositions suivantes :

1)   Ces secteurs doivent constituer des zones distinctes et se limiter aux terrains riverains des chemins de rang sur une profondeur maximale de 200 mètres et une largeur minimale de 100 mètres en front;

2)   Ces secteurs ne peuvent s’étendre en bordure des routes de classe supérieure, à l’exception des routes de catégorie 300 de direction Est-Ouest;

3)   Les usages du groupe industrie artisanale doivent être régis comme usage additionnel à la fonction résidentielle.

 

 

3.4.3.3      La sous-affectation commerciale périurbaine

 

Le Schéma d’aménagement contient plusieurs sous-affectations commerciales périurbaines créées en bordure du système routier régional, qui fera l’objet d’une protection particulière dans le but de maintenir son niveau de service. Celles-ci ont pour rôle de maintenir le pouvoir attractif de ce patrimoine bâti tout en s’assurant que de nouveaux établissements ne viennent pas occuper les espaces libres. Cette sous-affectation est définie aux endroits où l’on observe quelques commerces implantés à la sortie des périmètres d’urbanisation. C’est la raison pour laquelle nous la désignons comme sous-affectation commerciale périurbaine.

a)   Dans la sous-affectation commerciale périurbaine, la municipalité peut autoriser certains groupes d’usages commerciaux générant un achalandage restreint. Ces usages doivent constituer des usages conditionnels à une utilisation commerciale déjà acquise à l’immeuble.

b)    Toute modification à ces établissements doit aussi s’accompagner de mesures permettant d’assurer le maintien de la fluidité de la circulation sur les corridors routiers.


3.4.3.4      Les commerces routiers de carrefour

 

Dans plusieurs municipalités, les utilisateurs de la route doivent parcourir de longues distances entre deux (2) points de services offrant l’essence et divers services de dépannage ou d’hébergement. Dans l’optique d’une meilleure qualité de services aux utilisateurs de la route, une municipalité peut créer une sous-affectations « commerces routiers de carrefour » sur les axes routiers faisant partie du concept d’organisation régional (Nord-Sud ou Est-Ouest).

 

Les secteurs pouvant être désignés pour l’implantation de commerces de carrefour routier doivent correspondre à des îlots formés par les terrains de coin formant l’intersection d’un chemin de rang avec une route de classe supérieure. En général, les carrefours sont soit en forme de croix (X), soit en forme de « T ». Un maximum de quatre (4) îlots peuvent être implantés par municipalité et leur répartition doit respecter les dispositions suivantes :

a)   Ces îlots sont implantés sur des carrefours routiers suffisamment éloignés du noyau villageois pour ne pas affecter son positionnement.

b)   Il ne peut y avoir que deux (2) îlots sur l’axe routier Nord-Sud principal, soit un au Nord et un au Sud du périmètre d’urbanisation.

c)   Il ne peut y avoir que deux (2) îlots sur l’axe Est-Ouest principal, soit un à l’Ouest du périmètre et un à l’Est du périmètre d’urbanisation.

d)  Pour éviter que l’achalandage n’affecte la circulation en transit, l’accès aux terrains ne peut se faire par la route faisant partie du concept d’organisation régional, mais bien par la route locale.

e)   La municipalité doit aussi considérer toute autre mesure susceptible d’empêcher que la création de ces zones aux carrefours n’affecte la fluidité de la circulation.

 

 

 

3.4.4    Les mesures de contrôle relatives à l’ouverture d’une nouvelle rue à l’intérieur des grandes affectations ressources (agricoles, forestières agricoles, forestières et fauniques)

 

Les présentes dispositions visent à restreindre l’ouverture de nouvelles rues au sein des grandes affectations du territoire destinées à la production de ressources.  Ces restrictions sont amenées pour éviter les conflits d’utilisation du sol et l’effet déstructurant que génère le développement de l’habitat dans des secteurs où la valeur première est la production des ressources et pour l’autoriser uniquement là où il existe des valeurs naturelles structurantes pour supporter la villégiature, telles un lac.

 

À l’intérieur des grandes affectations du territoire agricole, forestière agricole, forestière et fauniques, le Plan d’urbanisme et la réglementation d’urbanisme des municipalités locales doivent régir l’ouverture de nouvelles rues selon les modalités suivantes :

 

 

 

a)   L’ouverture d’une nouvelle rue est autorisée lorsqu’elle a pour but de boucler une grille de rue au sein d’un hameau.

b)   L’ouverture d’une nouvelle rue est aussi permise lorsqu’elle vise le rattachement de deux (2) hameaux voisins existants (moins de 500 mètres)

c)   L’ouverture d’une nouvelle rue, route ou chemin est aussi autorisée lorsqu’elle vise à valoriser un site naturel par la villégiature ou un établissement récréotouristique.

 

 


3.5     LA PRÉSENTATION DES NOUVEAUX PÉRIMÈTRES D’URBANISATION

 

Comme on peut voir, la croissance ne justifie pas, à elle seule, que les périmètres d’urbanisation soient révisés. L’analyse de la situation a, cependant, permis d’établir de nouvelles règles d’aménagement devant justifier le tracé du périmètre et des aires urbaines, soit celles formulées à la section 3.2.3, et ce, en réponse aux diverses orientations gouvernementales concernant la gestion de l’urbanisation en général. Vus sous cet angle et considérant le plus grand détail des analyses, il s’avère que tous les périmètres actuels demandent, au minimum, quelques ajustements. Le tableau 133 fait office de résumé quant aux diverses modifications apportées.

 

Également, il s’impose d’évoquer qu’à travers la présentation des nouveaux P.U., un important lien demande d’être établit entre ces derniers et le concept d’organisation régionale de la MRC. Rappelons que « concept » évoque, en partie, le positionnement de chacune des municipalités sur le plan du développement économique régional et donc le positionnement des noyaux villageois. En effet, les périmètres urbains sont des espaces, où doivent y être concentrées les places d’affaires publiques et privées de différentes importances, selon que les municipalités aient préalablement été identifiées soit comme pôle régional, centre intermunicipal ou centre local.

 

 

 

3.5.1    Chertsey

 

 

3.5.1.1      Le positionnement municipal au sein du concept d’organisation régional

 

Chertsey se distingue, en premier lieu, par l’importance du phénomène de villégiature, tel que le traduisent, d’ailleurs, les grandes affectations de villégiature planifiées dans plusieurs portions de son territoire (voir carte sur la gestion des ressources). Cette municipalité s’adossant aux premiers sommets des Hautes Laurentides, elle tire aussi certains avantages liés à la présence du parc régional de la Forêt Ouareau.

 

Au sein du concept d’organisation régionale, Chertsey constitue un centre intermunicipal, ce positionnement s’appuyant sur l’offre de certains services publics intermunicipaux, dont un CLSC et des équipements régionaux reliés à la gestion des matières résiduelles. Cette municipalité bénéficie, également, de la présence du moulin à scie Riopel localisé  en bordure de la route 125, tout juste au Nord du P.U. Cette vitalité de Chertsey ne peut s’estim